Quelques jours à peine après avoir quitté ses fonctions, Clara Chapaz, ex-ministre de l'Intelligence Artificielle et du Numérique, a choisi le micro de 'Tous Wonder' pour se livrer. Sans filtre. Elle revient sur l'appel qui a tout changé, sur ses combats et sur cette année hors du commun au cœur de l'État. Un témoignage rare sur la réalité d'une vie au service du public.
Clara Chapaz révèle tout : mon départ du gouvernement, l'IA et la protection des enfants en ligne
Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
Un appel dans un restaurant, et tout bascule. Clara Chapaz, ex-ministre du Numérique, raconte pour la première fois les coulisses de son départ du gouvernement. Une histoire de convictions, d'engagement intense et de la réalité parfois brutale du pouvoir.
Clara Chapaz se livre : au-delà des titres, une histoire personnelle et transparente
C'est une parole rare. Celle d'une femme qui vient de refermer un chapitre intense de sa vie. Clara Chapaz n'est plus ministre. Dans cet entretien exclusif, elle promet de raconter les coulisses de sa nomination, de son départ, mais aussi de ses convictions.
Loin des discours convenus, elle partage une expérience humaine, faite de moments exaltants et de périodes de doutes. Une plongée dans le quotidien d'une ministre qui a voulu rester connectée au terrain, aux réalités vécues par les Français.
Cet échange est rendu possible par Suméria, une application qui se présente comme un compte courant nouvelle génération, développée par l'équipe de Lydia. Une manière de soutenir un média qui, comme le souligne l'hôte, cherche à comprendre les "points de bascule" dans la vie de ses invités.
L'appel qui a tout changé : les coulisses d'une nomination et d'un départ imprévu
Le point de bascule de Clara Chapaz est précis, daté. Il tient en un coup de fil.
« [Hôte de Tous Wonder] « Ton point de bascule, il est très récent, c'est le 5 octobre. »
Ce jour-là, un dimanche, elle est au restaurant avec son mari et des amis. L'ambiance est à l'analyse politique. Sébastien Lecornu vient d'être nommé Premier ministre, le gouvernement se forme. L'incertitude plane.
Quand le téléphone sonne
Son téléphone vibre. C'est le Premier ministre. Dans ces moments-là, on répond tout de suite. "Il faut répondre tout de suite", confie-t-elle. Elle s'isole pour prendre l'appel.
La conversation est brève mais directe. Il lui annonce qu'elle ne fera pas partie du nouveau gouvernement. Il est désolé, la formation de l'équipe est "très compliquée". Malgré l'urgence, il prend le temps d'expliquer, de témoigner sa bienveillance. Un geste qu'elle apprécie.
Le choc d'un arrêt brutal
L'émotion est immense. "On est dans un moment où oui, tout s'arrête un peu." Une année d'engagement total, de projets portés avec conviction, s'achève en quelques minutes. C'est la fin d'une mission plus grande que soi.
« [Clara Chapaz] « Je ne pense pas qu'on peut être préparé à que quelque chose qu'on adore s'arrête tout d'un coup. »
La fonction de ministre est par nature précaire. On peut partir du jour au lendemain. "Ce n'est pas un métier, c'est vraiment des fonctions, des responsabilités qu'on te confie", explique-t-elle. Une réalité qu'elle connaissait depuis sa nomination par Michel Barnier un an plus tôt, dans un contexte politique déjà instable.
Mais entre imaginer la fin et la vivre, il y a un monde.
Une équipe dans la tempête
Sa première pensée va à son équipe. Les collaborateurs de cabinet sont liés à la personne du ministre, pas à la fonction. Quand elle part, ils partent aussi. "C'est une des premières pensées que j'ai eues", avoue-t-elle. "J'ai l'impression de les laisser tomber eux en fait."
Le soir même, elle les réunit dans son bureau. Elle attend de les avoir tous face à elle pour leur annoncer la nouvelle, pour vivre ce moment ensemble. Les larmes coulent. C'est un chapitre qui se ferme, non seulement pour elle, mais pour toute une équipe qui a vécu des moments d'une intensité folle.
Protéger nos enfants : l'engagement indéfectible de Clara Chapaz dans l'ère numérique
Au-delà des aléas politiques, Clara Chapaz a porté des combats avec une énergie sans faille. Le plus marquant restera sans doute celui de la sécurité des plus jeunes dans l'univers numérique.
« [Clara Chapaz] « Une de mes plus fortes convictions, engagements, ça a été autour de la protection des enfants en ligne. »
Pour elle, l'action publique ne peut se concevoir depuis un bureau parisien, déconnectée des réalités. Très vite, elle ressent le besoin d'aller sur le terrain, de confronter ses idées à la parole des premiers concernés : les enfants et les adolescents.
Écouter pour mieux agir
« [Clara Chapaz] « Comment vous voulez que j'ai un avis sur ce qu'il faut faire sur les réseaux sociaux ou la pornographie en ligne si j'en parle pas avec les personnes les plus concernées. »
Elle organise alors des consultations avec de jeunes élus des conseils municipaux. Des échanges directs, parfois très durs. Des jeunes lui racontent la pression des réseaux sociaux, le cyberharcèlement, et même le suicide d'un ami, pris au piège d'un enfermement numérique.
Ces témoignages poignants nourrissent son action. Ils confirment l'urgence d'agir et de construire un cadre numérique plus sûr pour la jeunesse.
Face à la crise
Son équipe et elle ont été confrontées à des crises violentes. Elle se souvient de la mort en ligne d'un jeune homme sur la plateforme Kick. "Notre première vraie crise", dit-elle. Une épreuve qui soude une équipe.
"On arrive le matin au bureau avec la boule au ventre", raconte-t-elle. Il faut comprendre, gérer les médias, et surtout apporter des réponses aux Français horrifiés. Ces moments dans la tempête, où le monde entier se tourne vers vous, sont des accélérateurs d'engagement. Ils rappellent pourquoi l'action publique est si essentielle.
Héritage et perspectives : une vision pour le futur de l'IA et du numérique
Cette année au gouvernement fut un tourbillon. Mais quel héritage en reste-t-il ? Pour Clara Chapaz, l'expérience a renforcé ses convictions plutôt que de l'user.
Contrairement à l'image d'un monde politique cynique, elle a rencontré des personnes "incroyables", animées par un "engagement de dingue" pour faire avancer le pays. Loin de l'écoeurement, elle en sort avec l'envie de continuer à s'engager, autrement.
Une nomination symbolique
Son parcours personnel a aussi marqué les esprits. Nommée ministre à 35 ans, alors qu'elle était enceinte de huit mois, sa nomination fut un signal fort. "Je pense qu'il n'y a pas une entreprise privée [qui m'aurait] embauchée à 8 mois de grossesse", sourit-elle.
Elle se souvient avoir prévenu le directeur de cabinet du Premier ministre en toute transparence, prête à ce qu'il change d'avis. Mais la confiance lui a été accordée. Un acte qui, selon elle, participe à "moderniser l'engagement politique".
Elle a reçu d'innombrables messages de femmes, touchées et inspirées. Des femmes qui, en la voyant, se sont dit que tout était possible, qu'il fallait oser et croire en soi, même dans des moments de vie qui semblent incompatibles avec de hautes responsabilités.
La France, un pays qui compte pour l'IA
Son bilan est aussi marqué par des réussites concrètes, comme l'organisation du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle en France. Un événement qui a rassemblé le monde entier et a démontré que la France est "un pays qui compte pour l'intelligence artificielle".
Malgré la fin brutale de son mandat, la flamme de l'engagement public ne s'est pas éteinte. Clara Chapaz est convaincue qu'il y a "encore tellement à faire" et entend bien continuer à porter les sujets qui lui sont chers.
Questions fréquentes
Pourquoi Clara Chapaz a-t-elle quitté le gouvernement ?
Clara Chapaz a quitté le gouvernement lors d'un remaniement. Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, l'a appelée le 5 octobre pour lui signifier qu'elle ne serait pas reconduite dans ses fonctions, en raison d'une formation de gouvernement jugée 'très compliquée'.
Quel est l'engagement principal de Clara Chapaz ?
L'une de ses plus fortes convictions durant son mandat a été la protection des enfants en ligne. Elle a mené de nombreuses consultations avec des jeunes pour comprendre leurs réalités et mieux légiférer sur les dangers des réseaux sociaux et des contenus en ligne.
Quand Clara Chapaz a-t-elle été ministre ?
Elle a été nommée ministre du Numérique et de l'Intelligence Artificielle dans le gouvernement de Michel Barnier et a exercé ses fonctions pendant environ un an, avant son départ en octobre.
Qui est Clara Chapaz ?
Clara Chapaz est une femme politique et experte du numérique. Avant d'être ministre, elle a passé une dizaine d'années dans le secteur privé, notamment à l'étranger (Asie, États-Unis), avant de rejoindre l'administration française par envie de s'engager pour son pays. Elle a été nommée ministre à 35 ans.
Quel est le rôle de l'application Suméria mentionnée dans l'entretien ?
Suméria est le sponsor de l'émission 'Tous Wonder'. Il s'agit d'une application développée par l'équipe de Lydia, qui propose un compte courant rémunéré avec une carte bancaire, permettant aux utilisateurs de générer des revenus sur l'argent qu'ils détiennent.
Invité
- Clara Chapaz — Ex-Ministre du Numérique et de l'Intelligence Artificielle
Transcript
Voir le transcript complet
[SPEAKER_00] Une de mes plus fortes convictions, engagements, ça a été autour de la protection des enfants en ligne. On est un pays qui compte pour l'intelligence artificielle. C'était vraiment un moment extrêmement positif et des moments beaucoup plus durs. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. [SPEAKER_01] Aujourd'hui, on reçoit Clara Chapaz, ex ministre de l'intelligence artificielle [SPEAKER_01] et du numérique. C'est un entretien exclusif parce qu'elle vient de sortir du gouvernement. Elle va nous raconter les coulisses de sa nomination, les coulisses de son départ et puis la vie qu'elle envisage [SPEAKER_01] aujourd'hui. Tous Wonder c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube mais aussi sur toutes les plateformes de podcasts. Vous pouvez donc nous écouter, nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci aussi à notre sponsor [SPEAKER_01] Suméria, c'est la même entreprise, la même équipe que Lydia, l'application qui permet de s'envoyer de l'argent pour partager une note au restaurant par exemple. Mais Suméria, c'est un compte courant classique avec une vraie carte bancaire, [SPEAKER_01] que c'est un compte courant rémunéré, qui veut dire que votre argent génère de l'argent et ça évidemment on adore. Merci donc à sumeria, tous wonder c'est maintenant un épisode exclusif avec Clara Chapaz ex-ministre. [SPEAKER_01] Clara Chapaz, merci 1000 fois d'être avec nous dans Tous Wonder. [SPEAKER_01] C'est extraordinaire de pouvoir te recevoir quelques jours après ton départ du gouvernement. [SPEAKER_01] Dans, on commence toujours par un point de bascule. [SPEAKER_01] Ton point de bascule, il est très récent, [SPEAKER_01] c'est le 5 octobre. [SPEAKER_01] Tu es au restaurant avec ton mari, avec des copains et tu vas recevoir un appel qui va changer quelque chose et d'ailleurs parenthèse, je crois que tu prends l'appel dans un endroit assez cocasse. [SPEAKER_00] Oui le 5 octobre je m'en souviens très bien, dimanche donc, [SPEAKER_00] Donc on est au moment où [SPEAKER_00] Sébastien Lecornu a été nommé 1er ministre et il doit former son gouvernement. [SPEAKER_00] Moi j'ai été nommée ministre du numérique et de l'intelligence artificielle [SPEAKER_00] au moment du gouvernement de Michel Barnier, donc ça fait à peu près un an que je suis dans mes fonctions et j'ai très envie de continuer à apporter les sujets et on discute un peu de la formation du gouvernement, des bruits qui courent [SPEAKER_00] et puis tout d'un coup Sébastien m'appelle [SPEAKER_00] donc [SPEAKER_00] Mais la ministre m'appelle [SPEAKER_00] donc [SPEAKER_00] donc je quitte [SPEAKER_00] le déjeuner et [SPEAKER_00] le 1er ministre appelle, il faut répondre tout de suite [SPEAKER_00] et il a quand même beaucoup beaucoup de choses à faire ce week-end-là et à la fois c'est un moment où je suis déjà très émue qu'il m'appelle et qu'il prenne le temps de le faire. Qu'est-ce qu'il va nous dire ce jour-là [SPEAKER_00] à ce moment-là Qu'il est vraiment désolé, qu'il a adoré qu'on on travaille ensemble durant toute cette année, mais que la formation du gouvernement est est très compliquée et que malheureusement on ne va pas pouvoir [SPEAKER_00] continuer ensemble [SPEAKER_00] et je trouve que c'est c'est vraiment à son image de prendre le temps de le faire. [SPEAKER_00] En fait il a quand même [SPEAKER_00] la responsabilité d'un pays entière sur ses épaules, on le sait par la suite ce qui s'est passé, une situation politique [SPEAKER_00] particulièrement complexe à gérer et il prend quand même ces quelques minutes pour appeler, pour expliquer, pour témoigner aussi de sa bienveillance, [SPEAKER_00] de son écoute dans la période. D'ailleurs il me dit [SPEAKER_00] voilà j'ai envie qu'on qu'on qu'on de t'aider, qu'on reste bien sûr en contact et et depuis d'ailleurs il il l'a fait. [SPEAKER_00] Et en même temps, [SPEAKER_00] on est dans un moment où oui tout s'arrête un peu. On est tellement [SPEAKER_00] dans un des fonctions [SPEAKER_00] plus grandes que soi, dans lesquelles il y a des 1000000000 de choses à faire, dans j'ai mis énormément de conviction, d'énergie qu'on a envie de porter et on se dit mince c'est c'est fini. Ça s'arrête. Oui, c'est fini, cette période-là est finie. Et là, à ce déjeuner, j'imagine que bien sûr tu le dis, tu en parlais avec ton mari, avec vos amis, [SPEAKER_01] ça va être une période qui est très particulière puisque tu sais que tu es sur un siège éjectable. [SPEAKER_00] Ce sont les métiers quand même où tu tu tu peux partir du jour au lendemain en fait. Oui c'est pour ça d'ailleurs que ce n'est pas un métier, c'est vraiment des fonctions, des responsabilités qu'on te confie et je pense qu'il faut le voir comme tel. Il y beaucoup de ministres qui disent moi je m'installe pas dans mon bureau parce que ça peut s'arrêter à tout moment. C'est de toute façon cette sensation-là que j'ai eue quand Michel Barnier, 1er ministre [SPEAKER_00] me fait l'honneur de de de me proposer de rejoindre son gouvernement. [SPEAKER_00] La situation politique est déjà très instable, donc je sais que ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Donc toute l'année on a ce sentiment-là, après c'est sûr qu'entre l'imaginer [SPEAKER_00] et quand ça arrive vraiment, ce n'est forcément pas la même émotion, pas le pas le même sentiment. Je ne pense pas qu'on peut être préparé à que quelque chose qu'on adore s'arrête tout d'un coup. Ouais, c'est quand même dur. Mais [SPEAKER_00] mais c'est sûr que ça fait partie du jeu, ça fait partie du jeu. Quand on est ministre, il y tout un face, il y a tout un, tu as une équipe autour de toi et et puis tout d'un coup tout ça s'arrête en fait. Oui super. Tu perds ton équipe aussi, tu perds Ouais c'est c'est très juste. En fait les les on ne sait pas toujours, mais les les collaborateurs sont liés à à la personne et pas à la fonction. Donc quand ça s'arrête pour nous, ça s'arrête pour eux. Et c'est vrai que c'est une des premières pensées que j'ai eues. En fait on vit des choses tellement folles, tellement intenses ensemble et puis on a vécu des moments [SPEAKER_00] d'excitation [SPEAKER_00] absolue, l'organisation du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle qu'a [SPEAKER_00] qu'a voulu président de la République ici en France, le monde entier pour parler d'IA, enfin c'était vraiment un moment extrêmement positif [SPEAKER_00] et des moments beaucoup plus durs. [SPEAKER_00] Dans le courant de l'été, je ne sais pas peut-être [SPEAKER_00] tu t'en souviens [SPEAKER_00] Jean-Port Manœuvre, Raphaël Graven est mort en ligne sur Kick et ça a été notre 1re vraie crise [SPEAKER_00] où on arrive le matin au bureau avec la boule au ventre à se dire [SPEAKER_00] déjà il faut comme dans toute crise comprendre ce qui se passe, qu'est-ce qu'on peut faire, comment gérer les médias et ça ça rapproche une équipe comme jamais parce qu'on est tous dans ce bateau, dans la tempête et et on a envie d'apporter des réponses aux Français qui découvrent un truc complètement [SPEAKER_00] horrible et qui se disent, mais ce n'est pas possible, il se passe des choses comme ça en ligne et le monde entier [SPEAKER_00] se braque vers nous avec plein de questions et on a envie d'apporter des réponses. Donc quand on a vécu ces moments aussi forts [SPEAKER_00] et qu'on se dit après ce coup de fil, mais du coup ça s'arrête et et j'ai l'impression de les laisser tomber eux en fait Je comprends. Au-delà de moi. Et d'ailleurs le le le soir même on on je leur ai proposé qu'on se réunisse dans mon bureau pour regarder ensemble les annonces du gouvernement sans [SPEAKER_00] nécessairement leur dire à ce moment-là quelques heures avant que Tu leur avais dit que ça s'arrêtait Non pas j'ai attendu de les avoir dans le bureau [SPEAKER_00] pour pouvoir leur dire et pour pour pour qu'on soit tous ensemble parce qu'en fait ce n'est pas que le ministre, c'est toute l'équipe. [SPEAKER_01] Il y eu des larmes, les gens s'y attendaient, comment ça s'est passé Oui beaucoup de déception, [SPEAKER_00] le sentiment qu'on qu'on qu'on ferme un chapitre et puis en même temps [SPEAKER_00] j'ai eu l'immense chance de travailler avec des gens tellement engagés [SPEAKER_00] sur leur sujet, sur sur l'action publique, sur l'action politique. [SPEAKER_00] Je sais que le spectacle [SPEAKER_00] actuel [SPEAKER_00] ça fait poser pas mal de questions [SPEAKER_00] à chacun, à chacune sur est-ce que vraiment la politique a encore du sens, est-ce que l'action publique ça sert à quelque chose, est-ce que Mais en fait dans dans dans cette année au gouvernement, dans mes 3 années précédentes dans l'administration, j'ai rencontré des personnes incroyables qui ont un engagement mais mais de dingue qui ont envie de de de faire en sorte que notre pays avance. [SPEAKER_00] Et donc je pense qu'un peu eux comme moi, on est à la fois très déçu et on se dit il faut y aller quoi, il faut continuer à s'engager, il faut trouver d'autres manières de de de porter les sujets parce que parce qu'il y a encore tellement à faire. Donc tu dis tu as rencontré des gens extraordinaires, [SPEAKER_00] ça ne t'a donc pas écoeuré Pas du tout. Ouais, je sais qu'en ce moment on se pose beaucoup de questions. [SPEAKER_00] Est-ce que les gens sont assez écoeurés, comment ça fonctionne Quoi, Est-ce qu'il y autant de de haine, de violence, l'incapacité de se mettre d'accord [SPEAKER_00] Oui, je je ne suis pas naïve, je je je vois tout ça, je comprends ces doutes-là, [SPEAKER_00] je comprends ces ces incompréhensions [SPEAKER_00] que parfois peuvent avoir les gens que je rencontre au quotidien. Moi j'ai grandi dans un village de 700 habitants, [SPEAKER_00] j'avais [SPEAKER_00] organisé avec le maire que tout mon cabinet puisse venir passer une journée un peu en séminaire pour qu'on puisse à la fois passer du temps ensemble, réfléchir à ce qu'on voulait faire et puis aussi prendre un temps d'échange avec avec le maire du village, se rendre compte que c'est la politique [SPEAKER_00] dans un 1 tout petit village à toute petite échelle et ce que parfois on décide tout en haut comment ça arrive dans le quotidien concret d'un maire. Et c'est plutôt les gens du quotidien qui ne comprennent ce qui se passe Et on avait eu cette conversation et et et [SPEAKER_00] et le maire disait que parfois il a le sentiment qu'on prend des décisions sans se rendre compte de comment lui ça fonctionne. Ça crois. Ça je l'entends. [SPEAKER_00] Je je je pense qu'en tout cas il faut tout faire pour que ça ne soit pas vrai. Il faut absolument qu'on passe le plus de temps possible sur le terrain à comprendre. [SPEAKER_00] On en parlera certainement mais j'ai eu une de mes de mes plus fortes convictions, engagements ça a été autour de la protection des enfants en ligne et et je me souviens d'un moment avec mon cabinet où je leur dis, mais en fait ça fait quelques semaines qu'on parle de ce sujet et je ne suis pas encore confrontée à des enfants et je, comment vous voulez que j'ai un avis sur ce qu'il faut faire sur les réseaux sociaux ou la pornographie en ligne si j'en parle pas avec les personnes les plus concernées. Bien sûr. Et donc on a organisé plein de consultations. [SPEAKER_00] Il y a d'ailleurs, [SPEAKER_00] pas tout le monde le sait, mais il y a beaucoup de jeunes qui sont très engagés dans ce qu'on appelle les conseils municipaux des Donc on en a fait quelques-uns qui sont élus du coup qui représentent une action publique dans leur ville et on est allé à leur rencontre dans plusieurs villes et et de pouvoir échanger avec eux sur ces problématiques de réseaux sociaux, de la place que ça a dans leur vie avec des moments parfois très durs. Ça c'est important ouais. J'ai des des jeunes qui m'ont dit moi j'ai j'ai perdu un ami qui s'est donné la mort parce qu'il [SPEAKER_00] s'est retrouvé dans une situation d'enfermement sur les réseaux sociaux Il se confondait ça. [SPEAKER_00] Sûr bien sûr. En fait c'est extrêmement important et je pense que dans tout ce qu'on fait on doit garder ce lien permanent [SPEAKER_00] entre [SPEAKER_01] la technique de de de l'action publique, mais surtout le concret de ce comment les gens le vivent au quotidien. On va parler après du coup des grands projets et de ce que tu penses de ce qu'on peut faire. Peut-être revenons à la jeunesse, donc tu as été ministre pendant un an, c'est ça Un an. Pendant un an. Est-ce que, avant de nous parler de ta nomination, est-ce que tu peux nous faire un peu ton rapport d'étonnement C'est-à-dire comment [SPEAKER_01] ça s'est passé Le bureau, le truc, tu vois, est-ce qu'il y du protocole Est-ce que tu peux nous raconter des trucs qu'on ne sait pas quoi [SPEAKER_00] Alors [SPEAKER_00] commencer à devenir ministre, c'est forcément très vertigineux parce que c'est des responsabilités énormes pour son pays. [SPEAKER_00] Moi j'ai passé une dizaine d'années dans le secteur privé, je m'occupais de différentes entreprises technologiques, j'étais à l'étranger assez longtemps [SPEAKER_00] en Asie du Sud-Est, à Bangkok, à Hong Kong, [SPEAKER_00] aux États-Unis et quand je suis rentrée en France j'ai eu envie de m'engager pour mon pays, donc je l'ai d'abord fait dans l'administration. [SPEAKER_00] Et puis c'est vrai que quand on reçoit ce coup de fil, [SPEAKER_00] on se dit [SPEAKER_00] c'est c'est c'est c'est un honneur, c'est Ça fait 36 ans J'avais 35 ans à l'époque 35 ans. [SPEAKER_00] Puis j'étais enceinte de 8 mois. Ouais alors ça ça il faut que tu me raconte après. [SPEAKER_00] C'est c'est autre chose, ce que j'ai d'ailleurs [SPEAKER_00] dit au 1er ministre Michel Barnier [SPEAKER_00] avant qu'on se voit lundi, [SPEAKER_00] il y a quand même un truc que j'ai oublié de dire à votre directeur de cabinet et en fait vous allez le voir lundi, c'est que je suis enceinte genre très très enceinte quoi genre en fait vous allez le voir parce que ça fait 8 mois. Et je lui ai dit, cette conversation est entre nous 2 et je comprendrais sincèrement [SPEAKER_00] si du coup vous changez d'avis. Enfin je pense qu'il n'y a pas une entreprise privée [SPEAKER_00] qui m'aurait [SPEAKER_00] nommée, enfin embauchée à 8 mois de grossesse nulle part enfin ça n'existe pas encore. Ouais ouais c'est clair. Et maintenant c'est la [SPEAKER_00] chose plus formidable qu'on peut faire. Donc [SPEAKER_00] c'est génial, félicitations. [SPEAKER_00] Je trouve que quand même on oublie que [SPEAKER_00] voilà le le le président de la République a a aussi porté ça, de mettre des personnes qui n'étaient pas des des politiques de carrière [SPEAKER_00] dans des responsabilités comme celle d'être ministre, une femme enceinte de de 8 mois de grossesse [SPEAKER_00] et c'est ça aussi moderniser l'engagement politique et et je trouve que c'est formidable et j'espère que ça a été enfin je je crois que je sais que ça a été un peu parce que j'ai reçu tellement de messages de femmes [SPEAKER_00] toutes plus touchants les uns que les autres qui disaient que parfois ils ont hésité à prendre un poste, ils ont hésité à dire ce qu'ils voulaient parce qu'elles se disaient je suis enceinte, ce n'est pas le moment et qui me dit mais quand on t'a vu là, on s'est dit mais en fait il faut croire en nous quoi. C'est clair. On y va, tout est possible. Prends tes fonctions et là comment ça va s'organiser parce qu'en fait tu peux accoucher du jour au lendemain. Oui oui c'est vrai, [SPEAKER_00] c'est tout à fait juste et d'ailleurs quand on est ministre, on est [SPEAKER_00] encadré par un officier de sécurité [SPEAKER_00] au cas où il peut se passer quelque chose, on ne sait jamais, ça fait partie, c'est comme ça, c'est c'est c'est le cadre. Et du coup ça fait partie des choses où ils nous disent, alors nous ça fait longtemps qu'on fait ça, mais ou moins longtemps pour certains, mais mais gérer une urgence maternité on n'a jamais fait. [SPEAKER_00] Et oui oui à chaque fois qu'on se déplaçait, [SPEAKER_00] on a fait beaucoup de déplacements en région dans dans ce 1er mois, j'étais à Marseille, j'étais à Grenoble. [SPEAKER_00] Il a aussi un autre une autre fonction qui est le chef de cabinet, donc qui organise la vie du cabinet, l'avis du ministre des déplacements. Et et [SPEAKER_00] du coup, il prévenait la maternité du coin pour dire j'ai j'ai cette ministre enceinte là au cas où, on ne sait jamais, je n'ai pas en déplacement Mais ça fait combien de déplacements enceinte de 8 mois Je ne pas beaucoup beaucoup. Je me rappelle de d'un d'un d'un moment assez particulier [SPEAKER_00] où [SPEAKER_00] il y avait un 1 grand événement [SPEAKER_00] où où étaient rassemblés beaucoup d'entrepreneurs francophones dans le cadre de sommet de la francophonie [SPEAKER_00] à station f. C'est peut-être le seul moment où j'ai eu un petit peu un peu peur je crois que je peux dire pas et et le président venait [SPEAKER_00] déambuler dans l'événement et échanger avec un certain nombre d'entrepreneurs. [SPEAKER_00] Et comme souvent quand il se déplace il y beaucoup beaucoup beaucoup de monde et donc on était dans les allées de de de stations f [SPEAKER_00] complètement débordées de personnes. Moi j'étais là. Pour le coup, ce n'était pas en déplacement, mais c'était quand même sur le terrain. Et et là quand même, ça chahutait pas mal et je me suis bien dit à mon officier de sécurité, je je je commence à me dire que là, ça devient un peu trop le chahut. Qu'est-ce qu'on fait Il ne fallait pas se faire bousculer. [SPEAKER_00] Donc à part ce moment-là ça va. En fait j'avais une approche assez, [SPEAKER_00] je sais que ça paraît peut-être un peu dingue mais je me disais comme tout est très instable et que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment, je ce qui m'inquiétait le plus c'est de me dire que j'allais accoucher trop vite. [SPEAKER_00] Ce qui qui voilà je ne sais pas si c'est bien ou pas bien. Je me [SPEAKER_00] disais il faut que je m'installe, il faut que je prenne mes marques, [SPEAKER_00] il y le sommet de l'action pour l'IA dans quelques mois. [SPEAKER_00] Donc je ne peux pas voilà, là je peux pas coucher maintenant quoi, enfin ce n'est pas possible. [SPEAKER_00] Et je voulais voilà vraiment faire avancer les sujets le plus possible [SPEAKER_00] et avoir le temps aussi d'organiser [SPEAKER_00] les quelques semaines où je ne serai pas là pour que pour que mon cabinet ne subisse pas, subisse pas ce moment-là. C'était ça en fait qui me me préoccupait le plus. Ah oui c'est incroyable. [SPEAKER_00] Et je me rappelle de [SPEAKER_00] la veille de de mon que bref pour des raisons médicales j'ai j'ai eu un accouchement programmé et [SPEAKER_00] et la veille de mon accouchement j'étais en train de finir un papier que je je suis passé aux équipes du président au président sur le sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle. Et y avait une réunion le lendemain à l'Elysée [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] et je dis il faudrait m'envoyer un lien visio parce que je serai à la maternité et Tu voulais faire un visio à la mater. [SPEAKER_00] Et la la conseillère en charge du président me dit, enfin vous faites bien sûr ce que vous voulez, mais mais de femme à femme, [SPEAKER_00] je ne pense pas que non. Enfin je je ne pas que ça finisse vous allez accoucher. [SPEAKER_00] Et en fait là j'ai pris conscience du truc. En fait jusque jusque vraiment quelques heures avant je [SPEAKER_00] j'étais tellement focalisée sur organiser, [SPEAKER_00] faire en sorte d'avoir bien structuré ce que je devais faire, [SPEAKER_00] pris mes dossiers en main que j'avais un peu oublié que j'allais accoucher quoi. Et donc c'est la veille trop tard ce soir-là alors que le lendemain je partais avec ma petite valise à la maternité que je me dit ah oui en fait je vais accoucher quoi. Est-ce qu'à un moment quand même tu as réussi à se mettre dans cette bulle de la naissance [SPEAKER_00] Oui je pense qu'en fait après cette conversation avec cette conseillère, je ne jamais dit d'ailleurs je ne sais pas si elle s'en rappellera si elle nous écoute. [SPEAKER_00] Mais ça m'a fait le déclic de [SPEAKER_00] ok en fait là [SPEAKER_00] en plus j'avais décidé de ne prendre beaucoup de temps mais ce temps-là je vais je vais un peu me créer ma ma petite bulle pour accueillir cet enfant. Tu as réussi quand même. Et après tu tu as eu un congé mat Comment on fait quand on est ministre et qu'on vient d'accoucher Oui alors je n'étais pas la 1re donc déjà ça ça a été un truc de de dingue le nombre de femmes ministres qui ont accouché. On n'est pas non plus très nombreuses, mais il y en a quelques-unes [SPEAKER_00] qui qui m'ont écrit pour me dire si tu veux en parler, si tu as envie que je te partage mon expérience, si tu as besoin de conseils. Dès que j'étais nommée en fait, je trouvais que c'était génial. Sympa. Ouais ce côté très sororité. [SPEAKER_00] Il y a vraiment beaucoup qui m'ont tendu la main pour m'aider à réussir. Qui sont les ministres par exemple qui ont tendu le c'est vrai. Ouais. Elisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher, [SPEAKER_00] Marlène Schiappa qui avait accouché, [SPEAKER_00] Olivia Grégoire aussi qui avait accouché, Sarah El Haïry qui avait accouché aussi. En fait toutes ces femmes m'ont tendu la main pour je pense déjà m'aider à atterrir et puis pour celles qui avaient eu cette expérience d'accoucher au gouvernement, me simplement aussi me partager comment elle l'avait vécu. Et ça c'était c'est c'était assez assez chouette quoi. C'est chouette parce que même dans les entreprises parfois ça n'arrive pas. Non. Donc c'est vrai qu'on ne s'attend pas à ce que ça arrive au [SPEAKER_01] gouvernement quoi. [SPEAKER_00] Et alors du coup donc tu as eu très très peu de temps finalement, tu as repris tout de suite comment En fait chacun et je pense qu'il faut pas se dire il faut faire ci, il faut faire ça, chacun fait un peu comme il veut et s'organise comme il veut, ce n'est pas prévu de toute façon, donc on fait ce qu'on peut. [SPEAKER_00] Moi je venais de commencer, j'ai été nommée un 21 septembre, mon fils est né le 21 octobre, vraiment pile un mois. Un mois. Et [SPEAKER_00] donc j'ai j'ai voulu prendre le plus court possible parce que je voulais revenir tout de suite aux affaires et et être [SPEAKER_00] être en [SPEAKER_00] charge de de des responsabilités qu'on m'avait confiées. Donc j'ai pris quelques semaines, 2 semaines. Oui 2 semaines de congélation. Et et après je suis revenue et et mais mais je n'ai pas de regrets enfin c'est ma décision. [SPEAKER_00] Je comprends qu'elle puisse choquer. C'était d'ailleurs quelque chose qui était assez difficile à gérer avec mon équipe. On savait, on on disait que quoi qu'on dise [SPEAKER_00] parce que tout est forcément commenté, [SPEAKER_00] ça serait commenté. Soit c'était trop court, on allait me dire c'est trop court, ce n'est pas un bel exemple à donner, soit c'est trop long. Parce que ça d'ailleurs c'est une anecdote [SPEAKER_00] folle mais quand j'ai été nommée donc ministre, [SPEAKER_00] quand on arrive dans les dessous, [SPEAKER_00] quand on arrive pour le le 1er conseil des ministres, il y a beaucoup de journalistes là dans la cour du palais de l'Elysée [SPEAKER_00] qui nous prennent en photo et donc moi je suis énorme. Et il y a une vidéo qui est devenue virale sur TikTok [SPEAKER_00] où je suis donc, [SPEAKER_00] on voit que je viens d'être nommée et on voit que je suis très enceinte. Et la légende c'est un truc du type, [SPEAKER_00] encore quelqu'un qui a trouvé moyen [SPEAKER_00] de [SPEAKER_00] en gros de trouver un emploi fictif parce que [SPEAKER_00] payer par nos impôts, [SPEAKER_00] c'est inadmissible de nommer une femme ministre enceinte. [SPEAKER_00] Et les commentaires et TikTok c'est un réseau social de jeunes. Bien sûr. C'était quoi les commentaires Et les commentaires, [SPEAKER_00] le nombre de gens qui disaient c'est c'est pas possible de donner des responsabilités comme ça à une femme enceinte. Mais non. Ah super, elle va prendre un congé mat, [SPEAKER_00] ceci cela, [SPEAKER_00] c'est complètement irresponsable. [SPEAKER_00] Le nombre de commentaires et ça c'est vrai que ça m'avait assez choqué ce que [SPEAKER_00] en fait de de de de déjà de basculer dans le fait de devenir quelqu'un de public, j'avais déjà un rôle un peu public à la french tech mais là c'est quand même un autre niveau. Et surtout de voir à quel point on on on a encore dans beaucoup de parts de la société y compris chez les plus jeunes. [SPEAKER_00] Voilà ce cet [SPEAKER_01] inconfort entre des jeunes femmes qui prennent des responsabilités Et puis les gens n'imaginent pas que tu, enfin je pense que [SPEAKER_00] n'ont pas imaginé une seconde que la ministre puisse lire leurs commentaires. Sauf que tu les as lus et tu étais enceinte de 8 mois donc ce n'est pas Et ça pour boucler avec avec mon portefeuille, les sujets que j'ai j'ai portés dans ces fonctions que je continuerai à porter. Je crois que c'est peut-être une des choses dont on prend de plus en plus conscience [SPEAKER_00] dans dans le monde actuel, c'est que ces outils numériques qui sont des espaces incroyables de liberté, d'émancipation, [SPEAKER_00] enfin je veux dire les les printemps arabes ont été permis par internet C'est vrai. [SPEAKER_00] D'accès à l'éducation, [SPEAKER_00] enfin d'accès à ce type de contenu qui n'existait pas il y il y a pas il y pas si longtemps que ça. Mais ont aussi des dérives folles et une des dérives c'est sûr que c'est [SPEAKER_00] ce sentiment parce qu'il y a il n'y a pas d'impunité en ligne quand il y a des cas très graves de cyberharcèlement, il y a des procès qui sont menés, c'est une bonne chose et et et et et [SPEAKER_00] et il y a des sanctions parfois très lourdes. [SPEAKER_00] Mais ce sentiment d'impunité [SPEAKER_00] de ce qu'on dit derrière un écran [SPEAKER_00] fait partie des dérives, fait partie des dérives qui, [SPEAKER_00] c'est des choses qu'on dit qu'on dirait jamais dans la rue comme ça à quelqu'un, [SPEAKER_00] non mais qu'est-ce que tu fais là [SPEAKER_00] enceinte, ministre ce n'est pas normal Bien sûr. Et puis si tu es dans du vocabulaire beaucoup moins beaucoup moins poli que tu Pleurerie comme on dit. Et [SPEAKER_00] et et ça fait partie notamment [SPEAKER_00] des gros problèmes des réseaux sociaux chez les plus jeunes Bien sûr. Ou quand on est à un âge je suis près de 35 ans maintenant 36, [SPEAKER_00] bon ça fait un peu bizarre mais c'est surtout que ça me ça me fait dire ok il faut être encore plus ferme sur les politiques d'égalité femmes hommes, je cherche des solutions. Bien sûr. Quand on est un ado, une ado en train de se construire et qu'on subisse ce type de de campagne de cyberharcèlement, [SPEAKER_00] c'est dramatique sur la santé mentale de nos enfants. Et ces effets-là, je pense qu'on on ne les mesurait pas du tout il y a 15 ans quand les réseaux sociaux sont arrivés dans nos vies Et aujourd'hui [SPEAKER_00] fort heureusement et le président a impulsé beaucoup sur cette question-là avec des scientifiques incroyables, je pense à Servan Mouton, à Amin Benyamina, gens que j'ai rencontrés dans mes fonctions qui qui font un travail de recherche pour montrer l'addiction [SPEAKER_00] aux aux écrans, aux réseaux sociaux, l'impact sur la santé mentale, le développement, le les troubles du sommeil. Ils ont fait tout ça dans ce qu'on a appelé une commission écran avec des chercheurs pluridisciplinaires [SPEAKER_00] de partout. Et aujourd'hui on on le sait que ce type de phénomène, l'accès à des contenus pas du tout adapté [SPEAKER_00] pour pour les jeunes pornographie on en reparlera peut-être, voire pire des des vidéos de de mutilation enfin tout tout tout, on trouve tout en fait voilà. Et [SPEAKER_00] puis juste [SPEAKER_00] le fonctionnement des réseaux eux-mêmes, enfin on en fait on en fait tous en tant qu'adulte l'expérience, [SPEAKER_00] on est incapable de se concentrer plus de 5 minutes, [SPEAKER_00] on tourne en boucle parfois on se retrouve à scroller pendant des heures. Tout ça chez des ados en construction, c'est explosif. [SPEAKER_00] Et c'est pour ça que j'ai porté beaucoup la question de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans parce qu'avec les échanges avec les jeunes dont je parlais tout à l'heure, [SPEAKER_00] avec les chercheurs, [SPEAKER_00] avec [SPEAKER_00] les différents politiques, je me suis beaucoup investie au niveau européen sur cette question. Je pense qu'il y a urgence [SPEAKER_00] à ce qu'on protège les plus jeunes de de de ces dérives-là. Mais on sent que tu as envie de continuer à t'investir. [SPEAKER_00] Ouais bien sûr. Je que quand on a eu l'honneur d'avoir [SPEAKER_00] eu ces responsabilités-là [SPEAKER_00] pour son pays, [SPEAKER_00] en fait ça nous oblige à continuer à à avancer. [SPEAKER_00] Et d'ailleurs j'ai dit ça à mon cabinet quand on on s'est réuni pour regarder les nominations ce fameux 5 octobre, [SPEAKER_00] je dis voilà je je pense que on dans une vie politique il y des moments où ça marche comme on veut, y a des moments où ça ne marche pas mais c'est pas pour ça qu'on abandonne les combats et que ça soit moi, que ça soit eux, je je sais qu'on restera engagé et oui, je vais être engagée jusqu'au bout. Tu as envie de continuer Il y a une question que je me suis posée en préparant l'émission, c'est toi tu viens du du privé aussi de l'univers des start-up [SPEAKER_01] et puis tu arrives dans le public où tout est plus lent. [SPEAKER_01] Est-ce que ça ne t'a pas rendu dingue Enfin juste on est presque entre nous, tu vois j'ai envie te dire Presque entre nous. Presque. Ça ne t'a pas rendu dingue parce que ce n'est quand même pas tout à fait la la la même force de frappe quoi. C'est sûr que les passages de [SPEAKER_00] start-up à administration, [SPEAKER_00] il faut une petite capacité d'adaptation. [SPEAKER_00] Après moi j'ai toujours adoré [SPEAKER_00] changer les règles, changer les univers, c'est pour ça aussi que j'ai passé du temps à l'étranger, [SPEAKER_00] la Thaïlande à Hong Kong, changer de métier, reprendre des études. J'aime bien être dans l'inconfort. Après je pense qu'il ne faut pas être [SPEAKER_00] caricatural, je trouve dans le débat public aujourd'hui c'est difficile d'avoir une 1 parole nuancée. [SPEAKER_00] Oui c'est c'est c'est bien sûr c'est beaucoup plus long que dans une start-up. [SPEAKER_00] Mais il y a aussi des choses qui marchent vachement bien. [SPEAKER_00] Quoi Par exemple, moi je trouve qu'une une des choses très concrètes qui marchent bien c'est on pose les idées par écrit. On le fait très rarement dans une start-up parce qu'on ne prend pas le temps et du coup une décision prise dans une start-up là dans un coin de table autour d'un café entre moi et mon CEO par exemple quand j'étais chez Evester Collectif, ça nous arrive plusieurs fois, on est hop hop on va faire ça, de toute façon il faut faire ça tout de suite parce que je ne sais pas il faut [SPEAKER_00] réagir à un concurrent qui vient de ne dire jamais ou je ne sais En fait comme on on la prend comme ça à 2 et qu'on ne pose pas les choses, finalement le temps d'aligner l'organisation et que les choses soient comprises par tout le monde, [SPEAKER_00] on perd parfois plus de temps parce qu'on réexplique, parce qu'en fait c'est mal exécuté, parce que ça a été mal communiqué, mal compris. [SPEAKER_00] Alors que dans l'état, [SPEAKER_00] comme on travaille beaucoup par écrit, c'est vraiment [SPEAKER_00] un exemple micro que je donne mais mais je crois que ça change quand même pas mal la culture des et qu'on fait ces fameuses notes, une note attention du ministre c'est les les les administrations, [SPEAKER_00] donc les agents de Bercy qui prennent le temps de rédiger [SPEAKER_00] sur 2 pages leurs pensées sur une problématique. Donc par exemple ça peut être [SPEAKER_00] là très dernièrement on organisait un sommet [SPEAKER_00] sur ce qu'on appelle la souveraineté numérique avec les Allemands. Donc les agents de de en charge de ces sujets-là, de partenariat européen [SPEAKER_00] et de numérique dans le ministère de l'économie [SPEAKER_00] ont partagé une note de 2 pages de voilà quelle position de fond on pense pouvoir porter avec les Allemands et pourquoi voilà quoi pourrait ressembler Et du coup tu recevais combien de notes Tout est très structuré. Tout [SPEAKER_00] nous est imprimé. Ah oui. À l'ancienne. [SPEAKER_00] Alors moi aussi je me suis C'est drôle pour la mise du numérique. [SPEAKER_00] Oui c'est sûr que quand c'est une mise du numérique et de l'IA et qu'on arrive avec son gros dossier et je dois dire que je me suis assez accoutumée à ça et plutôt je trouvais ça assez chouette. Mais en vrai on lit mieux quand c'est imprimé. On lit mieux. C'est vrai. D'ailleurs [SPEAKER_00] la [SPEAKER_00] lecture est un sujet quand on parle réseaux sociaux Enfin [SPEAKER_00] je pense qu'on est tous à relire un livre et surtout chez les plus jeunes c'est Bien sûr. C'est hyper important. Donc on lit mieux et puis [SPEAKER_00] non mais c'est toujours un peu le même sujet mais aussi on est beaucoup plus concentré avec son interlocuteur [SPEAKER_00] si on a un papier que si on a un écran. Assez vite aussi on voit l'envers du décor des politiques publiques et ça c'est quand même assez chouette de se dire, ce qu'en plus moi j'ai vécu en tant qu'entreprise, [SPEAKER_00] donc je ne sais pas je prends un exemple concret, crédit d'impôt recherche, c'est c'est quelque chose dont on parle souvent. [SPEAKER_00] En tant qu'entreprise on [SPEAKER_00] avait [SPEAKER_00] le droit de de pouvoir avoir ce crédit d'impôt parce qu'on avait beaucoup de chercheurs et de d'ingénieurs et donc c'était éligible. Et en fait de passer de l'autre côté et de comprendre toute la politique économique qui a lié à [SPEAKER_00] cette mesure-là, c'est hyper intéressant. [SPEAKER_00] Et je pense que c'est aussi [SPEAKER_00] pourquoi on trouve tant de gens engagés parce qu'il y a ce côté on a envie de faire avancer le pays et puis il y a aussi une vision très [SPEAKER_00] intérêt général des choses qu'on retrouve forcément pas dans le secteur privé parce que c'est pas les mêmes intérêts que les Et et j'ai vécu des gouvernements, les 2 gouvernements que j'ai vécu on a quand même à la même table des gens avec des sensibilités très différentes parce qu'on on est dans ce mental. [SPEAKER_00] Et on s'écoute, on discute. Moi ça m'est arrivé de de ne être d'accord avec des ministres sur des points précis [SPEAKER_00] sans rentrer dans des sujets trop techniques mais par exemple un sujet qui est toujours un sujet un peu de confrontation entre le ministère de l'intérieur d'un côté et le ministre du numérique de l'autre, c'est la question de du chiffrement des messageries. [SPEAKER_00] Le chiffrement des messageries c'est quoi C'est sur [SPEAKER_00] les messageries instantanées, [SPEAKER_00] la technologie qui permet de garantir que tout ce qui est dit sur ces messageries [SPEAKER_00] est protégé, [SPEAKER_00] qui pour moi est fondamental [SPEAKER_00] dans la conception de de des libertés [SPEAKER_00] sur internet et [SPEAKER_00] de [SPEAKER_00] façon disons régulière ce qu'est cette question, mais c'est d'ailleurs ce qui est [SPEAKER_00] hyper intéressant dans le périmètre du numérique, les gens pensent que c'est un truc de geek et que ce n'est pas forcément ce qui fait la une et que ça. En fait c'est hyper politique. [SPEAKER_00] Parce que numérique c'est un outil sur lequel en permanence il faut décider où est-ce qu'on met le curseur entre liberté d'un côté et protection de l'autre. Ouais, c'est intéressant, c'est vrai Sur tous les sujets, sur la protection des mineurs c'est pareil. Est-ce qu'on interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, du coup on les prive d'une certaine liberté mais en même temps c'est pour les protéger. Et donc le chiffrement par exemple c'est un gros sujet de tension politique Entre numérique et l'intérieur. Et ces 2 2 visions du monde en fait. C'est-à-dire est-ce que là Il y avait des frictions [SPEAKER_00] directes Ouais on est on est par exemple [SPEAKER_00] avec avec Bruno Retailleau qui était ministre de l'intérieur de l'époque, on n'était pas d'accord. On avait 2 positions différentes mais en fait on peut se le dire et s'en parler et s'écouter. [SPEAKER_00] Et et je crois que c'est ça aussi qu'on a essayé de construire en un an et qu'on a essayé de construire Michel Barnier puis François Bayrou de se dire on est dans un gouvernement où de toute façon par nature on ne sera pas tous d'accord. Mais il faut créer les conditions [SPEAKER_00] de du débat, de l'écoute et puis après [SPEAKER_00] quand on décide d'une position du gouvernement, c'est la position du gouvernement. Ça ce n'est pas facile toujours quand on vient [SPEAKER_00] d'un monde où on n'est pas en politique de carrière et où du coup on a toujours été fidèle à ses convictions. Oui, là il faut que tu reprennes un discours au cas de Quand [SPEAKER_00] je me retrouve notamment [SPEAKER_00] au Sénat, je portais un projet de loi sur la cybersécurité [SPEAKER_00] et les obligations [SPEAKER_00] des [SPEAKER_00] collectivités, [SPEAKER_00] des entreprises de se protéger parce qu'aujourd'hui [SPEAKER_00] on pense souvent cybersécurité très très très grandes entreprises, mais en fait la menace s'est vachement dispersée [SPEAKER_00] et va vers des plus petites structures qui sont bien moins préparées, des mairies. [SPEAKER_00] J'ai rencontré un chocolatier qui m'a dit, mais moi jamais je pensais que je serais attaquée [SPEAKER_00] par un 1 attaque cyber chez du chocolat. C'est clair, c'est clair. Mais il y a beaucoup d'attaques aussi de déstabilisation [SPEAKER_00] de de rançons aujourd'hui, de rançons, c'est le plus gros type. [SPEAKER_00] Et donc je portais ce projet de loi qui est important pour pour se protéger [SPEAKER_00] contre ces ces menaces cyber et dedans il y a un sénateur parce qu'il y avait eu tout ce débat sur le chiffrement dans un autre projet de loi à l'assemblée, dans le projet de loi sur le narcotrafic [SPEAKER_00] qui a remis ce sujet dans le dans la loi que je portais. Important ce qu'on appelle un amendement, donc en portant un amendement [SPEAKER_00] qui allait à l'inverse de ce qui avait été décidé à l'assemblée. À l'assemblée, il avait été décidé dans dans dans les débats que [SPEAKER_00] pour lutter contre le narcotrafic, [SPEAKER_00] pourrait [SPEAKER_00] demander aux entreprises de revoir comment fonctionne le chiffrement. [SPEAKER_00] Or d'un point vue technique, ce n'est pas possible soit c'est chiffré, soit c'est pas Et [SPEAKER_00] donc ce ce ce sénateur Olivier Kadick [SPEAKER_00] a dit, [SPEAKER_00] moi il va, je vais porter dans le cadre de la cyber, cyber c'est se protéger un amendement pour dire on ne peut pas toucher au chiffrement. [SPEAKER_00] Donc elle est en conflit avec ce qui avait été décidé auparavant. [SPEAKER_00] Et donc toi tu as dû porter un truc. Et donc moi la position du gouvernement, c'est toujours la même que celle qui avait été décidée auparavant, c'est-à-dire de dire qu'on [SPEAKER_00] est contre [SPEAKER_00] sa proposition de sanctuariser [SPEAKER_00] le chiffrement. [SPEAKER_00] Alors fondamentalement, [SPEAKER_01] je suis pour. Mais comment tu fais en fait [SPEAKER_01] Comment ça marche En fait parfois tu dois dire je ne suis pas d'accord parce que c'est la position du gouvernement, [SPEAKER_00] alors qu'intimement tu es d'accord. Oui en fait C'est très difficile à faire. Oui c'est difficile mais c'est c'est c'est aussi ce qui se passe en ce moment au parlement sur le budget. En fait on on doit sortir du fait qu'on peut tout décider tout comme on veut parce qu'au niveau de d'un d'un pays quand il y des opinions aussi différentes qui se confrontent, moi je moi je suis convaincue de ça. La seule façon de de recréer du lien, de refaire société même si ça fait un peu grandiloquent de dire ça, c'est d'accepter que tout ne va pas être comme on veut [SPEAKER_00] et que parfois on gagne, parfois on perd, parfois c'est ni ce que voulait l'un ni ce que voulait l'autre. Mais tu arrives à rentrer une famille tous les jours. C'est vrai, c'est vrai, mais Peut-être que je ne sais pas, tu étais en vacances il n'y a pas longtemps et que ton mari voulait aller, [SPEAKER_00] je ne sais pas à la campagne Non mais tu peux à campagne [SPEAKER_00] Tu as des chances. [SPEAKER_00] Mais comprends bien. En fait tu étais dans le consensus. C'est là la façon dont je jugeais, c'est que j'ai laissé entendre qu'il y la pression du gouvernement et que suis loyale au gouvernement bien sûr, enfin j'appartiens au gouvernement, je suis loyale au gouvernement, [SPEAKER_00] qu'après [SPEAKER_00] dans la façon dont tu réponds, on répond quand il a une proposition d'amendement, ensuite on se lève et le gouvernement répond et donne la position du gouvernement, on peut être favorable, défavorable ou avis de sagesse, je m'en remets au à l'assemblée. [SPEAKER_00] Et donc en l'occurrence j'étais défavorable alors qu'au fond j'étais défavorable. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] en disant que je suis défavorable, je fais entendre que moi je suis favorable, [SPEAKER_00] mais que la position du gouvernement elle est défavorable et donc je suis loyale. [SPEAKER_00] Noué 2 3 liens que j'ose qualifier d'amitié avec des sénateurs, on n'était pas du tout de la même génération, mais justement qui [SPEAKER_00] qui m'ont contactée aussi proactivement en me disant en fait je trouve ça génial de voir une jeune femme avec autant d'énergie de conviction dans cette assemblée nous raconter des trucs et notamment dans un 1 exercice qu'on appelle les questions au gouvernement qui sont retransmises d'ailleurs en direct et en ce moment dans les débats beaucoup de gens regardent. C'est assez tendu. Et et c'est souvent assez tendu [SPEAKER_00] et c'est presque un jeu de théâtre en fait Ah bien sûr. Faire passer les idées, il faut aussi mettre en scène [SPEAKER_00] un peu la manière de répondre. Moi j'ai adoré ces moments parce qu'on est dans ces ces cet hémicycle, c'est là où se joue le coeur de la démocratie, c'est là où sont votées nos lois [SPEAKER_00] et on a 2 minutes pour convaincre. Ça m'est arrivé aussi, je vais faire des discours devant vraiment des des milliers de personnes au sommet pour l'action sur l'IA. On a cet événement à à station f en marge du sommet qu'on a appelé le business day, on a rassemblé tous les entrepreneurs [SPEAKER_00] pour vraiment recréer une dynamique autour de l'intelligence artificielle parce qu'on [SPEAKER_00] a apporté une 1 stratégie depuis 2018 et notre, enfin je sais que c'est c'est c'est un moment on préfère dire ce qui ne marche pas que ce qui marche Bien sûr non c'est Ça [SPEAKER_00] ça [SPEAKER_00] Oui moi j'aime bien préparer. Parfois pour les grands discours j'aime bien les répéter, [SPEAKER_00] je les répète parfois sur mon équipe pour qu'ils me disent un peu est-ce que je me suis arrêtée au bon endroit, est-ce que [SPEAKER_01] ouais. Est-ce que parfois tu as senti que tu tremblais, que tu avais les joues qui tremblaient, [SPEAKER_00] la feuille qui bougeait un petit peu. Il y des moments à la 1re prise de parole en conseil des ministres, c'est sûr que tu as un peu d'émotion quand même. Tu es en conseil des ministres, 1er ministre, y le président, y a tous tes collègues. [SPEAKER_00] Mais ce qui est assez, [SPEAKER_00] quand une fois en fait on on, [SPEAKER_00] tu te rends compte aussi à la sortie que tout le monde est un peu stressé comme toi même même même ceux qui font ça depuis 40 ans. Ouais c'est vrai. Parce que les fonctions sont sont tellement grandes et et on a tellement une chance, un honneur de les porter que forcément le poids des fonctions fait que personne n'y va en se disant, allez petite partie de [SPEAKER_01] En fait tu t'es dégénéres entre amis. C'est ça, ce n'est pas un entre potes, mais du coup tu as humanisé aussi les autres Ouais [SPEAKER_00] complètement, complètement. [SPEAKER_00] Ouais en fait derrière les les les responsables politiques, y a des femmes, des hommes qui ont un vrai engagement sincère [SPEAKER_00] et qui restent [SPEAKER_00] pas des humains et [SPEAKER_00] qui et je crois qu'aussi ça en ce moment on [SPEAKER_00] a tendance à l'oublier parce qu'on voit les intérêts des uns et des autres mais qui ont quand même décidé de faire passer leurs fonctions leur engagement pour le pays avant tout parce que c'est des fonctions totales. Je veux dire il n'y a pas une seconde dans l'année où on est ministre, n'est pas ministre, c'est c'est tout le temps. [SPEAKER_00] Et pour les gens qui ont une carrière politique d'élus depuis des années, [SPEAKER_00] c'est un engagement qui qui bien sûr prend le plan sur ta famille. Enfin moi j'ai eu la chance d'être accompagnée par mon conjoint, par mes parents, par ses parents, par nos amis, [SPEAKER_00] mais mais mais c'est [SPEAKER_00] un choix de vie qui qui est qui est qui est total et et qui est des gens et moi d'ailleurs c'est un ça sera certainement un des combats que je veux continuer à porter qui s'engagent aujourd'hui [SPEAKER_00] alors qu'il y a les réseaux sociaux, alors qu'il y a le harcèlement, alors qu'il y la violence qu'on a dans le monde politique actuel avec la polarisation des débats, c'est hyper important de dire que ça reste le plus bel engagement et que j'invite les gens à le faire [SPEAKER_00] malgré toutes ces difficultés parce que À à faire quoi À s'engager. À s'engager. Ouais. La politique, faut y aller. Pas forcément être ministre mais s'engager. Ministre, je crois qu'on ne choisit pas quand ça commence, on ne choisit pas quand ça finit, mais en tout cas s'engager. [SPEAKER_00] Là, il y les élections municipales dans 6 mois, [SPEAKER_00] il y aura les élections présidentielles puis législatives en 2027 [SPEAKER_00] et c'est aussi d'ailleurs pour les collaborateurs un engagement de dingue parce que c'est [SPEAKER_00] surtout dans le numérique en fait dans le numérique en plus il se passe des choses tout le temps, c'est non-stop et puis il y a des moments de crise. [SPEAKER_00] Je pense qu'on ne les anticipe pas même si j'ai envie d'en avoir vécu une, ça donne aussi le recul de peut-être pour la suite comment je vivrai les prochaines parce que de [SPEAKER_01] toute façon Est-ce que tu peux nous reraconter peut-être en 2 minutes pour que tout monde comprenne [SPEAKER_01] ce qui s'est passé donc il y cette plateforme Kick [SPEAKER_01] avec des lives enfin je te laisse raconter. [SPEAKER_00] En fait Kick c'est une plateforme où on peut se connecter [SPEAKER_00] et il y a des lives donc [SPEAKER_00] les personnes se mettent en scène en live en direct [SPEAKER_00] sur [SPEAKER_00] sur sur cette plateforme et ils ont ce qu'on appelle des chaînes, donc on suit là en l'occurrence c'est Jean-Port Manove, la chaîne de Jean-Port Manove [SPEAKER_00] ils font ce qu'ils veulent sur leur chaîne, c'est leur chaîne, c'est leur contenu, ça leur C'est ça qui est fou, c'est qu'on fait ce qu'on veut en fait. Voilà et sur cette chaîne-là en l'occurrence, [SPEAKER_00] il y avait de la mise en scène et je dis mise en scène parce qu'il y a une enquête en cours donc on sait c'est difficile, je ne peux pas qualifier exactement ce qui se passait, pas mon mon rôle bien sûr. [SPEAKER_00] Mais donc de la mise en scène ou des violences ça sera jugé, [SPEAKER_00] faite sur sur sur Raphaël Gravel, Jean-Pormanov [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] donc au milieu de l'été, ne sais pas si c'est peut-être un 15 août quoi. [SPEAKER_00] En fait il décède en ligne parce que c'est En direct. En direct, [SPEAKER_00] en direct. [SPEAKER_00] Et là [SPEAKER_00] Toi tu es prévenu tout de suite. Oui enfin je de toute façon je le vois tout de suite. [SPEAKER_00] Sur les réseaux ça va très vite quoi. [SPEAKER_00] Et on n'est pas tous ensemble avec les cabinets comme c'est 5 15 août. 5 15 août. [SPEAKER_00] Et en fait j'avais j'avais prévu d'être je sais plus, c'était en fin de semaine et je devais être au bureau assez vite et heureusement parce que c'était quand même plus agréable de gérer ça ensemble. [SPEAKER_00] Et et donc ça prend des proportions en plus un 15 août, c'est sûr que il y a un le côté dramatique de ce qui vient de se passer. [SPEAKER_00] Forcément [SPEAKER_00] moi en tant que citoyenne mais surtout je suis scandalisée de de me dire mais [SPEAKER_00] c'est le monde dans lequel on est aujourd'hui et aussi ce que j'ai oublié de dire c'est que sur ces chaînes on peut payer [SPEAKER_00] pour demander à ce qui se passe des choses. Donc c'est c'est black mirror C'est cassé une brique sur la tête quoi. Les gens qui ont vu black mirror c'est vraiment black mirror quoi, je demande des atrocités en direct [SPEAKER_00] via une chaîne internet et [SPEAKER_00] les personnes se font rémunérer et il y a 200000 personnes qui sont [SPEAKER_00] abonnées à cette chaîne. [SPEAKER_00] Et donc oui forcément [SPEAKER_00] ça prend des proportions énormes et internationales. [SPEAKER_00] Tout de suite ça ça ça ça simplifie ça simplifie ça simplifie. Et comment on gère une crise, [SPEAKER_00] des gens essaient de garder son sang-froid, [SPEAKER_00] on ne se fait accompagner assez vite en fait [SPEAKER_00] 1re enfin la 1re 1er réflexe c'est de se dire ok déjà il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé. Bien sûr. [SPEAKER_01] Et dans le cas avec les conseillers, c'est-à-dire qu'en fait en tant que ministre pour qu'on comprenne bien, il y a des gens dont c'est la spécialité de gérer les crises qui là du coup vont arriver [SPEAKER_00] Non. Prendre le relais Non non non c'est ton équipe d'habitude. C'est ton équipe. [SPEAKER_00] Après voilà [SPEAKER_00] on peut se faire aider des uns et des autres mais c'est ton équipe. Et donc voilà il faut déjà comprendre ensuite [SPEAKER_00] essayer de voir ce que tu peux faire parce que forcément tout de suite il y a une pression [SPEAKER_00] de et [SPEAKER_00] et et ça c'est assez fou et c'est marrant c'est un peu passé la même chose avec le Louvre je trouve. La 1re le 1er réflexe des médias, des gens c'est qui est responsable. [SPEAKER_00] Et il faut trouver coupable quoi et donc là c'est est-ce que c'est à midi numérique, est-ce que c'est la plateforme, est-ce que c'est l'Arcom, est-ce que c'est l'autorité [SPEAKER_00] de régulation, [SPEAKER_00] est-ce que c'est faros qui est, c'est les policiers du numérique qui reçoivent les signalements, est-ce que moi mon 1er job c'était de dire en fait ces ces personnes enfin c'est peu importe, ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est un comprendre comment c'est arrivé et 2 quelles sont les, moi je suis en charge des politiques [SPEAKER_00] du Est-ce [SPEAKER_00] que la régulation du numérique qu'on a aujourd'hui nous permet déjà de faire en sorte que ça n'arrive plus, jamais [SPEAKER_00] ou il y a des choses à imaginer pour aller plus loin dans la régulation et dans ce cas-là je ne pas le savoir là en 2 minutes. Qu'encore une fois, on est sur un sujet de tension entre liberté d'expression [SPEAKER_00] d'un côté, liberté des individus et Comment [SPEAKER_01] tu fais d'ailleurs parce que je t'ai entendu plusieurs fois prendre la parole sur ce sujet qui est hyper grave. [SPEAKER_01] Comment tu fais pour être formé à répondre aux journalistes [SPEAKER_01] Tu vois Est-ce que tu t'es fait coacher avant Est-ce que tu te fais coacher, te coacher un petit peu tout le temps Oui. Quand même parce que c'est pas facile. Quand chacun fait comme il veut, moi j'aime bien [SPEAKER_00] préparer, [SPEAKER_00] donc oui je réfléchis à ce que je veux dire et puis ensuite avec on a ce qu'on appelle une conseillère en communication. [SPEAKER_00] Parfois aussi j'aime bien avoir des personnes externes pour qui sortent un peu du quotidien des sujets pour être sûr qu'ils comprennent bien ce que je suis en train d'essayer de dire parce que quand on est entouré dans des sujets avec un cabinet qu'on on connaît par coeur, [SPEAKER_00] on peut se rendre compte aussi qu'on est trop Oui jargonneux. Ouais ce qu'on pense être clair et plus plus du tout clair. Et [SPEAKER_00] ça c'était un peu mon test aussi quand je, souvent le week-end je retournais, [SPEAKER_00] j'ai grandi dans en Seine-et-Marne dans un village de 700 habitants, je testais toujours un peu de, là je suis en train d'essayer de dire ça, est-ce que c'est clair, est-ce que ce n'est pas clair, [SPEAKER_00] tu vas sortir du monde du micro-en-courant en quoi. Moi je faisais ça comme ça en fait. Je passais 2 3 coups de fil à des gens très très différents pour voir si ce que j'ai essayé de dire était clair et puis ensuite je m'entraîne si possible avec quelqu'un de bien difficile. Est-ce que parfois tu peux avoir peur ou d'autres pénistes peuvent avoir peur de perdre leur job [SPEAKER_00] pour un mot déplacé, pour C'est sûr que quand on représente la parole du gouvernement, [SPEAKER_00] quand on parle, on est un peu moins [SPEAKER_00] déjà un certain nombre de contraintes et puis on oui on a une responsabilité sur nos besoins bien sûr. C'est quoi ton meilleur souvenir en tant que ministre [SPEAKER_00] À un moment où tu t'es dit waouh. [SPEAKER_00] Je pense que c'est le sommet pour l'action sur l'IA. [SPEAKER_00] Quoi Ou quand on arrive dans le Grand Palais on a passé tellement de de de [SPEAKER_00] temps d'énergie [SPEAKER_00] et qu'on voit tous ces pays rassemblés au même endroit ici en France pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut [SPEAKER_00] pousser le développement de l'intelligence artificielle, toutes les entreprises du monde entier, tous les [SPEAKER_00] chercheurs, les entrepreneurs français qui sont hyper fiers en fait de faire partie de ce moment-là. Bien sûr. C'est hyper satisfaisant de se dire que la politique a été menée depuis 2018 avec la stratégie nationale sur l'IA qu'avait lancé le président de la République [SPEAKER_00] jusqu'à l'aboutissement de ce sommet et puis bien sûr plein plein de choses depuis. Mais il y un petit peu un moment, [SPEAKER_00] en fait ça marche quoi. On on est un pays qui compte pour l'intelligence artificielle, [SPEAKER_00] on a parmi les meilleurs talents, on a parmi les entreprises les plus performantes du monde, on a les labos les plus reconnus [SPEAKER_00] et et c'est c'est sûr que c'est satisfaisant. Je suis en ébullition de j'ai plein d'idées, j'ai envie de m'engager. [SPEAKER_00] En fait il n'y pas une minute à perdre, il reste 18 mois avant les élections présidentielles [SPEAKER_00] et chaque seconde qui passe je vais les passer à à ce qu'on puisse se battre pour que le RN n'arrive pas au pouvoir. Et s'il faut se rouler par terre pendant les 18 prochains mois, mais toutes les actions politiques qu'on peut mobiliser la terre entière, je n'ai pas envie de perdre une seconde. [SPEAKER_01] En fait à cette action à la fois qui est liée à l'IA et au numérique et à cette action politique qui s'est aussi développée avec cette fonction. C'est vrai non c'est vrai, beaucoup de gens me disent mais est-ce que fais retourner dans dans une entreprise privée, est-ce que as ta Mais [SPEAKER_00] c'est un peu ce que je disais tout à l'heure, [SPEAKER_00] je suis rentrée en politique via le numérique et j'aurais toujours une expertise sur ces sujets et puis une conviction très sur les sujets de protection on en a parlé sur les sujets d'innovation. [SPEAKER_00] Je veux dire si on n'avait pas eu cette stratégie sur l'intelligence artificielle [SPEAKER_00] dès 2018, [SPEAKER_00] on est à un moment de bascule du monde où cette technologie [SPEAKER_00] va tout changer. [SPEAKER_00] On sait ce que ça fait d'avoir raté une révolution technologique. [SPEAKER_00] Je pense que si on le dit un peu cash on peut le dire dans les années 90 quand internet est arrivé on n'a pas été capable de faire émerger des très grosses entreprises européennes [SPEAKER_00] alors qu'il y en a aux États-Unis, il y en a en Chine et aujourd'hui on en paye les prix, le les les frais économiques [SPEAKER_00] avant tout en termes de productivité, en termes de croissance de de nos économies. On on en paye les frais en termes de valeur, en parlait tout à l'heure. Et donc moi je ne veux pas qu'on on rate ce ce, on rate ça parce qu'on [SPEAKER_00] a tous les ingrédients pour être les les premiers sur la scène de de de l'innovation [SPEAKER_00] et pour pour créer ces technologies qui façonnent notre monde et donc j'ai envie contribuer à ça et ça c'est une vision politique des choses. [SPEAKER_00] Et puis parce qu'à travers le numérique en fait j'ai eu la chance de de de d'avoir ces fonctions politiques [SPEAKER_00] et et oui ça m'a donné envie de m'engager au-delà des sujets que je connais, au-delà de ces sujets d'innovation, au-delà de ces sujets économiques, au-delà de ces sujets de protection des mineurs, [SPEAKER_00] m'engager pour une vision du monde qui me semble à être à préserver, [SPEAKER_00] à expliquer. [SPEAKER_00] Je pense qu'aujourd'hui [SPEAKER_00] voilà je je ne pas combien de déplacements on a fait mais on est allé dans la France entière, j'entends la colère des gens contre le monde politique, le sentiment d'être délaissé, le sentiment de, de toute façon on a tout essayé donc Ce qu'il faudrait faire alors il faut se tourner vers l'extrême droite parce qu'on ne les a pas essayés. Mais j'ai envie de prendre, faire tout ce que je peux pour pour essayer de montrer qu'il y d'autres alternatives à ça et qu'on a encore plein de choses dans ce camp progressiste, [SPEAKER_01] humaniste à apporter. On arrive à la fin de cet entretien, [SPEAKER_01] on finit toujours avec un petit conseil. [SPEAKER_01] Au vu de tout ce qu'on s'est dit, de ton parcours et on s'est dit plein de trucs. Franchement [SPEAKER_01] à la fois [SPEAKER_01] cette maman qui prend des fonctions incroyables, [SPEAKER_01] cette femme de 35, 36 ans qui devient ministre, tout ce que tu as envie de mettre en place aussi. Puis sur le plan plus personnel aussi de ce que tu as vécu [SPEAKER_01] dans ces fonctions, qu'est-ce que tu as envie de conseiller aux gens qui nous regardent ou qui nous écoutent [SPEAKER_00] Ça va peut-être sembler cliché, mais je pense qu'il faut oser. En fait les les moments les plus dingues [SPEAKER_00] dans dans [SPEAKER_00] ma carrière ou les 15 dernières années de ma vie, c'est quand je me suis écoutée et que j'ai osé j'ai osé. Et parfois oser c'est aussi renoncer. [SPEAKER_00] Par exemple quand j'ai fini à [SPEAKER_00] la French Tech c'est des mandats de 3 ans. Quand j'ai fini mon mandat de 3 ans à la French Tech, [SPEAKER_00] on m'a proposé de reprendre [SPEAKER_00] 3 ans de plus [SPEAKER_00] et j'ai adoré ces fonctions, c'était génial, j'avais l'impression d'être hyper utile pour mon écosystème, [SPEAKER_00] enfin pour toutes les les entrepreneurs, les entreprises en France de de parler d'innovation, des. [SPEAKER_00] Mais j'ai senti que la meilleure façon de contribuer pour moi serait de faire autre chose dans l'action publique. Et donc j'ai osé dire non [SPEAKER_00] je ne vais pas refaire même si ça serait très confortable, très satisfaisant, très utile. Parce que finalement [SPEAKER_00] j'étais nommée ministre et puis quand j'ai été nommée ministre, il y avait 12000 raisons de dire non même si je pense qu'on ne dit jamais non quand on nous propose des responsabilités [SPEAKER_00] comme ça parce que c'est c'est plus grand que toi et le pays t'appelle vient sur qui va. Mais pareil j'ai osé j'ai osé dire bien sûr enfin [SPEAKER_00] Go, why not Voilà [SPEAKER_00] donc je pense qu'il faut [SPEAKER_00] oser, [SPEAKER_00] il faut oui parfois ça marche parfois ça ne marche pas et et dans tous les cas je crois qu'on apprend quelque chose. Génial. Merci Clara Chapaz pour ton témoignage. Merci. Tu nous as raconté les coulisses de la nomination, [SPEAKER_01] la coulisse, les coulisses de ton départ et puis on verra pour l'après en tout cas merci Merci ces petites révélations quand même. C'est très sympa de te recevoir et tous vendeurs, c'est tous les mardis. On se retrouve la semaine prochaine YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts. Salut.
Points clés
- Clara Chapaz a été ministre du Numérique et de l'IA pendant un an.
- Elle a été démise de ses fonctions le 5 octobre suite à un appel du Premier ministre.
- Elle a été nommée à son poste à 35 ans, alors qu'elle était enceinte de 8 mois.
- Un de ses principaux combats a été la protection des mineurs face aux dangers du numérique.
- L'interview a été réalisée pour le média 'Tous Wonder' et sponsorisée par Suméria.
À éviter
❌ Penser qu'un poste de ministre est un emploi stable.
✅ Clara Chapaz insiste sur le fait qu'il s'agit de 'fonctions' et de 'responsabilités' confiées, non d'un métier. La précarité est totale et un ministre peut être démis de ses fonctions du jour au lendemain, comme son expérience le montre.
❌ Croire que les décisions politiques sont prises loin du terrain.
✅ Elle démontre par son action, notamment sur la protection de l'enfance, qu'il est crucial pour un responsable politique d'aller à la rencontre des personnes concernées. Elle a organisé des consultations directes avec des jeunes pour ne pas légiférer 'hors-sol'.
❌ Imaginer qu'un ministre travaille seul.
✅ Son témoignage met en lumière l'importance capitale du cabinet. Le départ d'un ministre entraîne celui de toute son équipe de collaborateurs, ce qui représente une lourde responsabilité humaine et une dynamique collective intense.
Glossaire
- Tous Wonder
- Média sous forme de podcast et d'émission vidéo qui interviewe des personnalités sur leur 'point de bascule', un moment clé qui a changé leur vie ou leur carrière.
- Suméria
- Application financière développée par l'équipe de Lydia. Elle fonctionne comme un compte courant classique, avec la particularité d'être rémunéré, ce qui signifie que l'argent déposé génère des intérêts pour l'utilisateur.
- Ministre du Numérique et de l'Intelligence Artificielle
- Membre du gouvernement français chargé de définir et de mettre en œuvre la politique de la France en matière de transition numérique, de développement technologique et d'encadrement de l'intelligence artificielle.
- Kick
- Plateforme de streaming vidéo en direct, concurrente de Twitch. Clara Chapaz mentionne une crise survenue suite à un drame diffusé en direct sur cette plateforme, illustrant les dangers des contenus en ligne non modérés.
Conclusion
L'histoire de Clara Chapaz est celle d'un engagement total, confronté à la réalité parfois implacable du pouvoir. Mais au-delà de l'amertume d'un chapitre qui se ferme, c'est surtout la passion de l'action publique qui demeure. Une conviction que servir son pays, que ce soit au gouvernement ou ailleurs, reste une voie essentielle pour faire face aux grands défis de notre époque.