Chaque parcours professionnel recèle une histoire. Parfois, cette histoire est profondément ancrée dans l'intimité familiale, façonnant une vocation de manière inattendue. Catherine Solano, médecin sexologue reconnue, nous invite à explorer les racines de son engagement, un récit poignant où le silence, l'émotion et un point de bascule générationnel ont tracé son chemin vers la sexologie.
Le chemin inattendu d'une sexologue : quand l'histoire familiale brise les tabous
Publié le 21 juin 2026 · Mis à jour le 29 juin 2026
Imaginez qu'un lourd secret de famille, fait de silence et d'angoisse autour du corps, puisse un jour éveiller la vocation d'une enfant. C'est l'histoire singulière de Catherine Solano, médecin sexologue, dont le parcours illustre comment un passé teinté de non-dits a pavé la voie vers une vie dédiée à la libération de la parole et à l'éducation sexuelle pour tous.
Un héritage silencieux : le point de bascule familial
Le destin de Catherine Solano, médecin sexologue de renom, prend sa source dans un événement familial marquant. Un "point de bascule" personnel, mais profondément lié à l'histoire des femmes de sa lignée.
> « On part toujours d'un point de bascule. Ton point de bascule, il est assez touchant parce qu'il ne te concerne pas complètement toi. C'est un point de bascule familial. »
Ce n'est pas sa propre expérience qui a déclenché sa vocation, mais plutôt le lourd héritage de non-dits et de peurs vécues par les générations précédentes. Catherine Solano s'est longtemps interrogée sur les raisons profondes de son choix de carrière. Une quête de sens pour réparer les silences du passé.
L'angoisse silencieuse des premières règles
L'histoire débute avec sa tante, âgée de neuf ans. Un âge précoce, mais pas inhabituel pour l'arrivée des premières règles. Ce jour-là, face au sang, la petite fille panique. Personne ne lui a expliqué ce phénomène naturel.
Elle dissimule ses saignements avec des mouchoirs, accumulant l'angoisse au fil des heures. Le soir, elle confie sa peur à sa mère, avec des mots déchirants qui résonnent encore aujourd'hui.
> « maman, je crois que je vais mourir. »
Cette peur de la mort, face à un processus biologique normal, est le témoignage brutal d'une époque où le corps féminin était entouré de tabous. L'explication, finalement donnée par sa grand-mère, apaise la tante, mais laisse une trace indélébile.
Le serment d'une mère : briser le tabou
La mère de Catherine, plus jeune de quelques années, échappe à cette angoisse grâce à sa grande sœur. Celle-ci, marquée par son propre traumatisme, lui transmet l'information nécessaire.
Cette expérience forge une promesse chez la future mère de Catherine. Elle se jure que ses propres enfants ne connaîtront jamais le même silence, la même peur face à leur corps et à leur sexualité. Un engagement fort, même si, comme beaucoup à l'époque, le sujet restait délicat à aborder.
Cette histoire familiale, bien que douloureuse, est devenue le moteur d'une chaîne de transmission du savoir. Une chaîne que Catherine Solano poursuivra à son tour, amplifiant le message d'ouverture et d'éducation.
L'éducation avant-gardiste : une promesse tenue
Le serment de la mère de Catherine Solano ne fut pas qu'une simple intention. Il s'est traduit par un engagement concret, posant les premières pierres de l'éducation sexuelle au sein de sa propre famille et de sa communauté.
Les débuts de l'éducation sexuelle au collège
Dans les années 1970, une initiative étonnante voit le jour dans le collège où Catherine était scolarisée. Un appel est lancé aux parents volontaires pour dispenser des cours d'éducation sexuelle.
Sa mère, bien que mal à l'aise, se sent investie par sa promesse. Elle persuade son mari, moins motivé, de l'accompagner. Ensemble, ils suivent des formations pour apprendre à aborder ces sujets délicats devant des collégiens.
Ce geste est remarquable pour l'époque. Il témoigne d'une volonté de briser les conventions et d'offrir un savoir essentiel à une génération qui en avait cruellement besoin.
La protection par le savoir : l'exemple de l'exhibitionniste
L'impact de cette éducation ne se fait pas attendre. Catherine, adolescente, fait face à une situation effrayante : la rencontre avec un exhibitionniste dans un sous-sol de collège. La peur est intense, mais un réflexe vital la sauve.
Elle se souvient avoir lu dans des livres – ceux que sa mère lui avait offerts – des explications sur ce phénomène. Le savoir la guide, lui permettant de réagir avec sang-froid et de minimiser le danger.
> « c'est formidable les livres parce que du coup, ma mère, elle m'avait pas expliqué ce que c'était qu'un exhibitionniste. Mais là, c'était expliqué. »
Cette expérience personnelle illustre la puissance préventive de l'éducation. Connaître et comprendre permet de se protéger, de désamorcer la peur et de réagir de manière appropriée face à l'inconnu, voire au danger.
Impact de l'éducation sexuelle selon les générations
Voici comment les différentes générations de la famille de Catherine Solano ont vécu l'éducation sexuelle, soulignant l'évolution des pratiques et des mentalités.
| Caractéristique | Tante (années 40-50) | Mère (années 60-70) | Catherine (années 80-aujourd'hui) |
|---|---|---|---|
| Information sur les règles | Aucune, tabou total | Par sa sœur, pas sa mère | Par livres et mère formatrice |
| Première expérience menstruelle | Trauma, peur de mourir | Préparée, pas d'angoisse | Informée, sans traumatisme |
| Éducation sexuelle reçue | Nulle | Limitée (famille peu à l'aise, mais engagée) | Complète (livres, mère formatrice, interventions) |
| Impact sur la vocation | Absence de parole, trauma | Promesse d'éduquer, engagement | Choix de la sexologie comme carrière |
| Réaction face à l'exhibitionnisme | Non applicable | Non applicable | Maîtrise de la peur grâce au savoir |
Ce tableau met en lumière la progression spectaculaire de l'accès à l'information et les bénéfices concrets d'une éducation ouverte.
Au-delà des tabous : l'approche moderne d'une mère
La mère de Catherine Solano n'était pas seulement une femme qui tenait ses promesses. Elle était, à bien des égards, une pionnière, adoptant des valeurs et des pratiques en avance sur son temps.
Une modernité étonnante pour son époque
Imaginez une femme dans les années 70 qui mange bio, fait du yoga et milite pour une éducation ouverte. C'était la mère de Catherine. Une femme moderne qui n'hésitait pas à briser les codes sociaux.
Elle avait une intuition profonde des besoins de sa génération et de celles à venir. Cette curiosité et cette audace l'ont menée à des actions inattendues, même dans des contextes plus traditionnels.
Briser les conventions à l'aumônerie
Un exemple frappant de sa modernité fut son intervention à l'aumônerie, une structure de catéchisme pour les plus grands. Alors que les organisateurs proposaient d'aborder la politique ou des sujets sociétaux classiques, la mère de Catherine a une autre idée.
Elle achète un magazine populaire, analyse les centres d'intérêt des jeunes et déclare : ce qui les passionne, c'est de savoir "comment embrasser un garçon". Une approche pragmatique qui choque, mais qui ouvre les yeux sur la nécessité d'aborder des sujets concrets et pertinents pour les adolescents.
Sa perspicacité la pousse à orienter l'aumônerie vers l'éducation sexuelle. Une démarche audacieuse qui montre son courage et sa volonté de parler vrai, même dans un environnement religieux. Elle ne recule devant aucun défi pour apporter le savoir là où il est le plus attendu.
Les premiers pas d'enseignante de catherine
C'est dans ce sillage que Catherine Solano elle-même fait ses premiers pas en tant qu'"enseignante". Alors qu'elle est en deuxième année de médecine, sa mère, toujours engagée, lui demande de présenter un diaporama sur l'éducation sexuelle à des élèves de cinquième.
La raison ? Sa mère, avec un humour teinté de réalisme, estime qu'elle est une "vieille bonne femme" aux yeux des adolescents. Catherine, d'abord réticente, accepte. Elle ne se sentait pas du tout prête à endosser ce rôle.
Pourtant, c'est là son "premier enseignement en tant qu'enseignant". Un moment clé, bien qu'elle n'en ait pas conscience à l'époque, qui préfigure son futur engagement professionnel. Cette expérience, sous l'égide de sa mère, marque le début d'une longue carrière dédiée à la transmission du savoir.
De la médecine générale à la sexologie : un chemin inattendu
Après des années d'engagement familial et personnel autour de l'éducation sexuelle, la trajectoire professionnelle de Catherine Solano prend une tournure plus formelle, mais toujours inattendue, vers la sexologie.
Le besoin de comprendre la psychologie humaine
Initialement médecin généraliste, Catherine Solano s'installe en cabinet. Rapidement, elle constate une lacune dans sa formation. De nombreux patients viennent la consulter pour des problèmes qui dépassent le cadre purement physique.
Elle réalise l'importance des dimensions psychologiques dans la santé de ses patients. La psychiatrie fait certes partie de la médecine, mais elle se sent insuffisamment préparée pour aborder ces aspects complexes. Une évidence s'impose : elle doit se former en psychologie.
Elle se met alors en quête de Diplômes Universitaires (DU) en psychologie. Son objectif est clair : acquérir les outils nécessaires pour offrir un accompagnement plus complet à ses patients, en comprenant mieux les rouages de leur esprit et de leurs émotions.
La découverte fortuite de la sexologie
Le hasard, ou peut-être le destin, joue un rôle majeur dans cette quête. Résidant et ayant fait ses études à Rennes, elle constate l'absence de formations psychologiques adaptées à son emploi du temps de médecin généraliste. Les DU disponibles à Paris, avec leurs horaires incompatibles, ne sont pas une option.
C'est alors qu'elle tombe sur le Diplôme Universitaire de sexologie. Loin de son intention initiale, cette formation présente un avantage majeur : elle est organisée un week-end par mois. Une opportunité qui s'aligne parfaitement avec ses contraintes professionnelles.
Ce qui débute comme une solution pratique se révèle être une révélation. Catherine Solano entre dans le monde de la sexologie "par hasard", comme elle le raconte. Mais ce "hasard" la mène à sa véritable vocation, celle qui résonne avec son histoire familiale et son désir profond d'apporter lumière et compréhension là où il y a eu trop de silence.
"J'avais à peine eu mon premier cours... je reviens pour mes consultations", dit-elle. Ce n'est pas seulement une nouvelle matière d'étude, c'est un domaine qui s'invite immédiatement dans sa pratique. La sexologie devient alors le fil rouge de sa carrière, un métier où la compréhension de l'humain, dans toutes ses dimensions, est au cœur de chaque consultation.
Les moments forts
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un 'point de bascule' familial en sexologie, selon l'histoire de Catherine Solano ?
Pour Catherine Solano, un "point de bascule familial" désigne un événement ou une série d'expériences vécues par les générations précédentes (sa tante, puis sa mère) qui, par leur impact émotionnel et le manque d'éducation de l'époque, ont directement influencé son propre cheminement et sa vocation à devenir sexologue. C'est la prise de conscience des conséquences du silence qui a forgé son engagement.
Pourquoi l'éducation sur les règles était-elle si taboue à l'époque de la tante de Catherine Solano ?
À cette époque (années 40-50), la sexualité et le corps féminin étaient entourés de nombreux tabous sociétaux et culturels. L'absence d'information sur les règles s'inscrivait dans une pudeur générale où l'on n'abordait pas ces sujets intimes avec les enfants, même au sein de la famille. Cette ignorance entraînait souvent de l'angoisse et de l'incompréhension pour les jeunes filles.
Comment l'engagement d'une mère a-t-il pu influencer la vocation de sa fille ?
La mère de Catherine Solano, marquée par l'angoisse de sa sœur et sa propre éducation limitée, a fait la promesse d'éduquer ses enfants. Son implication active en tant que formatrice en éducation sexuelle au collège, et sa modernité d'esprit, ont exposé Catherine très tôt à l'importance de ce domaine. Ces expériences précoces ont semé les graines de sa future carrière, même si son choix initial de devenir sexologue s'est fait de manière inattendue.
L'éducation sexuelle précoce est-elle vraiment efficace pour protéger les jeunes ?
L'histoire de Catherine Solano face à l'exhibitionniste montre l'efficacité cruciale de l'éducation sexuelle précoce. Le fait d'avoir été informée, notamment par des livres, sur ces comportements a permis à l'adolescente de réagir de manière adéquate et de gérer sa peur. Le savoir permet aux jeunes de comprendre les situations, d'identifier les dangers et de développer des stratégies de protection, bien au-delà des simples informations biologiques.
Quel rôle jouent les livres dans l'éducation sexuelle des adolescents ?
Les livres jouent un rôle compensatoire et complémentaire essentiel. Comme le souligne Catherine Solano, ils peuvent apporter des informations spécifiques que les parents n'ont pas forcément abordées (ex: l'exhibitionnisme). Ils offrent un espace d'apprentissage autonome et confidentiel où les adolescents peuvent trouver des réponses à leurs questions et mieux comprendre le monde qui les entoure, y compris les aspects plus délicats de la sexualité et des relations humaines.
Un médecin généraliste a-t-il besoin d'une formation supplémentaire en sexologie ?
Oui, selon l'expérience de Catherine Solano. En médecine générale, de nombreux patients consultent pour des raisons ayant une dimension psychologique ou sexuelle. Une formation complémentaire en sexologie, comme un Diplôme Universitaire (DU), permet au médecin d'acquérir des compétences spécifiques pour diagnostiquer, conseiller et orienter ces patients, offrant ainsi une prise en charge plus holistique et adaptée à leurs besoins complexes.
Comment les attitudes envers la sexualité ont-elles évolué en France depuis les années 70 ?
Depuis les années 70, les attitudes ont considérablement évolué. Grâce à des pionniers comme la mère de Catherine Solano, l'éducation sexuelle est devenue plus présente (bien qu'encore perfectible), les tabous se sont progressivement levés, et la parole autour de la sexualité est plus libre. On est passé d'une ère de silence et de honte à une recherche de compréhension, de plaisir et de bien-être, même si des défis persistent.
Invité
- Catherine Solano — Médecin sexologue
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[SPEAKER_00] Tous les hommes ont une bombe sexuelle dans leur lit et certains croient qu'ils ont une bobonne et je tombe nez à nez sur un exhibitionniste. [SPEAKER_01] Tous les mois, je vais voir une prostituée pour qu'elle me fouette. Avec mon mari, on pense à vous pendant nos cas là parce que j'ai plaisir. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui on reçoit Catherine Solano, elle est médecin sexologue pendant des décennies, [SPEAKER_01] elle a répondu à vos questions sur la sexualité à la télé ou à la radio, elle va nous raconter aujourd'hui pourquoi elle a voulu faire de la sexologie et puis elle va nous parler de votre sexualité, [SPEAKER_01] de la sexualité des Français. Tous Wonder, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube. [SPEAKER_01] Abonnez-vous, [SPEAKER_01] commentez les vidéos. Vous pouvez aussi nous écouter en podcast sur Spotify, Deezer, Amazon et Apple. On peut donc soit nous regarder, soit nous écouter partout et tout le temps. Merci à vous et merci à notre sponsor Aromazone, [SPEAKER_01] c'est la marque spécialisée en soins au naturel en France. Aromazone a publié récemment un livre de soins coécrit avec des experts qui permet d'avoir des bons conseils, des bonnes pratiques pour entretenir sa peau et le plus et non des moindres, c'est que 100 pour 100 des bénéfices des ventes de ce livre sont reversés à Fosseo, c'est le fond de dotation de l'hôpital de la Timone à Marseille et ça permet de soutenir le service d'oncologie [SPEAKER_01] pédiatrique évidemment ça me touche parce que je suis maman et ça permet notamment d'acquérir une machine de pointe qui permet de soigner les enfants et de prévenir les récidives à l'âge adulte. Bravo à eux et merci donc à Aroma Zone. Tous Wonder c'est maintenant avec Catherine Solano, médecin sexologue. [SPEAKER_01] Catherine Solano, merci beaucoup d'être là avec nous [SPEAKER_01] dans Tous Wonder. On part toujours d'un point de bascule. Ton point de bascule, il est assez touchant parce qu'il ne te concerne pas complètement toi. C'est un point de bascule familial. [SPEAKER_01] Oui, est-ce que tu viens de nous raconter Ça concerne ta tante, puis ta mère. Il y une sorte de filiation de femme. Voilà. Donc moi, je suis médecin sexologue [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] pendant longtemps, je me suis dit mais pourquoi je suis sexologue Parce que c'est quand même un métier assez particulier [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] on dit toujours qu'on cherche à réparer des choses qu'on a vécues ou je [SPEAKER_00] ne savais pas trop. Et souvent, je répondais, [SPEAKER_00] c'est parce que j'ai envie de comprendre comment fonctionnent les hommes. D'ailleurs, j'ai écrit 2 livres sur la sexualité masculine [SPEAKER_00] parce que c'est un grand mystère. On dit toujours que les femmes, c'est un compliqué les hommes et en fait, les hommes aussi pour les femmes. Mais je me suis dit après, y a quelque chose qui vient de beaucoup plus loin et qui vient d'une histoire familiale. C'est ma tante [SPEAKER_00] qui est maintenant décédée. Elle avait 9 ans exactement. [SPEAKER_00] Et qu'est-ce qui s'est passé C'est qu'elle a eu ses règles le jour de ses 9 ans. Le problème, c'est que C'est très tôt. C'est c'est tôt, mais ça arrive, [SPEAKER_00] arrive encore aujourd'hui. C'est eu, c'est un âge [SPEAKER_00] tôt, mais normal. [SPEAKER_00] Et donc, elle commence à saigner [SPEAKER_00] et elle panique parce qu'elle ne sait pas ce que c'est. On ne lui a pas expliqué. À l'époque, on n'expliquait pas aux petites filles, surtout à 9 ans. Et donc, qu'est-ce qu'elle a fait Elle a été prendre un mouchoir dans l'armoire bretonne puisque c'était en Bretagne de sa famille et elle a mis le mouchoir dans sa culotte. Au bout d'un moment, le mouchoir, il était tout plein de sang. Donc, a mis le mouchoir lavé, je ne sais pas où elle l'a mis, elle en a pris un autre. Et toute la journée comme ça, elle a mis des mouchoirs toute la journée dans sa culotte. Et le soir, elle est allée voir sa maman en pleurant [SPEAKER_00] et elle lui a dit maman, je crois que je vais mourir. [SPEAKER_01] Quand j'en parle, je vous assure, ça me fait, mais je trouve ça atroce pour une petite fille d'être pendant toute une journée, de se dire je vais mourir ou quoi. Qu'est-ce qui te touche à ce Non, mais je me dis, je trouve ça honteux de ne expliquer ça aux enfants, quoi. Ouais. Je [SPEAKER_00] me dis, mais parce que moi, j'ai une fille, bon, maintenant, elle est grande. Je [SPEAKER_00] me dis, mais c'est atroce de se dire je saigne, je vais mourir, quoi. Oh non, moi, trouve ça incroyable. Bon, en plus, [SPEAKER_00] ma grand-mère lui a dit, mais non, ma petite fille, pourquoi tu dis que tu vas mourir Et donc, elle lui a expliqué les règles. Je ne pas exactement ce qu'elle lui a expliqué puisque je n'étais pas née, forcément. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] bon, elle a été rassurée, j'imagine, après l'angoisse pendant toute une journée. En [SPEAKER_00] fait, elle a cru, mais comme beaucoup de jeunes Depuis 9 jeunes filles, oui. C'est long, hein. Bien sûr. Et [SPEAKER_00] suite à ça, [SPEAKER_00] bien, ma maman avait quelques années de moins, 2 ou 3 ans de moins, je ne pas, je ne sais pas les dates en tête, mais ma [SPEAKER_00] grand-mère ne lui a jamais expliqué les règles non plus. C'est sa grande soeur qui lui a raconté ça. Et donc maman, évidemment, elle était prévenue, donc elle n'a pas eu cette angoisse-là. [SPEAKER_00] Mais quand sa soeur lui racontait ça, [SPEAKER_01] ma mère, elle s'est dit, [SPEAKER_01] ça me fait une émotion, je pense, parce que maman m'a raconté ça plusieurs fois et c'est un truc. Maman s'est dit, moi, je me jure que j'expliquerai à mes enfants. [SPEAKER_01] C'était très important pour elle. Et quand ta mère te le racontait, elle avait aussi de l'émotion [SPEAKER_00] Oui, oui, parce que c'est quand même, je [SPEAKER_00] trouve ça incroyable d'en arriver là alors que les règles, c'est quelque chose de naturel. [SPEAKER_00] Je comprends qu'on puisse être mal à l'aise par rapport à la sexualité parce que c'est intime entre les règles. C'est quand même un phénomène, je ne pas, naturel quoi. Enfin bon, on n'est plus à la même époque. [SPEAKER_00] J'ajoute un truc, c'est que ma mère, elle me l'a dit encore il n'y a pas longtemps parce qu'elle a 94 [SPEAKER_00] ans, mais elle est toujours là. Elle me dit quel chant j'ai eu d'avoir une maman aussi aimante qui nous chouchoutait, qui nous aimait. Ce n'était pas du tout une mère [SPEAKER_00] qui ne s'occupait pas de ses enfants, [SPEAKER_00] contraire. [SPEAKER_00] Mais je pense que c'était l'époque. Oui, c'était l'époque. Et pourtant, ma grand mère, elle avait travaillé chez un médecin comme cuisinière. Donc vous voyez, elle aurait à Paris. Là, elle aurait pu être un peu plus d'ailleurs, elle était un peu plus ouverte que beaucoup de gens. Quoi Mais ta mère, du coup, cette histoire de frère, de sa soeur, alors elle se dit quoi Elle se fait la promesse. Elle se dit moi, j'expliquerai à mes enfants. Et un jour, moi, j'étais au collège en 6e, je pense. Et à ce moment là, on a, on apporte un papier à nos parents et c'était on cherche des parents pour faire l'éducation sexuelle [SPEAKER_00] dans le collège. Et ça, c'est en quelle année Ça [SPEAKER_00] fait longtemps. C'était [SPEAKER_00] peut-être [SPEAKER_00] dans les années 70. [SPEAKER_01] C'est super moderne. Oui, voilà. Donc alors tu ramènes un papier à la maison. Voilà. Et on dit qui sont les parents qui veulent venir faire [SPEAKER_00] une formation quand même. Ce n'était pas en formation pour faire l'éducation sexuelle. Voilà, m'a fait l'aise. Je me dit bon, là, je ne peux pas reculer. Je [SPEAKER_00] m'étais une promesse. Donc j'y vais. Quand elle n'était quand même pas trop à l'aise, évidemment, puisqu'on lui avait expliqué, vous voyez, quand on vous explique pas les règles, on ne vous explique pas grand-chose d'autre non plus. J'imagine. Vous voyez. Et donc, elle a traîné mon père. Je d
Points clés
- Catherine Solano est médecin sexologue, dont la vocation a été influencée par son histoire familiale.
- Sa tante a vécu un traumatisme lié à ses premières règles par manque d'information.
- La mère de Catherine s'est engagée activement dans l'éducation sexuelle dans les années 70.
- Un livre a aidé Catherine à réagir face à un exhibitionniste adolescente.
- Catherine est devenue sexologue par un chemin inattendu, en cherchant une formation complémentaire en psychologie.
- Le média Wonder invite Catherine Solano à partager son point de bascule.
- Aromazone est un sponsor qui soutient l'oncologie pédiatrique de l'hôpital de la Timone.
À éviter
❌ Ne pas parler de sexualité avec les enfants, pensant qu'ils sont trop jeunes ou que les sujets viendront d'eux-mêmes.
✅ Aborder les sujets liés au corps, aux émotions et aux relations de manière progressive et adaptée à l'âge, sans attendre leurs questions. Le silence peut engendrer de l'angoisse et de l'ignorance, comme l'a vécu la tante de Catherine.
❌ Limiter l'éducation sexuelle à l'aspect purement biologique (reproduction) sans aborder les dimensions émotionnelles, relationnelles et de consentement.
✅ Adopter une approche holistique de l'éducation sexuelle qui inclut la connaissance du corps, mais aussi l'estime de soi, le respect mutuel, le plaisir, les émotions, le consentement et la prévention des risques (IST, grossesses non désirées, violences).
❌ Ne pas actualiser ses connaissances en tant que parent ou éducateur sur les enjeux de la sexualité contemporaine (cybersexualité, réseaux sociaux, etc.).
✅ Se tenir informé des nouvelles réalités que rencontrent les jeunes en matière de sexualité. Utiliser des ressources fiables et chercher à comprendre leur univers pour pouvoir dialoguer efficacement et les accompagner de manière pertinente.
❌ Ne pas chercher d'aide professionnelle lorsque des difficultés sexuelles ou relationnelles se présentent, par honte ou ignorance.
✅ Reconnaître que les problèmes sexuels ou relationnels sont courants et peuvent être traités. Consulter un médecin généraliste, un sexologue ou un conseiller conjugal permet d'obtenir un accompagnement spécialisé et bienveillant pour retrouver un équilibre et un bien-être.
Glossaire
- Point de bascule
- Moment crucial ou événement déterminant qui marque un changement profond dans une trajectoire personnelle ou professionnelle, ou dans l'évolution d'une situation.
- Sexologue
- Professionnel de santé ou thérapeute spécialisé dans l'étude et le traitement des troubles et difficultés liés à la sexualité humaine, tant sur le plan physique que psychologique et relationnel.
- Éducation sexuelle
- Processus d'apprentissage et de transmission de connaissances et de valeurs sur la sexualité humaine, incluant la biologie, les relations, le consentement, la santé sexuelle et le bien-être émotionnel.
- Exhibitionnisme
- Trouble du comportement sexuel caractérisé par le fait de montrer ses organes génitaux à des personnes non consentantes, généralement dans un lieu public, pour obtenir une excitation ou une réaction.
- Diplôme Universitaire (DU)
- Diplôme propre à une université française, sanctionnant une formation spécialisée et complémentaire, souvent destinée à des professionnels ou à un public souhaitant approfondir un domaine spécifique.
- Menstruation
- Phénomène physiologique cyclique chez la femme, correspondant à l'écoulement de sang et de tissus utérins par le vagin, marquant le début d'un nouveau cycle menstruel en l'absence de grossesse. Communément appelé 'les règles'.
Conclusion
L'histoire de Catherine Solano est bien plus qu'un témoignage personnel ; c'est une vibrante illustration de l'impact de l'éducation sexuelle, hier comme aujourd'hui. Elle nous rappelle que briser le silence, même face à l'inconfort, est un acte de transmission et de protection. Chaque mot échangé, chaque livre ouvert, contribue à éclairer les chemins de nos enfants, leur offrant les clés pour vivre une sexualité épanouie, respectueuse et en toute sérénité. Sa vocation, née d'un passé tu, est un appel à l'ouverture pour un avenir plus éclairé.

