Sur le plateau du podcast « Tous Wonder », Rudy, le fondateur, reçoit une invitée qui ne mâche pas ses mots. La Dre Amina Yamnan, gynécologue-obstétricienne, cofondatrice de la Clinique des Femmes et ancienne cheffe de service à l'hôpital américain de Neuilly. Avec un parcours de près de 16 000 naissances accompagnées, elle promet une discussion « sans filtre, sans fard ». Une promesse tenue, qui va secouer les idées reçues sur la maternité, la médecine et la condition féminine.
Accouchement, violences gynécologiques & sexualité féminine : Dre Amina Yamnan 'sans filtre' sur Tous Wonder
Publié le 21 juin 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
Elle parle cash. Sans filtre, sans fard. La Dre Amina Yamnan, gynécologue-obstétricienne, dynamite les clichés sur l'accouchement, la sexualité et les violences médicales. Une parole rare et nécessaire qui secoue les certitudes et libère les femmes.
Contexte : une parole qui dynamite les tabous
Le décor est planté. « Tous Wonder » est un média qui explore les « points de bascule », ces moments qui changent une vie. L'invitation de la Dre Amina Yamnan n'est pas anodine. Son nom est synonyme de franc-parler dans un milieu médical souvent feutré.
Elle est là pour parler de tout. Sexualité, avortement, ménopause, et bien plus. Rudy l'annonce d'emblée : la conversation sera directe, authentique. L'objectif est de briser les silences qui entourent la santé des femmes.
La Dre Yamnan incarne cette mission. Elle n'est pas seulement une praticienne ; elle est une militante de la parole vraie. Une parole qui dérange, qui éduque, mais qui, surtout, libère. Le ton est donné : préparez-vous à être bousculé.
Défi : affronter la réalité crue de la naissance et de la discrimination
Le premier tabou à tomber est celui de l'accouchement. Loin des images édulcorées des magazines, la réalité est plus brute, plus animale. Quand Rudy l'interroge sur les bruits, les odeurs, les sensations d'une naissance, la réponse fuse, sans détour.
« [Amina Yamnan] « En vrai, quand vous accouchez, tu pousses, donc tu te pisses dessus, tu te chies dessus, donc ça pue la pisse, ça pue la merde. »
La phrase est un choc. Elle déconstruit en quelques mots des décennies de mythes. L'accouchement, c'est aussi du sang, du liquide amniotique, des cris de douleur. Ce n'est pas sale, c'est la vie dans ce qu'elle a de plus viscéral. Pour la Dre Yamnan, le dire n'est pas fait pour effrayer. C'est un « devoir de sororité absolue ». Partager cette vérité, c'est armer les femmes, les préparer, et reconnaître la puissance de ce qu'elles vivent.
Ne pas se contenter d'être une femme médecin
Le deuxième défi qu'elle expose est plus personnel, mais tout aussi universel : la discrimination. Son parcours n'a pas été une ligne droite. Il a été un combat.
Elle raconte son arrivée dans la spécialité. Jeune étudiante, elle se heurte à un mur. Un mur de préjugés, de sexisme et de racisme, incarné par une seule phrase, prononcée par le patron de la chaire de gynécologie.
« [Amina Yamnan] « Le patron me dit je ne veux avoir ni femme ni noire. »
Un interdit. Une violence symbolique inouïe. Pour beaucoup, cela aurait été un coup d'arrêt. Pour elle, ce fut un détonateur. Elle refuse de subir. « Le mec qui a décidé de me faire chier n'est pas né », lâche-t-elle avec une force tranquille. Cette phrase n'est pas une anecdote, elle est le symptôme d'un système à combattre. Elle a dû se battre non pas pour être la meilleure, mais simplement pour avoir le droit d'exister dans la voie qu'elle avait choisie.
Solution : transformer la peur et l'injustice en force motrice
Comment surmonte-t-on de tels obstacles ? Pour la Dre Amina Yamnan, la résilience s'est construite très tôt. Elle se souvient, enfant métisse dans le Finistère, demandant à son père pourquoi tout le monde la regardait. Sa réponse a forgé sa confiance : « Parce que tu es la plus belle. »
Cette force intérieure lui a permis de transformer le poison en antidote. L'interdit posé par ce chef de service est devenu son carburant. « Toute noire et toute femme que je suis, je suis devenue gynécologue », affirme-t-elle. Ce n'est pas une revanche, c'est une affirmation.
Une vocation née de la peur
Mais le choix de sa spécialité cache une complexité plus intime. Il n'est pas le fruit du hasard, mais d'une série de « points de bascule » personnels.
D'abord, une rencontre énigmatique en Corse avec un vieil homme qui lui prédit qu'elle deviendra gynécologue, « le plus beau métier du monde ». Ensuite, un stage traumatisant en pédiatrie, où la confrontation avec la mort d'enfants la persuade que cette voie n'est pas pour elle.
Enfin, et surtout, une raison profondément personnelle. Sa famille est marquée par le cancer du sein et de l'ovaire. Devenir gynécologue, c'était peut-être, inconsciemment, une façon de reprendre le contrôle sur cette fatalité génétique. Mais la révélation la plus surprenante est ailleurs.
« [Amina Yamnan] « Je suis devenue obstétricienne pour être certaine de bien comprendre ce qui allait m'arriver en accouchant. »
Elle l'admet avec une franchise désarmante : elle avait une peur panique d'accoucher. Devenir experte en la matière était sa solution radicale pour maîtriser cette angoisse. Cette confession éclaire toute sa pratique. Quand une patiente lui exprime sa peur, elle ne la juge pas. Elle la comprend. Car elle a été cette femme.
Résultats : une parole qui libère et qui soigne
Le résultat de ce parcours de combattante est une pratique médicale profondément humaine. En ayant affronté ses propres peurs et les injustices du système, la Dre Amina Yamnan a développé une empathie rare. Elle sait que derrière chaque patiente, il y a une histoire, des angoisses, des tabous.
Sa présence sur un podcast comme « Tous Wonder » n'est pas une simple interview. C'est un acte militant. En osant dire la vérité crue de l'accouchement, elle valide l'expérience de millions de femmes qui se sont senties seules ou anormales. Elle leur dit : ce que vous avez vécu est réel, et vous avez le droit d'en parler.
Un impact qui dépasse le cabinet médical
En racontant la discrimination qu'elle a subie, elle donne une voix à toutes celles et ceux qui sont confrontés au racisme et au sexisme dans leur parcours professionnel. Elle montre qu'il est possible de briser les plafonds de verre, même les plus épais.
Finalement, son franc-parler n'est pas une provocation. C'est un outil thérapeutique. En nommant les choses – la peur, la douleur, l'injustice, le sang, la merde –, elle leur ôte leur pouvoir de nuisance. Elle transforme la honte en fierté, le silence en dialogue.
Son histoire, partagée sans fard, devient elle-même un « point de bascule » pour toutes les femmes qui l'écoutent. Elle leur donne la permission de se réapproprier leur corps, leur histoire et leur parole.
Les moments forts
Questions fréquentes
Qui est la Dre Amina Yamnan ?
La Dre Amina Yamnan est une gynécologue-obstétricienne reconnue, cofondatrice de la Clinique des Femmes à Paris. Ancienne cheffe de service de la maternité de l'Hôpital américain de Neuilly, elle est connue pour son franc-parler et son engagement à briser les tabous sur la santé féminine.
Pourquoi parle-t-elle de l'accouchement de manière si crue ?
Elle considère que dire la vérité sur les aspects physiques et viscéraux de l'accouchement (douleur, fluides corporels) est un 'devoir de sororité'. Son but n'est pas d'effrayer, mais de combattre les clichés idéalisés et de préparer les femmes à la réalité de cette expérience puissante, afin qu'elles ne se sentent pas traumatisées ou anormales.
La Dre Yamnan a-t-elle vraiment été victime de discrimination ?
Oui. Elle témoigne avoir été confrontée à des propos explicitement racistes et sexistes au début de sa carrière. Un chef de service lui a déclaré : 'je ne veux avoir ni femme ni noire' dans son service, ce qu'elle qualifie d'interdit qu'elle a dû surmonter pour poursuivre sa vocation.
Qu'est-ce que la Clinique des Femmes ?
C'est un centre médical co-fondé par la Dre Yamnan, dédié à la santé des femmes à toutes les étapes de leur vie. L'approche vise à être globale, bienveillante et à offrir un espace de parole libre sur des sujets souvent considérés comme tabous.
Quels sont les principaux sujets de santé féminine abordés dans le podcast ?
L'épisode couvre une large gamme de thèmes essentiels : la réalité de l'accouchement, les violences gynécologiques et obstétricales, la discrimination en milieu médical, mais aussi la sexualité féminine, la maternité, l'avortement et la ménopause.
Quelle est la philosophie du podcast 'Tous Wonder' ?
Animé par Rudy, 'Tous Wonder' est un média qui s'intéresse aux 'points de bascule', ces moments clés ou déclics qui transforment radicalement la vie des gens. Il offre une plateforme pour des témoignages authentiques et des conversations sans filtre.
Invité
- Dr Amina Yamnan — Gynécologue obstétricienne
- Rudy — Fondateur / Hôte
Transcript
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[SPEAKER_00] Si c'était à refaire, je ne ferais pas d'enfants. Quand vous accouchez, ça pue la pisse, ça pue la merde. C'est gynécologue obstétricienne. [SPEAKER_00] Le patron me dit je ne veux avoir ni femme ni noire. Les violences gynécologiques. [SPEAKER_00] On n'est pas délicat. Je me rends compte que j'ai été une sale toubib. Ils viennent les mecs ou pas en consultation. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous fondeurs le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui je reçois le docteur Amina Yamnan. [SPEAKER_01] Elle est gynécologue [SPEAKER_01] obstétricienne [SPEAKER_01] cofondatrice [SPEAKER_01] de la clinique des femmes. Elle a été la chef du service de la maternité de l'hôpital américain à Neuilly près de Paris. Aujourd'hui, elle va nous parler de notre sexualité, [SPEAKER_01] de la vie des femmes, des maternités, [SPEAKER_01] des avortements, de la ménopause et tout ça sans filtre, sans fard avec son franc-parler [SPEAKER_01] légendaire. [SPEAKER_01] Tous Wonder c'est tous les mardis vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts [SPEAKER_01] Spotify, Deezer, Amazon et Apple merci pour votre fidélité. Vous pouvez nous regarder, [SPEAKER_01] nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Cet épisode vous est présenté avec Lucie, [SPEAKER_01] l'expert en santé préventive. [SPEAKER_01] Vous le savez dans Troussefender, parle souvent de points de bascule, de déclic qui change une vie. Et bien parfois le 1er déclic, c'est simplement de mieux comprendre son corps. On se demande pourquoi on est tout le temps fatigué, tout le temps stressé. [SPEAKER_01] Pourquoi une femme peut perdre ses cheveux, par exemple en pleine ménopause Pourquoi un homme même jeune peut avoir des problèmes de fertilité [SPEAKER_01] Et bien très souvent, la réponse, elle se trouve dans votre corps, dans notre corps. Et Lucie propose que moi en tout cas je cherche depuis longtemps et c'est pour ça que je vous en parle, c'est un bilan complet, [SPEAKER_01] analyse de sang, d'urine, [SPEAKER_01] de salive, il y plus de 110 marqueurs qui sont étudiés, en gros vous l'avez compris tout est passé au crible, [SPEAKER_01] organe, équilibre hormonal. [SPEAKER_01] Et quand vos résultats arrivent, bien vous avez un plan d'action à mettre en place pour avoir de nouvelles bonnes habitudes sur votre activité, votre sommeil, votre santé mentale et vous pouvez même échanger avec un chat avec une IA pour vous aider à avoir de bonnes nouvelles habitudes. Avec tous Wonder, vous avez un code de réduction [SPEAKER_01] moins 10 pour 100 avec le code tous Wonder 10 et évidemment je vous mets le lien dans la description de l'épisode. Et tous Wonder c'est maintenant avec le docteur Amina Yamnane, [SPEAKER_01] gynécologue [SPEAKER_01] obstétricienne [SPEAKER_01] que toutes les femmes aimeraient consulter. [SPEAKER_01] Docteur Amina Yamnane, [SPEAKER_01] est-ce que j'ai le droit de te tutoyer, t'appeler Amina Tout le monde m'appelle Amina et tu as le droit de me tutoyer. Bon, tu es gynécologue obstétricienne. [SPEAKER_01] Moi, en préambule, j'ai quand même une question, est-ce que tu as compté le nombre de bébés que tu as aidé à naître Non, je n'ai pas compté, mais je peux estimer, c'est de l'ordre de 16000. [SPEAKER_00] Ouais, ordre de grandeur à peu près. C'est hallucinant. [SPEAKER_00] Ouais, c'est vrai quand on y pense, c'est Et tu as encore une émotion quand tu Toujours. Quand tu vois un enfant naître Ouais. Ouais. Ouais, ouais, ça ne m'aura jamais quitté, je crois. Ouais ouais. Tu vibres un peu quoi. Ouais, je vibre toujours un peu. Soit c'est juste magnifique, voilà bon la plupart du temps, soit je vibre parce que c'est un métier où bon, [SPEAKER_00] de temps en temps, ça fouette quoi. Tu [SPEAKER_01] vas nous le raconter En tout cas, dans tout ce vendeur, on commence avec un point de bascule. Ton point de bascule, il est assez mignon et même c'est fort, je dirais, parce que c'est peut-être là la force intérieure que ton père t'a transmis. Tu m'as dit à l'âge de 5 ans, [SPEAKER_01] tu es métisse, [SPEAKER_01] tu grandis dans le Finistère [SPEAKER_01] et tu es avec ton papa dans la rue et tu lui dis pourquoi tout le monde nous regarde. [SPEAKER_00] Et ton père te répond parce que tu es la plus belle. Ça, qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là y a eu une forme de déclic. Ah mais non mais non mais ce dont il faut bien se rendre compte, je suis métisse dans le Finistère, j'ajoute et la seule. [SPEAKER_00] Moi je moi je suis la fille de mes parents, je ne vois pas ce que j'ai de différent des autres, mais je vois que les autres me regardent. [SPEAKER_00] Donc je demande à mon père pourquoi et lui me dit parce que tu es la plus belle [SPEAKER_00] et donc je n'ai aucune idée de douter que c'est pour autre chose. [SPEAKER_00] Donc c'est génial. Oui, c'est génial parce que ça donne une force inouïe. [SPEAKER_00] Lui, je lui ai raconté ça plus beaucoup plus tard quand j'étais adulte, il me dit je ne me rappelle même pas. Bon donc [SPEAKER_00] voilà, je, mais en tout cas, [SPEAKER_00] ça ça donne l'idée que si on me regarde, c'est pour quelque chose de vertueux. [SPEAKER_00] Évidemment, j'apprendrai plus tard en grandissant [SPEAKER_00] qu'être métisse et donc prise pour [SPEAKER_00] une femme noire parmi les blancs, [SPEAKER_00] ce [SPEAKER_00] n'est pas que vertueux, je peux parfois dans des épisodes de ma vie l'apprendre à mes dépens, [SPEAKER_00] mais en tout cas ça donne une force inouïe. [SPEAKER_01] Tu m'as dit aussi au téléphone, toute femme et toute noire que je suis, j'ai réussi à devenir gynécologue [SPEAKER_01] obstétricienne. [SPEAKER_01] Est-ce que ça a été un combat Est-ce que ça a été difficile [SPEAKER_00] Ce n'est même pas que ça a été difficile, c'était un interdit. [SPEAKER_00] Je suis à la fac de médecine, [SPEAKER_00] je termine la médecine générale [SPEAKER_00] et je décide que je veux faire gynéco. [SPEAKER_00] On est en 1995 [SPEAKER_00] en Belgique, [SPEAKER_00] au coeur de l'Europe [SPEAKER_01] et le patron responsable de la chaire de gynéco me dit, je ne comprends pas, tu sais très bien que je ne veux avoir ni femme ni noire. Si toi aussi tu aimes cet épisode, aide-moi à produire la saison 2, je lance une campagne participative, je te mets le lien en description, n'hésite pas à participer et à partager, merci. [SPEAKER_00] Je n'ai aucun souvenir de ma réaction. [SPEAKER_00] Je n'ai aucun souvenir [SPEAKER_00] de l'avoir vécu comme violent. Tout ce que je peux en dire, [SPEAKER_00] c'est que donc le mec qui a décidé de me faire chier n'est pas né. Parce que toute noire et toute femme que je suis, je suis devenue gynécologue, [SPEAKER_01] voilà. Pourquoi tu as choisi cette spécialité Tu t'en souviens Et est-ce qu'il y eu un déclic [SPEAKER_01] Il y a eu une envie Ça [SPEAKER_00] reste un super mystère pour moi parce que figure-toi que ça je m'en rappelle, je suis en 3e année de médecine, [SPEAKER_00] on part en vacances avec mes parents en Corse, y une petite fête du village, [SPEAKER_00] on sort et il y a un vieux monsieur dans mon regard qui me dit, [SPEAKER_00] tu es étudiante en médecine, tu devrais devenir [SPEAKER_00] gynécologue, c'est le plus beau métier du monde. [SPEAKER_00] Je me rappelle encore du vêtement que je portais et je lui dis, regardez-moi bien, [SPEAKER_00] jamais je ne deviendrai gynécologue. [SPEAKER_01] Pourquoi tu réponds ça Moi [SPEAKER_00] je voulais devenir [SPEAKER_00] pédiatre [SPEAKER_00] ou anesthésiste, [SPEAKER_00] c'était ça mon histoire, donc lui il arrive avec ses trucs de gynéco, je ne dis pas bien celui-ci, donc je ne dis ça jamais, [SPEAKER_00] Je ne sais toujours pas pourquoi je suis devenue gynécologue, mais je vais te dire quand même la petite idée, [SPEAKER_00] mais en tout cas je ne suis pas devenue pédiatre parce que je fais mon 1er stage de médecine, j'ai 22 ans en pédiatrie, [SPEAKER_00] à l'hôpital universitaire, [SPEAKER_00] je pars en vacances une semaine, je reviens, tous les enfants qui étaient hospitalisés là étaient à peu près décédés dans la semaine, c'est un hôpital universitaire avec les cas les plus compliqués, les plus difficiles de la cancéro pédiatrique et tout et là je suis très secouée, [SPEAKER_00] très très secouée et là je comprends que ça ça ne pas être fait pour moi la pédiatrie. Et alors après [SPEAKER_00] je pense pour [SPEAKER_00] ça c'est la c'est ma psychanalyse qui m'a appris, pense qu'on ne choisit pas ces métiers par hasard, en fait moi je suis issue d'une famille [SPEAKER_00] où toutes les femmes sont mutées [SPEAKER_00] de la mutation génétique qui [SPEAKER_00] donne [SPEAKER_00] à tout coup le cancer du sein et à presque tous les coups le cancer de l'ovaire, la fameuse même maladie que celle d'Angénina Joly. Donc mon arrière grand-mère, ma grand-mère, ma mère et mes 2 tantes, tout le monde embarqué par le cancer soit sain, soit ouvert. Oula ok. Ça, c'est mon histoire et j'ai compris après que peut-être j'allais [SPEAKER_00] entre guillemets réparer, [SPEAKER_00] voilà quelque chose. Et aussi l'autre l'autre affaire qui est extrêmement claire, c'est que [SPEAKER_00] je devais avoir des enfants, il fallait que je devienne mère, [SPEAKER_00] mais alors accoucher peut-être que là quand même c'était l'aventure [SPEAKER_00] et je pense que [SPEAKER_00] j'ai aussi fait exclusivement de l'obstétrique [SPEAKER_00] car je voulais savoir ce qui allait m'arriver [SPEAKER_00] en accouchant. [SPEAKER_00] Je suis en train de te dire que je suis devenue obstétricienne pour être certaine de bien comprendre ce qui allait m'arriver en Et [SPEAKER_00] donc quand les patientes viennent me voir à ma consulte et qu'elles me disent, [SPEAKER_00] Amina, [SPEAKER_00] je flippe un peu à l'idée d'accoucher, [SPEAKER_00] j'ai très peur d'accoucher, il n'est pas question que j'accouche, J'ai toujours énormément de compassion pour ces femmes en me disant elles ne pas toutes givrées comme toi. Heureusement, parce que sinon, il n'y aurait que des gynécos à la surface de la planète. Je [SPEAKER_00] ne peux que les comprendre. Je ne peux que les comprendre. Tu peux nous raconter le 1er accouchement [SPEAKER_01] auquel tu as assisté [SPEAKER_01] Pour ceux qui n'ont jamais vécu d'accouchement, à quoi ça ressemble Les bruits, les odeurs, le les sons, enfin, je vois les les même [SPEAKER_01] les sensations. Est-ce que tu peux nous décrire Est-ce que tu te souviens de ton émotion Ouais, moi, enfin, [SPEAKER_00] c'est que désagréable, [SPEAKER_00] c'est que des émotions négatives pour moi l'observatrice, [SPEAKER_00] les premiers accouchements auxquels je participe, [SPEAKER_00] alors Tu vas faire peur à toutes les femmes qui n'ont jamais accouché. Ouais, mais ce n'est pas la question de faire peur, c'est la question d'être aux prises avec la réalité. C'est vrai. En fait, je pense qu'un des problèmes des femmes qui sortent complètement traumates de la matière et Dieu sait qu'il y en a maintenant on commence à les compter, elles sont nombreuses, [SPEAKER_00] c'est justement parce que l'omerta, [SPEAKER_00] le tabou, donc nos mères, nos grands-mères, soit elles se rappellent plus, soit elles n'ont pas voulu nous raconter [SPEAKER_00] et que [SPEAKER_00] les les femmes ont tendance à raconter [SPEAKER_00] un truc qui est de l'ordre de la légende. [SPEAKER_00] En vrai, quand vous accouchez, [SPEAKER_00] tu pousses, donc tu te pisses dessus, tu te chies dessus, donc ça pue la pisse, ça pue la merde. [SPEAKER_00] Quand tu [SPEAKER_00] accouches ton placenta, c'est rempli de sang. Liquide amniotique il a une odeur qui est très particulière, [SPEAKER_00] moi je ne la sens par exemple désormais que quand je l'accouche la nuit. [SPEAKER_00] Jour je ne sais pas. C'est bizarre Ouais c'est très bizarre, mais j'ai repéré que c'est la nuit, [SPEAKER_00] les femmes ont mal quand même donc elles crient [SPEAKER_00] le cas échéant, maintenant il y a des péridurales, ça va mieux, mais voilà. Alors après évidemment, [SPEAKER_00] accueillir son petit, [SPEAKER_00] le voir comme ça, se mettre à crier, à respirer, [SPEAKER_00] c'est c'est, [SPEAKER_00] il y a quelque chose de somptueux là-dedans, [SPEAKER_00] mais c'est quand même on est vraiment, mais je trouve moi dans la quintessence du du du [SPEAKER_00] dur au sujet du corps quoi, l'incorporation de l'accouchement, c'est un vrai truc quoi, C'est sportif, [SPEAKER_00] je ne pas, il y a bien une femme sur [SPEAKER_00] 4 qui vomit en accouchant. [SPEAKER_00] Elle ne raconte jamais ça les femmes. Nous, on le sait. [SPEAKER_01] Qu'est-ce que tu as senti, [SPEAKER_01] ressenti du moins, la 1re fois que tu as vu ça, tout ça, tout ce que tu décris [SPEAKER_00] Ça t'a juste coupé toute envie de faire des enfants ou tu t'es dit au moins faire wa Non, non, non, non, non, non, ça, ça, et c'est pour ça que je dis que je pense que c'est ni grave ni dangereux de le raconter. C'est juste que c'est la vérité. Se le raconter entre filles en plus, mais c'est un devoir de sororité absolue. Je suis d'accord. Ça m'effraye, ça ne m'a pas du tout effrayé, [SPEAKER_00] c'est physiologique, c'est naturel, [SPEAKER_00] ça ne m'a pas du tout rebooté, [SPEAKER_00] rebuté, j'ai fait 2 enfants, [SPEAKER_00] ça ne m'a pas du tout empêché de faire ce métier, je je suis 30 ans après toujours en train de le faire et simplement [SPEAKER_00] j'ai mesuré que [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_00] le plus beau jour de la vie, c'est passé comme une lettre à la poste, j'ai poussé bébé sorti, [SPEAKER_00] je l'ai vu, l'ai tout de suite embrassé, bon pas d'autres. [SPEAKER_00] Franchement [SPEAKER_00] oui, ça arrive à certaines femmes. Mais enfin bon. Une minorité. Une minorité, [SPEAKER_00] c'est une vraie légende urbaine cette histoire. [SPEAKER_01] J'adore ton franc-parler, c'est [SPEAKER_01] en fait, merveilleux. [SPEAKER_00] Tu sais que j'ai enregistré, peut-être tu feras un podcast avec, j'ai enregistré des bandes sons en salle d'accouchement. [SPEAKER_00] Ah ouais. Ouais. Pour en faire quoi Quelle bonne idée. Ouais, je ne sais pas ce que je vais en faire, mais j'en ai. [SPEAKER_00] Donc on entend les femmes, [SPEAKER_01] entend les femmes. Tu vois, moi, la 1re fois que j'ai été enceinte et avant d'accoucher, [SPEAKER_01] quand tu vas faire des monitoring, du coup, sais pas pourquoi je te raconte ça, mais tu entends ce qui se passe dans les autres salles. Oui. Et la toute 1re fois, vraiment, je me suis dit, mais il y a un chaton. [SPEAKER_01] En fait, [SPEAKER_01] la 1re fois que j'ai entendu le 1er cri d'un bébé qui n'était pas le mien, j'étais spectatrice, [SPEAKER_01] en tout cas auditiste. Auditiste. [SPEAKER_01] Oui. [SPEAKER_00] J'ai cru au début que c'était un chat. Oui. C'est intéressant que tu parles du son parce que ça m'inspire ce souvenir chez moi. Ouais. Est-ce qu'on donne à voir à la télé le nouveau né à la télé, ce n'est jamais un nouveau né. Moi, je le sais parce que c'est mon métier. On nous présente toujours un bébé qui a 2 ou 3 semaines. Qui est propre. Qui est tout propre, qui a déjà commencé à se dérider, qui a commencé à se remplir, [SPEAKER_01] qui voilà. Est-ce qu'il y a d'autres fantasmes dans [SPEAKER_01] la vie d'une femme Tu pars de l'accouchement, c'est intéressant. Est-ce qu'il y a d'autres situations qu'on ne se raconte pas et qu'il faudrait raconter ou certaines choses qu'il faudrait se dire [SPEAKER_00] En tout cas par exemple, on ne dit pas que les règles sont naturellement douloureuses pire que tout. La faculté de médecine nous apprend que les règles ne font pas mal. [SPEAKER_00] Moi j'arrive à la fac de médecine, j'ai 20 ans, le prof de gynéco il dit les règles ne font pas mal. Moi j'ai des règles hyper douloureuses [SPEAKER_00] et je me rappelle d'un moment où je me dis alors alors tu dois être folle. [SPEAKER_00] Le mec il n'a jamais eu ses règles de sa vie, il nous dit les règles ne font pas mal, moi au lieu de croire moi, moi moi moi j'ai des règles douloureuses mon gars et je crois que ça va ma santé, d'ailleurs je ne ferai rien de mes règles douloureuses, n'ai jamais été consulté pour ça. Lui il me dit que ça ne fait pas mal et moi j'ai tendance à le croire, me dis, oui, tu n'as pas En [SPEAKER_00] fait tout bilan fait 40 à 60 pour 100 des femmes ont des règles douloureuses en dehors de toute endométriose et d'ailleurs pour ça on voit là, comme maintenant les femmes commencent à connaître cette histoire d'endométriose, [SPEAKER_00] limite, elles sont déçues quand elles font une IRM et qu'elles n'en ont pas, ne comprennent pas pourquoi elles ont mal au ventre. Parce que les règles, ça fait mal au bide en fait, [SPEAKER_01] c'est tout. Et parmi les femmes qui ont mal au bide, oui, a un petit pourcentage qui ont une endométriose. Mais ce n'est pas forcément ça. Mais pas du tout. Ouais, c'est ça en fait. Mais pas du tout. Est-ce qu'il y d'autres trucs que les femmes font, que les femmes ne savent pas Je me je je t'ai dit en préambule avant qu'on commence à enregistrer. Mais est-ce qu'il ne faut pas foutre la paix, foutre la paix à son vagin Est-ce qu'il y des choses que les femmes font qu'il ne faudrait pas faire Tu vois. Alors ça, c'est culturel. Il y des femmes qui se lavent l'intérieur du vagin. [SPEAKER_00] Ça n'a aucun intérêt. C'est un peu, c'est comme le vagin, c'est comme les narines, c'est auto-nettoyant en fait, il faut pas se, il ne pas s'inquiéter avec ça. [SPEAKER_00] Après, [SPEAKER_00] mais enfin, [SPEAKER_00] il me semble que de manière générale, les femmes font plein de trucs avec leur corps qu'il n'y pas forcément besoin de faire et qui confinent à quelque chose qui est de l'ordre ou qui peut devenir [SPEAKER_00] quelque chose qui est de l'ordre de la maltraitance vis-à-vis de soi-même. Tu penses à quoi Je pense à toute la chirurgie esthétique et gynéco, les petites lèvres qui sont trop grandes, les grandes lèvres qui sont trop avachies, qu'il faudrait remplir, [SPEAKER_00] les [SPEAKER_00] jules qu'il faut épiler, que ça te donne des des infections vulvaires, [SPEAKER_00] que alors ce pas ça, ça fait notre beurre, Mais en fait, les filles, calmez vous quoi. Il y aussi une forme d'injonction. C'est-à-dire qu'en fait les femmes, [SPEAKER_01] on attend d'elles, on attend de nous, mais je n'ai pas envie de me mettre dans le truc, mais bon, j'en fais partie. On attend de nous, on attend de nous tout au contraire. On peut le dire, mais [SPEAKER_01] tu vois qu'on soit [SPEAKER_01] performante au boulot, de bonne mère, qu'on ait une vie sexuelle épanouie. Donc du coup, je veux en venir à la sexualité [SPEAKER_01] et [SPEAKER_01] peut être aux préjugés, aux fantasmes parce qu'on est un peu sur cette thématique là. [SPEAKER_01] Quoi Est-ce qu'il y un nombre de rapports sexuels [SPEAKER_01] normal [SPEAKER_01] Tu vois, parce qu'entre entre nanas, [SPEAKER_01] parfois on se dit ah merde, attends, toi, c'est combien de fois par mois, par semaine Peut-être que dans ma to do, dans ma performance, de tout ce que je dois checker, c'est pas tu vois, je ne suis pas, je suis pas. Moi, je pense que [SPEAKER_00] j'ai lu tous ces articles et tout, moi, ça me laisse toujours assez bouche bée. Alors, [SPEAKER_00] alors bon, moi aussi, suis une femme, moi aussi, j'ai une sexualité. [SPEAKER_00] J'ai j'ai, [SPEAKER_00] en tout cas de ma propre histoire, je n'ai jamais vu qu'il y avait un un nombre au-dessus en dessous duquel voilà. Ce que j'ai repéré, c'est que ça dépend des partenaires, [SPEAKER_00] ça dépend de l'état de forme qui est le mien, ça dépend de l'état de connivence du couple que je forme avec mon partenaire [SPEAKER_00] et donc il y a des moments où oui on fait l'amour 3 fois par jour et il y des moments où on ne le fait plus pendant 2 mois en fait. En tout cas moi perso c'est ma vie. Et ça c'est ok. [SPEAKER_01] En tout cas, pour moi, c'est ok. Est-ce que c'est un sujet qui arrive en consultation ça par exemple Ouais, ça arrive beaucoup en consultation [SPEAKER_00] parce qu'il y a beaucoup de femmes qui trouvent qu'elles ont des libido basses, [SPEAKER_00] que finalement elles ne peuvent pas répondre, disent-elles [SPEAKER_00] aux besoins [SPEAKER_00] amènent-elles ça comme ça en consultation de leur mari. Bon tu sais moi je fais des consultations assez longues, je fais beaucoup de médecine narrative et tout donc je je C'est quoi la médecine narrative Je je fais [SPEAKER_00] je permets aux femmes de disposer d'un espace suffisamment sécurisant pour qu'elles puissent se raconter en fait. Je pense que pour qu'on puisse soigner les gens, faut quand même un peu savoir d'où ils viennent, dans quoi ils sont et vers où ils veulent aller. [SPEAKER_00] Si une dame me dit, [SPEAKER_00] je je trouve que je n'ai pas assez de rapports sexuels et que je lui dis, vous n'avez qu'à y mettre un peu du vôtre comme j'ai appris à faire en consultation quand j'étais jeune, [SPEAKER_00] bon voilà, [SPEAKER_00] je trouve que j'ai pas assez de rapports oui, [SPEAKER_00] nous, on répondait ça aux gens. Moi, j'ai vu mes patrons, ils étaient en consulte avec moi. [SPEAKER_00] Et donc après, moi, moi, j'avais 22 ans, 23 ans, je n'ai aucune idée de rien. Moi, je répète le schéma. [SPEAKER_00] Maintenant, je dis aux dames, [SPEAKER_00] ça veut, pourquoi vous trouvez que vous n'avez pas assez de rapports Ça veut dire vous vous aimeriez avoir plus de rapports Parce que je je, [SPEAKER_00] ah non [SPEAKER_00] non, c'est mon mari qui aimerait plus. Ah ok, mais vous vous êtes ok comme ça Moi, si je pouvais non carrément pas en avoir, ce serait même mieux. Après il y une grande légende urbaine, c'est la question de la sexualité avec pénétration. [SPEAKER_00] Bien sûr. Elle est surtout procréative pour les femmes. Il y a très très peu de femmes [SPEAKER_00] qui s'éclatent avec la pénétration. [SPEAKER_00] En fait ce qui est excitant chez la femme, c'est que son clitoris soit stimulé. [SPEAKER_00] Donc le mec en faisant ses allers-retours, évidemment il stimule le clitoris, mais en vrai, pour nous les filles, les gars, arrêtez de vous mettre trop la pression asexualisation avec pénétration, [SPEAKER_00] c'est pas l'alpha et l'oméga. Ça nous fait chier. Un peu, [SPEAKER_00] un peu en fait. Il y beaucoup de femmes que ça fait beaucoup chier. Ouais, ouais, c'est ça. Il y a quelques femmes qui adorent ça, mais tant mieux pour elles, c'est génial. Ou on peut aimer ça à des moments de sa vie et pas à d'autres, à certains rapports et pas à d'autres, mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga et alors comme les garçons ont des troubles de l'érection, [SPEAKER_00] passer la cinquantaine, les troubles de l'érection chez les garçons, ce n'est quand même pas rare, en particulier s'ils fument, en particulier s'ils sont en surpoids, [SPEAKER_00] En fait, moi je dis à mes patientes, mais qu'est-ce que vous vous faites chez elle Pourquoi vous ne inventez pas une nouvelle sexualité avec votre avec votre mari, le partenaire, le mec de votre vie, votre amant Parce qu'en fait, s'en fout. La question, c'est d'avoir du plaisir, ce n'est pas de répondre [SPEAKER_01] En fait ce qui est intéressant du [SPEAKER_00] côté des garçons, mais je pense que du côté des gars, tu pourrais peut-être faire un podcast là-dessus, [SPEAKER_00] c'est que je pense que la barre est très haute aussi pour eux. [SPEAKER_01] Tu penses qu'ils se mettent la pression Ouais ouais c'est possible. L'autre jour j'ai rencontré un gars qui me dragouillait très gentiment, très cordialement [SPEAKER_00] et qui me dit ouais mais tu ne rends pas compte l'affaire que c'est de, c'est presque comme des pompes quoi, c'est fatiguant. [SPEAKER_00] Je lui dis mes camarades abandonnent-moi [SPEAKER_00] ça, [SPEAKER_00] moi j'en ai pas besoin. [SPEAKER_00] Il me dit viens, on se fait un 69, c'est bien plus peinard. Je dis ouais, [SPEAKER_00] qu'on est couché, on est mieux, c'est fait. Mais il y quand même un qui est au-dessus quoi, qui est comme on veut par celui qui est au dessus. C'est vrai que bon, [SPEAKER_00] ça, c'est sûr. Mais ça veut dire que la sexualité, elle évolue en fait tout au long de la vie. Moi, ouais. Ah ben, je pense qu'il faut la faire évoluer parce que si on entend à 75 ans [SPEAKER_00] avoir une sexualité comme on avait quand on a 25 ans, c'est sûr là, les garçons sont obligés d'aller se faire mettre une prothèse pénienne ou de prendre du viagra et les femmes sont obligées de venir chez moi chercher des lubrifiants, [SPEAKER_00] chercher des médicaments, des je ne pas quoi anti irritation et tout parce que ce n'est pas fait pour. Évidemment. [SPEAKER_00] Ah bah ouais, mais il y a des couples qui ne tiennent qu'à ça. [SPEAKER_00] Ils ne tiennent à ça, tiennent à ça, tiennent à ça, on ne peut pas les faire bouger. Moi j'ai des femmes qui me disent, ah mais non, mais si je disais ça à mon mari, je pense que là, ce serait la fin du monde. Amenez-le moi en consultation, on va en discuter. Ah non non, mais il ne pourra même pas en causer Amina, vous vous rendez pas compte. Ils viennent les mecs ou pas en consultation [SPEAKER_00] Ils, ouais, ouais, certains viennent. C'est vrai. C'est une nouveauté aussi. [SPEAKER_00] Avant, n'avait pas du tout d'hommes qui venaient. Quand moi j'ai commencé, années 95, [SPEAKER_00] on a vu les hommes venir pour les consultations de suivi de grossesse et maintenant on voit des hommes arriver pour des consultations ménopause, post ménopause Et en fait Ils accompagnent leur femme Ouais, et c'est en fait, c'est des consultations extrêmement riches. C'est des couples en général robustes. C'est des gens qui qui qui se cherchent des solutions, [SPEAKER_00] qui sont [SPEAKER_00] des couples où les 2 partenaires sont [SPEAKER_00] se disant bon qu'est-ce qu'on fait voilà autour des troubles de la sexualité en général Ouais c'était ma prochaine question. Là ils ne plus en train de chercher à des C'est ça, c'est ça. Ces couples-là [SPEAKER_00] qui viennent, c'est autour de la question de la sexualité [SPEAKER_00] et avec des maris qui qui sont hyper proactifs, [SPEAKER_00] hyper attentifs [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] qui sont très contents en fait d'avoir des réponses, qui pigent des trucs. C'est presque comme si je leur servais de tiers médiateurs. Ils auraient pu mener cette conversation tous les 2, mais ils n'ont pas trop haut, ils ne se sont pas lancés, enfin voilà. Comme on m'a dit un jour un, non, mais là maintenant, j'ai la paix dans le slip. [SPEAKER_00] J'ai [SPEAKER_00] adoré, j'ai dit monsieur, je vous adore, [SPEAKER_00] j'adore cette expression. J'ai la paix dans le slip. J'ai la paix dans le slip. C'est génial. C'est génial comme expression, je trouve que ça donne tout à, enfin on prend tout Et c'est pour ça que je me dis les gars, nous, [SPEAKER_00] on rallonge de nos conditions de femmes et tout. Mais je pense que les gars, sur la question de l'intimité, on ne leur a pas laissé beaucoup la parole et que si on le faisait, peut ils auraient beaucoup de choses à nous partager et donc à nous apprendre. C'est quoi les problématiques qui reviennent le plus en consultation dans la vie des femmes [SPEAKER_01] Les questions qu'on te pose, donc on a parlé de la sexualité, mais est-ce qu'il y a, est-ce qu'il a d'autres problématiques [SPEAKER_00] Oui, il y d'autres problématiques. En fait, ça dépend des tranches d'âge. Les jeunes femmes sont prises avec des problématiques de contraception, [SPEAKER_00] la peur de la grossesse inopinée [SPEAKER_00] et des infections sexuellement transmissibles. [SPEAKER_00] Les femmes qui sont en âge de procréer sont autour du est-ce que je suis toujours fertile Est-ce que je peux faire des tests de fertilité [SPEAKER_00] Est-ce que je peux aller congeler mes ovocytes [SPEAKER_00] Je cherche à être enceinte, je n'y arrive pas. Ça fait 2 mois que j'essaye. En fait, les filles, on se calme. Dans le règne humain, comme ça ne marche pas, on a une grosse sélection naturelle. [SPEAKER_00] Sexualité normale, c'est-à-dire vu par la faculté de médecine, sexualité procréative, [SPEAKER_00] c'est 2 à 3 rapports, enfin un rapport tous les 2 ou 3 jours pardon. D'accord. Et alors là, la durée moyenne pour obtenir une grossesse, c'est un an. Donc on se calme. Moi je dis, [SPEAKER_00] faites l'amour déjà [SPEAKER_00] parce que [SPEAKER_00] il y a des des couples qui disent non, mais Amina, faire l'amour tous les 2 ou 3 jours pendant un an. Enfin, je dis vous avez vu, c'est un vrai sport quand même. C'est pour ça que moi, je sais que les stats qu'on nous sort où les gens annoncent qu'ils ont 2 rapports par semaine. [SPEAKER_00] En [SPEAKER_00] tout cas moi, je pense que ça c'est du gros pipeau. Je je ne vois pas ces patientes-là en consulte, en tout cas très très peu. En vrai la question Mais c'est intéressant. Mais bien sûr, c'est super intéressant. C'est fou. Et donc on voit bien comment les gens même dans des réponses à des enquêtes anonymes [SPEAKER_00] répondent des trucs qui à mon avis ne sont pas exactement Sont n'importe quoi. Oui enfin pas que et puis les couples disent bien d'ailleurs au début quand on s'est rencontré, faisait l'amour 2 fois par jour, puis maintenant on fait l'amour 2 fois par mois et ils ne s'aiment pas moins pour autant. Mais la question de de l'attirance et de l'excitation sexuelle, [SPEAKER_00] elle bouge aussi au fil de la durée d'un de vie d'un couple. [SPEAKER_00] Et donc les femmes en âge de procréer viennent beaucoup autour des grossesses, soit qu'elles n'arrivent pas à avoir, soit comment elles vont les avoir, soit des grossesses arrêtées, [SPEAKER_00] soit des accouchements, [SPEAKER_00] voilà. [SPEAKER_00] Et puis les femmes plus âgées autour de périménopause, [SPEAKER_00] elles, elles ont d'autres emmerdements qui sont du type [SPEAKER_00] bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires, [SPEAKER_00] des cycles de merde avec des règles longues, des règles abondantes, [SPEAKER_00] des cycles courts, elles sont tout le temps en train de saigner, elles ne peuvent pas rester assises peinard une heure, un podcast, il y en a partout, enfin voilà. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] puis après, y a les femmes plus âgées qui ont infection urinaire à répétition, irritations [SPEAKER_00] vulvaires, [SPEAKER_00] sécheresse [SPEAKER_00] vaginale et tout. [SPEAKER_00] Et on voit aussi là les choses qui bougent parce que maintenant des femmes qui sont ménopausées depuis 20 ans, [SPEAKER_00] âge moyen de la ménopause, c'est 50 ans, à 70 ans, ça fait 20 ans que tu es ménopausée, [SPEAKER_00] tu peux avoir une sécheresse vaginale, une atrophie vaginale et il y a des femmes qui à cet âge-là se retrouvent en couple avec une sexualité, [SPEAKER_00] avec le gros poncif de va pour la sexualité avec pénétration et [SPEAKER_00] là ça peut être compliqué pour les femmes qui peuvent avoir des inflammations, [SPEAKER_00] des irritations [SPEAKER_01] à répétition. Elles osent à 70 ans venir te raconter tout ça. Ouais ouais, elles viennent, elles racontent [SPEAKER_00] et c'est là que moi je leur propose de se trouver peut-être des stratégies d'adaptation [SPEAKER_00] parce que [SPEAKER_00] la sexualité, [SPEAKER_00] c'est quand même un truc génial, [SPEAKER_00] c'est juste délicieux. Donc si en plus tu as le feu au derche avec ça à chaque fois, c'est encore embêtant [SPEAKER_01] quoi, tu vois. Moi ce que j'adore, c'est ton franc-parler, c'est extraordinaire. Oui, c'est dire les choses comme elles sont. Et tes patientes, tu leur parles comme ça, c'est comme ça qu'elles arrivent à se confier. Mais exactement, mais je leur parle comme ça. Puis surtout parce qu'on parle clair, c'est sinon, on ne sait pas de quoi on parle. Qu'est-ce qui fait un bon gynécologue Toi, tu m'as raconté qu'en consultation, [SPEAKER_01] vous êtes vraiment en one to one quoi. On [SPEAKER_00] est comme ça, on n'a pas On comme ça en fait. Ouais, On fait ça long. C'est comme ça qu'il faudrait pratiquer la médecine, la gynécologie aujourd'hui en fait. Je je je pense que les gens ont besoin de proximité. [SPEAKER_00] Je trouve que plus on avance dans le numérique et plus c'est vrai, c'est-à-dire que les liens humains, ça devient très précieux. [SPEAKER_00] Je pense que vu le niveau d'éducation, [SPEAKER_00] 80 pour 100 d'une classe d'âge a le bac, [SPEAKER_00] quoi qu'en dise les récalcitrants, [SPEAKER_00] c'est un très très bon niveau d'éducation. [SPEAKER_00] Pratiquement tout le monde a accès à internet et donc à le même niveau d'accès [SPEAKER_00] à l'information que moi. Je ne dis pas qu'ils en ont la même expérience ou la même capacité d'analyse, mais en tout cas les gens savent lire, les gens lisent, les gens ont des connaissances. [SPEAKER_00] Puis alors là, il y a un truc incroyable, [SPEAKER_00] c'est ChatGPT. [SPEAKER_00] Pour peu que tu lui poses bien la question. Mais tu aimes bien ou tu n'aimes pas parce qu'il y a des médecins qui sont excités. Mais moi j'adore, mais pas du tout, mais c'est génial. [SPEAKER_00] Et alors c'est-à-dire en médecine, le problème de chat, c'est qu'il faut très très bien lui poser la question. Oui oui oui. [SPEAKER_00] Donc ça, [SPEAKER_00] à la rigueur, le médecin garde une petite longueur d'avance sur le patient, parce que le patient, il ne s'est pas toujours bien posé la question. Mais en tout cas, s'il reste très descriptif, [SPEAKER_00] tout cas, moi, j'ai fait des essais. Il y des patientes qui ont, qui me disent, Amina, comme vous êtes cool, j'ose vous dire, mais j'ai demandé à Chat. Et je dis, qu'est-ce qu'il a dit, Chat Il a dit ça, ça et ça. Je dis, je je regarde et je dis et je dis, moi, je dis la même chose que chat. [SPEAKER_01] Est-ce que tu as des, est-ce que tu as des, tu as des anecdotes de consultation, [SPEAKER_01] de moments comme ça dont tu te souviens, [SPEAKER_01] qui t'ont marqué, qui t'ont touché C'est, [SPEAKER_00] D'ailleurs, ce n'est pas des anecdotes. [SPEAKER_00] C'est, moi, j'ai beaucoup appris de des consultations. [SPEAKER_00] C'est des moments angulaires en fait. [SPEAKER_00] Quand les patients te te disent des trucs, [SPEAKER_00] en fait, [SPEAKER_00] c'est elle qui a raison, il n'y pas d'argument. [SPEAKER_00] C'est sensationnel et ça, c'est Moi, je n'appelle pas ça du tout des anecdotes. Ce n'est pas des anecdotes, c'est des histoires de vie quoi. C'est des trucs qui [SPEAKER_00] sont d'une très grande puissance, [SPEAKER_00] qui Enfin pour moi en tout cas. Que tu as des exemples [SPEAKER_00] Par exemple, j'ai une patiente qui vient me voir, [SPEAKER_00] elle a 73 ans, un truc comme ça, elle a eu un cancer du sein, [SPEAKER_00] elle est guérie, mais ce serait bien qu'elle prenne des anti, [SPEAKER_00] un traitement [SPEAKER_00] anti-oestrogène [SPEAKER_00] qui [SPEAKER_00] donne méchamment une sécheresse vaginale, mais un truc de ma boule. Elle arrive et elle me dit, non mais Amina, je ne peux pas prendre ce médicament, c'est atroce, j'ai le vasingin sec, [SPEAKER_00] or moi je suis de la fesse, [SPEAKER_00] j'aime ça. Que faire de mes amants [SPEAKER_00] Je [SPEAKER_00] dis, mais je ne sais pas. Alors elle me dit, je suis allée à Curie, à Gustave aussi, tous les cancérologues m'ont dit que je devais prendre ça, car ça allait augmenter mon espérance de vie. [SPEAKER_00] Or, Amina, je n'ai pas de mari, [SPEAKER_00] je n'ai pas d'enfant et je kiffe ma life [SPEAKER_00] et je n'entends pas la terminer sans baiser. Donc Amina, [SPEAKER_00] vous comprenez bien, [SPEAKER_00] c'est quoi l'intérêt pour moi de prendre ce médicament Je vais pas vivre [SPEAKER_00] 10 ou 15 ans de plus si c'est pour vivre sans pouvoir Sans baiser. Ouais, donc [SPEAKER_00] je lui dis, là moi je suis assez d'accord avec vous, c'est imparable, vous préférez une vie courte, mais de qualité qu'une vie longue sans pouvoir baiser, c'est ça Elle me dit exactement. Je dis, dans ces cas-là, vous ne prenez pas votre traitement. Qu'est-ce que voulez que je vous dise Alors elle est restée ma patiente. [SPEAKER_00] Elle est toujours vivante, ça fait des années, ça doit faire 6 ou 7 ans qu'elle est ma patiente, il ne lui a rien à Donc elle vit encore et elle baisse toujours. Voilà. Et ça, pour nous, [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_00] c'est hyper important parce que c'est le patient qui doit choisir [SPEAKER_00] quel type de qualité de vie il veut avoir, à quoi lui il tient [SPEAKER_00] ou elle, elle tient en l'occurrence Tu es l'auteur d'un livre, [SPEAKER_01] Prendre soin des femmes pour en finir avec les violences gynécologiques chez Flammarion. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_01] ce qui est assez intéressant, c'est que tu dis, ouais, moi aussi, [SPEAKER_01] j'ai été parfois [SPEAKER_01] maladroite. Moi aussi, j'ai fait des violences gynécologiques. C'est quoi une violence gynécologique [SPEAKER_00] Alors [SPEAKER_00] le [SPEAKER_00] champ est très large. [SPEAKER_00] Bon, la violence gynécologique au sens le plus brutal du terme, c'est vraiment en tant que qualité, en qualité de professionnelle de se réveiller le matin en se disant, je vais prédater une patiente. [SPEAKER_00] Donc hélas, [SPEAKER_00] existe en nos murs, Donc il y des gens qui ont infiltré la profession ou qu'ils sont devenus en cours de route, [SPEAKER_00] qui [SPEAKER_00] attaquent les femmes, [SPEAKER_00] qui les violentent, [SPEAKER_00] qui les violentent, violentent, qui exercent sur elles des violences sexuelles. [SPEAKER_00] Ça existe, c'est l'expérience vécue par 0 3 à 3 pour 100 des femmes. [SPEAKER_00] C'est la seule étude qui a été menée en Europe sur 6000 femmes dans 6 pays européens. Donc c'est c'est même beaucoup. C'est même beaucoup, je trouve, je suis d'accord avec toi. [SPEAKER_00] C'est concordant avec les stats menées par les Américains et les Canadiens, [SPEAKER_00] donc on a un vrai problème sur le sujet. [SPEAKER_00] Nous ne savons pas comment faire pour faire sortir les prédateurs parmi nous et c'est un vrai enjeu et je suis hyper contente parce que le Conseil national de l'Ordre des médecins a décidé de s'emparer de cette question, a monté une commission dans laquelle ils m'ont demandé de participer et c'est je trouve que c'est hyper optimiste [SPEAKER_00] pour eux, c'est c'est très engageant pour l'avenir. C'est-à-dire le conseil de l'ordre a décidé que bon, c'était bon la prédation dans le milieu médical, ça s'arrête. Ceux qui prédatent le plus dans les stats, c'est les psychiatres. [SPEAKER_00] Donc on voit bien que c'est quand même l'emprise psychologique [SPEAKER_00] et derrière, [SPEAKER_00] ce sont les gynécologues, donc la question de l'accès au corps et les médecins [SPEAKER_00] qui pratiquent en particulier à domicile. Ce sont ceux-là les plus gros prédateurs. [SPEAKER_00] On voit bien que quand, [SPEAKER_00] enfin c'est parmi eux qu'il y a le plus grand nombre des prédateurs Bien sûr bien sûr bien qu'on s'entende. [SPEAKER_00] Et donc on voit bien que quand il n'y pas de contrôle social, quand on ne travaille pas à l'intérieur d'un cabinet où il y a une secrétaire derrière la porte ou je ne pas quoi, visiblement [SPEAKER_00] c'est plus compliqué pour Il peut y avoir des dérapages. Voilà. Et ça c'est la prédation, mais voilà. Et ça c'est heureusement la l'infime partie et le gros des violences qui s'exercent sur les femmes, c'est moi et mes collègues, [SPEAKER_00] on n'est pas délicat, [SPEAKER_00] on n'est pas délicat dans la façon de faire. On peut ne pas écouter les femmes, on peut minimiser leurs plaintes, [SPEAKER_00] on peut les orienter vers un choix de traitement, genre la dame dont je parle, [SPEAKER_00] vous prenez vos anticancéreux, [SPEAKER_00] ça ira bien comme ça et elle, elle t'explique en fait non, sa vie n'est pas là, elle ne veut pas une vie longue, elle veut une vie intense. [SPEAKER_00] À nous de revoir la copie. [SPEAKER_00] Et donc c'était maltraitance. Cette dame, elle a fait tout le tour des gynéco parce qu'elle se sentait très coupable de ne pas prendre son traitement. [SPEAKER_00] C'est une façon de négliger la douleur, [SPEAKER_00] en particulier, j'en ai parlé tout à l'heure en salle d'accouchement, [SPEAKER_00] des péridurales qui ne marchent pas, qui ne marchent pas bien, les dames disent qu'elles ont mal et nous, on leur dit, mais vous êtes sûr que vous avez mal, mais non, n'avez pas mal, vous sentez, mais vous n'avez pas mal. Bon, si la dame dit qu'elle a mal, on considère qu'elle a mal. Même si nous, on trouve qu'elle a l'air d'un peu perdre les pédales, bon, on s'en fout. Si c'est son vécu qu'elle a mal, on considère qu'elle a mal et on la traite comme telle. [SPEAKER_00] C'est une façon de refuser les contraceptions. Donc, on a dit à plein de femmes jeunes par 1000000, pas de stérilet parce que vous êtes jeune. [SPEAKER_00] Ok, bon alors qu'en fait ça se discute. C'est une façon de dire à une femme, d'accord, vous faites une IVG, mais vous savez que vous avez 31 ans, votre fertilité va commencer à baisser. [SPEAKER_00] Donc est-ce que vous êtes vraiment sûre de vouloir avorter [SPEAKER_00] Qui fait l'écho pour dater la grossesse parce qu'il faut le faire et qui [SPEAKER_00] met les bruits du coeur en place en disant écoutez bien madame, vous avez bien entendu que l'enfant est vivant. [SPEAKER_00] Ça c'est de la maltraitance, enfin c'est de la torture, n'a pas demandé. À l'inverse des femmes de 25 ans qui arrivent en disant j'ai réfléchi le truc dans tous les sens, je ne veux pas d'enfant, je suis au clair, la nana n'est pas cinglée. [SPEAKER_00] Ah non, je vous refuse la ligature de parce que vous êtes jeune. [SPEAKER_00] Oui, mais si la dame, elle veut faire plus d'enfants. [SPEAKER_00] Alors après, [SPEAKER_00] la dame de 30 ans qui a 2 enfants, ah non, mais je vous vous refuse la ligature de trompe parce que vous n'en avez pas 4, on ne sait jamais qu'ils vous prennent l'envie d'en avoir. [SPEAKER_00] Mais en fait, ce pas à nous de décider. [SPEAKER_00] C'est ça qui est super maltraitant. [SPEAKER_01] Mais tu as l'impression qu'elles sont partout ces violences gynécologiques [SPEAKER_00] Partout, tout le temps Je [SPEAKER_00] pense que c'est c'est souvent parce que même nous, on ne se rend pas compte parce que la faculté de médecine ne nous a pas appris ça, [SPEAKER_00] sous que je ne paie pas de ça. Il faut voir aussi, [SPEAKER_00] moi regarde j'ai 56 ans, je vais bosser encore 15 ans, mais c'était il y a 30 ans que je suis sortie de la fac, sortie de la fac. [SPEAKER_00] Et donc [SPEAKER_00] l'histoire de la temporalité aussi, la façon dont les femmes sont d'accord ou pas d'accord de se laisser faire, c'est un truc et puis c'est nouveau, on est post maintenant. [SPEAKER_01] C'est clair. Et c'est aussi plein de petits détails. Oui. Tu m'as dit [SPEAKER_01] aussi les violences gynécologiques, [SPEAKER_01] c'est un gynéco qui lève les yeux au ciel parce que tu as tes règles. Voilà, par exemple. C'est un gynéco [SPEAKER_01] qui te permet pas de remettre ton ton tampon. Ton tampon. [SPEAKER_00] Parce que ce n'est pas organisé comme ça chez lui. Il consulte dans son. Ça, toi, tu considères que c'est des violences gynécologiques C'est de la maltraitance. Ouais, ouais, ouais. [SPEAKER_00] Parce qu'on n'a pas à se foutre à poil devant le bureau d'un mec, enlever son Tampax, ne savoir où le mettre parce qu'il n'y a pas de poubelles, [SPEAKER_00] parce qu'il n'a qu'une poubelle à papier sous son bureau et qu'il faut se déshabiller sous son nez, donc on ne pas où foutre son Tampax. Et du coup évidemment, [SPEAKER_00] quand tu arrives chez ce mec-là en disant j'ai mes règles. [SPEAKER_00] Il lève du haut-ciel. Ouais, moi j'ai fait complètement différemment, j'ai un cabinet dans lequel, comme disent les belges, c'est 3 pièces en enfilade, il y une pièce où on cause [SPEAKER_00] comme ça, on fait salon, il y a une pièce où la dame se déshabille, c'est le boudoir, un lavabo, il y a des gants de toilette, y a du savon, il y a des tampons, il y des serviettes, on fait ce qu'on veut là-dedans. [SPEAKER_00] On met un peignoir pour se retrouver à poil et puis il y a un espace où on examine les femmes. [SPEAKER_00] Et comme ça pendant qu'elle se rhabille, elle se remet son temps, sa cup, son que sais-je ou ou rien du tout d'ailleurs. Et moi pendant ce temps, je fais les papiers, je fais ce que j'ai à faire, on prend notre temps. [SPEAKER_01] Il n'y pas de mots comme toi. Non, je sais. [SPEAKER_00] Génial. Oui, [SPEAKER_00] c'est génial. Et donc [SPEAKER_00] oui, c'est génial parce que ça change tout dans le rapport qu'on a. Et donc quand tu vois, tu as traité une femme comme ça dans ton cabinet, évidemment qu'elle est capable de te dire, alors au fait, Amina, [SPEAKER_00] j'ai un peu le vagin sec, j'ai un peu je ne pas quoi, j'ai un peu le feu au cul, j'ai un peu envie de faire l'amour, j'ai un peu un mec qui a une bite molle et tout, ça peut se faire. L'espace, [SPEAKER_00] c'est l'espace est prévu pour ça. [SPEAKER_00] Voilà. Quand tu arrives chez un gynéco où tout, on ne peut pas bouger, où c'est les yeux au ciel parce que vous n'êtes pas venu depuis un an, qu'est-ce que vous foutez tout ça. [SPEAKER_00] C'est sûr que là, on n'a pas commencé à se déballer en réalité de ce dont on aurait besoin en tant que femme dans les soins, tu vois. Est-ce que parfois tu te marres quand même On se marre beaucoup, mais je ne me marre pas toute seule, on se marre avec les patientes. Ce n'est pas, je ne me marre pas, je ne marre, enfin moi, je ne me marre pas aux dépens des patients. Bien sûr, bien sûr, oui. Je me marre avec elles. [SPEAKER_00] Moi, je n'aime pas travailler toute seule, donc dans mon cabinet on est plusieurs gynéco donc on se marre ensemble [SPEAKER_00] et même on se marre avec les patientes et à plusieurs gynéco parce que je ne suis pas la dame elle a fait une écho puis une consulte [SPEAKER_00] puis on cause toutes les 3. Et puis bon, finalement, c'est assez marrant ce qui est arrivé. On rit beaucoup, nous. Est-ce que parfois, tu es choquée [SPEAKER_00] de ce qu'une nana peut, tu vois, peut peut te dire Me raconter Ouais. Je pense que les la la seule, l'unique chose qui me choque, c'est les femmes qui me racontent les violences sexuelles et les violences physiques intraconjugales [SPEAKER_00] et leur incapacité à bouger. [SPEAKER_00] Je [SPEAKER_00] enfin, [SPEAKER_00] là c'est j'ai beaucoup de sidération [SPEAKER_00] et je reste en grand défi. Je vois bien que c'est des l'emprise est absolue, [SPEAKER_00] c'est des femmes qui ne peuvent pas bouger de là où elles sont et effectivement les mecs ont tout loisir de leur cogner dessus, de les violer, [SPEAKER_00] maltraiter, les sadiser et [SPEAKER_00] et ils ont de l'espace parce que c'est des femmes qui peuvent être vraiment en très très grande difficulté pour bouger. [SPEAKER_01] Et ça, ça arrive [SPEAKER_00] Ce n'est pas pour ça que ce n'est pas anecdotique [SPEAKER_00] Non, n'est pas l'exception. Mais de la même manière, je pense que [SPEAKER_00] l'espace de consultation que je que j'offre, d'abord j'interroge [SPEAKER_00] quasi systématiquement [SPEAKER_00] toutes les femmes sur les violences, [SPEAKER_00] ce qu'elles en ont déjà subi, ce qu'elles sont en train de m'en subir. [SPEAKER_00] Ah tu leur demandes. Je leur demande. C'est une super question. Ouais, c'est une super question. C'est les les plus jeunes gynéco de mon cabinet qui m'ont appris à le faire. [SPEAKER_00] Moi je n'ai pas appris ça. De toute façon moi j'ai eu 0 cours sur la violence comme ça moins voilà. [SPEAKER_00] Quand j'ai vu les stats que 20 pour 100 des femmes subissent des violences ou ont subi des violences sexuelles, [SPEAKER_00] je suis resté bouche-pieds. Me suis dit, mais Amina, ça veut dire qu'une patiente sur 5 qui vient te voir a [SPEAKER_00] subi ou subi des violences sexuelles, elles ne peuvent pas pas être chez toi que des dames qui n'ont pas subi de violence, c'est impossible. [SPEAKER_00] J'étais là, j'étais [SPEAKER_00] c'était compliqué quoi. [SPEAKER_00] Je suis dit, mais il [SPEAKER_00] faut faire quelque chose avec ça, je n'avais jamais appris. [SPEAKER_00] Et puis j'ai des collègues beaucoup plus jeunes que moi qui viennent travailler dans mon cabinet, puis qui qui arrivaient dans ce qu'on appelle les staffs. On discutait des dossiers plus compliqués en disant, alors telle femme, oui, alors aussi elle a subi des violences sexuelles et tout. Puis moi, au bout de de 4 semaines, dis, mais comment Vous en avez une quantité pas possible Vous voulez trouver où On leur pose la question. [SPEAKER_00] Alors je dis, non, mais là, expliquez-moi. La dame vient pour se faire prescrire une pilule et vous lui demandez si elle subit des violences. [SPEAKER_00] Ouais, Mina. [SPEAKER_00] Sans déconner là, il faut m'apprendre. Bon donc elles m'ont appris. [SPEAKER_01] C'est hyper intelligent en même temps. C'est hyper intelligent. [SPEAKER_00] Et bien tu sais quoi, si tu poses la question aux femmes, tu sais quoi, elles répondent. [SPEAKER_00] Et alors moi je prétends ou alors c'est qu'elles viennent toutes chez moi, évidemment il y en a plus que 20 pour 100 en fait. [SPEAKER_00] Allucinant. [SPEAKER_00] L'ALU-CINATION. [SPEAKER_00] Il y a plein de femmes qui disent, [SPEAKER_00] mais pourquoi vous me posez cette question Bien sûr que non, jamais. Par exemple, je vous pose la question parce que vous faites partie des, c'est bien sûr que non, vous faites partie des 80 pour 100 pour qui ce n'est jamais arrivé, mais c'est 20 pour 100. Ah ouais. Et après, il y a toute une autre série de femmes qui disent, [SPEAKER_00] en [SPEAKER_00] fait, ouais, mais en [SPEAKER_00] fait, on ne m'a jamais posé la question. Qu'est-ce qu'elles te racontent par exemple Elles te racontent les rapports forcés. Alors en plus, parce que ça, c'est la grand, le grand fantasme [SPEAKER_00] du [SPEAKER_00] parking sous sol, il fait nuit et un prédateur Oui bien sûr. Mais ça, on sait que c'est c'est 3 pour 100 des viols. [SPEAKER_00] L'immense majorité des viols, c'est dans le contexte familial, amical, habituel puisqu'il faut absolument que l'emprise psychologique [SPEAKER_00] s'installe. [SPEAKER_00] Donc c'est des femmes qui racontent le [SPEAKER_00] viol par le 1er petit copain, qu'elles n'ont pas osé dire non que je ne sais pas quoi, qui racontent le viol sous après avoir bu, fumé des joints machin, qu'elles étaient pas carrées, ils ne se sont pas rendu compte mais bon à la fin voilà, [SPEAKER_00] le [SPEAKER_00] viol par le prof de judo, le prof de piano, tout le milieu éducatif, [SPEAKER_00] le viol par tonton, [SPEAKER_00] le cousin [SPEAKER_00] machin, [SPEAKER_00] le viol par l'entraîneur sportif, [SPEAKER_00] le viol par l'employeur, [SPEAKER_00] le [SPEAKER_00] enfin ça dépote, c'est ce que les femmes racontent dans MeToo, en plus elles racontent la même chose dans les consultes [SPEAKER_00] Et donc c'est impossible qu'autant de femmes puissent proférer autant de mensonges. Donc en fait à un moment les gars, on va les croire [SPEAKER_00] et les garçons, [SPEAKER_00] vous pouvez être en difficulté [SPEAKER_00] si on dit qu'à priori une femme qui dit c'est que c'est vrai et on va la croire. [SPEAKER_00] La stat est rude messieurs les garçons, il n'y a que moins de 3 pour 100 des femmes qui mentent. Donc on est navré que 100 pour 100 des mecs à qui on demande, mais qu'est-ce que es allée foutre disent non, mais c'est une menteuse. On est navré que les 100 pour 100 répondent toujours que ce sont des menteuses. Non non, mais Amina, c'est un guet-apens que j'ai subi, elle raconte n'importe quoi, mais j'espère que tu n'y crois pas. Non, mais Amina, [SPEAKER_00] Amina, elle n'a pas de chance, elle tombe sur les seuls mecs qui font partie des 3 pour 100 qui n'ont jamais, qui n'ont pas de fesse reproché non plus. [SPEAKER_00] Donc à un moment donné, un peu de sérieux. [SPEAKER_00] Après les gars, [SPEAKER_00] si vous êtes en difficulté [SPEAKER_00] autour de votre rapport sexuel [SPEAKER_00] à autrui, [SPEAKER_00] moi je suis d'accord qu'on vous aide. [SPEAKER_00] Je je je [SPEAKER_00] ne crois pas qu'il faut vous attaquer en disant, vous êtes des salopards, vous vous dites Ah ouais, donc tu tu es aussi là pour aider les prédateurs, [SPEAKER_01] ça veut qu'il y a une forme de prédation, c'est qu'il y un énorme problème de quoi. Voilà les gars, si vous ne pouvez pas faire autrement que d'agresser les filles sexuellement [SPEAKER_00] et que vous savez que c'est border, vous savez qu'il ne pas le faire surtout maintenant on est post me two, vous êtes rattrapé par la patrouille, mais de grâce consulté. [SPEAKER_00] En fait, si vous faites ça, c'est que vous êtes malade. Si vous êtes malade, on va vous aider à vous soigner. C'est tout. [SPEAKER_00] Arrêtez d'agresser les filles parce que ça leur fait vraiment du mal, ça a des conséquences super graves ou arrêtez d'agresser les garçons d'ailleurs [SPEAKER_00] et arrêter de le faire parce que vous vous abîmez en même temps et donc venez voir des professionnels du soin, on va vous aider. [SPEAKER_00] Alors je comprends que vous ayez peur de venir parce que vous pourriez finir en tôle, c'est vrai. Donc c'est vrai que c'est c'est ça rend le truc compliqué. [SPEAKER_00] C'est clair. Ça rend le truc compliqué, [SPEAKER_00] mais je je pense que néanmoins, il faut pouvoir [SPEAKER_00] admettre plutôt que d'être comme ça sur ses ergots en disant c'est faux, c'est elle qui m'a allumé, [SPEAKER_00] elle m'a jamais dit qu'elle que c'était non, elle m'a tendu un piège, [SPEAKER_00] je me suis trouvée enfermée avec elle, elle m'a amené chez elle, elle m'a amené dans sa bagnole, elle m'a amené je ne pas où. [SPEAKER_00] Bon, fait semblant de vous croire, mais en vrai les gars, faites-vous soigner juste, faites-vous aider, [SPEAKER_00] faites-si c'est compliqué. [SPEAKER_00] Ce qu'on peut comprendre, [SPEAKER_00] mais [SPEAKER_00] allons, faisons les choses, on ne pas semer le chaos comme ça autour de nous, Ce [SPEAKER_01] qui est fort chez toi, c'est que tu [SPEAKER_01] libères la parole. Trouve. Ouais, ouais. Et sur une autre thématique aussi à laquelle je pense sur la maternité. [SPEAKER_01] Tu vis la maternité, [SPEAKER_01] alors c'est marrant [SPEAKER_01] parce que tu aides des femmes à accoucher, [SPEAKER_01] mais tu dis en fait, c'était un peu chiant. Toi, toi, tu n'as pas hyper kiffé la maternité, non Tu as eu 2 enfants. Oui, j'ai eu 2 enfants. Ça, c'est une sacrée libération de la parole. Comment ça s'est passé déjà pour toi la maternité [SPEAKER_00] Moi, je me suis retrouvé enceinte déjà, j'avais des nausées jusque-là, je ne pouvais plus bouger. [SPEAKER_00] Mais je me dit putain, c'est quoi cette blague [SPEAKER_00] Et là, je bascule. [SPEAKER_00] La faculté de médecine nous a appris à mon avis la seule vraie connerie, ne vous mettez jamais à la place du patient. Ah bon Donc moi comme j'étais bonne à l'aise, ne mets jamais à la place du patient. [SPEAKER_00] Un jour, comme je suis jeune, je suis pas malade, je n'ai pas besoin de me mettre à la place du patient. [SPEAKER_00] Un jour, je me retrouve enceinte et j'ai des nausées, mais là, je ne peux plus trop bouger. [SPEAKER_00] Et là, j'ai 2 problèmes. D'abord, j'ai des nausées, je ne plus fonctionner, je ne peux plus manger, je suis prête, j'ai toujours la gerbe, je suis là toujours [SPEAKER_00] prête à dégueuler partout où je suis, sans jamais vomir d'ailleurs, ce qui était atroce. [SPEAKER_00] Aucun médicament ne me fait aucun effet. Je vois bien. Je ne peux pas bosser, [SPEAKER_00] je ne peux pas bouger, enfin je suis au bord de crever quoi. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] et en même temps, je me dis, mais il y a combien de femmes [SPEAKER_00] qui sont venues te voir dans cet état [SPEAKER_00] à qui tu as répondu, oui, vous avez des nausées, ça va passer dans 3 mois, calmez-vous, [SPEAKER_00] prenez votre mal en patience, écoutez, ça suffit. [SPEAKER_00] La grossesse n'est pas une maladie. [SPEAKER_00] Et donc, je suis prise d'une honte et d'une culpabilité. [SPEAKER_00] Moi qui suis bonne élève en plus, je me rends compte que j'ai été une sale toubib. [SPEAKER_01] Tu t'en rends compte quand toi tu le vis en fait. Me rappelle d'une qui [SPEAKER_00] avait une hyper m s gravidique, donc elle a vomi vomi à saut plein toute sa 1re grossesse. [SPEAKER_00] Pareil toute sa 2e grossesse, c'est une dame que j'aimais beaucoup et tout, c'était en Belgique. [SPEAKER_00] Elle vient me voir et elle me dit que non, c'est, [SPEAKER_00] elle aurait aimé faire un 3e enfant, mais que là, elle avait trop vomi. Je me rappelle de lui avoir dit, enfin, vous n'allez pas quand même renoncer à faire un enfant juste parce que vous avez vomi. Ouais. [SPEAKER_00] Non, mais Amina, sans déconner. C'est ça être maltraitant Évidemment [SPEAKER_00] que c'est maltraitant. [SPEAKER_00] Parce que là, quand je me suis retrouvée à sa place, même pas je vomissais, j'avais que les nausées. Je me suis dit putain, où c'est que je, comment je vais faire pour aller oublier cette grossesse Et après alors, nausée atroce [SPEAKER_01] et après la grossesse, Après, [SPEAKER_00] après ça allait mieux quoi. Et après, je me suis retrouvée, j'ai accouché en août de l'année 2003, donc en pleine canicule avec mon bide comme ça, j'étais au bord de crever. Je voulais juste accoucher, je voulais qu'on me déclenche, je voulais que ça se termine [SPEAKER_00] et j'accouche et [SPEAKER_00] parce que j'avais fini par à moitié croire à la légende quand même. [SPEAKER_01] Même si tu as assisté à des accouchements. Ouais, [SPEAKER_00] bon, c'est un jour moï moï, tu en as plein le derche, enfin [SPEAKER_00] tu en as plein les seins, tu ne sais pas comment prendre ton bébé, [SPEAKER_00] il commence à téter, [SPEAKER_00] moi je j'avais tellement de douleur, je me disais putain. [SPEAKER_00] Oui, ça fait mal. Le bébé, je le voyais approcher la bouche du mamelon, c'est [SPEAKER_00] j'étais traversée par l'image d'un sécateur qui me coupait le mamelon et tout. [SPEAKER_00] Et chaque fois que le bébé se ventousait au sein, c'était un truc de ma boule. Enfin voilà [SPEAKER_00] quoi. Alors après, je dévisse, j'attrape la dépression du post-partum, j'attrape Tu dis attraper. [SPEAKER_00] Ouais, j'attrape au sens où ça me tombe dessus. Ah, ça te tombe dessus, ouais. [SPEAKER_00] Ça me tombe dessus. [SPEAKER_00] Et pareil, [SPEAKER_00] on n'en a pas parlé à la fac, [SPEAKER_00] représentation de ce que c'est. [SPEAKER_00] Je suis une espèce de quoi, [SPEAKER_00] tu vois. J'ai une bac, j'ai fait médecine, j'ai je voulais faire latin, j'ai fait latin, je voulais faire allemand, j'ai fait allemand, je voulais faire médecine, j'ai fait médecine, j'ai quitté Brest, suis partie faire ça à Bruxelles, pas d'internet et pas de téléphone. La wonder, la nana, la toi tu Toujours réussi, tracée, [SPEAKER_01] performer. [SPEAKER_00] Je voyais des femmes en consultation de post-partum qui me disaient, mais je [SPEAKER_00] peux même pas prendre ma douche. Je me disais, mais c'est quoi cette cinglée qui est en congé de maternité et qui ne peut même pas prendre sa douche au motif qu'elle a un bébé. Je n'ose imaginer mon langage non verbal non plus parce que je l'apprenais pour cingler. [SPEAKER_00] Là, le 1er jour que j'ai passé la journée et que je n'ai pas pu me doucher parce que le bébé et le truc, [SPEAKER_00] mais j'étais effondrée à 2 titres, un parce que je n'avais pas pu prendre ma douche et 2 parce que je vois que c'est possible, [SPEAKER_00] y compris si tu es une wonder, [SPEAKER_00] même quand tu es une wonder, de ne pouvoir waquer. [SPEAKER_00] Et l'effondrement [SPEAKER_00] est double, c'est-à-dire Amina est trop mal et la gynécologue est trop mal. Moi qui me croyais si brillante. [SPEAKER_01] Tout s'effondre. Tu as à accepter l'émotion, les larmes [SPEAKER_00] Pénible, enfin difficilement [SPEAKER_00] parce que non, je pouvais, je ne voulais pas lâcher, je ne pouvais pas lâcher. [SPEAKER_00] C'était [SPEAKER_00] l'autre adage [SPEAKER_00] parce que tu es la plus belle et aussi m'avait dit mon père, je comprends pourquoi et ça a été un moteur formidable, mais ça a été aussi un sacré frein. C'est un fardeau de se dire que fardeau, [SPEAKER_00] je viens de m'en je viens de m'en débarrasser 56 ans, Ok. Donc c'était merci papa parce que c'était un super truc. [SPEAKER_00] Et aussi, [SPEAKER_00] quelle idée de dire ça à ses enfants. C'était un sacré fardeau. On [SPEAKER_00] a eu de la chance de dire ça à une petite qui était solide. Ouais, tu m'étonnes. Voilà. Donc la maternité et ta dépression post-partum, [SPEAKER_01] là, tu te la prends plein fouet. Ah ouais, mais. [SPEAKER_00] Mais tu vas faire un 2e enfant. Ah ouais, il fallait que j'ai 2 enfants. Ah ouais. Ça, c'était un truc dans ma tête et donc je Ça faisait partie des cases à cocher. Ça fait, ouais, ça faisait partie des cases à cocher, donc je m'en fous de qu'est-ce qui m'est arrivé et tout et je fais un 2e enfant et je me rends compte que [SPEAKER_00] je n'aime pas [SPEAKER_00] être mère au sens de la, je ne vis ça que comme une charge. [SPEAKER_01] C'est fort de le dire. Mais oui, et [SPEAKER_00] mes enfants ont aujourd'hui plus de 20 ans et je continue de penser que c'était ça surtout quasi exclusivement. [SPEAKER_00] Se lever la nuit pour s'en occuper, [SPEAKER_00] leur apprendre à chier dans le pot, leur apprendre à lasser les chaussures, [SPEAKER_00] préparer à bouffer. Préparer à bouffer suppose d'avoir pensé à acheter des saucisses, des pommes de terre, ne oublier d'avoir du jus d'orange, oh mon Dieu, je n'ai pas les compotes pour aller au judo, ne pas oublier la ceinture de judo, oh mon Dieu, demain c'est la piscine, qui a coupé les ongles, oh merde, les sandales sont trop petites, oubliez d'en acheter pour cet été. C'est tellement rare. Moi je n'ai pas fait la queue pour aller les inscrire au au cheval. Ouais ouais. Alors je dis ça, j'ai des enfants qui sont [SPEAKER_00] hyper joyeux, [SPEAKER_00] jamais malades, [SPEAKER_00] pas d'échec scolaire, [SPEAKER_00] pas de harcèlement, [SPEAKER_00] rien. Ils vont bien. [SPEAKER_00] Les 2 doigts dans les mêmes trous de nez. Je ne sais pas ce qui serait advenu de moi si un de mes enfants avait été à la bascule. [SPEAKER_00] Super bon à l'école, j'ai dit à mes enfants à l'entrée à l'école, j'ai dit alors écoutez-moi bien. [SPEAKER_01] C'était L'excellence sinon [SPEAKER_01] je [SPEAKER_00] leur ai dit un truc dingue aussi, [SPEAKER_00] je leur dis, moi j'ai déjà été à l'école, je sais lire, écrire et compter, je ne recommencerai pas. Donc [SPEAKER_00] vous y allez, vous ouvrez grand vos oreilles, votre bouche et vos yeux, [SPEAKER_00] la maîtresse va vous dire les trucs, je pense, si vous faites ce qu'elle vous dit de faire, vous n'aurez jamais aucun problème. Je ne ferai jamais ça parce que j'ai déjà fait une fois, je ne referai pas une 2e. [SPEAKER_00] Je vous le dis tout net, [SPEAKER_00] c'est obligatoire. On est dans un pays où on doit aller à l'école, donc ce n'est pas la peine de m'expliquer que vous ne voulez pas y aller le matin, jamais ce sera possible, donc vous irez tous les jours [SPEAKER_00] et du coup je vous conseille de faire tout ce qui est dit de faire et de réussir ce qui est demandé, parce que sinon en plus vous risquez de redoubler au lieu que ça dure 15 ans, ça va durer 16 ou 17 ou 18. Pour moi c'était clair. [SPEAKER_00] Tu sais quoi Et je leur ai dit, mais par contre, s'il y un truc que vous ne comprenez pas, venez me demander. Bien sûr. Si [SPEAKER_00] chacun de mes enfants est venu me demander 5 fois un truc parce qu'il coinçait, c'est le max. Je n'ai pas eu à me plaindre en plus de ma vie de mère. Mais j'ai néanmoins trouvé ça trop lourd, trop dur. De me réveiller tous les matins en me disant, bon, est-ce qu'il y a du poulet pour ce soir Est-ce qu'il reste assez de riz Est-ce que j'ai du papier chiotte Est-ce que tu n'as pas oublié de mettre le kimono à laver pour qu'il l'ait Oh, on est mercredi. 0YA du judo cet après. Oh, n'as pas mis le kimono à laver. C'est marrant quand même pour une gynécologue obstétricienne [SPEAKER_01] de se dire je n'ai pas kiffé la maternité. C'était, [SPEAKER_01] ouais, ouais. C'était [SPEAKER_00] une charge, pour moi ça a été une charge incommensurable. [SPEAKER_00] J'avais peur qu'ils échouent, j'avais peur qu'ils soient tristes, [SPEAKER_00] j'avais peur qu'ils ne puissent pas faire ce qu'ils veulent, j'avais peur qu'ils soient [SPEAKER_00] arnaqués par la vie, j'ai peur qu'ils soient bétassons. Alors maintenant ça me fait marrer parce que quand je vois les 2 fusées que j'ai fait, ça ne risquait pas d'arriver, mais c'était hyper lourd quoi. Moi, j'adore mes enfants adultes. [SPEAKER_00] C'est c'est, je crois que c'est, [SPEAKER_00] je crois qu'ils sont la plus belle rencontre adulte que j'ai fait de ma vie. C'est, je n'en reviens pas de ces adultes-là quoi. Je voilà. C'est joli ouais. Mais mais petit vraiment c'était [SPEAKER_01] Tu n'en pouvais plus. Quand tu vois des patientes qui font des enfants, qui en veulent encore un 2e, 1 3e, et caetera, tu te dis quoi Elles sont folles [SPEAKER_00] Non, je leur, je j'ai beaucoup d'admiration pour elles. J'aurais aimé adorer. J'aurais aimé adorer parce que c'est lourd à porter aussi de se dire, quand tu as fait 2 enfants, ils ne t'ont rien demandé, [SPEAKER_00] ils sont impeccables, [SPEAKER_00] ils ne demandent pas rien [SPEAKER_00] et en plus toi tu as du mal. [SPEAKER_00] C'était très très lourd à porter, enfin moi j'avais beaucoup de culpabilité aussi. [SPEAKER_00] Bien sûr. Moi j'aurais adoré [SPEAKER_00] adoré être mère, [SPEAKER_01] j'aurais adoré ça en fait. C'était C'était à refaire, est-ce que est-ce que tu referais pareil [SPEAKER_00] Non non non, c'est horrible à dire, mais je sais que ce n'est pas refaire. [SPEAKER_00] Si c'était, la vie était à refaire, je ne ferais pas d'enfant. Je n'étais pas faite pour faire ça moi. [SPEAKER_00] J'aurais un grand regret, c'est d'avoir pas les 2 adultes dont je parle. Alors ça, ce serait un sacré vide, mais je ne pourrais pas savoir que c'est un vide puisque je ne les aurais pas fait. Et [SPEAKER_00] et je dis en même temps que je n'ai pas de regret maternel au sens où j'ai toujours voulu être maman. [SPEAKER_00] Je ne me suis jamais [SPEAKER_00] imaginé une vie sans faire d'enfant [SPEAKER_00] et à 56 ans à l'âge que j'ai, si je ne les avais pas fait, je serais en train de courir l'Espagne pour me les faire faire. [SPEAKER_00] Et donc je n'ai pas de regrets, je, c'était ça que je voulais, Simplement, [SPEAKER_00] il n'y pas de regrets. Simplement, je dis que ça a été pour moi [SPEAKER_00] un chemin très très lourd, [SPEAKER_00] très [SPEAKER_00] un gros investissement, [SPEAKER_00] enfin voilà. Et donc là, [SPEAKER_00] j'ai une sensation incroyable quoi. À 55 balais, [SPEAKER_00] d'avoir des enfants qui sont autonomes, [SPEAKER_00] plus qui sont des espèces de merveilles quoi, je ne pas comment dire autrement. [SPEAKER_00] Et qu'en plus, n'ai plus à m'occuper [SPEAKER_00] de faire en sorte que ça ça les choses se fassent, ils sont capables de le faire. [SPEAKER_01] Là, c'est le bonheur. C'est, [SPEAKER_00] je me vois comme dans un élastique et tu vois, je [SPEAKER_00] pars tout en haut, c'est le kiff quoi. Ça fait envie. Dans [SPEAKER_00] dans la même veine, si c'était à refaire ton métier, tu tu l'aurais choisi à nouveau Ouais, ça je pense que c'est pareil, c'est pareil. Je je n'avais pas envisagé ma vie. [SPEAKER_00] Il paraît mes parents disent ça que depuis que j'ai 2 ans, depuis que je sais parler, je dis que je vais être docteur. [SPEAKER_00] Voilà, je n'ai jamais voulu faire autre Tu veux ça Ouais, je séchais, je je n'allais pas. Les cours d'orientation [SPEAKER_00] au collège, je disais à la fille, non, ne viens pas. Elle me disait, mais pourquoi tu ne viens pas Et je dis, parce que moi, je ferai médecine, c'est tout. Elle me dit, mais ça ne t'empêche pas de venir nous écouter Non, je suis d'accord, ça ne m'empêche pas, mais comme ça n'a aucun intérêt, je n'irai pas. Et je n'allais pas aux réunions d'orientation [SPEAKER_01] professionnelle. C'est dingue. Est-ce que tu as encore des des vibrations [SPEAKER_01] Parce que j'imagine [SPEAKER_01] extérieurement [SPEAKER_01] que le les plus grandes vibrations, c'est les naissances, c'est l'obstétrique, [SPEAKER_01] j'imagine. [SPEAKER_01] Enfin, peut-être pas, mais non. C'est pas ça, c'est vrai Enfin, ce n'est pas que quoi. Pas que. Non. [SPEAKER_00] Il se passe des trucs incroyables en consulte. Ouais. Une consulte de routine genre à minima, je viens faire mon check-up, le frooti, je ne pas quoi. Il se passe des trucs incroyablement intenses avec certaines femmes. Et sur les naissances, est-ce que tu as encore des des vibrations [SPEAKER_00] Ouais, je suis même toujours émue [SPEAKER_00] par cette espèce de moment complètement [SPEAKER_00] singulier [SPEAKER_00] quoi [SPEAKER_00] où des parents, [SPEAKER_00] je, ouais je suis émue par l'émotion que les parents produisent en fait. Ce n'est pas tant la naissance, c'est ce qui se passe entre ces deux-là et entre ces deux-là et leurs petits, [SPEAKER_00] c'est super impressionnant quoi, c'est c'est extrêmement intense de voir les humains [SPEAKER_00] mettre au monde un petit, c'est c'est [SPEAKER_00] c'est c'est très fort. [SPEAKER_01] La plupart du temps, ça se passe bien ou pas bien quand même les naissances La du [SPEAKER_01] temps, ça se passe bien. Ça se passe bien quand même. Et [SPEAKER_00] et les choses qui se passent mal ne sont pas rares, [SPEAKER_00] rissimes. [SPEAKER_00] Les choses qui se passent mal, c'est régulier. [SPEAKER_01] En fait, ce qui est top, c'est que tu dis stop la légende quoi. Moi, c'est ça que j'adore. Ouais, enfin moi, je crois qu'il faut arrêter la légende. Ouais. [SPEAKER_01] On arrive à la fin de cet entretien. J'aime beaucoup demander aux gens qui sont à ta place un petit mot de la fin. Au vu de tout ce qu'on s'est dit, [SPEAKER_01] moi j'aime ton franc-parler. J'aime le [SPEAKER_01] fait qu'il faut prendre soin des femmes, [SPEAKER_01] que les femmes qui accouchent, [SPEAKER_01] c'est hyper dur, faut se le dire, qu'on a le droit d'avoir une sexualité [SPEAKER_01] épanouie, [SPEAKER_01] même 20 ans après la ménopause, [SPEAKER_01] que les femmes font Enfin, [SPEAKER_01] que si on a été sexuellement [SPEAKER_01] agressé, il faut le dire. Ça, je trouve que c'est vraiment très, très fort et je trouve que tu as un franc parlé et tu Moi, j'aimerais être ta patiente, tu vois, je trouve que tu libères la parole, quoi. C'est vraiment trop sympa. Bon, tout ça pour dire qu'est-ce que tu as envie de dire en mots de la fin, en conseils pour les femmes et les hommes qui nous regardent et qui nous écoutent Je crois que si c'est possible, [SPEAKER_00] c'est dur parce que je je fais le même parcours, je me mets dans le groupe, mais moi je vois que les moments sont les plus intenses individuellement, [SPEAKER_00] les plus riches [SPEAKER_00] pour pour chacun d'entre nous, c'est le moment où on se dit bon, c'est terminé. Le regard extérieur, je je je fais en sorte de le laisser tomber et je je me regarde et je me centre sur où j'en suis, où je veux aller et comment je veux y aller et à partir de ce moment-là, [SPEAKER_00] je pense que, mais [SPEAKER_00] c'est dur de faire ça, mais on s'offre, on se paye une liberté, [SPEAKER_00] mais qui est absolue [SPEAKER_00] Et c'est ça que moi je vois en consulte. Quand des femmes de 75 ans viennent me raconter leur sexualité, [SPEAKER_00] quand des femmes de 30 ans viennent me dire en fait je suis avec un mari, mais je n'ai pas du tout envie de faire l'amour avec lui, mais c'est le type de ma vie, c'est des femmes qui ont décidé de s'affranchir [SPEAKER_00] du regard extérieur [SPEAKER_00] et de vivre les choses comme elles ont l'intention de le vivre. Et donc j'ai mis, vous l'avez dit à votre mari ça Oui et qu'est-ce qu'il dit Il est d'accord. Et donc pourquoi vous m'en parlez Je ne pas parce que je me dis que ce n'est peut-être pas normal. [SPEAKER_00] En fait, vis ta vie avec ton mari si tu ne pas avoir de sexualité. En fait, c'est génial. Si si vous êtes bien tous les 2 et que vous avez pu en parler et que ton mari, il est d'accord avec toi, c'est c'est parfait. [SPEAKER_01] En fait, tu pousses toutes les femmes à trouver leur place. Oui, [SPEAKER_00] je crois qu'il s'agit de trouver sa place, mais c'est, mais ce n'est pas facile. Non, n'est pas facile. Ouais, c'est une liberté qu'il est difficile de de s'autoriser, je trouve moi. C'est mon expérience de femme et c'est l'expérience que je, enfin c'est ce que je vois en regardant les autres femmes. C'est dur de se libérer [SPEAKER_01] du regard extérieur quoi. Merci Amina, docteur Amina Yavnan, je rappelle ton livre, Prendre soin des femmes pour en finir avec les violences gynécologiques [SPEAKER_01] aux éditions [SPEAKER_01] Flammarion. [SPEAKER_01] Amina elle est extraordinaire, moi j'ai envie que tu reviennes à chaque fois, reviens quand tu veux. Vraiment [SPEAKER_01] c'est c'est fou. Si t'as d'autres anecdotes, d'autres trucs à nous raconter, [SPEAKER_01] tu me fais si je reviendrai. Tu reviendras. Avec plaisir. En tout cas, c'est tous les mardis et on se dit à mardi prochain. Salut.
Points clés
- La Dre Amina Yamnan a participé à environ 16 000 naissances au cours de sa carrière.
- Elle a été confrontée à des propos explicitement racistes et sexistes ('ni femme ni noire') de la part d'un chef de service en début de carrière.
- Elle a choisi de devenir obstétricienne en partie pour surmonter sa propre peur intense d'accoucher.
- Son histoire familiale, marquée par les cancers gynécologiques, a également influencé son choix de spécialité.
- Elle considère que parler crûment de l'accouchement est un 'devoir de sororité' pour déconstruire les mythes.
À éviter
❌ Idéaliser l'accouchement.
✅ Il est crucial de s'informer sur la réalité physique et émotionnelle de l'accouchement, y compris ses aspects les plus difficiles. Une préparation réaliste permet de mieux vivre l'événement et de réduire les risques de traumatisme post-partum.
❌ Garder le silence face à une parole ou un acte déplacé en consultation.
✅ Face à une situation de violence gynécologique ou obstétricale, il est essentiel de savoir que ce n'est pas normal. Il faut en parler, ne pas hésiter à changer de praticien et connaître ses droits en tant que patiente.
❌ Penser que la discrimination n'existe plus dans les milieux éduqués comme la médecine.
✅ Le témoignage de la Dre Yamnan prouve que le sexisme et le racisme sont des obstacles systémiques, même dans des professions intellectuellement supérieures. Reconnaître cette réalité est le premier pas pour la combattre.
Conclusion
La parole de la Dre Amina Yamnan est plus qu'un témoignage. C'est une déflagration. En osant nommer l'innommable, elle ne fait pas que raconter son histoire ; elle offre un miroir à des milliers de femmes. Elle leur rappelle que leur corps, leurs peurs et leurs combats sont légitimes. Une leçon de force, de courage et, surtout, d'une sororité sans concession.

