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Clara Chapaz — 00:00
Une de mes plus fortes convictions, engagements, ça a été autour de la protection des enfants en ligne. On est un pays qui compte pour l'intelligence artificielle. C'était vraiment un moment extrêmement positif et des moments beaucoup plus durs.
Intervenant 2 — 00:10
Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule.
Intervenant 2 — 00:15
Aujourd'hui, on reçoit Clara Chapaz, ex ministre de l'intelligence artificielle
Intervenant 2 — 00:21
et du numérique. C'est un entretien exclusif parce qu'elle vient de sortir du gouvernement. Elle va nous raconter les coulisses de sa nomination, les coulisses de son départ et puis la vie qu'elle envisage
Intervenant 2 — 00:32
aujourd'hui. Tous Wonder c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube mais aussi sur toutes les plateformes de podcasts. Vous pouvez donc nous écouter, nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci aussi à notre sponsor
Intervenant 2 — 00:45
Suméria, c'est la même entreprise, la même équipe que Lydia, l'application qui permet de s'envoyer de l'argent pour partager une note au restaurant par exemple. Mais Suméria, c'est un compte courant classique avec une vraie carte bancaire,
Intervenant 2 — 00:56
que c'est un compte courant rémunéré, qui veut dire que votre argent génère de l'argent et ça évidemment on adore. Merci donc à sumeria, tous wonder c'est maintenant un épisode exclusif avec Clara Chapaz ex-ministre.
Intervenant 2 — 01:19
Clara Chapaz, merci 1000 fois d'être avec nous dans Tous Wonder.
Intervenant 2 — 01:22
C'est extraordinaire de pouvoir te recevoir quelques jours après ton départ du gouvernement.
Intervenant 2 — 01:27
Dans, on commence toujours par un point de bascule.
Intervenant 2 — 01:30
Ton point de bascule, il est très récent,
Intervenant 2 — 01:33
c'est le 5 octobre.
Intervenant 2 — 01:34
Tu es au restaurant avec ton mari, avec des copains et tu vas recevoir un appel qui va changer quelque chose et d'ailleurs parenthèse, je crois que tu prends l'appel dans un endroit assez cocasse.
Clara Chapaz — 01:45
Oui le 5 octobre je m'en souviens très bien, dimanche donc,
Clara Chapaz — 01:49
Donc on est au moment où
Clara Chapaz — 01:52
Sébastien Lecornu a été nommé 1er ministre et il doit former son gouvernement.
Clara Chapaz — 01:56
Moi j'ai été nommée ministre du numérique et de l'intelligence artificielle
Clara Chapaz — 02:01
au moment du gouvernement de Michel Barnier, donc ça fait à peu près un an que je suis dans mes fonctions et j'ai très envie de continuer à apporter les sujets et on discute un peu de la formation du gouvernement, des bruits qui courent
Clara Chapaz — 02:11
et puis tout d'un coup Sébastien m'appelle
Clara Chapaz — 02:13
donc
Clara Chapaz — 02:14
Mais la ministre m'appelle
Clara Chapaz — 02:16
donc
Clara Chapaz — 02:17
donc je quitte
Clara Chapaz — 02:18
le déjeuner et
Clara Chapaz — 02:20
le 1er ministre appelle, il faut répondre tout de suite
Clara Chapaz — 02:24
et il a quand même beaucoup beaucoup de choses à faire ce week-end-là et à la fois c'est un moment où je suis déjà très émue qu'il m'appelle et qu'il prenne le temps de le faire. Qu'est-ce qu'il va nous dire ce jour-là
Clara Chapaz — 02:34
à ce moment-là Qu'il est vraiment désolé, qu'il a adoré qu'on on travaille ensemble durant toute cette année, mais que la formation du gouvernement est est très compliquée et que malheureusement on ne va pas pouvoir
Clara Chapaz — 02:45
continuer ensemble
Clara Chapaz — 02:47
et je trouve que c'est c'est vraiment à son image de prendre le temps de le faire.
Clara Chapaz — 02:51
En fait il a quand même
Clara Chapaz — 02:53
la responsabilité d'un pays entière sur ses épaules, on le sait par la suite ce qui s'est passé, une situation politique
Clara Chapaz — 02:59
particulièrement complexe à gérer et il prend quand même ces quelques minutes pour appeler, pour expliquer, pour témoigner aussi de sa bienveillance,
Clara Chapaz — 03:06
de son écoute dans la période. D'ailleurs il me dit
Clara Chapaz — 03:09
voilà j'ai envie qu'on qu'on qu'on de t'aider, qu'on reste bien sûr en contact et et depuis d'ailleurs il il l'a fait.
Clara Chapaz — 03:17
Et en même temps,
Clara Chapaz — 03:19
on est dans un moment où oui tout s'arrête un peu. On est tellement
Clara Chapaz — 03:23
dans un des fonctions
Clara Chapaz — 03:25
plus grandes que soi, dans lesquelles il y a des 1000000000 de choses à faire, dans j'ai mis énormément de conviction, d'énergie qu'on a envie de porter et on se dit mince c'est c'est fini. Ça s'arrête. Oui, c'est fini, cette période-là est finie. Et là, à ce déjeuner, j'imagine que bien sûr tu le dis, tu en parlais avec ton mari, avec vos amis,
Intervenant 2 — 03:43
ça va être une période qui est très particulière puisque tu sais que tu es sur un siège éjectable.
Clara Chapaz — 03:47
Ce sont les métiers quand même où tu tu tu peux partir du jour au lendemain en fait. Oui c'est pour ça d'ailleurs que ce n'est pas un métier, c'est vraiment des fonctions, des responsabilités qu'on te confie et je pense qu'il faut le voir comme tel. Il y beaucoup de ministres qui disent moi je m'installe pas dans mon bureau parce que ça peut s'arrêter à tout moment. C'est de toute façon cette sensation-là que j'ai eue quand Michel Barnier, 1er ministre
Clara Chapaz — 04:06
me fait l'honneur de de de me proposer de rejoindre son gouvernement.
Clara Chapaz — 04:10
La situation politique est déjà très instable, donc je sais que ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Donc toute l'année on a ce sentiment-là, après c'est sûr qu'entre l'imaginer
Clara Chapaz — 04:19
et quand ça arrive vraiment, ce n'est forcément pas la même émotion, pas le pas le même sentiment. Je ne pense pas qu'on peut être préparé à que quelque chose qu'on adore s'arrête tout d'un coup. Ouais, c'est quand même dur. Mais
Clara Chapaz — 04:30
mais c'est sûr que ça fait partie du jeu, ça fait partie du jeu. Quand on est ministre, il y tout un face, il y a tout un, tu as une équipe autour de toi et et puis tout d'un coup tout ça s'arrête en fait. Oui super. Tu perds ton équipe aussi, tu perds Ouais c'est c'est très juste. En fait les les on ne sait pas toujours, mais les les collaborateurs sont liés à à la personne et pas à la fonction. Donc quand ça s'arrête pour nous, ça s'arrête pour eux. Et c'est vrai que c'est une des premières pensées que j'ai eues. En fait on vit des choses tellement folles, tellement intenses ensemble et puis on a vécu des moments
Clara Chapaz — 05:02
d'excitation
Clara Chapaz — 05:04
absolue, l'organisation du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle qu'a
Clara Chapaz — 05:08
qu'a voulu président de la République ici en France, le monde entier pour parler d'IA, enfin c'était vraiment un moment extrêmement positif
Clara Chapaz — 05:15
et des moments beaucoup plus durs.
Clara Chapaz — 05:17
Dans le courant de l'été, je ne sais pas peut-être
Clara Chapaz — 05:19
tu t'en souviens
Clara Chapaz — 05:21
Jean-Port Manœuvre, Raphaël Graven est mort en ligne sur Kick et ça a été notre 1re vraie crise
Clara Chapaz — 05:27
où on arrive le matin au bureau avec la boule au ventre à se dire
Clara Chapaz — 05:32
déjà il faut comme dans toute crise comprendre ce qui se passe, qu'est-ce qu'on peut faire, comment gérer les médias et ça ça rapproche une équipe comme jamais parce qu'on est tous dans ce bateau, dans la tempête et et on a envie d'apporter des réponses aux Français qui découvrent un truc complètement
Clara Chapaz — 05:47
horrible et qui se disent, mais ce n'est pas possible, il se passe des choses comme ça en ligne et le monde entier
Clara Chapaz — 05:52
se braque vers nous avec plein de questions et on a envie d'apporter des réponses. Donc quand on a vécu ces moments aussi forts
Clara Chapaz — 05:58
et qu'on se dit après ce coup de fil, mais du coup ça s'arrête et et j'ai l'impression de les laisser tomber eux en fait Je comprends. Au-delà de moi. Et d'ailleurs le le le soir même on on je leur ai proposé qu'on se réunisse dans mon bureau pour regarder ensemble les annonces du gouvernement sans
Clara Chapaz — 06:14
nécessairement leur dire à ce moment-là quelques heures avant que Tu leur avais dit que ça s'arrêtait Non pas j'ai attendu de les avoir dans le bureau
Clara Chapaz — 06:21
pour pouvoir leur dire et pour pour pour qu'on soit tous ensemble parce qu'en fait ce n'est pas que le ministre, c'est toute l'équipe.
Intervenant 2 — 06:26
Il y eu des larmes, les gens s'y attendaient, comment ça s'est passé Oui beaucoup de déception,
Clara Chapaz — 06:31
le sentiment qu'on qu'on qu'on ferme un chapitre et puis en même temps
Clara Chapaz — 06:35
j'ai eu l'immense chance de travailler avec des gens tellement engagés
Clara Chapaz — 06:38
sur leur sujet, sur sur l'action publique, sur l'action politique.
Clara Chapaz — 06:42
Je sais que le spectacle
Clara Chapaz — 06:44
actuel
Clara Chapaz — 06:45
ça fait poser pas mal de questions
Clara Chapaz — 06:48
à chacun, à chacune sur est-ce que vraiment la politique a encore du sens, est-ce que l'action publique ça sert à quelque chose, est-ce que Mais en fait dans dans dans cette année au gouvernement, dans mes 3 années précédentes dans l'administration, j'ai rencontré des personnes incroyables qui ont un engagement mais mais de dingue qui ont envie de de de faire en sorte que notre pays avance.
Clara Chapaz — 07:08
Et donc je pense qu'un peu eux comme moi, on est à la fois très déçu et on se dit il faut y aller quoi, il faut continuer à s'engager, il faut trouver d'autres manières de de de porter les sujets parce que parce qu'il y a encore tellement à faire. Donc tu dis tu as rencontré des gens extraordinaires,
Clara Chapaz — 07:23
ça ne t'a donc pas écoeuré Pas du tout. Ouais, je sais qu'en ce moment on se pose beaucoup de questions.
Clara Chapaz — 07:28
Est-ce que les gens sont assez écoeurés, comment ça fonctionne Quoi, Est-ce qu'il y autant de de haine, de violence, l'incapacité de se mettre d'accord
Clara Chapaz — 07:36
Oui, je je ne suis pas naïve, je je je vois tout ça, je comprends ces doutes-là,
Clara Chapaz — 07:41
je comprends ces ces incompréhensions
Clara Chapaz — 07:43
que parfois peuvent avoir les gens que je rencontre au quotidien. Moi j'ai grandi dans un village de 700 habitants,
Clara Chapaz — 07:49
j'avais
Clara Chapaz — 07:50
organisé avec le maire que tout mon cabinet puisse venir passer une journée un peu en séminaire pour qu'on puisse à la fois passer du temps ensemble, réfléchir à ce qu'on voulait faire et puis aussi prendre un temps d'échange avec avec le maire du village, se rendre compte que c'est la politique
Clara Chapaz — 08:05
dans un 1 tout petit village à toute petite échelle et ce que parfois on décide tout en haut comment ça arrive dans le quotidien concret d'un maire. Et c'est plutôt les gens du quotidien qui ne comprennent ce qui se passe Et on avait eu cette conversation et et et
Clara Chapaz — 08:18
et le maire disait que parfois il a le sentiment qu'on prend des décisions sans se rendre compte de comment lui ça fonctionne. Ça crois. Ça je l'entends.
Clara Chapaz — 08:25
Je je je pense qu'en tout cas il faut tout faire pour que ça ne soit pas vrai. Il faut absolument qu'on passe le plus de temps possible sur le terrain à comprendre.
Clara Chapaz — 08:34
On en parlera certainement mais j'ai eu une de mes de mes plus fortes convictions, engagements ça a été autour de la protection des enfants en ligne et et je me souviens d'un moment avec mon cabinet où je leur dis, mais en fait ça fait quelques semaines qu'on parle de ce sujet et je ne suis pas encore confrontée à des enfants et je, comment vous voulez que j'ai un avis sur ce qu'il faut faire sur les réseaux sociaux ou la pornographie en ligne si j'en parle pas avec les personnes les plus concernées. Bien sûr. Et donc on a organisé plein de consultations.
Clara Chapaz — 09:00
Il y a d'ailleurs,
Clara Chapaz — 09:02
pas tout le monde le sait, mais il y a beaucoup de jeunes qui sont très engagés dans ce qu'on appelle les conseils municipaux des Donc on en a fait quelques-uns qui sont élus du coup qui représentent une action publique dans leur ville et on est allé à leur rencontre dans plusieurs villes et et de pouvoir échanger avec eux sur ces problématiques de réseaux sociaux, de la place que ça a dans leur vie avec des moments parfois très durs. Ça c'est important ouais. J'ai des des jeunes qui m'ont dit moi j'ai j'ai perdu un ami qui s'est donné la mort parce qu'il
Clara Chapaz — 09:27
s'est retrouvé dans une situation d'enfermement sur les réseaux sociaux Il se confondait ça.
Clara Chapaz — 09:31
Sûr bien sûr. En fait c'est extrêmement important et je pense que dans tout ce qu'on fait on doit garder ce lien permanent
Clara Chapaz — 09:36
entre
Intervenant 2 — 09:38
la technique de de de l'action publique, mais surtout le concret de ce comment les gens le vivent au quotidien. On va parler après du coup des grands projets et de ce que tu penses de ce qu'on peut faire. Peut-être revenons à la jeunesse, donc tu as été ministre pendant un an, c'est ça Un an. Pendant un an. Est-ce que, avant de nous parler de ta nomination, est-ce que tu peux nous faire un peu ton rapport d'étonnement C'est-à-dire comment
Intervenant 2 — 09:57
ça s'est passé Le bureau, le truc, tu vois, est-ce qu'il y du protocole Est-ce que tu peux nous raconter des trucs qu'on ne sait pas quoi
Clara Chapaz — 10:05
Alors
Clara Chapaz — 10:06
commencer à devenir ministre, c'est forcément très vertigineux parce que c'est des responsabilités énormes pour son pays.
Clara Chapaz — 10:12
Moi j'ai passé une dizaine d'années dans le secteur privé, je m'occupais de différentes entreprises technologiques, j'étais à l'étranger assez longtemps
Clara Chapaz — 10:19
en Asie du Sud-Est, à Bangkok, à Hong Kong,
Clara Chapaz — 10:22
aux États-Unis et quand je suis rentrée en France j'ai eu envie de m'engager pour mon pays, donc je l'ai d'abord fait dans l'administration.
Clara Chapaz — 10:28
Et puis c'est vrai que quand on reçoit ce coup de fil,
Clara Chapaz — 10:31
on se dit
Clara Chapaz — 10:33
c'est c'est c'est c'est un honneur, c'est Ça fait 36 ans J'avais 35 ans à l'époque 35 ans.
Clara Chapaz — 10:39
Puis j'étais enceinte de 8 mois. Ouais alors ça ça il faut que tu me raconte après.
Clara Chapaz — 10:43
C'est c'est autre chose, ce que j'ai d'ailleurs
Clara Chapaz — 10:46
dit au 1er ministre Michel Barnier
Clara Chapaz — 10:48
avant qu'on se voit lundi,
Clara Chapaz — 10:51
il y a quand même un truc que j'ai oublié de dire à votre directeur de cabinet et en fait vous allez le voir lundi, c'est que je suis enceinte genre très très enceinte quoi genre en fait vous allez le voir parce que ça fait 8 mois. Et je lui ai dit, cette conversation est entre nous 2 et je comprendrais sincèrement
Clara Chapaz — 11:06
si du coup vous changez d'avis. Enfin je pense qu'il n'y a pas une entreprise privée
Clara Chapaz — 11:10
qui m'aurait
Clara Chapaz — 11:12
nommée, enfin embauchée à 8 mois de grossesse nulle part enfin ça n'existe pas encore. Ouais ouais c'est clair. Et maintenant c'est la
Clara Chapaz — 11:19
chose plus formidable qu'on peut faire. Donc
Clara Chapaz — 11:22
c'est génial, félicitations.
Clara Chapaz — 11:24
Je trouve que quand même on oublie que
Clara Chapaz — 11:27
voilà le le le président de la République a a aussi porté ça, de mettre des personnes qui n'étaient pas des des politiques de carrière
Clara Chapaz — 11:34
dans des responsabilités comme celle d'être ministre, une femme enceinte de de 8 mois de grossesse
Clara Chapaz — 11:39
et c'est ça aussi moderniser l'engagement politique et et je trouve que c'est formidable et j'espère que ça a été enfin je je crois que je sais que ça a été un peu parce que j'ai reçu tellement de messages de femmes
Clara Chapaz — 11:49
toutes plus touchants les uns que les autres qui disaient que parfois ils ont hésité à prendre un poste, ils ont hésité à dire ce qu'ils voulaient parce qu'elles se disaient je suis enceinte, ce n'est pas le moment et qui me dit mais quand on t'a vu là, on s'est dit mais en fait il faut croire en nous quoi. C'est clair. On y va, tout est possible. Prends tes fonctions et là comment ça va s'organiser parce qu'en fait tu peux accoucher du jour au lendemain. Oui oui c'est vrai,
Clara Chapaz — 12:12
c'est tout à fait juste et d'ailleurs quand on est ministre, on est
Clara Chapaz — 12:17
encadré par un officier de sécurité
Clara Chapaz — 12:21
au cas où il peut se passer quelque chose, on ne sait jamais, ça fait partie, c'est comme ça, c'est c'est c'est le cadre. Et du coup ça fait partie des choses où ils nous disent, alors nous ça fait longtemps qu'on fait ça, mais ou moins longtemps pour certains, mais mais gérer une urgence maternité on n'a jamais fait.
Clara Chapaz — 12:38
Et oui oui à chaque fois qu'on se déplaçait,
Clara Chapaz — 12:41
on a fait beaucoup de déplacements en région dans dans ce 1er mois, j'étais à Marseille, j'étais à Grenoble.
Clara Chapaz — 12:47
Il a aussi un autre une autre fonction qui est le chef de cabinet, donc qui organise la vie du cabinet, l'avis du ministre des déplacements. Et et
Clara Chapaz — 12:54
du coup, il prévenait la maternité du coin pour dire j'ai j'ai cette ministre enceinte là au cas où, on ne sait jamais, je n'ai pas en déplacement Mais ça fait combien de déplacements enceinte de 8 mois Je ne pas beaucoup beaucoup. Je me rappelle de d'un d'un d'un moment assez particulier
Clara Chapaz — 13:10
où
Clara Chapaz — 13:11
il y avait un 1 grand événement
Clara Chapaz — 13:13
où où étaient rassemblés beaucoup d'entrepreneurs francophones dans le cadre de sommet de la francophonie
Clara Chapaz — 13:18
à station f. C'est peut-être le seul moment où j'ai eu un petit peu un peu peur je crois que je peux dire pas et et le président venait
Clara Chapaz — 13:26
déambuler dans l'événement et échanger avec un certain nombre d'entrepreneurs.
Clara Chapaz — 13:30
Et comme souvent quand il se déplace il y beaucoup beaucoup beaucoup de monde et donc on était dans les allées de de de stations f
Clara Chapaz — 13:38
complètement débordées de personnes. Moi j'étais là. Pour le coup, ce n'était pas en déplacement, mais c'était quand même sur le terrain. Et et là quand même, ça chahutait pas mal et je me suis bien dit à mon officier de sécurité, je je je commence à me dire que là, ça devient un peu trop le chahut. Qu'est-ce qu'on fait Il ne fallait pas se faire bousculer.
Clara Chapaz — 13:54
Donc à part ce moment-là ça va. En fait j'avais une approche assez,
Clara Chapaz — 13:58
je sais que ça paraît peut-être un peu dingue mais je me disais comme tout est très instable et que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment, je ce qui m'inquiétait le plus c'est de me dire que j'allais accoucher trop vite.
Clara Chapaz — 14:08
Ce qui qui voilà je ne sais pas si c'est bien ou pas bien. Je me
Clara Chapaz — 14:13
disais il faut que je m'installe, il faut que je prenne mes marques,
Clara Chapaz — 14:16
il y le sommet de l'action pour l'IA dans quelques mois.
Clara Chapaz — 14:19
Donc je ne peux pas voilà, là je peux pas coucher maintenant quoi, enfin ce n'est pas possible.
Clara Chapaz — 14:24
Et je voulais voilà vraiment faire avancer les sujets le plus possible
Clara Chapaz — 14:28
et avoir le temps aussi d'organiser
Clara Chapaz — 14:30
les quelques semaines où je ne serai pas là pour que pour que mon cabinet ne subisse pas, subisse pas ce moment-là. C'était ça en fait qui me me préoccupait le plus. Ah oui c'est incroyable.
Clara Chapaz — 14:39
Et je me rappelle de
Clara Chapaz — 14:41
la veille de de mon que bref pour des raisons médicales j'ai j'ai eu un accouchement programmé et
Clara Chapaz — 14:48
et la veille de mon accouchement j'étais en train de finir un papier que je je suis passé aux équipes du président au président sur le sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle. Et y avait une réunion le lendemain à l'Elysée
Clara Chapaz — 14:59
et
Clara Chapaz — 15:00
et je dis il faudrait m'envoyer un lien visio parce que je serai à la maternité et Tu voulais faire un visio à la mater.
Clara Chapaz — 15:07
Et la la conseillère en charge du président me dit, enfin vous faites bien sûr ce que vous voulez, mais mais de femme à femme,
Clara Chapaz — 15:15
je ne pense pas que non. Enfin je je ne pas que ça finisse vous allez accoucher.
Clara Chapaz — 15:20
Et en fait là j'ai pris conscience du truc. En fait jusque jusque vraiment quelques heures avant je
Clara Chapaz — 15:25
j'étais tellement focalisée sur organiser,
Clara Chapaz — 15:28
faire en sorte d'avoir bien structuré ce que je devais faire,
Clara Chapaz — 15:32
pris mes dossiers en main que j'avais un peu oublié que j'allais accoucher quoi. Et donc c'est la veille trop tard ce soir-là alors que le lendemain je partais avec ma petite valise à la maternité que je me dit ah oui en fait je vais accoucher quoi. Est-ce qu'à un moment quand même tu as réussi à se mettre dans cette bulle de la naissance
Clara Chapaz — 15:47
Oui je pense qu'en fait après cette conversation avec cette conseillère, je ne jamais dit d'ailleurs je ne sais pas si elle s'en rappellera si elle nous écoute.
Clara Chapaz — 15:53
Mais ça m'a fait le déclic de
Clara Chapaz — 15:56
ok en fait là
Clara Chapaz — 15:59
en plus j'avais décidé de ne prendre beaucoup de temps mais ce temps-là je vais je vais un peu me créer ma ma petite bulle pour accueillir cet enfant. Tu as réussi quand même. Et après tu tu as eu un congé mat Comment on fait quand on est ministre et qu'on vient d'accoucher Oui alors je n'étais pas la 1re donc déjà ça ça a été un truc de de dingue le nombre de femmes ministres qui ont accouché. On n'est pas non plus très nombreuses, mais il y en a quelques-unes
Clara Chapaz — 16:21
qui qui m'ont écrit pour me dire si tu veux en parler, si tu as envie que je te partage mon expérience, si tu as besoin de conseils. Dès que j'étais nommée en fait, je trouvais que c'était génial. Sympa. Ouais ce côté très sororité.
Clara Chapaz — 16:32
Il y a vraiment beaucoup qui m'ont tendu la main pour m'aider à réussir. Qui sont les ministres par exemple qui ont tendu le c'est vrai. Ouais. Elisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher,
Clara Chapaz — 16:41
Marlène Schiappa qui avait accouché,
Clara Chapaz — 16:43
Olivia Grégoire aussi qui avait accouché, Sarah El Haïry qui avait accouché aussi. En fait toutes ces femmes m'ont tendu la main pour je pense déjà m'aider à atterrir et puis pour celles qui avaient eu cette expérience d'accoucher au gouvernement, me simplement aussi me partager comment elle l'avait vécu. Et ça c'était c'est c'était assez assez chouette quoi. C'est chouette parce que même dans les entreprises parfois ça n'arrive pas. Non. Donc c'est vrai qu'on ne s'attend pas à ce que ça arrive au
Intervenant 2 — 17:07
gouvernement quoi.
Clara Chapaz — 17:08
Et alors du coup donc tu as eu très très peu de temps finalement, tu as repris tout de suite comment En fait chacun et je pense qu'il faut pas se dire il faut faire ci, il faut faire ça, chacun fait un peu comme il veut et s'organise comme il veut, ce n'est pas prévu de toute façon, donc on fait ce qu'on peut.
Clara Chapaz — 17:22
Moi je venais de commencer, j'ai été nommée un 21 septembre, mon fils est né le 21 octobre, vraiment pile un mois. Un mois. Et
Clara Chapaz — 17:29
donc j'ai j'ai voulu prendre le plus court possible parce que je voulais revenir tout de suite aux affaires et et être
Clara Chapaz — 17:35
être en
Clara Chapaz — 17:36
charge de de des responsabilités qu'on m'avait confiées. Donc j'ai pris quelques semaines, 2 semaines. Oui 2 semaines de congélation. Et et après je suis revenue et et mais mais je n'ai pas de regrets enfin c'est ma décision.
Clara Chapaz — 17:48
Je comprends qu'elle puisse choquer. C'était d'ailleurs quelque chose qui était assez difficile à gérer avec mon équipe. On savait, on on disait que quoi qu'on dise
Clara Chapaz — 17:55
parce que tout est forcément commenté,
Clara Chapaz — 17:57
ça serait commenté. Soit c'était trop court, on allait me dire c'est trop court, ce n'est pas un bel exemple à donner, soit c'est trop long. Parce que ça d'ailleurs c'est une anecdote
Clara Chapaz — 18:05
folle mais quand j'ai été nommée donc ministre,
Clara Chapaz — 18:09
quand on arrive dans les dessous,
Clara Chapaz — 18:12
quand on arrive pour le le 1er conseil des ministres, il y a beaucoup de journalistes là dans la cour du palais de l'Elysée
Clara Chapaz — 18:17
qui nous prennent en photo et donc moi je suis énorme. Et il y a une vidéo qui est devenue virale sur TikTok
Clara Chapaz — 18:23
où je suis donc,
Clara Chapaz — 18:25
on voit que je viens d'être nommée et on voit que je suis très enceinte. Et la légende c'est un truc du type,
Clara Chapaz — 18:31
encore quelqu'un qui a trouvé moyen
Clara Chapaz — 18:33
de
Clara Chapaz — 18:35
en gros de trouver un emploi fictif parce que
Clara Chapaz — 18:39
payer par nos impôts,
Clara Chapaz — 18:41
c'est inadmissible de nommer une femme ministre enceinte.
Clara Chapaz — 18:45
Et les commentaires et TikTok c'est un réseau social de jeunes. Bien sûr. C'était quoi les commentaires Et les commentaires,
Clara Chapaz — 18:51
le nombre de gens qui disaient c'est c'est pas possible de donner des responsabilités comme ça à une femme enceinte. Mais non. Ah super, elle va prendre un congé mat,
Clara Chapaz — 19:01
ceci cela,
Clara Chapaz — 19:02
c'est complètement irresponsable.
Clara Chapaz — 19:04
Le nombre de commentaires et ça c'est vrai que ça m'avait assez choqué ce que
Clara Chapaz — 19:10
en fait de de de de déjà de basculer dans le fait de devenir quelqu'un de public, j'avais déjà un rôle un peu public à la french tech mais là c'est quand même un autre niveau. Et surtout de voir à quel point on on on a encore dans beaucoup de parts de la société y compris chez les plus jeunes.
Clara Chapaz — 19:25
Voilà ce cet
Intervenant 2 — 19:26
inconfort entre des jeunes femmes qui prennent des responsabilités Et puis les gens n'imaginent pas que tu, enfin je pense que
Clara Chapaz — 19:33
n'ont pas imaginé une seconde que la ministre puisse lire leurs commentaires. Sauf que tu les as lus et tu étais enceinte de 8 mois donc ce n'est pas Et ça pour boucler avec avec mon portefeuille, les sujets que j'ai j'ai portés dans ces fonctions que je continuerai à porter. Je crois que c'est peut-être une des choses dont on prend de plus en plus conscience
Clara Chapaz — 19:50
dans dans le monde actuel, c'est que ces outils numériques qui sont des espaces incroyables de liberté, d'émancipation,
Clara Chapaz — 19:56
enfin je veux dire les les printemps arabes ont été permis par internet C'est vrai.
Clara Chapaz — 20:02
D'accès à l'éducation,
Clara Chapaz — 20:04
enfin d'accès à ce type de contenu qui n'existait pas il y il y a pas il y pas si longtemps que ça. Mais ont aussi des dérives folles et une des dérives c'est sûr que c'est
Clara Chapaz — 20:12
ce sentiment parce qu'il y a il n'y a pas d'impunité en ligne quand il y a des cas très graves de cyberharcèlement, il y a des procès qui sont menés, c'est une bonne chose et et et et et
Clara Chapaz — 20:22
et il y a des sanctions parfois très lourdes.
Clara Chapaz — 20:25
Mais ce sentiment d'impunité
Clara Chapaz — 20:27
de ce qu'on dit derrière un écran
Clara Chapaz — 20:30
fait partie des dérives, fait partie des dérives qui,
Clara Chapaz — 20:33
c'est des choses qu'on dit qu'on dirait jamais dans la rue comme ça à quelqu'un,
Clara Chapaz — 20:37
non mais qu'est-ce que tu fais là
Clara Chapaz — 20:40
enceinte, ministre ce n'est pas normal Bien sûr. Et puis si tu es dans du vocabulaire beaucoup moins beaucoup moins poli que tu Pleurerie comme on dit. Et
Clara Chapaz — 20:48
et et ça fait partie notamment
Clara Chapaz — 20:50
des gros problèmes des réseaux sociaux chez les plus jeunes Bien sûr. Ou quand on est à un âge je suis près de 35 ans maintenant 36,
Clara Chapaz — 20:58
bon ça fait un peu bizarre mais c'est surtout que ça me ça me fait dire ok il faut être encore plus ferme sur les politiques d'égalité femmes hommes, je cherche des solutions. Bien sûr. Quand on est un ado, une ado en train de se construire et qu'on subisse ce type de de campagne de cyberharcèlement,
Clara Chapaz — 21:14
c'est dramatique sur la santé mentale de nos enfants. Et ces effets-là, je pense qu'on on ne les mesurait pas du tout il y a 15 ans quand les réseaux sociaux sont arrivés dans nos vies Et aujourd'hui
Clara Chapaz — 21:23
fort heureusement et le président a impulsé beaucoup sur cette question-là avec des scientifiques incroyables, je pense à Servan Mouton, à Amin Benyamina, gens que j'ai rencontrés dans mes fonctions qui qui font un travail de recherche pour montrer l'addiction
Clara Chapaz — 21:36
aux aux écrans, aux réseaux sociaux, l'impact sur la santé mentale, le développement, le les troubles du sommeil. Ils ont fait tout ça dans ce qu'on a appelé une commission écran avec des chercheurs pluridisciplinaires
Clara Chapaz — 21:46
de partout. Et aujourd'hui on on le sait que ce type de phénomène, l'accès à des contenus pas du tout adapté
Clara Chapaz — 21:53
pour pour les jeunes pornographie on en reparlera peut-être, voire pire des des vidéos de de mutilation enfin tout tout tout, on trouve tout en fait voilà. Et
Clara Chapaz — 22:03
puis juste
Clara Chapaz — 22:05
le fonctionnement des réseaux eux-mêmes, enfin on en fait on en fait tous en tant qu'adulte l'expérience,
Clara Chapaz — 22:09
on est incapable de se concentrer plus de 5 minutes,
Clara Chapaz — 22:12
on tourne en boucle parfois on se retrouve à scroller pendant des heures. Tout ça chez des ados en construction, c'est explosif.
Clara Chapaz — 22:20
Et c'est pour ça que j'ai porté beaucoup la question de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans parce qu'avec les échanges avec les jeunes dont je parlais tout à l'heure,
Clara Chapaz — 22:27
avec les chercheurs,
Clara Chapaz — 22:29
avec
Clara Chapaz — 22:30
les différents politiques, je me suis beaucoup investie au niveau européen sur cette question. Je pense qu'il y a urgence
Clara Chapaz — 22:36
à ce qu'on protège les plus jeunes de de de ces dérives-là. Mais on sent que tu as envie de continuer à t'investir.
Clara Chapaz — 22:42
Ouais bien sûr. Je que quand on a eu l'honneur d'avoir
Clara Chapaz — 22:46
eu ces responsabilités-là
Clara Chapaz — 22:48
pour son pays,
Clara Chapaz — 22:50
en fait ça nous oblige à continuer à à avancer.
Clara Chapaz — 22:53
Et d'ailleurs j'ai dit ça à mon cabinet quand on on s'est réuni pour regarder les nominations ce fameux 5 octobre,
Clara Chapaz — 23:00
je dis voilà je je pense que on dans une vie politique il y des moments où ça marche comme on veut, y a des moments où ça ne marche pas mais c'est pas pour ça qu'on abandonne les combats et que ça soit moi, que ça soit eux, je je sais qu'on restera engagé et oui, je vais être engagée jusqu'au bout. Tu as envie de continuer Il y a une question que je me suis posée en préparant l'émission, c'est toi tu viens du du privé aussi de l'univers des start-up
Intervenant 2 — 23:21
et puis tu arrives dans le public où tout est plus lent.
Intervenant 2 — 23:24
Est-ce que ça ne t'a pas rendu dingue Enfin juste on est presque entre nous, tu vois j'ai envie te dire Presque entre nous. Presque. Ça ne t'a pas rendu dingue parce que ce n'est quand même pas tout à fait la la la même force de frappe quoi. C'est sûr que les passages de
Clara Chapaz — 23:37
start-up à administration,
Clara Chapaz — 23:40
il faut une petite capacité d'adaptation.
Clara Chapaz — 23:42
Après moi j'ai toujours adoré
Clara Chapaz — 23:44
changer les règles, changer les univers, c'est pour ça aussi que j'ai passé du temps à l'étranger,
Clara Chapaz — 23:49
la Thaïlande à Hong Kong, changer de métier, reprendre des études. J'aime bien être dans l'inconfort. Après je pense qu'il ne faut pas être
Clara Chapaz — 23:56
caricatural, je trouve dans le débat public aujourd'hui c'est difficile d'avoir une 1 parole nuancée.
Clara Chapaz — 24:02
Oui c'est c'est c'est bien sûr c'est beaucoup plus long que dans une start-up.
Clara Chapaz — 24:06
Mais il y a aussi des choses qui marchent vachement bien.
Clara Chapaz — 24:08
Quoi Par exemple, moi je trouve qu'une une des choses très concrètes qui marchent bien c'est on pose les idées par écrit. On le fait très rarement dans une start-up parce qu'on ne prend pas le temps et du coup une décision prise dans une start-up là dans un coin de table autour d'un café entre moi et mon CEO par exemple quand j'étais chez Evester Collectif, ça nous arrive plusieurs fois, on est hop hop on va faire ça, de toute façon il faut faire ça tout de suite parce que je ne sais pas il faut
Clara Chapaz — 24:30
réagir à un concurrent qui vient de ne dire jamais ou je ne sais En fait comme on on la prend comme ça à 2 et qu'on ne pose pas les choses, finalement le temps d'aligner l'organisation et que les choses soient comprises par tout le monde,
Clara Chapaz — 24:42
on perd parfois plus de temps parce qu'on réexplique, parce qu'en fait c'est mal exécuté, parce que ça a été mal communiqué, mal compris.
Clara Chapaz — 24:49
Alors que dans l'état,
Clara Chapaz — 24:51
comme on travaille beaucoup par écrit, c'est vraiment
Clara Chapaz — 24:54
un exemple micro que je donne mais mais je crois que ça change quand même pas mal la culture des et qu'on fait ces fameuses notes, une note attention du ministre c'est les les les administrations,
Clara Chapaz — 25:03
donc les agents de Bercy qui prennent le temps de rédiger
Clara Chapaz — 25:08
sur 2 pages leurs pensées sur une problématique. Donc par exemple ça peut être
Clara Chapaz — 25:13
là très dernièrement on organisait un sommet
Clara Chapaz — 25:16
sur ce qu'on appelle la souveraineté numérique avec les Allemands. Donc les agents de de en charge de ces sujets-là, de partenariat européen
Clara Chapaz — 25:25
et de numérique dans le ministère de l'économie
Clara Chapaz — 25:28
ont partagé une note de 2 pages de voilà quelle position de fond on pense pouvoir porter avec les Allemands et pourquoi voilà quoi pourrait ressembler Et du coup tu recevais combien de notes Tout est très structuré. Tout
Clara Chapaz — 25:38
nous est imprimé. Ah oui. À l'ancienne.
Clara Chapaz — 25:41
Alors moi aussi je me suis C'est drôle pour la mise du numérique.
Clara Chapaz — 25:44
Oui c'est sûr que quand c'est une mise du numérique et de l'IA et qu'on arrive avec son gros dossier et je dois dire que je me suis assez accoutumée à ça et plutôt je trouvais ça assez chouette. Mais en vrai on lit mieux quand c'est imprimé. On lit mieux. C'est vrai. D'ailleurs
Clara Chapaz — 25:57
la
Clara Chapaz — 25:58
lecture est un sujet quand on parle réseaux sociaux Enfin
Clara Chapaz — 26:01
je pense qu'on est tous à relire un livre et surtout chez les plus jeunes c'est Bien sûr. C'est hyper important. Donc on lit mieux et puis
Clara Chapaz — 26:10
non mais c'est toujours un peu le même sujet mais aussi on est beaucoup plus concentré avec son interlocuteur
Clara Chapaz — 26:14
si on a un papier que si on a un écran. Assez vite aussi on voit l'envers du décor des politiques publiques et ça c'est quand même assez chouette de se dire, ce qu'en plus moi j'ai vécu en tant qu'entreprise,
Clara Chapaz — 26:25
donc je ne sais pas je prends un exemple concret, crédit d'impôt recherche, c'est c'est quelque chose dont on parle souvent.
Clara Chapaz — 26:31
En tant qu'entreprise on
Clara Chapaz — 26:33
avait
Clara Chapaz — 26:34
le droit de de pouvoir avoir ce crédit d'impôt parce qu'on avait beaucoup de chercheurs et de d'ingénieurs et donc c'était éligible. Et en fait de passer de l'autre côté et de comprendre toute la politique économique qui a lié à
Clara Chapaz — 26:47
cette mesure-là, c'est hyper intéressant.
Clara Chapaz — 26:50
Et je pense que c'est aussi
Clara Chapaz — 26:53
pourquoi on trouve tant de gens engagés parce qu'il y a ce côté on a envie de faire avancer le pays et puis il y a aussi une vision très
Clara Chapaz — 27:00
intérêt général des choses qu'on retrouve forcément pas dans le secteur privé parce que c'est pas les mêmes intérêts que les Et et j'ai vécu des gouvernements, les 2 gouvernements que j'ai vécu on a quand même à la même table des gens avec des sensibilités très différentes parce qu'on on est dans ce mental.
Clara Chapaz — 27:16
Et on s'écoute, on discute. Moi ça m'est arrivé de de ne être d'accord avec des ministres sur des points précis
Clara Chapaz — 27:22
sans rentrer dans des sujets trop techniques mais par exemple un sujet qui est toujours un sujet un peu de confrontation entre le ministère de l'intérieur d'un côté et le ministre du numérique de l'autre, c'est la question de du chiffrement des messageries.
Clara Chapaz — 27:34
Le chiffrement des messageries c'est quoi C'est sur
Clara Chapaz — 27:36
les messageries instantanées,
Clara Chapaz — 27:38
la technologie qui permet de garantir que tout ce qui est dit sur ces messageries
Clara Chapaz — 27:43
est protégé,
Clara Chapaz — 27:45
qui pour moi est fondamental
Clara Chapaz — 27:48
dans la conception de de des libertés
Clara Chapaz — 27:51
sur internet et
Clara Chapaz — 27:53
de
Clara Chapaz — 27:54
façon disons régulière ce qu'est cette question, mais c'est d'ailleurs ce qui est
Clara Chapaz — 27:59
hyper intéressant dans le périmètre du numérique, les gens pensent que c'est un truc de geek et que ce n'est pas forcément ce qui fait la une et que ça. En fait c'est hyper politique.
Clara Chapaz — 28:06
Parce que numérique c'est un outil sur lequel en permanence il faut décider où est-ce qu'on met le curseur entre liberté d'un côté et protection de l'autre. Ouais, c'est intéressant, c'est vrai Sur tous les sujets, sur la protection des mineurs c'est pareil. Est-ce qu'on interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, du coup on les prive d'une certaine liberté mais en même temps c'est pour les protéger. Et donc le chiffrement par exemple c'est un gros sujet de tension politique Entre numérique et l'intérieur. Et ces 2 2 visions du monde en fait. C'est-à-dire est-ce que là Il y avait des frictions
Clara Chapaz — 28:31
directes Ouais on est on est par exemple
Clara Chapaz — 28:34
avec avec Bruno Retailleau qui était ministre de l'intérieur de l'époque, on n'était pas d'accord. On avait 2 positions différentes mais en fait on peut se le dire et s'en parler et s'écouter.
Clara Chapaz — 28:43
Et et je crois que c'est ça aussi qu'on a essayé de construire en un an et qu'on a essayé de construire Michel Barnier puis François Bayrou de se dire on est dans un gouvernement où de toute façon par nature on ne sera pas tous d'accord. Mais il faut créer les conditions
Clara Chapaz — 28:55
de du débat, de l'écoute et puis après
Clara Chapaz — 28:59
quand on décide d'une position du gouvernement, c'est la position du gouvernement. Ça ce n'est pas facile toujours quand on vient
Clara Chapaz — 29:05
d'un monde où on n'est pas en politique de carrière et où du coup on a toujours été fidèle à ses convictions. Oui, là il faut que tu reprennes un discours au cas de Quand
Clara Chapaz — 29:14
je me retrouve notamment
Clara Chapaz — 29:16
au Sénat, je portais un projet de loi sur la cybersécurité
Clara Chapaz — 29:19
et les obligations
Clara Chapaz — 29:21
des
Clara Chapaz — 29:22
collectivités,
Clara Chapaz — 29:23
des entreprises de se protéger parce qu'aujourd'hui
Clara Chapaz — 29:26
on pense souvent cybersécurité très très très grandes entreprises, mais en fait la menace s'est vachement dispersée
Clara Chapaz — 29:32
et va vers des plus petites structures qui sont bien moins préparées, des mairies.
Clara Chapaz — 29:36
J'ai rencontré un chocolatier qui m'a dit, mais moi jamais je pensais que je serais attaquée
Clara Chapaz — 29:40
par un 1 attaque cyber chez du chocolat. C'est clair, c'est clair. Mais il y a beaucoup d'attaques aussi de déstabilisation
Clara Chapaz — 29:45
de de rançons aujourd'hui, de rançons, c'est le plus gros type.
Clara Chapaz — 29:49
Et donc je portais ce projet de loi qui est important pour pour se protéger
Clara Chapaz — 29:52
contre ces ces menaces cyber et dedans il y a un sénateur parce qu'il y avait eu tout ce débat sur le chiffrement dans un autre projet de loi à l'assemblée, dans le projet de loi sur le narcotrafic
Clara Chapaz — 30:03
qui a remis ce sujet dans le dans la loi que je portais. Important ce qu'on appelle un amendement, donc en portant un amendement
Clara Chapaz — 30:11
qui allait à l'inverse de ce qui avait été décidé à l'assemblée. À l'assemblée, il avait été décidé dans dans dans les débats que
Clara Chapaz — 30:18
pour lutter contre le narcotrafic,
Clara Chapaz — 30:20
pourrait
Clara Chapaz — 30:21
demander aux entreprises de revoir comment fonctionne le chiffrement.
Clara Chapaz — 30:24
Or d'un point vue technique, ce n'est pas possible soit c'est chiffré, soit c'est pas Et
Clara Chapaz — 30:28
donc ce ce ce sénateur Olivier Kadick
Clara Chapaz — 30:31
a dit,
Clara Chapaz — 30:33
moi il va, je vais porter dans le cadre de la cyber, cyber c'est se protéger un amendement pour dire on ne peut pas toucher au chiffrement.
Clara Chapaz — 30:39
Donc elle est en conflit avec ce qui avait été décidé auparavant.
Clara Chapaz — 30:42
Et donc toi tu as dû porter un truc. Et donc moi la position du gouvernement, c'est toujours la même que celle qui avait été décidée auparavant, c'est-à-dire de dire qu'on
Clara Chapaz — 30:51
est contre
Clara Chapaz — 30:52
sa proposition de sanctuariser
Clara Chapaz — 30:54
le chiffrement.
Clara Chapaz — 30:55
Alors fondamentalement,
Intervenant 2 — 30:57
je suis pour. Mais comment tu fais en fait
Intervenant 2 — 31:00
Comment ça marche En fait parfois tu dois dire je ne suis pas d'accord parce que c'est la position du gouvernement,
Clara Chapaz — 31:06
alors qu'intimement tu es d'accord. Oui en fait C'est très difficile à faire. Oui c'est difficile mais c'est c'est c'est aussi ce qui se passe en ce moment au parlement sur le budget. En fait on on doit sortir du fait qu'on peut tout décider tout comme on veut parce qu'au niveau de d'un d'un pays quand il y des opinions aussi différentes qui se confrontent, moi je moi je suis convaincue de ça. La seule façon de de recréer du lien, de refaire société même si ça fait un peu grandiloquent de dire ça, c'est d'accepter que tout ne va pas être comme on veut
Clara Chapaz — 31:34
et que parfois on gagne, parfois on perd, parfois c'est ni ce que voulait l'un ni ce que voulait l'autre. Mais tu arrives à rentrer une famille tous les jours. C'est vrai, c'est vrai, mais Peut-être que je ne sais pas, tu étais en vacances il n'y a pas longtemps et que ton mari voulait aller,
Clara Chapaz — 31:46
je ne sais pas à la campagne Non mais tu peux à campagne
Clara Chapaz — 31:51
Tu as des chances.
Clara Chapaz — 31:52
Mais comprends bien. En fait tu étais dans le consensus. C'est là la façon dont je jugeais, c'est que j'ai laissé entendre qu'il y la pression du gouvernement et que suis loyale au gouvernement bien sûr, enfin j'appartiens au gouvernement, je suis loyale au gouvernement,
Clara Chapaz — 32:02
qu'après
Clara Chapaz — 32:04
dans la façon dont tu réponds, on répond quand il a une proposition d'amendement, ensuite on se lève et le gouvernement répond et donne la position du gouvernement, on peut être favorable, défavorable ou avis de sagesse, je m'en remets au à l'assemblée.
Clara Chapaz — 32:17
Et donc en l'occurrence j'étais défavorable alors qu'au fond j'étais défavorable.
Clara Chapaz — 32:21
Mais
Clara Chapaz — 32:22
en disant que je suis défavorable, je fais entendre que moi je suis favorable,
Clara Chapaz — 32:27
mais que la position du gouvernement elle est défavorable et donc je suis loyale.
Clara Chapaz — 32:44
Noué 2 3 liens que j'ose qualifier d'amitié avec des sénateurs, on n'était pas du tout de la même génération, mais justement qui
Clara Chapaz — 32:51
qui m'ont contactée aussi proactivement en me disant en fait je trouve ça génial de voir une jeune femme avec autant d'énergie de conviction dans cette assemblée nous raconter des trucs et notamment dans un 1 exercice qu'on appelle les questions au gouvernement qui sont retransmises d'ailleurs en direct et en ce moment dans les débats beaucoup de gens regardent. C'est assez tendu. Et et c'est souvent assez tendu
Clara Chapaz — 33:12
et c'est presque un jeu de théâtre en fait Ah bien sûr. Faire passer les idées, il faut aussi mettre en scène
Clara Chapaz — 33:18
un peu la manière de répondre. Moi j'ai adoré ces moments parce qu'on est dans ces ces cet hémicycle, c'est là où se joue le coeur de la démocratie, c'est là où sont votées nos lois
Clara Chapaz — 33:26
et on a 2 minutes pour convaincre. Ça m'est arrivé aussi, je vais faire des discours devant vraiment des des milliers de personnes au sommet pour l'action sur l'IA. On a cet événement à à station f en marge du sommet qu'on a appelé le business day, on a rassemblé tous les entrepreneurs
Clara Chapaz — 33:40
pour vraiment recréer une dynamique autour de l'intelligence artificielle parce qu'on
Clara Chapaz — 33:44
a apporté une 1 stratégie depuis 2018 et notre, enfin je sais que c'est c'est c'est un moment on préfère dire ce qui ne marche pas que ce qui marche Bien sûr non c'est Ça
Clara Chapaz — 33:55
ça
Clara Chapaz — 34:11
Oui moi j'aime bien préparer. Parfois pour les grands discours j'aime bien les répéter,
Clara Chapaz — 34:16
je les répète parfois sur mon équipe pour qu'ils me disent un peu est-ce que je me suis arrêtée au bon endroit, est-ce que
Intervenant 2 — 34:21
ouais. Est-ce que parfois tu as senti que tu tremblais, que tu avais les joues qui tremblaient,
Clara Chapaz — 34:25
la feuille qui bougeait un petit peu. Il y des moments à la 1re prise de parole en conseil des ministres, c'est sûr que tu as un peu d'émotion quand même. Tu es en conseil des ministres, 1er ministre, y le président, y a tous tes collègues.
Clara Chapaz — 34:35
Mais ce qui est assez,
Clara Chapaz — 34:37
quand une fois en fait on on,
Clara Chapaz — 34:39
tu te rends compte aussi à la sortie que tout le monde est un peu stressé comme toi même même même ceux qui font ça depuis 40 ans. Ouais c'est vrai. Parce que les fonctions sont sont tellement grandes et et on a tellement une chance, un honneur de les porter que forcément le poids des fonctions fait que personne n'y va en se disant, allez petite partie de
Intervenant 2 — 34:59
En fait tu t'es dégénéres entre amis. C'est ça, ce n'est pas un entre potes, mais du coup tu as humanisé aussi les autres Ouais
Clara Chapaz — 35:05
complètement, complètement.
Clara Chapaz — 35:07
Ouais en fait derrière les les les responsables politiques, y a des femmes, des hommes qui ont un vrai engagement sincère
Clara Chapaz — 35:14
et qui restent
Clara Chapaz — 35:15
pas des humains et
Clara Chapaz — 35:17
qui et je crois qu'aussi ça en ce moment on
Clara Chapaz — 35:20
a tendance à l'oublier parce qu'on voit les intérêts des uns et des autres mais qui ont quand même décidé de faire passer leurs fonctions leur engagement pour le pays avant tout parce que c'est des fonctions totales. Je veux dire il n'y a pas une seconde dans l'année où on est ministre, n'est pas ministre, c'est c'est tout le temps.
Clara Chapaz — 35:38
Et pour les gens qui ont une carrière politique d'élus depuis des années,
Clara Chapaz — 35:42
c'est un engagement qui qui bien sûr prend le plan sur ta famille. Enfin moi j'ai eu la chance d'être accompagnée par mon conjoint, par mes parents, par ses parents, par nos amis,
Clara Chapaz — 35:52
mais mais mais c'est
Clara Chapaz — 35:54
un choix de vie qui qui est qui est qui est total et et qui est des gens et moi d'ailleurs c'est un ça sera certainement un des combats que je veux continuer à porter qui s'engagent aujourd'hui
Clara Chapaz — 36:04
alors qu'il y a les réseaux sociaux, alors qu'il y a le harcèlement, alors qu'il y la violence qu'on a dans le monde politique actuel avec la polarisation des débats, c'est hyper important de dire que ça reste le plus bel engagement et que j'invite les gens à le faire
Clara Chapaz — 36:16
malgré toutes ces difficultés parce que À à faire quoi À s'engager. À s'engager. Ouais. La politique, faut y aller. Pas forcément être ministre mais s'engager. Ministre, je crois qu'on ne choisit pas quand ça commence, on ne choisit pas quand ça finit, mais en tout cas s'engager.
Clara Chapaz — 36:30
Là, il y les élections municipales dans 6 mois,
Clara Chapaz — 36:33
il y aura les élections présidentielles puis législatives en 2027
Clara Chapaz — 36:37
et c'est aussi d'ailleurs pour les collaborateurs un engagement de dingue parce que c'est
Clara Chapaz — 36:42
surtout dans le numérique en fait dans le numérique en plus il se passe des choses tout le temps, c'est non-stop et puis il y a des moments de crise.
Clara Chapaz — 36:48
Je pense qu'on ne les anticipe pas même si j'ai envie d'en avoir vécu une, ça donne aussi le recul de peut-être pour la suite comment je vivrai les prochaines parce que de
Intervenant 2 — 36:56
toute façon Est-ce que tu peux nous reraconter peut-être en 2 minutes pour que tout monde comprenne
Intervenant 2 — 37:00
ce qui s'est passé donc il y cette plateforme Kick
Intervenant 2 — 37:03
avec des lives enfin je te laisse raconter.
Clara Chapaz — 37:06
En fait Kick c'est une plateforme où on peut se connecter
Clara Chapaz — 37:08
et il y a des lives donc
Clara Chapaz — 37:11
les personnes se mettent en scène en live en direct
Clara Chapaz — 37:16
sur
Clara Chapaz — 37:17
sur sur cette plateforme et ils ont ce qu'on appelle des chaînes, donc on suit là en l'occurrence c'est Jean-Port Manove, la chaîne de Jean-Port Manove
Clara Chapaz — 37:25
ils font ce qu'ils veulent sur leur chaîne, c'est leur chaîne, c'est leur contenu, ça leur C'est ça qui est fou, c'est qu'on fait ce qu'on veut en fait. Voilà et sur cette chaîne-là en l'occurrence,
Clara Chapaz — 37:33
il y avait de la mise en scène et je dis mise en scène parce qu'il y a une enquête en cours donc on sait c'est difficile, je ne peux pas qualifier exactement ce qui se passait, pas mon mon rôle bien sûr.
Clara Chapaz — 37:43
Mais donc de la mise en scène ou des violences ça sera jugé,
Clara Chapaz — 37:47
faite sur sur sur Raphaël Gravel, Jean-Pormanov
Clara Chapaz — 37:51
et
Clara Chapaz — 37:52
donc au milieu de l'été, ne sais pas si c'est peut-être un 15 août quoi.
Clara Chapaz — 37:55
En fait il décède en ligne parce que c'est En direct. En direct,
Clara Chapaz — 37:59
en direct.
Clara Chapaz — 38:01
Et là
Clara Chapaz — 38:02
Toi tu es prévenu tout de suite. Oui enfin je de toute façon je le vois tout de suite.
Clara Chapaz — 38:07
Sur les réseaux ça va très vite quoi.
Clara Chapaz — 38:10
Et on n'est pas tous ensemble avec les cabinets comme c'est 5 15 août. 5 15 août.
Clara Chapaz — 38:14
Et en fait j'avais j'avais prévu d'être je sais plus, c'était en fin de semaine et je devais être au bureau assez vite et heureusement parce que c'était quand même plus agréable de gérer ça ensemble.
Clara Chapaz — 38:23
Et et donc ça prend des proportions en plus un 15 août, c'est sûr que il y a un le côté dramatique de ce qui vient de se passer.
Clara Chapaz — 38:31
Forcément
Clara Chapaz — 38:32
moi en tant que citoyenne mais surtout je suis scandalisée de de me dire mais
Clara Chapaz — 38:37
c'est le monde dans lequel on est aujourd'hui et aussi ce que j'ai oublié de dire c'est que sur ces chaînes on peut payer
Clara Chapaz — 38:44
pour demander à ce qui se passe des choses. Donc c'est c'est black mirror C'est cassé une brique sur la tête quoi. Les gens qui ont vu black mirror c'est vraiment black mirror quoi, je demande des atrocités en direct
Clara Chapaz — 38:54
via une chaîne internet et
Clara Chapaz — 38:56
les personnes se font rémunérer et il y a 200000 personnes qui sont
Clara Chapaz — 39:00
abonnées à cette chaîne.
Clara Chapaz — 39:02
Et donc oui forcément
Clara Chapaz — 39:03
ça prend des proportions énormes et internationales.
Clara Chapaz — 39:07
Tout de suite ça ça ça ça simplifie ça simplifie ça simplifie. Et comment on gère une crise,
Clara Chapaz — 39:14
des gens essaient de garder son sang-froid,
Clara Chapaz — 39:16
on ne se fait accompagner assez vite en fait
Clara Chapaz — 39:19
1re enfin la 1re 1er réflexe c'est de se dire ok déjà il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé. Bien sûr.
Intervenant 2 — 39:25
Et dans le cas avec les conseillers, c'est-à-dire qu'en fait en tant que ministre pour qu'on comprenne bien, il y a des gens dont c'est la spécialité de gérer les crises qui là du coup vont arriver
Clara Chapaz — 39:34
Non. Prendre le relais Non non non c'est ton équipe d'habitude. C'est ton équipe.
Clara Chapaz — 39:39
Après voilà
Clara Chapaz — 39:40
on peut se faire aider des uns et des autres mais c'est ton équipe. Et donc voilà il faut déjà comprendre ensuite
Clara Chapaz — 39:45
essayer de voir ce que tu peux faire parce que forcément tout de suite il y a une pression
Clara Chapaz — 39:49
de et
Clara Chapaz — 39:50
et et ça c'est assez fou et c'est marrant c'est un peu passé la même chose avec le Louvre je trouve. La 1re le 1er réflexe des médias, des gens c'est qui est responsable.
Clara Chapaz — 39:59
Et il faut trouver coupable quoi et donc là c'est est-ce que c'est à midi numérique, est-ce que c'est la plateforme, est-ce que c'est l'Arcom, est-ce que c'est l'autorité
Clara Chapaz — 40:06
de régulation,
Clara Chapaz — 40:08
est-ce que c'est faros qui est, c'est les policiers du numérique qui reçoivent les signalements, est-ce que moi mon 1er job c'était de dire en fait ces ces personnes enfin c'est peu importe, ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est un comprendre comment c'est arrivé et 2 quelles sont les, moi je suis en charge des politiques
Clara Chapaz — 40:23
du Est-ce
Clara Chapaz — 40:24
que la régulation du numérique qu'on a aujourd'hui nous permet déjà de faire en sorte que ça n'arrive plus, jamais
Clara Chapaz — 40:31
ou il y a des choses à imaginer pour aller plus loin dans la régulation et dans ce cas-là je ne pas le savoir là en 2 minutes. Qu'encore une fois, on est sur un sujet de tension entre liberté d'expression
Clara Chapaz — 40:43
d'un côté, liberté des individus et Comment
Intervenant 2 — 40:47
tu fais d'ailleurs parce que je t'ai entendu plusieurs fois prendre la parole sur ce sujet qui est hyper grave.
Intervenant 2 — 40:52
Comment tu fais pour être formé à répondre aux journalistes
Intervenant 2 — 40:56
Tu vois Est-ce que tu t'es fait coacher avant Est-ce que tu te fais coacher, te coacher un petit peu tout le temps Oui. Quand même parce que c'est pas facile. Quand chacun fait comme il veut, moi j'aime bien
Clara Chapaz — 41:05
préparer,
Clara Chapaz — 41:06
donc oui je réfléchis à ce que je veux dire et puis ensuite avec on a ce qu'on appelle une conseillère en communication.
Clara Chapaz — 41:11
Parfois aussi j'aime bien avoir des personnes externes pour qui sortent un peu du quotidien des sujets pour être sûr qu'ils comprennent bien ce que je suis en train d'essayer de dire parce que quand on est entouré dans des sujets avec un cabinet qu'on on connaît par coeur,
Clara Chapaz — 41:24
on peut se rendre compte aussi qu'on est trop Oui jargonneux. Ouais ce qu'on pense être clair et plus plus du tout clair. Et
Clara Chapaz — 41:31
ça c'était un peu mon test aussi quand je, souvent le week-end je retournais,
Clara Chapaz — 41:35
j'ai grandi dans en Seine-et-Marne dans un village de 700 habitants, je testais toujours un peu de, là je suis en train d'essayer de dire ça, est-ce que c'est clair, est-ce que ce n'est pas clair,
Clara Chapaz — 41:44
tu vas sortir du monde du micro-en-courant en quoi. Moi je faisais ça comme ça en fait. Je passais 2 3 coups de fil à des gens très très différents pour voir si ce que j'ai essayé de dire était clair et puis ensuite je m'entraîne si possible avec quelqu'un de bien difficile. Est-ce que parfois tu peux avoir peur ou d'autres pénistes peuvent avoir peur de perdre leur job
Clara Chapaz — 42:00
pour un mot déplacé, pour C'est sûr que quand on représente la parole du gouvernement,
Clara Chapaz — 42:05
quand on parle, on est un peu moins
Clara Chapaz — 42:08
déjà un certain nombre de contraintes et puis on oui on a une responsabilité sur nos besoins bien sûr. C'est quoi ton meilleur souvenir en tant que ministre
Clara Chapaz — 42:17
À un moment où tu t'es dit waouh.
Clara Chapaz — 42:19
Je pense que c'est le sommet pour l'action sur l'IA.
Clara Chapaz — 42:21
Quoi Ou quand on arrive dans le Grand Palais on a passé tellement de de de
Clara Chapaz — 42:26
temps d'énergie
Clara Chapaz — 42:27
et qu'on voit tous ces pays rassemblés au même endroit ici en France pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut
Clara Chapaz — 42:35
pousser le développement de l'intelligence artificielle, toutes les entreprises du monde entier, tous les
Clara Chapaz — 42:41
chercheurs, les entrepreneurs français qui sont hyper fiers en fait de faire partie de ce moment-là. Bien sûr. C'est hyper satisfaisant de se dire que la politique a été menée depuis 2018 avec la stratégie nationale sur l'IA qu'avait lancé le président de la République
Clara Chapaz — 42:55
jusqu'à l'aboutissement de ce sommet et puis bien sûr plein plein de choses depuis. Mais il y un petit peu un moment,
Clara Chapaz — 43:01
en fait ça marche quoi. On on est un pays qui compte pour l'intelligence artificielle,
Clara Chapaz — 43:05
on a parmi les meilleurs talents, on a parmi les entreprises les plus performantes du monde, on a les labos les plus reconnus
Clara Chapaz — 43:11
et et c'est c'est sûr que c'est satisfaisant. Je suis en ébullition de j'ai plein d'idées, j'ai envie de m'engager.
Clara Chapaz — 43:17
En fait il n'y pas une minute à perdre, il reste 18 mois avant les élections présidentielles
Clara Chapaz — 43:21
et chaque seconde qui passe je vais les passer à à ce qu'on puisse se battre pour que le RN n'arrive pas au pouvoir. Et s'il faut se rouler par terre pendant les 18 prochains mois, mais toutes les actions politiques qu'on peut mobiliser la terre entière, je n'ai pas envie de perdre une seconde.
Intervenant 2 — 43:35
En fait à cette action à la fois qui est liée à l'IA et au numérique et à cette action politique qui s'est aussi développée avec cette fonction. C'est vrai non c'est vrai, beaucoup de gens me disent mais est-ce que fais retourner dans dans une entreprise privée, est-ce que as ta Mais
Clara Chapaz — 43:48
c'est un peu ce que je disais tout à l'heure,
Clara Chapaz — 43:50
je suis rentrée en politique via le numérique et j'aurais toujours une expertise sur ces sujets et puis une conviction très sur les sujets de protection on en a parlé sur les sujets d'innovation.
Clara Chapaz — 43:58
Je veux dire si on n'avait pas eu cette stratégie sur l'intelligence artificielle
Clara Chapaz — 44:02
dès 2018,
Clara Chapaz — 44:03
on est à un moment de bascule du monde où cette technologie
Clara Chapaz — 44:07
va tout changer.
Clara Chapaz — 44:09
On sait ce que ça fait d'avoir raté une révolution technologique.
Clara Chapaz — 44:12
Je pense que si on le dit un peu cash on peut le dire dans les années 90 quand internet est arrivé on n'a pas été capable de faire émerger des très grosses entreprises européennes
Clara Chapaz — 44:21
alors qu'il y en a aux États-Unis, il y en a en Chine et aujourd'hui on en paye les prix, le les les frais économiques
Clara Chapaz — 44:27
avant tout en termes de productivité, en termes de croissance de de nos économies. On on en paye les frais en termes de valeur, en parlait tout à l'heure. Et donc moi je ne veux pas qu'on on rate ce ce, on rate ça parce qu'on
Clara Chapaz — 44:38
a tous les ingrédients pour être les les premiers sur la scène de de de l'innovation
Clara Chapaz — 44:44
et pour pour créer ces technologies qui façonnent notre monde et donc j'ai envie contribuer à ça et ça c'est une vision politique des choses.
Clara Chapaz — 44:50
Et puis parce qu'à travers le numérique en fait j'ai eu la chance de de de d'avoir ces fonctions politiques
Clara Chapaz — 44:57
et et oui ça m'a donné envie de m'engager au-delà des sujets que je connais, au-delà de ces sujets d'innovation, au-delà de ces sujets économiques, au-delà de ces sujets de protection des mineurs,
Clara Chapaz — 45:05
m'engager pour une vision du monde qui me semble à être à préserver,
Clara Chapaz — 45:10
à expliquer.
Clara Chapaz — 45:11
Je pense qu'aujourd'hui
Clara Chapaz — 45:13
voilà je je ne pas combien de déplacements on a fait mais on est allé dans la France entière, j'entends la colère des gens contre le monde politique, le sentiment d'être délaissé, le sentiment de, de toute façon on a tout essayé donc Ce qu'il faudrait faire alors il faut se tourner vers l'extrême droite parce qu'on ne les a pas essayés. Mais j'ai envie de prendre, faire tout ce que je peux pour pour essayer de montrer qu'il y d'autres alternatives à ça et qu'on a encore plein de choses dans ce camp progressiste,
Intervenant 2 — 45:35
humaniste à apporter. On arrive à la fin de cet entretien,
Intervenant 2 — 45:39
on finit toujours avec un petit conseil.
Intervenant 2 — 45:41
Au vu de tout ce qu'on s'est dit, de ton parcours et on s'est dit plein de trucs. Franchement
Intervenant 2 — 45:47
à la fois
Intervenant 2 — 45:48
cette maman qui prend des fonctions incroyables,
Intervenant 2 — 45:50
cette femme de 35, 36 ans qui devient ministre, tout ce que tu as envie de mettre en place aussi. Puis sur le plan plus personnel aussi de ce que tu as vécu
Intervenant 2 — 45:59
dans ces fonctions, qu'est-ce que tu as envie de conseiller aux gens qui nous regardent ou qui nous écoutent
Clara Chapaz — 46:04
Ça va peut-être sembler cliché, mais je pense qu'il faut oser. En fait les les moments les plus dingues
Clara Chapaz — 46:09
dans dans
Clara Chapaz — 46:11
ma carrière ou les 15 dernières années de ma vie, c'est quand je me suis écoutée et que j'ai osé j'ai osé. Et parfois oser c'est aussi renoncer.
Clara Chapaz — 46:20
Par exemple quand j'ai fini à
Clara Chapaz — 46:22
la French Tech c'est des mandats de 3 ans. Quand j'ai fini mon mandat de 3 ans à la French Tech,
Clara Chapaz — 46:26
on m'a proposé de reprendre
Clara Chapaz — 46:28
3 ans de plus
Clara Chapaz — 46:30
et j'ai adoré ces fonctions, c'était génial, j'avais l'impression d'être hyper utile pour mon écosystème,
Clara Chapaz — 46:35
enfin pour toutes les les entrepreneurs, les entreprises en France de de parler d'innovation, des.
Clara Chapaz — 46:41
Mais j'ai senti que la meilleure façon de contribuer pour moi serait de faire autre chose dans l'action publique. Et donc j'ai osé dire non
Clara Chapaz — 46:49
je ne vais pas refaire même si ça serait très confortable, très satisfaisant, très utile. Parce que finalement
Clara Chapaz — 46:55
j'étais nommée ministre et puis quand j'ai été nommée ministre, il y avait 12000 raisons de dire non même si je pense qu'on ne dit jamais non quand on nous propose des responsabilités
Clara Chapaz — 47:03
comme ça parce que c'est c'est plus grand que toi et le pays t'appelle vient sur qui va. Mais pareil j'ai osé j'ai osé dire bien sûr enfin
Clara Chapaz — 47:12
Go, why not Voilà
Clara Chapaz — 47:14
donc je pense qu'il faut
Clara Chapaz — 47:16
oser,
Clara Chapaz — 47:17
il faut oui parfois ça marche parfois ça ne marche pas et et dans tous les cas je crois qu'on apprend quelque chose. Génial. Merci Clara Chapaz pour ton témoignage. Merci. Tu nous as raconté les coulisses de la nomination,
Intervenant 2 — 47:27
la coulisse, les coulisses de ton départ et puis on verra pour l'après en tout cas merci Merci ces petites révélations quand même. C'est très sympa de te recevoir et tous vendeurs, c'est tous les mardis. On se retrouve la semaine prochaine YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts. Salut.