Jean-Michel Caram : L'Odyssée d'un Entrepreneur Hors Norme, de Beyrouth aux Secrets de la Réussite

Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 29 juin 2026

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Jean-Michel Caram : L'Odyssée d'un Entrepreneur, de la Guerre aux Empires Innovants

Vous le connaissez peut-être comme l'un des nouveaux visages du jury de l'émission 'Qui veut être mon associé' sur M6. Mais derrière l'investisseur se cache Jean-Michel Caram, un entrepreneur au destin hors du commun. Ingénieur, docteur, ancien chercheur au CNRS, il a bâti des empires dans la beauté et l'intelligence artificielle, réussissant la prouesse de deux introductions en bourse. Son histoire, qui commence sous les bombes au Liban, est une véritable odyssée de la résilience et de l'ambition.

L'Étoile Montante de 'Qui Veut Être Mon Associé' : Le Début d'une Légende

Présenté par l'hôte de l'émission 'Tous WONDER LEADER' comme un "entrepreneur hors norme", Jean-Michel Caram, ou "Jean" comme il préfère être appelé, incarne une trajectoire aussi inspirante que spectaculaire. Son parcours débute dans un contexte que peu peuvent imaginer. [Jean-Michel Carame, 00:00] "J'ai vécu 20 ans sous les bombes." Cette simple phrase, prononcée avec calme, pose le décor d'une vie construite sur l'adversité.

Né au Liban, il a passé les deux premières décennies de sa vie dans un pays ravagé par la guerre. Loin de le briser, cette expérience a forgé en lui une détermination inébranlable et une philosophie de vie unique. Il quitte son pays natal à 20 ans, le 10 juillet 1990, dans des circonstances périlleuses, pour arriver en France et y bâtir un avenir exceptionnel.

Son succès n'est pas le fruit du hasard mais d'un travail acharné et d'une vision claire. Devenu ingénieur puis docteur en technologie, il passe par la recherche au CNRS avant de se lancer corps et âme dans l'entrepreneuriat. Il fonde plusieurs groupes innovants, notamment dans les secteurs de la beauté et de l'intelligence artificielle, et réalise l'exploit rare de mener deux de ses entreprises en bourse. Son histoire est celle d'un homme qui a transformé les cicatrices de la guerre en force motrice pour l'innovation.

Fuite du Liban : Une Évasion Héroïque sous les Bombardements

Le départ de Jean-Michel Caram du Liban n'est pas un simple voyage, mais une véritable évasion. Il ne fuit pas par manque de courage, mais parce que l'espoir s'est éteint. [Jean-Michel Carame, 04:36] "Ce qui pousse les gens à partir, c'est la fin de l'espoir." Pour lui, ce moment est arrivé lorsque la possibilité d'un avenir meilleur dans son pays a disparu.

Dans un Liban où les bombardements sont intenses, les voies de sortie habituelles sont coupées. Le port de Jounieh, qui permettait de rejoindre Chypre, est devenu une zone de danger extrême. Ses parents, faisant preuve d'une ingéniosité née du désespoir, trouvent une alternative aussi risquée qu'audacieuse : lui faire prendre un bus de la compagnie aérienne Medleast Airlines, supposé transporter uniquement des employés, pour rejoindre l'aéroport de Beyrouth, alors sous contrôle syrien.

Le danger était double : la route vers l'aéroport et l'aéroport lui-même. [Jean-Michel Carame, 07:11] "Le danger, surtout, c'est la route vers l'aéroport." Normalement, ce bus n'est pas arrêté. Sauf ce jour-là. Le véhicule est stoppé et fouillé. Jean-Michel Caram raconte le moment glaçant où un soldat ouvre sa valise et découvre une ceinture avec un symbole interdit. Une arrestation à l'un des nombreux checkpoints syriens aurait signifié la torture et la mort. [Jean-Michel Carame, 08:31] "On est torturé jusqu'à la mort." Son état d'esprit était clair : il aurait lutté jusqu'au bout plutôt que de se laisser emmener. Miraculeusement, il passe et parvient à monter dans l'avion pour Paris, laissant derrière lui une vie de guerre pour un avenir incertain mais plein de promesses.

Le Mental du Champion : Résilience, Valeurs et l'Entrepreneuriat comme Sport de Haut Niveau

La guerre a inculqué à Jean-Michel Caram une philosophie qu'il applique à chaque aspect de sa vie : [Jean-Michel Carame, 10:19] "Je planifie ma vie comme si j'étais immortel et je vis chaque jour comme si c'était le dernier." Ce carpe diem poussé à l'extrême est le fondement de son mental de champion.

Pour lui, l'entrepreneuriat est un sport de haut niveau qui exige un effort constant et une résilience à toute épreuve. Il a été élevé dans une famille où la "culture de l'effort" et la "valeur travail" étaient primordiales. Cette éducation, couplée à son vécu, a fait de l'effort non pas une contrainte, mais une seconde nature.

Une des clés de sa force mentale est sa perception de l'échec. Loin d'être une fin en soi, l'échec est un "capital d'expérience" essentiel. Il apprend, il enrichit, il prépare aux batailles futures. C'est une vision qui contraste fortement avec la peur de l'échec qui paralyse tant de porteurs de projets.

Il établit cependant une distinction cruciale entre le sport et l'entrepreneuriat. Dans le sport, la méritocratie est souvent plus directe : l'effort paie, les résultats sont mesurables. En entrepreneuriat, le chemin est plus sinueux, et l'effort, même immense, n'est pas toujours une garantie de succès. Cela rend la quête entrepreneuriale encore plus exigeante mentalement, un marathon où seuls les plus endurants et les plus résilients survivent.

Les 'Moonshots' : Viser l'Océan, Accepter la Dilution pour Conquérir

Jean-Michel Caram ne s'intéresse pas aux petits projets. Il vise les "moonshots" : ces projets ambitieux, presque fous, qui ont le potentiel de changer la donne. Pour lui, l'ambition est une question de survie et de vision. Il utilise une métaphore saisissante pour illustrer son propos : choisir entre nager dans une "piscine pourrie" ou conquérir un "océan".

La piscine pourrie représente un marché de niche, limité, où l'on peut être le seul maître à bord mais sans réel potentiel de croissance. L'océan, c'est le marché global, immense, compétitif, mais où les récompenses sont à la hauteur du risque. Pour naviguer sur cet océan, il faut un navire solide, et ce navire se construit avec du capital.

C'est là qu'intervient la question cruciale de la levée de fonds et de la dilution. Beaucoup d'entrepreneurs redoutent de perdre le contrôle de leur entreprise en cédant des parts. Jean-Michel Caram balaie cette peur d'un revers de main. Pour lui, le contrôle ne réside pas dans le pourcentage de capital détenu, mais dans la compétence du dirigeant. Il vaut mieux posséder une petite part d'un empire immense qu'être le roi d'un royaume minuscule et sans avenir.

Sa règle d'or est simple et directe : [Jean-Michel Carame, 00:07] "Ce qui compte, c'est le cash. Tout le reste, c'est du blabla." Accepter la dilution est un mal nécessaire pour obtenir le carburant (le cash) qui permettra de financer la croissance, d'innover et de s'imposer sur un marché mondial. C'est un sacrifice stratégique pour viser la lune.

| Stratégie d'Entreprise | La "Piscine Pourrie" | L'"Océan" | | Marché | Limité, Niche | Vaste, Global | | Ambition | Contrôler 100% d'un petit marché | Détenir une part d'un grand marché | | Financement | Auto-financement, croissance lente | Levées de fonds, croissance rapide | | Risque | Faible risque, faible récompense | Risque élevé, récompense potentiellement immense | | Philosophie | Sécurité, contrôle absolu | Ambition, acceptation de la dilution |

Le Fardeau Fiscal Français : Quand la Richesse Crée un Sentiment d'Injustice

Bien qu'il ait construit son succès en France, Jean-Michel Caram porte un regard critique et amer sur le système fiscal français. Il exprime une profonde frustration face à ce qu'il perçoit comme une spoliation de la richesse créée par les entrepreneurs.

Il décrit un système où, selon lui, près de 80% des gains finissent par être prélevés par l'État sous diverses formes, et où même la transmission de ce qui reste est lourdement taxée (45% sur les successions). Ce sentiment est exacerbé par l'impression que cette contribution massive n'offre pas une sécurité proportionnelle en retour. Pour lui, l'entrepreneur est celui qui prend tous les risques, mais qui, en cas de succès, voit la majorité de ses efforts confisquée.

Il utilise une métaphore puissante pour décrire les flux de capitaux en réaction à cette pression fiscale : celle de la "migration des oiseaux". L'argent, comme les oiseaux, va là où le climat est plus favorable. Cette migration est perçue comme "violente et inévitable" lorsque les conditions deviennent trop hostiles.

Cette critique n'est pas une simple complainte, mais un questionnement profond sur la notion de "justice sociale". Pour Jean-Michel Caram, le système actuel, au lieu d'encourager la création de valeur, semble pénaliser ceux qui réussissent, créant un sentiment d'injustice qui peut pousser les talents et les capitaux à chercher des horizons plus cléments.

L'Audace de l'Inexpérimenté : Le Pari Risqué du Lancement d'Entreprise et l'Art du Pitch

Le parcours de Jean-Michel Caram est marqué par une audace folle. Il raconte le lancement de sa première entreprise à 27 ans comme un pari "maladivement risqué". Sans aucune garantie de succès, il a fait des promesses d'embauche, convaincu des talents de le rejoindre dans une aventure où tout était à construire.

Ce saut dans l'inconnu a été un apprentissage accéléré. Il se souvient avoir dû élaborer des plans d'affaires et des pitchs en une seule nuit, apprenant sur le tas les codes du monde des affaires. Cette expérience a forgé en lui une conviction : la survie et le succès d'une entreprise dépendent de manière cruciale de la capacité de son fondateur à pitcher son projet.

Il insiste sur la nécessité de maîtriser l'art du pitch sous tous ses formats. Un entrepreneur doit être capable de présenter son projet de manière convaincante en 1 minute, 2 minutes, 10 minutes, une heure ou même deux heures. Chaque format correspond à un interlocuteur et à un objectif différent : un investisseur pressé dans un ascenseur, un comité de direction, un partenaire potentiel lors d'un long déjeuner...

Savoir capter l'attention, adapter son discours et transmettre sa vision en un temps record est une compétence non négociable. C'est cet art qui permet d'ouvrir les portes, de lever des fonds et de rallier les énergies nécessaires pour transformer une idée risquée en une entreprise florissante.

Au-delà de l'Argent : La Philosophie d'un Moteur d'Hommes et la Sagesse Maternelle

Quelle est la véritable motivation de Jean-Michel Caram ? Contre toute attente, ce n'est pas l'argent. Sa philosophie est celle d'un "moteur d'hommes", d'un leader dont la plus grande satisfaction est de voir réussir ceux qu'il accompagne. Il se décrit comme un entraîneur qui prend plus de plaisir dans la victoire de son équipe que dans ses propres accomplissements.

Cette approche est fondée sur une bienveillance active et un rejet total de la jalousie, un sentiment qu'il considère comme destructeur dans le monde des affaires. Il cherche à élever les autres, à leur donner les moyens de se dépasser, convaincu que le succès collectif est bien plus gratifiant que la réussite individuelle.

Cette vision lui a été transmise par sa mère, dont il partage la sagesse avec émotion. Elle lui a enseigné une leçon fondamentale : [Jean-Michel Carame, 00:02] "Il ne court pas après l'argent, il court plus vite que toi. C'est ma mère qui m'a dit ça." Pour elle, l'argent ne doit jamais être l'objectif principal. Il n'est que la conséquence naturelle de grandes réalisations, de la poursuite de l'excellence et de la création de valeur.

Guidé par ce principe, Jean-Michel Caram ne se lève pas le matin pour accumuler de la richesse, mais pour accomplir des choses significatives, pour construire, innover et laisser une trace. L'argent suit, mais il n'est jamais le point de départ.

Face à l'Inévitable : La Peur du Temps qui Passe et la Quête de Sens

Malgré une vie passée à affronter des dangers mortels et à se sentir invincible, Jean-Michel Caram confie aujourd'hui une nouvelle forme de peur : celle du temps qui passe, de la vieillesse. C'est une confrontation avec sa propre finitude, un adversaire qu'il ne peut pas déjouer par l'ingéniosité ou le courage.

Pour décrire ce combat, il utilise la métaphore d'un match de boxe. Chaque jour est un round où il faut se battre pour "gagner du temps", pour rester sur le ring le plus longtemps possible et repousser l'inévitable. Cette lutte est à la fois physique et psychologique, une quête pour préserver son énergie et sa pertinence dans un monde qui avance vite.

Dans ce contexte, la création de sa marque 'Iyoma' prend une signification particulière. Est-ce une réponse à cette angoisse ? Un moyen de laisser un héritage, de créer quelque chose qui lui survivra ? Ou peut-être une façon de se renouveler, d'entamer un nouveau chapitre qui inverse son parcours initial de pionnier de la personnalisation pour explorer d'autres territoires.

Cette réflexion intime révèle une facette plus vulnérable de l'entrepreneur, montrant que même les plus grands guerriers font face à des batailles intérieures. La quête de sens se poursuit, non plus seulement dans la construction d'empires, mais dans la manière de vivre le temps qui reste.

L'Art de la Négociation : Connaître l'Autre, Comprendre les Codes Culturels

Pour Jean-Michel Caram, une négociation réussie commence bien avant de s'asseoir à la table. La clé réside dans une préparation méticuleuse, dont le premier commandement est simple : connaître son interlocuteur. À l'ère numérique, il n'y a aucune excuse. Il faut "googler" la personne, comprendre son parcours, ses centres d'intérêt, sa culture.

Ce travail de recherche permet d'éviter les erreurs potentiellement "fatales". Un manque de préparation ou une incompréhension des codes culturels peut faire capoter un accord avant même que la discussion de fond n'ait commencé. Il s'agit de montrer du respect et de créer un lien personnel.

Il illustre ce point avec une anecdote marquante de négociations en Finlande. Ses interlocuteurs lui ont proposé une séance de sauna, une pratique courante dans les affaires finlandaises pour établir la confiance. Son premier réflexe a été de refuser, ce qui a failli tout compromettre. Il a finalement compris qu'accepter de "rentrer au sauna à poil", au sens propre comme au figuré, était une étape indispensable pour briser la glace et montrer sa volonté de s'adapter.

Cette expérience lui a enseigné une leçon essentielle : la flexibilité et l'adaptation culturelle ne sont pas des options, mais des impératifs pour quiconque veut réussir sur la scène internationale. Savoir lire et respecter les codes de l'autre est la signature des grands négociateurs.

Le Grand Saut : Gérer le Stress Face à l'Inconnu et l'Incertitude du Monde

Jean-Michel Caram se décrit comme un esprit analytique, un homme qui a toujours besoin de tout planifier. Face à n'importe quelle situation, il a un plan A, un plan B, un plan C, et même un plan D. Cette capacité à anticiper est sa zone de confort, son armure contre l'imprévu.

Cependant, il confie avoir vécu récemment une situation inédite qui a généré un stress intense : celle de devoir "sauter dans le vide" sans aucun filet de sécurité, sans aucun plan alternatif. Pour la première fois, il a été confronté à l'inconnu absolu, une position extrêmement déstabilisante pour quelqu'un habitué à tout maîtriser.

Cette expérience est le reflet d'un sentiment plus large face à un monde en pleine mutation. Les repères changent, des villes comme Paris se transforment, et les anciennes certitudes s'effondrent. Il devient de plus en plus difficile de prévoir, de planifier, de contrôler. Cette incertitude généralisée le pousse à reconsidérer son approche et à accepter une part d'imprévisibilité.

Cette confession révèle l'état émotionnel d'un leader face à l'incertitude. Elle montre que même les entrepreneurs les plus aguerris et les plus stratégiques doivent apprendre à naviguer dans le brouillard, à lâcher prise et à faire confiance à leur instinct lorsque les cartes ne suffisent plus.

Questions fréquentes

Quel est le parcours de Jean-Michel Caram, juré de 'Qui veut être mon associé' ?

Jean-Michel Caram est un entrepreneur d'origine libanaise. Après avoir vécu 20 ans de guerre et fui son pays, il est devenu ingénieur, docteur en technologie et chercheur au CNRS en France. Il a ensuite fondé plusieurs groupes innovants dans la beauté et l'IA, réussissant à en introduire deux en bourse.

Comment Jean-Michel Caram a-t-il échappé à la guerre au Liban ?

Il a fui le Liban à 20 ans en empruntant un bus de la compagnie aérienne Medleast Airlines pour rejoindre l'aéroport de Beyrouth, alors sous contrôle syrien. Ce trajet était extrêmement dangereux, avec de multiples checkpoints où il a risqué d'être arrêté, ce qui aurait signifié la torture et la mort.

Quelle est la philosophie de Jean-Michel Caram sur la résilience et l'échec entrepreneurial ?

Pour lui, la résilience est une compétence clé, forgée par son vécu. Il considère l'entrepreneuriat comme un sport de haut niveau exigeant un mental d'acier. Il voit l'échec non pas comme une fin, mais comme un 'capital d'expérience' indispensable pour apprendre et progresser.

Pourquoi Jean-Michel Caram compare-t-il les grands projets d'entreprise à des 'moonshots' ?

Un 'moonshot' est un projet extrêmement ambitieux qui vise à révolutionner un marché. Il utilise cette image pour encourager les entrepreneurs à viser 'l'océan' (un grand marché global) plutôt qu'une 'piscine pourrie' (une petite niche). Cela implique de prendre des risques et de lever des fonds, même si cela signifie diluer son capital.

Quelles sont les critiques de Jean-Michel Caram concernant la fiscalité en France ?

Il exprime sa frustration face à une fiscalité qu'il juge excessive, estimant que près de 80% des gains d'un entrepreneur sont prélevés par l'État. Il considère ce système comme une forme d'injustice qui pénalise les créateurs de richesse et peut inciter les capitaux à 'migrer'.

Pour Jean-Michel Caram, l'argent est-il la principale motivation de la réussite ?

Non. S'appuyant sur les conseils de sa mère, il considère que l'argent ne doit jamais être le but, mais une conséquence naturelle de la poursuite de l'excellence et de la réalisation de grands projets. Sa principale motivation est d'être un 'moteur d'hommes' et de voir réussir les gens qu'il accompagne.

Quel est le conseil de Jean-Michel Caram pour réussir une négociation ?

Sa règle numéro un est la préparation : il faut impérativement se renseigner sur son interlocuteur ('le googler'). Il souligne aussi l'importance cruciale de l'adaptation culturelle, citant en exemple une négociation en Finlande où accepter une séance de sauna était la clé pour établir la confiance.

Invité

  • Jean-Michel Carame — Entrepreneur / Juré 'Qui veut être mon associé?'

Transcript

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[SPEAKER_00] J'ai vécu 20 ans sous les bombes. Qu'est-ce qui se serait passé si tu avais arrêté On est torturé jusqu'à la mort. Il ne court pas après l'argent, il court plus vite que toi. C'est ma mère qui m'a dit ça et dans la nuit, elle a eu les attaques cardiaques 13 d'un coup, le 13e l'a tué. La veille, j'avais 150000 [SPEAKER_00] euros et le lendemain 110000 euros. Ce qui compte, c'est le cash. Tout le reste, c'est du blabla. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous vendeurs leader, les hors séries de tous vendeurs où on parle business, entrepreneuriat, [SPEAKER_01] trajectoire et choix qui changent une vie. Aujourd'hui, on aborde tous ces sujets avec Jean-Michel Carame. Vous le connaissez peut-être parce qu'il est juré de l'émission qui veut être mon associé sur M 6, mais c'est surtout un entrepreneur [SPEAKER_01] hors norme. Il a quitté le Liban en guerre à l'âge de 20 ans, il est ingénieur, docteur en technologie, [SPEAKER_01] ancien chercheur au CNRS. Il a bâti plusieurs groupes innovants en, en beauté et en intelligence artificielle et il a surtout réussi la prouesse de faire non pas une, mais 2 entrées en bourse et ça c'est juste incroyable. Tous Wonder Leader, c'est maintenant avec Jean-Michel Carame. [SPEAKER_01] Jean-Michel Caram, merci d'être avec nous. Tout le monde t'appelle Jean, alors est-ce qu'on peut t'appeler Jean Absolument, c'est mon vrai prénom. C'est ton vrai prénom. Absolument. Michel, c'est le prénom de mon père. [SPEAKER_01] Donc c'est c'est l'état civil, mais dans la vie de tous les jours, c'est Jean, donc on va rester sur genre si tu le veux bien. Oui, oui, je préfère [SPEAKER_01] même. Bon ben génial. Dortous, vendeur leader, on commence toujours avec un point de bascule. Évidemment, on en a plein dans la vie, mais toi, tu en as un qui est très, très fort et qui est très précis. 10 juillet 1990, [SPEAKER_01] tu as 21 ans et tu quittes ton pays, le Liban, alors en guerre. [SPEAKER_01] Et c'est la 1re fois que tu arrives en France. Est-ce que tu peux nous raconter à la fois pourquoi tu pars et aussi ce départ qui est rocambolesque [SPEAKER_01] parce que tu as failli ne jamais arriver finalement à Paris. Je quitte le Liban [SPEAKER_00] pour la 1re fois. [SPEAKER_00] De toute ta vie. De toute ma vie avant [SPEAKER_00] cette date-là. Alors à l'époque, [SPEAKER_00] donc [SPEAKER_00] j'avais exactement 20 ans. [SPEAKER_00] Jusqu'à cet âge-là, je n'ai vécu [SPEAKER_00] qu'au Liban [SPEAKER_00] et je n'ai jamais même, [SPEAKER_00] à partir de 7 ans, quitté [SPEAKER_00] ce qu'on appelait la [SPEAKER_00] région libre [SPEAKER_00] qui représente 10 pour 100 de la surface libanaise, [SPEAKER_00] donc à peu près 1000 kilomètres carrés. [SPEAKER_00] On peut l'imaginer que c'était une [SPEAKER_00] prison à ciel ouvert, parce que 1000 kilomètres carrés, c'est [SPEAKER_00] déjà 10000 kilomètres carrés, 10452 [SPEAKER_00] kilomètres carrés précisément, [SPEAKER_00] qui est la surface du Liban. [SPEAKER_00] C'est un peu plus que la Corse. [SPEAKER_00] Alors imagine [SPEAKER_00] que tu ne quittes pas 10 pour 100 de la Corse. [SPEAKER_00] C'est quand même une prison. [SPEAKER_00] Et pourtant, dans ces 1000 [SPEAKER_00] kilomètres carrés, [SPEAKER_00] j'étais [SPEAKER_00] l'homme le plus libre de [SPEAKER_00] la planète [SPEAKER_00] et je n'ai jamais vu ça comme une contrainte parce que [SPEAKER_00] rien que de vivre [SPEAKER_00] à l'époque au Liban, [SPEAKER_00] c'était un acte de résistance. [SPEAKER_00] Et on résistait face à un oppresseur [SPEAKER_00] que tout le monde aujourd'hui a connu puisque tout le monde a vu ces prisons [SPEAKER_00] affreuses, [SPEAKER_00] qui est le régime syrien [SPEAKER_00] de Hassad, [SPEAKER_00] époque, [SPEAKER_00] pas celui d'aujourd'hui. [SPEAKER_00] Pourquoi tu décides de partir à cet âge-là En fait, c'est très important. Aujourd'hui, parle beaucoup de quitter la France. Est-ce qu'il faut qu'on Et moi, je passe mon temps à dire aux politiques, [SPEAKER_00] on ne quitte pas un pays parce que c'est dur. [SPEAKER_00] J'ai vécu 20 ans sous les bombes. [SPEAKER_00] Dans [SPEAKER_00] la guerre la plus rude de la planète [SPEAKER_00] et on était même heureux sous les bombes. J'ai quitté le jour [SPEAKER_00] où l'espoir est mort. [SPEAKER_00] Et ça, c'est très très très important. On peut en France aujourd'hui avoir [SPEAKER_00] des impôts dans tous les sens, [SPEAKER_00] une [SPEAKER_00] situation [SPEAKER_00] très dure sur tous les côtés. [SPEAKER_00] Ce n'est pas ça qui pousse les gens à partir. Ce qui pousse les gens à partir, c'est la fin de l'espoir. [SPEAKER_01] L'espoir que demain sera meilleur. Quand tu quittes le Liban, [SPEAKER_01] c'est presque une fuite. [SPEAKER_01] C'est [SPEAKER_01] presque rocambolesque. [SPEAKER_00] Ce n'est pas une fuite. Je n'ai jamais fui. [SPEAKER_00] Je n'ai vraiment jamais fui. Moi, je suis un homme de combat. Ce n'est pas ce qu'on imagine. Ce n'est pas tu vas aller, ne prends pas la journée, j'arrive [SPEAKER_01] pour faire classe. Non, n'es pas en phase classe. [SPEAKER_01] Vas quand même avoir une journée où tu ne sais pas si tu vas arriver en France. Ça, c'est sûr. En fait, dans cette région libre, [SPEAKER_00] il y avait [SPEAKER_00] 2 manières de quitter. [SPEAKER_00] Enfin, y avait une méthode de quitter, c'était le port de Jounier. [SPEAKER_00] Le port de Jounier qui était avec nos troupes, [SPEAKER_00] on prend un hydroglisseur [SPEAKER_00] jusqu'à Chypre [SPEAKER_00] et de Chypre, on prend l'avion. Ça, c'est la voix de [SPEAKER_00] tous ceux qui vivaient dans cette région-là. Sauf que [SPEAKER_00] à ce moment-là où je quitte, quand je quitte le Liban, c'était très dangereux. Hyper bombardé, [SPEAKER_00] une zone interdite quasiment et les trajets étaient même interrompus. [SPEAKER_00] Donc le seul voie, [SPEAKER_00] peut-être que s'il y avait quelques bateaux qui partaient, mais mes parents, ils ont eu l'idée, [SPEAKER_00] ok, [SPEAKER_00] c'est dangereux de quitter de l'aéroport de Beyrouth, qui est complètement sous le contrôle syrien. On peut emprunter le bus [SPEAKER_00] de la compagnie aérienne libanaise qui s'appelle la Medleast Airlines. [SPEAKER_00] Et ce bus n'est jamais arrêté parce qu'il y des employés de la compagnie dedans. [SPEAKER_00] Je ne sais pas qui connaissait qui, et caetera. Et mes parents ont eu cette magnifique idée. Tu montes dans le bus de la compagnie aérienne. Oui, et je monte dans le bus et parce que le danger n'est pas seulement l'aéroport. [SPEAKER_00] Le danger, surtout, c'est la route vers l'aéroport. [SPEAKER_00] C'est les checkpoints. C'est les checkpoints multiples, [SPEAKER_00] multiples. [SPEAKER_00] Et ce bus, normalement, il n'est pas arrêté par les syriens. Sauf que moi, il a été arrêté [SPEAKER_00] plusieurs fois. [SPEAKER_00] Ma valise [SPEAKER_00] fouillée, le sol de de du bus à qui on fuit la valise et j'avais fait des erreurs en fait, [SPEAKER_00] parce que j'avais une ceinture sur laquelle il y avait [SPEAKER_00] tous les symboles des forces libanaises [SPEAKER_00] qui étaient dans ma valise, les [SPEAKER_00] troupes qui défendaient cette région libre. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] quand je vois la ceinture, quand il ouvre ma valise, je me suis dit bon, c'est fini quoi. Il [SPEAKER_00] secoue et en plus, secouait mes affaires dans tous les sens. Je dis cette ceinture roule, [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_01] fini. Qu'est-ce [SPEAKER_01] qui se serait passé si tu avais arrêté [SPEAKER_00] Ça aurait été très dangereux. [SPEAKER_00] Si j'avais été arrêté sur ce point en soi ou les 3 autres [SPEAKER_00] points où on m'a arrêté dans l'aéroport, [SPEAKER_00] parce que j'ai été arrêté jusqu'au pied de l'avion, [SPEAKER_00] c'était direct [SPEAKER_00] une des 2 prisons syriennes, soit Mazi, soit Masayidnaya. [SPEAKER_01] Et on n'en sort Non, [SPEAKER_00] on n'en sort pas. On est [SPEAKER_00] torturé jusqu'à la mort. Et de toute manière, dans ma tête, je ne serai jamais allé avec eux. [SPEAKER_00] Jamais. [SPEAKER_00]

Faits clés

  • A vécu 20 ans sous les bombes au Liban.
  • A réussi deux introductions en bourse.
  • Ancien chercheur au CNRS.
  • A fui le Liban en guerre à 20 ans.
  • Considère l'entrepreneuriat comme un sport de haut niveau.

Erreurs à éviter

❌ Craindre la dilution du capital à tout prix.

✅ Considérer la dilution comme un investissement stratégique. Il vaut mieux détenir un petit pourcentage d'une entreprise immense et en croissance (un 'océan') que 100% d'une petite entreprise stagnante (une 'piscine pourrie'). Le cash est le carburant de la croissance.

❌ Négliger la préparation avant une négociation.

✅ Toujours se renseigner en profondeur sur son interlocuteur et sa culture. Comprendre ses codes, ses attentes et son parcours peut éviter des erreurs fatales et créer un lien de confiance essentiel à la réussite de l'accord.

❌ Faire de l'argent son objectif principal.

✅ Se concentrer sur la création de valeur, l'innovation et la réalisation de projets significatifs. Selon Jean-Michel Caram, l'argent est une conséquence de la réussite et de l'excellence, pas un but en soi. Cette philosophie permet de garder une vision à long terme.

Glossaire

Moonshot
Terme désignant un projet ou une entreprise extrêmement ambitieux, à la limite de la science-fiction, qui vise une innovation de rupture plutôt qu'une amélioration progressive. L'expression est inspirée du projet Apollo qui visait à envoyer un homme sur la Lune.
Dilution
En finance d'entreprise, la dilution est la réduction du pourcentage de détention d'un actionnaire dans une société, généralement suite à l'émission de nouvelles actions lors d'une levée de fonds pour accueillir de nouveaux investisseurs.
Carpe Diem
Locution latine extraite d'un poème d'Horace qui signifie 'Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain'. Elle est souvent traduite par 'Profite de l'instant présent'.
CNRS
Le Centre National de la Recherche Scientifique est le principal organisme public de recherche en France. Il mène des recherches dans tous les domaines scientifiques.
Pitch
Présentation courte et synthétique d'un projet d'entreprise, destinée à convaincre un auditoire, généralement des investisseurs ou des partenaires potentiels, en un temps limité.

Conclusion

Le parcours de Jean-Michel Caram est bien plus qu'une success story entrepreneuriale ; c'est une leçon de vie sur la puissance de la résilience, la clarté de la vision et la force du mental. De la survie sous les bombes à la conquête des marchés mondiaux, il démontre que les plus grandes épreuves peuvent forger les plus grandes ambitions. Son histoire invite chaque porteur de projet à viser plus haut, à accepter le risque comme une partie intégrante du voyage et à ne jamais oublier que la plus grande richesse réside dans le chemin parcouru et les personnes que l'on élève avec soi. N'ayez pas peur de vous lancer et de viser votre propre 'moonshot'.

Mots-clés : Jean-Michel Caram, Qui veut être mon associé, Entrepreneuriat, Résilience, Succès Liban, Levée de fonds startups, Moonshots business, Fiscalité entrepreneurs France, Pitch startup efficace, Négociation interculturelle

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