On l'a tous fredonné, en soirée, en voiture, comme un hymne générationnel. 'Femme Like You' a propulsé K.Maro au rang de superstar en 2004. Puis, plus rien. Un silence de 15 ans, aussi brutal que le succès fut fulgurant. L'artiste, Cyril de son vrai nom, brise aujourd'hui ce silence dans le podcast 'Tous Wonder'. Il y raconte l'envers du décor, la gloire suffocante et, surtout, son grand retour.
Le Phénix Musical : K.Maro de 'Femme Like You' à 'Place de l'Oréan', l'émouvant retour après 15 ans
Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 12 août 2026
Il a fait danser toute une génération. Puis, le silence. Pendant 15 ans, K.Maro a disparu des radars, laissant derrière lui le succès planétaire de 'Femme Like You'. Aujourd'hui, Cyril Kamar revient, non pas pour raviver le passé, mais pour se réinventer. Une renaissance poignante, loin du star-system qui l'a presque brisé.
Le grand retour : K.Maro rallume la scène musicale après 15 ans
Quinze ans. Une éternité dans le monde de la musique. C'est le temps qu'il aura fallu à Cyril Kamar pour revenir sur le devant de la scène. Lui, l'artiste qui, sous le nom de K.Maro, a vendu plus de 5 millions d'albums et marqué toute une époque.
Son tube planétaire, 'Femme Like You', a résonné bien au-delà des frontières francophones, de la Russie à l'Ouzbékistan. Un succès phénoménal qui l'a érigé en icône pop des années 2000.
« Intervenante « Il a marqué toute une génération avec son tube Femme like you que vous avez forcément écouté en soirée en boîte et caetera et après 15 ans d'absence, il revient avec un nouvel album. »
C'est à l'occasion d'une interview intime pour le podcast 'Tous Wonder' qu'il choisit de faire cette annonce. Un retour mûrement réfléchi, non pas comme une suite, mais comme un nouveau départ. Une page se tourne, une autre s'écrit, avec une maturité et une liberté artistique retrouvées.
Les coulisses d'une absence : quand le succès devient une prison dorée
Pourquoi disparaître au sommet de sa gloire ? La question a longtemps taraudé ses fans. La réponse est complexe, douloureuse. Derrière l'image du jeune homme à qui tout réussit se cachait un artiste en plein conflit intérieur, broyé par une machine qu'il avait lui-même contribué à créer.
Le succès de 2004 l'a propulsé dans un tourbillon. Plateaux télé, magazines, fans en délire... Il a joué le jeu, s'est amusé de son personnage, a même 'remis de l'huile sur le feu'. Mais le vernis a fini par craquer. Ce rôle de 'pop star' ne lui convenait plus. C'était loin de ses valeurs, loin de l'artisan de la musique qu'il avait toujours été, lui qui produisait ses propres disques depuis l'adolescence.
Devenir une caricature de soi-même
Le décalage est devenu insupportable. L'image publique avait cannibalisé l'homme. Il sentait qu'il perdait pied, qu'il devenait une version exagérée, presque fausse, de lui-même. Une impression d'être un 'indien dans la ville', déraciné de sa propre identité.
« K.Maro « J'avais l'impression que je commençais à, et puis j'étais devenu presque une caricature de moi-même. »
Cette perte de repères a sonné comme une alerte. Continuer sur cette voie, c'était se trahir. Le besoin de retrouver un certain anonymat, une vie 'normale', est devenu une urgence vitale.
La pression du prochain tube
L'industrie musicale est implacable. Après un succès comme 'Femme Like You', les attentes sont colossales. Il fallait faire mieux, plus grand. Plus de promo, plus de concessions. Un engrenage qu'il connaissait parfaitement en tant que producteur, mais qu'il ne pouvait plus cautionner en tant qu'artiste.
Il éduquait ses propres artistes à 'occuper le terrain', à rester créatifs. Mais pour lui-même, le conseil sonnait faux. Il était devenu le 'cordonnier mal chaussé', prônant une stratégie qu'il rejetait viscéralement pour sa propre carrière.
La vache à lait de son propre label
Le paradoxe le plus cruel se trouvait au cœur de son propre projet. K.Maro n'était pas seulement un artiste signé ; il était le moteur financier de son propre label. Une position qui le rendait à la fois maître et esclave du système.
« K.Maro « J'étais quand même la vache à lait de mon propre label. »
Son entourage, sa maison de disques, personne ne comprenait son désir de tout arrêter. Comment renoncer à une telle manne financière ? Cette incompréhension a renforcé son sentiment de solitude et l'a convaincu de la toxicité de la situation.
Monter sur scène était devenu une épreuve, une mascarade. Il se sentait malhonnête envers son public, envers lui-même.
« K.Maro « C'est malhonnête de monter sur scène et d'entretenir ce truc, cette espèce de relation un peu fausse avec le public quand toi, tu n'as qu'une envie, c'est de te barrer. »
La décision d'arrêter fut une libération. Un acte de survie qui, bien que difficile, a provoqué un bien-être instantané. Un retour à l'essentiel, à l'alignement.
« K.Maro « Et quand tu as arrêté, y une forme de soulagement Immédiat. »
'Place de l'Oréan' : l'album électro-pop de la renaissance
Ce grand retour s'incarne dans un nouvel album : 'Place de l'Oréan'. Un titre poétique pour un projet qui l'est tout autant. Oubliez le son R'n'B et hip-hop de ses débuts. K.Maro se réinvente complètement.
La nouvelle direction est claire : l'électro-pop. Des sonorités modernes, aériennes, qui témoignent de sa nouvelle liberté créative. C'est le son d'un artiste qui n'a plus rien à prouver, qui fait de la musique pour lui, avant tout. Une démarche sincère, à mille lieues des calculs marketing du passé.
L'écriture de cet album fut un processus cathartique, chargé d'émotion. Un moyen de transformer les épreuves en art, de mettre des mots et des notes sur une longue traversée du désert.
« K.Maro « J'en avais les larmes aux yeux quand j'ai écrit ce titre parce que parce que... »
'Place de l'Oréan' n'est pas seulement un album. C'est le manifeste d'un homme qui a repris le contrôle de son destin artistique. Une preuve que le silence peut être le plus fertile des terreaux pour une renaissance.
'Tous Wonder' : la parole retrouvée
Pour orchestrer ce retour, Cyril Kamar n'a pas choisi un grand plateau de télévision. Il a préféré le cadre intimiste du podcast 'Tous Wonder', un média qui se consacre aux 'points de bascule' dans la vie des gens. Un choix cohérent avec sa quête d'authenticité.
C'est dans cette conversation à cœur ouvert qu'il a pu dérouler le fil de son histoire, sans filtre et sans fard. L'émission, disponible sur YouTube et toutes les plateformes de podcast, offre un éclairage unique sur son parcours.
L'épisode est soutenu par Aroma Zone, sponsor du podcast. La marque, spécialisée dans les produits bio et les cosmétiques maison, est mise en avant pour ses valeurs de qualité et d'efficacité, en écho à la démarche sincère de l'artiste invité.
Questions fréquentes
Quand K.Maro fait-il son grand retour musical ?
K.Maro fait son grand retour en 2024, après une absence de 15 ans sur la scène musicale, avec la sortie de son nouvel album 'Place de l'Oréan'.
Quel est le titre du nouvel album de K.Maro et son genre musical ?
Le nouvel album s'intitule 'Place de l'Oréan'. Il marque un virage artistique pour K.Maro, qui explore désormais des sonorités électro-pop, très différentes de ses succès précédents.
Pourquoi K.Maro s'est-il absenté de la scène pendant 15 ans ?
Il s'est retiré au sommet de sa popularité car il se sentait déconnecté de son personnage de 'pop star', qu'il vivait comme une 'caricature'. Il souffrait de la pression de l'industrie et d'un sentiment d'inauthenticité, aspirant à retrouver une vie normale et une plus grande liberté artistique.
Quels étaient les problèmes de K.Maro avec son ancien label ?
Bien qu'il s'agisse de son propre label, il se sentait incompris par son entourage professionnel et perçu comme la 'vache à lait' de la structure. Cette position paradoxale, où il était à la fois l'artiste principal et le producteur, a créé un conflit interne et un sentiment d'exploitation qui ont précipité sa décision d'arrêter.
Qui est l'artiste derrière le tube 'Femme Like You' ?
L'artiste derrière 'Femme Like You' est K.Maro, dont le vrai nom est Cyril Kamar. C'est un artiste, auteur-compositeur et producteur québécois d'origine libanaise.
Où peut-on écouter l'interview de K.Maro sur son come-back ?
L'interview confession de K.Maro est disponible dans le podcast 'Tous Wonder'. On peut l'écouter sur YouTube ainsi que sur les principales plateformes de streaming audio comme Spotify, Deezer et Apple Podcasts.
Transcript
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[SPEAKER_00] Ma maison de disques ne comprenait pas, mon entourage ne comprenait pas. Et quand tu as arrêté, y une forme de soulagement Immédiat. J'étais quand même la vache à lait de mon propre label. J'en avais les larmes aux yeux quand j'ai écrit ce titre parce que parce que [SPEAKER_01] Bonjour et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, [SPEAKER_01] on reçoit Camaro. Il est chanteur, [SPEAKER_01] rappeur, compositeur, [SPEAKER_01] producteur. [SPEAKER_01] Il a vendu plus de 5000000 d'albums dans le monde. Il a marqué toute une génération [SPEAKER_01] avec son tube Femme like you que vous avez forcément écouté en soirée en boîte et caetera et après 15 ans d'absence, il revient avec un nouvel album qui s'appelle place de l'oréan avec des sonorités [SPEAKER_01] électro pop et vous allez l'entendre c'est assez différent et c'est c'est très très sympa. Tous vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube mais aussi sur toutes les plateformes de podcasts [SPEAKER_01] Spotify, Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous écouter un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci à notre sponsor [SPEAKER_01] Aroma Zone. C'est le numéro un en France des produits bio et des recettes cosmétiques [SPEAKER_01] maison. C'est des produits efficaces et de qualité et c'est pour ça que je vous en parle. Moi j'adore et en cette période, c'est un bon plan assez sympa pour Noël, pour des cadeaux, pour vos secrets de santé. Il y a vraiment pour tous les types de peau et pour tous les âges. Merci donc à Aroma Zone et tous Wonder. C'est maintenant avec Camaro. [SPEAKER_01] Camaro, merci d'être avec nous aujourd'hui. Je suis hyper contente de te recevoir. Est-ce qu'il faut t'appeler Camaro ou Cyril Comme tu veux. En général tes fans t'appellent Camaro, donc on va t'appeler Camaro. D'accord. Dans tous Wonder, on commence toujours avec un point de bascule. [SPEAKER_01] Ton point de bascule, tu vas me le raconter, il est en 2008. [SPEAKER_01] Tu as sorti un tube planétaire. [SPEAKER_01] Quelques années plus tôt. Quelques années plus tôt, en 2004. Je [SPEAKER_01] crois que des gens même en Russie, en Ouzbékistan chantaient les paroles sans vraiment comprendre, donc c'était vraiment incroyable. [SPEAKER_01] Et là, tu décides en fait d'arrêter ou du moins de te mettre dans l'ombre. Qu'est-ce qui s'est passé [SPEAKER_00] Alors déjà, [SPEAKER_00] historiquement, j'ai j'ai toujours aimé la production, le management d'artistes, enfin les les coulisses m'ont toujours [SPEAKER_00] intéressé, [SPEAKER_00] j'étais très curieux de comprendre comment est-ce qu'on produit des disques depuis tout jeune. Comme j'ai commencé très jeune la musique, [SPEAKER_00] j'ai me suis, je me suis toujours produit moi-même, [SPEAKER_00] j'avais mon propre label très jeune, et caetera, donc ça a été quelque chose qui a toujours été très important pour moi de révéler d'autres artistes ou même d'écrire des chansons pour d'autres artistes. J'ai commencé, j'ai produit mon 1er album pour d'autres, j'avais 17 ans. Donc, c'est quelque chose que déjà à la base, j'aimais beaucoup. [SPEAKER_00] Et et toujours un petit peu moins à l'aise quand c'était moi. C'est marrant. Et ouais, j'aimais mieux, [SPEAKER_00] j'aimais j'aimais mieux mettre les autres en scène ou découvrir des talents. Enfin, je trouvais qu'il y avait quelque chose de très noble là-dedans. Et puis, côté de ça, je m'amusais moi avec mes trucs à moi. [SPEAKER_00] Donc, quand en 2004, il y a eu ce ce succès [SPEAKER_00] énorme [SPEAKER_00] quoi, ça m'a propulsé un peu au rang de pop star. Oui. [SPEAKER_01] Quand Est-ce que pop star, c'est une expression [SPEAKER_00] qui date de 2015 On le dit encore, tu dis toi-même, je suis pop star. C'est vraiment moi qui qui me suis collé cette étiquette parce que [SPEAKER_00] parce que c'est comme ça que je me sentais quoi. C'est-à-dire que quand on fait tous les magazines, les plateaux télé, [SPEAKER_00] qu'il y a des filles qui écrivent notre nom C'est hallucinant j'imagine. Venant de là où je venais, moi je suis que j'ai quand même commencé dans dans l'underground du hip-hop [SPEAKER_00] montréalais quoi, donc c'était très Tu vas nous le raconter. Voilà, et c'était très particulier pour moi tout d'un coup de me sentir comme, je ne pas moi, les ou [SPEAKER_00] ou des groupes de de de la fin des années 90. [SPEAKER_00] Et en même temps, je, je l'ai voulu quoi, enfin toute ma carrière, j'ai quand même aussi fait des trucs pour moi et tout, et je ne pas pourquoi sans réfléchir, j'ai décidé de prendre un peu le, [SPEAKER_00] le wagon quoi, le sauter dans le train et, [SPEAKER_00] et on a quand même vachement rigolé, [SPEAKER_00] je me suis amusé, et caetera, et j'en ai profité, j'en ai joué. Alors, en plus mon personnage était assez clivant à l'époque, donc je remettais de l'huile sur le feu, enfin C'était quoi ton personnage Comment comment tu avais composé du coup Pour moi, ce n'était pas un personnage. C'est c'est c'est c'est c'est l'histoire de de de ce gamin qui fuit la guerre pour aller se retrouver propulsé en Amérique du Nord avec, [SPEAKER_00] on passe de rien à, [SPEAKER_00] à tous les, tous tous les possibles. [SPEAKER_00] Donc, et tout de suite biberonné à MTV, [SPEAKER_00] les clips, [SPEAKER_00] le rap, le rock, enfin tout quoi. [SPEAKER_00] Et là quand on voit ça, c'est comme si on réalise à quel point nous on est en, enfin moi je suis en retard quoi. Et là je veux tout. Enfin quand je dis je veux tout, c'est là j'épouse complètement la culture américaine, en même temps j'ai, je crois j'ai 11 12 13 ans à ce moment-là. Mais là on va y revenir, mais peut-être restons sur le, d'abord sur le super succès, enfin sur le succès planétaire. [SPEAKER_00] Ouais. [SPEAKER_00] En gros, je je le je le je le consomme par tous les bouts quoi. Tu consomme et sur [SPEAKER_00] le coup, tu es tu es heureux, évidemment, j'imagine que c'est un Je ne m'en rends même pas compte en fait. C'est tellement intense, [SPEAKER_00] c'est tellement, [SPEAKER_00] ça ça monopolise [SPEAKER_00] tout tout le temps, toute l'énergie, toute l'attention que je ne fais pas vraiment attention et je monte dans le train et je m'amuse pendant 3 [SPEAKER_00] ans, 3 4 ans. [SPEAKER_00] Et tranquillement, [SPEAKER_00] j'ai commencé à sentir l'agacement [SPEAKER_00] monter [SPEAKER_00] comme la petite crise qui se préparait, tu vois, c'était c'était c'était loin de mes valeurs, c'était loin de, enfin, je j'avais l'impression que je commençais à, et puis j'étais devenu presque une caricature de moi-même, enfin, j'en ai tellement joué [SPEAKER_00] que du coup, je ne savais plus [SPEAKER_00] je ne savais plus si j'étais un indien dans la ville, de ma culture américaine [SPEAKER_00] tout d'un coup en à Paris, [SPEAKER_00] en Italie, en Espagne, en Asie. Enfin, vois, c'était devenu tellement C'était un tourbillon. Ouais, et puis j'avais presque l'impression que du coup, j'en j'en étais devenu presque un producteur pas crédible, [SPEAKER_00] puisque l'artiste, [SPEAKER_00] le personnage, [SPEAKER_00] et donc ça a commencé à monter tranquillement, [SPEAKER_00] et puis et puis à un moment donné, je me suis dit, voilà, envie de retrouver un certain anonymat, j'ai envie de retrouver une vie entre guillemets normale, [SPEAKER_00] j'ai envie de pouvoir y avoir une relation assez saine aussi avec mes artistes parce que même là, ça avait tout [SPEAKER_01] tout débalancé. En fait, c'est assez surprenant et c'est c'est pour ça que j'avais envie qu'on commence là-dessus parce que il y a tellement d'artistes qui ont envie d'arriver au sommet. Je sais et je le respecte énormément [SPEAKER_01] C'est extraordinaire, enfin je trouve que c'est vraiment révélateur d'un, [SPEAKER_01] tu vois d'une grande profondeur en fait parce qu'à un moment tu te tu te dis ok c'était top, mais stop et et c'est [SPEAKER_01] c'est en fait c'est extraordinaire, [SPEAKER_01] ça veut dire que tu n'as pas d'ego, ça veut dire que [SPEAKER_00] tu as dû Je sais pas si je n'avais pas pas d'ego, je pense que je pense que j'y ai longuement réfléchi parce que même moi je je il y avait une petite voix en moi qui me disait, mais est-ce que tu es sûr Parce que Bien sûr. À côté de ça, je suis producteur et je connais le jeu, et je sais que quand on cède sa place, c'est souvent ce que je disais à mes artistes d'ailleurs, il faut occuper le terrain, il faut rester créatif, il faut pas, ne faut pas laisser les idées devenir rares, il faut, et je leur ai toujours dit ça et j'avais l'impression que c'était un peu le, c'est le cordonnier mal chaussé quoi, c'est-à-dire que tout d'un coup, [SPEAKER_00] moi dans ma tête, c'était au contraire, c'est j'ai besoin de calme, j'ai besoin d'anonymat, [SPEAKER_00] j'ai besoin d'une vraie vie, j'ai besoin de redevenir le terrien que j'ai toujours été, [SPEAKER_00] et ce truc de pop star, ça ne me va pas, et puis ça ne va plus, et puis ça ne va plus du tout. Parce que dans la rue, les gens te reconnaissaient, tu pouvais pas J'avais l'impression d'être un boy band en fait, presque. [SPEAKER_00] Ni [SPEAKER_00] j'ai fait un casting, ni j'ai fait une émission qui m'a propulsé, ni je Enfin, je suis un mec normal quoi. Et et et je Donc certes, j'en ai joué. C'est sûr que si on voit certaines images de cette période, va se dire, mais non, n'avais pas l'air malheureux. Et c'est vrai que je n'étais pas malheureux. Mais tu avais 20 ans. On peut comprendre aussi qu'à [SPEAKER_01] 24 ans et qu'une maturité de 24 ans, même si je veux dire, [SPEAKER_01] n'est pas une maturité de de de gamins, mais quand même, enfin je veux dire, on peut tout à fait comprendre [SPEAKER_01] que ça soit grisant. Ouais. Mais alors, dirais que c'est une forme de burn out en fait, qu'est-ce qui s'est passé Le burn-out, ça fait partie de de cette période un peu compliquée, [SPEAKER_00] où physiquement j'étais fatigué, donc forcément ça jouait un peu sur le moral, je pense que le mental était fatigué. En fait, en fait j'aimais plus ce que je faisais quoi. [SPEAKER_00] J'étais toujours aussi passionné de musique parce qu'il suffisait [SPEAKER_00] que tu me branches sur le sujet d'une ou d'un autre artiste ou d'un projet dans la musique ou d'aller se battre contre une loi institutionnelle qui nous bloquait de faire des choses en tant qu'indépendant, et là, je retrouvais toute ma fougue [SPEAKER_00] et je savais que j'étais encore passionné. J'avais l'impression de ne de ne de n'avoir [SPEAKER_00] comme d'avoir réalisé que j'avais juste plus envie d'être dans la lumière. Ou en tout cas, de pouvoir choisir [SPEAKER_00] quand, [SPEAKER_01] quel genre de projet, enfin vraiment d'être, je me sentais plus libre. Les gens ne rendent pas compte à quel point finalement on n'est pas libre quoi, quand on est reconnu. [SPEAKER_01] En même temps j'imagine que c'est très agréable, mais je peux tout à fait comprendre la limite du système quoi. Qu'est-ce qui t'a déplu aussi dans dans l'industrie peut-être de la musique, [SPEAKER_01] toi qui la connaissais de l'intérieur cette industrie [SPEAKER_01] Est-ce qu'il y a certaines choses qui ont pu t'écoeurer à l'époque Est-ce que ça existe toujours ou est-ce que ça a évolué [SPEAKER_00] Enfin l'industrie en elle-même elle a du du du du bon et du mauvais et je connaissais les 2 les 2 facettes et je connaissais le jeu et et et j'ai bien accepté de le jouer, mais c'est vrai qu'à un moment donné, je savais ce qui m'attendait. Je savais que j'allais être dans cette espèce [SPEAKER_00] de quête, de encore mieux, de ah ok, il a fait femme like you, donc maintenant, il faut qu'il nous fasse un plus gros tube, et qui dit plus gros tube, dit encore plus de promos, et puis les concessions et les [SPEAKER_00] et et et le pire, encore une fois, c'est que je, c'est très délicat de parler de ça, parce que parce que je l'ai, [SPEAKER_00] j'ai formé des artistes, je les ai aidés et je les ai presque éduqués professionnellement à ça, parce que c'était leur souhait, [SPEAKER_00] et qu'ils l'assumaient, et encore une fois, je, j'ai, j'ai, j'ai beaucoup d'admiration et de respect, [SPEAKER_00] à, à certains de mes artistes ou d'autres d'ailleurs, qui me disaient, mais tu n'as pas compris en fait, moi c'est l'inverse, c'est le jour où on ne me reconnaît plus dans la rue, je, je, je plonge, je plonge. Ouais. Et je disais ok, dans ce cas-là, voilà ce qu'on Mais complètement, [SPEAKER_00] et je peux, enfin, encore une fois, je ne crache pas dans la soupe. [SPEAKER_00] Mais c'est malhonnête de monter sur scène et d'entretenir ce truc, cette espèce de relation un peu fausse avec le public quand toi, tu n'as qu'une envie, c'est de te barrer. Bien sûr, c'est clair. C'est hyper malsain, surtout quand tu es aussi producteur et tu dis non non, mais là, ce n'est plus du business que tu fais, c'est de la connerie, c'est, ça ne peut plus marcher. Et tu vas te casser la gueule et ça va être le le, et et je me disais en même temps, [SPEAKER_00] viens, j'arrête maintenant. Ouais, mais c'est dingue. Je suis là quoi, tu vois, donc Ouais, mais c'est quand même signe d'une immense maturité aussi quoi. Je trouve ça fou, je trouve ça Ouais, je me trouvais des, je me trouve, alors, c'est de, c'est venu après, tu vois, j'ai j'ai commencé à à à réaliser que c'était quand même très sincère puisque j'ai pu tenir, [SPEAKER_00] mais sur le coup, je me trouvais aussi [SPEAKER_00] des éléments d'encouragement, [SPEAKER_00] tu vois. Je me disais, tu es quand même un bon producteur, [SPEAKER_00] le métier te respecte. Tu [SPEAKER_00] tu ne veux pas mettre cette crédibilité en jeu et puis tu pourras toujours créer d'autres choses. Je ne me rendais pas compte qu'il m'aurait fallu autant de temps pour revenir à quelque chose de plus libre, et caetera, mais mais je me cherchais un peu des des des romans, surtout que tout le monde était contre moi. Enfin, ma maison de disques ne comprenait pas, mon entourage ne comprenait pas. [SPEAKER_00] J'étais quand même la vache à lait de mon propre label. J'avais d'autres artistes, mais j'étais le plus gros artiste, et même ça, je trouvais ça malsain. [SPEAKER_01] Donc donc j'avais j'avais vraiment beaucoup d'arguments qui Et quand tu as arrêté, il a eu une forme de soulagement Ouais, mais immédiat. Ah ouais, c'est vrai. Immédiat, c'est c'est [SPEAKER_00] c'est comme, et encore une fois, c'est c'est délicat, parce qu'il faut pas dire ça comme ça, mais c'est comme si tu es un tu es à ton boulot et [SPEAKER_00] et tu n'aimes pas ce que tu fais ou tu n'es pas à l'aise ou tu n'aimes pas la boîte pour laquelle tu travailles, n'en sais rien, et et et tu y réfléchis, tu réfléchis. Le jour où tu te barres vraiment, [SPEAKER_00] c'est instantané, c'est là, tu dis ok, j'ai du temps, je fais quoi [SPEAKER_00] J'ai plein de projets, je me sens bien, je suis aligné avec moi. Ouais, c'est la la meilleure dopamine naturelle. [SPEAKER_00] Et j'ai tout de suite senti que j'avais pris la bonne décision. Tout mon entourage était persuadé que, non, attends, c'est une, il est fatigué. Il est en crise. Ouais, il a quand même vécu beaucoup de choses ces ces 3 4 dernières années, il va revenir à la raison, et puis il va refaire un disque et puis on va pouvoir reprogrammer les tournées et tout et [SPEAKER_01] ce n'est jamais arrivé. Ce n'est jamais arrivé. [SPEAKER_01] Depuis 15 ans tu es aussi producteur, tu l'as évoqué, tu as produit différents artistes dont Shine ça, et donc c'est des que tu as complètement accompagnés, [SPEAKER_01] tu l'as tu l'as dit. Comment est-ce qu'on [SPEAKER_01] fait quand on a été artiste soi-même sur scène pour accompagner les autres J'imagine que c'est une petite clé en plus que tu as, parce que tu as l'expérience de la scène, tu as tu as l'expérience aussi de du succès. [SPEAKER_00] J'ai commencé très jeune et je me suis fait avoir assez tôt dans ma carrière par toutes sortes de de nos métiers, des éditeurs, des managers, des machins, enfin je suis passé par tous les trucs. [SPEAKER_00] Et j'ai très vite compris que si je voulais être libre et en contrôle de mes trucs, il fallait que je j'apprenne à compter, [SPEAKER_00] enfin [SPEAKER_00] Et mon père me disait toujours, tu es d'origine libanaise, ce n'est pas une nationalité, c'est une profession. [SPEAKER_00] Donc Pourquoi il disait ça Parce qu'on a une on a une âme de marchand, je pense que c'est un peuple qui Il va falloir que tu me donnes des coureurs, parce que moi, je ne sais pas compter. On a, ouais, on a, je pense qu'on, enfin, [SPEAKER_00] dans mon héritage, il y a il y a et et surtout chez mon père aussi, est très très habile avec les chiffres et qui a toujours été commerçant toute sa vie. Donc, je me suis dit, pourquoi pourquoi les autres et pas moi quoi Donc je vais apprendre à compter, vais apprendre comment ça fonctionne, et puis je vais devenir mon propre manager et puis mon propre producteur. [SPEAKER_00] Ce que j'ai fait, [SPEAKER_00] et quand tu te rends compte que tu y arrives, en [SPEAKER_00] étant artiste, tu traînes avec d'autres artistes, il dit, mais putain, tu t'en sors super bien, tu vas pas, tu ne vas pas me donner un coup de main, puis tu donnes un coup de main et 2 et 3. [SPEAKER_00] Puis finalement, [SPEAKER_00] finalement, tu te rends compte que tu as des très belles réussites aussi en tant que manager ou producteur ou ce que tu veux. Et là du coup, tu tu produis combien d'artistes Donc il a Shine, et il y a qui d'autre dans ton En tout, en tout, je sais pas, j'ai dû produire une cinquantaine d'artistes [SPEAKER_00] pendant cette, beaucoup beaucoup d'artistes émergents, j'ai collaboré aussi avec des artistes, [SPEAKER_00] parce qu'après de fil en aiguille, je suis aussi devenu producteur pour les maisons de disques qui faisaient appel à moi pour que je les aide à, à structurer ces petites cellules de production un peu artisanales au sein de leurs grosses machines, et j'ai, j'ai bossé comme ça avec Warner, avec Universal donc, [SPEAKER_00] et puis j'ai géré aussi des artistes internationaux, [SPEAKER_00] parce que j'avais cette biculture américaine et française, donc c'est plus facile pour moi [SPEAKER_00] d'aider à, à préparer les stratégies sur des artistes internationaux qui, qui, qui arrivaient en France et sur laquelle il fallait avoir une compréhension assez spécifique de leur, de leur domaine et comme j'ai grandi en Amérique du Nord et que je suis bilingue, [SPEAKER_00] c'était plus facile, enfin bref. [SPEAKER_00] Et donc j'ai, ouais, j'ai dû, j'ai dû travailler avec une cinquantaine d'artistes. Shaïm a, c'est quelque chose de particulier parce que parce que c'était une des premières [SPEAKER_00] premières artistes où j'ai carrément tout sacrifié. C'est-à-dire qu'en plus Shaïm arrive au [SPEAKER_00] moment où je suis en pleine réflexion de me dire, moi je veux arrêter Tu arrêtes, bien sûr. Et elle m'a vachement aidé parce que je je lui disais, je me souviens, je lui dis, vais je vais tout arrêter, je vais m'occuper que de toi. [SPEAKER_00] Et elle me disait, mais tu es sûr quand même et tout, et moi je, enfin, elle prenait presque avec moi un peu la responsabilité de cette décision, qui a été une des meilleures décisions de ma vie d'ailleurs, parce que parce que j'ai découvert une 1 âme extraordinaire, [SPEAKER_00] une artiste rare. Enfin, dès le début, je me suis dit, c'est l'élue, [SPEAKER_00] et en même temps, c'est parfait. Voilà, je m'en retire, je m'occupe d'elle. C'est comme ça d'ailleurs que j'ai négocié avec ma maison de disques à l'époque, [SPEAKER_00] parce qu'on a des contrats dans ce Bien sûr. Ne peut pas décider qu'on arrête du jour au lendemain parce qu'on est engagé à livrer un certain nombre de d'albums, [SPEAKER_00] d'engagements. [SPEAKER_01] Moi, il m'en restait. Ah oui, comment tu as fait J'ai dit, [SPEAKER_00] je ne suis plus l'élue, elle l'est. C'est l'élue. Et si elle réussit comme je pense qu'elle va réussir, vous me foutez la paix. Ça a marché. [SPEAKER_00] Ça a marché. C'est génial. [SPEAKER_01] Donc elle fait partie de ma liberté gagnée. Ouais, donc c'est aussi un petit peu grâce à Grâce à elle, quand tu quand tu accueilles, quand tu accompagnes des artistes, est-ce qu'il y tu as des conseils que tu donnes en général, tu vois des petits trucs et astuces que tu pourrais nous peut-être divulguer ce soir Prenez [SPEAKER_00] l'exemple de par exemple, il s'est passé 18 mois avant qu'elle qu'elle sorte ses premières chansons. Et pendant ces 18 mois-là, elle a traîné dans nos bureaux avec nos équipes. Je voulais, 1er conseil que je donne aux artistes, c'est soit conscient de l'univers dans lequel tu évolues. C'est très important, que ce soit dans le foot, que ce soit dans la musique, que ce soit quand tu es directeur d'une boîte, tu dois savoir quels sont les objectifs de la boîte, c'est quoi l'ADN de la boîte, c'est quoi la culture de la boîte, hyper important de connaître son son environnement, [SPEAKER_00] de la même manière que je suis quelqu'un de visuel quand je vais dans un sur une terrasse ou dans un resto, au bout de 10 minutes, je peux te dire, [SPEAKER_00] qu'il y autour, enfin c'est, c'est la même chose, si on fait la même chose, [SPEAKER_00] et donc les premiers conseils, c'est, [SPEAKER_00] même si tu es l'artiste le plus saltimbanque, [SPEAKER_00] le plus, [SPEAKER_00] le plus rêveur, [SPEAKER_00] presque utopiste, [SPEAKER_00] il faut apprendre les bases du métier. [SPEAKER_00] Et ça, ça s'apprend en posant des questions. Aujourd'hui ça a changé, parce que la plupart maintenant sont tous devenus un peu entrepreneurs dans le sens où ils sont un peu au règne de leur propre carrière. [SPEAKER_00] Mais à notre époque, ce n'était pas la même chose et très rare, les artistes ne savaient même pas les différents droits, les différents projets, comment ça fonctionne une maison de disques. Ils étaient tout contents que leurs parents reçoivent un bouquet de fleurs de la maison de disques jusqu'à ce que je leur dise que ce ce bouquet de fleurs, il sera récupéré de ton argent, de ton budget marketing. Sans les saouler non plus, mais j'ai toujours milité pour leur apprendre au moins les bases, les grandes lignes, [SPEAKER_00] et ensuite, je leur ai appris [SPEAKER_00] suivre leur instinct. [SPEAKER_00] Quitte à ce que même moi j'en sois tributaire, c'est-à-dire que quand un ou une artiste shime par exemple, quand elle avait une idée sur un truc, et j'étais sûr que c'était une connerie, [SPEAKER_00] je ne pouvais pas aller à l'encontre de ce que je lui avais conseillé, et je disais, tu sais quoi, vas-y et je t'aiderai à ramasser les pots cassés. Et parfois, a eu raison, il n'y a jamais eu de pots cassés et Heureusement. C'était la bonne décision et parfois, c'est moi qui avais raison et on a ramassé les pots cassés ensemble. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] mais voilà, l'instinct, c'est très difficile de se dire, que je peux faire confiance à telle personne Tu ne le sauras jamais. Ça, c'est très difficile. Bien sûr, ouais. C'est le temps qui te dira quand ça fera 10 ans que vous bossez ensemble, ça veut dire que tu as bien fait confiance. Ça, réponse. Et alors, comment tu repères un 1 artiste Parce que tu dis, Shaïm, j'avais senti que c'était l'élu. [SPEAKER_01] Évidemment, il y une part de 6e sens, donc c'est un petit peu difficile ma question, mais comment tu repères Est-ce qu'il y a certains trucs que tu vois, où c'est vraiment que 6e sens que du film Non, il n'y a pas de manuel, parce que sinon tous les producteurs seraient archi milliardaires, [SPEAKER_00] tous les artistes réussiraient parce que parce que parce qu'on applique la formule, une fois qu'on est formé à la formule, on est bon à l'exécuter. [SPEAKER_00] Non, je pense que je pense que c'est de l'instinct. [SPEAKER_00] C'est, je vois cette cette jeune fille de banlieue, [SPEAKER_00] métisse, avec les petites fossettes, avec une voix qui n'est pas dans la dans la [SPEAKER_00] la, comment dire, dans le dans la démonstration, [SPEAKER_00] qui a un timbre de voix avec une qualité d'interprète, [SPEAKER_00] qui donne vie aux chansons et en même temps, je regarde tout en fait, je regarde comment elle s'habille, je regarde sa gestuelle, [SPEAKER_00] puis je me renseigne, je rencontre ses parents, [SPEAKER_00] je je enfin Ah oui, donc tu vas loin, moi, rentres dans dans l'intimité en fait. Ouais, mais mais après avoir eu, c'est-à-dire que je fais ça, alors qu'au 1er regard, je je dis ok, c'est elle. Ouais. Mais comme j'ai eu plus récemment avec des artistes très jeunes aussi, [SPEAKER_00] où je, où même parfois mon équipe se disait, mais tu es sérieux, il ne ressemble à rien, ou alors il, il a l'air complètement fou, ou pourquoi lui, machin ou elle. [SPEAKER_00] Donc la le le le le la 1re accroche, elle est toujours très instinctive. Et après, juste pour me rassurer quand même un minimum, je creuse. Et puis [SPEAKER_00] une fois que ma décision est faite, après c'est du vouloir et [SPEAKER_00] Là je crois. Et des petits secrets de [SPEAKER_01] C'est quoi les petits secrets [SPEAKER_00] Comme je t'ai dit, la préparation, le fait de prendre son temps, de trouver les bons partenaires, on ne travaille jamais seul, y toujours soit un distributeur ou un label avec nous ou [SPEAKER_00] ou je n'en sais rien, moi, une équipe de de de de glow up où par exemple, au début, je savais que ça ça vient avec tout un tout un truc quoi, c'est make-up, stylisme, [SPEAKER_00] d a, enfin, faut avoir une 1 vision globale quand même du projet, il faut trouver les bonnes personnes qui vont être capables de traduire cette vision. Tu te plantes sur un truc, et la perception du public est, est faussée, [SPEAKER_00] et le projet peut, [SPEAKER_00] le projet peut prendre l'eau et tu te dis, tiens, je pense que la musique était bien, mais on s'est trompé en images, on n'a pas réussi à décrire aux gens ce qu'on voulait qu'ils sachent d'elle, [SPEAKER_00] ou on n'a pas réussi à la mettre en valeur, ou elle est passée pour quelqu'un de hautaine alors qu'on la connaît tous comme étant. Donc c'est plein de petits détails comme ça sur lesquels il ne faut pas se tromper. [SPEAKER_01] Qu'est-ce qui te fait plaisir en tant que producteur Qu'est-ce qui te nourrit toi Parce qu'on a compris que la scène finalement ça t'avait, [SPEAKER_01] tu as une overdose de scène quoi, de lumière. [SPEAKER_00] Plus du plus du star-système que la La [SPEAKER_00] scène, c'était un moment où je me sentais très libre, mais je trouvais que ça criait trop, je trouvais que c'était trop fanatique, je que c'est, je sais pas, y avait un truc où j'avais l'impression qu'on n'était pas dans le vrai échange. Je comprends. [SPEAKER_01] Mais j'aimais bien être sur scène et je l'ai et j'aimais encore plus aujourd'hui. Tu vas nous en parler juste après, mais je voulais juste finir sur le sur le côté producteur. [SPEAKER_01] Qu'est-ce qui te satisfait en fait Qu'est-ce, parce que ça fait quand même 15 ans que tu produis, même plus d'ailleurs. 20 ans, c'est ça que tu produis Un peu plus, 20 ans. Que tu produis des des artistes 25 ans. Qu'est-ce qui te nourrit en fait en tant que producteur [SPEAKER_00] La passion, [SPEAKER_00] l'envie de partager, [SPEAKER_00] puis [SPEAKER_00] enfin [SPEAKER_00] le sentiment d'être dans une grande salle de spectacle avec 10000 personnes qui chantent à tue-tête [SPEAKER_00] les chansons que que j'ai écrites ou composées pour l'artiste ou que j'ai choisies avec l'artiste, enfin tout ce travail [SPEAKER_00] de terrain, de studio, et caetera, quand on a le le petit pass du concert et qu'on est dans la salle. Parmi les gens, je me balade toujours dans la dans les salles de mes artistes pour tendre une oreille, parler avec les gens, savoir [SPEAKER_00] savoir savoir ce qu'ils en pensent, voir parfois sans leur parler, juste voir leurs réactions, leurs pleurs, leurs cris et machin. Et quand on est dans une salle comme ça et qu'on se rend compte que l'artiste nous appartient, enfin il ne nous a jamais appartenu d'ailleurs, mais ne nous appartient plus ni à l'artiste ni à moi, [SPEAKER_00] Comme une chanson et que c'est devenu l'artiste du peuple et que c'est devenu la musique de son public. [SPEAKER_01] Tu dois avoir une émotion de dingue. J'en ai des frissons. C'est dingue, enfin j'imagine. C'est le plus beau métier du monde. Ouais, je comprends. Du [SPEAKER_01] coup, tu as évidemment eu envie de revenir à la scène, je comprends. Tu as vu tous ces artistes avec tous les publics déchaînés. Tu t'es dit j'y retourne là. Non, ce n'est pas, ce n'est pas le fait de voir, c'est le fait de me dire Non, mais je rigole, je te, mais je, donc il y il y a un moment où tu as quand même eu envie là [SPEAKER_00] retrouver la scène. Ça s'est fait par étape. J'ai eu envie de [SPEAKER_00] célébrer les 20 ans de parce que je trouve que c'est un lien très privilégié et parti qu'on n'est pas beaucoup d'artistes à avoir ce genre [SPEAKER_00] de classique avec son public à un jeune âge, parce que je n'ai pas, enfin, je suis encore jeune. [SPEAKER_00] Et et donc la 1re étape, ça a été ça. La 1re étape, c'est d'aller sur la route et de revoir mon public, donc 20 ans après la sortie de Femme Like You. [SPEAKER_00] Et là, j'ai ressenti des vibrations qui étaient complètement différentes. [SPEAKER_00] Il n'y avait plus cette hystérie, y avait, c'était comme des retrouvailles de famille, de copains, de de Et je me suis dit putain, je crois que je crois que tu es le la l'équipe, alors ça a pris 20 ans, [SPEAKER_00] 15 ans si on compte les 5 années où j'ai envoyé, [SPEAKER_00] enfin du lourd, [SPEAKER_00] et, mais ça a pris 15 ans pour retrouver, comme si le public avait tout compris [SPEAKER_00] à ce que j'ai cherché Et cherché le même public. [SPEAKER_00] Oui, pour certains. Sinon, j'ai des jeunes, j'ai des gamins L'autre jour, je parlais avec un jeune fan, je dis, mais d'où Enfin, tu n'étais même pas né, toi. Ah, c'est clair. Je dis, mais depuis tout jeune, mes parents écoutent ça et moi, j'ai, il y beaucoup de choses que mes parents écoutent, que moi, j'écoute, tu en fais partie. Du coup, j'ai été découvrir les autres titres. [SPEAKER_00] À l'époque, nous, on sortait un ou 2 ou 3 singles par album. C'était les 3 chansons connues, le reste de l'album, n'y avait que les fans hardcore qui les connaissaient. Aujourd'hui, le gamin, il écoute Femme like you, Spotify lui suggère [SPEAKER_00] 5, 6 autres titres, il va gratter, il écoute les albums, enfin Donc le public est très différent, mais c'est surtout de manière très égoïste, [SPEAKER_00] moi qui avais hâte de voir comment j'allais me sentir sur scène. [SPEAKER_00] Je n'avais pas de trac, [SPEAKER_00] je montais comme vraiment comme une [SPEAKER_00] réunion de famille. [SPEAKER_00] J'ai eu du plaisir, beaucoup de plaisir. Trouver la scène en fait, c'est comme si j'ai, j'avais mis 15 ans à enlever tout le, toute la, les fioritures, [SPEAKER_00] les machins, les paillettes, les ci, les ça. Moi j'ai, j'ai mûri aussi, ma vie a beaucoup changé, je suis devenu papa entre temps, j'ai des enfants enfin, [SPEAKER_00] voir mes enfants, ma petite fille justement, qui avait 3 ans quand je suis remonté sur scène pour célébrer les 20 ans, qui était assise avec son gros casque pour protéger ses oreilles et qui avait tellement fière Tu l'as vu ou pas [SPEAKER_00] l'as vu sur scène quand tu chantais ou pas Bien sûr. Là, je voyais tout en fait, j'étais même, j'avais l'impression d'être dans la vraie vie. [SPEAKER_00] Et ni catapulté par rien, ni ni too much, ni et et vraiment, [SPEAKER_00] avec un public qui [SPEAKER_00] avait presque adapté leur comportement. [SPEAKER_00] Je [SPEAKER_00] sais que ce n'est pas ça, mais c'est un peu mon ressenti. Je me suis dit, mais mais putain, mais en fait, c'est comme s'ils avaient compris qu'il y avait un truc qui m'avait et qu'aujourd'hui [SPEAKER_00] Ils sont moins hystériques quoi. Ouais, y a un truc plus naturel, du vrai, ils ont compris ma démarche et et et j'ai écrit un bouquin aussi où j'ai beaucoup parlé de ça, et je pense qu'il y en a beaucoup d'entre eux qui l'ont lu et et qui se sont, qui ont trouvé ça aussi cool, tu vois, que ce que je tienne et que ce soit très sincère dans ma démarche. Donc ça, ça a été la 1re étape. [SPEAKER_00] Et suite à ça, je me suis dit, maintenant [SPEAKER_00] que je réalise que j'ai une liberté qui est quand même rare dans nos métiers, [SPEAKER_00] ça m'a donné envie de d'essayer des choses assez improbables, [SPEAKER_00] et de faire des essais en studio sans me mettre la pression. [SPEAKER_00] Et en fait, l'envie de recréer pour aller sur scène après, c'était une démarche que je n'avais jamais fait avant. Avant, je voulais faire des tubes, parce que je voulais être le plus gros artiste, le plus machin aussi. [SPEAKER_00] Là, en fait, je n'ai aucune pensée mercantile [SPEAKER_00] ou aucun objectif quand je crée, si ce n'est de profiter de cette, un peu cette liberté [SPEAKER_01] de ne rien s'interdire quoi. Et tu as mis combien de temps Donc là, as sorti un album qui s'appelle Place de l'Oréal. [SPEAKER_01] C'est un style hyper différent en fait. C'est [SPEAKER_01] électro pop, enfin comment tu définirais un petit peu ce style, cette Parce qu'on retrouve ton ton timbre de voix, [SPEAKER_01] mais ce n'est presque plus parlé en C'est plus chanté d'ailleurs c'est [SPEAKER_00] fait, c'est l'idée, c'était ça, c'était d'explorer les intersections. La chanson française, c'est ce qui m'a amené à la musique, puisque quand j'ai grandi dans la guerre au Liban, il n'y avait pas de radio, il n'y avait pas de MTV, enfin, c'était les disques de nos parents. Donc, c'était Brel, Brassens, Aznavour, [SPEAKER_00] et et donc cette chanson française m'a marqué, que j'avais mis un peu de côté pendant toute ma période, hip-hop, pop, machin, [SPEAKER_00] et j'avais envie de revenir à ça déjà. Revenir à la chanson française à ma sauce, [SPEAKER_00] et la mélanger avec trouver l'intersection qui existe entre ça et ces musiques électroniques que j'écoute depuis une dizaine d'années, et des albums [SPEAKER_00] fabuleux de Tame Impala, [SPEAKER_00] de Justice, de M 83, [SPEAKER_00] de, [SPEAKER_00] enfin, les gens passent et j'en passe. Mais toutes mes inspirations de d'adultes [SPEAKER_01] Ouais, c'est ça. [SPEAKER_01] C'est vrai que sur le papier, ce n'est pas facile à mélanger. Non. [SPEAKER_00] Non, et puis j'ai, puis j'ai compris aussi que ça ne va être pas facile non plus aux gens, pour les gens de comprendre, de Mais comme justement, as cette liberté de dire non, mais de toute façon, regardez, ce n'est pas [SPEAKER_00] À l'époque, quand on sortait un album, il devait être porté par un tube, enfin, il y avait toute espèce de de locomotive. [SPEAKER_00] Aujourd'hui, on peut finir un album et le déposer là, et vous le découvrirez dans 3 mois ou dans 2 mois, ou là tout de suite si vous voulez, ou dans 6 mois. [SPEAKER_00] Et je trouve ça assez formidable, parce que déjà on est à une ère où on ne fait plus d'albums, on ne fait plus de concepts, on balance des tubes. Ouais, c'est vrai. Et puis, bout d'un moment, on les regroupe ensemble pour faire une édition de Noël, histoire de faire encore plus de et je respecte, et et et je ne dis pas que je ne l'appliquerai pas, mais moi, en tant que producteur pour un ou une artiste. Mais moi, ce n'était pas ma démarche. J'avais envie de revenir à ce truc où on fait des disques quoi, avec un avec un fil conducteur, [SPEAKER_00] avec une ligne rouge, avec des thématiques dont j'avais envie de parler aussi, qui étaient moins ma priorité plus jeune quoi. [SPEAKER_01] Place de Lorraine, qu'est-ce que ça veut dire Parce que tu as inventé un univers [SPEAKER_00] en fait. Place de Loréane déjà elle n'existe sur aucune carte, elle est complètement fictive. [SPEAKER_00] Le nom fait un peu un clin d'oeil à la de Loréane qui est la voiture pour moi qui est un peu le symbole des années 90, prend le voyage, voilà. On peut voyager dans le temps, on choisit, c'est vers l'arrière, vers l'avant, enfin peu importe. [SPEAKER_00] Donc l'inspiration, elle est un peu venue de là, et ensuite, a on avait envie de créer un monde, parce qu'il n'y pas que la musique, il a aussi les visuels qu'on a proposés, [SPEAKER_00] qui sont assez décalés en fait, on on ça nous permet, c'est un champ des possibles, c'est-à-dire que non seulement c'est une musique qui est à l'intersection de la chanson française et de la musique électronique, [SPEAKER_00] mais en plus, on a cette place, [SPEAKER_00] on ne sait même pas si elle est figée ou est-ce que Quand on va partir en tournée l'année prochaine, c'est peut-être la place de L'Oréal en fait, qui va se déplacer de ville en ville et tu vas venir passer un moment sur cette place-là, puis la place va disparaître pour aller ailleurs, comme un cirque. [SPEAKER_00] Donc voilà, donc elle ne veut strictement [SPEAKER_00] rien dire, mais c'est un monde imaginaire [SPEAKER_00] dans lequel d'ailleurs je me projette peut-être même sur une trilogie, je ne pas, mais c'est pour que je l'ai appelé volume un, parce que je pense qu'il y a, j'ai encore beaucoup Il y a une suite. D'autres idées derrière. Finalement, tu as pris du plaisir à le faire cet album. Grave. Ouais, grave. [SPEAKER_01] Là, il y 11 titres. Ouais. Est-ce que c'est un classique 11 titres [SPEAKER_00] Non, Non, vraiment tu fait Tu [SPEAKER_01] te dis, j'arrête. Ouais ouais. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils ont, tu tu l'as évoqué, [SPEAKER_01] tous un lien avec ton histoire. [SPEAKER_01] Devoir de mémoire, c'est ton départ du Liban, c'est ça La guerre [SPEAKER_00] Pas que, devoir de mémoire, c'est c'est de se rendre, de s'arrêter 2 secondes, non, et se rendre compte à quel point nos parents, nos anciens, c'est peut-être nos grands-parents aussi, ont sacrifié des choses pour et je suis sûr que dans ton histoire, dans la tienne, dans la tienne, dans dans ces dans ces immigrés [SPEAKER_00] français qui parfois ont tendance, je vois certains jeunes, tu vois, parfois où je leur dis, tu sais, n'oublie pas ce que tes parents ont sacrifié quand même pour que toi, tu aies la possibilité de vivre en France, d'aller à l'école, de, je n'en sais rien moi, de faire tout ce que tu veux faire, alors que parfois les parents ne parlaient ni français, [SPEAKER_00] ne savaient pas écrire, et ils ont quitté leur pays, où ils étaient, souvent les statuts changent. [SPEAKER_00] As des, tu as des pères ingénieurs qui sont venus et qui avaient à peine, qui n'avaient pas de difficultés de travailler pour leurs gamins. Donc c'est plus, ce devoir de mémoire, c'est plus envers cette génération qui nous précède, [SPEAKER_00] où j'avais envie de dire qu'il faut garder un respect au point de les dresser [SPEAKER_00] sous forme de de de tableaux [SPEAKER_00] vivants [SPEAKER_00] dans l'immortel, parce que c'est je je Moi, dans mon cas, tout cas, je je je les, j'en parlais dans mon livre, je je n'ai pas de moyens connus de pouvoir remercier [SPEAKER_00] mes parents s'ils n'avaient pas fait ça, je ne sais pas comment c'est Quand quand tu dis pas fait ça, c'est partir du Liban, c'est quitter [SPEAKER_00] travail, leurs amis, leur culture, enfin tu dis, mais moi, j'ai des enfants aujourd'hui. Ouais. Imagine demain, [SPEAKER_00] on nous annonce une guerre au Canada, et caetera, et il faut que je parte en Inde. [SPEAKER_00] Je choisis l'Inde comme ça, peu parce que très éloigné de la culture nord [SPEAKER_00] américaine, où il faut [SPEAKER_00] que je prenne mes enfants, il faut que j'aille tout refaire là-bas. [SPEAKER_00] Enfin, je je [SPEAKER_01] Toi, tu avais poser la question. Je suis pas sûr qu'on aurait le même courage. Non, c'est clair. Toi, avais 12 ans quand tu es 11. 11 ans, quand tu as quitté, c'était Beyrouth. [SPEAKER_01] Donc, as évidemment un souvenir hyper précis en fait de la période. 11 ans suis un grand [SPEAKER_01] Tout tout tout, ouais. Donc, [SPEAKER_00] donc oui oui, et et [SPEAKER_00] et moi, moi, je n'ai même pas tout compris tout de suite, parce que moi aussi, j'ai grandi, j'ai grandi en moyenne orientale, [SPEAKER_00] avec tout ce que ça implique et les coutumes et la culture, et caetera. Et quand je suis arrivé aux États-Unis, enfin, on n'a pas aux États-Unis, pardon, mais au Canada, [SPEAKER_00] et qu'après, vas aux États-Unis, tu te balades, c'est énorme, l'Amérique du Nord et et tu as l'impression que tu connais rien, que tu comprends rien, en fait. Tu vois, des mecs, ils sont en rockeur, tu n'avais jamais vu une guitare électrique de ta vie, tu les Doc Martin, les machins, les skateboards, c'est des mecs qui mettent des roues sur des planches, c'est incroyable. Non, mais vraiment, tu es un peu [SPEAKER_00] La guerre, ça fait que tu n'as pas les, n'as pas accès à tout. Enfin, n'as pas la télé, il n'y a de télé, n'y même pas d'électricité, donc Bien sûr. Donc, [SPEAKER_00] donc ouais ouais, en tout cas spécifiquement [SPEAKER_00] devoir de mémoire pour moi c'était important de de coucher un texte [SPEAKER_00] sans [SPEAKER_00] sans faire quelque chose d'engagé ou de revendicateur, [SPEAKER_00] mais juste de rappeler que [SPEAKER_00] de manière universelle, c'est toujours bien. Il y aussi coeur pyromane, ça, c'est la paternité. Pour ma fille, ça, ça, c'est J'en avais les larmes aux yeux quand j'ai écrit ce titre, parce que parce que, [SPEAKER_00] ouais, parce que c'est la 1re fois que que je peux écrire [SPEAKER_00] de cette manière-là et j'avais envie de poser ma voix différent différemment pardon. [SPEAKER_00] C'est typiquement une chanson où ma manière de chanter et le ton de voix que j'utilise sur cette chanson-là est radicalement différent de cette C'est [SPEAKER_01] vrai. [SPEAKER_01] Tu as envie de transmettre Tu l'écris pour toi Tu l'écris pour ta fille Qu'est-ce que vois que, qu'est-ce que tu avais envie de dire en fait Il y a un truc, [SPEAKER_00] elle m'inspire quoi, tu vois quand je suis dans mon studio [SPEAKER_00] et qu'elle joue autour de moi au point où je suis obligé de lui dire, là, il faut que tu arrêtes 2 secondes, papa va enregistrer des voix, il ne faut pas qu'il y des voix. Mais même quand tu, si je te faisais écouter les a cappellas de l'album, tu as plein de bruits de de jeux de ma fille derrière, ouais, il y a plein d'imperfections. [SPEAKER_00] Bref, [SPEAKER_00] non, je crois que j'avais envie de, [SPEAKER_00] il y a plein de choses que je ne me sens peut-être pas encore assez malin ou intelligent ou sage [SPEAKER_00] de lui dire ou du moins pas avec avec d'autres mots. Je le dis dans la chanson d'ailleurs et même il y a quelques années, je n'aurais jamais été capable de le dire ou je l'aurais dit avec toutes [SPEAKER_00] les postures [SPEAKER_00] et les Le mec quoi. De machin, et je le dis dans la chanson, y quelques années, j'aurais, tu m'aurais posé la question, je te, je n'aurais pas su te le dire. [SPEAKER_00] Et je ne sais pas pourquoi cette inspiration m'est venue de me dire voilà, si, si je devais mourir demain, [SPEAKER_00] voilà, je voulais que tu saches que je n'ai jamais eu peur [SPEAKER_00] de pleurer dans tes bras ou de sourire dans tes bras, tu vois, parce que c'est, ça demande, [SPEAKER_00] peut-être pas pour tous les hommes, y a qui ont beaucoup de facilité, mais moi j'ai j'ai dû m'ouvrir [SPEAKER_00] à à ma fille. [SPEAKER_00] Et faire ce, [SPEAKER_00] voilà, ce travail de d'être naturel [SPEAKER_00] à 99.9 [SPEAKER_01] Non, mais même à 100 pour 100, tu es naturel avec ton enfant. J'espère. Ouais. Non, mais c'est marrant parce que c'est vrai que, [SPEAKER_01] à la base, en tout cas, le public t'a connu en tant que rappeur. [SPEAKER_01] Et en fait, c'est vrai qu'on ne t'attend pas là-dessus. Non. Et et en même temps, je je j'imagine que tes fans vont aussi découvrir une facette de toi [SPEAKER_01] qui jusqu'à présent était assez méconnue, non. En fait tu es un rappeur au coeur tendre quoi. Mais j'ai, en fait même à l'époque, [SPEAKER_00] je venais du rap oui, et je pense que tous les OG de Montréal [SPEAKER_00] se rappellent de où est-ce que je suis venu. Mais quand j'ai sorti Femme Like You en France, les rappeurs ne voulaient pas m'appeler rappeur. Oui, [SPEAKER_00] parce que Et moi, dans ma tête, je n'étais plus un rappeur à ce moment-là. J'étais j'étais passé de l'autre côté, j'avais envie d'essayer d'autres choses. Alors, c'était peut-être plus la pop, [SPEAKER_00] la soul, [SPEAKER_00] des accords jazz, j'enseigne avec beaucoup de mélange. [SPEAKER_00] Aujourd'hui, [SPEAKER_00] ce n'est pas différent. Aujourd'hui, c'est peut-être plus de la chanson. [SPEAKER_00] Peut-être, je n'en sais rien. Mais j'ai toujours refusé les appellations. [SPEAKER_00] Donc oui, je suis issu, j'ai commencé dans le rap, mon [SPEAKER_00] 1er, mon 1er format, mon 1er art. [SPEAKER_00] Encore, les gens qui ont écouté l'album me disent qu'ils les sentent quand même, cet héritage du hip-hop, de manière générale, ils le sentent quand même sur cet album, dans la manière [SPEAKER_00] Si je prends un pur chanteur de de de variétés ou de chansons françaises, on ne on ne on ne délivre pas [SPEAKER_01] les mots de la même manière. Enfin, on sent que je viens Oui, je suis d'accord, je d'accord. Mais je trouve qu'enfin, on on on reconnaît ton teint, mais c'est c'est plus doux quand même, c'est plus Peut-être. On sent qu'il a une forme de maturité quoi. [SPEAKER_01] Sur la maturité Si tu le dis. Non, mais je ne sais pas, moi je trouve, ce ce n'est que mon avis. C'est dur de dire ça de soi-même, enfin je ne sais pas où je suis rendu dans ma quête personnelle, mais en tout cas, je sens que c'est différent. C'est différent. Il y a il y a 1 1 1 3e titre qui m'a parlé feeling, là tu parles de résilience. [SPEAKER_01] Pourquoi c'est un, c'est un thème qui te parle [SPEAKER_00] feeling, la, le le 1er, [SPEAKER_00] le 1er truc, c'est, je t'en parlais tout à l'heure quand je dis, faut y aller à l'instinct. [SPEAKER_00] Je je je décris [SPEAKER_00] cette personne qui peut être moi ou un autre ou une autre qui se lève un matin et on est nul quoi. Enfin, il y des moments où tu te lèves le matin, tu te dis, mais putain, mais j'ai [SPEAKER_00] décroché à quel moment Enfin, tu as l'impression de ne plus rien comprendre, tu as la tête dans le, voilà. [SPEAKER_00] Il n'y a pas grand-chose pour te sortir de là. Enfin, vois, et ça peut être au travail, ça peut être dans plein de Le monde est devenu tellement fou qu'il y a plein de moments où on est on est catapulté dans des espèces de bulles où on ne sait même pas on flotte dans un nuage, on ne sait pas si ça, on va tomber, on va s'éclater ou on va atterrir quelque part en douceur, enfin, on n'a aucune idée. [SPEAKER_00] Et je [SPEAKER_00] donne la solution, si tu veux, sur ce titre, en disant, [SPEAKER_00] on s'en fout et on y va au feeling. Et on essaye de de de d'être le plus possible à l'instant, la le le le le, parce que sinon les questions qui se mélangent dans la tête, et caetera deviennent [SPEAKER_00] Donc c'est une manière aussi pour moi d'effleurer de manière un peu plus poétique et un peu plus détente les sujets de de de tension mentale que j'appelle moi dans nos industries créatives, parce que la tension mentale est quand même très très forte et de cette tension mentale, on peut dériver vers des problématiques un peu plus [SPEAKER_00] médicales. [SPEAKER_00] Et tu parles de tension mentale quand tu crées ou ou quand tu es Non, quand tu crées, quand tu fais écouter, quand tu partages avec le public, quand on te, quand on ne te comprend pas, on te comprend, enfin Ouais, c'est vachement En même temps, j'ai je t'ai dit, j'ai essayé de garder quand même une, conserver une espèce d'universalité [SPEAKER_00] dans tout ça pour qu'on puisse aussi se se se alors [SPEAKER_00] qu'on est infirmière [SPEAKER_00] ou [SPEAKER_00] ou sapeur-pompier [SPEAKER_00] ou ce que tu veux. Dans [SPEAKER_00] tous ces domaines, on se lève, quand tu te lèves le matin et que et que tu es mal câblé, [SPEAKER_00] enfin, par rapport ce que tu fais dans la vie, tout tout va en prendre un coup quoi. Bien sûr, c'est clair. Et et voilà. Donc j'ai essayé quand même d'alléger un peu le propos en disant juste [SPEAKER_00] Et puis surtout, il y a un côté un peu fataliste, c'est que je dis à un moment donné, la vie va nous séparer de tout ça par elle-même, elle va choisir [SPEAKER_00] le moment. Donc [SPEAKER_01] autant autant y aller au feeling avant. Est-ce que ça a été long à écrire cet album parce que [SPEAKER_01] tu as produit les autres, mais de de te, enfin je veux dire de créer toi-même, de revenir à la création, j'imagine que c'est une gymnastique [SPEAKER_00] Ça n'a du fait. Ouais, j'ai dû me faire du temps déjà. [SPEAKER_01] Ça ça t'a pris combien de temps [SPEAKER_00] Je te dirais une grosse année et demie, je pense. Ah ouais. Ouais. Entre les premiers balbutiements qui n'étaient pas du tout convaincants, [SPEAKER_00] comme tu le disais tout à l'heure, enfin cette cette intersection-là, [SPEAKER_00] elle n'est pas naturelle. [SPEAKER_00] La chanson française et la musique électronique, a priori, il n'y a pas grand-chose qui les rapproche. [SPEAKER_00] Donc donc ouais, [SPEAKER_00] le temps de commencer à y avoir les premières idées, puis je n'étais pas convaincu, j'ai mis ça un peu de côté. [SPEAKER_00] Je ne voulais pas que ce soit un truc structuré avec un cahier, je n'avais aucune, [SPEAKER_00] je ne savais même pas si ça allait sortir ou pas pour tout dire, c'était vraiment un truc expérimental. [SPEAKER_00] Et puis les prodouceurs de d'un incroyable talent qui m'ont entouré pendant ce projet, bon, ont commencé à [SPEAKER_00] à trouver la formule avec moi, et moi, j'ai commencé à trouver la formule de la voix, et j'ai écouté, vous voyez, du bachou, j'ai écouté [SPEAKER_00] plein de de de de de classiques [SPEAKER_00] français, anciens comme récents, [SPEAKER_00] même du Hervé, enfin, plein de de de [SPEAKER_00] de de trucs hyper différents. Et puis, et moi aussi, j'ai pu trouver aussi ma manière de me de me poser sur ces Et de poser ta voix. Oui, j'avais des j'avais des instrus qu'on était en train de faire, ils étaient à 155 BPM, je dis, mais les gars, je n'ai jamais fait ça de ma vie. Moi, le le hip hop ou la pop, ça se situe entre 90 et 110, 115 maximum. Déjà à 115, se dit, mais j'ai de la place où moi là-dedans. Et pour ceux qui ne connaissent pas, ça veut dire quoi C'est [SPEAKER_00] les les bits par minute, le BPM, donc c'est une vitesse à laquelle le rythme avance sur la chanson. Et plus c'est rapide, moins il y a de mots normalement, puisqu'il n'y pas de Et [SPEAKER_00] donc ça aussi, c'était un truc à apprivoiser, donc j'ai fait des rythmes plus lents, des rythmes plus rapides, [SPEAKER_00] Mais il y avait ce ce fil conducteur où on avait envie aussi de dépoussiérer tous ces vieux synthétiseurs [SPEAKER_00] des années 84 [SPEAKER_00] 20 10, ressortir les les samplers, les, [SPEAKER_00] enfin vraiment, [SPEAKER_00] c'était une démarche [SPEAKER_00] qui qui a l'air très complexe, mais qui pour nous était archi naturelle parce que tous ceux qui étaient autour de ce projet sont fans de ces, de ces sons, de ces visuels, de ces références. On avait tous la Dollarian ou l'Atari ou le, tous ces codes dès des années 90 quoi. Et quand tu écris, toi, tu fais Est-ce que tu es en souffrance Est-ce que c'est un kiff [SPEAKER_01] Est-ce que tu te dis genre, allez, j'écris de 8 heures à 10 heures Enfin, vois, comment tu fonctionnes pour écrire Non, je, c'est d'ailleurs très compliqué pour ma famille, enfin pour les gens qui m'entourent, parce que d'abord, ça vient quand t'y attends pas. Tu as un carnet, tu as un truc [SPEAKER_00] Il y des choses que je garde dans ma tête, [SPEAKER_00] et à un moment donné, j'ai besoin d'être dans mon studio, chez moi et tout seul et [SPEAKER_00] et commencer à, soit il y a une musique qui m'inspire, soit il y un sujet qui m'inspire, mais ce n'est pas genre, ah tiens, je suis triste, je suis rentré à la, déjà je, je, [SPEAKER_00] j'ai passé l'âge où, [SPEAKER_00] enfin, tu vois, à l'adolescence, on a souvent des pics Oui, tu as une rupture amoureuse et tu, par exemple. Je suis un grand garçon, [SPEAKER_00] j'ai une vie entre guillemets normale, donc voilà, je n'ai pas, donc je je ne m'autorise pas non plus des hauts et j'ai une discipline qui fait que Donc de manière très naturelle, je vais me mettre au studio, j'écoute une musique où je grave, tu sais, je gratte 3 4 accords, et puis il a un truc qui me vient et hop, [SPEAKER_00] commence à Tu commences à écrire un Et c'est les mots qui me viennent en fait et de là, la chanson prend forme. [SPEAKER_01] Et là, comme tu reviens sur le devant de la scène, est-ce que tu as une, tu as une pression Est-ce que tu as peur de te louper [SPEAKER_00] Est-ce que tu te sens un peu comme un jeune 1er Tu vois ce que je veux dire Alors je me sens vachement comme un jeune 1er, mais je n'ai aucune crainte de me louper parce qu'en fait, ce n'est pas que je m'en fous, mais moi ce que je veux, c'est que les gens comprennent au fur et à mesure, [SPEAKER_00] trouvent ça cool ou nul, [SPEAKER_00] et et adhèrent ou pas. [SPEAKER_00] Mais, [SPEAKER_00] mais ce que je veux dire par là, c'est que je je n'ai pas, n'ai pas d'enjeu, [SPEAKER_00] et je ne le fais pas pour ça. D'ailleurs tout est structuré, d'ailleurs on ne voit pas dans mes clips, c'est tout est très abstrait, [SPEAKER_00] très inspiré de l'art contemporain d'ailleurs, qui est un sujet qui me passionne depuis des années, mais [SPEAKER_00] donc, [SPEAKER_00] mais je trouve ça génial, et justement, parce que je me considère comme un artiste émergent ou réémergeant, je sais pas comment on peut dire ça. [SPEAKER_00] Je ne me considère pas non plus comme un artiste actuel dans le système. [SPEAKER_00] Inclu dans la machine du tout. Donc, donc, n'as pas trop de stress en fait là Ah, mais complètement pas. C'est incroyable. Complètement pas. Et et par contre ça me fait très plaisir quand les gens me disent, putain on a écouté, on s'attendait pas du tout à ça et on adore. Je trouve ça chanmé. [SPEAKER_00] Je suis super content tu vois, c'est c'est je fais ça que pour ça. [SPEAKER_01] Tu vois Et est-ce que tu penses que les fans de femmes like you vont aussi s'y retrouver, donc tu vas aller vers un autre public Je n'en sais rien. Tu n'as pas forcément pensé au public en fait, tu as écrit ce qui t'a Non, il y a, mais vraiment, et ce que j'ai trouvé génial, [SPEAKER_00] c'est que même [SPEAKER_00] le label avec lequel je travaille, qui est quand même un label assez connu pour être [SPEAKER_00] un label qui a beaucoup de très gros artistes, [SPEAKER_00] enfin, c'est un des plus gros labels français qui m'aide à [SPEAKER_00] à commercialiser [SPEAKER_00] ces albums-là, parce que du coup, fais plus tout comme avant, j'ai décidé aussi de prendre du recul sur certaines choses. Bien, même eux, ils ne sont pas cherché, ils n'ont pas cherché à essayer de se dire, tiens, est-ce que, [SPEAKER_00] bon, là, il manquerait quand même le single pour la radio, où ça serait bien quand que tu nous formates au moins un clip où on voit ta tête, s'il te plaît, enlève tes lunettes, pour qu'on, tous ces espèces de codes qui m'ont marqué dans ma jeunesse, je n'ai rien eu de tout ça, au contraire, j'ai eu des attachés de presse aussi qui ont compris le projet, qui se sont dit, bien on va aller là où on Mais là, il y tous les artistes du monde qui vont t'envier là en fait, ils veulent tous vivre ce que tu vis non alors justement, là où je voulais en venir et qui est quand même un point hyper important et ça pour le coup j'ai envie que les gens le sachent, [SPEAKER_00] c'est que si ça peut inspirer certains artistes qui comme moi pour plein de raisons, [SPEAKER_00] estiment qu'ils en ont assez fait ou qu'ils ont gagné assez d'argent ou j'en sais rien, à se dire, tiens regarde, ça existe des artistes qui sont connus, [SPEAKER_00] dont le nom est connu et qui se servent de ce vecteur [SPEAKER_00] qui est leur nom, dans mon cas, moi, c'est Camaro, [SPEAKER_00] pour présenter d'autres choses et se mettre à risque, quitte à ce que ce ne soit pas la même économie que quand on était plus jeune ou mais ce fait de se de s'affranchir [SPEAKER_00] de tout ça, si ça peut inspirer même d'autres labels [SPEAKER_00] à donner l'opportunité à des artistes comme moi de faire des choses différents, quitte à en gérer les budgets différemment, à prendre moins de risques financiers. Il y plein de choses qu'on peut faire pour être plus libre. [SPEAKER_00] Et encore une fois, ça ne s'applique pas à un artiste actuel qui est au top et qui doit rester autre, qui a toute une machine, et encore une fois, je je je connais ce métier. [SPEAKER_00] Mais si inspirer [SPEAKER_00] des artistes ou des gens de ce métier à prendre parfois des risques et se dire ok, [SPEAKER_00] moi je n'en veux pas plus que ce que j'ai, je j'en ai assez et j'ai envie d'essayer des trucs, que ce soit possible, pas qu'on ait, il faut que ce soit bien. En fait, se dire, les trajectoires ne sont pas forcément linéaires en fait. Non, et si le projet est bien, même s'il est structuré de manière à être plus confidentiel, [SPEAKER_00] ou toucher un public plus confidentiel, [SPEAKER_00] c'est bien. Et pas être tout le temps, non, c'est parce que notre métier, [SPEAKER_00] il y a quand même des des des trucs, ça a l'air. On [SPEAKER_00] va faire tout de suite la comparaison, [SPEAKER_00] se dire, ah ouais, mais tiens, son album, il n'a pas marché comme celui, mais non, mais ce n'est pas, ça n'a rien à voir. Si je voulais faire, d'abord, même si je voulais faire un album qui a marché ou qui marcherait comme celui qui a marché il y a 20 ans ou y a 15 ans ou il y 5 ans, peu importe, déjà ce n'est pas sûr que j'y arrive. Il n'y a pas, ça n'existe pas, il n'y pas de formule magique. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] que même les gens puissent comprendre que, mais ça existe de ne même pas chercher ça. [SPEAKER_00] Et et moi, me suis permis de le faire parce que je me suis dit, je pense qu'on va me croire puisque j'ai vraiment pris ces décisions-là au fur et à mesure. Ce n'est pas comme si tout d'un coup, je viens dire, ah, là je fais un album plus hindi [SPEAKER_00] ou différent, et et [SPEAKER_00] j'espère que les gens vont l'aimer, mais je n'ai pas d'attente. [SPEAKER_00] Ça aurait été peut-être moins crédible si derrière, j'avais battu le feu, [SPEAKER_00] tu vois, non-stop. [SPEAKER_00] Bref, donc, je trouve ça cool, parce qu'autour de ce projet de place de L'Oréal, tu n'as pas que moi. Tu as des auteurs compositeurs qui ne sont pas, qui n'ont pas cherché à se dire, ah, mais si je fais des avec lui, est-ce que ça va générer de la SACEM ou pas, ça va jouer à la radio, des attachés de presse, des labels, [SPEAKER_00] ont, qui ont, qui ont poussé un projet qui se veut un projet plus alternatif que ce que j'ai pu faire. Et je trouve ça génial. Et si ça peut donner l'exemple Tu remontes sur scène ou pas Tu vas faire une tournée Grave. [SPEAKER_00] Mais de plus petites salles. Plus petites salles. Comme ça, les gens qui D'abord, moi, j'ai envie d'être plus près du public, puisque là, suis en plein dedans et je trouve qu'un projet électro [SPEAKER_00] électro chanson comme ça dans des petites salles de de sueur et de bière avec un gros système comme on les aime, plutôt que les trucs hyper parfaits de de mais même là, je n'ai pas envie que ça soit une telle obligation que les gens viennent me voir parce que je dois remplir ma salle. [SPEAKER_00] Donc, je préfère jouer dans les plus petites salles, quitte à jouer plusieurs soirs si ça fonctionne bien, que les gens qui ont beaucoup aimé Femme Like You et qui ont détesté Place de Loréane, ce n'est pas grave. [SPEAKER_00] Et que les gens qui ont adoré viennent et que les gens qui ont aimé Place de Loréane et qui ne me connaissaient même pas avant puissent venir. Puissent venir. Mais que ni eux ni nous, on ait cette pression de se dire, ok là les gars par contre, s'il vous plaît, il ne pas se louper parce que si je suis au Zénith et que vous êtes que 1000, ça la fout mal. Donc [SPEAKER_01] tu vois ce truc Complètement ouais. [SPEAKER_01] Plus intimiste. [SPEAKER_01] Et alors, raconte quand tu es sur scène, sur ces petites, dans ces petites salles, j'imagine que tu vois le public, comment tu sens le public [SPEAKER_00] Ça va être super différent Je ne l'ai pas fait souvent Ah tu l'as pas Non, en fait, je n'ai jamais, j'ai j'ai j'ai fait des grandes salles à l'époque. [SPEAKER_00] Après, j'ai fait des des des événements comme ça, isolés pour me pour m'amuser, c'était soit des gros festivals ou des autres. Enfin, y a toujours eu beaucoup de monde. [SPEAKER_01] Parce que j'imagine que c'est presque plus stressant, tu vois ce que je veux dire Pour moi, oui. Oui, je [SPEAKER_01] suppose, je n'ai pas fait de zénith, mais tu vois, je me dis zénith quelque part, tu es face quelque part à une salle noire, tu vois, c'est immense. Alors que dans une petite salle, tu vois Tu vois tous les visages. Tu vois les visages. Mais ce pas plus stressant, c'est juste une expérience. Encore une fois, j'en parle comme si je l'avais vécu, mais c'est la 1re fois que je le livre l'année prochaine. [SPEAKER_00] Et cette tournée de place de L'Oréal, je l'ai vraiment voulue comme ça. Alors tu vas me dire oui, mais alors, [SPEAKER_00] détracteurs ou les journalistes un peu malveillants vont dire oui, mais ce n'est pas la même économie, pourquoi tu fais chier Alors tu dis n'est pas grave. Non, mais au final, si tout est si tout est dosé [SPEAKER_00] de la bonne manière, [SPEAKER_00] enfin, mes musiciens peuvent en vivre, ça peut être quand même une tournée qui qui qui Bien sûr. Où mes gens sont quand même bien payés, il a une économie derrière et je ne m'en cache pas, mais ce n'est pas une économie de pression. Bien sûr. C'est une économie qui nous permet de rester libre. De la même manière que j'ai fait cet album, je suis pas arrivé en disant, [SPEAKER_00] non, on a fait des visuels avec des bouts de ficelle, on a mis des gens hyper créatifs que je connais du monde de la mode, [SPEAKER_00] qui m'ont dit, vas-y, je te le fais pour le qui, viens, on trippe ensemble, on fait le truc. Enfin, vois, c'est du réseautage, [SPEAKER_00] c'est c'est plein de trucs. [SPEAKER_00] Et et voilà, et et je trouve que le message le plus fort sur cet album, au-delà des thématiques que j'aborde, [SPEAKER_00] c'est c'est qu'on peut encore aujourd'hui dans une machine qui avance à 300 kilomètres heure et qui fait des morts tous les jours façon de parler, [SPEAKER_00] Il y a des trucs sur la voie de service, sur le chemin de secours, [SPEAKER_01] sur les les chemins de campagne et tout, tu tu t'éclates et tu fais des vrais trucs et puis C'est possible quoi. Ouais, mais bien sûr. Et en fait là, ce qui marrant aussi, c'est qu'on est assez loin quand même aussi de tes inspirations d'origine. [SPEAKER_01] C'est-à-dire que tu [SPEAKER_01] racontais, si on peut y venir là sur tes inspirations nord-américaines, [SPEAKER_01] donc tu viens quand même du rap à la base quoi. Moi, il y a un truc, tu as commencé par des concours de freestyle. Là, on est vachement loin des concours de freestyle. Oui, mais c'était il y a, écoute, mes premiers contrats de mes premiers concours de freestyle à Montréal, dans les quartiers haïtiens de Montréal, j'avais 15 ans. [SPEAKER_00] C'était il a 30 ans. Tu tu sais faire encore du freestyle ou pas Tu pourrais nous faire du freestyle là Non. Tu saurais plus faire Non, parce que c'est, ça vient avec les, le freestyle en rap, ce n'est pas juste de de de de de poser un texte sur une instru que tu ne connais pas. Pour moi, c'est c'est le freestyle un peu commercial. [SPEAKER_00] Mais tu as les freestylers qui, à force d'écrire des débits, [SPEAKER_00] finissent par enregistrer [SPEAKER_00] ces formats, si tu veux, dans leur tête, et après jouent avec des mots, même qu'on peut leur imposer. Combien tu as vu de mecs, on leur donne une dizaine de mots Et là, il va faire une impro avec ce qui se ce truc. C'est la pratique. C'est la pratique des patterns en fait de de de la manière dont il rape. Il a des patterns qu'il enregistre, et sur ces patterns après il il interchange [SPEAKER_00] ces patterns entre eux et les mots qu'il va poser dessus. Ouais ouais. Mais ça c'est de la pratique Aujourd'hui, ce serait fou de Alors je je j'adorais faire ça quand j'étais gamin et on a on a fait beaucoup de de concours de ça, mais mais aujourd'hui, je je pèse que dalle en freestyle. C'est que j'écris des chansons aujourd'hui. Ouais. [SPEAKER_01] Mais tu penses qu'il fallait commencer par ça pour être pour être un bon Non. Un bon chanteur, un bon artiste Pas forcément ouais. Mais je pense que Soprano, [SPEAKER_00] c'est un super artiste aussi parce qu'il a commencé dans les psychiatres. Je pense que Gym, aujourd'hui, [SPEAKER_00] il se nourrit de ce qu'il a fait dans la section. [SPEAKER_00] Je, j'aime les artistes pop qui ont des influences dans les souches. [SPEAKER_00] Et dès qu'un artiste pop n'a pas vraiment d'influence dans les souches, on appelle ça un industrie et généralement, c'est ce n'est pas assez teinté, on ne sent pas qu'il a une origine derrière dans, ça peut être le rap, mais ça peut être aussi, ne sais rien moi, l'électro, ça peut être plein de trucs. [SPEAKER_01] Et là, aujourd'hui, le fait d'être de t'éloigner un petit peu de tes de tes inspirations d'enfance, en fait, j'ai envie de dire, tu vois, est-ce que tu te dis que tu pars sur autre chose complètement ou tu pourrais complètement revenir et à un moment nous refaire un truc pop, ou ça y est, tu as pris un moins Pour pour moi je, c'était drôle, mais moi quand j'écoute cet album, j'ai l'impression qu'il est très pop. [SPEAKER_00] Après parfois quand on me dit, non regarde, il m'en met, on me met les 10 trucs qui jouent le plus à la radio, [SPEAKER_00] c'est vrai quand je retourne sur mon album, je me dis, ah oui, c'est vrai que c'est peut-être un peu plus sévère, en tout cas un peu moins formaté pour ça. [SPEAKER_00] Mais moi, je le trouve très pop déjà. Pour moi, c'est c'est, il n'est pas dit que le volume 2 ou le volume 3, je n'avais pas creusé encore plus loin dans certaines ou [SPEAKER_00] que que je m'autorise peut-être des inspirations peut-être plus world sur les mélodies, je n'en sais rien, il y a plein de trucs qui me parlent en ce moment. [SPEAKER_00] Mais je ne pense pas, je ne cherche pas à mettre le curseur quelque part pour décider De les porter en fait. Ouais, puis je me dis peut-être que, peut-être que c'est les radios ou les playlists qui à un moment donné vont vont aimer une chanson et la jouer, et ça va permettre à d'autres chansons dans le genre, et puis on va on va établir un 1 nouveau format de ce qui joue en playlist ou en radio, je n'en sais rien. [SPEAKER_00] Mais je n'ai pas, [SPEAKER_00] je ne voulais pas appliquer de formule. [SPEAKER_01] Petite question sur tes parents. J'ai [SPEAKER_01] lu que c'est quand même eux qui t'ont transmis aussi cette ce plaisir, [SPEAKER_01] cet amour de la musique. [SPEAKER_01] J'ai lu un truc assez touchant. Tu parlais de Beyrouth et de la guerre et tu disais quand il avait de l'électricité, [SPEAKER_01] ta mère visiblement mettait de la musique et vous chantiez tous. [SPEAKER_01] Et il y a il y a eu une expression que j'ai j'ai retenue, tu dis c'était une espèce de Broadway. Tout le monde chantait. [SPEAKER_01] Ça, ça devait être des moments extrêmement touchants. [SPEAKER_01] Est-ce que c'est, est-ce que c'est, [SPEAKER_01] c'est en ce sens et c'est parce que tu as vécu tout ça que tu reviens aussi toujours à la musique, à la chanson Probablement, [SPEAKER_00] je pense que la musique a, [SPEAKER_00] la musique a [SPEAKER_00] accompagné [SPEAKER_00] des moments extrêmement difficiles, [SPEAKER_00] où encore une fois, ça, [SPEAKER_00] je parlais de de devoirs de mémoire tout à l'heure, c'est je me dis, mais qu'est-ce qu'ils ont été intelligents, [SPEAKER_00] fins et grands de se servir comme ça de musique où mon père battait la mesure sur une table basse et ma mère chantait du du brel [SPEAKER_00] à tue-tête, elle nous apprenait c'était quoi une harmonie ou une voix en canon, et caetera. Enfin, la musique nous a permis de traverser, en tout cas, entre autres, nous a permis de traverser une période [SPEAKER_00] très, très compliquée que je souhaite je souhaite à aucun jeune de cet âge. [SPEAKER_00] Et donc, forcément, derrière, [SPEAKER_00] ça a été ma plus grande passion avec le sport à un moment [SPEAKER_00] plus plus jeune et puis finalement le même le sport a laissé la place entière à la musique [SPEAKER_00] après l'adolescence. [SPEAKER_00] Donc oui, je pense que j'ai un lien [SPEAKER_00] à vie [SPEAKER_00] avec la musique d'une manière ou d'une Et dans ces moments, [SPEAKER_00] est-ce que ça te rassurait la musique, le fait que vous chantiez tous ensemble Est-ce que, enfin comment tu te sentais, tu vois Je ne pas si je réalisais à ce moment-là que ça me rassurait, en tout cas ça me divertissait et ça permettait de voir des sourires [SPEAKER_00] parce qu'on la sent à notre âge, même ma soeur qui est 4 ans plus jeune que moi, [SPEAKER_00] on on sent, on est comme les animaux, on perçoit le le stress, l'angoisse, la peur et Bien sûr. Et mes parents, [SPEAKER_00] je peux je peux imaginer qu'ils avaient peur à ce moment-là. Peur pour nous, peur pour eux, peur pour la la vie, le l'avenir, enfin tout Bien leur travail, l'argent, je n'en sais rien. Toutes les problématiques que nous, on a aujourd'hui en tant qu'adultes parents. [SPEAKER_00] Et de masquer ça [SPEAKER_00] dans la musique, dans le chant qui redonne le sourire, qui permet aussi de de chanter à tutelle, de de battre entre guillemets le volume de la guerre à l'extérieur. [SPEAKER_00] Mais je trouve ça, c'est, enfin [SPEAKER_00] Je pouvais pas finir bouché. [SPEAKER_00] Mais dans le sens, j'ai beaucoup de respect pour mon boucher, mais c'est vrai que ma destinée était, je pense, était Juste [SPEAKER_01] avant de finir, il y a quand même aussi 2 autres trucs que tu fais. En fait, tu fais, tu es multi-casquettes [SPEAKER_01] en fait, c'est un truc de dingue. Tu as aussi une galerie Oui, pour aider des jeunes artistes émergents. Et tu es la tête d'une fondation [SPEAKER_01] pour aider les enfants malades. [SPEAKER_00] En fait, tu tu, c'est c'est assez marrant parce qu'on a l'impression que tu fais tout au feeling en fait, comme ta chanson. Je fais tout au feeling et au final, c'est pour ça que ça me fait marrer quand les gens m'ont collé une étiquette de [SPEAKER_00] de de d'artistes [SPEAKER_00] bling bling, matérialistes. Je l'ai été pendant une période de temps, comme j'ai dit, l'Amérique ne m'a pas appris que le meilleur, elle m'a appris aussi le pire, et j'ai fait un équilibre de tout ça. [SPEAKER_00] Mais au final, quand tu regardes beaucoup d'argent que j'ai gagné, je l'ai reperdu en, [SPEAKER_00] pas en essayant d'aider d'autres artistes ou en, J'ai réussi de très belles choses dans ma vie, j'en ai aussi raté des des des extraordinaires. [SPEAKER_01] Qu'est-ce que tu as raté En fait, j'ai [SPEAKER_00] raté beaucoup plus de choses que je n'en ai réussi, mais ça, c'est dans la vie d'entrepreneur, [SPEAKER_00] d'artiste, [SPEAKER_00] personne, ou alors celui qui vient s'asseoir ici, t'expliquer qu'il a tout réussi dans la vie, il faut que tu fasses une interview de 3 minutes et qu'il te laisse repartir. Non mais, [SPEAKER_00] ça fait partie de la vie, et ça, c'est un truc qu'on nous a très tôt appris en Amérique du Nord. C'est l'échec est essentiel, il est nécessaire, il faut essayer d'en limiter la casse le plus possible, mais en augmente, [SPEAKER_00] en réaliser [SPEAKER_00] toute la la la, tout ce qu'on apprend quoi, en fait, l'éducation que ça donne. Mais [SPEAKER_00] mais [SPEAKER_00] j'ai jamais senti que j'ai regretté, j'ai jamais regretté un projet que j'ai raté, que j'ai que j'ai échoué, [SPEAKER_00] parce que je l'ai fait à ma manière et que je et que je l'ai fait avec le feeling que j'avais à ce moment-là. [SPEAKER_00] Mais c'est vrai que l'argent n'a jamais été une motivation. Je voulais en gagner beaucoup plus jeune parce que je voulais prouver quelque chose, je voulais me venger, je voulais [SPEAKER_01] Mais De quoi tu vas être vengé [SPEAKER_00] De la vie, je trouve qu'elle a été injuste [SPEAKER_00] les premières, quand je suis arrivé aux aux États-Unis et au Canada, je je regardais les gens, dis, mais attends, mais ce n'est pas possible, mais qu'il a 18 paires de chaussures et il a 14 ans. [SPEAKER_00] Tu vas me dire, n'est pas normal que j'exagère, ce pas tout le monde qui a 14 ans, mais ne serait-ce que, enfin des choses assez banales Ah, je comprends. Et il regarde la télé, il a, enfin plein de trucs où je me, me suis senti, j'ai senti que c'était injuste. [SPEAKER_00] Et quand je regardais les rappeurs, qui m'expliquaient qu'ils ont grandi dans les, donc l'équivalent des cités, des quartiers difficiles ici, avec rien, et caetera, [SPEAKER_00] et que maintenant ils veulent, ils veulent avoir la comme les riches, [SPEAKER_00] je suis un peu rentré là-dedans moi aussi. Ce n'était, ce n'était pas du tout un geste politique, ni de droite, ni de gauche, ni de centre, ni de rien du tout. C'était l'histoire d'un gamin, [SPEAKER_00] qui quand il a vu les rappeurs américains à tout avoir, je me suis C'est un peu comme une mentalité de nouveau riche, alors que je pense que j'ai été éduqué dans des valeurs plutôt anciennes. [SPEAKER_00] Mais l'Amérique m'a plongé dans ce personnage un peu de de nouveau riche et j'avais cette dualité entre l'éducation à l'ancienne de mes parents et ce que l'Amérique me disait de faire maintenant tout de suite, j'ai choisi ça. [SPEAKER_00] Je comprends. [SPEAKER_01] Cela dit C'est [SPEAKER_01] revu, ça s'est calmé Ça s'est calmé après, mais cela dit, d'avoir 14 paires de pompes, moi je comprends que ça créait. Après, [SPEAKER_00] le côté très classique [SPEAKER_00] social de mes parents a a fait que naturellement, [SPEAKER_00] en fait, quand je gagnais de l'argent, la 1re chose que je faisais, je construisais des studios et ce n'était pas pour moi. [SPEAKER_00] Je montais des labels, ce n'était pas pour moi. J'essayais de créer des infrastructures pour que des artistes puissent venir et qu'on puisse les aider, qu'aucune autre maison de disques ne les aurait probablement signés à ce niveau de leur carrière. [SPEAKER_00] Et là-dedans, il y des choses qui ont marché et où j'ai récupéré, entre guillemets, mon investissement, et il y a d'autres qui se sont plantés, où j'ai j'ai j'ai perdu j'ai perdu plein d'argent quoi. Donc, [SPEAKER_00] j'ai toujours eu cette relation de l'argent, c'est l'argent, [SPEAKER_00] ça permet ça permet des possibles en fait. Ce n'est ce n'est pas [SPEAKER_00] La preuve, c'est que je me suis très vite ennuyé, et des villas et des voitures, tout tout ce que le rêve américain m'a soi-disant apporté, [SPEAKER_00] ça [SPEAKER_01] Qu'est-ce que tu as envie de conseiller aux gens [SPEAKER_00] C'est [SPEAKER_00] difficile de tout résumer comme ça, il y tellement de choses, mais je pense que Tu as le droit de donner plusieurs conseils. Je pense que de s'écouter soi-même, c'est quelque chose de, tu sais, on dit souvent que même dans la vie de tous les jours, on doit écouter notre corps, [SPEAKER_00] savoir si on est bien ou on n'est pas bien, s'il nous arrive des des des dingueries, on n'est pas au courant, il faut écouter son corps pour savoir. Bon, dans mon cas, c'est plus, [SPEAKER_00] vraiment s'écouter [SPEAKER_00] presque dans l'âme quoi, c'est-à-dire de de toujours se poser les vraies questions. Est-ce que, est-ce que je suis heureux Est-ce que j'aime ce que je fais Est-ce que [SPEAKER_00] Et ne jamais de se dire, oui ou non, mais je m'en fous, toute façon, qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre Ça, c'est un truc qui me, [SPEAKER_00] ça me, mais peu importe le domaine. Donc, je trouve que de se poser les vraies questions, de de savoir, est-ce que les gens connaissent leurs vraies valeurs C'est quoi Qu'est-ce qui te distingue des autres C'est quoi Quelle éducation t'a donné tes, t'ont donné tes parents C'est quoi ta force aujourd'hui C'est ce qui donc, tout le monde est fort dans quelque chose, tout le monde a quelque chose qui les différencie des autres. Parfois ça peut être la rue, Ça peut être le mec le plus ouf dans la street qui te dit, oui, je n'ai pas de valeur, n'ai pas Tu as dinguerie là, le fait que tu aies peur de rien, ton côté cerveau brûlé, c'est, ça peut faire des, ça peut faire des flammèches dans plein de trucs. Ouais, c'est clair. Donc, le fait de s'écouter et de se dire, donc, qu'est-ce qui me distingue des autres Et et et tranquillement, de gagner cette [SPEAKER_00] confiance en soi, que je trouve qu'on n'apprend pas assez aux gamins en France. [SPEAKER_00] C'est plus nord-américain, tu as raison. Ouais, mais la win, c'est important. La win, ce n'est pas juste de gagner un match de foot ou de gagner un truc ou de gagner un disque d'or. La win, c'est juste de, déjà, de se dire, ah ouais, ça, c'est vrai que je suis bon là-dedans. Ouais, c'est vrai. Tu as des gens qui ne même pas capables, ça ne sort pas. On dirait qu'ils ne peuvent pas te dire, ah là-dedans, moi, je suis trop fort. [SPEAKER_00] Tu vois, et et et je pense que le fait de s'écouter et de se dire, et et de prendre confiance en soi, après, ça déboule sur, [SPEAKER_00] le fait de rester libre, le fait d'avoir de l'instinct, de suivre son instinct, de s'écouter énormément, de se dire, tiens, [SPEAKER_00] je savais qu'il fallait que je le fasse comme ça. [SPEAKER_00] C'est génial, il n'y rien de plus gratifiant. Et même quand tu te plantes, tu ne dis pas au moins Au moins je l'ai fait. Au moins je l'ai fait comme je voulais le faire. Bien sûr. [SPEAKER_01] Merci Kamaro pour tes conseils, [SPEAKER_01] tu vas tous nous aider à avoir plus [SPEAKER_01] Non mais c'est sympa parce que c'est vrai qu'elle, ce que j'aime dans ce que tu dis, c'est vraiment feeling, il faut y aller, il faut avoir confiance et c'est un message qui est extrêmement positif. Donc merci en tout cas de l'avoir transmis. Ton nouvel album place de l'Oréal, [SPEAKER_01] sonorité [SPEAKER_01] électro pop, 11 titres avec une tournée plus intimiste. [SPEAKER_01] Tu nous as dit quoi bière et sueur c'est ça Ouais un peu cette ambiance là quoi Ouais une 1 plus rock. Plus rock voilà en tout cas voilà donc place de l'Oréal, vous pouvez c'est hyper sympa moi j'ai vraiment adoré et tous wonder c'est tous les mardis, on se retrouve la semaine prochaine salut.
Points clés
- K.Maro revient après 15 ans d'absence.
- Son nouvel album s'appelle 'Place de l'Oréan'.
- Il a arrêté sa carrière car il se sentait comme une 'vache à lait' et une 'caricature' de lui-même.
- Son retour s'accompagne d'un changement de style musical radical vers l'électro-pop.
À éviter
❌ Penser que son retour est une simple suite de sa carrière passée.
✅ Il s'agit en réalité d'une renaissance artistique complète. Avec 'Place de l'Oréan', il propose un nouveau son électro-pop et une démarche plus personnelle, en rupture totale avec l'image et la musique de ses débuts.
❌ Croire qu'il a arrêté sa carrière par manque de succès.
✅ Au contraire, K.Maro a quitté la scène au zénith de sa popularité. Sa décision a été motivée par le poids de ce succès massif qui le déconnectait de ses valeurs personnelles et de son identité profonde.
Glossaire
- K.Maro (Cyril Kamar)
- Artiste et producteur québécois d'origine libanaise, célèbre pour son tube planétaire 'Femme Like You' sorti en 2004. Il revient en 2024 après une longue absence.
- Place de l'Oréan
- Titre du nouvel album de K.Maro, marquant son retour après 15 ans d'absence. Cet opus se distingue par une nouvelle orientation musicale électro-pop.
- Tous Wonder
- Podcast qui explore les 'points de bascule', les moments charnières dans la vie de ses invités. C'est sur cette plateforme que K.Maro a choisi d'annoncer son retour et de raconter son histoire.
- Électro-pop
- Genre musical qui fusionne des éléments de musique électronique (synthétiseurs, boîtes à rythmes) avec les structures mélodiques et accrocheuses de la musique pop.
Conclusion
Le retour de K.Maro n'est pas une simple réapparition. C'est le récit d'une reconquête, celle d'un artiste qui a préféré le silence à l'inauthenticité pour mieux retrouver sa voix. Une voix plus libre, plus intime, qui résonne aujourd'hui avec la force de ceux qui ont choisi de s'aligner, enfin, avec eux-mêmes.