Rose Penel est une force tranquille. Invitée du podcast 'Tous Fondeurs', animé par Lucie, elle raconte un parcours hors norme. Celui d'une enfance passée dans un silence quasi total, non par choix, mais par un diagnostic manqué. Une histoire de résilience qui commence par l'incompréhension et s'épanouit dans la lumière.
Rose Penel : L'incroyable voyage sonore d'une ambassadrice UNESCO, du silence à l'inspiration
Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
Imaginez grandir dans un monde feutré, où les sons ne sont que des bribes et les mots des énigmes. C'est l'histoire de Rose Penel, diagnostiquée malentendante à 8 ans. Son parcours, du harcèlement scolaire à la scène de l'UNESCO, est un puissant message : le plus grand bruit que l'on puisse faire est celui de sa propre voix.
L'écho du silence : Qui est Rose Penel ?
Son sourire est communicatif, son énergie palpable. À 25 ans, Rose Penel a déjà plusieurs vies. Conférencière, comédienne, et auteure, elle incarne une positivité à toute épreuve. Une force de caractère puisée dans une épreuve fondatrice : elle est née malentendante.
Son histoire n'est pas celle d'un monde sans son, mais d'un monde aux sons déformés, incomplets. Un puzzle auditif auquel il manque des pièces cruciales. Ce handicap invisible ne sera pourtant diagnostiqué qu'à l'âge de 8 ans, laissant derrière lui une enfance marquée par l'incompréhension.
Mais Rose a transformé ces difficultés en victoires. Elle a écrit un livre, « Vivre avec une surdité, le son de la vie », publié aux éditions Mango. Elle porte aussi sa voix sur la scène internationale en tant qu'ambassadrice santé pour la 23e semaine du son de l'UNESCO.
Son parcours est un témoignage puissant, la preuve que les plus grands obstacles peuvent devenir les plus belles opportunités.
Une enfance en sourdine : les premiers combats de Rose
Comment grandit-on quand le monde est un murmure lointain ? Pendant huit ans, Rose a navigué à vue dans un univers sonore fragmenté. Un diagnostic qui aurait dû être posé à la maternité est passé entre les mailles du filet.
« Rose Penel · « J'entendais peut-être un mot sur 2, 1 syllabe sur 2. Comme si j'avais plein de trous noirs entre les mots et et surtout, ressentais un vide que je ne pouvais pas expliquer. »▸ 0:04:12
Même le test auditif de la petite section de maternelle est manqué, à cause d'une « énorme colère » notée sur son carnet de santé. Personne ne se doute de rien. Ni ses parents, ni ses professeurs. Rose, elle, développe sans le savoir des stratégies de survie.
Un bac +8 en manipulation
C'est avec humour qu'elle décrit ses talents de dissimulation. Elle apprend à lire sur les lèvres, à décrypter les expressions faciales, à deviner les intentions. Elle compense, s'adapte, donne le change. Une véritable experte pour duper son monde.
Elle se souvient d'une anecdote au cirque. Ne comprenant pas les consignes, elle voit un trampoline et se met à sauter, jusqu'à ce qu'on vienne l'arrêter. Elle faisait « beaucoup qu'à sa tête », une conséquence directe de son audition défaillante.
Le diagnostic finit par tomber par hasard, lors d'une visite chez l'ORL pour une simple otite. Le médecin est formel : elle n'entend pas bien. Pour ses parents, le choc est immense.
« Rose Penel · « mes parents, ça a été l'explosion de peur, de de culpabilité quand ils ont su ça parce qu'ils sont dit, mais en fait, elle galère depuis 8 ans quoi. »▸ 0:11:06
Cette période est aussi marquée par la cruauté des autres. Elle subit le harcèlement scolaire, de la part d'élèves mais aussi de professeurs qui se moquent d'elle. Une double peine qui forge sa détermination.
Le mystère de la parole intacte
Fait étonnant, malgré une perte auditive de 50 %, Rose n'a jamais développé de retard de langage. Une exception qu'elle explique par une sensibilité musicale héritée de sa mère, musicienne, qui lui jouait de la guitare depuis le ventre. Des chercheurs spécialisés dans la surdité confirment le lien puissant entre le cerveau, la musique et le développement de la parole.
Le monde prend voix : de l'appareillage à l'implant cochléaire
À 8 ans, le diagnostic est une libération. Rose est enfin appareillée. Pour la première fois, le monde prend du volume. C'est une découverte, presque magique. Elle entend des sons qu'elle ne soupçonnait pas : les klaxons, les ambulances, le bruit de l'eau.
Mais cette nouvelle vie sonore n'est pas sans défis. L'adaptation est complexe, et une nouvelle épreuve l'attend. À 19 ans, son audition chute brutalement. Les appareils auditifs ne suffisent plus.
La solution est radicale : la pose d'un implant cochléaire. Une décision lourde, qui implique une opération chirurgicale et une longue rééducation. C'est un nouveau départ, une réappropriation complète du monde sonore.
Cette technologie lui offre une nouvelle perception, mais aussi une capacité inédite : celle de se déconnecter. Un pouvoir qu'elle chérit aujourd'hui comme une chance, un moyen de retrouver le silence, mais cette fois, en le choisissant.
Transformer l'adversité en force : l'ambassadrice Rose Penel
Le véritable tournant dans la vie de Rose n'est pas technologique, mais psychologique. Il a lieu en classe de terminale, au moment de faire ses vœux sur Parcoursup.
« Host · « Ton point de bascule, tu m'as dit, tu es en terminale. Au printemps 2018, ton prof principal te dit non, mais attends, t'es malentendante, laisse tomber, te lance pas dans les études supérieures. »▸ 0:02:16
Les mots sont d'une violence inouïe. « Tu n'arrives même pas à prendre des notes en cours », « tu n'as aucune chance ». Pour beaucoup, un tel jugement serait un coup d'arrêt. Pour Rose, c'est un détonateur.
Le culot comme carburant
Cette conversation a « décoincé un truc ». La colère se transforme en une détermination sans faille. Contre l'avis de ce professeur, elle s'inscrit dans une filière réputée difficile : une licence en éco-gestion à l'université.
Ce défi, elle le relève. Difficilement, mais elle y arrive. Avec une immense fierté. Ce jour-là, Rose a compris que les limites que les autres nous imposent ne sont que des invitations à les dépasser.
Aujourd'hui, elle partage cette force. En tant que conférencière, elle inspire des publics variés. En tant que comédienne, elle explore d'autres facettes de la communication. Et en tant qu'ambassadrice pour l'UNESCO, elle porte un message universel de tolérance et de dépassement de soi.
Le son de la vie : un message universel de résilience
Le parcours de Rose Penel est une leçon de vie. Elle n'a pas seulement surmonté un handicap ; elle l'a transformé en sa plus grande force. Sa philosophie est simple : chaque difficulté est une opportunité déguisée.
Elle a appris à écouter au-delà des mots, à percevoir les émotions et les non-dits. Sa surdité est devenue une sorte de super-pouvoir, une sensibilité accrue au monde qui l'entoure.
Une énergie positive contagieuse
Elle refuse de se voir comme une victime. Au contraire, elle considère son histoire comme une chance, une source inépuisable d'énergie positive qu'elle transmet avec générosité.
Son message résonne avec force dans une société qui a parfois du mal à accepter la différence. Il est un appel à plus d'écoute, de bienveillance et d'inclusion. Rose nous rappelle que la résilience n'est pas l'absence de difficultés, mais la capacité à rebondir, plus fort et plus grand.
Son histoire, c'est le son de la vie dans ce qu'il a de plus inspirant : la capacité de l'esprit humain à créer sa propre musique, même en partant du silence.
Les moments forts
Questions fréquentes
Qui est Rose Penel et quel est son parcours ?
Rose Penel est une conférencière, comédienne, auteure et ambassadrice pour l'UNESCO. Née malentendante et diagnostiquée à 8 ans, elle a transformé son handicap en force. Après avoir surmonté le harcèlement scolaire et reçu un implant cochléaire à 19 ans, elle partage aujourd'hui son histoire pour inspirer et promouvoir la résilience.
Qu'est-ce qu'un implant cochléaire et comment cela a-t-il aidé Rose Penel ?
Un implant cochléaire est un dispositif électronique qui stimule directement le nerf auditif pour permettre une perception du son. Pour Rose, dont l'audition a chuté à 19 ans, il a représenté une renaissance auditive, lui offrant une nouvelle manière d'entendre et de se reconnecter au monde sonore.
Comment Rose Penel a-t-elle surmonté le harcèlement scolaire lié à sa surdité ?
Rose Penel a utilisé les moqueries et le manque de soutien, y compris de la part de certains professeurs, comme un carburant pour sa détermination. Plutôt que de se laisser abattre, elle a puisé dans ces expériences négatives la force de prouver à tout le monde, et surtout à elle-même, qu'elle était capable de réussir.
Quel est le titre du livre écrit par Rose Penel ?
Le livre de Rose Penel s'intitule 'Vivre avec une surdité, le son de la vie'. Il est publié aux éditions Mango et retrace son parcours inspirant.
Quel est le rôle de Rose Penel en tant qu'ambassadrice UNESCO ?
Rose Penel est ambassadrice santé pour la 23e semaine du son de l'UNESCO. Dans ce rôle, elle utilise son expérience personnelle pour sensibiliser à l'importance de la santé auditive, de l'inclusion et pour porter un message universel de tolérance et de force.
Où peut-on écouter le podcast 'Tous Fondeurs' ?
Le podcast 'Tous Fondeurs' est disponible tous les mardis sur YouTube ainsi que sur toutes les principales plateformes de podcasts comme Spotify, Deezer, Amazon et Apple Podcasts.
Invité
- Rose Penel — Guest
Transcript
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[SPEAKER_00] Tu venais malentendante, [SPEAKER_01] personne ne va s'en rendre compte. J'entendais un mot sur 2. Ta mère t'amène chez l'ORL. Mais en fait, elle galère depuis. 8 ans quoi. Tu as subi du harcèlement. Des professeurs qui se moquaient de moi, selon tout le monde. Puis quand tu es appareillée, tu vas découvrir des sons. Les klaxons, les ambulances. Aujourd'hui, c'est une chance de pouvoir me déconnecter. [SPEAKER_00] Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Fondeurs, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui je reçois Rose Penel, elle est née malentendante [SPEAKER_00] et elle ne va être diagnostiquée [SPEAKER_00] qu'à l'âge de 8 ans. Ce qui veut dire qu'elle passe toute son enfance non seulement dans le silence, mais aussi dans une forme d'incompréhension parce que les élèves, les professeurs qui l'entourent ne la comprennent pas. À 19 ans, son audition chute terriblement et elle va se faire poser un implant cochléaire. Aujourd'hui elle a 25 ans, elle est archi battante, elle est conférencière, elle comédienne, [SPEAKER_00] elle est l'auteur d'un livre vivre avec une surdité, [SPEAKER_00] le son de la vie aux éditions Mango et elle est aussi ambassadrice [SPEAKER_00] santé pour la 23e semaine du son de l'Unesco. Vous allez voir, elle a transformé [SPEAKER_00] toutes les difficultés en victoire et en en énergie positive. [SPEAKER_00] Tous, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts Spotify, [SPEAKER_00] Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Cet épisode vous est présenté avec Lucie, [SPEAKER_00] l'expert en santé préventive. [SPEAKER_00] Vous le savez dans Troussefender, on parle souvent de points de bascule, de déclic qui change une vie. Et bien parfois le 1er déclic, c'est simplement de mieux comprendre son corps. Souvent, se demande pourquoi on est tout le temps fatigué, tout le temps stressé. [SPEAKER_00] Pourquoi une femme peut perdre ses cheveux, par exemple en pleine ménopause Pourquoi un homme même jeune peut avoir des problèmes de fertilité [SPEAKER_00] Et bien très souvent, la réponse, elle se trouve dans votre corps, dans notre corps. Et Lucie propose que moi en tout cas je cherche depuis longtemps et c'est pour ça que je vous en parle, c'est un bilan complet, analyse de sang, d'urine, [SPEAKER_00] de salive, il y a plus de 110 marqueurs qui sont étudiés, en gros vous l'avez compris tout est passé au crible, métabolisme, [SPEAKER_00] organe, [SPEAKER_00] équilibre hormonal [SPEAKER_00] Et quand vos résultats arrivent, bien vous avez un plan d'action à mettre en place pour avoir de nouvelles bonnes habitudes sur votre activité, [SPEAKER_00] votre sommeil, [SPEAKER_00] votre santé mentale et vous pouvez même échanger avec un chat avec une IA pour vous aider à avoir de bonnes nouvelles habitudes. Avec Tous Wonder, vous avez un code de réduction [SPEAKER_00] moins 10 pour 100 avec le code Tous Wonder 10 et évidemment je vous mets le lien dans la description de l'épisode. Et Tous Wonder c'est maintenant avec Rose Penel [SPEAKER_00] née malentendante. [SPEAKER_00] Rose Penel, merci d'être avec nous. Ton histoire, elle est assez incroyable. J'ai hâte de l'entendre. [SPEAKER_00] Dans Tosfender, on commence toujours avec un point de bascule. Ton point de bascule, tu m'as dit, tu es en terminale. [SPEAKER_00] Au printemps 2018, [SPEAKER_00] ton prof principal te dit non, mais attends, t'es malentendante, [SPEAKER_00] laisse tomber, [SPEAKER_00] te lance pas dans les études supérieures et en fait, t'es tellement énervé, t'es tellement en colère que tu te dis en fait, ça va pas se passer comme ça et tu vas t'inscrire dans une fac assez difficile d'ailleurs, [SPEAKER_00] à ça, en éco gestion. Est que je résume bien Raconte-moi. [SPEAKER_01] Bien oui, tu commences très fort là. [SPEAKER_01] Ça a été le point de bascule qui a développé le clos que j'avais, qui était en moi. [SPEAKER_01] Et jour que t'avais pas avant. Je l'avais, mais il est enfoui. [SPEAKER_01] Et ce jour où ce ce prof principal m'a dit, mais en fait, ça ne sert à rien. C'était le, c'était l'inauguration de Parcoursup. C'est en 2018, [SPEAKER_01] je crois. [SPEAKER_01] Et au moment de choisir la voie, j'avais décidé de choisir des études supérieures pour me sécuriser, entre guillemets. Et quand on ne savait pas ce qu'on voulait faire, c'était un peu éco gestion. L'université, c'était ce qu'il fallait faire. [SPEAKER_01] Et et moi, je voulais, j'en j'en parlais, on avait des cours dédiés où on parlait de ce qu'on voulait faire. [SPEAKER_01] Et quand je lui évoque que je veux faire cette fac, il me dit non, [SPEAKER_01] Rose, tu n'arrives même pas à prendre des notes en cours. [SPEAKER_01] Je serais toi, je n'irai pas quoi, parce que tu n'as aucune chance. [SPEAKER_01] Hallucinant de dire ça. C'est hallucinant. [SPEAKER_01] En soi, a une Il une chance, c'est horrible. Oui, mais finalement, je le remercie parce qu'il [SPEAKER_01] a eu ma février et [SPEAKER_01] ça a décoincé un truc qui a fait que j'ai [SPEAKER_01] été prise à cette PAC et j'y [SPEAKER_00] suis arrivée très difficilement parce que vas nous raconter, va en parler. Voilà, mais j'ai [SPEAKER_01] réussi. Voilà, j'étais très fière. Donc, tu as développé [SPEAKER_00] cette niaque, cette énergie incroyable, [SPEAKER_00] Mais tout commence en tout cas quand tu nais en 2000, [SPEAKER_00] tu nais malentendante, mais personne ne va s'en rendre compte. Pourquoi Parce qu'en fait, diagnostics ne sont pas obligatoires. C'est ça, dans les maternités [SPEAKER_01] Je pense qu'il existait, [SPEAKER_01] il n'était pas du tout automatique, c'est-à-dire que c'était que sur demande, [SPEAKER_01] par en cas de doute ou génétiquement parlant, s'il y avait une maman sourde, par exemple, vous pouvez le demander. [SPEAKER_01] Mais tous les bébés passaient à la trappe et ça a été le cas pour moi Et je suis passée entre les mailles du filet. Et même à 3 ans, quand je ne sais pas si tu [SPEAKER_01] as, tu te rappelles, mais quand on rentre à la petite section, il y toujours des tests médicaux. Alors je ne m'en souviens pas, j'ai 2 enfants, donc on Ah voilà, peut-être que tu as connu ça. Et [SPEAKER_01] tests, ouais. Des tests auditifs, visuels, enfin toutes ces choses-là. Et moi, sur le carnet de santé, je voyais que j'avais tout fait, [SPEAKER_01] sauf [SPEAKER_01] une grosse crise au moment de la l'audiogramme, [SPEAKER_01] de faire un test auditif. Et du coup, sur le carnet santé, y a écrit nous n'avons pas réussi à faire l'audiogramme. [SPEAKER_01] Énorme colère, un truc comme ça. Et du coup, vu que je n'ai pas fait ce test-là, [SPEAKER_00] c'est passé jusqu'à 8 ans. Comment elle se passe ton enfance Parce que donc le diagnostic va tomber, tu as 8 ans. Tu dis dans ton livre, c'est assez drôle, j'ai un bac plus 8 en manipulation. [SPEAKER_01] Comment elle s'est passée ton enfance En fait, c'était un silence total. C'était quoi Tu entendais quoi J'entendais peut-être un mot sur 2, 1 syllabe sur 2. Comme si j'avais plein de trous noirs entre les mots et et surtout, ressentais un vide que je ne pouvais pas expliquer. [SPEAKER_01] Parce que comme j'étais née comme ça et comme mes parents ne le voyaient pas et comme j'avais développé des des, comme tu dis, des des outils pour ne manipuler, mais être dupé. [SPEAKER_01] Et inconsciemment, [SPEAKER_00] c'était comme un instant de survie. Personne ne l'a vu. Pour comprendre comment, donc tu n'entends pas tout. Est-ce que tu as des souvenirs précis de ce que tu faisais enfant [SPEAKER_00] Raconte-nous, [SPEAKER_00] voilà comment, comme comment tu faisais pour compenser [SPEAKER_00] le fait que tu entendais quasiment pas en fait. Si toi aussi tu aimes cet épisode aide-moi à produire la saison 2, je lance une campagne participative, [SPEAKER_00] je te mets le lien en description, n'hésite pas à participer et à partager, merci. [SPEAKER_01] J'en faisais beaucoup qu'à ma tête, -à-dire que par exemple mes parents, ils m'emmenaient au cirque faire des ateliers avec les enfants et la dame me donnait des consignes et j'entendais pas. Du coup, je voyais un trampoline. Qu'est-ce que je vais faire Je vais sauter sur le trampoline, faire des figures, des trucs jusqu'à ce qu'on me stoppe en me prenant pour me sortir. Sinon, [SPEAKER_01] faisais rien. Et souvent aussi, j'avais des, donc je regardais beaucoup le visage des personnes et j'allais, je pouvais savoir qu'est-ce qui était dit, si c'était une question, une affirmation, une interrogation [SPEAKER_01] par rapport au placement des sourcils, par rapport à l'expression, la [SPEAKER_01] position, je ne pas, du corps. [SPEAKER_01] Et je me rappelle, par exemple, ma grand-mère, elle me disait des trucs des fois et que je ne comprenais rien. Et du coup, je lui disais oui [SPEAKER_01] et je partais. Et si elle me disait oui, [SPEAKER_01] je me disais mince, il va falloir que rajoute un autre truc. Du coup, [SPEAKER_01] j'avais toujours des réponses à [SPEAKER_01] amener pour que ça passe à chaque fois. Toi, tu avais conscience de mal entendre, [SPEAKER_00] d'être sourde, d'être On dit sourde, on dit malentendante. À l'époque, j'aurais dit malentendante. [SPEAKER_00] Ouais. J'en avais pas du tout conscience. Pas du tout conscience. Tu pensais que tout le monde était comme ça Ouais. [SPEAKER_01] Et je me disais, c'est bizarre. Enfin, non, même pas, je disais, bon, ok, n'ai pas En fait, c'était plus, ok, il se passe ça, il y a un problème, qu'est-ce que je fais pour contourner le truc [SPEAKER_01] Mais si dans ma tête, ce n'était pas comme ce n'était pas normal. [SPEAKER_01] Qu'est-ce que tu n'entendais pas Je n'entendais pas l'eau, [SPEAKER_01] les oiseaux, je n'entendais pas, [SPEAKER_01] je n'entendais pas les papiers, [SPEAKER_01] certaines [SPEAKER_01] consonnes ou voyelles qu'on disait que dans la voix, [SPEAKER_01] quelques [SPEAKER_01] notes de musique. [SPEAKER_01] Enfin, il y avait plein de petits trucs qui me manquaient [SPEAKER_01] et enfin, ne m'en étais jamais rendu compte. Mais il y avait toujours des petits blancs entre [SPEAKER_01] sons [SPEAKER_01] et c'était ce que je n'entendais pas. [SPEAKER_00] Ce qui est assez incroyable, c'est [SPEAKER_00] que tu n'as pas développé de retard de langage. [SPEAKER_00] Oui. [SPEAKER_00] En fait, tu parles complètement comme quelqu'un qui a entendu toute sa vie. Comment on l'explique [SPEAKER_00] Est-ce que c'est fréquent Est-ce que ce n'est pas fréquent [SPEAKER_01] du coup, je m'en suis rendu compte que ce n'était pas forcément la norme en rencontrant d'autres personnes qui avaient eu le même parcours que moi, avec un diagnostic retardé. [SPEAKER_01] Et moi, j'avais quand même une grosse perte, donc moins 50 pour 100 d'audition [SPEAKER_01] pour le cerveau quand même, y a un décalage. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] en discutant avec des personnes qui ont eu le même parcours que moi, ils ont un retard de langage. Moi, j'appelle ça un accent parce que moi, [SPEAKER_01] je trouve ça joli aujourd'hui. [SPEAKER_01] Mais apparemment, [SPEAKER_01] ce serait peut-être lié, [SPEAKER_01] J'affirme ça parce que c'est des généticiens qui l'ont dit. Ce serait lié à ma mère qui, comme elle est musicienne et me joue de la guitare depuis que je suis dans son ventre. [SPEAKER_01] Ça aurait eu un, [SPEAKER_01] malgré le fait que je n'entendais pas tout, ça aurait eu un, [SPEAKER_01] ça aurait changé quelque chose dans la et connecté de des neurones [SPEAKER_01] qui, eux, sont liés à la parole. [SPEAKER_00] Incroyable. [SPEAKER_00] Oui. Donc, c'est la musique [SPEAKER_00] qui t'aurait permis de [SPEAKER_01] te parler sans difficulté en tout cas. Je pense que oui. Et surtout en parlant avec des chercheurs qui sont spécialisés dans la surdité, ils évoquaient qu'il y avait un énorme lien entre le cerveau et ce qui s'y passe dedans et la surdité. [SPEAKER_01] Donc il y a, il y 2 choses [SPEAKER_00] différentes. Ce n'est pas que l'oreille. À 8 ans, le diagnostic tombe. En fait, c'est une simple otite. Ta mère t'amène chez l'ORL [SPEAKER_00] et là, il y a un qui dit, mais en fait, elle n'entend pas. Oui, [SPEAKER_01] le seul. Et pourtant, ma mère était souvent laid. Je faisais beaucoup d'otites. [SPEAKER_01] Et un jour, [SPEAKER_01] ma mère m'emmène chez l'ORL et c'était un remplaçant. Donc ce n'était pas celui d'habitude. [SPEAKER_01] Et il me fait mes examens, mes trucs pour l'otite. [SPEAKER_01] Et puis il se met devant moi, [SPEAKER_01] il me parle, et caetera. Et puis il me parle derrière moi et il se rend compte que quand il est derrière moi, je ne réagis plus. Donc il revient, il repart et revient. Et je pense qu'il avait l'habitude de découvrir des cas comme ça [SPEAKER_01] Et il voit que j'observe beaucoup, il m'observe à mort et du coup, je ne plus mettre mes techniques en place pour [SPEAKER_01] pour nous duper, en fait. Et et là, il regarde ma mère et dit est-ce que je peux tester un petit audiogramme comme ça, juste pour boire et Ma mère, elle me dit oui, pas de souci. Je fais mon audiogramme casque et tout. Et il regarde ma mère et il me dit cette petite, elle est malentendante. [SPEAKER_01] Elle a une petite perte quand même là, moins 50 pour 100. [SPEAKER_01] Et ma mère, elle est choquée. [SPEAKER_01] Se dit, mais comment, comment on est passé à côté de ça Pourquoi ils nous ont tous dit que tout allait bien Et mes parents, [SPEAKER_01] ça a été l'explosion [SPEAKER_01] de peur, de [SPEAKER_01] de de culpabilité quand ils ont su ça parce qu'ils sont dit, mais en fait, elle galère depuis 8 ans quoi. [SPEAKER_00] Donc c'est un handicap qui est invisible. [SPEAKER_01] Oui. [SPEAKER_00] Toi, tu tu parles beaucoup de ces handicaps invisibles parce qu'ils sont souvent incompris. [SPEAKER_00] Dans ton enfance, comment ça s'est passé avec [SPEAKER_00] les autres enfants, avec les professeurs à l'école [SPEAKER_00] Du coup, j'ai eu mon 1er appareillage un petit peu après. Fait, tout de suite, tu es appareillée. C'est ça. Apparillée, ça veut dire mettre des appareils qui t'aident à entendre. [SPEAKER_01] C'est ça. C'était des tout petits à l'époque que j'avais, ce n'était pas aussi gros que cela. C'est, ils existaient déjà en tout petit [SPEAKER_01] et donc je l'aimais. [SPEAKER_01] Et en fait, au début, à l'école, je dirais que c'était, je voyais plus la panique de mes parents parce qu'eux savaient ce que ça pouvait engendrer. [SPEAKER_00] D'avoir un handicap. Voilà, par rapport à la société, [SPEAKER_01] en tout cas même à l'époque, je dis ça, mais je ne très âgée non plus, mais en 2008, 2009. [SPEAKER_01] Et au début, [SPEAKER_01] les enfants étaient super curieux [SPEAKER_01] et ils ne voyaient pas ça comme une différence. [SPEAKER_01] Ils se disaient juste [SPEAKER_01] ok, elle a un truc dans l'oreille hyper stylé, [SPEAKER_01] tu ressembles à un espion, [SPEAKER_01] il rendait le truc hyper cool. Du coup, moi je jouais, je m'en fiche un peu, avait qui voulaient que je leur prête mes appareils, je leur prêtais du Il n'y avait rien de fou. [SPEAKER_01] C'est plus après je dirais au moment du collège [SPEAKER_01] où là il y a commencé à avoir ce le côté handicap qui qui qui est sorti [SPEAKER_01] parce que en fait du coup, ce n'était pas adapté et [SPEAKER_01] ils n'avaient jamais reçu une une jeune fille malentendante. [SPEAKER_01] Donc pour se faire des potes, c'est plus compliqué. [SPEAKER_01] Pour avoir confiance en soi, c'est plus compliqué. [SPEAKER_01] Et c'est une sorte de, [SPEAKER_01] comment dire, comme [SPEAKER_01] si plein de dominos qui tombent petit à petit et la confiance en soi qui se perd. [SPEAKER_01] Et moi, c'est ce qui s'est passé en tout cas au collège. Et tu as subi du harcèlement [SPEAKER_00] de la part d'élèves. [SPEAKER_01] Ouais, de mes 5, de ma 5e à ma 3e, [SPEAKER_01] ça a été un moment assez, [SPEAKER_01] ça s'est fait un peu petit crescendo [SPEAKER_01] et en fait, c'était plein de remarques [SPEAKER_01] de de de gens qui me faisaient des remarques, des professeurs qui ne faisaient pas attention, qui se moquaient de moi quand je répondais de travers en classe devant tout le monde. Et puis, petit à petit, les personnes, elles disaient ça, mais elle est bizarre, elle répond tout le temps de travers. Et puis, des papotages entre les gens, les personnes. Et puis après, il y des groupes qui se créent, ils disent ah, il ne faut pas lui parler. Et puis c'est c'est c'est ça commence par là. Et puis après, c'est C'est un cercle vicieux. C'est un cercle vicieux. [SPEAKER_01] Et et ce n'était pas simple cette période. [SPEAKER_01] Parce que du coup, à ce moment-là, on [SPEAKER_01] Et moi, j'étais face à des professeurs qui qui, au contraire, avaient été très autoritaires. C'était un collège un peu. Et [SPEAKER_01] et quand je répondais de travers, leur 1re réaction, c'était [SPEAKER_01] de de de crier, [SPEAKER_01] d'humilier un peu l'élève. C'était très, c'était très dur. [SPEAKER_00] Tu as été tenté de retirer tes appareils parfois, de te dire tant pis, [SPEAKER_00] c'est trop dur. [SPEAKER_00] On se moque de moi. Du coup, ton handicap devient visible en mettant les appareils. [SPEAKER_00] Est-ce que tu as été tenté de le gommer, de le faire disparaître ce handicap [SPEAKER_01] Complètement, [SPEAKER_01] déjà en me lâchant les cheveux, je faisais en sorte que les personnes ne voient pas ce petit appareil qui pourtant était tout petit. Mais c'était plus ce que ça représentait qui me gênait. [SPEAKER_01] Et surtout, de toute façon, je savais que que je les retire ou pas, ça ne changeait pas [SPEAKER_01] le handicap, la perception que j'avais avec moi, donc je les gardais. [SPEAKER_01] Mais du coup, [SPEAKER_01] les autres, parfois, je me faisais piquer mes appareils. Il y avait plein de trucs un peu compliqués. [SPEAKER_00] On te piquait tes appareils Oui. [SPEAKER_00] C'est-à-dire [SPEAKER_01] En fait, y avait des garçons dans ma classe qui s'amusaient à me les prendre. Te les retirer de loin. Oui. [SPEAKER_01] Pour en faire quoi Pour eux, parce qu'ils savaient très bien que sans ça, je n'entendais pas. Pour eux, c'était c'était marrant parce que je ne pouvais plus rien comprendre. [SPEAKER_01] Ou alors ils me criaient dans les oreilles très fort ou plein plein de trucs comme ça. [SPEAKER_01] Donc c'était, ouais, c'est pour ça que collège, c'est un peu le moment. Un peu difficile, ouais. Un peu qu'un peu même d'ailleurs, ouais. Ouais, très difficile. Et j'ai eu la chance d'avoir des parents qui qui étaient très attentifs. Je ne leur disais pas tout de suite ce que je ne réalisais pas. [SPEAKER_01] Et quand j'ai commencé à leur en parler, là, ils ont pris le truc en main parce que [SPEAKER_01] il fallait, il fallait réagir quoi. [SPEAKER_00] Ces appareils, [SPEAKER_00] bon, ça a été aussi la [SPEAKER_00] source évidemment des moqueries, mais ça t'a ouvert aussi à un monde que tu ne connaissais pas. [SPEAKER_00] Donc, tu as toute ton enfance dans le silence. Et puis, quand tu es appareillée, [SPEAKER_00] tu vas découvrir des sons. Est-ce que tu as vécu ce qu'on voit sur des vidéos parfois où on apparaît un enfant et tout d'un coup, il est émerveillé Est-ce que tu as vécu ça ou pas [SPEAKER_00] Est-ce que tu peux nous raconter Tu as un souvenir la 1re fois qu'on t'a mis des appareils [SPEAKER_01] Je me rappelle d'être sorte qui m'a mis l'appareillage. [SPEAKER_01] J'entendais, j'avais l'impression d'être dans une énorme télé. [SPEAKER_01] Mes parents, ils me regardaient ma réaction. Moi, j'étais là. Pourquoi vous me mettez ça [SPEAKER_01] Mais je réalisais parce que je voyais que c'était hyper fort. [SPEAKER_01] Et je sors du magasin [SPEAKER_01] et je me dis ça va être possible. [SPEAKER_01] Moi, je n'ai pas du tout pleuré. [SPEAKER_01] Moi, je comprenais rien à ma vie et je me disais, mais c'est quoi En fait, à la fois, il y avait l'étonnement et la surprise d'apprendre des nouveaux bruits. Donc les oiseaux, c'était super joli. Y avait des bruits jolis [SPEAKER_01] et des bruits très chiants. [SPEAKER_01] Les klaxons, [SPEAKER_01] ambulances, les [SPEAKER_01] papilles qui froisse, les couverts, les crocs. [SPEAKER_01] Il y avait les 2. Tu tu te souviens en fait d'être étonnée par des bruits Vraiment le le la le moment où je je sors de la boutique et que mes parents me me regardent, mes réactions et moi je suis là, c'est quoi ce bince quoi C'est quoi c'est quoi ce truc-là [SPEAKER_01] Je suis où là [SPEAKER_01] au début, ils galéraient beaucoup à me les mettre. En fait, on vit dans un monde hyper bruyant, [SPEAKER_00] hyper bruyant. Ne s'en rend pas compte en fait. Vous ne vous rendez pas compte, oui. Oui, vous ne vous rendez pas compte. Oui, je parle en général. [SPEAKER_01] Mais [SPEAKER_01] même encore aujourd'hui, c'est de pire en pire au niveau des nuisances sonores et de la pollution sonore. [SPEAKER_01] Moi, aujourd'hui, c'est une chance de pouvoir [SPEAKER_01] me déconnecter. [SPEAKER_01] Même si ça me permet d'avoir un lien avec le monde, je suis aussi très heureuse aujourd'hui de [SPEAKER_01] plus entendre certains déjà [SPEAKER_00] et de plus entendre certains bruits. À 19 ans, ton audition, elle va quand même chuter complètement. [SPEAKER_00] Là, tu es en fac. Oui. Tu t'es inscrite à la fac. Tu as beaucoup de mal à suivre les cours, en fait, au départ. [SPEAKER_00] Comment comment ça se passe C'est-à-dire que tu as ce prof qui, en terminale, te dit impossible de suivre des études. [SPEAKER_00] Là, tu as une rage sans nom qu'on comprend, qui arrive. Tu t'inscris [SPEAKER_00] dans une fac à Paris en éco-gestion. [SPEAKER_00] Tu ne rends pas compte tout de suite que ton audition, en fait, elle est [SPEAKER_00] elle est extrêmement défaillante. [SPEAKER_00] Comment ça se passe cette arrivée à la fac avec ses amphis gigantesques [SPEAKER_00] Pour ceux qui sont passés par la fac, qui nous regardent ou qui nous écoutent, on a ces souvenirs quand même de de brouhaha quoi. [SPEAKER_01] En fait, la fac, ce qui est fou, c'est que tu arrives dans un lycée où tu es un peu cajolé, tu as toujours des des personnes qui qui veillent sur toi. Et quand tu arrives à la fac, tu es, tu dois être autonome complètement. [SPEAKER_01] Donc moi, j'avais que mes parents qui étaient là quand même, mais ils ne sont pas là pendant les cours quoi. Et je suis arrivée avec un handicap [SPEAKER_01] avec des matières qui étaient extrêmement dures. C'était des maths économiques, [SPEAKER_01] c'était très très, cette filière, elle est extrêmement dure. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] j'arrive donc, [SPEAKER_01] c'était [SPEAKER_01] horrible. Et en fait, bout de, j'arrive dans l'amphi 600 [SPEAKER_01] et là, le 1er intervenant parle et je me dis, mais [SPEAKER_01] je ne vais pas m'en sortir. Pourquoi Parce que c'était 600 élèves dans un amphi et même devant, j'étais à 10 mètres de l'intervenant, [SPEAKER_01] même à la 1re place. [SPEAKER_01] Et ça résonnait dans tout le truc. C'était comme une énorme église un peu, c'était très, ça résonnait énormément. [SPEAKER_01] Et je me suis dit ok, je regarde le cours, je vois que c'est des cours ultra compliqués. [SPEAKER_01] Je me suis dit bon, [SPEAKER_01] je ne dis pas à ma mère que je suis en galère au début. Et puis, petit à petit, elle voit que là, je je n'arrive plus. Elle me dit, mais Rose, il faut absolument qu'on se renseigne s'il n'y pas un relais handicap, un truc pour pour t'aider parce que ça va pas. [SPEAKER_01] Au bout de 4 mois, j'apprends qu'il y un relais handicap. [SPEAKER_01] Donc on fait les démarches pour avoir un preneur de notes et compagnie. [SPEAKER_00] Je ne l'ai pas sur la 1re année. Tu nous racontes après ce que c'est qu'un preneur de C'est quoi un preneur de notes Ça, je vous raconterai. [SPEAKER_01] Et du coup, je décide [SPEAKER_01] de prendre un job à côté [SPEAKER_01] pour [SPEAKER_01] quand même ce que j'avais. Il fallait que je me fasse quand même un peu d'argent. [SPEAKER_01] Et c'est en 2e année vraiment que ça a basculé la perte d'audition. [SPEAKER_01] Donc la 1re année, je l'ai eu, mais ça, [SPEAKER_01] Cric-rac. Et puis la 2e année, là, ça a été un peu l'année [SPEAKER_01] de trop, [SPEAKER_01] je dirais. [SPEAKER_00] Et donc là va arriver un Clément. [SPEAKER_00] Oui. Qui est un preneur de notes. Alors ça, il faut que tu nous racontes. Quand on a préparé l'émission, c'est hyper mignon. Tu m'as dit, il m'a sauvé ma licence. Oui. [SPEAKER_00] Ce relais handicap te dit, tu peux accéder à une aide. [SPEAKER_00] Sauf qu'il faut que quelqu'un dans ton amphi, en fait, accepte de te filer ses cours. C'est ça. Et payer [SPEAKER_01] combien C'était 4 euros pour 4. 4 euros pour 4. Donc en fait, fallait que tu tombes sur un 5 quoi. Il fallait un [SPEAKER_00] an. Voilà. Et alors l'ange s'appelle Clément. Oui. Qu'est-ce qui s'est passé Qu'est-ce qu'il a mis en place Est-ce que vous avez mis en place bien, en fait, du coup, ils ont fait un [SPEAKER_01] appel pour que je puisse en avoir un. Et donc ils mettent une annonce, et caetera. [SPEAKER_01] Et en fait, il n'y avait personne qui voulait vu le prix que c'était payé. Et puis surtout, souvent dans les grosses universités, on ne te passe pas les cours comme ça. C'est tellement dur que les gens, c'est one to one. Ils essaient tous de s'en sortir déjà. Ils ne vont pas aider encore une personne qui n'y arrive pas, quoi. [SPEAKER_01] Et puis, il en a un qui [SPEAKER_01] accepte, truck, il me dit oui, bonjour, moi, je suis intéressé. [SPEAKER_01] Il était dans ma licence, en fait, c'était un élève comme moi, dans le même cursus [SPEAKER_01] et il me dit Moi, je vais prendre les notes de Rose. Donc, il lui explique, il le brief, comment il doit faire, etc. [SPEAKER_01] Et on se met en relation, on discute. [SPEAKER_01] Et en fait, donc, il allait aux amphis, il prenait ses notes, même pour lui déjà. Il réécrivait ses cours au propre quand il rentrait chez lui, donc il me faisait des trucs super carrés et il me les envoyait à chaque fois par chapitre. [SPEAKER_01] Et je ne sais plus combien de matières j'avais. Non, mais c'est hyper gentil. Mais c'est, mais c'est. [SPEAKER_01] Et à un moment, je lui dit, mais pourquoi tu as accepté Je, [SPEAKER_01] enfin, même des fois, il m'aidait même pour les cours, et caetera. Et on est, on s'est parlé peut-être 4 fois en tout. Et me dit, écoute, moi, j'en ai rien à faire de l'argent. [SPEAKER_01] Moi, ça va, financièrement, tout va bien, mais j'avais envie d'aider quelqu'un [SPEAKER_01] à réussir sa licence et j'avais envie de faire un geste. [SPEAKER_01] Voilà. [SPEAKER_01] Et du coup, il m'a suivie pendant 2 ans et demi. Waouh. [SPEAKER_00] Et c'est grâce à lui que j'ai eu ma licence. Et tu devais te mettre une pression de dingue. Ah ouais, fallait réussir. Parce [SPEAKER_01] qu'il fallait rester sur le même niveau que lui. C'est ça. J'avais une pression. [SPEAKER_01] Du coup, j'essayais de gratter le point, de gratter le point. Puis j'avais toujours 10, 10, 10, 10, ça passait 10 un, 12 et puis Bravo. [SPEAKER_01] Et puis voilà, j'ai eu ma licence quoi. Bravo. [SPEAKER_00] 19 ans, c'est aussi le moment, tu dis, 2e année où vraiment ton audition, ça va plus. Et là, on va te proposer l'implant cochléaire. [SPEAKER_00] Oui. Que tu portes aujourd'hui. Que je porte aujourd'hui. Qu'est-ce que c'est En quoi ça consiste Il faut que tu nous expliques pour ceux qui peut-être ne connaissent Du [SPEAKER_01] coup, je perds l'audition en fin de 1re année de licence et je suis opérée la 2e année en octobre. Perdre l'audition parenthèse, ça veut dire que t'étais déjà à 50 pour 100. J'étais déjà à 50 pour Et là, t'entends plus du tout Et non. Quasiment plus. J'entends [SPEAKER_01] quasiment plus. Et en fait, c'est parce j'étais comme j'avais dit, je travaillais à côté ou j'étais hôtesse de vente et j'avais ça, plus la fatigue des cours. Il y avait beaucoup de choses en même temps, plus le stress, la peur de ne être à la hauteur. [SPEAKER_01] Et ça, ça influe beaucoup. Le stress influe beaucoup dans la perte auditive parfois. D'accord. [SPEAKER_01] Et je ne sais pas si c'est lié parce qu'aujourd'hui, ils n'ont toujours pas trouvé la cause. Mais pendant une semaine de travail où j'étais au travail et je me rends compte que [SPEAKER_01] je n'arrive plus à [SPEAKER_01] suivre, à parler aux clientes. Je n'arrive plus à, [SPEAKER_01] j'étais irritée, [SPEAKER_01] j'étais dans un monde dans le déni et je rentrais chez moi, j'avais des migraines. [SPEAKER_01] C'était horrible, j'avais la nausée et tout, je dormais. [SPEAKER_01] Et pendant une semaine comme ça, ça se dégringole. [SPEAKER_01] Et à un moment donné, je dis à ma mère [SPEAKER_01] un truc et j'avais acheté un casque à l'époque [SPEAKER_01] avec ma 1re paye de ça parce que j'étais trop contente. [SPEAKER_01] Et un casque que j'avais mis avant, avec lequel j'entendais très, très, très bien la musique que quand je l'étais directement. [SPEAKER_01] Et je mets, [SPEAKER_01] j'entends pas grand chose et pourtant je le mets à fond. Ok. [SPEAKER_01] Et je me dis bon, je vais faire essayer à ma mère pour voir. Elle le met et elle me dit, elle crie parce que du coup, c'est C'était à fond en fait. [SPEAKER_01] Et elle me dit, ça ne pas du tout là. Je te vois, tu as fait une semaine que ça ne va pas. Plus tu me tu me montres ça là, qu'est-ce qui se passe [SPEAKER_01] Donc on reprend rendez-vous sur mon ORL et en faisant les tests, elle voit que j'ai j'ai tout perdu sans cause. [SPEAKER_01] Juste, elle ne saurait même pas dire comment quand t'entends plus. Non, et c'est les appareils que j'avais qui [SPEAKER_01] poussaient comme ils pouvaient les derniers sons qui restaient, mais ils n'étaient plus du tout performants. [SPEAKER_00] Et donc arrive la solution de l'implant cochléaire. Qu'est-ce que c'est [SPEAKER_01] En fait, c'est [SPEAKER_01] c'est un implant qu'on vient mettre sous la tête, donc il y a des électrodes et on vient créer [SPEAKER_01] une [SPEAKER_01] stimulation artificielle pour [SPEAKER_01] rendre une ouïe qui n'est plus naturelle, entre guillemets. Donc on m'a opéré, [SPEAKER_01] c'est une opération, on met une plaque, une électrode qu'on enroule autour de la cochlée, [SPEAKER_01] donc c'est juste derrière ici. Et la cochlée, c'est là où il y a un peu toutes les fréquences. Tu peux peut-être nous montrer de l'autre côté ce que ta caméra est là Oui, c'est là. [SPEAKER_01] Donc la cochlée, c'est là. Et ici, c'est la plaque qui est là. C'est pour ça que c'est aimanté à la plaque qui est dedans. [SPEAKER_01] Et et la partie externe, c'est l'axe, c'est ce qui réceptionne le son dans le micro et ça fait un contact entre les 2 parties et ça fait un son. Tu te souviens de la date 14 octobre, je crois. De quelle année 2019. [SPEAKER_00] Donc 14 octobre 2019, [SPEAKER_00] je crois. [SPEAKER_00] Un plan cochléaire. [SPEAKER_01] Ouais. [SPEAKER_01] C'est un équerre. [SPEAKER_01] Et là, ta vie a changé [SPEAKER_01] Pas tout de suite. Je pensais que c'était comme justement les vidéos où tu actives. Ouais, on off. Non, [SPEAKER_01] pas du tout. [SPEAKER_01] En fait, ça, c'est le cas parfois pour des personnes qui n'ont jamais entendu de leur vie. Ça, y un petit signal qui est nouveau. Mais pour moi qui avais déjà un peu entendu, [SPEAKER_01] tu reviens à la case départ, quoi. C'est-à-dire Tu [SPEAKER_01] tu renais. [SPEAKER_01] Tu t'entends des quand Tu redeviens un petit bébé qui sort du ventre de sa mère. [SPEAKER_01] Tu entends [SPEAKER_01] des petits au [SPEAKER_01] début, puis après, c'est. [SPEAKER_01] Et puis après, ça fait. [SPEAKER_01] Après une voix monotone, [SPEAKER_01] bonjour, je m'appelle Roger. Et [SPEAKER_01] après, tu entends les aigus et les gras. Et bien, ça prend combien de temps [SPEAKER_01] Ça ça va de 6 mois à un an. Attends, pendant 6 mois, un an, tu n'entends rien Alors justement, moi, j'ai j'ai, j'aurais pu ne rien entendre, être dans une, dans Star Wars pendant 6 mois. Dans Star Wars J'aurais pu, mais on avait prévu le coup et du coup, j'ai fait un d'abord, [SPEAKER_01] on voit [SPEAKER_01] et [SPEAKER_01] après peut-être on fait l'autre. Et après l'autre oreille. [SPEAKER_01] Et heureusement que j'ai fait un d'abord et je n'ai pas encore fait l'autre parce que ça va. Je n'ai pas, je pense que je n'ai pas besoin. Tu l'as, tu ne l'as pas fait l'autre Non. [SPEAKER_01] Parce que même les médecins ne savent pas si ça va être aussi bien que l'équipe que j'ai réussi à avoir là avec cet appareil. [SPEAKER_01] Donc, au bout de 6 mois, j'ai j'ai réussi à en tout cas entendre quelque chose de de bien, mieux. [SPEAKER_01] Et même si je n'ai pas récupéré totalement l'audition, [SPEAKER_01] grâce à aussi au fait que j'ai appris à mieux me connaître, [SPEAKER_01] à développer d'autres choses, [SPEAKER_01] aujourd'hui, [SPEAKER_01] j'arrive à [SPEAKER_01] à participer à des discussions, à avoir un entourage [SPEAKER_01] qui s'adapte. [SPEAKER_01] Et je vis très bien ma vie aujourd'hui. Est-ce que tu entends tout ou pas aujourd'hui [SPEAKER_01] Non, pas tout. Non, c'est vrai Non, j'entends pas. Est-ce que tu sais ce que tu n'entends pas [SPEAKER_01] Je l'imagine, mais quand on parle derrière moi, il y a des bruits que je n'entends pas. Les environnements bruyants, il a toujours cette difficulté. Le resto. [SPEAKER_00] C'est ça. Et Dans un resto, c'est compliqué pour toi de suivre une conversation [SPEAKER_01] Ouais. Ouais. [SPEAKER_01] Mais du coup, y a des solutions. Donc les potes sensibilisés, [SPEAKER_01] des placements de table, du sous-titrage, [SPEAKER_01] plein de choses. Du sous-titrage, mais tu commences à Sur le téléphone. Mais arrête. Oui. [SPEAKER_01] Et parfois même j'ai un j'ai mon smartphone, il est connecté en Bluetooth avec les appareils. Du coup, quand tu pars dans le micro du téléphone, ça va dedans. Du coup, au restaurant, des fois, je passe le téléphone à chacun comme un podcast en gros. Chacun parle à son tour dans le truc. Comme ça, je n'entends que la voix [SPEAKER_01] dans et je n'entends rien autour. Incroyable. [SPEAKER_00] Ouais, c'est cool. Tu l'as ton téléphone là Ouais, il est là. Attends, peux tu peux nous montrer comment comment ça marche En gros, là, y a un bouclier connecté, [SPEAKER_01] mais là, y a une petite oreille, donc je clique dessus [SPEAKER_01] et je mets écoute en temps réel. Donc j'appuie dessus et après ça Et ça envoie, ah oui, ça envoie directement dans ton oreille. Voilà. Et du coup, je parle dedans. C'est comme un micro HF en gros. Un micro connecté. [SPEAKER_01] Bon après, ça n'avait pas des discussions hyper fluides non plus quand même. En fait, c'est un peu compliqué quand tu fais des débats où tout le part en même temps, il faut que j'en prenne 15 téléphones. [SPEAKER_01] Mais mais en général, ils font attention. [SPEAKER_00] Est-ce qu'il y a des bruits que tu entendais enfant avec [SPEAKER_00] tes appareils et que tu n'entends plus aujourd'hui Tu parlais des oiseaux, des papiers. J'en ai un, le réveil. [SPEAKER_01] Tu n'entends plus le réveil Non. Je me rappelle encore quand je me réveillais juste avec le téléphone, [SPEAKER_01] je ne sais pas comment j'arrivais [SPEAKER_01] Et un jour, n'ai plus réussi. [SPEAKER_01] J'entendais plus, je n'entendais plus le réveil. Et du coup, j'ai découvert les trucs vibrants, [SPEAKER_01] d'autres moyens de me connecter. Mais j'ai, c'est c'est très problématique le réveil. [SPEAKER_01] Et encore aujourd'hui d'ailleurs. [SPEAKER_01] Comment tu fais [SPEAKER_01] Je pense que j'ai aussi un problème d'une pathologie du sommeil. J'ai du mal à sortir de mon sommeil et à [SPEAKER_01] sortir du [SPEAKER_01] sommeil paradoxal. [SPEAKER_01] Donc c'est un peu plus compliqué, mais je je trouve des astuces, [SPEAKER_01] des personnes en urgence qui savent quand j'ai un rendez-vous urgent, qui viennent me réveiller. [SPEAKER_01] Logistique finalement. [SPEAKER_00] Ah ouais. Ouais ouais. [SPEAKER_01] Mais tu ne peux pas vivre seule quoi. Je vis seule. [SPEAKER_00] Déjà raté un truc, je pars un avion en train. Soit je ne dors pas, soit j'ai [SPEAKER_01] une amie qui vient dormir pour me réveiller [SPEAKER_01] ou ma mère qui, des fois, est prête à faire le trajet de chez elle, à chez moi pour [SPEAKER_01] Mais tout le monde est super sympa. J'ai des potes qui m'appellent et tout, ils marcellent et tout pour vérifier que je me réveille. Mais tu entends le téléphone qui sonne [SPEAKER_01] Non, mais c'est ma montre qui vibre. Ah ouais. C'est le monde connecté. En fait, tu sens les vibrations, c'est ça Donc tu as vraiment En fait, tu une sacrée équipe là qui J'ai une équipe. Fou. Mais c'est ça qui fait [SPEAKER_01] que je me sens moins en tout cas [SPEAKER_01] handicapée avec ça. [SPEAKER_00] Il y a 10000000 de Français, c'est ça, qui sont concernés [SPEAKER_00] par un déficit auditif. [SPEAKER_00] Crois qu'aujourd'hui, il y pas mal de gens qui ne sont pas diagnostiqués encore ou pas Plein. Plein Oui, [SPEAKER_01] même là, [SPEAKER_01] j'ai vu un chiffre de l'OMS qui disait qu'il y avait 1000000000 [SPEAKER_01] de jeunes qui étaient [SPEAKER_01] en route pour avoir une perte auditive. [SPEAKER_01] Parce que, mais même typiquement quelqu'un qui a un acouphène, il ne pas savoir qu'il a un début de perte. Pas toujours, mais parfois, [SPEAKER_01] il y a beaucoup de jeunes qui ne font pas attention [SPEAKER_01] avec les écouteurs, aller en soirée, [SPEAKER_01] écouter des réels pendant scroller pendant 5 heures avec leurs leurs écouteurs. [SPEAKER_01] C'est [SPEAKER_01] un peu problématique [SPEAKER_01] et [SPEAKER_01] beaucoup de gens se disent non, c'est eux, pas moi. Et les oreilles, [SPEAKER_01] moi, je préviens sur mes réseaux, je préviens les jeunes. Si vous voulez venir comme moi, continuez. [SPEAKER_00] Je voulais devenir. Est-ce qu'il y des signes auxquels il faut être attentif du coup [SPEAKER_01] L'irritabilité, [SPEAKER_01] les acouphènes, [SPEAKER_01] la fatigue. [SPEAKER_01] Parce qu'en fait, à cause de la surcompléation des sons, en parlait à la semaine du son avec Christian Gonnet, [SPEAKER_01] qui a évoqué que [SPEAKER_01] d'écouter tout le temps la musique et d'être fatigué par le bruit, ça va jusqu'à attaquer le cerveau. Incroyable. Ah oui. Donc c'est pour ça qu'il y a des des trucs de fatigue qui sont liés à l'oreille [SPEAKER_01] et et la surcompression des sons, elle est elle est valable partout dans les musiques, [SPEAKER_01] dans les pubs, dans dans le son en général. Et ça a été prouvé que ça [SPEAKER_01] ça dérègle totalement [SPEAKER_01] le des parties du cerveau. [SPEAKER_00] Toi, depuis l'enfance, tu lis sur les lèvres, alors que tu as commencé quand tu étais petite avant ton diagnostic. [SPEAKER_00] Et puis tu as continué. [SPEAKER_01] Tu le fais encore aujourd'hui Toujours. [SPEAKER_00] À quoi ça te sert aujourd'hui alors que tu as des appareils [SPEAKER_01] de lire sur les lèvres Déjà, ça me permet de suivre des conversations auxquelles je ne suis pas initiée. [SPEAKER_01] J'adore. Voilà. Genre quoi Des [SPEAKER_01] fois, je ne pas, je vois des des personnes qui parlent, qui qui qui ne veulent pas se mettre dans le groupe. Moi, je vais essayer quand même de regarder parce que je suis curieuse. [SPEAKER_01] Mais tu arrives vraiment à lire des Ah vraiment. En soirée des gens, vraiment et tout. Aussi dans les jeux, c'est trop bien parce que des fois on fait des tests et du coup direct moi je tout, donc on me met tout le temps dans l'équipe et tout. C'est comme un super pouvoir. [SPEAKER_01] Et même grâce à la à la connaissance de l'expression, [SPEAKER_01] j'ai une intelligence qui est différente de de d'une personne qui entend. Je vais très, [SPEAKER_01] je vais quand dans les jeux, par exemple, on doit regarder, [SPEAKER_01] il y avait un jeu où tout le faisait gestes, fallait deviner lequel [SPEAKER_01] initier un geste par le comportement, je savais direct qui [SPEAKER_00] pour truc comme ça. En fait, es un agent secret quoi. Un peu. [SPEAKER_00] J'ai appris qu'il y avait un métier qui existait. Mais complètement Vraiment Mais attends, avant qu'on parle du métier, ça m'intéresse. Mais attends, tu dis [SPEAKER_00] lire sur les lèvres, ok, mais il y a certains sons qui font la [SPEAKER_00] même La même forme. Oui. Je t'aime et gendarme. [SPEAKER_00] On fait la même forme avec nos lèvres. C'est le même. Et du coup Si t'es avec un mec, t'as l'impression qu'il dit gendarme, gendarme, en fait, c'est juste qu'il Tu [SPEAKER_01] dis, il y a quelqu'un qui dit à un gendarme et toi, tu es là, tu m'aimes. [SPEAKER_01] En fait, non, il t'aime pas, c'est juste un gendarme, en fait. [SPEAKER_01] Mais en fait, quand il y a des milliers de sous-interviews [SPEAKER_01] et une personne malentendante, elle va deviner [SPEAKER_01] une phrase par le contexte, [SPEAKER_01] elle va analyser tout ce qui se passe dans la pièce et en fonction de là où on est, restaurant par exemple, on va se dire ok, là j'hésite entre 2 mots par rapport au sous-dit labial, [SPEAKER_01] le contexte et on est au restaurant, ça va être tel mot. Et en fait notre cerveau il choisit, [SPEAKER_01] genre il y quelqu'un qui travaille qui fait des, [SPEAKER_01] Voilà. [SPEAKER_01] Il y a quoi comme autre mot avec des, on parle de sosie bio C'est plus, sosie la bio, il y en a plein. Je n'en ai plus là de tête, mais [SPEAKER_01] mêmes les syllabes, tu vois, bas, [SPEAKER_01] pas, [SPEAKER_01] tous les trucs un peu, [SPEAKER_01] il y en a tellement. [SPEAKER_01] Mais c'est pour ça que ça demande beaucoup de concentration. Mais tu pourrais en faire ton métier, en fait, c'est ça. On en parle à l'instant, mais. Des fois, il y des gens qui m'appellent pour que, pour me payer, pour que je lis sur des lèvres dans des vidéos, des, pour les politiques aussi. Ils me me disent, [SPEAKER_01] est-ce que tu peux lire ce élève s'il te plaît pour ça, ça, ça C'est un métier en vrai. Bon, je ne pas si c'est un métier de lecture labiale, mais je sais que ça existe au GIGN, un truc comme ça. Mais mais je pense que à l'écoute Et je lui dirai pas. On a reçu ici quelqu'un du GIGN. C'est vrai. Si tu veux, je te mets en contact avec le GIGN. [SPEAKER_00] Mais pourquoi pas Ouais, tu pourrais, attends. Mais j'ai vu qu'il y avait Des enquêtes de police. Un métier [SPEAKER_01] qui analysaient les comportements. C'est vous avez qui faisait partie dans du GIGNB, bon, pense, en vrai, je pense pas. Pendant le covid, ça s'est passé comment [SPEAKER_00] Très [SPEAKER_00] compliqué. [SPEAKER_01] Et tous les malentendants en France et sourds, on l'ont su. Parce qu'en fait, [SPEAKER_01] on entend plus fort, mais ce n'est pas pour autant qu'on comprend mieux parce que notre cerveau a appris à comprendre par la lecture labiale. [SPEAKER_01] Et quand il y avait le masque, pour moi, c'était comme si [SPEAKER_01] ce matin-là où je vais à la boulangerie, je me dis, mais comment [SPEAKER_01] Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit Et pourtant, c'était juste, il y avait eu le covid, il y avait le masque, mais je n'avais pas fait le lien [SPEAKER_01] et je pensais que tout le monde parlait d'une autre langue. [SPEAKER_01] Caissière, elle me dit, au [SPEAKER_01] moment, elle me demandait juste si je voulais une baguette et je ne comprenais plus. Tous les mots étaient. [SPEAKER_01] Et et du coup, [SPEAKER_01] c'est là que j'ai compris qu'en fait, [SPEAKER_01] je lisais 100 pour 100 sur les lèvres et que [SPEAKER_01] j'allais être bien embêtée. [SPEAKER_01] Et ça a été le cas pendant un petit moment. Mais encore aujourd'hui, [SPEAKER_01] si quelqu'un se se couvre la bouche. Je leur dis, baissez votre masque s'il vous plaît. Si vous voulez, je me mets à 5 mètres, il n'y aucun souci, je lis de loin, mais [SPEAKER_01] c'est le masque. [SPEAKER_01] Et il y avait même les masques, du coup, avec les, [SPEAKER_01] il y en a peu qui savaient que c'était pour ça. Mais les masques que tu vois à la bouche, [SPEAKER_01] avec transparent. [SPEAKER_01] Y en avait qui pensaient que c'était que pour le sourire. D'accord. Pas du tout, c'était juste pour pour les souris, voilà. [SPEAKER_01] Mais personne ne le mettait parce que c'est super moche, moi, de vrai. Tu as appris le langage des signes La langue des signes, oui. La langue des signes. Oui, ça se dit langue parce que ça a été reconnu comme une langue officielle. [SPEAKER_01] J'ai appris au lycée avant de devenir sourde [SPEAKER_01] en option pour le bac. [SPEAKER_01] J'ai fait 3 ans de langue des signes et [SPEAKER_01] un an et demi après, je suis devenue sourde. [SPEAKER_01] Très bizarre. Oui. [SPEAKER_01] Oui. [SPEAKER_00] Et Tu t'en sers Aujourd'hui, [SPEAKER_01] bien sûr. Et surtout, je me suis rapprochée [SPEAKER_01] de l'aspect identité. [SPEAKER_01] Parce que la surdité, au-delà du [SPEAKER_01] fait de ne pas entendre, c'est aussi une identité. [SPEAKER_01] Et les médecins m'en avaient jamais trop parlé de la communauté sourde, [SPEAKER_01] de la culture sourde, parce que c'est vraiment un truc énorme en vrai. Et [SPEAKER_01] quand j'ai commencé à rencontrer d'autres personnes, [SPEAKER_01] c'est là que j'ai compris que la surdité, c'était, ça faisait partie de moi. Et aujourd'hui, j'ai besoin, j'avais besoin d'apprendre ma langue comme si c'était une langue [SPEAKER_01] d'identitaire. [SPEAKER_01] Donc j'ai appris la langue des signes, j'ai des amis sourds ou malentendants avec qui je peux signer parfois. [SPEAKER_01] J'ai des amis entendants aussi, parfois je les enlève. [SPEAKER_00] Est-ce que tu peux nous dire en langue des signes, est-ce que tu peux nous montrer Il faut dire mon prénom. Alors il faut que tu expliques un petit peu parce qu'il y des gens qui nous regardent, mais d'autres qui nous écoutent. [SPEAKER_00] Est-ce que tu peux Tu vois, je vais essayer. [SPEAKER_01] Alors, [SPEAKER_00] comme je ne sais pas comment Ton prénom ou peut-être Je sais bonjour. [SPEAKER_00] Donc là, as mis la main devant la bouche. Devant ma bouche. [SPEAKER_01] Je m'appelle, je tape les doigts. D'accord. Je m'appelle les 2 doigts. [SPEAKER_01] R, je croise les doigts, o sous forme de o, s en point fermé. [SPEAKER_01] Et e je [SPEAKER_01] sais pas comment l'écrire. Doigts ont donc villé. Tu mis mes 2 avec les 4 doigts pliés et le pouce [SPEAKER_01] plié sur la, [SPEAKER_01] ça s'appelait comment ça Sur la paume. La paume. [SPEAKER_01] C'est fait un e. Et mon signe, [SPEAKER_01] c'est [SPEAKER_01] le rose, c'est la, les doigts qui tournent et qui viennent faire comme une fleur. [SPEAKER_00] Est-ce qu'il y a un signe par prénom ou c'est parce que ton prénom [SPEAKER_01] est une fleur Non, en langue des signes, tu choisis ton signe, c'est-à-dire que ça peut être une particularité [SPEAKER_01] de toi qui te caractérise. [SPEAKER_01] Parfois, soit on te l'assigne et donc tu le gardes à vie, soit c'est toi qui le choisis. Moi, c'est [SPEAKER_01] moi qui l'ai choisi, ce signe-là. C'est joli. Oui. Et toi, il faudrait que tu choisisses ton signe d'ailleurs. Ça pourrait être quoi mon signe Alexia [SPEAKER_01] Tu [SPEAKER_00] pourrais le dire en anglais. Comment tu fais Alexia en lettre A. Je pousse. LLEEX. [SPEAKER_01] Ok. I. I donc le pied d'A. A. [SPEAKER_01] Alexia. Et après tu fais ton signe. Est-ce [SPEAKER_01] que tu peux m'inventer un signe Journaliste. [SPEAKER_01] Ok. Tu pourrais faire un micro Journaliste. Je m'appelle. Ton signe. [SPEAKER_00] Attends, je le fais. Donc tu fais mon signe, nous allons dire. C'est-à-dire que je m'appelle Ton signe. Donc là, tu es Alexia. Alexia. Je m'appelle, c'est ça. Je m'appelle. Moi. [SPEAKER_01] Moi. [SPEAKER_00] Ah les. Ok, ah oui, Alexia. Et sinon ton signe. [SPEAKER_00] C'est Alexia. [SPEAKER_01] C'est génial. Voilà, on a trouvé le signe d'Alexia. On trouvé le signe, voilà, c'est bon. [SPEAKER_00] Tu [SPEAKER_00] parles de cette culture, de cette identité. Est-ce qu'aujourd'hui tu dis je suis handicapée [SPEAKER_00] ou tu te considères pas comme étant handicapée [SPEAKER_01] suis, [SPEAKER_01] souvent, je dis que je suis handicapée par rapport au fait que la société n'est pas accessible toujours. C'est là que je me sens handicapée. [SPEAKER_01] Mais sinon, en tant que telle, pour moi, la surdité n'est pas un handicap. [SPEAKER_01] C'est c'est [SPEAKER_01] c'est une singularité. [SPEAKER_01] J'entends moins bien, mais il y a des tellement de solutions aujourd'hui, [SPEAKER_01] tellement de choses dans la culture, dans plein de choses qui existent que [SPEAKER_01] je ne suis pas malheureuse avec. Juste j'ai j'ai appris à me connaître, à choisir [SPEAKER_01] qu'est-ce qui pouvait m'aider dans mon quotidien. [SPEAKER_01] Donc, [SPEAKER_01] le mot handicap, c'est vraiment, ça renvoie vraiment qu'au fait que des fois, [SPEAKER_01] quand je ne pas faire certaines choses parce que j'ai ça, là, je me sens handicapée. [SPEAKER_00] Tu m'as dit aussi, moi, je n'en peux plus qu'on me présente comme étant [SPEAKER_00] malentendante [SPEAKER_00] ou sourde. Tu me racontais des moments où on ne dit même pas rose. En gros, [SPEAKER_00] parce que tu es conférencière notamment. Et parfois, on t'introduit en disant avant ton prénom que tu es malentendante. [SPEAKER_00] Ça, pour toi, c'est insupportable et on comprend. [SPEAKER_01] Oui, [SPEAKER_01] puis en fait, c'était, ne plus, il faut que je te raconte la le mot. Vas-y, C'est ça, mais c'était un événement où j'avais été choisie en personnalité pour promouvoir un un un grand moment [SPEAKER_01] caritatif. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] avant cet événement, il y avait une projection avec les partenaires, et caetera. Et donc nous, on faisait partie d'un groupe de personnalités [SPEAKER_01] de différents domaines. [SPEAKER_01] Et le [SPEAKER_01] le modérateur, il présente nous à venir sur scène, les 10 et il met [SPEAKER_01] Jean [SPEAKER_01] aventurier, [SPEAKER_01] camélia athlète de haut niveau et tout, Rose Pennel. [SPEAKER_01] Moi je me dis, qu'est-ce qu'il va dire et tout sourde, [SPEAKER_01] c'est tout. Et là, je me dis waouh, [SPEAKER_01] c'est donc, enfin c'est que c'est quoi ça Et en soi, ce n'était pas grave parce que je suis très fière de cette surdité, mais elle ne me définit pas non plus. [SPEAKER_01] Et je suis rose aussi au-delà de ça. Et c'est ça, ça fait partie d'un petit déclic qui a fait qu'aujourd'hui, [SPEAKER_01] je fais aussi beaucoup de choses et même parfois pas qu'en lien avec la surdité. [SPEAKER_00] Tu es aussi comédienne, [SPEAKER_00] mais ce n'est pas facile pour toi quand même d'exercer [SPEAKER_00] ce métier [SPEAKER_00] avec la surdité. [SPEAKER_00] Tu as vécu aussi de la discrimination sur les tournages. Qu'est-ce qui s'est passé [SPEAKER_01] En fait, il y a des des discriminations pendant les castings et une discrimination qui s'est passée lors d'un tournage. [SPEAKER_01] En casting, [SPEAKER_01] c'était alors moi, j'ai commencé, je faisais du théâtre depuis que j'ai 8 ans. Donc pareil, c'est ce qui m'a aidé aussi à développer la parole aussi dans ma timidité. [SPEAKER_01] Et j'ai commencé les castings, je devais avoir 16 ans [SPEAKER_01] et avant, je me rappelle avoir dit à ma mère, ne surtout pas qu'on dise à l'agence que que je suis sourde, surtout pas. [SPEAKER_01] J'arrive en casting et ils ne savent pas que je suis malentendante [SPEAKER_01] et [SPEAKER_01] et je leur dis du coup un peu au début et en fait je [SPEAKER_01] portais des petits appareils et [SPEAKER_01] en fait je je n'entendais pas bien pendant qu'ils me donnaient des consignes de jeu, et caetera. Et en fait, c'était au [SPEAKER_01] moins 3 directeurs de casting m'ont dit mais pars, on n'a pas de temps quoi. Donc merci, [SPEAKER_01] ils disent merci, [SPEAKER_01] non, je leur dis ce que vous pouvez répéter. Non non, merci. [SPEAKER_01] Ils ne répètent jamais en fait. Et pour pour eux, quand que tu fais répéter, c'est c'est que tu n'es pas bonne, c'est que tu leur fais perdre leur temps. Tu t'es sentie comment [SPEAKER_01] Très mal. Ça m'a vraiment dégoûtée de dégoûtée. [SPEAKER_01] Donc c'est c'est ce qui a fait aussi que je me suis redirigé vers les études parce que enfin je n'arrivais pas à être moi-même et à me lâcher dans le jeu quand je voyais que face à moi, j'avais des personnes qui qui se moquaient ouvertement de moi quoi. [SPEAKER_01] Donc c'est c'est hyper compliqué. [SPEAKER_01] Et j'avais repris donc les, j'avais été prise à un tournage en silhouette, c'est-à-dire j'étais présente sans dire une réplique, mais je voyais bien dans [SPEAKER_01] un restaurant [SPEAKER_01] Et le les réalisateurs et tout, ils m'avaient vu, ils m'avaient pris en photo et j'arrive au tournage [SPEAKER_01] et ils avaient peut-être, ils avaient pas vu que j'avais des appareils [SPEAKER_01] et ils m'assoient dos à la caméra. On est à table, on était plusieurs comédiens. [SPEAKER_01] Et il dit action, puis là, il est derrière la caméra, dit, on va aller la voir, y un truc qui ne va pas. [SPEAKER_01] Rose, est-ce que tu peux retirer tes appareils s'il te plaît Ça ne passe pas du tout à la caméra. [SPEAKER_01] En 2022. [SPEAKER_00] Donc ça se Donc [SPEAKER_01] récemment. [SPEAKER_01] Et je me dis, mais j'aurais vous qui qui me demande. [SPEAKER_01] Il me dit non, non, vraiment, ça ne passe pas. Je lui dis, [SPEAKER_01] je n'avais pas confiance en moi à cette époque-là, lui disais, je peux en enlever un à la rigueur, mais pas les 2, sinon je n'entends rien. [SPEAKER_01] Et il me dit bon ok, il m'en prend un, me, clairement il me le prend, il part avec. C'est dur comme geste. C'est dur, ouais. [SPEAKER_01] Et il revient à la charge, ils sont 3 cette fois-ci devant tout le monde, des gens que je ne connais pas, une équipe que je ne connais pas, ils sont au moins 20, 25, 30. [SPEAKER_01] Et tout le monde banalise ce qui se passe, tout le monde n'est pas sensibilisé [SPEAKER_01] et et ils me disent, ils redisent là ça va vraiment, ça ne passe pas du tout vraiment, il faut que tu enlèves et [SPEAKER_01] moi C'est quoi qui les dérangeaient pardon, mais Mais je ne sais pas, ce n'est pas esthétique, [SPEAKER_01] Ce n'est pas pour eux. Ok, oui, oui. Moi non plus, je pas compris sur le moment. [SPEAKER_01] Mais ce qui m'a marqué, c'est qu'au delà, du coup, il m'a pris les 2 appareils. Je n'ai même pas su dire non. [SPEAKER_01] J'étais tétanisée à ce moment et au moment de direction, je lui disais, mais par contre, faites-moi une tape dans le dos du coup au moment d'action, sinon je ne saurais pas. [SPEAKER_01] Et là, je lève mes yeux et je vois tout le monde mange, tout le monde fait l'action qu'on devait faire. Je me dis, il ne l'a pas prévenu. [SPEAKER_01] Et 2 fois d'affilée, il n'a pas prévenu [SPEAKER_01] Et j'étais tellement en colère et ça a été ça qui a fait que me suis lancée sur les réseaux à en parler. C'est que j'étais tellement en colère [SPEAKER_01] au fond de moi que je n'ai pas su dire quelque chose à ce jour-là et j'ai laissé ça passer. [SPEAKER_01] Qu'un mois après, en en parlant de ce qui s'était passé, [SPEAKER_01] ma mère me dit, mais ce que tu as vécu, c'est un, c'est une discrimination. [SPEAKER_01] Et j'en parle sur les réseaux dans ma story juste pour demander des avis. Et tout le monde me répond, mais par centaines. [SPEAKER_01] Et et je décide d'en faire une vidéo, de dire ce qui s'est passé. [SPEAKER_01] Et la vidéo, elle [SPEAKER_01] va toucher des réals et elle fait beaucoup de Elle devient virale. Voilà. Et c'est là que j'ai commencé à intervenir dans les médias pour en parler. [SPEAKER_01] Et je ne pas si ça a fait bouger les choses, mais en tout cas, c'est la 1re fois que [SPEAKER_01] j'ai osé prendre la parole pour exposer [SPEAKER_01] des faits et essayer de faire bouger les choses à mon échelle. [SPEAKER_00] Qu'est-ce que tu fais sur les réseaux [SPEAKER_01] aujourd'hui du coup Alors là, je me suis un peu, enfin, je suis beaucoup moins qu'avant sur les réseaux, mais à l'époque, je m'étais lancée pour [SPEAKER_01] représenter des situations que je vivais au quotidien, [SPEAKER_01] que [SPEAKER_01] qui pour moi n'étaient pas dramatiques. [SPEAKER_01] Et et je me suis dit là, je vis un truc drôle qui peut gêner [SPEAKER_00] parfois qui est un peu maladroit. Quoi par exemple [SPEAKER_01] Par exemple, la 1re vidéo que j'ai fait, c'était ma ma directrice de magasin [SPEAKER_01] qui avait une idée de ouf [SPEAKER_01] pour moi, pour m'aider, [SPEAKER_01] qui était de mettre une étiquette sourde sur mon t-shirt. [SPEAKER_01] Et je voyais ça. C'était tellement marrant [SPEAKER_01] la manière dont elle trouvait ce que c'était l'idée de ouf du siècle [SPEAKER_01] qui à la fois est hyper stigmatisant [SPEAKER_00] que que j'attends. Ce n'était pas une blague. Elle voulait le faire en vrai Non, vraiment. Attends, j'ai cru que c'était une blague. Attends, c'est pire. [SPEAKER_00] Elle voulait en vrai que tu portes une étiquette. Oui, elle avait été vendeuse. [SPEAKER_01] Voilà. Ah ouais, d'accord, c'est chaud. Et en fait, ils avaient parlé avec les responsables de région pour me faire une étiquette dédiée avec écrit sourd. [SPEAKER_01] Et quand elle m'a évoqué ça, mais j'étais j'ai j'ai poussé à un fou rire parce que je me suis dit, mais merci, c'est adorable d'avoir pensé à moi, mais c'est c'est hyper maladroit quoi. Va [SPEAKER_01] trouver autre chose parce que là, c'est c'est bon. [SPEAKER_01] Et je l'ai fait en vidéo et ça a super bien marché parce que c'est un peu humoristique et Et il y des managers qui ont vu ça et se sont dit ah oui, ça vous dit vu de cette manière là, c'est vrai que c'est un peu malaisant. Oui, c'est clair. Et j'ai fait la même chose avec toutes les situations que je vivais et ça. Ils ont raconté d'autres. Il y avait tous les années, les choses qu'on me disait sur moi avec ma surdité, les préjugés. Il y quoi comme préjugés ou comme moments improbables que tu as vécu, que tu pourrais nous raconter, que tu as raconté ensuite en saynète Par exemple, j'ai une, je ne sais plus, j'avais fait une vidéo sur ce sujet, mais j'allais au Patapin et je disais bonjour, est-ce que vous pouvez baisser votre masque Je suis sourde, et caetera. Et le le monsieur était tellement paniqué de me voir, [SPEAKER_01] de lui dire que j'étais sourde parce qu'il avait ce préjugé sourd égal signe égal, elle parle pas égal, [SPEAKER_01] qu'il s'est mis à faire des trucs, mais des [SPEAKER_01] gestes qui n'avaient rien à voir avec la langue des signes. J'ai essayé de me mimer des trucs, mais je viens de vous dire à l'oral que je suis sourd, donc je peux parler, je comprends. [SPEAKER_01] Mais je trouve ça tellement mignon. [SPEAKER_01] Et et aussi des gens, pareil, en vente, qui se mettaient à articuler [SPEAKER_01] quand je leur disais que je disais sur les lèvres et ils se mettaient à crier, [SPEAKER_01] à à rire comme ça et tout, j'étais là, non. À te parler comme une grosse débile quoi. Comme une grosse débile. C'est hyper [SPEAKER_01] C'est très vexant. Mais à la fois, je trouvais ça tellement drôle que je me suis dit ça pourra peut-être aider d'autres personnes qui le vivent au quotidien. [SPEAKER_01] J'avais besoin de changer ce regard que les gens peuvent avoir sur cette situation qui le vivent très au 1er degré. Je me suis dit il faut que les gens ils développent leur second degré. Comment ça se passe la vie professionnelle [SPEAKER_00] Est-ce que tu pourrais avoir un métier complètement classique Parce que là, tu es conférencière, autrice, [SPEAKER_00] comédienne. [SPEAKER_00] Là, tu as une vie qui sort du commun. Enfin, tu vois, c'est les gens de ton âge font pas tout ça. Tu pourrais ou tu n'as pas envie d'avoir un métier classique [SPEAKER_01] Oui, puis c'est parti d'un constat que quand j'étais en bureau en alternance, je ne vibrais pas [SPEAKER_01] et je vibrais que quand je rentrais chez moi et je faisais mes vidéos sur les réseaux, quand j'allais à la rencontre de personnes que je pouvais aider à l'oral des personnes. [SPEAKER_01] Et puis, petit à petit, [SPEAKER_01] ce n'était pas facile au début de trouver sa place et de ne pas rentrer dans les cases qu'on prend, tu vois, d'être pas dans un bureau et de ne être heureux, tu vois. Pourtant, j'étais dans une super boîte, super métier, et caetera. Donc je me lance sur les réseaux, puis le le pendant les réseaux, il y a une personne qui me contacte pour avec l'idée d'un livre. [SPEAKER_01] C'est comme ça que ce livre est né. Et puis ce livre, ça dépouche à des à des moments de rencontre avec des jeunes, avec des assos, [SPEAKER_01] des prises de parole. [SPEAKER_01] Dans mon alternance, il voyait que l'ordi, ça me saoulait un peu. Donc mon directeur, il me dit, tu vas venir avec moi et puis tu vas aller parler dans un dans un hôtel avec des collaborateurs de ce que tu vis et de qu'est-ce que vas venir. Travailler pour un pour un groupe hôtelier des hôtels. Et et du coup, j'allais sensibiliser des petites équipes de tes 5. [SPEAKER_01] Et puis, en fait, je me suis dit, c'est un métier, fait ça. Parler et faire des conférences, c'est un métier. Parler, travailler l'oral, l'oratoire. [SPEAKER_01] Bien sûr. Et c'est comme ça que j'ai commencé à travailler pour en faire mon métier Et j'ai commencé, [SPEAKER_01] mes conférences, elles n'étaient pas parfaites. Je l'ai fait avec le coeur, j'ai essayé [SPEAKER_01] et petit à petit, en rencontrant des gens, des professionnels, ils m'ont aidé, on a, j'ai refait mes conférences et puis et puis il y eu le livre, il y a eu des d'autres projets, le podcast que j'ai fait, [SPEAKER_01] des conférences [SPEAKER_01] géniales et le cinéma qui commence aussi. Bon, avis au Réal, tu nous gardes. Si elle est Réal, venez, je vous envoie ma bande des mots. [SPEAKER_00] Et je suis très très très à l'aise et voilà. Très à l'aise. Ça va mieux maintenant. On [SPEAKER_00] a parlé du boulot. Comment ça se passe la vie perso Comment ça se passe les rencontres amoureuses [SPEAKER_00] quand on porte un implant, quand on prend des appareils [SPEAKER_00] que tu penses que tu es passée à côté de certaines rencontres [SPEAKER_00] ou pas, où les gens de ton âge [SPEAKER_01] sont plutôt assez cool là-dessus [SPEAKER_01] C'est vrai que [SPEAKER_01] je pense que quand on a 19, 20 ans et qu'on n'a pas trop confiance en soi, [SPEAKER_01] je ne sais pas si c'est directement lié, enfin c'est lié à la perte auditive, mais pas toujours. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] et moi, personnellement, [SPEAKER_01] le le, je n'ai pas eu directement de problème avec ma surdité. [SPEAKER_01] Quelques gens qui étaient un peu [SPEAKER_01] des mecs un peu gamins et qui ne comprenaient pas quand je répondais de travers et qui se disaient voilà. [SPEAKER_01] Mais ou qui ne rigolait pas assez pour à mon goût. Oui, ce n'est pas drôle. Moi, [SPEAKER_01] j'avais des potes qui qui étaient très dans l'humour noir au lycée et quand je suis tombée face à un gars qui avait trop pitié de moi, ça me saoulait un peu, quoi. Je voulais qu'il me taille, je voulais qu'il me lance des punchlines, moi aussi. [SPEAKER_01] Et je pense, c'est plus le manque de confiance en moi qui a [SPEAKER_01] fait que je n'ai pas toujours [SPEAKER_01] excellé dans les relations amoureuses. J'en ai eu quand même quelques unes, [SPEAKER_01] mais qui faisait que j'étais pas toujours à l'aise avec ça. [SPEAKER_00] Répondre de travers, ce n'est pas grave. [SPEAKER_01] Non, [SPEAKER_01] non, ça amène parfois des situations marrantes. Pas toujours quand [SPEAKER_01] si tu es chez le coiffeur et que tu dis voilà, [SPEAKER_01] tu veux un dégradé, que le le gars, il comprend que, enfin tu comprends mal et je ne sais plus comment habiller ça, mais qu'il se fait un coupe chaud, dégrader, il coupe tout alors que tu n'as pas dit ça du tout. Oui. Tu as mal entendu. Oui, Là, c'est là, c'est chaud. Ou genre tu veux une frange, fait, il faut autre chose. Là, tu n'es pas bien. Mais dans [SPEAKER_01] la vie de tous les jours, quand les personnes le savent, [SPEAKER_01] c'est un petit moment marrant. Il t'explique mieux et puis on passe à autre chose. Il y des choses que tu peux pas faire du tout, [SPEAKER_01] Soit en parachute. [SPEAKER_01] C'est tout. [SPEAKER_01] Et la boxe. C'est tout. Non, non. Je suis un peu dégoûtée. J'aurais peut-être voulu sauter en parachute. [SPEAKER_01] Mais Pourquoi Parce que tu, parce que ce n'est pas bien pour ton implant. Avec la pression, ça peut être dangereux et les en boxe peuvent être dangereux par rapport à l'implant. [SPEAKER_01] Mais [SPEAKER_01] pas grand chose. En fait, moi, je ne me mets pas de limite, honnêtement. C'est génial. Il y plein de trucs que je n'étais pas censée faire. [SPEAKER_01] On pourrait se dire, ne peut pas en podcast. Qu'est-ce qu'une [SPEAKER_01] fisso de faire un podcast audio, tu vois. Ils se disent, si, [SPEAKER_00] on s'en fout, je mets des sous-titrés, voilà. J'adore. En fait, ça m'inspire la question d'après sur les pensées limitantes. Tu m'as dit, j'avais énormément de pensées limitantes, [SPEAKER_00] j'ai arrêté. [SPEAKER_00] Je pense que là, tu vas inspirer toute la France. Comment on fait pour arrêter les pensées limitantes [SPEAKER_00] C'est quoi ton secret Qu'est-ce que tu as fait Qu'est-ce que tu as mis en place, quoi [SPEAKER_01] En fait, je me suis conditionnée à me dire ils ne m'attendent pas, c'est pareil, je vais y aller quand même et surtout d'aller dans des chemins qui ne sont pas forcément classiques, mais de faire avec les moyens qu'on a et de faire petit à petit. [SPEAKER_01] Et pour moi, ça a été surtout des rencontres, [SPEAKER_01] des discussions. [SPEAKER_01] Et c'est au-delà du professionnel. Ça a été ça qui a fait qu'il y a des idées qui ont émergé. [SPEAKER_01] Et et c'est comme ça que [SPEAKER_01] l'image que j'avais des des pensées limitantes en me disant je ne pourrais jamais attendre ça. [SPEAKER_01] Je me suis dit, mais si c'est possible en fait. Et grâce à juste des petits des petits trucs, ça a commencé par juste demander un coca au restaurant. [SPEAKER_01] J'avais cette pensée limitante que ce n'était pas possible. [SPEAKER_01] Un jour, je l'ai fait [SPEAKER_01] dans un petit restaurant, ça a marché, j'ai réussi à le faire toute seule. Ça part de là, puis après, c'est faire une conférence devant 1000 personnes. [SPEAKER_01] Mais c'est [SPEAKER_01] petit à petit et pas regarder la montagne et faire avec ce qu'on a, faire de son mieux surtout. [SPEAKER_01] Et et c'est comme ça que que j'ai réussi à faire toutes ces choses. C'est génial. [SPEAKER_00] On arrive à la fin de cet entretien. [SPEAKER_00] J'aime bien demander aux gens qui sont à ta place un conseil. [SPEAKER_00] Au vu de ce qu'on s'est dit, ton parcours, [SPEAKER_00] de temps en temps, tu m'as dit, c'était trop drôle, j'ai noté j'ai un bac plus 8 en manipulation. Non, c'est parce que tu lis sur les lèvres, c'est juste ça. Mais en tout cas, et puis tu tu analyses le visage des gens. Mais bref, c'est un point de détail que j'ai trouvé drôle. Mais au vu de ton parcours, [SPEAKER_00] tu passes quand même une grande partie de ton enfance dans le silence. Le diagnostic arrive assez tardivement. [SPEAKER_00] Tu vis du harcèlement, [SPEAKER_00] tu te dépasses. Les pensées limitantes, tu arrives à les à les stopper quoi. Tu arrives à les neutraliser. [SPEAKER_00] Aujourd'hui, tu as 25 ans, [SPEAKER_00] conférencière, comédienne, autrice, franchement chapeau. Qu'est-ce que tu as envie de dire aux gens qui nous regardent, qui nous écoutent Est-ce que tu as un petit conseil, [SPEAKER_00] un petit tips de vie [SPEAKER_01] Oui, y un truc, un petit message que j'ai appris récemment, [SPEAKER_01] c'est que [SPEAKER_01] même les personnes qui sont [SPEAKER_01] au max de leur vie, qui on a l'impression qu'elles ont trop confiance en eux et sont au max. Et bien en fait, ces personnes là, elles ont aussi peur parfois. Elles ont tout le temps des moments de doute, elles ont tout le temps des peurs. Et j'ai appris que [SPEAKER_01] ces peurs-là qu'on pouvait avoir, elles sont normales. [SPEAKER_01] Et le jour où j'ai appris ça, je me suis dit, mais en fait, [SPEAKER_01] avoir confiance en soi, c'est juste avancer malgré la peur, mais c'est [SPEAKER_01] oser. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] je pense que c'est ça vraiment qui m'a marqué et que [SPEAKER_01] les moments de pluie, moi, c'est une phrase que je crois que j'avais mis dans le livre, je ne plus, mais que grâce à la pluie, ils viennent les fleurs. [SPEAKER_01] C'est-à-dire que grâce aux moments de doute, de peur qu'on a, ça crée des petites fleurs qui, au début, c'est des petites feuilles, puis ça ça grandit en nous. Et pour moi, ça ça représente la confiance en soi. [SPEAKER_01] Donc, et l'estime de soi aussi. Bravo, [SPEAKER_00] voilà. Je crois tu as une maturité de dingue. Bravo à toi, vais remonter ton livre. Alors vivre [SPEAKER_00] avec une surdité, [SPEAKER_00] le son de la vie, c'est aux éditions [SPEAKER_00] Mango. À la fois, tu racontes ton histoire, mais aussi des petits conseils pour des gens qui sont dans ta situation, [SPEAKER_00] peut-être des gens qui se posent des questions et aussi pour ceux qui n'ont pas de problème d'audition simplement pour comprendre. C'est ça. Parce qu'on se rend compte qu'il y a beaucoup de de finalement de gens qui sont un peu [SPEAKER_00] pas très tu vois pas très sympa un peu maladroit parce que finalement ils connaissent pas ce handicap invisible. Donc voilà je vous conseille [SPEAKER_00] ce livre et merci d'être venu. Je te souhaite une jolie route, avis au Réal qui nous regarde, [SPEAKER_00] si elle a envie de bosser et puis nous on se retrouve en tout cas sur tous tous les mardis donc je vous dis à la semaine prochaine.
Points clés
- Née malentendante, diagnostiquée à 8 ans.
- Porteuse d'un implant cochléaire depuis ses 19 ans.
- Auteure du livre 'Vivre avec une surdité, le son de la vie'.
- Ambassadrice santé pour la semaine du son de l'UNESCO.
À éviter
❌ Penser que la surdité est un silence total.
✅ Pour Rose, c'était un monde sonore fragmenté, avec 'des trous noirs entre les mots', ce qui est très différent d'une absence complète de son. Chaque expérience de la surdité est unique.
❌ Croire qu'un diagnostic tardif entraîne forcément un retard de langage.
✅ Rose Penel est la preuve du contraire. Son exposition précoce à la musique jouée par sa mère a probablement stimulé les connexions neuronales nécessaires au développement du langage, malgré sa perte auditive.
❌ Considérer le handicap comme une faiblesse insurmontable.
✅ Le parcours de Rose démontre que l'adversité peut devenir un 'point de bascule', une source de motivation et de force pour atteindre des objectifs ambitieux et inspirer les autres.
Glossaire
- Implant cochléaire
- Dispositif médical électronique qui remplace la fonction de l'oreille interne endommagée. Contrairement aux prothèses auditives, qui amplifient les sons, les implants cochléaires stimulent directement le nerf auditif.
- ORL (Oto-rhino-laryngologiste)
- Médecin spécialiste du diagnostic et du traitement des maladies du nez, de la gorge, des oreilles et de la région de la tête et du cou.
- Audiogramme
- Examen qui mesure l'acuité auditive. Il permet de déterminer le seuil d'audition d'une personne pour différentes fréquences et d'identifier le type et le degré de surdité.
- Point de bascule
- Terme utilisé dans le podcast 'Tous Fondeurs' pour désigner un événement ou une prise de conscience qui change radicalement le cours d'une vie.
Conclusion
Le voyage de Rose Penel n'est pas seulement une histoire de son retrouvé. C'est une symphonie de la résilience, une preuve que les plus grandes batailles se gagnent d'abord à l'intérieur. Son message résonne bien au-delà des ondes sonores : écouter sa propre force, c'est trouver la plus belle des mélodies.

