Bienvenue dans Wonder, le média qui explore ces moments où tout change. Aujourd'hui, nous recevons Catherine Solano, médecin sexologue. Pendant des décennies, sa voix a accompagné des milliers de Français à la radio et à la télévision. Mais derrière l'experte se cache une histoire personnelle, un "point de bascule" familial qui a tout déclenché. Un récit intime sur le poids du silence et le pouvoir de la parole.
Wonder x Dr. Catherine Solano : Points de bascule et sexualité – quand tout change
Publié le 21 juin 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
Et si la vocation d'une vie tenait à une histoire de famille ? Pour la médecin sexologue Catherine Solano, tout a commencé avec un secret, une peur d'enfant et la promesse d'une mère. Un récit intime qui explore comment le silence d'hier façonne les conversations audacieuses d'aujourd'hui sur la sexualité.
Le poids du silence : l'histoire qui a forgé une vocation
Wonder s'ouvre sur une conversation. Pas n'importe laquelle. Celle qui cherche à comprendre l'origine d'un engagement, d'un métier. Le concept est simple : identifier le "point de bascule", cet instant T qui change une vie.
« Hôte / Présentateur · « On part toujours d'un point de bascule. Ton point de bascule, il est assez touchant parce qu'il ne te concerne pas complètement toi. C'est un point de bascule familial. »▸ 01:12
Pour Catherine Solano, ce moment fondateur ne lui appartient pas directement. Il est hérité, transmis. Une histoire de femmes, de mères et de filles, qui commence dans la Bretagne d'après-guerre.
Une petite fille face à l'inconnu
L'histoire est celle de sa tante. Une enfant de neuf ans, un âge où l'insouciance devrait être la seule règle. Un jour, elle découvre du sang dans sa culotte. Ce sont ses premières règles. Mais personne ne lui a jamais rien expliqué. La panique s'installe.
Catherine Solano raconte, la voix chargée d'émotion : « Elle a été prendre un mouchoir dans l'armoire bretonne [...] et elle a mis le mouchoir dans sa culotte. » Toute la journée, le manège se répète. Un mouchoir, puis un autre. La peur grandit en silence. Le soir, en larmes, elle se confie enfin à sa mère.
« Catherine Solano · « maman, je crois que je vais mourir. »▸ 03:11
Ces mots, terribles de solitude et d'incompréhension, résonnent encore aujourd'hui. Une journée entière à croire sa propre fin imminente, simplement parce qu'un phénomène naturel lui était inconnu. « Je trouve ça honteux de ne pas expliquer ça aux enfants », confie la sexologue. L'angoisse de cette petite fille est devenue le socle de sa propre mission : informer, expliquer, rassurer.
La promesse d'une mère
La petite sœur de cette enfant, c'est la mère de Catherine Solano. Marquée par l'épreuve de son aînée, elle se fait une promesse : « Moi, je me jure que j'expliquerai à mes enfants. »
Cette promesse va la mener bien plus loin qu'elle ne l'imaginait. Dans les années 70, alors que Catherine est au collège, un appel est lancé. On cherche des parents volontaires pour animer des séances d'éducation sexuelle. Une démarche incroyablement moderne pour l'époque.
Malgré son malaise, hérité d'une génération où l'on ne parlait pas de ces choses, sa mère se lance. Elle entraîne son mari avec elle, suit des formations, et intervient devant des classes de collégiens. Elle ira même jusqu'à obtenir un diplôme de conseillère conjugale. D'une blessure familiale est née une pionnière.
De l'héritage à la pratique : le chemin vers la sexologie
Cette atmosphère familiale, où le tabou de la sexualité était combattu malgré la gêne, a profondément influencé Catherine Solano. Sa mère ne se contentait pas d'intervenir à l'école, elle laissait des livres à disposition. Des outils précieux pour comprendre le monde et ses dangers.
Le pouvoir des livres face à la peur
Un jour, vers 14 ou 15 ans, Catherine se retrouve face à un exhibitionniste dans un passage souterrain. La peur la saisit. « Mon cœur s'est mis à battre à 300 à l'heure », se souvient-elle. Mais une information lue dans un de ces livres lui revient en mémoire.
« Catherine Solano · « c'est formidable les livres parce que du coup, ma mère, elle m'avait pas expliqué ce que c'était qu'un exhibitionniste. Mais là, c'était expliqué. »▸ 05:43
Elle sait qu'il faut faire semblant de ne rien voir, continuer son chemin. Le livre l'a armée, lui a donné le bon réflexe. Cette expérience confirme une conviction : l'éducation est une protection.
Un destin presque tracé
Le parcours se dessine. Alors qu'elle est en deuxième année de médecine, sa mère lui demande de présenter un diaporama sur la sexualité à des élèves de cinquième. « Je ne me sens pas du tout de faire de l'éducation sexuelle », proteste-t-elle à l'époque. C'est pourtant son premier acte d'enseignante sur le sujet. Le premier d'une longue série.
Après quelques années comme médecin généraliste, elle constate que de nombreuses consultations ont une dimension psychologique. Elle cherche une formation complémentaire. Par un pur hasard de calendrier – un diplôme de sexologie était le seul compatible avec son emploi du temps chargé – elle s'inscrit.
Le déclic est immédiat. « J'avais à peine eu mon premier cours [...] et dans la semaine, il y a plein de gens qui m'ont parlé de leurs problèmes sexuels. » Comme si ses patients avaient senti qu'une porte s'était ouverte, qu'une écoute était désormais possible.
Des hommes et des femmes en quête de parole
En consultation, elle reçoit autant d'hommes que de femmes. Elle déconstruit au passage un cliché tenace sur la pudeur masculine. Un collègue homme lui assure que ses patients masculins ne pourraient jamais se confier à une femme. Catherine Solano sourit.
« Tu sais ce qu'ils me disent ? Ils me disent : 'jamais je ne pourrais raconter ça à un homme'. » La conclusion est simple : le besoin de parler est universel. Le choix du thérapeute, lui, reste une affaire profondément personnelle, liée à l'histoire et aux expériences de chacun.
Un dialogue soutenu et engagé
L'émission Wonder, qui accueille Catherine Solano, s'inscrit dans cette volonté de dialogue ouvert. Diffusée chaque mardi sur YouTube et disponible en podcast sur toutes les plateformes (Spotify, Deezer, Amazon, Apple), elle invite à l'échange et aux commentaires.
Ce projet est soutenu par un partenaire engagé : Aromazone, marque française spécialisée dans les soins au naturel. L'hôte de l'émission souligne une initiative particulière qui lui tient à cœur.
Aromazone a publié un livre de soins dont 100% des bénéfices sont reversés à Fosseo, le fond de dotation de l'hôpital de la Timone à Marseille. Ces fonds soutiennent directement le service d'oncologie pédiatrique en finançant une machine de pointe pour soigner les enfants et prévenir les récidives. Une démarche qui fait écho à la mission de soin et d'accompagnement au cœur de cette discussion.
Les moments forts
Questions fréquentes
Qui est Catherine Solano et quel est son rôle dans l'émission Wonder ?
Catherine Solano est une médecin sexologue reconnue en France, auteure de plusieurs livres et intervenante régulière dans les médias. Dans l'émission Wonder, elle est l'invitée principale pour partager son expertise et son parcours personnel autour de la sexualité, en explorant la notion de 'point de bascule'.
Qu'est-ce qu'un 'point de bascule' dans le contexte de la sexualité ?
Dans le contexte de l'émission, un 'point de bascule' est un événement personnel ou familial marquant qui change radicalement la perception ou le rapport d'une personne à un sujet. Pour Catherine Solano, c'est l'histoire traumatisante de sa tante avec ses premières règles qui a déclenché une prise de conscience familiale et a jeté les bases de sa future vocation.
Wonder aborde-t-il la sexualité de manière ouverte et sans tabou ?
Oui, Wonder se définit comme 'le média qui parle de votre point de bascule' et qui ose explorer la sexualité sans filtre. L'invitation de Catherine Solano et la nature de son témoignage personnel confirment cette approche directe, intime et destinée à briser les tabous.
Quel type de témoignages peut-on attendre dans cette discussion sur la sexualité ?
La discussion s'appuie sur des témoignages audacieux et personnels. L'exemple central est le récit de Catherine Solano elle-même, qui partage une histoire familiale intime et touchante, illustrant comment une expérience personnelle peut avoir des répercussions sur plusieurs générations et façonner une carrière.
Comment l'expertise d'un sexologue aide-t-elle à comprendre ces points de bascule ?
L'expertise d'un sexologue comme Catherine Solano permet de mettre en perspective ces événements de vie. Elle analyse comment un traumatisme lié au silence (comme celui de sa tante) peut générer un besoin de parole et d'éducation. Son recul professionnel aide à décrypter les dynamiques psychologiques et émotionnelles derrière les comportements et les vocations.
Invité
- Catherine Solano — Médecin sexologue
Transcript
Voir le transcript complet
[SPEAKER_00] Tous les hommes ont une bombe sexuelle dans leur lit et certains croient qu'ils ont une bobonne et je tombe nez à nez sur un exhibitionniste. [SPEAKER_01] Tous les mois, je vais voir une prostituée pour qu'elle me fouette. Avec mon mari, on pense à vous pendant nos cas là parce que j'ai plaisir. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui on reçoit Catherine Solano, elle est médecin sexologue pendant des décennies, [SPEAKER_01] elle a répondu à vos questions sur la sexualité à la télé ou à la radio, elle va nous raconter aujourd'hui pourquoi elle a voulu faire de la sexologie et puis elle va nous parler de votre sexualité, [SPEAKER_01] de la sexualité des Français. Tous Wonder, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube. [SPEAKER_01] Abonnez-vous, [SPEAKER_01] commentez les vidéos. Vous pouvez aussi nous écouter en podcast sur Spotify, Deezer, Amazon et Apple. On peut donc soit nous regarder, soit nous écouter partout et tout le temps. Merci à vous et merci à notre sponsor Aromazone, [SPEAKER_01] c'est la marque spécialisée en soins au naturel en France. Aromazone a publié récemment un livre de soins coécrit avec des experts qui permet d'avoir des bons conseils, des bonnes pratiques pour entretenir sa peau et le plus et non des moindres, c'est que 100 pour 100 des bénéfices des ventes de ce livre sont reversés à Fosseo, c'est le fond de dotation de l'hôpital de la Timone à Marseille et ça permet de soutenir le service d'oncologie [SPEAKER_01] pédiatrique évidemment ça me touche parce que je suis maman et ça permet notamment d'acquérir une machine de pointe qui permet de soigner les enfants et de prévenir les récidives à l'âge adulte. Bravo à eux et merci donc à Aroma Zone. Tous Wonder c'est maintenant avec Catherine Solano, médecin sexologue. [SPEAKER_01] Catherine Solano, merci beaucoup d'être là avec nous [SPEAKER_01] dans Tous Wonder. On part toujours d'un point de bascule. Ton point de bascule, il est assez touchant parce qu'il ne te concerne pas complètement toi. C'est un point de bascule familial. [SPEAKER_01] Oui, est-ce que tu viens de nous raconter Ça concerne ta tante, puis ta mère. Il y une sorte de filiation de femme. Voilà. Donc moi, je suis médecin sexologue [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] pendant longtemps, je me suis dit mais pourquoi je suis sexologue Parce que c'est quand même un métier assez particulier [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] on dit toujours qu'on cherche à réparer des choses qu'on a vécues ou je [SPEAKER_00] ne savais pas trop. Et souvent, je répondais, [SPEAKER_00] c'est parce que j'ai envie de comprendre comment fonctionnent les hommes. D'ailleurs, j'ai écrit 2 livres sur la sexualité masculine [SPEAKER_00] parce que c'est un grand mystère. On dit toujours que les femmes, c'est un compliqué les hommes et en fait, les hommes aussi pour les femmes. Mais je me suis dit après, y a quelque chose qui vient de beaucoup plus loin et qui vient d'une histoire familiale. C'est ma tante [SPEAKER_00] qui est maintenant décédée. Elle avait 9 ans exactement. [SPEAKER_00] Et qu'est-ce qui s'est passé C'est qu'elle a eu ses règles le jour de ses 9 ans. Le problème, c'est que C'est très tôt. C'est c'est tôt, mais ça arrive, [SPEAKER_00] arrive encore aujourd'hui. C'est eu, c'est un âge [SPEAKER_00] tôt, mais normal. [SPEAKER_00] Et donc, elle commence à saigner [SPEAKER_00] et elle panique parce qu'elle ne sait pas ce que c'est. On ne lui a pas expliqué. À l'époque, on n'expliquait pas aux petites filles, surtout à 9 ans. Et donc, qu'est-ce qu'elle a fait Elle a été prendre un mouchoir dans l'armoire bretonne puisque c'était en Bretagne de sa famille et elle a mis le mouchoir dans sa culotte. Au bout d'un moment, le mouchoir, il était tout plein de sang. Donc, a mis le mouchoir lavé, je ne sais pas où elle l'a mis, elle en a pris un autre. Et toute la journée comme ça, elle a mis des mouchoirs toute la journée dans sa culotte. Et le soir, elle est allée voir sa maman en pleurant [SPEAKER_00] et elle lui a dit maman, je crois que je vais mourir. [SPEAKER_01] Quand j'en parle, je vous assure, ça me fait, mais je trouve ça atroce pour une petite fille d'être pendant toute une journée, de se dire je vais mourir ou quoi. Qu'est-ce qui te touche à ce Non, mais je me dis, je trouve ça honteux de ne expliquer ça aux enfants, quoi. Ouais. Je [SPEAKER_00] me dis, mais parce que moi, j'ai une fille, bon, maintenant, elle est grande. Je [SPEAKER_00] me dis, mais c'est atroce de se dire je saigne, je vais mourir, quoi. Oh non, moi, trouve ça incroyable. Bon, en plus, [SPEAKER_00] ma grand-mère lui a dit, mais non, ma petite fille, pourquoi tu dis que tu vas mourir Et donc, elle lui a expliqué les règles. Je ne pas exactement ce qu'elle lui a expliqué puisque je n'étais pas née, forcément. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] bon, elle a été rassurée, j'imagine, après l'angoisse pendant toute une journée. En [SPEAKER_00] fait, elle a cru, mais comme beaucoup de jeunes Depuis 9 jeunes filles, oui. C'est long, hein. Bien sûr. Et [SPEAKER_00] suite à ça, [SPEAKER_00] bien, ma maman avait quelques années de moins, 2 ou 3 ans de moins, je ne pas, je ne sais pas les dates en tête, mais ma [SPEAKER_00] grand-mère ne lui a jamais expliqué les règles non plus. C'est sa grande soeur qui lui a raconté ça. Et donc maman, évidemment, elle était prévenue, donc elle n'a pas eu cette angoisse-là. [SPEAKER_00] Mais quand sa soeur lui racontait ça, [SPEAKER_01] ma mère, elle s'est dit, [SPEAKER_01] ça me fait une émotion, je pense, parce que maman m'a raconté ça plusieurs fois et c'est un truc. Maman s'est dit, moi, je me jure que j'expliquerai à mes enfants. [SPEAKER_01] C'était très important pour elle. Et quand ta mère te le racontait, elle avait aussi de l'émotion [SPEAKER_00] Oui, oui, parce que c'est quand même, je [SPEAKER_00] trouve ça incroyable d'en arriver là alors que les règles, c'est quelque chose de naturel. [SPEAKER_00] Je comprends qu'on puisse être mal à l'aise par rapport à la sexualité parce que c'est intime entre les règles. C'est quand même un phénomène, je ne pas, naturel quoi. Enfin bon, on n'est plus à la même époque. [SPEAKER_00] J'ajoute un truc, c'est que ma mère, elle me l'a dit encore il n'y a pas longtemps parce qu'elle a 94 [SPEAKER_00] ans, mais elle est toujours là. Elle me dit quel chant j'ai eu d'avoir une maman aussi aimante qui nous chouchoutait, qui nous aimait. Ce n'était pas du tout une mère [SPEAKER_00] qui ne s'occupait pas de ses enfants, [SPEAKER_00] contraire. [SPEAKER_00] Mais je pense que c'était l'époque. Oui, c'était l'époque. Et pourtant, ma grand mère, elle avait travaillé chez un médecin comme cuisinière. Donc vous voyez, elle aurait à Paris. Là, elle aurait pu être un peu plus d'ailleurs, elle était un peu plus ouverte que beaucoup de gens. Quoi Mais ta mère, du coup, cette histoire de frère, de sa soeur, alors elle se dit quoi Elle se fait la promesse. Elle se dit moi, j'expliquerai à mes enfants. Et un jour, moi, j'étais au collège en 6e, je pense. Et à ce moment là, on a, on apporte un papier à nos parents et c'était on cherche des parents pour faire l'éducation sexuelle [SPEAKER_00] dans le collège. Et ça, c'est en quelle année Ça [SPEAKER_00] fait longtemps. C'était [SPEAKER_00] peut-être [SPEAKER_00] dans les années 70. [SPEAKER_01] C'est super moderne. Oui, voilà. Donc alors tu ramènes un papier à la maison. Voilà. Et on dit qui sont les parents qui veulent venir faire [SPEAKER_00] une formation quand même. Ce n'était pas en formation pour faire l'éducation sexuelle. Voilà, m'a fait l'aise. Je me dit bon, là, je ne peux pas reculer. Je [SPEAKER_00] m'étais une promesse. Donc j'y vais. Quand elle n'était quand même pas trop à l'aise, évidemment, puisqu'on lui avait expliqué, vous voyez, quand on vous explique pas les règles, on ne vous explique pas grand-chose d'autre non plus. J'imagine. Vous voyez. Et donc, elle a traîné mon père. Je dis traîné parce qu'il n'était pas très motivé non plus. Et ils sont allés faire des formations pour apprendre à intervenir [SPEAKER_00] devant les collégiens. Et ils l'ont fait pendant un moment. Et qu'est-ce qu'ils sont allés raconter [SPEAKER_00] Alors, [SPEAKER_00] je n'en sais rien. Ils expliquaient sûrement les règles. Moi, je n'y étais pas parce je ne me rappelle pas l'avoir vu intervenir dans ma classe, vous voyez, spécialement. Mais moi, elle m'avait acheté des livres aussi et tout. Je veux dire, il n'y pas que Et [SPEAKER_00] donc, sont intervenus et maman, elle a même fait une formation jusqu'à être, [SPEAKER_00] comment on appelle ça, [SPEAKER_00] pour les couples, conseillère conjugale. Elle a fait toute la formation jusqu'au diplôme de conseillère conjugale. Elle a continué, enfin vous voyez. Du coup, la sexualité, [SPEAKER_01] ce [SPEAKER_00] n'était pas tabou du coup dans ta famille Je dirais que je pense que mes parents n'étaient pas trop à l'aise quand même, [SPEAKER_00] ils se disaient c'est notre devoir. [SPEAKER_00] Et donc maman nous a acheté des livres [SPEAKER_00] et je me rappelle une anecdote, par exemple, elle nous avait acheté des livres sur, je ne me rappelle plus exactement le titre du livre, mais et je me rappelle que ça m'a énormément servi parce que quand j'ai eu 15 ans, moi, j'étais à Saint-Brieuc, au collège [SPEAKER_00] Le Brases [SPEAKER_00] et ils avaient construit un un sous sol devant le collège parce qu'il avait une rue, ce qui était un peu comme une autoroute. Donc, on passait pour traverser parce que c'était dangereux. [SPEAKER_00] Et je tombe nez à nez sur un exhibitionniste. [SPEAKER_00] Moi, je me rappellerai toujours, je veux avoir 14, 15 ans, quoi. [SPEAKER_00] J'ai eu une peur, je me rappellerai toujours parce que mon cœur s'est mis au bât à 300 à l'heure et je me suis dit, heureusement, j'ai lu dans le livre, c'était expliqué qu'il y avait des exhibitionnistes [SPEAKER_00] et que ces gens-là étaient malades et qu'il fallait faire semblant de rien et tout. Et je me suis dit bon, je fais semblant de rien voir, je continue tout droit et j'avais peur. J'avais, il était très, très jeune en plus, il dure 18, 17, 18, oui, voilà. C'était quoi genre Oui, il a ouvert son. Ah oui, son manteau. Oui. Et je me suis dit après quand même, c'est formidable les livres parce que du coup, ma mère, elle m'avait pas expliqué ce que c'était qu'un exhibitionniste. Mais là, c'était expliqué. Et d'ailleurs, j'ai fait un livre sur les pour les ados parce que je trouve qu'il y a tellement de choses à expliquer. Voilà. [SPEAKER_00] Et alors, suite à ça, ce n'est pas tout, c'est que quand j'étais en 2e année de médecine, maman continuait à faire des interventions comme ça. Et d'ailleurs, je racontais une chose avant, c'est que ma mère, elle faisait l'aumônerie. [SPEAKER_00] C'est-à-dire le catéchisme, entre guillemets, mais pour les plus grands. Et donc, dans ces cas-là, ils essaient toujours de parler de choses de société [SPEAKER_00] pour parler de [SPEAKER_00] respect, [SPEAKER_00] d'entraide, etc. Et [SPEAKER_00] il y avait des religieuses qui participaient à l'organisation et tout le monde avait dit de quoi on pourrait parler cette année avec les enfants. Bon, ça pouvait être aussi bien de politique, enfin, collège. D'accord. Et maman, elle s'était dit non, mais ils sont complètement à côté de la plaque. Elle a acheté OK magazine, je crois, à l'époque. Et donc, elle a ravi regardé [SPEAKER_00] ce qui les intéresse. C'est comment embrasser un garçon. Ce sont des trucs sur la sexualité. [SPEAKER_00] Et tout le monde avait dit ah oui, il faut qu'on fasse quelque chose comme ça à l'aumônerie. Pour vous dire, ma mère, elle était assez. Elle était vachement moderne. Ah oui, elle était, elle était, Je pense qu'elle était, [SPEAKER_01] oui, elle était très moderne, ma mère, parce que déjà on mangeait bio. Je peux vous dire que tout le monde se moquait d'elle. Ça, c'est clair. Elle faisait du yoga, elle a fait, c'est génial. Ça fait plus de 50 ans qu'elle fait du yoga. Oui, j'ai une maman. C'est vrai, me dis des fois, elle est C'est génial. Non, mais qu'elle ait quand même donné des cours sur la sexualité dans un collège dans les années 70, c'est vachement sympa. C'est vrai que Et on imagine, tu le décris très bien, qu'elle ne devait pas être très, très, très à l'aise. Oui, mais elle se disait, c'est touchant. [SPEAKER_00] Et alors, quand je me suis trouvée en 2e année de médecine, [SPEAKER_00] ma mère m'a dit écoute Catherine, [SPEAKER_00] je dois faire montrer un, je veux dire un PowerPoint. Pour l'époque, ce n'était pas un PowerPoint, un diaporama [SPEAKER_00] à des élèves de 5e, je crois. Et donc, mais bon, elle me dit, toi, tu es en 2e année de médecine, tu es une jeune fille, ça serait bien que ça soit toi qui leur montre parce que pour eux, je suis une vieille bonne femme. Je me rappelle l'expression, je suis une vieille bonne femme. Elle avait peut-être l'âge que j'ai maintenant. [SPEAKER_00] Et alors, donc, ce serait mieux que ce soit toi qui le fasse. Oh, mais je dis, mais moi, je ne me sens pas du tout de faire de l'éducation sexuelle. [SPEAKER_00] Tu voyais, j'avais quoi. Et tu en as fait ton métier en plus. Oui, c'est drôle, oui. Voilà. Et donc, heureusement, il y avait le diaporama tout près, donc je n'avais qu'à le passer. [SPEAKER_00] Mais donc ça a été mon 1er enseignement [SPEAKER_00] en tant qu'enseignant. Ensuite, tu as choisi la sexologie. Comment ça s'est passé Pourquoi ça t'a intéressé Oui, alors en fait, moi, j'ai fait de la médecine générale [SPEAKER_00] et je me suis installée [SPEAKER_00] Et au bout de quelques années, je me suis dit quand même, [SPEAKER_00] beaucoup de gens viennent pour des raisons psychologiques. [SPEAKER_00] En fait, il y a beaucoup de psy et la médecine, c'est que la psychiatrie fait partie de la médecine, mais me disais, ne pas formée du tout sur le plan un peu psychologique et donc je me suis dit, il faut que je trouve une formation. J'étais installée à Rennes, j'ai fait mes études à Rennes en Bretagne, donc et [SPEAKER_00] donc j'ai cherché des, ce qu'on appelle des DU, des diplômes universitaires, ce qu'on pouvait faire. Et en fait, malheureusement, il n'y avait rien du tout vers chez moi à l'époque et il y en avait à Paris. Mais si vous voulez, c'était le mardi et le jeudi soir, je ne pouvais pas. Moi, je travaillais jusqu'à 7, 8 heures le soir, je ne pouvais pas. Bien sûr. Et puis, je tombe sur le diplôme de sexologie. [SPEAKER_00] C'était un week-end par mois. Ah non, c'est par hasard, en fait. Oui, vraiment, c'était au départ, ce n'était pas ça que j'ai j'ai commencé. Donc, [SPEAKER_00] j'ai commencé ce diplôme, [SPEAKER_00] enfin, cette formation. [SPEAKER_00] Et puis, ce qui est marrant, et tous mes collègues disent ça, c'est que [SPEAKER_00] j'avais à peine eu mon 1er cours, donc un week-end. Je reviens [SPEAKER_00] pour mes consultations [SPEAKER_00] et dans la semaine, il y plein de gens qui m'ont parlé de leurs problèmes sexuels. [SPEAKER_01] Alors qu'avant, personne ne m'en parlait jamais et je n'avais pas du tout dit que j'allais faire cette formation à mes patients. Ils ont, ils ont senti, il y eu des petites ondes. A l'impression que les gens le sentent. Tu reçois qui du coup en consultation C'est des hommes, des femmes, bien sûr. Est-ce que c'est plus souvent des hommes ou des femmes qui viennent consulter pour des problèmes sexuels [SPEAKER_00] C'est un peu les 2. Je pourrais pas, c'est un peu logique puisque la population, c'est moitié moitié. Je vois un peu des 2. Est-ce qu'on imagine les hommes plus pudiques C'est pour ça que te pose la Alors les hommes plus pudiques, c'est marrant parce que j'ai un collègue qui me dit un jour écoute Catherine, [SPEAKER_00] est que tu as des hommes en consultation Je dis oui, j'ai des hommes en consultation. [SPEAKER_00] Il me dit parce que moi, ils me disent tous jamais je ne pourrais raconter ça à une femme. [SPEAKER_00] Et là, j'ai rigolé. Je lui ai dit tu sais ce qu'ils me disent, Ils me disent jamais je ne pourrais raconter ça à un homme. Ah, c'est vrai. Et donc, je pense qu'on n'a pas les mêmes caractères. Un peu comme les femmes qui disent moi, je veux une gynécologue femme. Et il y en a qui disent moi, j'aime autant un homme. C'est vrai. Oui, ça dépend. Je pense que c'est, [SPEAKER_00] ça dépend peut-être de notre expérience dans la famille, de nos relations. Comprends. Oui. Donc patientèle 50, 50 hommes et femmes. J'imagine qu'ils ne parlent pas de la même façon dans les hommes, les femmes. Mais surtout, ils ne parlent pas de la même chose. [SPEAKER_00] Ils parlent de quoi, du coup Alors les hommes, je dirais, le plus souvent, ils consultent pour une éjaculation précoce. Ça, le problème numéro un des Problème numéro un, je trouve. Enfin, [SPEAKER_00] des personnes que je côtoie. Après, peut-être qu'il y a des collègues qui diront moi, je vois plus telle ou telle chose, je ne pas. [SPEAKER_00] En 2e problème, c'est les problèmes d'érection. [SPEAKER_00] Ça, c'est quand même fréquent aussi. Et malheureusement, je dirais de plus en plus jeune parce que franchement, [SPEAKER_00] on est étonné d'avoir des jeunes hommes de 23, 24, 25 ans pour des problèmes d'érection, alors qu'à leur âge, les artères, normalement, elles sont en bon état. À quoi c'est dû [SPEAKER_00] C'est à plusieurs facteurs. Déjà, je pense qu'il y a l'anxiété de performance parce que franchement, [SPEAKER_00] il n'y avait pas ça avant, peut-être probablement [SPEAKER_00] la pornographie. [SPEAKER_00] Parce que déjà, il voit des performances anormales, on peut le dire. Et puis, [SPEAKER_00] ça habitue le cerveau à des images hyper excitantes. Et quand ils sont, mais j'ai un patient dernièrement, il me dit, oh là là, je me rends compte que je suis polluée par la pornographie parce que [SPEAKER_00] je suis en couple, ça y est, avec la femme dont je rêvais. [SPEAKER_00] Et puis il me dit au lit, je me dis bof. [SPEAKER_00] Ah oui, me rend et il me dit je trouve ça horrible. [SPEAKER_00] Il s'en rend compte parce que je devrais être émerveillé et trouver ça génial. C'est mignon, cela dit. Oui, oui, voilà. Et en fait, il me dit je me rends compte que ça a quand même façonné mon cerveau et mon mes pensées érotiques. Et donc, il me dit il faut absolument que je regarde plus du tout parce que ce n'est pas possible de [SPEAKER_00] ne pas [SPEAKER_00] prendre de plaisir et même plus que du plaisir, de bonheur quoi, être à 2 à cause d'une pollution pornographique. Donc la pornographie [SPEAKER_01] n'aide [SPEAKER_00] pas les hommes à avoir des érections. Ah non, pas du tout. C'est-à-dire qu'il y des hommes qui vont me dire oui, mais quand je regarde de la pornographie, mon érection est bonne, mais avec ma copine, elle n'est pas bonne. Mais oui, tous ces Bien sûr. C'est ça, évidemment. Non, ça ne les aide pas du tout. Est-ce qu'il y des solutions [SPEAKER_01] Est-ce qu'il y des trucs et astuces [SPEAKER_00] qu'on pourrait éventuellement donner Parce que si c'est, il s'agit des grands problèmes. C'est un de mes dadas parce que c'est, j'ai fait mon mémoire de sexologie sur l'éjaculation précoce et j'ai écrit 2 livres sur le sujet. C'est vraiment mon Alors, [SPEAKER_00] en fait, le problème, c'est qu'on ne peut pas tellement donner de trucs. Alors, il y en a, mais je compare souvent ça avec mes avec mes patients à apprendre à conduire une voiture. Si vous dites à un un un moniteur auto-école, est-ce que vous pouvez me donner un truc pour savoir conduire une voiture, Il va vous dire le truc le plus important, [SPEAKER_00] c'est de regarder dans le rétroviseur. [SPEAKER_00] Parce que si vous ne regardez pas, c'est vrai. Ou c'est de penser à mettre de votre clignotant ou c'est de freiner [SPEAKER_00] fort quand vous avez un feu rouge, mais de relâcher la sinon vous allez, c'est vrai. [SPEAKER_00] Bon, au début, je faisais ça, mais seulement un truc, ça ne suffit pas. Et puis, même si je vous explique qu'il faut débrayer, [SPEAKER_00] passer la vitesse et puis réembrayer, puis accélérer doucement, vous avez compris en 30 secondes, enfin 3 secondes. Donc, a plein de facteurs. Mais il faut s'entraîner 20 heures. Donc en fait, il y a plein de choses. Et en fait, comme c'est, ce n'est pas quelque chose, ce n'est pas un truc intellectuel, c'est quelque chose de corporel. Donc il faut s'entraîner, [SPEAKER_01] s'entraîner. [SPEAKER_01] Qu'est-ce qu'il faut faire pour s'entraîner [SPEAKER_01] Qu'est-ce que les hommes doivent faire Est-ce qu'il y des petits exercices [SPEAKER_01] pour résoudre ces problèmes d'éjaculation précoce C'est un entraînement, [SPEAKER_00] c'est un entraînement. C'est comme si vous dites comment apprendre à skier. Au début, vous allez tomber. Et puis, petit à petit, vous allez arriver de mieux en mieux. C'est un entraînement. Le problème qu'on a, c'est que beaucoup d'hommes qui ont une éjaculation précoce, beaucoup, non. Certains hommes ont un caractère à vouloir aller très vite, tout le temps. Je me rappelle un patient, il me disait, moi, j'ai un petit [SPEAKER_00] disque dans ma tête qui me dit, dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi toute la journée. Et il me dit, c'est ma mère qui me disait ça tout le temps quand j'étais petit. Et donc je prends ma douche, je me dis dépêche-toi, je me [SPEAKER_00] brosse dans la Et [SPEAKER_00] donc, il [SPEAKER_00] y a une partie comme ça et il me dit c'est normal que quand j'ai un rapport sexuel, même si Je me dépêche, me dépêche. Mon corps, il a l'habitude de me dire je vais Donc [SPEAKER_00] ça, alors le problème, c'est que ceux qui sont comme ça, si on leur dit vous allez faire tel exercice, [SPEAKER_00] puis tel ou autre, ils trouvent que ça ne pas assez vite et ils arrêtent, ils disent ça ne marche pas. Alors que ceux qui sont assidus à faire un exercice, ça peut être des exercices de respiration, ça peut être des exercices de mouvement du bassin, des exercices mentaux. Petit à petit, ils arrivent à contrôler. [SPEAKER_00] Enfin, contrôler, ce n'est pas un bon mot parce que c'est un réflexe, les Japonais. Est-ce qu'il y a une solution [SPEAKER_00] à ce problème Ah oui, ceux qui apprennent, ils y arrivent. C'est comme si vous disiez est qu'il y a une solution pour apprendre à conduire une voiture C'est quoi la solution alors Qu'est ce qu'il faut faire La solution, c'est de faire des exercices, c'est de les répéter, de répéter. C'est quoi comme exercice Alors je peux vous donner des exemples d'exercices, [SPEAKER_00] par exemple. Mais par exemple, on sait que les hommes qui ont une éjaculation précoce, ils ne respirent pas [SPEAKER_00] souvent comme il faut. Souvent, ils bloquent leur respiration [SPEAKER_00] et ils respirent en moyenne une fois pour 6 ou 7 ou 8 mouvements de va-et-vient. Ils ne respirent pas beaucoup. Alors que les hommes qui n'en ont pas du tout, ils respirent pour un mouvement de va et vient. C'est synchronisé en quelque sorte. C'est un exemple. [SPEAKER_00] Et je me rappelle avoir dit ça à des gens que je connais qui m'ont dit, oh, je n'ai jamais remarqué. Après, ils me disent, Ah oui, j'ai remarqué. [SPEAKER_01] Du coup, pensent à vous pendant qu'ils font des câlins quoi. Oui, c'est ça. D'ailleurs, j'ai une dame pour une anecdote. Il y une dame, elle m'a dit, oh, avec mon mari, on pense à vous pendant nos câlins. Parce que je me dis pourquoi, parce que je lui avais dit, j'ai jamais dit ça. En fait, c'est une phrase d'un patient qui m'a énormément touchée. Puis je [SPEAKER_00] me suis dit, n'y avais jamais pensé. Vous allez voir, il me dit bon, quand on fait une pénétration, qu'on est un homme [SPEAKER_00] à l'intérieur, c'est doux. Il me dit d'une douceur incroyable, c'est doux, c'est chauve, c'est humide. [SPEAKER_00] Je dis ah bon, parce que comme je ne pas un homme, je ne suis même pas posé la question. Bien sûr. Et puis alors, la dame me dit maintenant, se regarde, on dit c'est doux, c'est chaud, c'est humide [SPEAKER_00] et on rigole. [SPEAKER_00] Je trouve ça bien de rigoler dans ces moments là. [SPEAKER_01] Cette phrase. Mais en fait, vous devez être à mon avis présent dans des centaines de chambres à coucher de France. [SPEAKER_00] Vous ne croyez pas Oui, mais bon, si c'est pour rigoler, ça va. Oui, oui, c'est clair, c'est Ce que justement, je trouve qu'on est dans une période où la sexualité, c'est souvent trop soit technique, [SPEAKER_00] soit pornographique, [SPEAKER_00] soit il faut absolument satisfaire. [SPEAKER_00] Alors là, je déteste ce mot satisfaire ma partenaire ou mon partenaire. Bien sûr. Et alors qu'en fait, on devrait rigoler. [SPEAKER_00] Comme disait un de mes enseignants, il disait la sexualité, [SPEAKER_00] c'est le jeu des adultes. On devrait s'amuser en fait. [SPEAKER_00] Et je ne suis pas sûre qu'il y a des gens qui s'amusent quand même, mais pas tout le monde. N'y pas beaucoup de gens qui s'amusent. Comme des patients qui me disent je voudrais satisfaire ma partenaire. [SPEAKER_00] Je leur dis arrêtez de dire satisfaire. [SPEAKER_00] Moi, ça me fait penser à satisfaire ou rembourser. Vous voyez, oui. Mais c'est vrai que c'est un mot qui revient. Et puis je trouve que dire je suis satisfait de mon partenaire. [SPEAKER_00] Qu'est ce qu'il faudrait On [SPEAKER_00] faut dire je suis contente, [SPEAKER_00] qu'est ce qu'on s'amuse ou [SPEAKER_00] être joyeux quoi. Oui, les femmes, elles ont quoi comme comme soucis en général Ce n'est pas les mêmes soucis. Alors les femmes, je vois malheureusement beaucoup de femmes qui ont des soucis d'avoir une agression sexuelle et qui ont des blocages. [SPEAKER_00] Ça, malheureusement, [SPEAKER_00] c'est fréquent. D'ailleurs, je ne l'ai pas dit, mais il y des hommes. Je vous ai dit qu'elle est plus fréquent pour les hommes. Mais il y aussi des hommes qui viennent pour des agressions sexuelles et qui ont des conséquences. [SPEAKER_00] Ça, ce n'est pas si rare non plus. Et donc, malheureusement, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. [SPEAKER_01] Donc les femmes, c'est assez différent. Oui, c'est vraiment. Il y en a aussi [SPEAKER_00] n'ont pas de désir, [SPEAKER_01] qui disent. Alors ça, c'est une vraie question parce que c'est vrai qu'en France, [SPEAKER_01] j'ai plein de questions dans la question sur le désir. [SPEAKER_01] Est-ce que c'est normal [SPEAKER_01] qu'il y ait une érosion du désir dans les couples [SPEAKER_01] Normal, [SPEAKER_00] je ne pas, mais c'est fréquent. [SPEAKER_00] C'est compliqué. Moi, je trouve qu'il y a une chose, en tout cas, c'est que les hommes ont moins souvent, enfin, y des hommes aussi qui n'ont pas de désir, mais c'est plus souvent les hommes qui ont du désir et les femmes qui en ont moins. Et moi, j'explique ça par une chose que je trouve importante, c'est que les hommes, ils ont souvent un désir pulsionnel. [SPEAKER_00] C'est-à-dire que, dites tiens, j'ai envie. Tout d'un coup, y a une Lâche [SPEAKER_00] ton livre, c'est maintenant. Oui, ils ont envie tout d'un coup. [SPEAKER_00] Alors que les femmes, elles peuvent avoir un désir pulsionnel, mais moins souvent. Elles ont plus un désir de réponse, c'est-à-dire dû à l'ambiance, [SPEAKER_00] à quelque chose qu'on leur a dit ou Et donc, [SPEAKER_00] comme les hommes ont un désir pulsionnel, ils ont l'impression que leur partenaire, ils devraient en avoir aussi. Lui disent t'es pas marrante, t'as jamais envie. [SPEAKER_00] Mais ils se disent pas elle n'a pas tellement envie. Qu'est-ce que je pourrais faire pour lui donner envie Alors moi, je suis pas sexologue, mais j'appelle ça les préliminaires sociaux. Ah bah oui, mais oui, Je sais pas si l'expression convient, mais. Oui, les préliminaires, ça commence avant. Bien sûr, on [SPEAKER_01] est d'accord, on n'est pas. Mais c'est encore Alors du coup, [SPEAKER_00] Les hommes ne comprennent pas. Ah non. Dans ta consultation, ils disent, mais elle n'a pas envie. C'est ça. Voilà. Par exemple, je me rappelle une patiente, elle me dit voilà, mon mari se plaint parce que je n'ai pas de désir. Bon, et elle me dit moi, ce qui me donne envie, c'est les bisous dans le cou. [SPEAKER_00] Elle le dit à son mari. Et son mari, qu'est-ce qu'il lui dit Il lui dit les bisous dans le cou, les bisous dans le cou. Je lui dis non, mais il est bête ou quoi Elle lui est en train de lui donner une solution. Le mode d'emploi en plus. Le mode d'emploi en plus, ce n'est pas compliqué. Il lui a pas dit, il faut que tu m'offres un bisou à 10 euros [SPEAKER_01] pour [SPEAKER_00] avoir honte. Non, mais un truc vraiment simple. Ah oui. Ah non, une autre, j'en ai plein, mais je vous ai pas vous en donner 50, mais une autre qui me dit moi, ce qui me donne envie, c'est que mon mari me dise je t'aime. [SPEAKER_00] Bon, [SPEAKER_00] c'est quelque chose est intéressant parce que l'étincelle, elle est très différente chez les hommes et les femmes. Oui, alors voilà, et son mari, elle lui dit à son mari, oui, tu trouves que je n'ai pas envie, mais moi, j'ai besoin que tu me dises ce que tu m'aimes. Réponse du mari, si je ne t'aimais pas, je ne t'aurais pas fait le pavillon. [SPEAKER_00] Le pavillon Pardon, mais c'est quoi La maison. [SPEAKER_00] Je t'aurais pas construit le pavillon. Ah ouais, d'accord. Alors, je Ah ouais, ça, c'est pas glam. Et voilà. Et je dis au monsieur, mais vous vous rendez compte, construire un pavillon, [SPEAKER_00] ça demande plusieurs années de travail, c'est démené pour sa femme quand même aussi. [SPEAKER_00] Alors que dire je t'aime, ça prend une seconde. Non, mais c'est quand même. C'est quoi le rapport avec un désir sexuel Ben oui, mais voilà. Non, mais il voulait dire je t'aime, je te l'ai prouvé d'une autre manière. Mais si on a besoin de parole, je me dis il faut essayer de se mettre à la place de l'autre. Mais c'est vrai aussi pour les femmes. [SPEAKER_00] Il y a des hommes qui disent moi, j'ai besoin de qu'elles me disent qu'elles m'aiment ou que je ne sais pas, mais [SPEAKER_00] je trouve qu'il faut écouter l'autre et puis se demander. Je pense à un patient qui a eu énormément [SPEAKER_00] d'aventures [SPEAKER_00] et qui m'a dit une chose, une phrase dont je me rappellerai toujours et que je cite souvent à mes patients. Il m'a dit, tous les hommes ont une bombe sexuelle dans leur lit. Et certains croient qu'ils ont une bobonne [SPEAKER_00] parce qu'ils ne savent pas s'y prendre. C'est drôle. Je me suis dit, je pense qu'il a assez raison. [SPEAKER_01] Donc, en fait, c'est parce qu'on ne sait pas s'y prendre, quoi. Mais oui. Non, mais de façon, on dit souvent qu'on peut être le mauvais coup et le bon coup pour les uns. Enfin, je veux dire, il n'y pas de bon ou de mauvais coup. Il y a une question de compatibilité, j'imagine. [SPEAKER_00] Oui, oui, de, [SPEAKER_00] si la mayonnaise prenait, enfin c'est poétique, mais comme si quelque chose s'enclenchait entre les Est-ce que c'est possible quoi Incompatible, [SPEAKER_00] je dirais par rapport à la génétique et l'être, la, [SPEAKER_00] comment dire, [SPEAKER_00] l'humanité, non, mais on peut dire qu'on ne va pas avoir de plaisir ou qu'on est tellement différent qu'on ne va pas réussir. [SPEAKER_01] Non, mais est-ce qu'il y a des corps qui ne s'emboîtent pas, quoi Enfin, vous voyez, qui ne s'emboîtent pas bien. De toute façon, il y une forme d'incompatibilité. [SPEAKER_00] Ce n'est pas les corps, c'est plutôt les esprits, en fait. C'est les esprits, même. Ah oui, parce que les corps, à mon avis, ça marche toujours. Oui, premièrement, [SPEAKER_00] je dirais, quand il a un viol ou une agression sexuelle. C'est vrai, il peut y avoir une grossesse et notre cerveau, il est un peu programmé pour que de toute façon, il y ait des chances de reproduction. [SPEAKER_00] Après, pour que ça soit agréable pour les 2, quelqu'un me disait un jour une phrase que j'aime bien, mais que peu de personnes apprécient, [SPEAKER_00] c'est qu'on s'entend bien quand on a le même degré de perversion. [SPEAKER_00] C'est-à-dire si on est à la perversion 0, les 2, on s'entend bien si on a un petit peu de jeu ou [SPEAKER_00] C'est drôle. Faut avoir une certaine, [SPEAKER_01] oui, un esprit qui qui réagit un peu aux mêmes choses, quoi. Vous voyez Et alors Est-ce que tu leur suggères parfois justement des jeux, de la perversion comme tu dis, [SPEAKER_01] pour pimenter [SPEAKER_00] Parce que là, on parle de Pas tellement. [SPEAKER_00] Disons qu'en sexologie, on conseille souvent des exercices en couple, mais pas tellement pour pimenter, parce qu'on voit plus des personnes qui ont des problèmes, [SPEAKER_00] pas tellement des personnes qui disent on s'entend bien. Est-ce que vous pourriez nous dire comment pimenter nos ébats pimenter parce qu'on a des problèmes de désir, par exemple, dans un Souvent, [SPEAKER_00] ce qu'on prescrit [SPEAKER_00] quand il y des blocages, soit de l'érection, soit du désir, soit de l'orgasme, soit une difficulté à la pénétration aussi. Ah oui, je n'ai pas dit, mais je vois beaucoup de femmes qui ont des vaginismes, [SPEAKER_00] c'est-à-dire le vagin qui se resserre [SPEAKER_00] et impossible de faire une pénétration. [SPEAKER_00] Et ça peut être médical, mais le plus souvent, c'est lié à une peur, en fait, pour des raisons très diverses. [SPEAKER_01] Quoi comme raison, par exemple [SPEAKER_00] Par exemple, [SPEAKER_00] assez souvent, il y a eu un traumatisme de la zone génitale. [SPEAKER_00] Par exemple, j'ai une de mes patientes, elle a eu un vaginisme parce qu'elle [SPEAKER_00] avait eu, elle avait dû faire une échographie endovaginale [SPEAKER_00] et le médecin qui lui a fait lui a fait super mal. Il lui a mis brutalement et tout et ensuite elle n'arrive pas à avoir de rapports sexuels. Pourtant, elle me disait le médecin, il était gentil. Je pense que c'était un jeune interne qui n'était pas habitué, qui était stressé, donc ce n'était pas mal intentionné. [SPEAKER_00] Mais néanmoins, ça l'a bloqué. Ça fait un trauma, quoi. J'ai [SPEAKER_00] une patiente qui a pris un fer à béton. Elle est tombée dessus carrément au niveau vaginal. Elle a dû être recousumée. Elle était enfant. Elle n'avait pas le droit d'aller jouer dans un immeuble en construction. Elle lui a été quand même. Des [SPEAKER_00] trucs, [SPEAKER_00] des choses. [SPEAKER_00] J'ai une patiente, sa maman lui avait mis un tampon de force le 1er jour de ses règles. Oh là là. Alors là, je trouve, c'est vraiment [SPEAKER_00] une agression. [SPEAKER_00] Bien sûr. On pourrait même dire un viol parce que c'est une pénétration vraiment. Voilà, [SPEAKER_00] des exemples comme ça. [SPEAKER_00] Ça peut être aussi une chose qui n'est pas connue, mais qui est quand même assez, [SPEAKER_00] que je rencontre fréquemment [SPEAKER_00] régulièrement, [SPEAKER_00] c'est le décès d'un enfant proche. [SPEAKER_00] C'est-à-dire quelqu'un qui a perdu son petit frère à l'âge de [SPEAKER_00] un [SPEAKER_00] jour ou 2, à l'âge de 3, 4, 5 ans, ça peut être une leucémie, ça peut être un accident. Et [SPEAKER_00] c'est comme si le cerveau se disait, [SPEAKER_00] ça, c'est mon analyse. C'est comme si le cerveau se disait je ne veux pas faire d'enfants. [SPEAKER_01] Donc, je bloque la sexualité. Il y un vrai lien entre la sexualité [SPEAKER_01] et l'esprit, l'esprit en fait. Oui, oui, oui, Et la reproduction. Et la reproduction. Maintenant, [SPEAKER_00] on y pense. Moi, je pense à une de mes patientes, je lui avais dit [SPEAKER_00] oui, [SPEAKER_00] je pense que vous avez un vaginisme parce que vous avez peur d'avoir des enfants. [SPEAKER_00] Donc, il y a quelque chose qui bloque. Et elle me dit ah non, mais ce n'est pas possible, je prends la pilule. Oui, mais le cerveau, lui, il ne se dit pas, elle prend la pilule, donc elle n'aura pas d'enfant, donc je suis rassurée. Oui, c'est ça. Oui, oui, c'est ça. Il y a un truc très [SPEAKER_01] C'est quoi l'âge des patients Le patient le plus jeune, le plus âgé [SPEAKER_00] Alors le plus jeune que j'ai vu, c'est dans la vingtaine. Oh, j'ai même eu des patients. Alors comme j'ai écrit un livre sur la puberté, [SPEAKER_00] j'ai vu quelques patients qui m'ont amené leur fils qui est tout jeune, qui n'est pas ouvert en En [SPEAKER_00] Ah oui. Pour les pour, parce qu'ils pensaient qu'il avait peut-être un micro pénis. Parce que j'explique tout ce qu'il faut expliquer aux enfants et aux adolescents. [SPEAKER_00] Et donc là, ce n'est pas du tout ma partie. Donc je les envoie vers un neurologue. Donc les plus jeunes, c'était ça. Après, ça va être plutôt 19 [SPEAKER_00] 20 les patients qui viennent consulter pour des problèmes de Ça va être 19, 20, 23. C'est jeune, ils osent vachement jeune. Oui, plus qu'avant, je pense, oui. Oui, il faut être sacrément courageux, je trouve. Oui, c'est vrai. Mais à côté, j'ai des patients aussi qui ont 44 ans et qui me disent j'ai depuis toujours une éjaculation précoce, j'ai jamais osé consulter. [SPEAKER_01] Oui, et en fait, ils auraient dû, bien sûr, oui. Mais je trouve ça vachement courageux, quoi, d'avoir 18 ans, 19 ans, de se dire j'y vais. [SPEAKER_00] Incroyable. [SPEAKER_00] Et le patient le plus âgé [SPEAKER_00] Ça va être dans les 80 ans. Ah oui, ah oui. Et pour quel type de problème ou de questions Pour des problèmes sexuels, des rectiles. Il faut voir aussi que moi, je travaille à Gustave Roussi, c'est un centre anticancéreux. [SPEAKER_00] Je travaille en soins de support [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] en oncosexualité, [SPEAKER_00] c'est-à-dire que beaucoup de traitements [SPEAKER_00] des cancers peuvent [SPEAKER_00] donner des troubles sexuels. Donc, je vois des patients aussi exemple, qui ont un cancer de la prostate, des femmes qui ont un cancer du sein ou de type de cancer. Et donc, [SPEAKER_00] ils viennent aussi pour des problèmes liés à leur maladie, à leur traitement. [SPEAKER_00] Mais je me disais ça hier ou avant-hier à la Je lui dis ce qui est quand même incroyable, [SPEAKER_00] c'est que je vois aussi des patients qui, en fait, ont des problèmes comme tout le monde, qui datent d'il y des années. Bien sûr. Et le cancer ou le traitement, ça rajoute quelque chose. Mais en fait, il y avait déjà des familiales ou vous voyez, y Oui, oui, bien sûr. Oui, Alors le patient le plus âgé, s'il a 80 ans, [SPEAKER_00] ça veut dire que la sexualité ne s'arrête pas. Ah non, ça ne s'arrête jamais. Non, non, il y avait un patient qui était chouette, justement, un atelier qu'on faisait, qui avait plus de 80 ans et qui disait, bon, maintenant, moi, actuellement, [SPEAKER_00] avec mon cancer de la prostate, [SPEAKER_00] je n'ai plus d'érection et les traitements. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] avec ma femme, on se débrouille. [SPEAKER_00] Tant pis, [SPEAKER_00] Oh non, je n'ai pas besoin de traitement, on fait avec et ça va bien, on s'entend bien, on en reste proche quand même. C'est sympa. Et là, j'ai trouvé ça super qu'il en parle devant d'autres personnes parce que c'était un atelier où on était plusieurs. Il y avait 7 ou 8 hommes. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] parce qu'effectivement, [SPEAKER_00] c'est vraiment intéressant de savoir que la sexualité, ce n'est pas que la pénétration. [SPEAKER_00] Il y tellement d'autres choses. Et j'ai un autre patient qui est un peu plus jeune, mais bon, qui avait aussi un cancer de la prostate. Et il me dit mon érection ne marche pas bien. Il faut que je fasse soit une injection, soit prendre des médicaments. [SPEAKER_00] Mais je [SPEAKER_00] trouve que j'ai une meilleure sexualité qu'avant [SPEAKER_00] parce qu'en fait, j'ai une sexualité plus féminine, [SPEAKER_00] moins basée sur la pénétration. [SPEAKER_00] Et ma partenaire, elle me dit [SPEAKER_00] oh, je trouve que c'est bien maintenant parce qu'avant, c'était toujours la pénétration, la pénétration. [SPEAKER_00] Maintenant, [SPEAKER_00] on est détendu. [SPEAKER_00] Moi, finalement, j'ai plus de plaisir et c'est agréable. Et donc il me dit je trouve que j'ai une sexualité plus épanouie qu'avant. [SPEAKER_00] Et puis il arrête, [SPEAKER_00] il dit enfin, c'est quand même une mutilation. [SPEAKER_00] Ce que je ne pas en train de dire, oui, [SPEAKER_00] c'est positif. Mais quand on sait transformer [SPEAKER_00] une épreuve et s'adapter, [SPEAKER_00] Ça, c'est les malades du cancer. Voilà pour le cancer, mais c'est vrai pour tout. Bien sûr. Toutes les malades, évidemment. [SPEAKER_01] Est-ce que la sexualité, elle a évolué [SPEAKER_01] au fil de tes consultations [SPEAKER_00] Depuis, depuis que je consulte. Depuis que tu consultes. [SPEAKER_00] Oui. Alors, ce qui a évolué, c'est qu'au début, quand je consultais, on n'avait pas le viagra déjà. Ça, c'est un grand changement. Ça a été un très gros changement parce que ce n'était pas toujours facile. [SPEAKER_00] Ce n'était pas facile. D'abord pour les personnes qui ont réellement les artères abîmées et donc l'érection, [SPEAKER_00] parce qu'elles fument, [SPEAKER_00] parce qu'elles mangent très, très mal. Elles ont beaucoup de cholestérol, un diabète et tout ça. Les artères s'abîmaient, s'abîmaient, s'abîmaient, s'abîmaient, s'abîmaient. Bon, voilà. Maintenant, elles s'abîment, elles s'abîment, mais on a le viagra pour compenser. Donc, trouves de l'érection quand même chez l'homme, c'est du cigarette [SPEAKER_01] mal mangé, c'est ça Surpoids Oui. [SPEAKER_00] Et quoi d'autre Manque d'exercice physique. Manque d'exercice. Diabète, cholestérol. Si on résout tout ça, on résout les problèmes d'érection. C'est-à-dire [SPEAKER_00] qu'un homme qui a une très bonne hygiène de vie commence à avoir des problèmes d'érection à peu près à 70 ans. [SPEAKER_00] C'est ce que dit le docteur Bondil, qui est le président des sexologues français l'AIEUS, c'est l'association des sexologues. Il dit, normalement, un homme en bonne santé jusqu'à 70 ans, il n'aura pas la même érection à 69 ans, à un an avant quarante-dix-huit ans. Mais ça marche quand même. Bien sûr. Bon, quand même, je dirais après 60 ans, c'est des fois un peu moins facile parce que on peut avoir du cholestérol [SPEAKER_00] sans fumer, en faisant du sport et tout. On peut avoir un peu d'hypertension. Enfin, il y a des facteurs de risque qui ne sont pas non plus, on ne pas dire c'est de votre faute parce que vous faites du sûr. [SPEAKER_01] Donc Viagra, ça a révolutionné. [SPEAKER_00] Ah oui, ça a révolutionné quand même parce que c'est maintenant, on est habitué, mais c'est vraiment un traitement. [SPEAKER_00] En plus, on s'est rendu compte que ça avait tendance à diminuer le risque d'infarctus, [SPEAKER_00] d'AVC et d'Alzheimer. Donc, c'est plutôt un médicament, c'est vasodilatateur, [SPEAKER_00] donc ça dilate les artères. Donc, c'est vraiment [SPEAKER_00] un médicament super. Enfin, il n'y a pas que le viagra, il y a aussi, ils sont 4, il y a Viagra, Cialis, Levitra et Spedra. C'est 4 médicaments [SPEAKER_01] qui se ressemblent beaucoup, qui sont de la même famille, oui. Donc ça, ça a changé, mais est-ce que dans les pratiques, [SPEAKER_01] dans ce que les patients osent dire, est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué sur la sexualité des Français Moi, que je trouve qui a évolué, c'est la pornographie. [SPEAKER_00] Quand j'ai commencé, je ne posais pas tellement la question sur la pornographie parce que ce n'était pas disponible [SPEAKER_00] au robinet, si vous voulez, comme maintenant. [SPEAKER_00] À un moment, ça fait seulement quelques années que je pose systématiquement la question. Avant, je ne posais pas systématiquement la question. On m'en parlait des fois, mais c'est De savoir s'ils regardent, s'ils sont consommateurs de pornographie. Oui, parce que j'ai des jeunes hommes, [SPEAKER_00] je me dis, les sportifs, [SPEAKER_00] il n'y a aucun facteur de risque. Il y a aussi le sommeil. Les troubles du sommeil, ça peut donner des problèmes d'érection. Et d'ailleurs, ce qui a changé aussi, je vois des jeunes, je me dis, je ne comprends pas, ils ne font pas, ils ne font pas de drogue. Et [SPEAKER_00] puis, [SPEAKER_00] je me dis, mais comment [SPEAKER_00] vous dormez [SPEAKER_00] Ah, je dors 4, 5 heures par nuit parce que je fais des jeux vidéos. Alors là, pour l'érection, ce n'est pas bon du tout. [SPEAKER_00] Avis aux jeunes. Voilà, parce qu'en fait, [SPEAKER_00] j'explique pourquoi, c'est parce que l'érection, elle s'entraîne la nuit. Toutes les nuits, les hommes ont des érections pendant plusieurs heures et c'est un petit peu la gymnastique d'entraînement. Si vous ne dormez pas, elle ne fait pas sa gymnastique, bien, marche moins bien, elle fonctionne moins C'est rigolo, ça Oui, c'est [SPEAKER_00] rigolo ou c'est embêtant. Non, c'est embêtant. J'ignorais [SPEAKER_00] qu'il y a une gymnastique. Et chez les femmes, c'est pareil. Chez les femmes, il y a une gymnastique d'entraînement. [SPEAKER_00] On a un gonflement, une lubrification, [SPEAKER_00] mais se voit encore moins que les réactions, mais c'est pareil, ça nous on En plein Oui, toutes les nuits. En dormant, oui, toutes les nuits. Ah oui, c'est incroyable. Ah oui, oui. Et donc cette pornographie, [SPEAKER_01] elle a modifié. Elle a modifié quoi C'est des pratiques qui vont être plus plus agressives, [SPEAKER_01] plus. Écoutez, [SPEAKER_00] il y eu des fantasmes plus Il y a eu une étude de la BBC Five [SPEAKER_00] il y a 3 ans, peut-être à peu près, [SPEAKER_00] où ils avaient demandé [SPEAKER_00] à des femmes de 19 à 39 ans, [SPEAKER_00] pendant vos rapports sexuels consentis avec votre partenaire, [SPEAKER_00] est-ce que vous avez déjà été giflé, étranglé [SPEAKER_00] Est-ce qu'on vous a arraché les cheveux, craché dessus [SPEAKER_00] Étranglé, [SPEAKER_00] mordu. [SPEAKER_00] Et plus les femmes étaient jeunes, plus elles disaient oui. [SPEAKER_00] Et donc, disaient c'est lié à la pornographie, parce que normalement, une femme de 39 ans, elle a plus d'expériences sexuelles qu'une jeune fille de 19 ans et donc elle a plus de risques d'avoir rencontré quelqu'un qui est violent. Qui a été déviant. Oui, voilà. [SPEAKER_00] Et en fait, il disait, mais c'est le, [SPEAKER_00] comment dire, l'invasion de la pornographie dans la vie sexuelle de couple, en fait. Ce n'était pas des agressions par un étranger ou une nouvelle, enfin un nouveau partenaire, c'était votre partenaire. Est ce que parfois tu peux être dérangé en consultation Parce que justement, en parlant de pornographie, [SPEAKER_01] est ce que les patients vont se confier sur des pratiques [SPEAKER_01] tu vas être mal à l'aise [SPEAKER_00] Est-ce que ça t'est déjà arrivé de te dire Ça m'est arrivé d'être mal à l'aise, mais pas très souvent, pas très souvent. Quand j'ai des patients qui ont des fois une addiction aussi, soit à la pornographie, [SPEAKER_00] soit à la sexualité [SPEAKER_00] d'une autre manière, soit de la masturbation compulsive, soit j'ai eu des patients qui disaient je vais tout le temps voir des prostituées. [SPEAKER_00] J'aime bien l'expression, voir des prostituées, on dit ça. C'est assez mignon. C'est un peu. Et [SPEAKER_00] donc moi, je les envoie chez les DASA. C'est les dépendants affectifs et sexuels anonymes. [SPEAKER_00] C'est des réunions pour les personnes qui ont une dépendance et c'est vraiment pas mal parce que ça les aide. Ils ne sont pas jugés [SPEAKER_00] parce que c'est difficile d'en parler, parce que [SPEAKER_00] j'ai un de mes patients qui m'a dit, mais ce n'était même pas pour ça. Il me dit, mais si je comprends bien, je suis un vrai pervers, j'ai tous les défauts. Je fume, j'ai trop de kilos, je mange mal, je regarde de la pornographie, [SPEAKER_00] je ne fais pas de sport et moi je lui dis, je lui dis écoutez, [SPEAKER_00] là moi je suis pas du tout là pour vous juger. Je vous dis voilà tout ce que vous pouvez faire pour améliorer. [SPEAKER_00] Après, je sais bien que personne n'est parfait et que c'est très facile de donner des conseils aux autres. Donc vous répondez pas. Oui, vous êtes un gros pervers. Non, mais [SPEAKER_00] je [SPEAKER_00] dis de tout. Non, mais ce n'est même pas pour ça. C'est parce que c'est la vie. Évidemment, je rigole, évidemment, bien sûr. Mais je dis par contre, je ne vais pas vous dire bravo [SPEAKER_00] parce que je vous donne du viagra, parce que ça, j'ai horreur de ça. Il y a des personnes qui me disent voilà, je voudrais du viagra. [SPEAKER_00] Je leur dis non, mais d'abord, je vous pose des questions. Parce que si cette personne-là fume, [SPEAKER_00] bon, je vais lui donner du viagra, mais dans 5 ans, elle n'aura peut-être plus d'érection. [SPEAKER_00] Si je lui dis c'est bien de prendre du viagra, mais si vous arrêtez de fumer, vous n'en aurez peut-être pas besoin. Et dans 5 ans, vous continuerez à avoir des érections, même avec du viagra. Parce qu'à un moment, si vous fumez trop longtemps, avec [SPEAKER_00] du viagra, ça va retarder [SPEAKER_00] l'échéance, mais elle va venir quand même. Quand même, oui. Ou ça ne marchera plus, voilà. Est-ce qu'on peut tout te dire en consultation [SPEAKER_01] Est-ce qu'on peut tout dire à son médecin sexologue [SPEAKER_00] Alors, [SPEAKER_00] j'ai appris une chose, c'est qu'on doit dire à nos patients, racontez-moi tout ce dont j'ai besoin pour comprendre ce qui vous arrive, mais pas forcément plus. [SPEAKER_00] Qu'est-ce que ça veut dire Parce que ça veut dire qu'il y des choses que les gens ne vont pas forcément nous raconter [SPEAKER_00] ou pas tout de suite. J'ai des patients qui m'ont raconté des choses au bout de quelques années. Ah oui, quelques années. Je trouve ça un patient qui m'a dit, [SPEAKER_00] au bout d'un certain temps, 2 ans, je crois, il m'a dit en fait, tous les mois, je vais voir une prostituée pour qu'elle me fouette. Vous voyez Mais non. Oui, si, si. Et [SPEAKER_00] je lui ai dit écoutez. [SPEAKER_00] Bon, il n'avait pas de rapport sexuel avec cette personne. Je lui dit, écoutez, à la limite, vous trompez même pas votre femme, c'est [SPEAKER_00] sexuel quand même, mais il n'y pas de rapport sexuel, donc vous ne risquez pas de le ramener à une [SPEAKER_00] Vous n'agressez pas d'enfants. [SPEAKER_00] Bon, c'est vrai. Il me dit oui, mais c'est quand même bizarre. Je lui dis oui, d'accord, mais bon, ce n'est pas dangereux, ce n'est pas interdit, ce n'est pas, vous voyez, voilà. [SPEAKER_00] Et puis, ce qui est marrant, c'est que quand on dit ça aux gens, vous savez ce qu'il me dit la fois d'après Ils me disent, n'ai plus tellement envie d'y aller parce que ça me coûte cher quand même. Parce que, en fait, quand vous vous dites c'est horrible ce que je fais, ça [SPEAKER_00] a un côté excitant. [SPEAKER_00] Et quand vous dites finalement Finalement, c'est beaucoup moins drôle. Ce que je me rappelle, je lui avais dit oui, si vous me disiez je vais agresser les enfants à la sortie de l'école, je vous dirais c'est très grave. Mais là, bon, ce n'est pas pareil. J'ai un autre patient un peu, enfin, ce n'est pas le même style encore, qui me dit au bout d'un moment aussi, Parce qu'il était venu pour d'autres sujets [SPEAKER_00] que je trouvais un peu légers. Je me disais pourquoi il vient pour Il y a un truc derrière. Voilà. Non, je ne disais même pas, y un truc derrière. Je me disais, c'est bizarre, mais bon, pourquoi pas Voilà. Et il me dit, je vais voir régulièrement une femme qui me met une couche, [SPEAKER_00] ça s'appelle les nurses et les bébés et qui me berce et tout ça. Je lui dis, ça existe Ah oui, ça existe. Je peux vous dire, ça existe. À l'époque, je ne le savais pas, peut-être, je n'avais pas trop entendu parler, mais oui, ça existe. [SPEAKER_00] Et donc, c'est un peu pareil. Je lui ai dit, écoutez, [SPEAKER_00] vous ne [SPEAKER_00] risquez rien au niveau infection [SPEAKER_00] sexuellement transmissible. [SPEAKER_00] Il me dit oui, mais c'est quand même une perversion ridicule. [SPEAKER_00] Je dis [SPEAKER_00] oui, mais bon, ce n'est pas pareil, il m'a dit ça me coûte cher, j'ai moins envie d'y aller. C'est marrant. C'est marrant, mais c'est marrant parce qu'ils se jugent eux-mêmes, en fait. Ah oui, oui. [SPEAKER_00] Oui, parce qu'en fait, ce genre de choses, ça se met en place souvent assez jeune. Il se passe des choses dans le cerveau. [SPEAKER_00] Je donne des exemples comme ça dans mon livre, des exemples beaucoup moins [SPEAKER_00] banals. [SPEAKER_00] J'ai dans mon livre sur les traces de cerveau sexuelles, j'explique que, par exemple, [SPEAKER_00] on n'a [SPEAKER_00] pas tous le même genre de fantasmes. [SPEAKER_00] D'accord Par exemple, il y a des hommes, là, je parle des hommes qui ont un fantasme de voir une femme se déshabiller. Ce qu'ils aiment, c'est voir une femme se déshabiller. Pour eux, c'est très excitant. Et souvent, ça vient de l'histoire. Et j'ai un patient comme ça qui me raconte que sa maman était couturière quand il était petit. Et donc, il y avait tout le temps des femmes qui venaient à la maison, qui se déshabillaient, qui essayaient. Lui, il était petit, mais juste, bon, à un moment, évidemment, quand il avait 15 ans, sa maman ne lui a pas dit, je regardais les dames, mais. Et donc, il me dit, pense que ça a mis une [SPEAKER_00] Un fantasme. Oui, Disons que quand il était petit, il n'était peut-être pas excité au sens d'un adulte, mais c'était quelque chose d'intime et de Voilà, voilà. Et ce qui est marrant, c'est qu'un autre de mes patients a a lu mon livre et puis il me dit, oh, vous avez parlé de moi Je lui dis, ah bon, il me dit, ma maman était couturière. Je lui dis, ah oui, mais ce n'était pas vous. Donc à l'époque, il avait il y avait plusieurs passionnés, il avait des mamans couturières qui aiment bien voir femmes se déshabiller. Voilà, c'est marrant. Et donc, [SPEAKER_00] trouve ça intéressant comme exemple parce que si on a vu quelque chose [SPEAKER_00] de totalement [SPEAKER_00] autre, [SPEAKER_00] ça peut vous. Ça nourrit un fantasme. Oui, oui, voilà. Ça peut être au contraire de l'exhibitionnisme. [SPEAKER_00] Quelqu'un qui, [SPEAKER_00] une femme a ouvert la porte, vous étiez tout nu, vous avez trouvé ça excitant petit, [SPEAKER_00] vous allez peut-être aimer [SPEAKER_00] vous déshabiller, vous voyez. Enfin, je dis aimer trouver ça excitant. [SPEAKER_01] C'est quoi le fantasme principal des Français C'est quoi le plus grand fantasme sexuel Je [SPEAKER_01] ne sais pas. Qu'est-ce qu'on vous raconte en consultation Qu'est-ce qu'on te raconte [SPEAKER_00] Je ne pas vous dire parce que ça dépend tellement des gens. [SPEAKER_00] Je pense à une passante qui me dit moi, moi, j'ai des fantasmes sadomasochistes [SPEAKER_00] très violents. [SPEAKER_00] Et c'est une dame, elle est très douce, très gentille, [SPEAKER_01] pas du tout. Oui, on l'imagine. [SPEAKER_00] Non, non, non, non. Et elle me dit, mais je déteste ses fantasmes et [SPEAKER_00] j'ai décidé d'une chose, c'est que je ne voulais pas, parce que je fais l'amour avec mon mari, elle me dit, c'est [SPEAKER_00] seulement si j'ai ce fantasme, si j'y pense que j'ai un orgasme, sinon ça ne vient pas. Et donc, elle me dit, j'ai décidé de ne avoir d'orgasme, tant pis, mais je ne veux plus penser à ça, ça me [SPEAKER_00] gêne. Vous voyez Donc, [SPEAKER_00] nos fantasmes, ce n'est pas quelque chose qu'on choisit, en fait. [SPEAKER_00] Par contre, si on regarde de la pornographie, [SPEAKER_00] on va, comment vous dire, ça va nous injecter des fantasmes qu'on n'aura pas choisis. [SPEAKER_00] Et d'ailleurs, quand je vous dis ça, je pense à une autre chose très importante peut-être à dire, c'est que les personnes qui ont vécu une agression sexuelle, [SPEAKER_00] souvent après, ont des fantasmes [SPEAKER_00] liés à cette agression. [SPEAKER_00] Parce qu'on dit qu'il y a une colonisation [SPEAKER_00] traumatique [SPEAKER_00] par les fantasmes de l'agresseur. C'est comme s'il colonisait votre cerveau. Et donc, y a beaucoup de personnes, [SPEAKER_00] c'est fréquent, qui ont subi une agression, [SPEAKER_00] qui se disent, mais je suis vraiment pervers, [SPEAKER_00] sous pervers, parce que j'ai des pensées, je me suis fait agresser. Quelqu'un m'a agressé, m'a violé, c'était [SPEAKER_00] horrible. [SPEAKER_00] Et pourtant, [SPEAKER_00] quelque part, il y a certaines choses de ça qui sont excitantes pour moi. Donc, ça devait être que je l'ai bien cherché ou que j'étais déjà détraqué ou quelque chose comme ça, alors que c'est totalement faux, que c'est l'agresseur qui vous a transmis des choses par son action. [SPEAKER_00] Et donc, [SPEAKER_00] c'est un truc horrible parce que les gens, souvent, n'osent pas trop en parler. Ah oui, je veux dire. Et parce que de dire oui, maintenant, [SPEAKER_00] c'est excitant [SPEAKER_01] À une agression. [SPEAKER_00] Ah, c'est affreux. Et en fait, ça ne veut pas du tout dire qu'on le souhaitait ni qu'on a eu du plaisir parce que le corps [SPEAKER_00] et le cerveau, ils réagissent à des stimulations sexuelles, [SPEAKER_00] que ça soit volontaire ou pas. Et ce n'est pas volontaire du tout que ça s'incruste dans notre cerveau, Est-ce [SPEAKER_01] que les hommes et les femmes ont les mêmes fantasmes [SPEAKER_00] Parce qu'on dit souvent que les hommes Ça serait bien que dans les couples, on est le même. [SPEAKER_01] C'est clair. Mais ce n'est pas sûr. Que souvent, les hommes, ils imaginent des plans à 3, des plans à plusieurs, et caetera. [SPEAKER_01] Est-ce que c'est un fantasme commun Je vous sens, je vois, ça me rappelle, ça me rappelle parce que j'ai écrit un livre sur les histoires drôles. [SPEAKER_00] C'est quoi Et il y en a une, c'est drôle, c'est une femme qui dit à son mari, chérie, est-ce que ça te dirait qu'on fasse l'amour à 3 [SPEAKER_00] Son mari lui dit, oh, je ne sais pas, chérie, [SPEAKER_00] je sais pas. Elle dit, si, ça me ferait, moi, ça me ferait plaisir. Il dit, pourquoi pas Alors elle lui dit, alors 1, 2, 3. [SPEAKER_01] Mignon. Ça m'a fait rire. C'est très mignon. Parce que non, mais c'est sur la différence des fantasmes. Vous voyez, il n'avait pas compris la même chose. Bon, du coup, était super déçu. Le mec, mince, je suis passé à côté d'un truc. [SPEAKER_01] Ce est intéressant aussi, c'est c'est ce lien entre psychisme [SPEAKER_01] et le corps. Ça, [SPEAKER_01] c'est assez surprenant. [SPEAKER_01] Là, on l'a évoqué. Les femmes sont beaucoup plus mentales dans leur sexualité, mais les hommes aussi en fait finalement. Ah oui, les hommes, si [SPEAKER_00] L'amour, [SPEAKER_00] c'est quelque chose qui compte beaucoup pour eux, en fait. [SPEAKER_00] Bizarrement, [SPEAKER_00] on a l'impression que c'est le sexe, mais [SPEAKER_00] ce n'est pas pareil. [SPEAKER_00] Un homme, par exemple, on dit souvent, il a besoin que sa partenaire lui dise je te désire. Parce que quand il se sent désiré, il se sent aimé. [SPEAKER_00] Alors qu'une femme, elle a besoin que son homme lui dise je t'aime, parce qu'elle a du désir si elle se sent aimée. Donc ce n'est pas Et du coup, des fois, il y a des des blocages dans les couples [SPEAKER_00] parce qu'une [SPEAKER_00] femme, elle ne va pas dire à son homme qu'elle le désire et lui, il ne lui dit pas qu'il l'aime, que pourtant, c'est le cas. [SPEAKER_00] Mais donc, ils se sentent [SPEAKER_00] incompris ou mal aimés tous les 2, alors qu'en fait, ils s'aiment. Donc ça, c'est dommage. Il y a une vraie question aussi sur l'infidélité. [SPEAKER_01] Oui. Est-ce que l'homme est fait pour être fidèle [SPEAKER_01] L'homme ou la femme voulait dire l'homme avec un grand h, les humains, les humains. Est-ce qu'on est fait pour être fidèle Est-ce que c'est possible d'être fidèle toute une vie Alors, je je pense qu'il y a une chose, [SPEAKER_00] je dirais, [SPEAKER_00] comment dire, liée à notre, [SPEAKER_00] au fait qu'on soit des humains, c'est qu'il y a une fidélité pendant au moins plusieurs années parce qu'on [SPEAKER_00] a un attachement [SPEAKER_00] à notre partenaire. Quand on fait l'amour avec quelqu'un, on fabrique de l'ocytocine et on crée un attachement [SPEAKER_00] profond. [SPEAKER_00] Et ça, je pense que c'est fait. C'est ce qui, c'est la même hormone quand on allaite ou quand on accouche aussi. Donc, il y a, le bébé a besoin que la maman soit attachée [SPEAKER_00] pour qu'elle en prenne soin, peu qu'elle ne dise pas, je le laisse là et puis on verra, tant pis, je m'en fiche moi de cet enfant. Et et donc, je pense que c'est pour créer un lien entre les 2 parents et qu'ils réussissent à élever un enfant jusqu'à ce qu'il soit autonome. C'est pareil dans le couple Il y a cette hormone Oui, à chaque fois qu'on a un orgasme, on a une décharge d'ocytocine et on s'attache à l'autre. C'est pour ça que les gens qui disent on est sex friends, [SPEAKER_00] s'ils ont des rapports sexuels souvent, il y un attachement au bout d'un moment. [SPEAKER_01] Et si on n'a pas de sexualité, à l'inverse, on se détache. [SPEAKER_00] Ça dépend de ce que vous appelez sexualité. [SPEAKER_00] Des rapports sexuels. Oui, [SPEAKER_00] oui, mais souvent, quand on n'en a pas, on en a eu à un moment. Enfin, c'est assez rare les couples qui n'ont jamais de sexualité. Non, non, mais je veux dire, est-ce que s'il n'y a pas de sexualité, s'il n'y pas d'orgasme, il n'y pas d'ocytocine, [SPEAKER_01] donc le couple se délite [SPEAKER_00] Ça peut, pas forcément, ça dépend parce qu'on peut déjà avoir un grand attachement. Et puis, n'y a pas que l'attache, enfin, il y beaucoup d'autres choses que les hormones. [SPEAKER_00] Mais, et donc, peut-être que c'est fait pour que les couples restent ensemble jusqu'à ce que les enfants soient autonomes. Mais après, c'est vrai que c'est sans doute aussi une construction. [SPEAKER_00] Mais en fait, là, je ne parle pas forcément de fidélité parce que ce n'est pas pareil de rester en couple longtemps ou être fidèle. C'est encore 2 choses différentes puisqu'on peut rester en couple et ne être fidèle. Mais la fidélité, c'est possible C'est possible, ça, c'est sûr. Parce que je vois beaucoup de couples qui sont fidèles. J'ai beaucoup de patients qui ont 80 ans, qui disent, moi, [SPEAKER_00] même je pense à un de mes patients, à un couple que je trouve très chouette. Il me dit, ma femme n'a plus de désir du tout, elle n'a pas envie de faire l'amour. Elle me dit, écoute, si tu as vraiment envie, trouve quelqu'un d'autre. [SPEAKER_00] Et il me dit, mais moi, je ne veux pas, je m'entends avec ma femme, c'est avec elle que j'ai, enfin, j'aime ma femme, j'ai envie de faire l'amour avec elle, je n'ai pas du tout envie d'aller faire l'amour avec quelqu'un. C'est mignon. Il y en a un qui m'a dit dernièrement, [SPEAKER_00] oui, ma femme, elle me dit écoute, non, moi, n'ai plus envie. Ils ont un certain âge. Si tu veux trouver quelqu'un, même de plus jeune, et il me dit, mais qu'est-ce que je vais faire avec une femme plus jeune Moi, avec ma femme, on partage plein de choses, on va au théâtre, on [SPEAKER_00] aime beaucoup lire, on échange, on a des échanges [SPEAKER_00] très riches. Je n'ai pas du tout envie d'aller trouver une jeune femme, ça ne m'intéresse pas du tout. Et parfois, en consultation, il y a des hommes qui te draguent, ça arrive [SPEAKER_00] Non, quasiment jamais. Presque déjà, j'ai été vexée. Je rigole parce qu'il y a un monsieur qui me dit oh, vous êtes une mère pour moi. Je me dis zut, il est plus âgé que moi. Non, mais je trouve ça, je rigole, je trouve ça chouette quand même. Oui, mais je comprends. Non, c'est franchement, [SPEAKER_00] non, c'est c'est arrivé une fois quelque chose, mais ce n'était pas dragué. C'était un monsieur, ça fait longtemps ça, qui me dit, est-ce que vous couchez avec vos patients [SPEAKER_00] Je lui dis, non. [SPEAKER_00] Il me dit, est-ce que vous ne feriez pas une petite exception [SPEAKER_00] Je lui dis non. Et puis voilà, ça s'arrête là. Ce n'était pas [SPEAKER_00] La consultation s'est passée normalement après Oui, oui, voilà, n'y a d'autres. Seulement, c'est après, [SPEAKER_00] il venait sonner au cabinet où je consultais à l'époque [SPEAKER_00] et il me disait, est-ce que vous avez changé d'avis [SPEAKER_01] Mais non. L'amour [SPEAKER_00] Ah non, mais non. Pour le harceleur. Non, non, non, il n'était pas du tout amoureux transi. Non, non, non, non, c'était pour me gêner, pour me mettre mal à l'aise. Et donc, une fois, 2 fois, 3 fois. Et là, j'étais en pleine consultation, j'allais ouvrir. [SPEAKER_00] Oh non, je me dis, ce n'est pas possible. Et alors, j'ai eu une illumination [SPEAKER_00] que je faisais une formation en thérapie stratégique. [SPEAKER_00] Je lui ouvre, je lui dis, ah, vous tombez bien, [SPEAKER_00] parce qu'avec mon métier, il faut que je m'attende à avoir ce genre de demande. Et en fait, je suis pas très à l'aise. Donc, ça m'entraîne, revenez quand vous voulez. Il n'y aura jamais revenu. C'est génial. Ça, [SPEAKER_01] c'est un souvenir. C'est drôle. C'est lui couper la chicane. Oui, voilà, ça ne l'intéressait plus du tout. Ah non, évidemment. [SPEAKER_01] Non, mais c'est [SPEAKER_01] c'est [SPEAKER_01] mignon. [SPEAKER_01] C'est quoi les [SPEAKER_01] parfois, j'imagine que des patients ont dû te poser des questions. C'est quoi les les fausses idées [SPEAKER_00] qu'on peut avoir liées à la sexualité, par exemple Alors, disons qu'il faut que je dise une chose aussi, c'est que j'ai travaillé pendant à peu près 20 ans pour RFI. C'est Radio France International, c'est une radio qui émet en Afrique francophone. Là-bas, il n'y a pas beaucoup de médecins, il n'y a pas beaucoup de sexologues, [SPEAKER_00] mais donc on se sent hyper utile. Moi, je me sens extrêmement utile. Je comprends. Voilà. Et par contre, les idées fausses, alors là, par exemple, je relisais un truc qu'on m'avait envoyé, c'est est-ce que c'est vrai que prendre du Coca-Cola avec du citron et de l'ail, je crois, ça ralentit l'éjaculation. [SPEAKER_00] Des trucs comme ça, je me dis, mais je ne sais pas qui c'est qui leur raconte ça. [SPEAKER_00] C'est [SPEAKER_00] voilà des questions. [SPEAKER_00] Par exemple. Ça reste encore la 1re fois. Est-ce qu'une femme peut tomber enceinte Son 1er rapport, surtout le 1er. Oui, évidemment. Est-ce que pendant les règles, une femme peut peut enceinter, ils disent. Encinter, c'est vrai. Est-ce que je peux en santé une femme [SPEAKER_00] Pendant ses règles. Voilà, oui, la réponse est oui. [SPEAKER_00] Alors, il y a aussi des gens qui me disent bon ben voilà, on voudrait pas d'enfants, comment faire, mais on veut une méthode naturelle, on veut. Je dis, mais oui, mais [SPEAKER_00] ou pour, je veux bien un médicament pour l'érection, [SPEAKER_00] mais pas du viagra, pas des produits chimiques, je veux quelque chose de naturel. J'ai envie de dire aux gens s'il y avait une méthode naturelle [SPEAKER_00] simple, mais tout le monde le ferait, non Oui, évidemment. Je me rappelle un collègue qui nous avait fait rire parce qu'il y des crèmes pour faire grandir le pénis. C'est vrai ou ce n'est vrai ça Ça ne marche pas, mais alors il y avait un monsieur, il m'avait fait rire, il avait fait un test. Il dit voilà, j'ai utilisé cette crème pendant un mois et j'ai mesuré mon pénis avant après, il n'a pas grandi. Et il m'a dit d'ailleurs, mes mains non plus. [SPEAKER_00] Je lui disais, [SPEAKER_01] mais s'il en avait même. [SPEAKER_00] Ça m'a fait rire cette expression, mais c'était c'était pour montrer que c'était idiot. C'était complètement ce qu'il y croyait. [SPEAKER_00] Non, mais cela dit, c'est mignon, mais c'est complètement. Je pense que quand on a tellement envie, c'est un peu comme les régimes amaigrissants. Un jour, on perdait 10 kilos. Sûr. C'est pas en 10 minutes 5 kilos, quoi. Non, non, mais c'est clair. [SPEAKER_00] Si c'était vrai, tout le monde serait mince. Et si on pouvait gagner 5 centimètres aussi par la même occasion. Ah, c'est clair. J'achète. [SPEAKER_01] Oui, mais. Est-ce qu'il y une question qui revient fréquemment sur le nombre de rapports [SPEAKER_01] J'ai l'impression qu'il y a des vrais fantasmes. Mais d'ailleurs, [SPEAKER_01] dans les couples, même dans les dans les dîners entre copines, [SPEAKER_01] on se raconte des trucs sur [SPEAKER_01] la quantité. Est [SPEAKER_01] ce qu'il y a un nombre de rapports [SPEAKER_01] normal [SPEAKER_00] Il y a une normalité [SPEAKER_00] normale. C'est normal à partir du moment où on est bien. Si dans un couple, fait l'amour une fois par mois que ça nous va, c'est bien. Si on le fait tous les jours, c'est bien. 2 fois par jour, c'est bien. Du moment que les 2 partenaires s'en trouvent bien, il n'y a pas de normalité. [SPEAKER_00] Mais il y plutôt des moyennes, je dirais. C'est quoi la moyenne Et donc moi, je travaille pour marier au 1er regard. [SPEAKER_00] En Belgique, j'ai travaillé en France aussi et on demande à nos participants, comme on a des questionnaires assez, qui vont assez loin, on leur demande. Et en général, presque tout le monde dit, c'est 2 à 3 fois par semaine, la fréquence idéale pour moi. Quasiment tout le monde. C'est ce que je fais en vrai Non, c'est ce que j'aimerais. Ah oui, ce que j'aimerais. Dans mon couple. D'accord. En général, à peu près tout le monde dit ça. Mais moi, ce que j'ai, alors j'ai des patients qui disent, par exemple, je pense à un jeune couple qui me dit, moi, on [SPEAKER_00] a un peu honte tous les 2 qu'ils me disent, parce qu'en fait, [SPEAKER_00] avant, on se moquait des couples qui faisaient l'amour tous les samedis soir. Et maintenant, [SPEAKER_00] c'est ce qu'on fait parce qu'on a 2 petits enfants et qu'on travaille, alors que quand on était étudiant, ça nous faisait rire. Bien sûr. Bon. [SPEAKER_00] Mais moi, ce que je dis à mes patients, c'est que le nombre de fois, [SPEAKER_00] franchement, c'est quoi C'est le nombre d'éjaculation. [SPEAKER_00] Par exemple, il y a des hommes qui disent on a fait 3 fois l'amour cette nuit ou ce soir parce qu'ils ont eu 3 éjaculations. Mais en fait, c'était le même rapport sexuel, ils ont recommencé aussitôt. [SPEAKER_00] Et je [SPEAKER_00] trouve qu'on ne prend pas en compte la femme, vous voyez, c'est vrai, c'est vraiment bizarre même. Et je dis à mes passants, vous savez, il y a des personnes qui font l'amour tous les samedis soir qu'une fois par semaine. [SPEAKER_00] Mais ils prennent 3 heures parce qu'ils font des préliminaires, ils prennent une douche ensemble, voilà. Et il y en a qui le font tous les soirs en 5 minutes. 5 minutes fois 7, ça fait un peu plus d'une demi-heure, alors que les autres, ils font 3 heures une fois. En fait, c'est plus En fait, ils en font plus. Et donc, je trouve que compter en nombre de fois, [SPEAKER_00] c'est un petit peu léger comme [SPEAKER_01] comme indice. Mais c'est quoi la moyenne des Français [SPEAKER_00] C'est à peu près 2 ou 3 rapports. Ça diminue par Ça [SPEAKER_00] diminue souvent après 50 ans, mais c'est, je crois que ça reste à 5 ou 6 rapports par mois en moyenne les couples. Donc, et je sais que dans les statistiques, il y a une baisse après 7 ans de mariage, un truc comme ça. Mais apparemment, c'est lié aux couples qui ne s'entendent pas et qui vont divorcer. Ah bon Oui. Est-ce que quand ça ne va pas, souvent, on espace les rapports sexuels. [SPEAKER_00] Ce n'est pas toujours bon signe. Non, mais ça peut être aussi possible. Parce qu'on dit que l'amour dure 3 ans. Mais ce n'est pas l'amour, c'est le, j'allais dire, [SPEAKER_00] le sentiment amoureux, quoi, le coup de foudre, la passion. Oui, c'est ça. Mais après, [SPEAKER_00] il y a des choses qui, enfin, il faut aussi construire après et ce n'est pas le même amour, mais c'est [SPEAKER_00] chouette souvent quand on voit des couples qui s'entendent bien. Vous savez, moi, ce que je trouve génial dans mon métier, c'est d'entendre des hommes qui parlent de leur femme et vraiment, j'entends des choses merveilleuses. [SPEAKER_00] Je pense à un patient qui me disait Moi, j'ai une femme, elle est extraordinaire. [SPEAKER_00] Je ne la mérite pas. Elle est belle, [SPEAKER_00] elle est [SPEAKER_00] vraiment, elle est formidable. [SPEAKER_00] Un monsieur qui a 50 ans et qui est marié depuis presque 30 ans. C'est ça. En 15 jours. [SPEAKER_00] J'en ai beaucoup comme ça et [SPEAKER_00] je pense qu'ils ont une espèce de pudeur à dire ça, en fait. Et moi, comme ils sont en tête à tête et ça se vole, ça Je [SPEAKER_00] trouve ça tellement chou. Et c'est pareil [SPEAKER_00] à Gustave Roussi en cancéro. [SPEAKER_00] Vous n'imaginez pas le nombre d'hommes qui accompagnent [SPEAKER_00] leurs compagnes, leurs femmes ou leurs partenaires, [SPEAKER_00] des jeunes et des moins jeunes. Et j'en ai vu un, je trouvais trop chou ce couple. Elle me dit, mon conjoint, il est formidable. [SPEAKER_00] Elle me dit quand il a su que j'avais un cancer, il a pris un mois de vacances pour m'accompagner à tous les examens et tout. Et il a demandé à sa boîte de télétravailler. [SPEAKER_00] Donc, il travaille presque tout le temps. Il est toujours avec moi à la maison pour me soutenir. Il m'accompagne. D'ailleurs, il était là, elle disait ça devant lui. Je me dis vraiment, [SPEAKER_00] ça me touche beaucoup, quoi. Oui. Il y disons [SPEAKER_00] qu'on parle plus de sexualité que d'amour. [SPEAKER_00] Et alors que c'est ça le plus important. [SPEAKER_01] En fait, c'est la clé l'amour. Oui, voilà, exactement. [SPEAKER_01] Oui, au vu de tout ce qu'on s'est dit, là, on arrive à la fin de l'entretien. [SPEAKER_01] Au vu de tout ce qu'on s'est dit dans tous fondeurs, on aime bien avoir un petit conseil. C'est quoi ton conseil [SPEAKER_01] Peut-être [SPEAKER_01] sur la sexualité [SPEAKER_01] pour être épanoui, [SPEAKER_01] pour se sentir bien, [SPEAKER_01] au vu de ta consultation, tous les patients que tu vu. Qu'est-ce qu'on pourrait dire aux gens qui nous regardent ou qui nous écoutent [SPEAKER_01] Je dirais qu'il ne faut pas se comparer. [SPEAKER_00] Et je dirais aussi que pour moi, ce qui montre qu'un rapport sexuel est réussi, [SPEAKER_00] ce n'est pas du tout qu'on a eu un orgasme, que ça dure un certain temps, etc. C'est la joie qu'on ressent après [SPEAKER_00] et c'est le fait de se dire ça nous a rapprochés. [SPEAKER_00] Ce qui veut dire qu'un rapport sexuel peut être raté techniquement. [SPEAKER_00] Mais si on en rigole et si ça nous rapproche, c'est quand même réussi et c'est ça le plus important. [SPEAKER_01] Ça, c'est génial, ça va rassurer des 1000000 de Français. Non, je le pense profondément. C'est raté, ça ne l'a pas fait. On s'est, on s'est tiré les cheveux, on s'est emmêlé, c'est OK. Oui, puis ça arrive souvent pour une 1re fois. C'est vrai. La 1re fois, c'est raté. On n'arrive pas à rentrer, par exemple. [SPEAKER_00] J'en ai déjà entendu me raconter ça. [SPEAKER_00] Bien, quand c'est un couple qui s'aime et qui sort ensemble et que ça continue, ils se disent on n'est quand même pas plus bêtes que les autres, on va bien y arriver. Et puis, au bout de 2 ou 3 fois, ils y arrivent. Et en fait, ça reste un bon souvenir et ça les rapproche. Et ce n'est pas forcément catastrophique. [SPEAKER_01] C'est un super conseil, ça. Merci Catherine Solano. Tu as écrit plein de livres, alors attends, on va dire. Donc, tu en as amené 3, mais évidemment, il y en a d'autres. [SPEAKER_01] Les 3 cerveaux sexuels entre pulsions, émotions et réflexions, comment vivre sa sexualité [SPEAKER_01] c'est chez. Chez Robert Laffont. Chez Robert Laffont, je n'arrivais pas à lire. Merci beaucoup. [SPEAKER_01] Autre livre, ça, c'est tome un, c'est ça Il y plusieurs La [SPEAKER_01] mécanique sexuelle des hommes, tome un, l'éjaculation. [SPEAKER_00] Et la 2e tome, c'est l'érection. L'érection, non. [SPEAKER_01] Érection, parle Oui, [SPEAKER_00] comme j'ai plus de demandes d'éjaculation précoce, c'est mon sujet fétiche en fait. Donc, donc tu as commencé par Et [SPEAKER_01] le plus récent [SPEAKER_01] qui va plaire aux plus jeunes, le grand livre de la puberté, de la puberté [SPEAKER_00] chez Robert Laffont aussi et qu'est-ce qu'on va apprendre dans le livre là Alors j'écris ce livre beaucoup pour les papas et les garçons parce que les mamans expliquent beaucoup de choses à leurs filles, mais les papas n'expliquent quasiment jamais rien. Je trouve que pour les papas, [SPEAKER_00] je dis toujours lisez-le d'abord et après vous donnez à votre fils et vous lui expliquez des choses. Donc le grand livre de la puberté pour les papas et les fils. Voilà mais c'est aussi pour les filles mais les les mamans elles sont déjà plus [SPEAKER_00] j'allais dire [SPEAKER_01] habituées vous voyez. Mais alors je fais une petite parenthèse mais après notre échange pour préparer l'émission, [SPEAKER_01] j'ai parlé des règles à ma fille de 5 ans. Ah bravo. Et c'est grâce à toi. Bravo. [SPEAKER_01] C'est vrai, véridique. Merci beaucoup Catherine Solano [SPEAKER_01] pour toutes tes anecdotes, pour ta confiance et nous avoir raconté [SPEAKER_01] à la fois ton métier et la sexualité des Et [SPEAKER_01] tous Wonder, c'est tous les mardis. On se retrouve la semaine prochaine. Salut.
Points clés
- La vocation de la sexologue Catherine Solano est née d'un traumatisme familial lié au silence autour des premières règles.
- Sa mère est devenue une pionnière de l'éducation sexuelle dans les collèges dans les années 1970.
- Catherine Solano a choisi la spécialité de sexologie de manière fortuite, suite à une recherche de formation complémentaire en psychologie.
- L'émission Wonder est sponsorisée par Aromazone, qui soutient l'oncologie pédiatrique à l'hôpital de la Timone via la vente d'un livre caritatif.
À éviter
❌ Penser que la vocation d'un médecin sexologue est un choix purement académique et clinique.
✅ Le parcours de Catherine Solano montre que cette vocation est souvent profondément ancrée dans une histoire personnelle et familiale, où le désir de 'réparer' le silence ou les traumatismes du passé joue un rôle moteur.
❌ Croire que le silence sur la sexualité protège les enfants de la 'dure réalité'.
✅ L'histoire de la tante de Catherine Solano, qui a cru mourir lors de ses premières règles, prouve le contraire. Le manque d'information et de dialogue crée de l'angoisse et peut être source de traumatismes bien plus importants que la vérité biologique.
❌ Sous-estimer l'importance des livres et des ressources éducatives en complément du dialogue familial.
✅ Catherine Solano souligne que les livres offerts par sa mère lui ont été salutaires, notamment lors de sa confrontation avec un exhibitionniste. Ils fournissent des informations que les parents n'osent ou ne pensent pas toujours aborder, offrant des clés de compréhension et de protection.
Glossaire
- Catherine Solano
- Médecin sexologue française de renom, auteure et intervenante médiatique. Son travail vise à dédramatiser et expliquer la sexualité au grand public.
- Point de Bascule
- Concept éditorial de l'émission Wonder. Il désigne un événement clé, souvent personnel ou familial, qui provoque un changement majeur de trajectoire ou de perspective dans la vie d'une personne.
- Wonder
- Média digital (YouTube, podcasts) qui explore les parcours de vie et la sexualité à travers des témoignages et des discussions sans tabou, en se concentrant sur les 'points de bascule'.
- Aromazone
- Marque française spécialisée dans les cosmétiques naturels et les huiles essentielles. Elle est le sponsor de l'émission Wonder et s'engage dans des actions caritatives, notamment auprès des services d'oncologie pédiatrique.
Conclusion
L'histoire de Catherine Solano n'est pas seulement celle d'une vocation. C'est une leçon universelle sur la transmission. Elle nous rappelle que derrière chaque tabou brisé, il y a souvent une blessure passée, une promesse faite dans l'intimité. Et que parler de sexualité, ce n'est pas seulement une question de technique ou de biologie, mais avant tout une question d'humanité, d'écoute et de courage.

