Alexis Michalik : création théâtrale, rythme et résilience — Entretien dans Tous WONDER

Publié le 19 octobre 2026 · Mis à jour le 19 octobre 2026

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Dans Tous WONDER, Alexis Michalik revient sur les coulisses d’un théâtre qui refuse l’ennui. Il raconte ses débuts précaires à Avignon, la naissance d’Edmond et les doutes qui accompagnent chaque création. Un entretien sur la liberté, le travail collectif et la capacité à repartir après un revers.

Un micro de studio, une table en bois, des feuilles et une conversation qui avance sans détour. Dans Tous WONDER, Alexis Michalik remonte le fil de son parcours. Il parle de ses premières représentations, de la fatigue d’Avignon, du public comme juge et de la mécanique très précise de ses spectacles. L’entretien est filmé dans une ambiance dynamique et conviviale, avec des plans rapprochés sur les visages et des vues plus larges du studio.

Alexis Michalik explique sa liberté narrative et sa chasse à l’ennui au théâtre

Alexis Michalik : création théâtrale, rythme et résilience — Entretien dans Tous WONDER — Comment le festival d'Avignon
Comment le festival d'Avignon a-t-il lancé la carrière d'Alexis Michalik ? — 0:00

L’entretien s’ouvre sur une idée simple : Alexis Michalik veut rester libre dans sa manière de raconter. Il explique qu’il trouve souvent ses histoires en posant des questions et en observant les personnes. Cette démarche l’intéresse parce qu’elle laisse apparaître la complexité humaine. Un personnage n’est jamais réduit à une seule qualité. Les individus peuvent porter des parts sombres, généreuses ou contradictoires.

Une narration sans cadre trop étroit

Cette liberté ne signifie pas l’absence de règles. Elle correspond plutôt au refus d’être bridé par les conventions. Dans son travail, le récit doit pouvoir changer de point de vue, accélérer, revenir en arrière ou faire circuler les personnages. Le théâtre devient un espace de mouvement.

L’émission rappelle les titres associés à son parcours, notamment Le Porteur d’histoire, Edmond et Intra Muros. L’animateur présente également un auteur, metteur en scène et comédien récompensé aux Molières. Cette présentation relève du contexte de l’entretien. Elle ne remplace pas une analyse indépendante de ses œuvres.

Le rythme occupe une place centrale. La promesse éditoriale de l’émission insiste sur cette particularité : au théâtre, le spectateur ne doit pas s’ennuyer. Michalik décrit cette exigence comme une forme de « chasse à l’ennui ». Chaque instant doit avoir une fonction. Il peut faire avancer l’intrigue, révéler un personnage ou produire une sensation utile au public.

Un théâtre qui demande une attention constante

Cette approche rapproche parfois la mise en scène d’un langage cinématographique. Les changements de lieu, les entrées et sorties, les déplacements d’objets et les variations de rythme créent une continuité visuelle. Pourtant, la scène reste un espace vivant. Les réactions de la salle deviennent un indicateur concret.

La séquence est présentée dans l’univers de Tous WONDER. Le texte visible à l’écran affiche notamment « Tous WONDER » et « TOUS WONDER ALEXIA MAYER ». La vidéo montre des microphones, un écran, des feuilles, un stylo et une table. Les marques visibles ou mentionnées comprennent Tous WONDER, Apple Podcasts, Amazon Music, Netflix et BoJack Horseman. Ces éléments identifient l’environnement audiovisuel de l’entretien, mais ne prouvent pas un lien éditorial entre toutes ces marques et Alexis Michalik.

« il est metteur en scène, dramaturge, » Transcript · »▸ 0:17

Les débuts d’une compagnie à Avignon : tractage, fatigue et première rencontre avec le public

Le premier festival d’Avignon apparaît comme un moment fondateur, mais pas comme une aventure confortable. Alexis Michalik raconte l’arrivée d’une jeune compagnie qui doit apprendre seule les règles pratiques du festival. Il faut louer une salle, fabriquer des affiches, les coller, distribuer des tracts et organiser la promotion du spectacle.

La troupe s’installe à Sérignan-du-Comtat, à environ quarante kilomètres d’Avignon selon le récit de l’entretien. Les conditions de logement sont rudimentaires. Le trajet quotidien ajoute de la fatigue à une organisation déjà fragile. Le créneau obtenu est tardif, alors que la pièce dure environ deux heures et demie. Rien ne ressemble encore à une production parfaitement structurée.

Apprendre sur le tas

Cette période montre la réalité matérielle d’une jeune compagnie. Le travail artistique ne suffit pas. Il faut aussi attirer les spectateurs, tenir un budget et répartir les tâches. L’offre « une place achetée, une place offerte » participe à la stratégie mise en place pour remplir la salle.

Le tractage devient intensif. Les membres de la troupe vont à la rencontre des passants. Ils utilisent aussi des chansons de parade. La vidéo insiste sur cette dimension physique et collective. Le théâtre ne commence pas seulement au lever du rideau. Il commence dans la rue, avec une affiche et une invitation lancée à un inconnu.

Le public comme premier test

Le premier soir apporte une réponse concrète. Les spectateurs rient et applaudissent. Pour l’équipe, ces réactions ne ressemblent pas seulement à celles des proches venus soutenir la troupe. Les personnes présentes ont acheté leur billet. Leur participation constitue donc un premier test extérieur.

Ce moment nourrit une prise de conscience. Créer un spectacle en louant directement une salle procure une forme d’indépendance. La compagnie ne dépend pas encore d’un producteur ou d’un financeur qui pourrait imposer ses choix. Cette liberté a un coût matériel élevé, mais elle offre aussi un espace d’expérimentation.

La séquence filmée à environ deux minutes montre un échange en studio autour de ce premier festival. Vers quatre minutes, l’animatrice réagit avec le sourire à l’ambition du projet. La mise en scène visuelle alterne plans rapprochés et plans à deux, ce qui renforce le caractère conversationnel du récit.

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Une vocation artistique nourrie par la famille, le cinéma et les grands théâtres parisiens

Le parcours d’Alexis Michalik ne commence pas uniquement sur une scène professionnelle. Il s’enracine dans une enfance où la culture occupe une place régulière. Il raconte avoir grandi dans le 18e arrondissement de Paris, dans un environnement marqué par les artistes et les lieux culturels.

Son père est présenté comme artiste peintre et plasticien. Sa mère est traductrice. La famille fréquente les bibliothèques, les musées, les salles de cinéma et les théâtres. L’absence de télévision à la maison laisse davantage de place aux livres, aux bandes dessinées et aux sorties.

Une culture vécue comme une habitude

L’intérêt de ce récit tient à sa banalité quotidienne. Il ne s’agit pas d’un cours théorique sur l’art. Les enfants découvrent des œuvres parce que leurs parents les emmènent voir des spectacles ou choisir des livres. Cette transmission passe par la répétition.

Parmi les lieux cités figurent les Bouffes du Nord associés à Peter Brook, le Théâtre des Amandiers à Nanterre et la scène de Bobigny. Ces références montrent la diversité des espaces fréquentés. La culture ne se limite pas à un seul type de théâtre ni à un seul public.

Alexis Michalik évoque aussi son frère Roman, qui s’est dirigé vers le graphisme et la fabrication de meubles. La fratrie ne suit donc pas le même chemin. Un même environnement familial peut nourrir des vocations différentes.

Le public reste l’arbitre principal

L’entretien relie cette transmission à une autre forme d’apprentissage : l’écoute de la salle. Alexis Michalik explique que le jugement du public compte davantage que les encouragements familiaux. Si un spectacle ne fonctionne pas devant les spectateurs, les compliments des proches ne suffisent pas à le sauver.

Cette position ne signifie pas qu’il rejette toute critique. Il distingue une remarque qui permet de progresser d’un jugement qui enferme. Il dit aussi posséder un « cuir solide » face aux réactions extérieures. La formule renvoie à une posture de travail, pas à une absence de doute.

À environ dix minutes, la vidéo montre un plan rapproché de l’intervenant, puis un plan plus large qui révèle l’animatrice assise en face de lui. Le studio, chaleureux et professionnel, devient le cadre visuel d’un récit sur la famille et l’accès à la culture.

« Voilà. Il y Picasso qui a la période bleue et ton père il a la période exactement. » Transcript · »▸ 9:31

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La méthode « michalikienne » : maintenir le rythme et faire progresser l’histoire

Alexis Michalik : création théâtrale, rythme et résilience — Entretien dans Tous WONDER — Comment le festival d'Avignon
Comment le festival d'Avignon a-t-il lancé la carrière d'Alexis Michalik ? — 6:42

Le terme « michalikienne » est employé dans le plan de l’entretien pour désigner une signature de mise en scène. Il ne s’agit pas d’une méthode officiellement codifiée. Il permet plutôt de regrouper plusieurs traits observés dans les propos : vitesse, circulation des personnages, changements fréquents et attention aux réactions de la salle.

La chasse à l’ennui comme règle de travail

Alexis Michalik présente la lutte contre l’ennui comme un principe de construction. Une scène ne doit pas rester immobile sans raison. Même un moment calme doit apporter une information, créer une attente ou approfondir une relation.

Cette exigence oblige à regarder chaque passage avec précision. Un dialogue peut être raccourci. Une entrée peut être déplacée. Un silence peut être conservé s’il produit un effet clair. Le rythme ne signifie donc pas seulement parler vite. Il désigne la manière dont l’attention du public est conduite.

Le metteur en scène observe aussi les réactions émotionnelles de la salle. Un rire arrive-t-il au bon moment ? Une tension se maintient-elle ? Une révélation est-elle comprise ? Ces réponses aident à mesurer l’efficacité d’une scène.

Écouter sans obéir mécaniquement

Le public devient un baromètre, mais pas un auteur collectif. Ses réactions donnent des informations. Elles ne suffisent pas à décider seules d’une réécriture. Le créateur doit interpréter ce qu’il entend et comprendre pourquoi une scène fonctionne ou échoue.

Cette méthode comporte une part d’humilité. Une idée appréciée sur le papier peut perdre sa force en représentation. À l’inverse, un moment jugé discret pendant les répétitions peut provoquer une réponse forte dans la salle.

L’intervieweur s’intéresse à cette signature parce qu’elle explique la réception de spectacles souvent décrits comme accessibles et construits autour d’une narration très mobile. Il faut toutefois distinguer le commentaire promotionnel de l’observation artistique. La vidéo donne accès aux principes exposés par Michalik ; elle ne fournit pas de mesure indépendante de la réception de toutes ses œuvres.

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Changements de décor à vue et égalité entre les comédiens : la mécanique théâtrale d’Alexis Michalik

La mécanique scénique décrite dans l’entretien repose sur un mouvement visible. Les décors peuvent changer à vue. Les comédiens participent à ces transformations. Un même interprète peut aussi prendre plusieurs fonctions dans le récit.

Cette organisation rappelle certains procédés du cinéma, mais elle garde une dimension artisanale. Le spectateur voit le passage d’un espace à l’autre. Il perçoit le travail de la troupe au lieu d’assister à une transformation entièrement dissimulée.

Le décor devient une action

Un changement de décor n’est pas seulement une opération technique. Il peut accélérer la narration, créer une rupture ou permettre une transition comique. Le mouvement du plateau évite les temps morts que Michalik cherche à réduire.

La polyvalence des comédiens fait partie de cette logique. Elle suppose une distribution capable de changer rapidement d’attitude, de statut ou de personnage. La troupe devient alors un instrument collectif.

L’entretien aborde aussi la question de l’équilibre entre les rôles. En prenant notamment Les Producteurs comme référence, Michalik défend une écriture qui ne repose pas sur une hiérarchie trop rigide entre les interprètes.

Répartir le temps de jeu

Offrir à chacun un temps de présence équitable répond à un enjeu concret. Un comédien qui reste longtemps en retrait peut ressentir de la frustration. À l’inverse, une distribution mieux équilibrée peut renforcer le plaisir de jouer ensemble.

Cette égalité ne signifie pas que tous les rôles sont identiques. Les personnages peuvent conserver des fonctions différentes dans l’intrigue. L’objectif consiste plutôt à éviter qu’une partie de la troupe soit réduite à une simple présence secondaire sans véritable matière de jeu.

Le choix de mise en scène a donc une conséquence humaine. La mécanique du spectacle organise aussi les relations de travail. Elle donne aux acteurs des occasions d’agir, de transformer une situation et de participer directement au rythme général.

▸ 18:56

La naissance d’Edmond : transformer une rupture personnelle en récit sur la création d’un chef-d’œuvre

Avec Edmond, Alexis Michalik choisit de raconter la naissance d’un spectacle devenu un classique. L’idée consiste à montrer une œuvre en train de se construire, avec ses hésitations, ses contraintes et ses rencontres. L’entretien rapproche cette ambition de l’esprit de Shakespeare in Love, qui transforme la création d’une pièce en aventure narrative.

Le sujet permet de raconter plusieurs histoires en même temps. Il y a l’auteur, le texte, les acteurs, les producteurs, les relations personnelles et les obstacles matériels. La création devient une intrigue à part entière.

Une impulsion intime

Michalik explique qu’une rupture amoureuse a servi de déclencheur pour commencer l’écriture. Cette information doit être comprise comme un élément biographique raconté dans l’entretien. Elle ne signifie pas que la pièce serait une transposition directe de sa vie privée.

Une expérience personnelle peut fournir une impulsion. Elle doit ensuite être transformée par le travail d’écriture. L’auteur distingue les idées que chacun peut avoir dans la vie quotidienne et celles qui possèdent un potentiel dramatique ou cinématographique.

Cette distinction est essentielle. Une anecdote peut être touchante pour celui qui l’a vécue sans devenir automatiquement une histoire partageable. Pour franchir ce seuil, elle doit contenir un conflit, une évolution, des personnages et une forme de tension.

De l’idée au récit collectif

Edmond part ainsi d’un sujet qui dépasse l’intimité de son auteur. La création d’un chef-d’œuvre devient une histoire sur le doute, le travail et la coopération. L’intérêt vient moins de la rupture elle-même que de la manière dont une idée se transforme en spectacle.

Le récit permet aussi de mettre en scène le théâtre depuis l’intérieur. Les répétitions, les discussions et les ajustements deviennent visibles. Le public peut suivre une œuvre avant sa forme définitive.

Cette méthode rejoint la conception générale exposée dans l’entretien : partir d’une question, observer les personnes et construire une histoire capable de dépasser son point de départ.

▸ 23:40

Pression, échec et résilience : les leçons tirées du Cercle des illusionnistes et d’Une histoire d’amour

Alexis Michalik : création théâtrale, rythme et résilience — Entretien dans Tous WONDER — Quel a été l'impact de son enfance
Quel a été l'impact de son enfance parisienne sur sa créativité ? — 15:24

Le succès ne supprime pas le doute. Alexis Michalik raconte avoir écrit dix-sept versions du Cercle des illusionnistes. La peur de décevoir un public déjà conquis pèse sur la création suivante. Chaque nouveau projet est comparé aux précédents, parfois avant même d’être présenté.

Le succès comme nouvelle contrainte

Une réussite peut créer une attente. Le créateur ne travaille plus seulement avec une idée. Il travaille aussi avec l’image construite par les œuvres antérieures. Cette pression peut inciter à vérifier davantage, à réécrire ou à retarder la présentation d’un projet.

Michalik semble répondre à cette situation par le pragmatisme. Il ne présente pas l’échec comme une preuve définitive d’incompétence. Il le considère comme une information sur un projet précis, dans un contexte précis.

L’entretien revient également sur Une histoire d’amour. La version théâtrale a rencontré la réussite, tandis que le film a connu un échec commercial en salles selon le récit présenté. Cette différence rappelle qu’une histoire ne circule pas de la même façon selon son support.

Ne pas chercher d’excuses

L’auteur insiste sur l’analyse des revers. Il ne s’agit pas de nier la déception. Il s’agit de comprendre ce qui n’a pas fonctionné sans inventer une explication commode. Le cinéma et le théâtre impliquent des économies, des publics et des modes de diffusion différents.

Cette prudence est importante. Un échec commercial ne permet pas de conclure que l’œuvre n’a aucune valeur artistique. À l’inverse, une réussite ne prouve pas qu’une méthode fonctionne dans tous les contextes.

Le mot « résilience » doit donc être utilisé avec précision. Ici, il désigne une capacité de travail et de reprise telle qu’elle est racontée dans l’entretien. Il ne s’agit ni d’une garantie de succès ni d’un conseil psychologique personnalisé.

▸ 28:24

Lucas Pastor présente le récit à l’oral pour tester et affiner ses idées

La séquence consacrée à Lucas Pastor déplace le regard vers une autre manière de tester une histoire. Selon le plan fourni, Pastor présente oralement ses projets avant de commencer l’écriture détaillée. Cette étape permet de repérer rapidement ce qui retient l’attention et ce qui reste confus.

Parler avant d’écrire

Raconter une idée à voix haute oblige à lui donner une direction. Le porteur du projet doit présenter les personnages, le conflit et l’évolution du récit. Il entend immédiatement les hésitations de son interlocuteur. Il peut aussi constater qu’un élément qu’il juge central ne produit aucune réaction.

Cette présentation n’est pas seulement un exercice de vente. Elle devient un outil de sélection narrative. Une histoire qui ne peut pas être expliquée clairement n’est pas nécessairement mauvaise. Elle demande peut-être encore du travail, ou bien elle repose sur une expérience trop difficile à transmettre à ce stade.

Pastor s’appuie également sur des notes abondantes et un canevas préparatoire. Les personnages et l’univers se construisent ensuite. La méthode combine donc improvisation orale et préparation écrite.

Un filtre, pas une formule magique

Présenter un projet à quelqu’un ne garantit pas sa qualité. La réaction d’un interlocuteur reste située. Elle dépend de ses goûts, de son attention et de sa compréhension. L’intérêt de la méthode réside surtout dans sa capacité à faire émerger des questions tôt dans le processus.

Le dialogue devient une première répétition du récit. Il révèle les passages trop longs, les motivations peu lisibles et les enjeux qui manquent de relief. L’écriture peut alors commencer avec une structure plus consciente.

Cette approche rejoint la place accordée par Michalik au regard extérieur. Dans les deux cas, le créateur ne reste pas seul face à son idée. Il cherche une réaction avant de figer la forme finale.

▸ 33:08

Diriger les acteurs : adapter son autorité et sa méthode à chaque personnalité

Diriger des acteurs ne consiste pas à appliquer une seule méthode. La personnalité de l’interprète, son expérience et sa manière de travailler obligent à ajuster les indications. L’entretien présente la direction comme une relation de travail qui combine précision et intuition.

Donner une indication utile

Avec certains comédiens, une consigne très précise peut aider. Il faut alors expliquer une intention, une action ou un rythme. Avec d’autres, trop de détails peuvent bloquer le jeu. Le metteur en scène doit laisser davantage d’espace et observer ce qui apparaît.

Cette adaptation ne signifie pas renoncer à la vision artistique. Le projet conserve une direction. Mais les chemins pour y parvenir changent selon les interprètes.

La direction d’acteurs comporte aussi une dimension psychologique. Le metteur en scène doit comprendre ce qui met un comédien en confiance, ce qui l’aide à prendre un risque ou ce qui le détourne de la scène. Ces observations se construisent avec l’expérience.

Une autorité qui se construit dans le travail

L’autorité naturelle évoquée dans l’entretien ne repose pas seulement sur le statut. Elle se forme à travers la connaissance du texte, la capacité à décider et la cohérence des indications. Elle peut néanmoins être perçue comme intimidante par certains collaborateurs.

Cette perception rappelle qu’une relation de travail reste asymétrique. Le metteur en scène porte une responsabilité artistique. L’acteur, lui, engage son corps, sa voix et sa sensibilité. Une direction efficace doit tenir ensemble ces deux réalités.

Le but n’est pas de produire une obéissance automatique. Il s’agit de rendre une vision concrète sur le plateau. Les acteurs doivent comprendre la situation, les enjeux et le mouvement de la scène pour pouvoir la jouer avec précision.

Aucun conseil universel ne ressort de cette séquence. La méthode décrite est une expérience attribuée à l’intervenant. Elle ne constitue pas une règle professionnelle valable pour toutes les équipes.

▸ 37:52

Le succès durable d’Edmond et la longévité exceptionnelle des pièces d’Alexis Michalik

Alexis Michalik : création théâtrale, rythme et résilience — Entretien dans Tous WONDER — Pourquoi le rythme est-il
Pourquoi le rythme est-il l'élément clé du théâtre de Michalik ? — 24:12

L’entretien s’intéresse à la durée de vie des spectacles. Alexis Michalik compare cette longévité à celle de références comme La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco et Boeing Boeing. La comparaison souligne la rareté d’une présence prolongée à l’affiche, surtout lorsqu’elle concerne plusieurs pièces d’un même auteur.

Edmond est notamment associé au Théâtre du Palais-Royal. Le spectacle s’inscrit dans un lieu identifié et bénéficie d’une durée de représentation importante selon le récit de l’émission. Cette continuité permet à une œuvre de rencontrer des publics différents au fil du temps.

Une carrière se construit dans la durée

Le succès ne se résume pas au premier accueil. Une pièce doit trouver un rythme de représentation, une équipe capable de tenir dans le temps et un public renouvelé. La longévité dépend donc de facteurs artistiques, économiques et organisationnels.

La présence de plusieurs œuvres d’un même auteur crée aussi un phénomène particulier. Le public peut découvrir un univers en passant d’un spectacle à l’autre. Cela renforce l’identification de l’auteur, sans que chaque pièce soit nécessairement reçue de la même manière.

Le cas de Cyrano est également évoqué. Michalik explique qu’il sait désormais « lâcher la rampe », c’est-à-dire accepter qu’un spectacle poursuive son chemin sans qu’il soit constamment au centre de sa surveillance. Cette distance n’est pas un abandon. Elle correspond à une manière d’accepter le temps long.

Laisser une œuvre vivre

Cette capacité à prendre du recul accompagne une évolution professionnelle. Au début, chaque réaction peut sembler urgente. Avec l’expérience, l’auteur peut observer une œuvre sur plusieurs années et distinguer un accident de représentation d’une tendance plus profonde.

La longévité reste toutefois une donnée constatée dans le parcours présenté, pas une promesse reproductible. Elle dépend des salles, des équipes, de la programmation et de la rencontre avec le public.

▸ 42:36

Du premier jour de répétition catastrophique à l’émotion du public

L’un des récits les plus parlants de l’entretien concerne un premier jour de répétition jugé catastrophique. Le narrateur raconte un essai qui ne produit pas la magie attendue. Avec ses acteurs et son collaborateur Benjamin, il remet en question le texte et la distribution.

Quand le projet ne fonctionne pas encore

Ce moment révèle une réalité souvent invisible au public. Une pièce peut exister sur le papier et sembler très éloignée de sa forme scénique. Les dialogues sont là, les personnages sont distribués, mais l’ensemble ne produit pas encore l’effet recherché.

L’absence de magie nourrit le doute. Faut-il réécrire ? Changer un acteur ? Repenser le rythme ? Abandonner une scène ? Ces questions ne sont pas théoriques. Elles surgissent devant une équipe qui doit continuer à travailler malgré la déception.

Le récit ne transforme pas ce premier échec en anecdote héroïque. Il insiste au contraire sur l’incertitude. Le spectacle aurait pu ne pas trouver sa forme.

Le collectif comme espace de transformation

Le travail collectif finit pourtant par modifier le résultat. Les acteurs testent les situations. La mise en scène précise les déplacements. Le texte est confronté à la réalité du plateau. Peu à peu, ce qui semblait inerte peut devenir lisible et émouvant.

Cette progression rejoint l’idée centrale de l’entretien : la création ne se décide pas en une seule fois. Elle passe par des essais, des réactions et des ajustements. Le public intervient ensuite comme dernière étape de vérification.

Il faut rester prudent avec la notion de « miracle ». La vidéo décrit un processus de travail. Elle ne montre pas qu’un spectacle finit toujours par fonctionner après un mauvais début. Elle montre qu’une équipe peut parfois transformer un premier constat négatif en point de départ.

▸ 47:20

Anecdotes personnelles et révélation d’un tirage au sort comme juré d’assises

La fin de l’émission prend une tonalité plus personnelle. Après les questions sur l’écriture et la mise en scène, l’échange se tourne vers des anecdotes moins connues. Le dispositif conserve une part de jeu : chacun doit révéler un élément intime devant le public de l’émission.

Cette conclusion change le rythme de l’entretien. Les enjeux artistiques laissent place à la curiosité et à une légère pression. Le spectateur découvre les personnes derrière les fonctions d’auteur, de metteur en scène ou d’animateur.

Une expérience judiciaire inattendue

L’un des intervenants raconte avoir été tiré au sort comme juré d’assises dans une affaire criminelle deux ans auparavant. Il décrit cette expérience comme particulièrement passionnante. Le récit reste présenté comme un témoignage personnel, et non comme une analyse juridique.

Un juré d’assises participe au jugement de certaines affaires criminelles selon les règles de la justice française. Le fait d’être tiré au sort ne signifie pas que l’expérience soit identique pour tous les citoyens. Les modalités concrètes dépendent de la procédure et de la juridiction concernée.

Prudence sur les sujets sensibles

Cette séquence touche à la justice et à une affaire criminelle. Il faut donc distinguer le vécu raconté dans l’émission des faits judiciaires vérifiables. Aucun détail de procédure ou de décision ne doit être déduit de l’anecdote seule.

La conclusion revient ainsi à une dimension humaine. Après avoir parlé de succès, d’échecs et de méthode, l’entretien rappelle que les parcours artistiques restent traversés par des expériences ordinaires ou inattendues. Le studio conserve son ambiance chaleureuse et professionnelle, avec les microphones et la table comme repères visuels.

▸ 52:04

Questions fréquentes

Qui est Alexis Michalik ?

Alexis Michalik est présenté dans l’entretien comme dramaturge, metteur en scène, scénariste et comédien. Il est associé à des œuvres comme Edmond, Le Porteur d’histoire et Intra Muros, ainsi qu’à plusieurs récompenses aux Molières selon la présentation de l’émission.

Quelle est la méthode de création théâtrale d’Alexis Michalik ?

Sa méthode repose sur la liberté narrative, un rythme soutenu, des changements de décor à vue et une attention aux réactions du public. Il cherche à ce que chaque moment fasse avancer l’intrigue ou enrichisse l’expérience du spectateur.

Pourquoi Alexis Michalik parle-t-il de « chasse à l’ennui » ?

Cette expression désigne son principe de travail : éviter les temps morts et vérifier que chaque scène a une fonction. Le rythme ne signifie pas seulement aller vite. Il consiste aussi à organiser les entrées, les silences, les déplacements et les révélations.

Comment est née la pièce Edmond ?

Edmond est née de l’envie de raconter la création d’un chef-d’œuvre, dans un esprit rapproché de Shakespeare in Love. Alexis Michalik indique aussi qu’une rupture amoureuse a constitué un déclencheur personnel pour commencer l’écriture.

Comment Alexis Michalik gère-t-il la pression du succès et l’échec ?

Il raconte avoir réécrit Le Cercle des illusionnistes à de nombreuses reprises par peur de décevoir. À propos d’Une histoire d’amour, il distingue la réussite théâtrale de l’échec commercial du film et privilégie l’analyse du résultat plutôt que la recherche d’excuses.

Pourquoi Lucas Pastor présente-t-il ses idées à l’oral avant d’écrire ?

Selon le plan de l’entretien, Lucas Pastor utilise la présentation orale comme un filtre narratif. Les réactions de son interlocuteur l’aident à repérer les forces, les faiblesses et les zones encore floues d’un projet avant l’écriture détaillée.

Quelle anecdote personnelle conclut l’entretien Tous WONDER ?

La conclusion évoque le tirage au sort de l’un des intervenants comme juré d’assises dans une affaire criminelle deux ans auparavant. Cette expérience est racontée comme un témoignage personnel. Elle ne permet pas de tirer de conclusion générale sur la justice ou les affaires criminelles.

Invités

  • Alexis Michalik — Metteur en scène, dramaturge, scénariste et comédien

Points clés

  • Alexis Michalik explique vouloir ne pas être bridé dans sa narration.
  • Son premier festival d’Avignon est présenté comme un point de bascule professionnel.
  • La jeune compagnie logeait à Sérignan-du-Comtat et devait organiser elle-même sa promotion.
  • Le public sert de principal baromètre pour évaluer l’efficacité d’un spectacle.
  • Edmond raconte la naissance d’un chef-d’œuvre et a été déclenchée par une impulsion personnelle liée à une rupture.
  • Le Cercle des illusionnistes a fait l’objet de dix-sept versions selon le récit de l’entretien.
  • Une histoire d’amour a connu une réception différente au théâtre et au cinéma selon les propos rapportés.
  • Les textes visibles à l’écran comprennent Tous WONDER et TOUS WONDER ALEXIA MAYER.
  • Les marques détectées visuellement comprennent Tous WONDER, Apple Podcasts, Amazon Music, Netflix et BoJack Horseman.

À éviter

❌ Réduire la méthode d’Alexis Michalik à la vitesse.

✅ Le rythme comprend aussi la structure, les changements de décor, les réactions du public et la fonction de chaque scène.

❌ Présenter une rupture personnelle comme le contenu exact d’Edmond.

✅ La rupture est décrite comme un déclencheur d’écriture, pas comme une transcription directe de la vie privée de l’auteur.

❌ Considérer un succès théâtral comme une garantie au cinéma.

✅ L’exemple d’Une histoire d’amour montre que la réception et l’économie peuvent différer selon le support.

❌ Transformer un témoignage judiciaire en conseil juridique.

✅ L’anecdote sur le juré d’assises doit rester attribuée à l’intervenant et ne remplace pas une information officielle ou un avis professionnel.

Glossaire

Dramaturge
Auteur ou autrice qui écrit des textes destinés à la scène et travaille la construction dramatique d’une œuvre.
Mise en scène
Organisation artistique d’un spectacle : direction des acteurs, espace, rythme, lumières, décors et circulation du récit.
Festival d’Avignon
Grand rendez-vous théâtral organisé à Avignon, où de nombreuses compagnies présentent leurs spectacles dans des salles et des lieux variés.
Chasse à l’ennui
Formule utilisée pour désigner la volonté de maintenir l’attention du public grâce au rythme et à la progression de l’histoire.
Juré d’assises
Citoyen appelé à participer, avec des magistrats, au jugement de certaines affaires criminelles selon les règles de la justice française.

Conclusion

Cet entretien montre un Alexis Michalik attentif à la mécanique concrète du spectacle. La liberté narrative ne suffit pas. Elle doit rencontrer un rythme, une troupe, un public et un long travail de réécriture. Des débuts difficiles à Avignon jusqu’aux succès durables, le parcours raconté ici repose moins sur une recette que sur une manière de tester, corriger et continuer.

Mots-clés : Alexis Michalik, création théâtrale, Edmond, Tous WONDER, rythme au théâtre, mise en scène, écriture dramatique, festival d’Avignon, direction d’acteurs, résilience artistique

Références

Entités citées

Source primaire

Transcription de la vidéo

Brute
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Transcription — 00:00 Le point de départ c'est je veux ne pas être bridé dans ma narration. C'est comme ça que je trouve beaucoup de mes histoires en posant des questions et en découvrant qui sont les gens. Les gens ont tous des histoires complètement noires, complètement bonnes. Transcription — 00:11 Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de Aujourd'hui on reçoit Alexis Michalic, Transcription — 00:17 il est metteur en scène, dramaturge, Transcription — 00:19 scénariste, Transcription — 00:20 comédien, Transcription — 00:21 ses pièces de théâtre font un carton, le porteur d'histoire Edmond, Transcription — 00:25 intra muros, il enchaîne les succès, les Molières pleuvent, Transcription — 00:29 c'est le metteur en scène le plus doué de sa génération. Transcription — 00:31 Il va vous raconter comment lui viennent ses inspirations et puis comment il met en scène avec ce rythme si particulier, ce rythme qui lui est propre. Ce qui est clair, c'est qu'au théâtre, on ne s'ennuie pas avec Alexis Transcription — 00:42 Michalik. Tous Wonder, c'est tous les mardis sur YouTube. Abonnez-vous, Transcription — 00:46 commentez la vidéo. On peut aussi nous écouter en podcast sur Spotify, Transcription — 00:50 Deezer, Amazon Transcription — 00:52 et Apple. Merci à vous et merci aussi à notre sponsor Transcription — 00:56 Suméria. Transcription — 00:56 Suméria, c'est la même équipe que Lydia, vous savez l'application où on peut s'envoyer de l'argent. Bien Suméria, Transcription — 01:02 c'est un compte en banque avec une vraie carte bancaire et c'est un compte en banque qui est rémunéré à 4 pour 100. En France, ça n'existait pas, évidemment c'est quand même assez sympa parce que votre argent vous permet de générer de l'argent et ça évidemment, Transcription — 01:14 on aime bien. Merci donc à Suméria et tous Wonder, ça commence maintenant avec Alexis Michalik, le metteur en scène qui réconcilie les intellos et les fans de comédie. Transcription — 01:34 Alexis Michalik, merci d'être avec nous. Un plaisir. Tu as plein de métiers, toi tu es metteur en scène, dramaturge, Transcription — 01:40 comédien, scénariste. Transcription — 01:41 Tu as une vie de dingue. Et dans tout ce pointeur, on commence toujours par un point de bascule. D'accord. Ton point de bascule à toi, tu vas me le confirmer ou pas, pas de coup de pression. C'est Transcription — 01:51 festival d'Avignon 2005. Transcription — 01:54 Ouais. Tu n'es absolument pas connu, tu as 22 ans, tu diriges une folle journée au théâtre de la condition des soies Transcription — 02:00 et là, tu as un déclic quoi. Tu comprends qu'il y a un truc qui prend quoi. Ouais, c'était il a 20 ans. Il y a 20 ans, un peu plus de 20 ans. Coup de Dieu. Qu'est-ce qui se passe? En fait, c'était mon 1er avion. Transcription — 02:11 En gros, pour ceux qui ne savent pas, le festival l'union, c'est un gros festival de théâtre. Il y beaucoup beaucoup de choses qui s'y, qui s'y passent. Tous les, tous les jours, y 1500 spectacles Transcription — 02:21 qui s'y tiennent. Transcription — 02:23 Et Transcription — 02:24 moi, je, j'ai commencé en tant que comédien très tôt. À 18 ans, j'avais un agent, je faisais des castings, et et caetera. Et et Transcription — 02:33 puis pour Transcription — 02:34 le plaisir, quand j'avais eu, on va dire une vingtaine d'années, enfin à peu près 20 ans, j'imagine. Je me suis dit tiens, j'aimerais bien monter un spectacle pour voir avec les copains du conservatoire. J'ai pris des potes et je suis parti Transcription — 02:45 avec le le le mariage de Figaro qui est un classique très très rigolo et et qui est Transcription — 02:51 et qui est et Transcription — 02:52 qui est vraiment très en avance pour pour pour son âge, je trouve. Et du coup, tu l'as tu l'as détourné ou tu l'as vraiment mis en scène au Ouais, un petit peu. En gros, c'était, Transcription — 03:02 c'est, j'ai j'avais fait mes classes, on va dire, à 18 ans, j'étais avec Irina Brooke sur un spectacle qui s'appelait Roméo et Juliette, enfin, Juliette et Roméo et et j'ai découvert la mise en scène. J'ai découvert que qu'est-ce que c'est la mise en scène? C'est prendre un classique ou ce qu'on veut d'ailleurs et lui faire dire autre chose, pas forcément ou en tout cas l'interpréter de la la manière qu'on veut. Et et je me suis dit et et à mesure que je vivais le le le Transcription — 03:25 spectacle, je me disais, moi, j'aurais rajouté plus de gags, j'aurais plutôt fait ci, j'aurais plutôt fait ça. Et euh c'est un peu le virus de la mise en scène qui naît. Qu'est-ce qui va se passer? Enfin, qu'est-ce qui fait que tu sens qu'il y a un truc quoi, que que Transcription — 03:37 Bien au départ, voilà, c'est un spectacle d'école, donc on montre ça dans le cadre de l'école, enfin du du et puis on, vraiment, on le joue à la fin de l'année, il n'y a pas de, n'y pas un déclic particulier, il n'y pas d'enjeu monstrueux Transcription — 03:49 quoi. Je me dis pas du tout, ah en fait, je vais devenir metteur en scène, je me dis pas du tout, on va réussir à professionnaliser Transcription — 03:56 ce spectacle, Transcription — 03:57 mais il se trouve que, Transcription — 03:58 ben voilà, on le, on le, on le joue, on le joue dans un centre d'animation à la Jonclière à Paris, quelques dates, on fait venir nos copains, nos parents, tout le monde dit, ah c'est super, mais bon, c'est les parents, c'est la famille, c'est les amis. Et et Transcription — 04:11 puis là-dessus, il y en a un qui dit, mais pourquoi on ne pas à Avignon? Et on dit, c'est quoi Avignon? C'est hyper ambitieux. C'est ambitieux et en même temps Avignon, c'est un endroit où il y c'est un carrefour où toutes les jeunes compagnies peuvent amener un il faut louer sa salle concrètement hein, voilà, on va payer, Transcription — 04:26 à l'époque, c'était 6000 euros pour louer un créneau de 2 heures dans une salle. Nous, on a eu le dernier Ah ça se passe comme ça, c'est marrant. Ouais ouais, bon, on avait le créneau de 22 heures, 22 heures 30, 22 heures, un truc comme ça, enfin vraiment assez Ce n'est pas facile comme créneau pour s'imposer. Non, la pièce jouait, durait 2 heures et demie, donc c'était, c'était long. Mais, mais voilà, et, et on a débarqué dans cet endroit où on a tout appris sur le tas de, Transcription — 04:49 ah oui, en fait, il faut faire des affiches, ah oui, en fait, il faut les coller sur des cartons, ah oui, en fait, faut les, il faut aller tracter, ah oui, il faut faire des chansons de parade, ah Attends, parce que j'ai lu que tu avais loué une baraque à 40 kilomètres et que tu t'en avais sur le tapis en fait. Ouais, voilà Ce n'était pas la meilleure condition. C'est normal, on était une jeune compagnie, donc on a commis toutes les erreurs qu'on commet en étant une jeune compagnie donc, et puis à l'époque, n'y avait pas, enfin internet n'était pas aussi développé, donc on y allait un peu en disant, on va voir comment ça va se passer quoi. Donc, on s'est partagé les rôles et on a qui ont trouvé la maison effectivement qui était à une heure de route de de d'Avignon, à Serignan-du-Compta. Transcription — 05:20 Et Et explosé de fatigue à la fin non? Oui et en même temps, est arrivé là-bas et en fait, on a eu la chance d'avoir du public qui est venu et et et qui a apprécié le spectacle et et et et ce 1er jour où on a où on a joué cette représentation, Transcription — 05:35 on avait fait une place achetée, une place offerte Transcription — 05:38 et on avait tracté comme des malades. Et puis en fait, on j'entendais les réactions du public et je me suis dit, tiens, c'est marrant, ils réagissent Transcription — 05:44 comme Transcription — 05:46 Comme le public d'amis, comme le Ouais. Ils sont aussi enthousiastes, Transcription — 05:49 ils ils rigolent, Transcription — 05:51 ils applaudissent, Transcription — 05:52 ils, qu'est qu'est-ce qui, ben en fait, ils ont payé leur place, donc ils auraient tout à fait le droit de ne pas être avec nous. Ouais. Et pourtant, ça marche quoi. Donc à partir de là euh vraiment, il y a eu ce petit déclic de tiens, ce que j'ai à faire, ce que je crée là, ça peut intéresser des gens. Et en plus de ça, ben en fait, Transcription — 06:11 je suis en totale indépendance et en totale liberté, parce que concrètement, Transcription — 06:15 si je crée mon spectacle et que je loue ma salle, bah je fais ce que je veux quoi. Je ne dépends pas de d'un producteur, d'un d'un décisionnaire, d'un financier, d'un ceci, d'un cela. Et donc ça a vraiment été un petit déclic. Alors est-ce que je dis honnêtement, si jamais Transcription — 06:29 on m'avait dit, en fait du coup tu vas devenir metteur en scène, je dirais non pas du tout. Moi mon métier c'est acteur et à ce stade-là C'est ce que j'allais dire en fait, es entré quand même dans le théâtre par la comédie. Tu as commencé en fait au collège lycée, c'est ça? Tu as J'ai, moi j'ai commencé, Transcription — 06:42 j'ai commencé en tant qu'acteur et d'ailleurs, je suis toujours acteur. Je continue à faire des tournages à droite, à gauche, de ci, de là. Mais ouais, j'ai trouvé un agent, j'étais au club théâtre du collège lycée à Jules Ferry à Paris. Tous les ans, on montait un spectacle et à la fin de l'année, on voilà, on on présentait le spectacle à nos potes et puis et c'était et c'était sympa et c'était le meilleur moment de mon année. Et et après, dès que j'ai eu mon bac, j'ai trouvé un agent, j'ai commencé à passer des. Oui, très vite quoi, très très vite. Parce qu'en fait, quand on a 17, 18 ans, c'est le moment où les agents, ils cherchent des jeunes parce que, ils Transcription — 07:14 n'ont pas de CV. Et tu dis, c'était le meilleur moment de l'année. T'étais où en classe ou pas? Oui oui, ouais, j'étais un bon élève, mais mais je veux dire, rien ne dépassait les émotions que je vivais à travers la présentation d'un spectacle quoi. Et donc, je savais que j'avais le virus du jeu, j'avais le virus du public, j'aimais Transcription — 07:30 j'aimais être sur scène, c'était c'était à la fois fluide, naturel, Transcription — 07:33 agréable, Transcription — 07:34 enfin c'était trop cool quoi. Donc Transcription — 07:36 voilà, mais ce qui s'est passé en 2005 à Avignon, c'est que je me suis dit ah ok en fait, j'ai, il y a peut-être un truc que je peux faire en en mise en scène quoi, de l'autre côté de la barrière. Et l'année d'après, j'ai ramené un spectacle, l'année d'après, j'en ai ramené un autre, et caetera. Et de de de fil en aiguille, j'ai fait 15 Avignon d'affilée, et en fait, ben, à la fin, on s'était professionnalisé, Transcription — 07:56 on avait des spectacles qui marchaient, et caetera, et Et tu n'avais plus des baraques à 40 kilomètres d'Avignon quoi. Non. Ça allait mieux. Progressivement, Transcription — 08:03 on est on est monté en en Alors, c'est quoi le secret? Ouais, c'est ça le confort pour bien vivre ton festival? Après, Transcription — 08:10 ça dépend du budget initial, Transcription — 08:12 parce que la plupart des des des jeunes compagnies qui partent, bien en fait, ils ils craquent sur tous les budgets. Donc le secret, c'est quoi? C'est d'avoir des amis qui vivent sur Avignon ou de la famille hein, et qui ont un appartement qui peuvent accueillir 3, 4 personnes en centre-ville, Transcription — 08:26 ça, c'est pas mal. Partager des studios, enfin voilà, on a tout fait de toute façon, mais puis à partir du moment où les spectacles commencent à marcher, là, ça devient un peu plus professionnel et là, on on on peut se prendre des. Et puis maintenant, aujourd'hui, j'ai carrément, enfin, je j'ai acheté un appartement à Avignon, donc je n'ai plus cette problématique-là de Ah, tu bien. Où est-ce que je vais dormir quand le festival Tu l'as dit, tu as tu as grandi Paris. Est-ce que le fait d'avoir grandi à Paris ça t'a aidé? Est-ce que tu avais tu as eu un accès à la culture? Parce que le théâtre c'est pas forcément très intuitif, c'est vrai qu'aujourd'hui on a le réflexe vraiment cinéma quand on est jeune. Transcription — 08:56 Est-ce que dans ton enfance, dans ton éducation, la culture était présente et t'a mené à carrière d'aujourd'hui? La culture était très présente. Mes parents, j'ai grandi dans le 18e, donc un quartier d'artistes plutôt vers Montmartre, enfin aux Abbesses en tout cas, qui dans les années 80, n'était pas un quartier très riche, c'était populaire et mes parents, voilà, c'était un peu des, ils avaient un peu une âme d'artiste. Mon père est artiste peintre, ma plasticien, ma mère, elle est traductrice. Il paraît que ton père, il il peint, qu'est-ce qu'on m'a dit? Des poulpes. Des poulpes, c'est ça? Des poulpes, ouais, ouais, ça fait partie de ces de ces périodes, il a une période poulpe. Transcription — 09:31 Voilà. Il y Picasso qui a la période bleue et ton père il a la période exactement. Transcription — 09:35 Et et voilà et mais et donc les 2 nous emmenaient mon frère et moi à la fois à la bibliothèque tous les mercredis et tous les samedis pour prendre des BD, des bouquins. Transcription — 09:44 On n'avait pas de télé, donc forcément, on Transcription — 09:47 avait bien besoin d'occupation. Transcription — 09:49 Et puis, ils nous emmenaient au cinéma, ils nous emmenaient au musée et puis ils nous emmenaient au théâtre. Donc très jeune, j'ai eu la chance d'aller au théâtre Transcription — 09:55 voir des trucs pas mal parce qu'ils avaient plutôt bon goût, donc les bouffes du nord de Peter Brooke, théâtre de Nanterre, des amandiers, Transcription — 10:02 le Un virus. Bobigny. Ouais, c'est un c'est un virus, mais c'est vrai que Transcription — 10:07 c'est c'est pas forcément pour tout le monde 1 1 Transcription — 10:11 1 automatisme d'aller au théâtre, mais parfois, Transcription — 10:15 on grandit dans un environnement justement où les parents ont envie de nous faire découvrir des trucs, où eux-mêmes sont adorent Transcription — 10:21 la culture et et et c'était le cas. Et donc effectivement, quand on grandit à Paris, Transcription — 10:26 on on peut aller tout le temps voir quelque chose. Alors que ce pas forcément le cas en province. Transcription — 10:31 Tu as un frère, c'est ça? Oui. Et lui aussi, il est Lui, est Il était, il est théâtre, je ne pas si ça se dit, mais Non, n'est pas théâtre du tout. Lui, il est plutôt du côté de de mon père, c'est-à-dire qu'il a, il a fait Transcription — 10:42 graphiste, Transcription — 10:44 il s'est mis, là il fait des meubles, Transcription — 10:46 voilà il vit à Marseille, il s'appelle Roman, voilà. Et tes parents là aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils pensent de Transcription — 10:52 ta réussite parce que c'est aussi un peu grâce à eux peut-être? Transcription — 10:55 Ouais ouais, en tout cas, c'est sûr que je pense que, après Transcription — 11:00 ça je je je pense qu'on a tous un drive et parfois Transcription — 11:05 avoir avoir Transcription — 11:06 des drames dans sa vie et avoir Transcription — 11:09 une difficile Transcription — 11:10 ou voilà, Transcription — 11:11 ça ça conduit aussi à, quand ça ne nous brise pas, à trouver une énergie démultipliée Transcription — 11:16 hein et à avoir vraiment une envie de réussir parce qu'on n'a pas le choix. Ouais, c'est ça. Bon, moi, je n'avais pas ça, voilà, j'ai j'ai eu une enfance plutôt heureuse et et et Transcription — 11:26 donc Transcription — 11:27 j'ai pas eu un truc de trauma particulier. Transcription — 11:30 En revanche, ouais, ils sont, je pense qu'ils sont surtout très contents pour moi quoi, mais Mais ils ils te le disent ou pas? Ouais ouais ouais ouais ouais ouais ouais. Bon ça n'a pas l'air non pas de. Ils Transcription — 11:41 sont pudiques on va dire. Mais mais c'est aussi un truc qui qui Transcription — 11:45 qui pousse à Transcription — 11:47 comment dire à à chercher. Transcription — 11:49 Moi moi j'ai un truc vis-à-vis de la critique et vis-à-vis du public, c'est que je suis je suis assez Transcription — 11:57 pas hermétique, mais j'ai j'ai le cuir solide quoi. On va dire que concrètement, Transcription — 12:01 ben mon mon juge numéro un, c'est le public qui est dans la salle quoi. La la, si je fais un spectacle, Transcription — 12:07 gros, même si mes parents disent, c'est génial mon fils, si ça ne marche pas, ben j'ai raté mon coup quoi. Si le public n'est pas d'accord, j'ai raté mon coup. Donc le le Transcription — 12:17 le vrai baromètre, Transcription — 12:18 c'est c'est ce que la salle va renvoyer en fait. Et si tes parents, parce que moi, enfin je te parle moins, on s'en fiche, mais quand même il y a il y a un jugement qui est important. Enfin si un de tes parents te dit c'est vraiment naze, Transcription — 12:30 est-ce que ça t'est arrivé que tes parents disent ça? C'est naze? Peut-être pas en des termes aussi aussi aussi durs mais mais Transcription — 12:38 ouais ouais ça m'est arrivé ça m'est arrivé ouais. Mais en fait concrètement, Transcription — 12:43 je pense que de cette, en général on réagit de 2 manières, soit on se dit bah du coup c'est naze, du coup je vaux rien, Soit on se dit bon ok, j'entends, c'est une critique comme une autre, mais C'est une critique constructive merci. C'est une critique constructive, mais je vais, mais je vais continuer et puis peut-être que je vais m'améliorer quoi. Moi j'aurais à ta place trop un stress, tu sais de la, la salle vide, Transcription — 13:03 le truc qui ne prend pas 2 personnes dans la salle, est-ce que ça t'arrive d'en rêver? Moi j'en rêverais, c'est pour ça que te pose la question. De de de l'angoisse De ce qui prend pas quoi ouais, tu, parce que tu dis mon baromètre, c'est le public. Ouais. Transcription — 13:16 Oui, enfin, non, je, en fait, je ne pas quelqu'un de très angoissé. Transcription — 13:19 Donc, je n'ai pas des, je n'ai pas cette, cette phobie-là. Tu fais pas des rêves bizarres? Non, et puis, suis, je suis, je suis assez objectif Transcription — 13:26 sur, sur ce que je vais sortir. Je vais pas me mettre à écrire une pièce jamais je ne dis pas ok, ça y est, là, j'ai quelque chose vraiment, Transcription — 13:32 je vais le raconter à mes à mes proches, je vais la pitcher, je vais la faire évoluer, ça va durer quelques années avant d'être sûr d'avoir quelque chose où je me dis bon, bien là, ça a un intérêt à exister en fait. Transcription — 13:42 Et donc, ce qui est sûr, c'est qu'il y des trucs qui marchent et des trucs qui marchent pas hein, c'est comme ça, c'est la vie. Mais c'est Transcription — 13:49 rare que que je fasse quelque chose en me disant, c'est une arnaque quoi. En me disant là, bon là, je ne comprends pas si ça marche. C'est à fond quoi. Ouais et puis et puis, voilà, il y a ce qu'on contrôle et ce qu'on ne contrôle pas. La la seule chose qu'on contrôle, c'est c'est d'essayer de faire de son mieux et de et de et de ne pas se pas se laisser d'excuses quoi en gros et de se dire bon, là, est-ce que je suis satisfaite que je vois? Est-ce que je m'ennuie devant ce que je vois? Et si je m'ennuie, c'est qu'il y un truc à changer et qu'est-ce que c'est et qu'est-ce que je peux faire? Est-ce que c'est du rythme? Est-ce que c'est réécrire? Est-ce que c'est, Transcription — 14:24 même pendant les répétitions, y a, on fait venir des gens pour qu'ils, pour qu'ils assistent aux répétitions et on entend leurs réactions, et caetera. Transcription — 14:30 Et et après Tu sens la salle, tu sens si ça bruise, si ça, t'as Oui, mais même, mais même pendant les répètes quoi. On n'est pas encore dans la salle, on est en salle de répète, fait gagner des places aux aux gens sur les réseaux sociaux quoi. Et tous les jours, on a une dizaine de personnes dans la salle qui assistent aux répétitions. Et du coup, les acteurs sont plus mobilisés et puis moi je peux, je peux aussi Transcription — 14:49 tenir compte de comment ils vont, comment ils vont réagir quoi. Est-ce qu'ils ont compris? Est-ce que ça ça les fait rire? Est-ce que ça ça les fait? Est-ce que ça c'est émouvant? Voilà c'est c'est d'écouter d'écouter Transcription — 14:58 les réactions des gens quoi. Mais en fait ce qui est assez dingue dans tes pièces, c'est qu'on s'ennuie pas. Il y un rythme qui t'est propre. Transcription — 15:06 Est-ce qu'on parle de réalisation Michalikienne? Enfin est-ce que maintenant tu as presque un, il y un, il y un terme qui tu vois qui est tiré de ton nom? Enfin tu as un truc qui est particulier quand même dans ce rythme. Transcription — 15:16 Moi j'ai un Est-ce que tu as un nombre d'or, as une recette magique tu vois? Bien Transcription — 15:21 j'aimerais bien, mais non, Transcription — 15:23 enfin j'ai j'ai, on va dire que j'ai des principes quoi, mais effectivement Bien la la chasse à l'ennui, c'est un peu le le la clé de tout, mais je ne pas le 1er à avoir inventé ça. Beaucoup beaucoup de grands metteurs en scène disent que le diable, c'est l'ennui et que si on, si, si le spectateur s'ennuie, alors c'est qu'il y un truc qui va pas. Il doit toujours se passer quelque chose au plateau, il doit toujours y avoir quelque chose qui fait avancer l'histoire. Transcription — 15:43 Moi, Transcription — 15:44 je, je me, je, je me définis en tant que raconteur d'histoire, donc je raconte des histoires et j'essaye de faire en sorte que de happer le public. Transcription — 15:51 Donc, Transcription — 15:53 me mets à sa place, je suis mon 1er spectateur et Transcription — 15:56 je me dis si là, je je suis capable de prédire ce qui va se passer, Transcription — 16:00 c'est que je fais mal mon job. Il faut que j'arrive à faire en sorte que du début à la fin de la pièce, les gens suivent parce qu'ils ont envie de savoir ce qui va se passer et ils n'ont aucune idée de ce qui va se passer. Pour toi sur scène, s'ennuyer, c'est inenvisageable Transcription — 16:13 et tu dis il faut être surpris, il faut pas savoir ce qui va se passer. Il faut qu'il ait une surprise tant tant dans le récit que ce qui se passe sur scène, que sur scène. Je dis toujours aux aux aux acteurs, Transcription — 16:22 tout le monde là, on est tous au service de l'histoire. Rien, on n'est pas plus fort que l'histoire. Moi, vais essayer de faire en sorte de raconter la meilleure histoire possible et après on va tous se mettre au service de cette histoire. Et donc, Transcription — 16:34 et donc tout est mis en oeuvre pour que cette histoire, elle parvienne au public de la manière la plus efficace et la plus surprenante et la plus fluide qui soit. Transcription — 16:43 De l'interprétation Transcription — 16:45 du code de jeu qui doit être similaire, qui doit être dans un espèce d'ensemble où on a l'impression que toutes ces troupes, elles jouent ensemble Transcription — 16:53 et Transcription — 16:54 ne forment qu'un en quelque sorte, même s'il y a évidemment plein d'individualités Transcription — 16:57 qu'on qu'on retrouve, Transcription — 16:59 de de la lumière, du son, de la vidéo, de tout doit être au service de, on ne s'ennuie pas, il n'y a pas de baisse de rythme, Transcription — 17:07 les, c'est pour ça que les changements de décor sont à vue, c'est pour ça que, Transcription — 17:11 en fait, c'est pour ça que justement ce ce style que que que tu évoques, en fait, il vient de cette contrainte-là. Il vient d'une contrainte de raconter l'histoire la plus efficacement possible Transcription — 17:20 et de tenir compte bien de l'existence des séries, des films, et caetera. Et pour ceux qui ne connaissent pas, c'est c'est quoi, donc, n'as pas de recette magique, c'est quoi ton style? C'est des changements de décor à vue, Transcription — 17:30 mais qui sont là parce que pourquoi est-ce qu'il y des changements de décors à vue? Ce n'est pas juste un jour où je me suis dit, vais faire des changements de décors à vue. C'est qu'en Transcription — 17:36 fait, Transcription — 17:38 quand je raconte une histoire, Transcription — 17:40 la base, y a l'écriture et dans l'écriture, j'ai une cinématographique. Transcription — 17:43 Donc c'est quoi la différence entre une écriture cinématographique et théâtrale? C'est que au théâtre, on a des décors et au et au cinéma, on a des scènes. Transcription — 17:51 Et et au théâtre en fait, on on on ne peut pas changer de scène instantanément. Bien sûr. On va changer de décor instantanément. Transcription — 17:58 En tout cas en théorie. Au cinéma par contre, on on va passer d'une scène à l'autre sans problème. On va tourner dans le désert, puis euh dans un bureau, puis sous la pluie, puis au cimetière, et caetera. Et c'est ce qui fait qu'au cinéma, il y a un il y a un rythme qui est soutenu, il n'y pas de pause entre les chaînes hein concrètement et puis, et puis on raconte une histoire pas tout à fait de la même manière qu'au théâtre. En tout cas, c'était le, c'est sur le papier. Sauf Ouais, en tout Sauf que en fait le théâtre, y a un truc incroyable c'est la convention. La convention, c'est quoi? C'est, c'est ce qui fait qu'on peut aller voir un seul en scène de quelqu'un qui va jouer 40 personnages et on va voir tous les personnages. On sait très bien que c'est le même acteur qui joue tous les personnages, mais il suffit qu'une posture, une voix, et caetera, on y croit. Ça, c'est la convention théâtrale. C'est quelqu'un qui joue devant nous et on croit à ce qu'il joue s'il le joue suffisamment bien. Donc, Transcription — 18:43 partant de ce postulat, moi, je vais raconter une histoire en me disant, je vais l'écrire comme un scénario. Donc, je ne vais pas me limiter en termes de décor, donc, je peux passer d'un décor dans le désert, un décor Dès le départ, c'est ça en fait, la la la vraie différence de ton style, c'est que dès le départ Le point de départ, c'est, je veux ne pas être bridé dans ma narration. C'est ça. C'est-à-dire, encore une fois, pour raconter l'histoire la plus efficace je ne veux pas avoir des contraintes de décor. Je ne veux pas partir de bon, il faut que ça se passe dans un appartement avec un canapé, Transcription — 19:11 sinon, ça limite fortement la narration. Je veux partir de, je veux raconter l'histoire la plus la plus passionnante Transcription — 19:19 ou la plus intéressante possible, celle qui va faire que le public va aller de surprise en surprise et et ne pas s'ennuyer pour ça. Mais c'est vrai qu'on va de surprise en surprise. Moi j'ai vu hier soir, je te l'ai dit quand tu es arrivé, les producteurs, il y un rythme de dingue. Tu sais que mon mari, on va lui rendre hommage. Mon mari m'a dit, c'est comme les Beatles, dès qu'il fait un truc, c'est un succès. C'est vachement mignon quand même. C'est mignon. C'est très C'est très mignon. Tout ce ce style, Transcription — 19:40 ces ces changements de décor à vue, les acteurs qui font plusieurs rôles aussi, Tout ça, c'est des choses qui viennent d'une volonté de raconter une histoire cinématographique au théâtre. Et ça vient aussi du fait que je suis comédien et donc je sais ce que c'est que de jouer dans un spectacle, je connais le désir des acteurs pour le jeu, je sais les frustrations d'un acteur sur un spectacle et concrètement, un acteur, il est frustré quand il ne joue pas. Transcription — 20:04 C'est, un acteur, il est heureux quand il joue. Donc, si je prends 5 acteurs dans un spectacle, je veux qu'il joue autant les 5. Je ne veux pas qu'il y une hiérarchie, qu'il y en ait un qui ait un rôle principal et un qui ait 2 scènes. Ça, ça, tu y penses quand tu écris déjà? Transcription — 20:17 J'y pense quand j'écris, mais en fait, c'est assez naturel puisque ma façon d'écrire Transcription — 20:21 ne part pas de, il faut que j'écrive un gros rôle à un comédien. Transcription — 20:25 Et ma ma façon d'écrire quand C'est ça, tu as une particularité ou tu n'as pas de tête d'affiche souvent? Voilà, ça, c'est aussi quelque chose qui est qui qui n'était pas prévu au départ, mais en fait qui découle du succès des spectacles Ouais. Qui font que, bien concrètement, Transcription — 20:38 le succès des spectacles, il tient sur cette histoire forte et narrative, Transcription — 20:43 qu'est-ce qui permet? Transcription — 20:45 Il permet à un spectacle de rester plus longtemps à l'affiche. Quand il n'y pas de tête d'affiche en fait, quand il y un, 1 tête d'affiche dans un spectacle, ça va durer 6 mois. Parce qu'après il a des engagements, il va aller tourner, et caetera. Alors que quand il n'y pas de tête d'affiche, Transcription — 20:56 en fait il n'y a pas de limite théorique parce que les acteurs, ils peuvent jouer plus longtemps et puis quand ils en ont marre, il peut y avoir d'autres acteurs qui viennent les remplacer parce que de toute façon, en gros, le public qui ne vient pas pour les têtes d'affiche, vient pour le spectacle. Donc du coup ça permet quoi? Ça permet d'avoir des spectacles qui ont une vie assez Transcription — 21:11 assez exponentielle Transcription — 21:13 et extraordinaire et hors du commun. Et ça effectivement, Transcription — 21:18 c'est on va dire une sorte de mouvement s'il faut bien l'appeler comme ça, que j'ai contribué à à à créer depuis le porteur d'histoire donc il y a à peu près 15 ans quoi. Et qui a pas mal changé la la face du théâtre privé, en tout cas puisque c'est surtout dans le théâtre privé qu'on peut se permettre d'avoir des des spectacles qui jouent aussi longtemps et qui a un peu ouvert la voie à des auteurs comme Transcription — 21:39 Samuel Vallonzi, Transcription — 21:40 Mélodie Mouré, Aidas Garzade, Transcription — 21:44 Nicolas Lebriquir et même de de de ma génération Transcription — 21:48 Sébastien Zopardi, Jean-Philippe Daguère. On est dans dans des dans dans un, il y a de plus en plus de de de producteurs de théâtre privés aujourd'hui misent non plus sur des aides d'affiche, mais sur des auteurs. Transcription — 22:00 Il dit, découvre des auteurs qui sont susceptibles d'apporter des oeuvres originales, fortes, ancrées, engagées et qu'on, et qu'on n'avait pas forcément l'habitude de voir dans le théâtre privé puisque c'était plus des comédies, et caetera, et vont leur dire voilà, Transcription — 22:12 on te, on te produit ta pièce, mais par contre on te, on te, on veut la prochaine aussi. Donc ils misent sur l'avenir en fait. Et donc de, ce qui s'est passé depuis 15 ans, c'est qu'il y a eu cette espèce de où maintenant vraiment les auteurs qui sont capables de raconter des histoires de troupes et qui ont été aussi biberonnés justement à à la série, au cinéma, et caetera, et qui ont leur propre, chacun a ses propres influences parce que Bien sûr. Élodie, Mélodie Morel, elle elle a ses influences, Samuel Vancille a ses influences. Il y en a un qui va faire des trucs plus politiques, l'autre qui va faire des trucs plus lyriques, que sais-je. Et toi, c'est quoi tes tes influences d'ailleurs? Il y en a plein, mais en fait on est, tous les créateurs sont la somme de leurs influences. Transcription — 22:47 Moi mes influences, c'est Ariane Novskine, Peter Brooke, Transcription — 22:52 pour parler théâtre, Transcription — 22:54 je Transcription — 22:55 les cite à chaque fois mes maîtres, mais c'est aussi les BD que je disais gamins, c'est aussi les Moi, Transcription — 23:01 je suis un gros gros lecteur de BD, donc Transcription — 23:05 BD franco-belge, Transcription — 23:06 des classiques de Tintin, Spirou, et caetera, à au manga Transcription — 23:10 Gun, Makira, enfin Tu lis encore ou tu parles? Ah oui oui oui la BD ouais. Ouais ouais, Transcription — 23:14 ouais, les les voilà, les comics à la BD un peu plus auteur, l'association à l'époque, Transcription — 23:20 le Lewis Trandame, et caetera. Les blogs BD, Boulay, Pénélope Bagieux, Transcription — 23:25 puis, Transcription — 23:26 et aujourd'hui, c'est plus sur Instagram que ça se passe, Transcription — 23:29 voilà, avec beaucoup d'humour. Transcription — 23:31 Et c'est marrant parce que d'ailleurs j'y pense, peut-être que c'est débile ce que je dis, mais dans les BD, tu as justement des, des saynètes en fait, donc on retrouve un peu ce truc Transcription — 23:38 que tu fais avec des L'écriture d'un d'un scénario de BD, ce n'est pas très loin dans ce livre. Transcription — 23:50 Ouais, en tout cas, en tout cas, c'est sûr que ça fait partie de mes influences. Ça fait partie du truc quoi. Au même titre que les séries dont j'étais très très très fan, au même titre que C'est lesquelles alors? Qui m'ont qui m'ont dit, moi Transcription — 24:01 j'ai grandi, j'étais ado, j'avais 24 heures chrono, Lost, Transcription — 24:05 comme Transcription — 24:06 comme tout le Voilà, Transcription — 24:07 c'est un peu le le début des séries Transcription — 24:09 majeures,, Transcription — 24:11 et caetera. Moi j'ai les mêmes que toi en fait. Les classiques quoi, puis des trucs un peu plus pointus, il y en a plein, de la comédie beaucoup, Transcription — 24:19 Bojack Horseman, des séries d'animation, plein de trucs. Vraiment je je je suis un, ouais je je j'adore bouffer de la série et des films et tout ça. Tout ça, c'est, tout ça, c'est nos influences. Donc, mais mais parfois, il y a une oeuvre qui va en créer une autre, c'est-à-dire Transcription — 24:31 clairement Edmond, Transcription — 24:33 c'est c'est Shakespeare in love quoi. Shakespeare in love, j'ai vu Shakespeare in love, je me suis dit, mais c'est génial ce truc, comment est-ce que je pourrais faire mon Shakespeare in love Transcription — 24:41 en utilisant un peu l'originalité Transcription — 24:44 du truc, c'est-à-dire raconter la naissance d'un chef-d'oeuvre à travers son auteur, et bien voilà, c'est devenu Edmond quoi. Et tes inspirations viennent d'où? Parce qu'une histoire d'amour, ça vient d'une rupture amoureuse, je crois. Ouais, ça vient d'une rupture amoureuse, mais enfin pas tout à fait, mais mais ça a été le déclic ouais, mais mais j'avais déjà l'histoire en tête quoi. Disons que la rupture m'a fait dire, c'est le moment d'écrire cette histoire que j'ai en tête et qui parle d'une rupture amoureuse. Mais ça vient de, soit de trucs que je lis, soit de trucs que je vis, soit de trucs qu'on me raconte quoi. C'est, en fait, on a tous des idées tout le temps, tout le monde a des idées. Transcription — 25:16 Vraiment au jour le jour, on a tous des idées, on se lève, on dit, tiens, il m'est arrivé un truc marrant, ça ferait une bonne euh et en fait, cette idée-là, la difficulté, c'est d'arriver à à cerner à travers toutes ces idées laquelle va être vraiment euh Transcription — 25:27 la plus euh potentiellement Transcription — 25:30 enfin adaptée à devenir un 1 histoire Mais alors comment comment tu fais parce que tu Transcription — 25:35 vois là là on m'a raconté une histoire marrante il y 10 minutes, mais de là en faire un spectacle, c'était quoi? C'est une histoire de fantômes. Ouais, en gros en 2 phrases. Transcription — 25:45 Vieille maison qui est vendue, Transcription — 25:48 la vieille dame vraiment c'était 10 minutes. La vieille dame qui matait sa télé qui est décédée il y a peu de temps, la maison va être rasée et alors qu'une personne visite la télé s'allume toute seule alors qu'il n'y a pas de courant, il n'y a pas d'électricité Transcription — 26:00 et le son est à 60, donc tout le monde sursaute.

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