Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation

Publié le 4 août 2026 · Mis à jour le 4 août 2026

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Un magnétophone offert à 12 ans, un album composé dans une cuisine et refusé par tous, des concerts pour des millions de personnes. Jean-Michel Jarre n’a pas eu un point de bascule, mais des dizaines. L’histoire d’un artiste qui a toujours préféré voir dans chaque risque une opportunité, et qui a fait du son l’obsession de sa vie.

Il est l'un des artistes français les plus connus au monde. Le pionnier de la musique électronique qui, dès 1976, a changé les règles du jeu avec un album devenu mythique : Oxygène. Invité de l'émission "Tous WONDER", Jean-Michel Jarre, vêtu d'une veste sombre signée Stone Island sur un t-shirt jaune vif, se livre avec une rare intimité. Il revient sur les moments charnières, ces fameux "points de bascule" qui ont dessiné une carrière hors norme, façonnée par le son, l'audace et une curiosité insatiable.

Jean-Michel Jarre, l’icône française de la musique électronique

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — L'Ascension d'Oxygène : Comment surmonter le rejet de l'establishment musical ? (0:00)
L'Ascension d'Oxygène : Comment surmonter le rejet de l'establishment musical ? — 0:00

Avec 20 albums studio et plus de 85 millions de disques vendus, Jean-Michel Jarre est une légende. Il est l’homme des concerts pharaoniques, de la place de la Concorde aux pyramides de Gizeh, rassemblant des foules record. Mais derrière le spectacle, il y a un créateur qui a dû imposer une vision.

Son album Oxygène, aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands succès français à l'international, a d'abord été un pari risqué. Un ovni musical sorti en pleine vague disco et punk.

« [Jean-Michel Jarre] « Quand j'ai terminé Oxygène, il a été refusé par une dizaine de maisons de disques, en disant : il n'y a pas de chanteur, il y a des morceaux qui durent 10 minutes et il n'y a pas de batterie non plus, ça ne marchera jamais. »

Finalement, un petit label indépendant français osera le sortir. La suite est connue : un succès mondial qui a prouvé que la création se fait souvent en dehors des sentiers battus. L'artiste définit sa vie non pas par un, mais par une succession de points de bascule. Des moments où il a fallu choisir, oser, "monter sur la bascule".

Une question de caractère

« [Jean-Michel Jarre] « Voir dans tout risque une opportunité plutôt que dans toute opportunité un risque. »

Cette philosophie résume son parcours. Au début des années 70, la musique électronique était rejetée par l'establishment du rock, tout comme le rock avait été rejeté par celui du jazz. Jean-Michel Jarre a dû se battre contre les préjugés pour imposer ces "bruits faits avec des machines et des boutons". Une histoire de persévérance et de conviction intime.

Du home studio à la création électronique : devenir musicien, producteur et ingénieur du son

Oxygène n'est pas né dans un grand studio parisien, mais dans un lieu bien plus modeste : la cuisine de son appartement. Un espace transformé en ce qu'on appellera plus tard un "home studio".

Cette démarche était en soi une révolution. À l'époque, le studio traditionnel était un temple avec ses règles : une cabine pour les musiciens, une régie pour l'ingénieur du son, Dieu tout-puissant derrière sa vitre. Une séparation nette entre l'artiste et la technique.

L'artiste-artisan

La musique électronique a fait voler en éclats cette organisation. Elle exigeait une nouvelle forme de créateur, à la fois compositeur, interprète, producteur et technicien. Un artisan total du son.

« [Jean-Michel Jarre] « La musique électronique demande d'être à la fois le musicien, le créateur et en même temps le curateur de ce qu'on fait et l'ingénieur du son. »

Cette autonomie est au cœur de son processus créatif. Mais pour comprendre la genèse de cette vocation, il faut remonter plus loin, à l'histoire de sa mère, France. Figure de la Résistance, elle fut déportée à Ravensbrück. C'est dans cet univers qu'elle a lié des amitiés qui, indirectement, allaient nourrir l'imaginaire musical de son fils des années plus tard.

Le magnétophone qui a déclenché une obsession pour le son

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — L'Ascension d'Oxygène : Comment surmonter le rejet de l'establishment musical ? (8:23)
L'Ascension d'Oxygène : Comment surmonter le rejet de l'establishment musical ? — 8:23

Le véritable point de départ, le premier déclic, n'est pas un instrument, mais une machine. Un imposant magnétophone offert par son grand-père, inventeur à ses heures, qui a notamment créé l'ancêtre de l'iPod, le tourne-disque portable TÉPAZ.

Pour le jeune Jean-Michel, âgé de 12 ans, cet appareil est un monstre fascinant. Il devient une obsession. Il ne cherche pas seulement à enregistrer de la musique, mais à capturer le monde.

La symphonie de la ville

Depuis le balcon de ses grands-parents, qui surplombe la gare de Perrache à Lyon, il tend son micro. C'est l'époque de la guerre d'Algérie. Il enregistre tout : le départ des soldats, les bruits des cafés où se mêlent prostituées et militaires, le fracas métallique des pots de lait livrés à l'aube.

« [Jean-Michel Jarre] « Je me levais vers 4, 5 heures du matin pendant que mes grands-parents dormaient, et j'enregistrais tout ça. Donc j'étais devenu totalement obsédé, j'enregistrais jour et nuit. »

Un jour, il a l'idée de passer une bande à l'envers. "J'ai cru que les aliens me parlaient", raconte-t-il. C'est une révélation. Il commence à trafiquer les sons, à les manipuler. Il n'est plus seulement musicien, il devient sculpteur de matières sonores. La musique concrète entre dans sa vie sans qu'il ne le sache encore. Ce hasard, ce choix inconscient, est le véritable acte de naissance de sa carrière.

Musique écrite et transmission orale : deux visions de l’apprentissage

Avant de manipuler les sons, Jean-Michel Jarre a, comme beaucoup, appris la musique de manière plus classique. Une formation qui l'a confronté à la tradition occidentale de la musique écrite, celle des partitions, qui s'est imposée en Europe à partir du XVe siècle.

Pourtant, cette méthode n'est pas universelle. Il découvre que de nombreuses cultures musicales, notamment en Asie ou en Afrique, reposent sur une tout autre approche : la transmission orale. Une transmission directe, basée sur l'écoute, la mémoire et l'imitation.

Apprendre par l'oreille

Il cite l'exemple de l'Inde, où l'élève passe parfois des mois, voire des années, à simplement regarder et écouter son maître avant de toucher un instrument. La patience et l'immersion sont les clés de l'apprentissage. Une philosophie à l'opposé de l'injonction occidentale à la pratique immédiate.

Comparaison des traditions musicales

CaractéristiqueMusique écrite (Occidentale)Transmission orale (Ex: Inde, Afrique)
Support principalLa partitionLa mémoire et l'écoute
Méthode d'apprentissageLecture, solfège, pratique techniqueObservation, imitation, répétition
Rôle de l'enseignantTransmetteur d'un savoir codifiéMaître-guide, modèle à incarner
Compétence cléPrécision de l'interprétationImprovisation et expression personnelle

Cette réflexion sur les différentes manières d'apprendre la musique a nourri sa propre démarche, qui mêle la rigueur de la composition à la liberté de l'expérimentation sonore, plus proche d'une tradition orale et intuitive.

L’héritage d’un père compositeur et l’influence inconsciente de la famille

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — Comment la jeunesse de Jean-Michel Jarre a-t-elle façonné sa vision artistique ? (16:26)
Comment la jeunesse de Jean-Michel Jarre a-t-elle façonné sa vision artistique ? — 16:26

Impossible d'évoquer le parcours de Jean-Michel Jarre sans mentionner son père, Maurice Jarre, immense compositeur de musiques de films, oscarisé pour Lawrence d'Arabie ou Le Docteur Jivago. Une figure à la fois présente et lointaine.

Ce n'est que tardivement que Jean-Michel Jarre prend conscience de l'ampleur de la carrière de son père. Il ne se voit pas comme un simple héritier poursuivant une tradition familiale. L'influence est plus diffuse, plus complexe.

Il distingue l'influence directe, celle d'un enseignement ou d'un modèle conscient, et celle, plus subtile, presque génétique. Il ne cherche pas à reproduire le parcours paternel, mais reconnaît avec gratitude et distance ce que cet héritage a pu jouer inconsciemment dans ses propres choix artistiques.

Échapper au service militaire : quand la carrière naissante impose de se débrouiller seul

En 1981, alors que sa carrière commence à peine à décoller, un obstacle se dresse sur sa route : le service militaire obligatoire. Une interruption d'un an qui menace de tout anéantir. Le sentiment de frustration est immense.

Face à une administration inflexible, il comprend qu'il doit trouver une solution par lui-même. C'est un moment de survie, où la détermination prend le dessus.

L'instinct de survie

Il imagine alors une stratégie pour le moins audacieuse : se faire passer pour agoraphobe. Pendant une semaine, il s'enferme et simule une peur panique des espaces ouverts. Un épisode rocambolesque qui révèle une facette moins connue de l'artiste : une ténacité à toute épreuve pour protéger son chemin créatif.

Paradis perdus : construire un univers scénique entre chanson, cinéma et opéra

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — La musique est-elle inscrite dans l'ADN familial de Jean-Michel Jarre ? (21:26)
La musique est-elle inscrite dans l'ADN familial de Jean-Michel Jarre ? — 21:26

Avant les grands concerts en extérieur, Jean-Michel Jarre a exploré une autre facette de la création : la chanson. Avec son projet Paradis perdus, il ne se contente pas d'aligner des morceaux. Il cherche à construire un univers complet, une narration.

Il comprend très vite l'importance de la mise en scène. Pour lui, un concert doit être plus qu'une simple performance musicale. Ce doit être une expérience totale, immersive.

Des inspirations cinématographiques et théâtrales

Ses influences sont à chercher du côté du cinéma et du théâtre. Il cite la démesure poétique de Federico Fellini, l'imaginaire visuel de 2001, l'Odyssée de l'espace, ou encore le travail sur la lumière et l'espace du metteur en scène Robert Wilson. Des références qui témoignent d'une ambition : créer des opéras modernes, des spectacles où le son, l'image et le lieu ne font qu'un.

Pourquoi jouer en extérieur ? Quand l’architecture devient une composante de la musique

Cette ambition le pousse naturellement hors des salles de concert traditionnelles. Il veut confronter sa musique à de grands espaces, à l'architecture des villes, aux paysages naturels.

Ce choix répond aussi à un défi propre à la musique électronique. Comment rendre visuellement captivants des synthétiseurs et des ordinateurs, objets souvent statiques et peu spectaculaires ?

Rendre la technologie vivante

Contrairement à la présence physique et immédiatement lisible d'un guitariste ou d'un batteur, le musicien électronique peut sembler distant, caché derrière ses machines. Pour surmonter cet obstacle, Jarre décide de faire du décor lui-même un instrument.

L'architecture, l'espace, le temps, la lumière deviennent des partenaires de jeu. Les lasers sculptent le ciel, les projections transforment les façades des immeubles. Le spectacle devient une performance incarnée, où la musique dialogue avec son environnement.

Concerts en pleine nature : la prouesse technique derrière le spectacle

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — Quelles réflexions Jean-Michel Jarre partage-t-il sur l'évolution de son art ? (31:28)
Quelles réflexions Jean-Michel Jarre partage-t-il sur l'évolution de son art ? — 31:28

Organiser un concert dans le désert, sur les docks de Londres ou au pied de la Tour Eiffel relève de l'exploit logistique. Loin des infrastructures habituelles, tout est à inventer.

Il faut acheminer des tonnes de matériel : synthétiseurs, consoles de mixage, systèmes de sonorisation, projecteurs, lasers. Il faut gérer l'alimentation électrique, s'adapter à une acoustique imprévisible et composer avec les caprices de la météo.

Cette démesure repose sur une coordination parfaite entre des dizaines de techniciens, d'ingénieurs et de producteurs. Jean-Michel Jarre rend un hommage appuyé à ces équipes de l'ombre.

L'indispensable collectif

Il insiste sur ce point : sans cette expertise collective, l'artiste ne peut rien. La magie du spectacle est le fruit d'un travail d'équipe colossal, où chaque personne est un maillon essentiel de la chaîne. C'est cette confiance qui lui permet, une fois sur scène, d'être pleinement présent à sa musique et au public.

Trac et rituels : les habitudes de Jean-Michel Jarre avant de monter sur scène

Que l'on joue devant 200 personnes ou plusieurs centaines de milliers, le trac est le même. Pour canaliser cette nervosité, Jean-Michel Jarre a développé au fil des ans des rituels, des superstitions presque, qui lui permettent de se recentrer.

Avant chaque concert, il vérifie méticuleusement ses instruments, alignant son clavier au millimètre près. Un moyen de reprendre le contrôle, de créer une bulle de familiarité dans un contexte toujours différent.

La sieste du guerrier

Son rituel le plus surprenant est sans doute celui de la sieste. Environ 20 à 25 minutes avant de monter sur scène, il a besoin de dormir. Il a pour cela un petit lit de camp pliable qu'il installe dans sa loge. Une habitude qui lui permet de recharger ses batteries et d'arriver sur scène avec une énergie neuve.

Il confie pouvoir s'endormir presque n'importe où, que ce soit dans un fly-case de matériel ou directement au sol. Des habitudes qui le ramènent à l'essentiel et l'aident à affronter la pression de la performance.

De l’électricité à l’intelligence artificielle : la technologie invente de nouveaux genres musicaux

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — Quels défis et innovations marquent la carrière continue de Jean-Michel Jarre ? (39:56)
Quels défis et innovations marquent la carrière continue de Jean-Michel Jarre ? — 39:56

La carrière de Jean-Michel Jarre est intimement liée à l'évolution technologique. Pour lui, chaque innovation technique majeure a enfanté de nouveaux styles musicaux.

L'invention du violon a permis à des compositeurs comme Vivaldi d'écrire pour des virtuoses. L'arrivée de l'électricité a donné naissance au rock de Chuck Berry et aux sons planants de David Gilmour. Les composants électroniques ont rendu possible sa propre musique. Aujourd'hui, une nouvelle révolution est en marche : l'intelligence artificielle.

L'IA, nouveau partenaire créatif

Loin d'en avoir peur, Jean-Michel Jarre l'a déjà adoptée. Il explique l'utiliser comme un outil pour concevoir les univers visuels et la scénographie de ses concerts récents. L'IA devient un partenaire créatif, capable de générer des images et des mondes à partir de ses idées.

Il est convaincu que l'IA va, à son tour, faire émerger de nouveaux genres musicaux, de nouveaux artistes, à l'image d'une Billie Eilish qui incarne déjà une génération de créateurs nés avec les outils numériques. L'histoire de la musique, conclut-il, est une histoire d'innovation permanente, et le futur reste à écrire.

Questions fréquentes

Jean-Michel Jarre : de l’enfance au futur de la musique électronique, une vie guidée par le son et l’innovation — Comment l'Intelligence Artificielle transforme-t-elle la création musicale et visuelle de Jean-Michel Jarre ? (46:51)
Comment l'Intelligence Artificielle transforme-t-elle la création musicale et visuelle de Jean-Michel Jarre ? — 46:51
Qui est Jean-Michel Jarre ?

Jean-Michel Jarre est un compositeur et interprète français, considéré comme l'un des pionniers de la musique électronique. Il est célèbre pour ses albums à succès comme *Oxygène* et *Équinoxe*, ainsi que pour ses concerts en plein air à très grande échelle.

Pourquoi Jean-Michel Jarre est-il considéré comme un pionnier de la musique électronique ?

Il est considéré comme un pionnier car il a contribué à populariser la musique électronique auprès du grand public dès les années 1970, à une époque où ce genre était encore expérimental et confidentiel. Il a su créer des mélodies accessibles avec des instruments alors nouveaux comme les synthétiseurs.

Combien d'albums et de disques Jean-Michel Jarre a-t-il vendus ?

Jean-Michel Jarre a sorti 20 albums studio et vendu plus de 85 millions de disques à travers le monde, faisant de lui l'un des artistes français les plus vendeurs de l'histoire.

Quel est le rôle d'Oxygène dans sa carrière ?

*Oxygène*, sorti en 1976, est l'album qui a lancé sa carrière internationale. Composé dans sa cuisine avec des moyens limités, son succès phénoménal et inattendu a démontré qu'une musique instrumentale et électronique pouvait toucher un public très large.

Comment Jean-Michel Jarre a-t-il commencé à s'intéresser à l'enregistrement sonore ?

Son intérêt est né dans l'enfance, lorsqu'il a reçu un magnétophone de son grand-père. Il est devenu obsédé par l'enregistrement des sons du quotidien, comme l'ambiance de la gare de Perrache à Lyon, ce qui a été une expérience fondatrice pour son approche de la musique comme une matière sonore.

Pourquoi Jean-Michel Jarre privilégie-t-il les concerts en extérieur ?

Il choisit les concerts en extérieur pour sortir la musique des salles traditionnelles et la faire dialoguer avec l'architecture et les grands espaces. C'est aussi un moyen de rendre la performance de la musique électronique, souvent statique, plus spectaculaire et immersive visuellement.

Quel rôle l'intelligence artificielle joue-t-elle dans son travail récent ?

Il utilise l'intelligence artificielle comme un outil créatif, notamment pour concevoir les visuels, les images et la scénographie de ses concerts. Il la considère comme la prochaine grande révolution technologique qui va transformer la création musicale.

Invité

  • Jean-Michel Jarre — Pionnier de la musique électronique

Transcript

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[SPEAKER_00] C'est aussi stressant d'être devant des centaines de milliers de gens que devant 200 personnes. On voit Elton John sortir du disquaire avec 10 albums d'oxygène. J'étais considéré comme le déserteur des flics venaient me chercher. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous vendeurs, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, [SPEAKER_01] on reçoit Jean-Michel Jarre, le pionnier de la musique électronique. Il a d'ailleurs fait entrer à l'opéra de Paris. Vous allez l'entendre, tout a commencé avec son album oxygène en 1976 [SPEAKER_01] et c'est l'album d'un artiste français le plus vendu au monde. Il a sorti tenez-vous bien 20 albums studio et vendu plus de 85000000 [SPEAKER_01] de disques dans le monde. Il est aussi connu pour ses concerts gigantesques [SPEAKER_01] pharaoniques sur tous les continents. Dans tous Wonder aujourd'hui, il revient sur sa carrière, mais vous allez aussi le découvrir plus intime puisqu'il va nous parler de son enfance et je vous conseille son livre [SPEAKER_01] mélancolique rodéo aux éditions j'ai lu. Tous Wonder, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et aussi sur toutes plateformes de podcast [SPEAKER_01] Spotify, Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous regarder, nous écouter un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci à notre sponsor [SPEAKER_01] Aromazone. [SPEAKER_01] C'est le numéro un en France des produits bio et des recettes de cosmétiques [SPEAKER_01] maison. Et cette marque, avec son livre Soins que je vous conseille parce que ça donne des bons conseils pour entretenir sa peau. Et bien cette marque reverse 100 pour 100 des bénéfices à l'APHM, [SPEAKER_01] l'hôpital de la Timone à Marseille pour aider le service d'oncologie [SPEAKER_01] pédiatrique à acquérir une machine de pointe qui permet de guérir et qui empêche les récidives à l'âge adulte. Merci donc à Aroma Zone et tous Wonder. C'est maintenant avec Jean-Michel Jarre, le pape de la musique électronique. [SPEAKER_01] Jean-Michel Jarre, merci 1000 fois d'être avec nous. Je suis hyper contente de te recevoir. Dans tous Wonder, on commence toujours par un point de bascule, une anecdote, un moment où tout a changé, y eu un avant et un après et je pense que pour toi, tu vas me le confirmer, c'est clairement oxygène [SPEAKER_01] 1976. [SPEAKER_00] Est-ce que tu peux nous raconter cet avant, cet après, c'est-à-dire qu'il a eu un tourbillon et d'un coup été lancé. Je ne considère pas dans ma vie qu'il y a eu un seul point de bascule, mais une suite de bascule. Le point de bascule, c'est ou des choses qui t'arrivent [SPEAKER_00] sans sans le savoir ou des ou des occasions dans laquelle [SPEAKER_00] que, [SPEAKER_00] devant lesquelles tu ne tu ne passes pas à côté, c'est-à-dire le le le fait de juste de monter sur la bascule ou pas. [SPEAKER_00] Et ça, c'est c'est une question aussi de caractère, une question de curiosité, [SPEAKER_00] de le de manière à finalement voir [SPEAKER_00] dans tout risque une opportunité plutôt que dans toute opportunité un risque. [SPEAKER_00] Et effectivement bon, [SPEAKER_00] le [SPEAKER_00] oxygène dans ma dans ma carrière qui est dans ma vie, dans mon trajet de de créateur, [SPEAKER_00] effectivement [SPEAKER_00] un point de bascule évident, [SPEAKER_00] parce que c'est le, le, le fait de passer [SPEAKER_00] d'une forme d'anonymat [SPEAKER_00] à une forme de notoriété [SPEAKER_00] soudaine, [SPEAKER_00] pas seulement nationale mais mondiale ou internationale, [SPEAKER_00] et en plus dans un genre musical qui existait peu, [SPEAKER_00] et qui était même plutôt rejeté par l'establishment [SPEAKER_00] de la musique, c'est-à-dire que c'est, c'est amusant de voir que finalement, [SPEAKER_00] tous tous les mouvements émergents [SPEAKER_00] sont rejetés par l'establishment [SPEAKER_00] des précédents ou des genres précédents. C'est-à-dire que les, le le le début du jazz est rejeté par, par la musique classique, le début du rock est rejeté par l'establishment du jazz, et le le début de la musique électronique rejeté par l'establishment du rock, disant qu'est-ce que c'est que ces mecs qui font, qui font du, qui font du bruit avec des, avec des machines et avec des boutons. Donc Donc ça a été difficile pour toi de t'imposer, c'est-à-dire qu'au départ, [SPEAKER_00] tu dis ça parce que les gens n'y croyaient pas? Quand j'ai terminé oxygène, a été refusé par une dizaine de maisons de disques, en disant il n'y pas de chanteur, il y a des morceaux qui durent 10 minutes et il n'y a pas de batterie non plus, ça ne marchera jamais. [SPEAKER_00] Et, et en fait, [SPEAKER_00] finalement c'est un peu, une petite, un petit label indépendant [SPEAKER_00] français, qu'il a sorti et et qui a, et ensuite qui a été distribué dans le monde avec le succès qu'on sait. Non mais les autres ils ont dû s'en vendre les doigts quand même. Oui d'ailleurs il y a, il a un, 1 producteur [SPEAKER_00] et un, 1 [SPEAKER_00] très connu de disques qui est le [SPEAKER_00] fondateur d'I-Land, qui est, qui a eu la, la, la, l'honnêteté de dire, j'ai raté 2 choses dans ma vie, [SPEAKER_00] le, le 1er album de Jean-Michel Jarre et le 1er album d'Elton John. Donc il a eu l'honnêteté de le reconnaître, mais ça, c'est des choses qui arrivent, c'était effectivement [SPEAKER_00] quelque chose qui était complètement, [SPEAKER_00] c'est un ovni. En plein, il faut remettre dans le contexte que oxygène est sorti en pleine période disco et en pleine période punk. [SPEAKER_00] Donc, [SPEAKER_00] c'est, ça n'avait rien à Ce [SPEAKER_00] qui fait la, la spécificité de la création, c'est justement d'être outside the box, d'être [SPEAKER_00] d'être au fond [SPEAKER_00] en dehors des, en dehors des des sentiers battus ou [SPEAKER_00] pas d'ailleurs, mais mais finalement de de pouvoir arriver à à à suivre son son propre chemin, et on ne choisit pas, en fait on ne choisit pas son chemin. Je pense qu'on le, il est, il est tracé, c'est effectivement [SPEAKER_00] un point de bascule dans son, dans sa vie personnelle, quand effectivement d'un seul coup, quelque chose qu'on a fait dans sa cuisine, ce qui était le, le cas. [SPEAKER_00] L'oxygène, l'as composé dans la cuisine. Exactement, dans une, dans un appartement où il y avait 2 cuisines et j'ai transformé la cuisine en home studio, ce qui était, ce qui n'était pas du tout déjà une manière de, [SPEAKER_00] de, [SPEAKER_00] de travailler [SPEAKER_00] de manière [SPEAKER_00] professionnelle, puisqu'à l'époque, le studio professionnel professionnel, [SPEAKER_00] c'était un studio avec 2, avec 2 2 espaces. [SPEAKER_00] Le le la cabine avec la vitre qui sépare le studio, avec [SPEAKER_00] Dieu qui est l'ingénieur du son, conducteur de l'autre côté de la vitre, et puis [SPEAKER_00] les musiciens [SPEAKER_00] victimes potentielles éventuellement de l'autre côté. Et en fait la musique électronique demande d'être à la fois [SPEAKER_01] le, le, le musicien, le créateur et en même temps le curateur de ce qu'on fait et l'ingénieur du son. Je voulais bien revenir aussi vraiment plus loin un peu la genèse, c'est-à-dire que tu as toujours baigné dans la musique et aussi grâce à ta mère France qui était résistante [SPEAKER_01] et qui a rencontré en prison à Lyon [SPEAKER_01] une femme qui s'appelait Mimi Ricard, c'est ça qui tenait des clubs de jazz. [SPEAKER_01] Là, est-ce que tu peux nous raconter ces souvenirs qui je pense sont assez incroyables, mais en en, [SPEAKER_01] enfin je me dis que tous ces, toutes ces petites notes de musique, elles t'ont baigné et tu, elles t'ont amené aussi à, à faire ce que tu as fait ensuite. [SPEAKER_00] Il y a, effectivement, je pense qu'il y il y des signes qu'on, qu'on peut, [SPEAKER_00] ou des, des petits cailloux comme ça et des, des, des signes qu'on, qu'on comprend ou qu'on ne comprend pas. Encore une fois, les points de bascule, ils arrivent pratiquement tous les jours. Effectivement ma mère qui a été, comme tu le disais, [SPEAKER_00] à l'instant une, [SPEAKER_00] 1 grande résistante, elle a été, elle a été capturée par les nazis [SPEAKER_00] 3 fois, elle s'est échappée 3 fois y compris du, du camp de concentration dans lequel elle a été à Ravensbruck, [SPEAKER_00] et qui a connu à cette époque, une femme qui est devenue une de ses meilleures amies, s'appelait donc Mimi Ricard, et qui a ouvert après la guerre un club de jazz qui s'appelait le Chakypêche, qui est devenu le, le club de, de jazz de référence [SPEAKER_00] en France, où elle accueillait des gens comme [SPEAKER_00] Don Sherry, John Coltren, rue de la Huchette oui. [SPEAKER_00] John Coltren, Don Sherry, Archi Chape, Chet Baker, [SPEAKER_00] et en fait ma, ma mère allait voir sa copine des fois le, le dimanche comme ça, et moi j'étais le petit gosse qui se baladait, qui descendait [SPEAKER_00] à la cave où les musiciens [SPEAKER_00] répétaient pendant qu'elle discutait au bar, et j'avais aucune idée de qui, de qui ils étaient, mais j'étais fasciné par, par cet endroit. Et d'ailleurs, c'est, c'est intéressant de, tous les souvenirs que j'ai de ces moments, sont des souvenirs en noir et blanc. J'ai toujours associé le jazz au noir et blanc. On a, on n'a pas que moi, on a beaucoup associé le jazz au noir et blanc. [SPEAKER_00] Mais, [SPEAKER_00] et, et, et un jour donc effectivement, [SPEAKER_00] pour l'anniversaire de mes 10 ans ou 11 ans, [SPEAKER_00] Chet Baker qui répétait là, [SPEAKER_00] m'assoit sur le piano droit, et va jouer pour moi pendant 10 minutes avec la, une, avec la trompette à peu près à distance où on est là quand on se Et, [SPEAKER_00] et je me, à chaque fois que je pense à ça, je, je sens encore le, le, le son sur ma, la, ma [SPEAKER_00] poitrine d'enfant, [SPEAKER_00] et il m'a dit 2 choses qui m'ont marqué beaucoup et qui qui vont qui vont certainement être [SPEAKER_00] un des éléments fondateurs pour moi, c'est un que, [SPEAKER_00] il me dit tu vois dans le le jazz en fait, il faut, la mélodie c'est important, mais il faut s'en échapper le plus, le plus vite possible. Et la 2e chose, ce qu'il dit finalement dans la musique, ce qui est important, c'est le son, c'est la recherche du son. [SPEAKER_00] Et de ce point de vue-là, le jazz et la musique électronique paradoxalement, [SPEAKER_00] ont un, [SPEAKER_00] ont des, [SPEAKER_00] des points communs, des points communs, et un point commun, c'est justement ce, ce, [SPEAKER_00] ce travail sur les textures sonores, pas seulement de, de travailler la, la composition musicale en termes de notes basées sur le solfège, mais en termes de sons et de de bruit et de de, et on est tous devenus un peu des des sound designers au fil du temps. Toi, as été sound designer très tôt, tu as reçu un magnétophone [SPEAKER_01] à Noël, c'est ça? C'est ton grand-père qui l'avait offert? Oui. Et ce qui a, ce qui est assez rigolo, c'est que tu enregistrais des sons. [SPEAKER_01] Donc en fait très tôt quand même, as eu cette passion du son, du, il y a, donc c'était quoi la pluie, le vent, [SPEAKER_01] c'est ça que tu écoutais et que tu enregistrais, c'est-à-dire que tu n'as pas du tout cherché à faire de la musique comme des petits garçons le feraient? Alors je, je, je jouais en même temps, j'ai joué assez tôt dans des petits groupes de rock [SPEAKER_00] dans, dans, dans le quartier, et puis un, 1, mon grand-père quand j'avais 12 ans m'a, m'a offert ce, ce magnétophone d'occasion, c'était un chercheur, un inventeur. Mon grand-père il a, il a inventé une des premières consoles de mixage pour la radio, [SPEAKER_00] et aussi l'ancêtre de l'iPod qui était le, le TEPAZ, c'est-à-dire ce, ce tourne disque portable français, [SPEAKER_00] qui, [SPEAKER_00] qui marchait sur batterie et [SPEAKER_00] avec lequel tu partais en pique-nique pour l'écouter justement. Il était très détariné en fait clairement là. Oui et [SPEAKER_00] non, mais en fait tout ça c'est, c'est, ce sont des suites de hasards et comme tu tu le dis, [SPEAKER_00] il y a peut-être [SPEAKER_00] chemin [SPEAKER_00] qu'on suit inconsciemment ou des ou des ou des, une suite de hasards, [SPEAKER_00] si on peut appeler ça des hasards. Et en fait en tout cas, [SPEAKER_00] quand il m'a offert ce monstre, parce que c'était déjà, déjà c'était [SPEAKER_00] on était bien avant la miniaturisation de la, de la technologie, [SPEAKER_00] et, et donc c'était déjà gros pour un adulte, pour un gosse, c'était, c'était encore [SPEAKER_00] énorme, c'était un monstre et je suis devenu absolument obsédé par cette, par ce magnétophone, j'enregistrais absolument tout. Et mes grands-parents habitaient devant la gare de Perrache à Lyon, [SPEAKER_00] et, [SPEAKER_00] et en fait je passais le micro par-dessus le balcon et j'enregistrais en fait, c'était l'époque de la guerre d'Algérie, [SPEAKER_00] et il y avait [SPEAKER_00] les soldats, [SPEAKER_00] qui devaient partir [SPEAKER_00] au front en face, et donc en, il y avait 2 cafés où il y avait en fait les putes, les soldats, et il y avait un, ce qu'on appelle une crémière, une laiterie qui recevait les, les, les pots de lait qui arrivaient en métal [SPEAKER_00] dès le matin, et je, je me levais vers 4, 5 heures du matin pendant que mes, mes grands-parents dormaient, et j'enregistrais tout ça. Donc j'étais devenu totalement obsédé, j'enregistrais jour et nuit tout ça, puis un jour j'ai passé la bande à l'envers, j'ai cru que les aliens me parlaient, et là j'ai commencé à à à trafiquer le le son de ma guitare, le le son le son de de du groupe avec lequel je jouais, et c'est comme ça que je suis rentré dans le [SPEAKER_00] dans le le cycle si j'ose dire de la l'approche sonore de la de la musique. Et puis le batteur de de du groupe, c'était quelqu'un qui s'appelait Stanislas Vitold, et qui était en fait le fils de Jean Vitold, le grand musicologue de l'ORTF à l'époque de de Radio France, et qui me dit, tu sais au au, [SPEAKER_00] à la maison de la radio, à l'époque l'ORTF, [SPEAKER_00] il y il y a, il y a un groupe de recherche s'appelle GRM, groupe de recherche musicale, et ils font ce genre de choses, ils trafiquent des des sons avec le, le magnétophone, tu devrais y aller. En fait, c'est comme ça que je suis rentrée au au GRM [SPEAKER_00] dirigé par Pierre Cheffer, qui est qui est le, Pierre Cheffer avec Pierre Henry qui sont vraiment les fondateurs, les pionniers de la musique électroacoustique [SPEAKER_00] et de la la musique électronique. [SPEAKER_01] En fait, ce qui est, ce qui est fascinant, c'est que, tu es évidemment pionnier on l'a dit, mais c'est que n'importe quel son peut devenir une musique. C'est ça qui est hyper intéressant dans ce que tu racontes. C'est-à-dire que les sons de la vie de tous les jours se transforment en mélodie en fait. Alors ce qui est très intéressant dans dans ce que dans dans ce que tu dis, c'est que effectivement, [SPEAKER_00] le, il y a, il y a, il y a vraiment une, 1 véritable [SPEAKER_00] genèse de la musique électroacoustique électronique française et européenne. [SPEAKER_00] Le, ça n'a rien à voir avec le blues, le rock, [SPEAKER_00] le hip-hop ou autre. Au départ, la, la, la musique électronique, électroacoustique, [SPEAKER_00] vient d'Europe, d'Allemagne, de France, d'Italie, de, de Russie aussi, [SPEAKER_00] avec des instruments comme le thérémine, [SPEAKER_00] qui est, qui est inventé dès, dès les années 20 en, en, en Union soviétique à l'époque, [SPEAKER_00] et qui, et qui en fait vient de cet héritage de la musique classique, [SPEAKER_00] donc hors des formats pop, hors des formats de, de la chanson 3 minutes, et qui en même temps sont en France, liés à 2 mouvements. [SPEAKER_00] C'est d'une part l'impressionnisme, [SPEAKER_00] c'est-à-dire le fait d'avoir 1, 1, 1 manière de décrire [SPEAKER_00] son environnement à travers sa musique de manière impressionniste, c'est-à-dire pas de manière réaliste, [SPEAKER_00] mais [SPEAKER_00] finalement de, [SPEAKER_00] avec une, avec une, avec quelque chose de de plus, de plus flou et de plus organique. [SPEAKER_00] C'est de Bussier Ravel, c'est ça le le le la jeunesse dans la musique et, et les nymphéas par exemple aussi dans la peinture. [SPEAKER_00] Et puis le mouvement surréaliste, c'est-à-dire le fait de de de mélanger un oiseau avec une clarinette ou, ou de, ou le son d'une machine à laver avec des percussions, [SPEAKER_00] Ce, ce côté Marcel Duchamp, ce côté surréaliste, [SPEAKER_00] fait que [SPEAKER_00] ces gens qui ont défriché ça dès, dès les années 40, comme Pierre Scheffer, Pierre Henry, sont les véritables, [SPEAKER_00] c'est la véritable avant-garde. C'est-à-dire que l'avant-garde c'est ce qui devient classique 50 ans plus tard. Bien sûr. Or aujourd'hui, on est tous des petits enfants de ces, de ces pionniers, [SPEAKER_00] qui ont au fond, introduit la notion [SPEAKER_00] de, de, de sons et de bruits comme tu le disais, dans la, dans la musique aujourd'hui, [SPEAKER_00] toutes les, tous tous les genres musicaux, [SPEAKER_00] les les gens, que ça soit dans la, dans la techno, dans le hip-hop, dans la pop, dans le rock ou autre, mettent, mélangent des sons, [SPEAKER_00] des sons, des bruits [SPEAKER_01] à à l'orchestration, c'est devenu presque un standard. Est-ce qu'il faut maîtriser la musique classique, le solfège pour être aussi doué que toi en musique électronique? Parce qu'on a l'impression que c'est, tu vois que c'est quelque chose de plus novateur. [SPEAKER_01] Est-ce qu'il faut quand même avoir des bases de classiques, de solfège? [SPEAKER_00] Alors Est-ce que toi, est-ce que tu maîtrises tout ça ou pas? Là, se trouve que moi je suis d'une d'une, je dirais d'une génération qui, où j'ai j'ai en même temps étudié au conservatoire, j'ai fait, j'ai joué dans des groupes de rock, donc j'ai aussi cette formation-là. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] la, la musique écrite, [SPEAKER_00] c'est quelque chose qui est, c'est intéressant parce que la musique écrite elle est, elle existe surtout en Europe depuis le 15e siècle. [SPEAKER_00] Avant, [SPEAKER_00] les chants grégoriens et caetera, avant les, avant les, la naissance de l'écriture musicale, c'était, c'était une, 1 musique qui se transmettait, [SPEAKER_00] j'allais dire du bouche à oreille, [SPEAKER_00] ou en tout cas des mains à, à l'oreille, et le reste de la musique quand on pense à l'histoire de la musique dans le monde, la musique chinoise, la musique africaine, la musique indienne, [SPEAKER_00] n'y pas vraiment d'écriture. [SPEAKER_00] Donc en fait, l'écriture musicale est un, est un genre très occidental. [SPEAKER_00] Par exemple en Inde, on étudie le, on est, quand on étudie la musique, on, on regarde son professeur [SPEAKER_00] et on n'a pas le droit de toucher l'instrument pendant 2 ans. [SPEAKER_00] Il faut d'abord écouter. Il faut d'abord écouter, oui il fallait Ça c'est pas bon vieux que ça. Voilà, je pourrais Mais mais il faut il faut être patient, mais tout ça veut veut dire que, on est, alors je pense qu'ils doivent toucher les instruments avant 2 ans. Sont aussi impatients que toi. C'est une torture. Mais mais ce que je veux dire, c'est qu'ils ils n'ont, en fait il y a, il y a, [SPEAKER_00] quand tu prends la musique africaine aussi, c'est une musique de jeu, c'est une musique de de sensuelle. Et en fait, on retrouve paradoxalement ça dans la musique électronique, ce que je revendique beaucoup, c'est ce rapport sensuel, [SPEAKER_00] organique, poétique avec la technologie. [SPEAKER_01] Est-ce qu'on peut parler de ton groupe de rock? Parce qu'en fait, tu aurais pu être connu pour tes facultés de faire du rock, moi c'est le nom du groupe qui me fait marrer, les Dosbines, c'est ça? Poubelle? C'est ça, oui c'était c'était un groupe Alors heureusement que tu n'as pas fait carrière dans le groupe qui s'appelle Poubelle. [SPEAKER_01] Oui, [SPEAKER_01] non mais il y a il y des il y des exemples [SPEAKER_00] ces lettres de de noms de groupes qui sont aussi bizarres au Non mais c'est ça, je te taquit. Non non non non au contraire, je pense que il y avait du potentiel. Il y avait un truc. [SPEAKER_01] Absolument. [SPEAKER_01] Et et ça ça t'a donné le goût un peu de la scène, de, enfin de la scène parce que vous vous êtes produit à Saint-Raphaël, [SPEAKER_01] l'été de ton bac, c'est ça? Oui oui, effectivement [SPEAKER_00] et et avant, [SPEAKER_00] avant également et [SPEAKER_00] et et c'est vrai que je gagnais, je gagnais ma vie comme moi mon, [SPEAKER_00] très tôt il a fallu que je gagne ma vie parce que je je voulais aider ma mère, puisque ma mère m'a m'a élevé [SPEAKER_00] seule, comme, comme beaucoup de, comme beaucoup de parents, [SPEAKER_00] famille mono parentale, ce qui était mon cas. Et, et donc de, j'ai commencé par faire des, des tas de petits boulots et ma mère avait un stand-opus, [SPEAKER_00] et en fait pour l'aider, je m'étais inventé, je faisais beaucoup de peinture aussi. Et je m'étais inventé un frère [SPEAKER_00] plus âgé que moi, qui, qui, qui était peintre, [SPEAKER_00] et en fait je vendais mes propres peintures, [SPEAKER_00] mais comme j'étais trop, je vais, j'estimais trop petit pour être crédible, donc je vendais aux puces mes mes toiles que je, qui étaient [SPEAKER_00] soi-disant faites par ce frère imaginaire. C'est génial. Donc, attends, racontais aux gens, tu vendais les toiles de ton frère. C'est ça oui. Mais tu étais très occupé. Ça marchait, j'en ai, j'en ai vendu pas mal. Donc, ça permettait quand même comme ça de, [SPEAKER_00] d'arrondir les fins, les fins de semaine, je dirais. Et puis, et puis après, j'ai fait effectivement, je jouais dans des, dans des, [SPEAKER_00] dans différents endroits avec, avec mon groupe et effectivement, [SPEAKER_00] aussi dans le midi et ça a été mon ma, ma, mes, mes premières armes, je dirais dans le, de de scène. Oui, de scène. Oui, ça voilà. Et tu as, tu as bossé avec ses copains? Est-ce que eux aussi ont fait une carrière dans, dans la musique? [SPEAKER_00] Non, il y a un qui est devenu joaillier à New York, [SPEAKER_00] qui était bassiste, [SPEAKER_00] et puis [SPEAKER_00] les autres je les ai perdus de vue en fait. D'accord incroyable. Ils ne sont pas, ils ont, [SPEAKER_01] ils [SPEAKER_00] ont, ils ont continué un peu à faire de la musique puis finalement ils ont, ils ont abandonné. C'est peut-être le nom du groupe qui n'était pas. [SPEAKER_01] Rigole, mais je trouve ça improbable. C'est possible. [SPEAKER_01] Est-ce que tu crois que la musique c'est dans ton ADN? Tu parlais de ta maman qui t'a élevée seule, tu es le fils de Maurice Jarre qui [SPEAKER_01] est parti quand tu avais 5 ans, qui que tu as que tu as vu sans voir [SPEAKER_01] de loin [SPEAKER_01] aux États-Unis, il a eu 3 Oscars, il a écrit la musique du docteur Givago notamment. [SPEAKER_01] Tu n'as pas grandi avec lui, néanmoins tu as fait le même métier. [SPEAKER_01] Est-ce que tu crois que c'est dans l'ADN, est-ce que tu crois que tu as fait aussi ce métier quelque part pour faire comme lui, tu vois, c'est sans faire la psycho de comptoir, mais est-ce que tu crois qu'il y a un lien ou que c'est un hasard total sur toi? Je pense qu'il n'y a pas de hasard, je pense que les les les [SPEAKER_00] cordonniers ont ont des enfants qui qui vont plutôt [SPEAKER_00] être cordonniers qu'autre chose, parce qu'ils vivent dans un, dans dans le même dans le même milieu. Là, en ce qui me concerne, c'est un, c'est, ça serait plus au niveau des chromosomes, puisque mon père est parti aux États-Unis très très vite, [SPEAKER_00] et que finalement, c'était, l'image de mon père était très abstraite, que la musique de film à cette époque-là n'était pas comme aujourd'hui, qui est très au-devant de la scène, mais c'était très abstrait. Donc moi je, je ne me suis pas rendu compte [SPEAKER_00] de la notoriété [SPEAKER_00] de, [SPEAKER_00] de, de mon père par rapport à, à, son, du, de son succès en tout cas. [SPEAKER_00] Et, et donc ça n'a pas joué directement. Ce suis, maintenant que je regarde ça avec, avec distance, je ne pense pas du tout que ça ait joué directement, ça a plutôt, [SPEAKER_00] peut-être joué inconsciemment, [SPEAKER_00] et puis, et puis peut-être qu'effectivement au niveau des, des chromosomes, [SPEAKER_00] il y avait quelque chose. Donc, [SPEAKER_00] le remercie là où il se trouve, de, de m'avoir [SPEAKER_00] donné indirectement, [SPEAKER_00] un certain nombre d'outils. [SPEAKER_01] Mais tu, tu l'as, tu ne l'as pas vu recevoir des oscars, enfin tu ne te rendais pas compte en fait. Pas du tout. Non non non, pour moi c'était, [SPEAKER_00] c'était très, [SPEAKER_00] c'était très abstrait, avec le fait qu'en plus le, la musique de, la musique des films encore une fois, [SPEAKER_00] c'était, [SPEAKER_00] je me souviens de mon père les premières années quand il a fait dans la 1re partie de sa carrière, [SPEAKER_00] des, des choses extrêmement intéressantes, [SPEAKER_00] qui, puisque c'était le, un des cofondateurs du festival d'Avignon avec Jean Villard, [SPEAKER_00] et qui, qui était donc le compositeur du, du TNP, qui était cette, ce grand mouvement de, ce grand théâtre, le théâtre national populaire, [SPEAKER_00] créé par Jean Villard avec des gens comme Gérard Philippe, Maria Cazaret, et il est, il est devenu le, le compositeur attitré du TNP pendant des années, [SPEAKER_00] et il a d'ailleurs, [SPEAKER_00] innové énormément dans le, dans la musique de scène. Il a été vraiment un des premiers à, [SPEAKER_00] explorer le, ce qu'on appelle aujourd'hui l'immersion, c'est-à-dire le le, mais ce n'était pas l'immersion technologique, ce n'était pas le Dolbiatmos, c'était Dolbiatmos acoustique puisqu'il mettait des, des instruments [SPEAKER_00] dans la cour des palais des papes à Avignon, [SPEAKER_00] avec des, des, des trompettes qui étaient dans les 4 coins du [SPEAKER_00] palais, et caetera. Donc il a beaucoup exploré là-dessus [SPEAKER_01] et, et donc tout ça a dû forcément jouer. Oui, ça a forcément joué. Donc tu es passionné depuis très longtemps, moi je trouve, il y a une histoire qui est mignonne, trouve, c'est que tu as acheté ton 1er synthé. [SPEAKER_01] Pour acheter ton 1er synthé, tu as quand même vendu ta guitare, [SPEAKER_01] ton amphi et le petit train électrique fabriqué par ton grand-père. [SPEAKER_01] Je trouve ça adorable. Mais tu avais quel âge? [SPEAKER_00] Je devais avoir 17, 18 ans, donc le train électrique était quand même resté, je m'en servais plus. Non, j'imagine. Je ne m'en servais plus depuis un moment, [SPEAKER_00] mais j'étais j'étais très attaché forcément comme on est attaché par, et donc c'était un vrai statement comme on dit en anglais, 1 1 [SPEAKER_00] 1 [SPEAKER_00] vraie, une vraie décision [SPEAKER_00] de, de quitter en fait le monde du, du rock et de l'enfance aussi en même temps, pour [SPEAKER_00] partir à Londres et, et acheter ce, ce synthé, [SPEAKER_00] et qui, qui était pour moi un choix de, je savais pas que ça allait être un choix de vie, mais après c'était en tout cas un choix esthétique et un choix [SPEAKER_01] musical. Ensuite il y 81, [SPEAKER_01] 60 ans tu fais entrer [SPEAKER_01] la musique électronique à l'opéra, [SPEAKER_01] mais il y un petit couac, c'est qu'il faut que tu fasses ton service militaire. [SPEAKER_00] Oui alors, 2 choses, il en a 2, il y plusieurs [SPEAKER_00] couacs, il a le fait que, [SPEAKER_00] effectivement je, je, je, [SPEAKER_00] je fais ce, ce projet qui était une musique de ballet, et c'était la 1re fois que la musique de, électronique et électroacoustique rentre à l'opéra, [SPEAKER_00] et le, un des souvenirs que j'ai, c'est que les musiciens de l'orchestre à l'époque, [SPEAKER_00] certains musiciens débranchaient la sono, en signe de protestation en se disant, la musique, [SPEAKER_00] cette [SPEAKER_00] musique va, va signer probablement la fin des concerts, la fin des orchestres. Ah ouais. Et c'est là où on voit au fond à quel point, [SPEAKER_00] je fais une petite digression, à quel point, les, [SPEAKER_00] génération [SPEAKER_00] après génération, [SPEAKER_01] on a peur du progrès, on a peur de la disruption, on a peur du du changement. En 81, ce n'était pas très feel good, donc quand quand tu arrives à l'opéra, quand tu fais les répètes Oui, alors ça, c'est quoi? C'est l'opéra, il y avait, y une sorte de fermeture, c'est ça pour travaux? Oui, [SPEAKER_00] y la réouverture pour la réouverture de l'opéra. Et là, et là on a voulu faire un truc de très très disruptif en t'invitant. Voilà, c'était, on, on parle, quand on parle de 68, [SPEAKER_00] c'est une chose dont je parlais souvent avec, avec Thierry Ardisson, On ne parle pas assez de 72. J'ai dit, j'y par là de, des, des 3, 4 années de bordel et de chaos après 68. En fait, pouvait se permettre un peu n'importe quoi. Moi en fait, j'ai piraté l'université complètement parce que j'ai fait 5 ans de, d'université où en fait, tout ce qu'on pouvait faire comptait dans le, dans le le, le fait d'avoir une licence par exemple ou un master. [SPEAKER_00] Donc, [SPEAKER_00] moi j'ai fait aussi bien de la philo, de la chimie, j'ai fait de la, [SPEAKER_00] de la musique [SPEAKER_00] appliquée [SPEAKER_00] à la, à la thérapie, à la psychologie, j'ai fait Tu as abandonné Sciences Po. Sur les pubs, j'ai fait, j'ai, j'ai fait plein de trucs, parce que je savais déjà que j'allais faire de la musique. Donc j'ai, je, je me sentais très privilégié, [SPEAKER_00] non pas, [SPEAKER_00] non pas, bon peut-être socialement, mais non pas financièrement, [SPEAKER_00] mais en tout cas, par rapport à, à cette, à cette période qui était une période de flou, [SPEAKER_00] qui, [SPEAKER_00] que j'ai vraiment utilisée positivement. [SPEAKER_00] Et, et c'est vrai que ce, que, qu'en 81, [SPEAKER_00] en même temps, [SPEAKER_00] j'avais cette assistance service militaire qui me, [SPEAKER_00] qui me taraudait, que j'étais déjà engagé [SPEAKER_00] en fait dans la vie professionnelle, je me disais merde, je vais pas, je ne pas passer un an et demi à, [SPEAKER_00] finalement perdre mon temps, même si je suis pas nécessairement contre un, 1 service [SPEAKER_00] civil ou un service même militaire dans l'absolu, mais pour moi, ça, ça ne correspondait pas, c'était vraiment un mauvais timing. [SPEAKER_00] Donc Et puis tu as, tu as tenté de dire, j'aide ma mère, je ne peux pas, c'est ça, tu as capté Et ça n'a marché du tout, au contraire, ça, ça a même joué, c'était, c'était même pire. Et donc il a fallu que je me démerde tout seul [SPEAKER_00] pour me faire réformer, j'ai j'ai, c'est une longue histoire que je ne pas raconter là, mais mais mais effectivement est [SPEAKER_00] est drôle. Non non mais ça a duré, ça a duré une semaine en fait, j'ai j'ai dit, j'ai dit que j'étais agoraphobe, [SPEAKER_00] que j'avais des énormes, travaillant de la musique électroacoustique, ce qui était absolument obscur à l'époque, [SPEAKER_00] on m'a pris pour un barge, et effectivement j'ai dit le problème c'est qu'effectivement je ne peux pas supporter [SPEAKER_01] les groupes de plus de 5 personnes ou 10 personnes, ce qui est paradoxal par rapport Est-ce que je ne sais pas si le psy t'a vu à suivre une carrière Je suis venu au avec [SPEAKER_01] des 1000000 de gens, je suis agoraphobe. [SPEAKER_01] Oui c'est ça. Attends mais, il n'y avait pas une histoire où ils t'ont couru après dans l'opéra ou je ne pas quoi, tu es sorti? Ah oui oui oui, parce qu'en fait, je devais, [SPEAKER_00] la la la [SPEAKER_00] la 1re de le, à l'opéra de Paris avait lieu en octobre et j'ai été appelé en juillet. Donc j'ai essayé d'avoir un, 1 pass et une permission pour pouvoir rentrer 3 mois plus tard. Et cette, [SPEAKER_00] cette autorisation par le ministère de la culture est arrivée très tard, et donc du coup, les les, j'étais considéré [SPEAKER_00] comme un déserteur d'une certaine manière. Et donc les les les flics venaient me chercher à l'opéra et donc avec la complicité des danseurs, des danseuses, des gens là, en fait ils me prévenaient quand [SPEAKER_00] les flics rentraient par une, par une porte et je sortais par l'autre. Ça a duré quand même comme ça une semaine, 10 jours jusqu'à ce que finalement il y ait une lettre qui me, qui me, qui me donne l'autorisation de rester jusqu'en octobre. Mais ça a été très mal vu quand même parce que je suis rentré après dans un, ils m'ont mis dans un bataillon semi-disciplinaire, [SPEAKER_00] donc c'était, c'était un peu hard, mais j'y suis resté qu'une semaine, puisque j'ai réussi à me débrouiller, [SPEAKER_00] à, [SPEAKER_00] à pouvoir sortir [SPEAKER_01] rapidement. Non parce que tu as quand même beaucoup d'humour, parce que là tu, tu ne racontes pas, mais tu as acheté un uniforme trop grand, enfin tu as acheté, tu t'es fourni un uniforme trop grand, [SPEAKER_00] J'avais [SPEAKER_01] tout gambergé en disant que tu avais balayé pendant 48 heures pour qu'il te trouve. Voilà exactement, [SPEAKER_00] exactement. Donc en fait, je me suis monté tout un scénario qui a finalement assez bien marché. [SPEAKER_01] En fait, es très bon comédien. [SPEAKER_00] Je n'en sais rien, mais enfin en tout cas, là c'était une, mais ça a toujours été, [SPEAKER_00] quand on n'a pas le choix et qu'on est quand on est le dos au mur, il faut, il faut être créatif. Bon, résultat terréformé p 4, donc là on est sûr que tu vois Exactement. [SPEAKER_01] Jamais [SPEAKER_01] rentrer dans Si je m'engage, c'est parce que je serai volontaire. Oui, c'est ça, c'est ça. Alors pour revenir à la musique, [SPEAKER_01] évidemment tu es musicien, mais on te connaît moins auteur et évidemment tes fans le savent, mais tu as aussi écrit [SPEAKER_01] pour pour d'autres et notamment pour Christophe, [SPEAKER_01] les mots bleus. Est-ce [SPEAKER_01] qu'il y a d'autres chansons que tu as écrites aussi et pourquoi tu n'as pas continué [SPEAKER_00] à écrire pour d'autres? C'est-à-dire que pour moi, étant comme tu l'as compris, [SPEAKER_00] intéressé par le son, [SPEAKER_00] moi j'ai toujours beaucoup aimé écrire et beaucoup aimé les mots pour leurs sons et pour leurs valeurs phonétiques. [SPEAKER_00] Et, [SPEAKER_00] et donc, [SPEAKER_00] j'étais [SPEAKER_00] sous contrat chez un éditeur qui était maison de disques, qui était le même que celui de Christophe, [SPEAKER_00] et on a, on s'est enfermé en studio pour, [SPEAKER_00] Christophe voulait changer un peu de, [SPEAKER_00] de, de, de, de trajet par rapport à, à, à, au chanteur de variétés qu'il était, de, d'alignes, des marionnettes, et caetera. [SPEAKER_00] Et, et donc, [SPEAKER_00] et moi j'étais très obsédé par les, les albums concepts très anglo-saxons, [SPEAKER_00] c'est-à-dire quand on parle d'album concept, c'est-à-dire non pas un album d'une, fait d'une suite de chansons, mais un album qui soit, qui raconte une histoire ou qui soit, [SPEAKER_00] qui soit un univers cohérent, [SPEAKER_00] et que toutes les chansons soient en fait liées à un concept et une Et, [SPEAKER_00] et donc du coup on s'est enfermé en studio ou, [SPEAKER_00] pour fabriquer ce qui a été le, [SPEAKER_00] le, le, le 1er des 2 albums que j'ai fait avec Christophe, qui était les paradis perdus. Et, et donc on a, [SPEAKER_00] et, et au bout d'un moment s'est posé la question de savoir, qu'est-ce qu'on allait mettre comme texte sur ces musiques? [SPEAKER_00] Et, et en fait manifestement, [SPEAKER_00] les, les, les paroliers de cette époque étaient beaucoup plus liés dans la variété et liés à la, quel que soit leur talent, liés à, à, [SPEAKER_00] à des chansons [SPEAKER_00] isolées les unes des autres, et on avait dans, et moi je, j'avais en tête et on avait en tête avec toute l'équipe, d'essayer [SPEAKER_00] d'arriver à avoir un univers qui soit cohérent du début à la fin. Et donc je m'y suis collé. Ensuite, [SPEAKER_00] il y eu après les paradis perdus, [SPEAKER_00] des chansons qui ont été des gros tubes comme Segnorita, [SPEAKER_00] et caetera, et puis il y eu [SPEAKER_00] ensuite l'album des mots bleus, et avec la même la même idée et qui nous a emmené jusqu'à un [SPEAKER_00] projet scénique [SPEAKER_00] que j'ai complètement mis en scène, qui a été une des, [SPEAKER_00] de mes premiers essais de de mise en scène, [SPEAKER_00] où j'étais très influencé à l'époque par Félini, aussi bien Félini d'un côté que de Milo, Odyssée de l'espace de Ce [SPEAKER_00] côté très opéra, [SPEAKER_00] et aussi par aussi quelqu'un qui m'a [SPEAKER_00] beaucoup beaucoup influencé, qui était Bob Wilson, Robert Wilson, qui est grand réalisateur de de de théâtre et metteur en scène de théâtre, [SPEAKER_00] et qui m'a, j'étais beaucoup inspiré toute ma vie, mais, et et donc dès dès le départ, et, et donc, [SPEAKER_00] ça ça a été ma, ma parenthèse, [SPEAKER_00] liée à la chanson, avec aussi le fait qu'ensuite j'ai, j'ai produit [SPEAKER_00] un autre chanteur qui est Patrick Juvet, où j'ai fait ce, [SPEAKER_00] notamment des des chansons comme faut pas rêver, où sont les femmes, qui est devenu le l'hymne de la gay pride, donc voilà, et qui est, où je suis parti à à Los Angeles où j'avais qui a écrit? Oui. Où sont les femmes? Oui oui. Oui. [SPEAKER_01] Je ne savais pas, c'est drôle. Et et donc on on [SPEAKER_00] on a, et donc c'était chez Barclay, Barclay et dit Barclay à l'époque m'a, m'a donné carte blanche après le succès de Christophe, [SPEAKER_00] et, et j'ai eu les budgets pour pouvoir partir à Los Angeles pour 2 albums, [SPEAKER_00] et où j'ai eu la chance de travailler avec les musiciens d'Herbie Hancock, de, de, tous les gros, les grands musiciens de Californie de l'époque, [SPEAKER_00] et qui m'a aussi beaucoup appris en termes de production, en termes de de travail de de de studio, [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] avec aussi le, [SPEAKER_00] un grand succès puisque les 2 albums ont été des des gros succès, qui, et et ensuite, parallèlement à ça, mais j'avais toujours mon idée que tout ça, c'était un peu des travaux pratiques par rapport à ce que j'avais envie de faire et que [SPEAKER_00] je je continue à expérimenter dans ma cuisine, [SPEAKER_00] et et c'est, on est en état, et on arrive après à à oxygène que j'ai fait dans dans l'anonymat le plus complet, presque comme un travail [SPEAKER_00] annexe par rapport à ce que j'étais en train de faire [SPEAKER_01] plus officiellement, je dirais. Et alors dans ta cuisine, ça m'inspire un truc, mais donc tu as enregistré, [SPEAKER_01] donc tu as une acoustique qui est particulière. [SPEAKER_00] En fait Est-ce que ça t'a posé un problème pour reproduire après, tu vois, parce que j'imagine qu'en concert, on te demande de Oui non mais Comment tu reproduis d'accoussifier Non mais en fait, en fait, là il fallait à cette époque-là un peu tout inventer, c'est-à-dire que je ne suis pas du tout posé la question quand j'ai fait oxygène, [SPEAKER_00] qu'un jour je je jouerai sur scène. Je n'en étais pas du tout là. Déjà là je faisais ce ce projet, et quand j'ai commencé à le faire, je ne savais même pas si ce projet allait sortir. Quand il a été fait, il a été refusé, donc du coup je sais, je, je, je ne savais pas du tout si [SPEAKER_00] tout ça allait m'emmener. [SPEAKER_00] Et puis on parlait de, d'Elton John tout à l'heure mais, je me souviens que le disque venait de sortir, et puis je, je me baladais avec mon éditeur et maison de disques, s'appelait Francis Dreyfus, [SPEAKER_00] et on était sur les Champs-Élysées, et on voit Elton John sortir de la, de la, de, de du disquaire qui était à l'époque sur les Champs-Élysées, avec 10 albums d'oxygène. Il me dit, lui, son franchitalisme, il me dit oui, il me dit, tu vois, je pense que ça va marcher. [SPEAKER_00] C'est génial. [SPEAKER_01] C'est génial. [SPEAKER_01] Et là, il y avait, il y avait, il y avait déjà eu le succès, c'est-à-dire que là Non, c'était c'était vraiment le tout début et ça, c'est sorti, c'est sorti en fait [SPEAKER_00] peu de temps après en en Angleterre et ça a été, [SPEAKER_00] pour moi ma, [SPEAKER_00] le le vrai démarrage de ma de ma carrière, ça a été l'Angleterre ou de depuis toujours, la l'Angleterre, [SPEAKER_00] ce qui est encore un autre paradoxe par rapport aux français qui ont toujours fantasmé sur le l'Angleterre, [SPEAKER_00] à juste titre par rapport à la musique, [SPEAKER_00] et où en fait, [SPEAKER_00] j'ai tout de suite été adopté dès oxygène par le public et et la presse anglaise. [SPEAKER_00] À la limite presque plus qu'en France encore. [SPEAKER_00] Et, et donc du coup, [SPEAKER_00] à cette époque-là, je ne posais pas du tout de question de savoir comment j'allais mettre [SPEAKER_00] cette musique [SPEAKER_00] en scène ou cette, cette musique sur scène. [SPEAKER_00] Et c'est là, c'est à la suite de, [SPEAKER_00] de ça et du 2e album aussi équinoxe, [SPEAKER_00] qui a connu à peu près le même succès, [SPEAKER_00] que je me, j'ai commencé à réfléchir sur la manière de, de, de mettre en scène et de me produire sur scène. Avec le fait que les, les, les salles à cette époque-là n'étaient pas du tout faites pour ce genre de musique. [SPEAKER_00] C'était ou des théâtres [SPEAKER_00] où on pouvait jouer du rock ou du jazz, ou des salles, ce qu'on appelait omnisports, c'est-à-dire où lundi on a le, le congrès d'un, du parti socialiste, [SPEAKER_00] le, le mardi [SPEAKER_00] matchbox, le 3e, 1 congrès tupperware et tu passes le jeudi dans un endroit qui n'est pas exactement fait pour ça. Donc du coup j'ai eu envie de, de, de, de mettre ma musique et de jouer ma musique à l'extérieur. C'est comme ça que c'est venu aussi avec le fait que, je n'avais pas été musicien, j'aurais été sans doute architecte, enfin j'aurais essayé de l'être, et que j'ai toujours vu 1 1 1 lien très fort entre l'architecture [SPEAKER_00] et la la musique, ce cette manière de de négocier avec l'espace et le temps. [SPEAKER_00] Et et et donc c'est comme ça qu'est venue l'idée de de faire des des des concerts en extérieur en en utilisant aussi, en posant une autre question qui était, si tu veux, le le fait de se dire, comment, [SPEAKER_00] je veux dire que le, d'être avec une guitare, [SPEAKER_00] batterie basse, tout ça c'est quand même assez sexy sur scène. C'est clair. Et d'être derrière son laptop ou derrière son, enfin pas sa laptop à l'époque, mais son ordinateur ou ses synthétiseurs. Ce n'est le truc le plus, le plus sexy du monde. Et donc comment arriver à faire en sorte de pouvoir, [SPEAKER_00] de pouvoir arriver à, à, une performance D'être quoi? [SPEAKER_00] De, d'être sexy sur scène. Comment être sexy sur D'une certaine manière, exactement. Et donc je me suis beaucoup, [SPEAKER_00] j'étais beaucoup inspiré à l'époque par le, l'opéra. [SPEAKER_00] En me disant, mais finalement tous ces grands compositeurs, à un moment donné, se sont entourés pour pouvoir exprimer [SPEAKER_00] leur musique d'une manière différente, avec des scénographes, avec des peintres, avec des, avec des, [SPEAKER_00] des scénaristes, [SPEAKER_00] pour des gens de lumière, pour pouvoir justement [SPEAKER_00] proposer autre chose. Et donc j'ai utilisé les technologies de mon époque, de ma génération, [SPEAKER_00] la vidéo, la lumière, le laser, et caetera, pour justement proposer un, [SPEAKER_00] 1 spectacle un peu plus total, à une époque où ça ne faisait pas du tout. En fait, j'étais le 1er à ce qu'on a, à faire ce qu'on appelle aujourd'hui du mapping par exemple, c'est la projection sur les immeubles, sur, et caetera, 1er [SPEAKER_00] concert a été place de la Concorde, et j'ai eu la surprise alors que c'était une expérimentation [SPEAKER_00] totale de mon côté, qu'un 1000000 de personnes viennent. [SPEAKER_00] Et à partir de là, les choses se sont enchaînées [SPEAKER_00] avec des, des, des gens qui m'ont proposé dans le monde de faire des concerts à l'extérieur. [SPEAKER_00] Et en fait, je n'ai jamais décidé de quoi que ce soit. C'est-à-dire que les choses sont toujours arrivées avec des propositions qu'on m'a faites quand je suis allé jouer en Chine, quand je suis allé jouer aux États-Unis, c'est à, à chaque fois des choses qu'on m'a proposées, ce n'est pas moi qui me décidais à me décider un matin en me disant je vais aller jouer devant les pyramides. C'était ma question, est-ce que tu choisis tes Jamais, ça ne m'est jamais arrivé de, ça n'est jamais arrivé de ma vie, je pense. Et c'est quoi le lieu le plus dingue où tu as fait un concert? [SPEAKER_01] Ils sont tous dingues, mais s'il y en avait un incroyable? [SPEAKER_01] Le passage de l'an 2000 quand même dans les pyramides Le passage de l'an 2000, c'était [SPEAKER_00] pour plein de raisons [SPEAKER_00] qu'on peut, qu'on peut comprendre et puis c'était après le l'attentat de Luxor, moi j'étais déjà ambassadeur de l'UNESCO, m'avait, le le le directeur général à l'époque m'avait dit, ça serait bien d'essayer de trouver quelque chose pour pouvoir arriver à, à renouer un, 1 lien avec le, le monde extérieur par rapport aux gens qui étaient complètement isolés, donc c'est parti de là. Et puis, bon mais la cité interdite effectivement en Chine, c'est aussi un autre, une autre aventure [SPEAKER_00] incroyable. [SPEAKER_00] Et puis, [SPEAKER_00] très récemment là, il y il y 15 jours, j'ai fait un, 1 concert dans un endroit extraordinaire qui est à Samarkand, qui est en, en Ouzbékistan, [SPEAKER_00] qui est l'endroit, [SPEAKER_00] qui est un, 1 endroit, c'est sur la route de la soie, c'est un, c'est vraiment un endroit entre, [SPEAKER_00] entre le, le, le, le pays musulman et le, et les pays orthodoxes, [SPEAKER_00] et qui est un endroit extraordinaire, qui ont, qu'on pourrait considérer presque comme la 8e merveille du monde. Et puis cette année par exemple, j'ai, j'ai, [SPEAKER_00] c'était un fantasme de, de, depuis très longtemps de jouer sur la place Saint-Marc à Venise, de jouer à Pompéi, par exemple, qui sont des endroits qui sont aussi [SPEAKER_00] extraordinaires. [SPEAKER_00] Donc ça serait difficile pour moi de, de choisir, mais je me sens extrêmement privilégié. Plus je vais, plus je me sens privilégiée par rapport à des, par exemple après le, la, la clôture des j o que j'ai eu le, l'honneur de, de, de clôturer l'année dernière, je ne voulais pas faire de concert cette année, parce je voulais plutôt me réserver pour l'année prochaine. Puis on m'a proposé justement des endroits comme ça incroyables, [SPEAKER_01] et donc je n'ai pas pu résister. Est-ce qu'il y a des lieux que tu as refusé? [SPEAKER_00] Non mais j'ai des lieux qui m'ont refusé. C'est-à-dire [SPEAKER_00] que par exemple au, au Mexique, il y avait un très beau projet qui était de faire un concert pendant l'éclipse du soleil, au pied de la pyramide du soleil et de la lune. Génial. À Teotihuacan. [SPEAKER_00] Incroyable. Et demande du Mexique. Et puis ça a été une saga [SPEAKER_00] incroyable, [SPEAKER_00] avec les, les, les mexicains qui ne sont pas des monstres de rigueur sur le plan de l'organisation, [SPEAKER_00] et le, le soleil n'attend pas, n'attendant [SPEAKER_00] pas, l'éclipse n'attendant pas, [SPEAKER_00] on a raté le, on a raté l'éclipse. Donc ça c'est, ça n'a pas pu se faire, pour couper, pour faire l'histoire courte. Et, et je n'ai pas pu [SPEAKER_00] manger de, de tapas pendant 2 ans après. C'est vrai, tu étais traumatisée. [SPEAKER_01] Comment tu fais pour t'adapter à ces lieux? Parce que c'est, tu l'as dit, ce n'est pas des salles de concert et c'est pour ça que c'est génial. [SPEAKER_01] Néanmoins, [SPEAKER_01] il faut brancher les trucs. Parfois, tu es en pleine nature quoi. Comment tu branches tout? Comment tu mets tes synthés, tes lasers, le son? C'est c'est c'est extraordinaire. C'est-à-dire que je ne suis pas tout seul. Non, ce que veux dire, ce n'était pas tout Combien vous êtes? Comment ça marche pour organiser tout ça? Mais en fait, [SPEAKER_00] j'ai une équipe de tueurs pour tout dire. Vraiment là aujourd'hui, une équipe, je pourrais aller sur la lune ou sur Mars avec eux, et et c'est vrai que sans, on on ne dit pas assez, mais surtout pour la scène, [SPEAKER_00] quels que soient les, quels que soient les artistes, [SPEAKER_00] sans sans sans l'équipe, on n'est rien. Je veux dire que c'est, [SPEAKER_00] en studio, peux encore débrouiller tout seul, plus ou moins, mais mais sur scène, c'est, tu dépends quand même beaucoup d'une équipe et il ne jamais, il ne faut jamais l'oublier, [SPEAKER_00] et et c'est vrai que dans mon cas, c'est encore [SPEAKER_00] plus le le cas, puisque il y a, il y a, il y a en même temps, [SPEAKER_00] souvent des problèmes qui sont logistiques, [SPEAKER_00] politiques, [SPEAKER_00] économiques, [SPEAKER_00] le fait aussi de pouvoir arriver à, à établir une relation avec l'autre équipe, l'équipe de production locale, [SPEAKER_00] qui souvent n'a, n'a aucune idée de ce qu'on va faire. [SPEAKER_00] À Saint-Marcande, il y 15 jours, 3 jours avant, le le président du pays décide de, d'aller, de visiter le, la place qui est la place de résistant, là qui est une place où où le concert va avoir lieu. [SPEAKER_00] Et donc interdit que rien ne se puisse s'installer avant 48 heures, avant 48 heures, 48 heures avant le concert. D'habitude quand on arrive, la scène déjà, [SPEAKER_00] ça fait partie des demandes de la production de notre côté, qu'ils installent déjà tout ce qui a, tout ce qui a installé sur le plan échafaudage, [SPEAKER_00] électricité, [SPEAKER_00] et caetera, électrique et tout ça. Et là, donc personne ne pouvait accéder à l'endroit 48 heures avant. Donc en 48 heures, ça a été un miracle [SPEAKER_00] qu'on puisse arriver à, à tout faire avec les problèmes de langue, avec les gens qui parlent ni le français, ni l'anglais, encore moins le français. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] c'est toujours des des [SPEAKER_01] des, c'est sportif. Et tu arrives à dormir les jours avant? Oui, je dors de mieux en mieux. C'est vrai? Oui. [SPEAKER_01] Moi je serai dans un état de de de stress. Alors c'est c'est quoi le concert où tu as accueilli le plus de monde? Tu parlais d'un 1000000 de personnes à la Concorde. [SPEAKER_00] Il y a eu toujours plus, toujours plus gros, choses extraordinaires. Tu vois, quand on dit plus plus gros, et caetera, c'est quelque chose qui ne fait absolument pas partie de mon ADN. C'est c'est un Ça s'est présenté comme ça. Oui, c'est ça, c'est c'est un, [SPEAKER_00] c'est une, c'est un malentendu total. [SPEAKER_00] Je n'ai pas du tout, [SPEAKER_00] c'est c'est ça, ce n'est jamais quelque chose qui aime, je me souviens que le le 1er concert où y avait 1000000 de personnes, je suis monté sur scène avec le le l'éditeur qui était avec moi, [SPEAKER_00] dont je parlais tout à l'heure Francis de Refus, et on a regardé, la les Champs-Élysées étaient tout noirs, et en fait j'ai cru moi c'était l'ombre du soleil qui se couchait sur les immeubles. [SPEAKER_00] Je n'ai pas réalisé que c'était du public. Je les suis, je l'ai réalisé qu'après, et c'est, c'est un peu un, 1 histoire très symbolique de ce qui a pu m'arriver, [SPEAKER_00] effectivement en, en, le plus gros concert que j'ai pu faire, c'était, alors, il y en a eu en en à Paris où il y eu 2000000 et demi de personnes qui étaient le le concert que j'ai fait pour le la les la la clôture des des du bicentenaire de la révolution, [SPEAKER_00] et puis mais le, là où il y eu plus de monde, qui est toujours, je crois, le le concert qui a réuni le plus de spectateurs, c'est à Moscou, [SPEAKER_00] et où il y a eu près de 3000000 et demi de personnes. [SPEAKER_00] Et comme disait, comme disait Fiona qui est ici, qui est ma, mon bras droit, mon bras gauche, qui est ma collaboratrice irlandaise, elle m'a dit, tu rencontres à jouer dans un, dans un endroit qui est pratiquement, où il y plus de, il y il y avait plus de monde ce soir-là que dans mon, dans mon propre pays. C'est génial. [SPEAKER_01] Ça, c'est vrai. [SPEAKER_01] Mais comment tu te sens quand tu es sur scène? [SPEAKER_01] En fait, c'est marrant, là, parles des chants, enfin, j'imagine [SPEAKER_01] être être à ta place. [SPEAKER_01] En fait, tu n'arrives même pas à distinguer cette, en fait, c'est c'est c'est une masse. Il y a peut-être tellement de monde que c'est plus stressant, enfin tu vois ce que tu Oui, mais si tu veux, je pense qu'il [SPEAKER_00] y a, [SPEAKER_00] tu, c'est aussi stressant d'être devant, [SPEAKER_00] devant des centaines de milliers de gens que devant 200 personnes. À la limite, ça l'est même peut-être plus quand tu rentres dans une pièce avec 200 personnes avec ta guitare, [SPEAKER_00] et et que tu es [SPEAKER_00] tout près du du public, [SPEAKER_00] c'est, je pense que finalement, [SPEAKER_00] ça n'a aucune importance. [SPEAKER_00] Je dirais que ça n'a aucune importance parce qu'en fait le stress est le même, [SPEAKER_00] la pression est la même et qu'au fond, c'est une alchimie qui fonctionne entre 2 entités qui sont le, le public et toi, et la scène, et ça marche ou ça ne marche pas. Et ça que le public, [SPEAKER_00] qui est 200 personnes, 2000 ou 200000, [SPEAKER_00] ça, ça ne change pas grand-chose finalement. [SPEAKER_01] Il paraît que tu as une petite superstition sur scène, tu vérifies si ça tient bien, tu tapes du pied, c'est ça? [SPEAKER_01] Tu vérifies Oui j'ai des tas de tocs. C'est quoi tes tocs? Qu'est-ce qu'on peut savoir? [SPEAKER_00] Tout, j'ai des des tas de tocs, il faut que, il faut que mes mes mes mes [SPEAKER_00] mes les instruments soient soient bien alignés, déjà je peux passer une demi-heure à à vérifier que [SPEAKER_00] le clavier soit bien aligné. [SPEAKER_00] Il [SPEAKER_00] faut que je, j'ai un lit de camp où il faut que je dorme 20, 20 minutes ou 25 minutes avant, même si c'est le, le foutoir total, mais il faut que je, donc j'ai un lit de camp parapluie, et donc je, je l'ouvre quoi qu'il arrive, il peut y avoir la guerre dehors, il faut que je dorme 20 minutes avant de, avant, avant de, Et tu y arrives? Monter sur scène, oui oui j'y arrive. Le grand entonnement, je peux, j'ai la chance de pouvoir dormir un peu n'importe quoi, peux dormir dans un fly-case, je peux dormir par terre, donc, [SPEAKER_00] donc voilà, et puis bon, plein d'autres tocs inavouables évidemment. Ah, tu ne peux pas dire quelques petits trucs moi, Non non non, voilà, non non, mais il y a, non mais Pas au contraire rien. Non, [SPEAKER_00] mais il y en a, il y en a d'autres, j'ai, j'ai aussi une panique de, [SPEAKER_00] d'oublier [SPEAKER_00] mon pantalon, par exemple. Ça m'est arrivé 2 fois [SPEAKER_00] de de de d'avoir oublié mon pantalon à l'hôtel, il y même un pompier qui est allé le chercher un jour, j'étais en survêtement et j'étais, j'avais oublié [SPEAKER_00] mes mes vêtements de scène. Donc voilà, j'ai j'ai des des tas de choses, mais qui arrivent aussi à d'autres artistes, mais enfin Oui oui bien il y a des, [SPEAKER_00] il y a des, il a il y a un certain nombre de de tocs qui évoluent avec le temps, mais mais mais oui Ça se soigne. Oui, se soigne. Tu [SPEAKER_01] parles de la Chine, de la Russie, tu es devenue aussi une star complètement mondiale. [SPEAKER_01] Comment comment on fait quand on écrit, quand on compose pour se dire je dois plaire au public français, [SPEAKER_01] anglais, chinois, russe? Est-ce que tu y penses ou est-ce que tu composes, tu donnes de toi et puis Alors ça si tu veux, c'est surtout ce qu'il ne pas faire. D'abord [SPEAKER_00] il faut, je pense qu'il faut vraiment, [SPEAKER_00] enfin ce n'est pas il faut, on fait, on fait ce qu'on veut de toute façon. Mais moi je je fais de la musique d'abord pour moi, il faut déjà que ça me plaise, et en fait, je ne pense pas vraiment, je ne pense pas du tout au public. D'ailleurs le public, si on commence à y penser, [SPEAKER_00] ça ne marche jamais pour pour pour plusieurs raisons. [SPEAKER_00] Si tu as des fans, les fans sont dans la nostalgie, [SPEAKER_00] avec l'idée que, [SPEAKER_00] ils attendent de toi ce que tu as fait, et si tu ne fais pas ce que, ce qu'ils, ce que, [SPEAKER_00] le souvenir qu'ils ont de ce que de ce que tu as fait, ils vont être déçus. [SPEAKER_00] Mais si tu le fais, ils vont se dire, c'est toujours la même chose. Donc de toute façon, tu ne t'en sors pas. Donc il ne faut surtout pas penser à ça, donc [SPEAKER_00] le le, mais mais de toute façon, je pense que [SPEAKER_00] comme [SPEAKER_00] me l'a dit Félini dans, [SPEAKER_00] au début de ma carrière, il m'a dit, moi tu sais, Jean-Michel, je pense que, donc le réalisateur italien, [SPEAKER_00] je je, en regardant en arrière, j'ai toujours pensé, c'était vers la fin de sa vie, j'ai toujours pensé que je faisais des films différents et je me rends compte que j'ai toujours fait le même film. Et je pense que c'est absolument vrai, c'est-à-dire que quoi qu'il arrive pour tous les artistes, je pense qu'on fait toujours la même chose. C'est-à-dire qu'on, on, on cesse de décliner ce qu'on appelle si on en a un, son style. [SPEAKER_00] Et que ça soit Tarantino [SPEAKER_00] ou Cold Play ou Billy Elish ou les Beatles ou, [SPEAKER_00] ou [SPEAKER_00] Soulages, [SPEAKER_00] finalement, ce sont des artistes qui nous disent toujours la même chose, ils déclinent [SPEAKER_00] ce qu'ils ont, ils ils déclinent leur ADN. [SPEAKER_00] Et donc, quoi qu'il arrive, on ne on ne ne s'échappe pas de de ce qu'on est, donc ce pas la peine d'essayer. Comment on fait pour durer? Là tu parlais de l'IA, est-ce que du coup tu t'appuies sur des technologies différentes qui évoluent aussi? [SPEAKER_00] Oui, moi de toute façon, c'est c'est, je pense que [SPEAKER_00] tu ne décides pas de durer, tu dures ou tu ne dures pas, mais je pense qu'une des, une des, [SPEAKER_00] un des éléments qui fait que tu tu restes toujours, [SPEAKER_00] ou tu continues d'avancer, c'est la curiosité, c'est le fait de [SPEAKER_00] de, [SPEAKER_00] moi je suis toujours fasciné par la par la technologie comme un comme un gamin. Et pour moi le, par exemple l'IA est une opportunité aujourd'hui, [SPEAKER_00] moi je suis un grand activiste [SPEAKER_00] par rapport à la par rapport à la technologie de manière générale, mais par rapport à l'IA, avec toutes les absurdités qu'on peut entendre aujourd'hui en disant, [SPEAKER_00] en ayant forcément cette vision, la terminator, cette vision dystopique du, du futur, [SPEAKER_00] qui est dans l'ADN humain, puisqu'on a toujours pensé que hier c'était mieux et demain ce sera pire. Et si on est là tous les 2 à se parler, c'est que finalement ça ne s'est pas trop trop mal passé jusqu'à maintenant. Tu sais c'est la, en fait la technologie qui dicte les styles. Par exemple si tu prends dans la musique, [SPEAKER_00] c'est parce qu'on a inventé le violon que Vivaldi a fait la musique qu'il a fait, c'est parce qu'on a inventé l'électricité qu'on a, qu'on a eu Chuck Berry, Gilmour ou, [SPEAKER_00] ou Billy Eilish, [SPEAKER_00] et c'est parce qu'on a inventé des, les composants électroniques que des gens comme moi ont fait la musique qu'on fait, [SPEAKER_00] et c'est parce que demain on on on découvre, [SPEAKER_00] on on on défriche [SPEAKER_00] l'IA, que des nouveaux genres musicaux vont émerger à cause de l'IA. En quoi l'IA tète par exemple ou peut t'aider, tu vois, pour Par exemple, les derniers concerts, les concerts que je fais là en ce moment, j'ai beaucoup travaillé sur l'IA, pas encore beaucoup sur le plan musical, mais énormément sur le plan visuel. [SPEAKER_00] Depuis [SPEAKER_00] très longtemps, j'ai toujours [SPEAKER_00] conçu moi toute la scénographie [SPEAKER_00] moi-même, [SPEAKER_00] et et en fait, j'ai conçu ces derniers, ces ces ces derniers projets de scénique, [SPEAKER_01] entièrement avec l'IA. C'est quoi tes tes prochains projets de concert de lieux? Alors tu dis que ça vient à toi, mais est-ce qu'il y a des, tu vois, est-ce que tu as un rêve, est-ce qu'il y un truc que tu aimerais faire ou tu dis je ne l'ai jamais fait? [SPEAKER_00] Non mais en fait, [SPEAKER_00] moi le le le le rêve que j'ai, c'est de, [SPEAKER_00] c'est un, c'est de pouvoir, c'est de pouvoir continuer, c'est-à-dire de pouvoir avoir, [SPEAKER_00] c'est une chance à, à un moment où, au parlement on parle de la réforme des retraites, [SPEAKER_00] la la beauté et le le privilège qu'on a en tant qu'artiste, [SPEAKER_00] tant que le corps vous porte, c'est de pouvoir, [SPEAKER_00] de pouvoir continuer. Je fais une toute petite parenthèse parce qu'on arrive presque à la fin, mais ta vie aurait pu être tout autre, parce que quand même ta mère t'a oublié dans un train, donc elle est heureusement remontée pour venir te chercher. C'est vrai Tu as eu la vie l'on connaît, mais ça a beaucoup, j'ai beaucoup tenté de la traumatiser, elle était un traumatisable en me disant, tu racontes des histoires, ce n'est pas vrai, j'ai fait 2 mètres dans le couloir et tu racontes maintenant que tu as été abandonné, et caetera. Je dis oui, mais enfin c'est l'intention qui, qui malheureusement compte. Oui, c'est ça. [SPEAKER_01] Bon, On arrive à la fin de l'entretien. Dans, [SPEAKER_01] demande toujours aux invités un petit conseil. [SPEAKER_01] Au vu de tout ce qu'on s'est dit, de ce que tu nous as raconté, ta carrière, tes choix, [SPEAKER_01] ton envie de continuer et de ne jamais t'arrêter, ce qui est une chance, ta raison pour un artiste, Que tu as envie de dire aux gens qui nous regardent et qui nous écoutent [SPEAKER_00] pour conclure? Est-ce que j'ai envie, ce que j'ai envie de dire, c'est c'est [SPEAKER_00] c'est en reprenant [SPEAKER_00] et en paraphrasant Cocteau [SPEAKER_00] qui disait ce qu'on te reproche, fais-le, c'est toi. C'est ce qui s'est passé avec [SPEAKER_01] oxygène, [SPEAKER_00] avec Voilà, est-ce que il continue d'ailleurs C'est vrai toujours. À être à être le cas et j'espère que ça continuera et puis c'est tout ce que je souhaite à à aux gens qui qui nous suivent, c'est le fait de de de suivre son [SPEAKER_00] son chemin et et de et de ne pas se laisser décourager par [SPEAKER_00] par l'ambiance. Et puis la dernière chose que je voudrais dire quand même, parce que c'est quelque chose qui me choque beaucoup aujourd'hui, [SPEAKER_00] c'est que je pense que j'y pense d'un coup, mais, mais à une autre chose que je voudrais partager avec les gens qui t'écoutent et qui nous écoutent, c'est le fait que [SPEAKER_00] moi je suis foncièrement contre toute forme de boycott. [SPEAKER_00] Ma ma mère justement, on en a beaucoup parlé pendant cette conversation, [SPEAKER_00] qui a été, donc comme je le disais, capturée par les nazis 3 fois de suite, qui en a beaucoup souffert, m'a m'a éduqué avec l'idée de ne pas confondre une idéologie, un peuple, de ne pas confondre justement les les, à l'époque les nazis et les allemands par exemple. Ce n'était pas si courant à cette époque-là. [SPEAKER_00] Et et quand on voit aujourd'hui [SPEAKER_00] ce qui se, ce qui se passe dans le monde avec les gens qui ont tendance à avoir le boycott facile, [SPEAKER_00] depuis le café de flore. Je pense que demain, dès qu'on pourra, il faudra aller jouer en Iran, il faudra aller jouer en [SPEAKER_00] en Corée du Sud, je pense qu'en Corée du Nord pardon, parce que je pense que la culture est un cheval de 3 et que, et qu'on ne doit pas appliquer une double punition [SPEAKER_00] aux, [SPEAKER_00] aux, aux peuples et aux populations qui déjà, sont déjà coupés la culture, coupés de musique, coupés de cinéma et qu'on ne doit pas finalement indirectement [SPEAKER_00] collaborer [SPEAKER_00] à ça. Au contraire, il ne jamais avoir peur de se faire récupérer par les gouvernements, il faut y aller parce que c'est on on n'y va pas pour eux, on y va pour les gens qui sont [SPEAKER_00] qui sont là et qui ont besoin de de Merci [SPEAKER_01] Jean-Michel Jarre pour [SPEAKER_01] tout ce que tu nous as raconté, [SPEAKER_01] ta carrière, ton enfance. Je recommande moi ce livre que j'ai découvert Mélancolique rodéo avec cette photo de toi cowboy [SPEAKER_01] costume que ton père t'a offert, c'est ça? C'est ça oui. [SPEAKER_01] Donc aux éditions j'ai lu, on apprend plein de choses sur toi, sur les débuts d'oxygène, [SPEAKER_01] sur tes concerts, [SPEAKER_01] sur les coulisses de plein de choses donc voilà. Je vous recommande et en tout cas tous Wonder, c'est tous les mardis donc je vous dis à la semaine prochaine. Salut.

Points clés

  • A vendu plus de 85 millions de disques.
  • A composé son premier grand succès, *Oxygène*, dans sa cuisine.
  • A été refusé par une dizaine de labels avant de signer pour *Oxygène*.
  • Utilise l'intelligence artificielle pour la conception visuelle de ses concerts.
  • Son obsession pour le son a débuté à 12 ans avec un magnétophone.
  • Détient plusieurs records du monde pour l'affluence de ses concerts.

À éviter

❌ Penser que la musique de Jean-Michel Jarre est entièrement générée par des ordinateurs.

✅ Bien qu'il utilise des technologies avancées, sa musique est composée et souvent jouée en direct sur des instruments électroniques comme les synthétiseurs, qui demandent une grande maîtrise technique et artistique, à l'instar d'un instrument classique.

❌ Croire qu'Oxygène a été un succès immédiat et facile.

✅ L'album a été initialement refusé par une dizaine de maisons de disques qui le jugeaient trop avant-gardiste, sans chanteur et avec des morceaux trop longs. Son succès a été une surprise totale, porté par un petit label indépendant qui a cru au projet.

Glossaire

Oxygène
Album studio de Jean-Michel Jarre sorti en 1976. Il est considéré comme une œuvre majeure de la musique électronique et son plus grand succès commercial, avec plus de 18 millions d'exemplaires vendus.
Home Studio
Studio d'enregistrement aménagé dans un lieu privé (domicile, appartement). Le concept a été popularisé par des artistes comme Jean-Michel Jarre, qui a composé *Oxygène* dans sa cuisine, permettant une plus grande autonomie créative.
Synthétiseur
Instrument de musique électronique capable de créer et de moduler des sons. C'est l'instrument de prédilection de Jean-Michel Jarre, au cœur de sa palette sonore.
Musique concrète
Genre musical expérimental qui utilise des sons enregistrés issus du réel (bruits, sons de la nature, de la ville) comme matériau musical principal, ensuite manipulé et assemblé en studio. Les premières expérimentations de Jarre avec son magnétophone s'en approchent.
Intelligence Artificielle (IA) en création
Utilisation d'algorithmes et de systèmes d'IA pour assister ou générer des œuvres artistiques. Jean-Michel Jarre l'utilise notamment pour la création de visuels et de scénographies pour ses spectacles.

Conclusion

De l'enfant fasciné par les sons d'une gare au créateur qui dialogue avec l'intelligence artificielle, Jean-Michel Jarre a bâti une œuvre en phase avec son époque, souvent en avance sur elle. Son parcours est une leçon de curiosité et de persévérance. Une démonstration que les plus grandes créations naissent souvent là où personne ne les attend : dans le bruit du monde, une cuisine aménagée ou le silence d'un désert.

Mots-clés : Jean-Michel Jarre, musique électronique, Oxygène, interview, concert, innovation musicale, home studio, synthétiseur, intelligence artificielle, Tous WONDER

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