Le témoignage de Lydia Hadjara est une plongée dans les abysses de la manipulation. Dans son livre « J'étais son esclave », elle raconte vingt années passées sous l'emprise de Raël, gourou du mouvement raëlien. Vingt années d'endoctrinement, d'abus psychologiques et sexuels. Son récit est une parole rare, une parole nécessaire. Comme le prévient l'animateur qui la reçoit, c'est une histoire dure, puissante, et qui ne laissera personne indemne.
J'étais son esclave : le témoignage bouleversant de Lydia Hadjara sur 20 ans d'emprise sectaire
Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
Vingt ans. C'est le temps qu'il a fallu à Lydia Hadjara pour briser les chaînes invisibles de la secte Raëlienne. Une nuit d'horreur a tout fait basculer, la forçant à fuir son gourou et une vie d'esclave. Son histoire est un cri, un avertissement sur la fragilité de l'esprit face à la manipulation.
Quand l'amour cache la manipulation
Pour comprendre le piège, il faut comprendre la promesse. Le mouvement raëlien, fondé par le Français Claude Vorilhon, alias Raël, repose sur un récit séduisant. L'humanité n'est pas le fruit du hasard ou d'un dieu lointain, mais la création d'extraterrestres bienveillants : les Elohim.
Raël se présente comme leur dernier prophète, le demi-frère de Jésus, chargé de préparer leur retour sur Terre. Pour cela, une seule mission : construire une ambassade sur un territoire neutre pour accueillir nos créateurs. Le discours est teinté de paix, d'amour et de développement personnel.
Une façade de douceur et de bienveillance
L'hygiène de vie prônée est irréprochable. Il faut prendre soin de soi, de son corps, des autres. Être connecté à ses émotions. La bienveillance est le maître-mot. Lydia le confirme : l'approche est tout sauf violente au premier abord.
« [Lydia Hadjara] « Je t'assure que tu passes 3 jours avec des Raëliens sans savoir que c'est des Raëliens, tu dis, mais ça va devenir mes potes. Ah ouais. Mais complètement, parce que tu sais, tu arrives dans un monde où tout est doux. »
Cette douceur est la première porte d'entrée. On vous accueille, on vous écoute, on vous valorise. Lydia elle-même est renommée. D'abord Lydia Moore, puis Aisha, un nom censé refléter sa force et son intelligence. Des surnoms affectueux qui sont en réalité les premiers barreaux de la cage.
Une prison sans murs, une geôle dans la tête
Comment une telle organisation parvient-elle à retenir ses adeptes, qui comptent aujourd'hui près de 125 000 personnes sur la planète ? La réponse de Lydia est glaçante de simplicité : la prison n'a ni murs, ni serrures.
Elle est mentale. L'endoctrinement est un processus lent, insidieux. Il s'attaque à la pensée critique, isole l'individu de ses repères extérieurs et le rend entièrement dépendant du groupe et de son leader.
« [Lydia Hadjara] « La plus grande prison de chaque être humain, c'est son cerveau et moi j'aurais pu mourir, j'aurais pu voler, j'aurais pu tuer pour lui. »
La liberté n'est qu'une illusion
Lydia explique qu'elle pouvait, en théorie, partir quand elle le voulait. Personne ne l'aurait retenue physiquement. C'est la force du système : le contrôle est si profond que l'idée même de dire non devient inconcevable. On ne s'autorise même plus à y penser.
La peur de décevoir le gourou, la honte de ne pas être à la hauteur des idéaux du groupe, la perte de tous ses repères sociaux et affectifs… Tous ces éléments construisent une forteresse psychologique bien plus efficace que n'importe quelle barrière physique. On ne part pas, parce qu'il n'y a nulle part où aller. Le monde extérieur est devenu étranger, voire hostile.
Vingt ans d'esclavage au nom d'un prophète
Derrière la façade d'amour universel se cache une réalité sordide. Pour les femmes qui, comme Lydia, accèdent au cercle rapproché du gourou, la vie devient un cauchemar. Elle fait partie des « anges », un groupe de femmes choisies, considérées comme l'élite spirituelle. Leur rôle ? Être au service de Raël.
Leur intimité est totalement confisquée. Une règle terrible leur est imposée : elles n'ont le droit d'avoir des rapports sexuels qu'avec Raël lui-même, ou avec les extraterrestres lorsqu'ils arriveront. Une exclusivité qui assoit son pouvoir absolu et transforme ces femmes en objets, en esclaves sexuelles.
Le poids de la dévotion
Le fanatisme est le moteur de cette soumission. Lydia le reconnaît sans détour : « J'étais fanatique ». Chaque pensée, chaque action est conditionnée par le désir de plaire au maître, de prouver sa dévotion. Le moindre écart est vécu comme une trahison, une faute impardonnable.
C'est dans ce contexte de pression psychologique extrême que se déroule la dernière nuit de Lydia au sein de la secte. Une soirée qui commence par une punition, car elle a manqué une réunion dans la journée. Au restaurant, Raël l'isole, la met à l'écart. Le sentiment de honte l'envahit. Avoir déçu son maître est la pire des souffrances.
La nuit où tout a basculé
Octobre 2007. Lydia a 25 ans. Au cours de ce dîner de la honte, un événement anodin va tout changer. Le regard d'une serveuse. Une inconnue, une femme du « monde réel », qui la regarde avec un mélange de moquerie et de pitié.
Ce simple regard agit comme un électrochoc. Pour la première fois depuis des années, Lydia se sent connectée à la réalité. Une connexion viscérale, brutale, qui la submerge. Elle se sent mal, vomit. La fissure est ouverte.
Un dernier acte de cruauté
Raël sent que quelque chose lui échappe. Fait rarissime, il lui offre un dessert, un geste qu'elle ne l'a jamais vu faire. Une tentative de la ramener dans le giron. Puis il lui annonce qu'ils vont « faire dodo ensemble ». Lydia est tétanisée. Elle sait ce que cela signifie. Elle ne sait pas dire non, elle ne s'en croit pas capable.
Ce qui suit est une abomination. Une nuit d'abus qui dépasse tout ce qu'elle a déjà subi. Pour la première fois, elle ne parvient pas à se dissocier, à laisser son esprit s'échapper pendant que son corps est violenté. Elle est consciente de chaque seconde.
« [Lydia Hadjara] « J'ai passé la nuit la plus horrible de ma vie, où je n'ai pas dissocié mon corps, où j'étais consciente qu'on abusait de moi. »
Le gourou utilise une violence symbolique et physique extrême, allant jusqu'à utiliser une fourchette pour la marquer, pour lui rappeler sa dévotion et s'assurer qu'elle ne l'oubliera jamais. En partant, ses derniers mots sont une sentence : « Tu ne m'oublieras jamais, tu es marquée comme un animal ».
Ces mots, d'une cruauté inouïe, sont aussi ceux qui vont la libérer. Le lendemain matin, puisant dans une force qu'elle ne se connaissait pas, Lydia s'enfuit. Elle quitte tout, sans savoir où aller, ce qu'elle va faire, ni même ce qu'est la vraie vie.
Renaître après l'enfer : la reconstruction d'une survivante
Fuir est une chose. Se reconstruire en est une autre. Après 20 ans passés dans une réalité parallèle, le retour au monde est un choc. Il faut tout réapprendre : la confiance, l'autonomie, l'amour-propre. C'est un chemin long, douloureux, semé de doutes.
Dix-sept ans après son évasion, Lydia Hadjara a transformé sa souffrance en un combat. L'écriture de son livre, « J'étais son esclave », a été une étape cruciale de sa thérapie. Mettre des mots sur l'horreur, structurer sa pensée, c'était une manière de se réapproprier son histoire.
Une parole pour les autres
Mais aujourd'hui, son témoignage dépasse sa propre histoire. Elle parle pour aider. Pour que son expérience serve d'avertissement. Elle veut atteindre les jeunes hommes et les jeunes femmes qui pourraient, à leur tour, tomber dans les filets d'un manipulateur.
Son message est double. C'est un message d'alerte sur les dangers de l'emprise, qui peut se cacher derrière les discours les plus séduisants. C'est aussi un immense message d'espoir. Il montre qu'il est possible de s'en sortir, de briser les chaînes les plus solides et de se réapproprier sa vie.
L'histoire de Lydia n'est pas seulement le récit d'une victime. C'est l'histoire d'une survivante, une femme d'un courage immense qui a su transformer la plus sombre des expériences en une lumière pour les autres.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une secte et comment fonctionne l'emprise psychologique ?
Une secte est un groupe qui utilise des techniques de manipulation mentale pour exercer un contrôle total sur ses membres. L'emprise psychologique, ou manipulation mentale, fonctionne en isolant l'individu, en détruisant sa pensée critique, en créant une forte dépendance affective envers le groupe et son leader, et en instaurant une nouvelle vision du monde qui justifie la soumission.
Qui est Raël et quelles sont les croyances du mouvement Raëlien ?
Raël, de son vrai nom Claude Vorilhon, est le fondateur français du mouvement raëlien. La croyance centrale est que la vie sur Terre a été créée scientifiquement par des extraterrestres appelés Elohim. Raël se présente comme leur dernier prophète, chargé de préparer leur retour en construisant une ambassade.
Comment reconnaître les signes d'endoctrinement sectaire chez un proche ?
Les signes peuvent inclure un changement radical de comportement et de personnalité, un discours stéréotypé, une rupture avec la famille et les anciens amis, une dévotion absolue à un groupe ou à un leader, des changements financiers inexpliqués et une perte de sens critique.
Quelles sont les conséquences psychologiques à long terme pour les victimes de sectes ?
Les victimes souffrent souvent de traumatismes complexes, de dépression, d'anxiété, de troubles de la personnalité, d'une perte de l'estime de soi et de difficultés à faire confiance aux autres. La reconstruction de leur identité et de leur vie sociale peut prendre de nombreuses années.
Où trouver de l'aide pour sortir d'une secte ou accompagner une victime ?
Il existe des associations spécialisées dans l'aide aux victimes de dérives sectaires. En France, la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est l'organisme de référence. Des associations comme l'UNADFI (Union nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes) peuvent également offrir un soutien crucial.
Quel est le rôle du témoignage de Lydia Hadjara dans la prévention ?
Son témoignage est essentiel car il incarne le processus de l'emprise de l'intérieur. Il permet de comprendre les mécanismes psychologiques à l'œuvre, de déconstruire l'image souvent idéalisée des sectes et d'alerter le public sur des dangers réels. C'est un outil de prévention puissant qui donne un visage humain à des concepts abstraits.
Invité
- Lydia Hadjara — Témoin / Auteur / Survivante
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[SPEAKER_00] J'ai subi quelque chose que je n'aurais pas dû subir et en plus j'ai fait en sorte de le subir. J'étais fanatique. Tu n'as le droit d'avoir des rapports intimes qu'avec Raël et les extraterrestres quand ils viendront sur terre. On est arrivé dans ce qui me servait de chambre et j'ai passé la nuit la plus horrible de ma vie et le lendemain je me suis enfuie. La plus grande prison de chaque être humain, c'est son cerveau et moi j'aurais pu mourir, j'aurais pu voler, j'aurais pu tuer pour lui. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, [SPEAKER_01] le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, on reçoit [SPEAKER_01] Lydia Hadjara, [SPEAKER_01] elle est l'auteur de j'étais son esclave [SPEAKER_01] chez city pendant 20 ans. Lydia a fait partie d'une secte, elle a été endoctrinée par elle, elle est même devenue, vous allez le voir, vous allez l'entendre son esclave sexuel. [SPEAKER_01] Elle s'en est sortie il y 17 ans et si elle témoigne aujourd'hui, [SPEAKER_01] c'est pour aider des jeunes hommes, des jeunes femmes à ne pas vivre ce qu'elle a vécu. Elle va nous parler d'emprise et de comment on arrive à se défaire [SPEAKER_01] de cette emprise. Son témoignage est dur, son témoignage est fort et je vous préviens, il n'est pas destiné [SPEAKER_01] aux plus jeunes oreilles. [SPEAKER_01] Tous Wonder, c'est tous les mardis. Vous nous retrouvez sur YouTube. [SPEAKER_01] Abonnez-vous, cliquez sur la petite cloche pour être informé dès qu'un épisode est diffusé. Vous pouvez aussi nous écouter en podcast [SPEAKER_01] sur Spotify, [SPEAKER_01] Deezer, [SPEAKER_01] Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous écouter un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci aussi à notre sponsor [SPEAKER_01] sumeria. C'est qui sumeria C'est la même équipe que Lydia, cette application qui permet de s'envoyer de l'argent quand on participe à un cadeau commun par exemple sumeria, [SPEAKER_01] c'est un compte courant, mais et c'est pour ça que je vous en parle, c'est un compte courant rémunéré. Ça n'existait pas en France et on en avait sacrément besoin parce que votre argent génère de l'argent et ça met du beurre dans les épinards. Merci donc à Suméria, tous wonder c'est maintenant avec Lydia Hadjara, [SPEAKER_01] esclave sexuelle de REL. [SPEAKER_01] Lydia, [SPEAKER_01] merci beaucoup d'être avec nous. [SPEAKER_01] Dans Tooce Founder, on commence toujours par un point de bascule. On va ensuite dérouler le fil évidemment, [SPEAKER_01] mais ce qui est intéressant, c'est de comprendre le jour où [SPEAKER_01] tu as réalisé [SPEAKER_01] que tu étais endoctrinée [SPEAKER_01] dans une secte et tu as eu un point de bascule, ça va être ta dernière soirée, [SPEAKER_01] ta dernière nuit. On est en octobre 2007, tu as 25 ans. Est-ce que tu peux nous raconter ce moment [SPEAKER_00] Alors ce moment-là, [SPEAKER_00] je suis au restaurant avec plein de femmes qui sont des anges comme moi et le gourou Rael. [SPEAKER_00] Et dans la journée, j'ai été à une seule réunion au lieu de 2. Donc forcément j'ai été punie. [SPEAKER_00] Et donc on arrive au restaurant, me, Raël me met sur le côté et puis j'ai honte parce que je l'ai déçue, [SPEAKER_00] parce que je n'ai pas eu le comportement qu'il fallait. [SPEAKER_00] Donc du coup, [SPEAKER_00] une serveuse arrive, [SPEAKER_00] une serveuse totalement lambda que je ne pourrais pas reconnaître aujourd'hui d'ailleurs et qui a un regard un petit peu moqueur, [SPEAKER_00] mais aussi qui a de la peine un peu pour nous. Je ne pas les fils dans mon cerveau, tu vois ils sont touchés, y a une espèce de truc viscérale où j'ai T'es reconnectée en un truc de fou, je me suis connectée tout court parce qu'en fait, c'était ma 1re connexion à la réalité. [SPEAKER_00] Moi, c'est comme ça que je le ressens aujourd'hui, tu vois. Ça a été horrible, j'ai vomi et j'étais blanche [SPEAKER_00] parce que moi, je réagis beaucoup physiquement [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] et il remarque que je ne vais pas bien. Donc je vais aux toilettes, je m'assois à côté de lui parce qu'il me demande, il m'offre un dessert. [SPEAKER_00] Il ne m'a jamais rien offert. La 1re fois. Je ne l'ai jamais vu sortir d'argent. [SPEAKER_00] Il m'a fait un dessert, je pense qu'il a compris. Je pense qu'il a compris qu'il se passait un truc. [SPEAKER_00] Et là, forcément, on passe notre [SPEAKER_00] dernière morceau de nuit ensemble. En fait, il te dit, on va faire dodo ensemble. On va faire dodo ensemble, sous-entendu, [SPEAKER_00] ce soir, [SPEAKER_00] vas pas dormir quoi. [SPEAKER_00] C'était ça il avait, [SPEAKER_00] tu sais ce regard que maintenant je vois et que j'ai vu pour la 1re fois ce soir-là, [SPEAKER_00] tu es tétanisé mais tu sais pas dire non parce que vraiment je, [SPEAKER_00] au-delà de ne pas me l'autoriser, je ne savais pas le faire. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] on est arrivé dans ce qui me servait de chambre et [SPEAKER_00] et j'ai passé la nuit la plus horrible de ma vie, [SPEAKER_00] parce que c'est la seule nuit [SPEAKER_00] où je n'ai pas dissocié mon corps, où j'étais consciente qu'on abusait de moi, où j'étais là, les gens m'écartaient avec une fourchette dans le sexe, donc forcément, [SPEAKER_00] ce n'était pas une, [SPEAKER_00] ce n'était pas comme avant. [SPEAKER_00] Mais il t'a mis une fourchette dans le vagin pourquoi En fait, il l'avait déjà fait une 1re fois, c'était pour [SPEAKER_00] pour [SPEAKER_00] que je lui prouve que j'étais complètement dévouée, ma dévotion. Et puis la dernière, c'était pour pas que j'oublie, je pense, parce qu'il savait que j'allais m'en aller. Je pense qu'il le savait [SPEAKER_00] et qu'il [SPEAKER_00] avait besoin que je me rappelle de lui tout le temps d'ailleurs quand il a quitté la chambre il m'a dit que je me rappellerai lui toute cette toute ma vie et que j'étais très belle. [SPEAKER_01] Dans le livre tu dis, ce que je me souviens de cette phrase, il s'est retourné et il t'a dit, tu tu ne m'oublieras jamais, tu es marqué comme un animal. C'est ça qu'il t'a dit Mais complètement. Vous savez, [SPEAKER_00] quand [SPEAKER_00] quand je dis vous, je parle à tout le monde, tu sais quand quelqu'un [SPEAKER_00] a une emprise sur toi, c'est comme quand tu dresses un animal. [SPEAKER_00] Quand tu as un l'animal, il a un maître. [SPEAKER_00] Et moi, c'était mon maître. Donc il m'a [SPEAKER_00] il [SPEAKER_00] il m'a marqué au fer rouge non seulement physiquement, [SPEAKER_00] mais surtout là-dedans. [SPEAKER_00] Et c'est ça qui est le plus dur à réparer. [SPEAKER_00] Donc hélas, a été le point de bascule et j'ai [SPEAKER_00] pété un plomb [SPEAKER_00] et le lendemain je me suis enfuie. [SPEAKER_00] Tu as réussi à t'enfuir. Ouais j'ai je je pense que c'était pour moi [SPEAKER_00] vital. [SPEAKER_00] Je je je ne sais pas comment j'ai fait pour trouver cette force. [SPEAKER_00] Tu vois ce que je veux dire Je je même aujourd'hui des années et des années après, je ne sais pas comment j'ai fait pour [SPEAKER_00] se dire je ne sais pas où je vais, je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais pas ce que c'est la vie, je quitte une [SPEAKER_00] 1 truc qui est une évidence pour moi et je ne sais pas. Mais ça a été le point de bascule d'une nouvelle vie [SPEAKER_00] Hyper dur, [SPEAKER_00] mais nécessaire. On va revenir après à cette nouvelle vie, mais pour bien comprendre, [SPEAKER_01] peut-être revenons au point de départ. Tu [SPEAKER_01] arrives dans cette secte quand tu as 4 ans, tu suis ta ta mère en fait, parce que tu n'as pas d'autre choix que de la suivre. Pour bien comprendre, donc c'est un mouvement sectaire depuis 95 [SPEAKER_01] si je ne me trompe pas en France. Ça. [SPEAKER_01] Claude Vorillon qui a créé cette secte, il se fait appeler Raelle. Est-ce que tu peux nous expliquer [SPEAKER_01] quels sont les principes pour qu'on comprenne bien et qu'on pose les bases. Donc il a eu une petite errance professionnelle et puis à un moment il s'est dit je vais monter un mouvement, une secte. Est-ce que tu peux nous raconter Alors le mouvement aelien, [SPEAKER_00] donc effectivement ça a été créé par un français Arel qui [SPEAKER_00] dit avoir été contacté par des extraterrestres [SPEAKER_00] qui s'appellent les Elohim. Donc les Elohim en hébreu veulent dire ceux qui sont venus sur terre. [SPEAKER_00] Donc c'est un pluriel. C'est au pluriel et au singulier c'est Eloha. Donc il dit qu'il les a rencontrés [SPEAKER_00] au pied de l'assola, [SPEAKER_00] qui sont venus avec leur soucoupe volante, [SPEAKER_00] que lui il a eu une inspiration pour aller ce jour-là dans ces cratères-là, [SPEAKER_00] qu'il a rencontré [SPEAKER_00] Yahvé, donc Dieu, son papa. [SPEAKER_00] Ah parce que donc c'est le fils de Dieu. C'est un prophète, le demi-frère de Jésus, donc le fils de Dieu. Le principe du mouvement Aenia, c'est de créer une ambassade [SPEAKER_00] sur un pays neutre, sur une terre neutre pour créer ces gens-là qui sont les Eloïm, ceux qui nous ont créés en laboratoire avec 25000 ans d'avance sur nous pour dire à l'humanité que ce sont des gens qui veulent la paix, ce sont des gens pleins d'amour et arrêter d'avoir des croyances telles que le christianisme [SPEAKER_00] ou de ou d'être musulmans ou bouddhistes. Vraiment leur ouvrir la porte dans la sérénité pour qu'ils viennent sur terre. Ça, c'est la base du mouvement raélien. C'est la croyance des raéliens qu'on a été créé par des extraterrestres et qu'on va les accueillir sur terre. [SPEAKER_00] C'est ça le mouvement raélien à la base. C'est en ça qu'on que les gens croient. Après, y a tout ce qui est hygiène de vie, le l'irahelien [SPEAKER_00] Prendre soin de soi. Il faut prendre énormément soin de soi, il faut être connecté à soi, il faut prendre soin des gens parce que les Eloïm sont des êtres pleins d'amour puisqu'ils nous ont créés. [SPEAKER_00] Et bien on se doit d'être plein d'amour et de bienveillance. [SPEAKER_00] Donc à la base, [SPEAKER_00] c'est un farfelu, [SPEAKER_00] même ouf, mais ce n'est pas mauvais. [SPEAKER_01] Et il est là la nuance, elle est là dans le truc où tu te dis, ouais c'est cool quoi, tu vois. En fait c'est toute la, tu vas nous nous raconter, mais c'est toute l'emprise en fait. C'est-à-dire qu'en fait ce n'est pas violent à la Non, [SPEAKER_00] je t'assure que tu passes 3 jours avec des Réaliens sans savoir que c'est des Réaliens, tu dis, mais ça va devenir mes potes. Ah ouais. Mais complètement, parce que tu sais, tu arrives dans un monde où tout est doux. [SPEAKER_00] Tout est doux. Tu es, et même la manière dont on va te dire bonjour, c'est doux. [SPEAKER_01] D'ailleurs toi on t'appelait d'une façon particulière non On m'appelait Lydia Moore. Donc Lydia [SPEAKER_00] Moore. Mais ça c'est elle qui m'avait renommée comme ça et puis après j'ai été appelée Aisha, Ai pour intelligence artificielle parce qu'ils sont très très les Réliens. Aisha parce qu'apparemment je retombe toujours sur mes pattes. Rail disait ça de moi. Donc oui c'est toujours plein d'amour mais [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_01] en apparence. Évidemment. Ce n'est pas la vraie vie. On va y venir, mais ce que tu racontes, ça paraît dingue. [SPEAKER_01] Les extraterrestres, une ambassade qui d'ailleurs n'a jamais été en Non, le mais ma mémoire est bonne normalement d'ici 2033. D'accord, donc il a le temps. [SPEAKER_01] Juste pour pour bien [SPEAKER_01] comprendre, [SPEAKER_01] c'est farfelu. Néanmoins, y beaucoup d'adeptes. Est-ce qu'on arrive à savoir [SPEAKER_00] le nombre d'adeptes à peu près qu'il a aujourd'hui Alors à peu pour qu'on comprenne l'ampleur. Alors à peu près, c'est cent-vingt-un, 25000 [SPEAKER_00] personnes sur la planète, sur chaque continent. Mais il faut savoir que moi, que j'ai vécu chez les Réaliens, c'est qu'il y a des Réaliens qui viennent, qui repartent, qui reviennent, qui repartent. [SPEAKER_00] C'est tellement ouvert, tu peux tellement partir quand tu veux [SPEAKER_00] que à un moment, ça ne ne te va pas, tu fais un écart et puis tu reviens. D'ailleurs tu dis c'est une prison sans mur et sans serrure. Mais complètement parce que la prison elle est dans ta tête et je pense que, [SPEAKER_00] mais même dans la vie sans être raélien, la plus grande prison de chaque être humain c'est son cerveau. [SPEAKER_00] Parce que moi je pouvais partir quand je voulais. Je pouvais dire non, [SPEAKER_00] Mais là-dedans, [SPEAKER_00] c'était [SPEAKER_00] inconcevable. Je je ne pensais même pas à le dire parce que même si j'imaginais que je puisse le dire, je me disais, [SPEAKER_00] meuf, je parle comme ça dans la vie, donc je parle comme ça Vas-y vas-y, bien sûr. Mais meuf, [SPEAKER_00] tu es qui [SPEAKER_00] Pour te permettre [SPEAKER_00] de pouvoir penser que tu peux dire non. Donc les portes sont grandes ouvertes, personne ne m'a jamais obligée à rester. C'est ta mère qui te fait rentrer dans la secte. D'ailleurs tu dis ma génitrice pourquoi Parce qu'elle m'a mis au monde, elle m'a aimé à sa manière. Je ne peux pas dire qu'elle ne m'a pas aimé. Je pense même que aujourd'hui [SPEAKER_00] je pense qu'elle est même un peu moins vu tout ça, mais elle m'a aimé à sa manière avec ses failles à elle, [SPEAKER_00] mais elle ne m'a pas [SPEAKER_00] mis dans la vie dans des bonnes conditions, [SPEAKER_00] donc elle n'a pas fait son rôle de maman. Elle m'a même mis en danger dans mon prisme à moi, mais dans son prisme à elle, elle m'a honorée, elle m'a donné tout ce qu'elle pouvait. [SPEAKER_01] Donc elle m'a mis au monde. Ça s'arrête là. Ça s'arrête là. Dans l'enfance, [SPEAKER_01] tes premiers contacts avec le mouvement raélien [SPEAKER_01] se passent à l'Éden. [SPEAKER_01] Et donc l'emprise elle va être, elle va commencer très tôt pour toi parce que ce lieu, l'Éden, est un lieu que tu perçois comme très positif. [SPEAKER_00] En tant qu'enfant, tu peux nous raconter ce que c'est Alors l'Éden, c'est un camping qui est situé dans le sud de la France. [SPEAKER_00] Et tu vois, tu es déjà parti en colonie Oui, bien sûr. Tu as tu as retrouvé tes potes, tes potes Ah, c'est génial. Et bien voilà. Et quand tu as 4 ans, 5 ans, 6 ans, tu vas à Eden et tu revois tes copains et tes copines. Tu allais à l'école normalement et pendant les vacances tu allais C'est ça. En fait les les raéliens, ce n'est pas une société fermée. Ce n'est pas quelque chose quelque chose de fermé. On a tous une, on a, c'est marrant parce que je me rends compte que je parle encore comme si j'y étais. [SPEAKER_00] On a tous, tu vois. Ils ont, [SPEAKER_00] c'est c'est [SPEAKER_00] marrant. [SPEAKER_00] C'est ils ont une vie où comme toi tu travailles, tu vois, tu as des amis, tu fais du sport et ponctuellement dans l'année, [SPEAKER_00] tu vois les raëliens. Donc les week-ends, tu vas faire de la diffusion, des conférences et puis tu as des stages raëliens. Mais c'est ponctuel après au quotidien, mais bien évidemment que tu vis à travers le mouvement raëlien, mais si pendant 6 mois tu ne vois pas de raëlien, c'est ok, ce n'est pas grave. Tu comprends, il faut travailler pour pouvoir [SPEAKER_00] lui donner de l'argent, [SPEAKER_00] pour pouvoir déjà créer son l'ambassade des extraterrestres et qu'il ait lui un train de vie. Donc tous les les raéliens travaillent. [SPEAKER_00] Comment comment ça fonctionne ça Qu'en fait tu tu donnes un pourcentage de tes revenus à Arel Alors tu donnes un pourcentage de tes revenus pour la construction de l'ambassade, donc au mouvement raélien. Elle est là la naissance, c'est 10 pour 100 par an de ce que tu gagnes. Ok Et ensuite, [SPEAKER_00] il y a les enveloppes, moi j'appelle ça des enveloppes parce que je l'ai vu, de mes yeux vu, que tu donnes à réel pour son train de vie, tu comprends, il faut qu'il ait, qu'il travaille en business, qu'il qu'il voyage en business, [SPEAKER_00] qu'il qu'il qu'il dorme dans des hôtels de luxe, [SPEAKER_00] qu'il ne vit pas comme moi quoi. Ce n'est pas possible. Donc donc tu as vu des gens lui donner des Alors moi j'ai vu des, j'ai vu pendant des stages, alors j'étais [SPEAKER_00] la potiche comme beaucoup. J'étais à côté avec tes couffins, tu sais les couffins pour bébés Ouais. Ok et puis il il autorisait les gens à avoir l'honneur [SPEAKER_00] de lui donner des enveloppes devant lui. Donc j'ai vu des queues [SPEAKER_00] avec des gens qui patientaient [SPEAKER_00] pour mettre dans ses couffins ou ses panières des enveloppes, réels regardaient [SPEAKER_00] les gens et les gens faisaient comme ça et l'autre passe et ça durait une heure 2 heures. Et des couffins partaient. [SPEAKER_00] Je l'ai vu de mes yeux. [SPEAKER_00] Donc voilà ça c'est hors les 10 Ouais [SPEAKER_01] ouais les les gens qui donnaient de l'argent se sentaient honorés, [SPEAKER_01] isolés. Mais bien sûr. Pour qu'on comprenne, il y a une organisation qui est particulière, [SPEAKER_00] il y a les hommes et les femmes, c'est ça Alors non, pas tout à fait. Il y a une partie tout à fait pour les femmes qui s'appelle l'ordre des anges et il y a une 1 autre partie qui est ouverte aux hommes et aux femmes et ça c'est une, c'est la structure. Donc la structure c'est en fonction de l'implication que tu as dans le mouvement réalien. Donc c'est par niveau, niveau de niveau un à guide évêque celui qui est en dessous de réel. Donc plus tu es impliqué, plus tu montes, plus les échelons montent. Donc ça c'est ouvert à tout le monde. Il y l'ordre des anges qui est uniquement ouvert aux femmes, [SPEAKER_00] toutes les femmes, mais en fonction de leur apparence [SPEAKER_00] physique, [SPEAKER_00] elles font partie d'une branche qui s'appelle les cordons dorés. [SPEAKER_00] L'ordre des anges, c'est c'est [SPEAKER_00] on a des petites plumes autour du cou de couleur blanche ou de couleur rose. [SPEAKER_00] Couleur blanche, [SPEAKER_00] c'est tu peux avoir des rapports intimes avec tout le monde. Ok Couleur rose, c'est moi ce que j'avais, tu n'as le droit d'avoir des rapports intimes [SPEAKER_00] qu'avec réels et les extraterrestres quand ils viendront sur terre. [SPEAKER_00] Ça c'est la couleur des plumes. Ok. [SPEAKER_00] Ensuite il y a différents types de cordons. Il y a les cordons non colorés, donc ça c'est pour généralement [SPEAKER_00] les personnes un peu moins jolies, donc elles ont une plume, 2 plumes, 3 plumes. Et les cordons dorés, donc ça ce sont les personnes qui peuvent être proches de lui, être à son service. Donc les cordons dorés, plumes blanches, elles peuvent être, elles peuvent avoir des rapports intimes avec lui, mais avec tout le monde. D'accord. Voilà, elles sont ouvertes à tous. Et moi, j'ai des cordons dorés, plumes roses. Donc moi, j'étais que pour lui et pour les Eloïmes quand ils étaient Mais soyons esclaves. [SPEAKER_00] Oui, sauf qu'à l'époque, [SPEAKER_00] j'étais honorée. Elle est là la difficulté [SPEAKER_00] d'accepter sans dire non. Tu vois de dire j'ai subi quelque chose que je n'aurais pas dû subir et en plus j'ai fait en sorte de le de le subir. [SPEAKER_00] Cordon doré, plumes roses, il y en avait que 5 dans le monde. Sur la planète, y en avait une par chaque continent dont sa compagne de l'époque ouais. Donc j'étais une de quand il était en Europe, c'était Tu étais une des favorites en fait. J'étais, on m'appelait une élue, une élue des Elohim. [SPEAKER_00] C'était le cordon doré plume rose, j'étais une élue des Elohim. [SPEAKER_01] Et de faire l'amour avec les extraterrestres [SPEAKER_01] quand ils arrivent, [SPEAKER_01] enfin tu vois dans la [SPEAKER_00] potentialité qu'ils arrivent sur terre, ça ne t'effriait pas Mais pas du tout. Parce que moi j'ai été élevée de telle manière à ce qu'on me dise que ce soit des gens comme nous, plein d'amour [SPEAKER_00] Et c'était un honneur qu'il m'ait choisi. Parce que quand, parce que quand moi c'est Raël qui m'a demandé d'être plume rose cordon dorée, je n'ai pas fait ma demande. Donc moi forcément c'était un truc de fou. [SPEAKER_00] Et à travers les yeux de Raelle, les Eloïdes m'ont choisi. Parce que c'est les Eloïdes et Raelle qui choisissent les élus. [SPEAKER_00] Donc pour moi c'était [SPEAKER_00] c'était [SPEAKER_01] À l'époque tu te sentais honorée. [SPEAKER_01] C'est assez intéressant parce que la sexualité est quand même très très présente [SPEAKER_01] dans ce mouvement. [SPEAKER_01] Il y a aussi une sexualité [SPEAKER_00] qui est acceptée pour les enfants, c'est ça Alors à l'époque, quand Tra elle a sorti ses livres, il a écrit dans ses livres que la masturbation, [SPEAKER_00] il faut apprendre la masturbation à nos enfants, c'est un devoir de parents. Ok [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] quand j'allais à Eden, tout le monde était tenu. À la rigueur ça, il y en a de partout et tout. Sauf que j'ai j'ai j'ai, c'était quand même assez malaisant. Je ne, attention, moi, je ne parle que pour moi et c'est ce que je, moi j'ai ressenti. [SPEAKER_00] C'est ma perception des choses. C'était très malaisant parce que ça se touche, ça se caresse, [SPEAKER_00] ça Et tu avais quel âge quand tu voyais ça Ah j'ai commencé à, je pense que les premiers souvenirs où je vois des hommes et des femmes se toucher, j'ai peut-être 7 8 ans, mais je pense que j'ai dû en avoir avant. Sauf que Je ne t'en souviens pas. Je ne m'en souviens pas. Mais oui, c'est c'est omniprésent. Moi, je l'ai vécu comme ça. Et puis tu sais quand tu quand tu vois que ça tique, quand moi, des fois, t'yquais, on me disait, mais comme ça excuse-moi, tu n'es pas une bonne raélienne, [SPEAKER_00] il faut te remettre en question, [SPEAKER_00] la sexualité n'est pas un tabou. Ah ouais. Tout de suite et en fait moi j'ai été conditionnée [SPEAKER_00] sans le savoir forcément à ce que ce soit ma normalité. [SPEAKER_00] Donc quand tu tu tu alors les un quelqu'un qui arrive dans le mouvement qui voit ça et qui dit waouh c'est surtout c'est quelqu'un qui a un problème avec la sexualité qui dit c'est la porte ouverte. Mais moi c'était ma normalité. Ce qui est fou, c'est que quand je sortais du mouvement, pour moi c'était les gens qui n'étaient pas normaux parce que ça ne se touchait pas. C'est ça. J'en rigole. Ouais. Ça m'évite de pleurer. Ouais. Mais c'était ma réalité, mais c'est c'est pour moi tout est tout est insidieux, tout est ouvert à la sexualité, on t'amène ça très rapidement. [SPEAKER_01] C'est c'est très très important, ça fait partie pour moi des socles du mouvement réalien effectivement. Il y a eu y a eu quand même des scènes qui t'ont choquée justement à Athènes [SPEAKER_00] où tu as vu des adultes en fait tu n'aurais pas dû être là. Mais c'est ça en fait moi j'étais il y avait des cours donc nous les enfants on n'assistait pas aux cours et puis je passe devant un grand chapiteau qui s'appelait l'Olympe [SPEAKER_00] et j'ai je suis une gamine donc je j'ouvre le chapiteau je regarde et je vois un gloriole tu sais ce que c'est un gloriole. C'est [SPEAKER_00] un mur, espèce de mur avec des trous et et je vois des sexes [SPEAKER_00] de ces trous et puis les les les conjoints ou les personnes devaient sentir le sexe pour reconnaître [SPEAKER_00] le sexe de de savoir si de leur conjoint ou pas. Bref, je vois cette scène. [SPEAKER_00] Donc je reste avec ça, mais je n'en parle pas parce que je ne sais pas si je peux en parler. J'ai j'ai aussi une fois un truc où j'ai les yeux bandés parce que Raël demande aux adultes de faire un exercice. Quand on est enfant, on reproduit ce que font les adultes. J'ai les yeux bandés puis la femme est, il y une femme qui est allongée sur sur le sol. J'ai mis des années après à comprendre qu'en fait je passais la main sur le corps et que là où c'était poilu, c'était son sexe. [SPEAKER_00] J'étais gamine, j'avais peut-être 10 ans. Il y plein de choses comme ça qui [SPEAKER_00] m'ont mis moi mal à l'aise, mais comme c'est la norme de tout le monde. Tu sais l'effet de groupe. Bien sûr. Tu ne rien. Ouais donc très tôt j'ai été amenée à avoir des choses. Et ta mère elle ne t'a pas, [SPEAKER_01] enfin pour elle, c'était normal quoi. [SPEAKER_00] Alors comme elle a eu une 1 [SPEAKER_00] éducation, la sexualité était complètement taboue, [SPEAKER_00] elle trouvait une certaine fierté [SPEAKER_00] à me dire, mais non ma fille, c'est normal. [SPEAKER_00] Mais non ma fille, moi une fois j'ai été voir ma maman, je me souviens on était dans le salon, dis, mais tu as déjà fait l'amour maman [SPEAKER_00] Elle me dit, mais oui, mais toi aussi tu vas le faire. Moi j'ai 2 enfants. [SPEAKER_00] Je je parle avec eux, [SPEAKER_00] mais c'est sain, [SPEAKER_00] c'est protège-toi, [SPEAKER_00] fais attention, [SPEAKER_00] ne te donne pas comme ça, sois sélective. [SPEAKER_00] Si tu n'as pas envie, tu dis non. [SPEAKER_00] Moi ce n'est pas l'éducation que j'ai eue, c'est sain. Moi ma ma maman elle me disait, [SPEAKER_00] bon c'est bien, tu vas le faire, c'est génial. [SPEAKER_00] Mais elle elle n'avait pas conscience, pour elle c'était bien ce qu'elle C'est [SPEAKER_00] c'est pour ça que je quelque part je je [SPEAKER_00] n'ai pas d'énergie à lui en vouloir. Ouais ouais. Puisque pour elle Et d'ailleurs elle se sent valorisée [SPEAKER_00] parce que tu vas être repérée très peu par elle en fait. Complètement, quand tu as 9 ans, il vient au bord de la piscine et qu'il me dit qu'on va être amené à se revoir plus tard parce qu'en gros je Dès l'âge de 9 ans. Ouais, dès 9 ans. Alors moi je t'explique, c'est comme si j'avais vu Mickey. Tu imagines, tu sais, j'étais folle, folle de joie et puis je vois que ma maman est contente quand les gens vont lui dire, tu te rends compte le prophète il est approché de ta fille, ouais c'est ma fille. Et puis après quand j'ai grandi et que j'ai été de plus en plus proche de lui, que les gens allaient le voir en disant merci pour ta fille de ce qu'elle fait pour elle. Ah ouais. [SPEAKER_01] Se sentait exister. Dès l'âge de 10 ans, il te fait goûter un de ses plats. Ça, c'était un signal. [SPEAKER_00] Ouais, en fait, il y a beaucoup d'art dans le mouvement haïtien, beaucoup de spectacles qui est qui est génial en soi. Et je, il m'invite à se m'asseoir à côté de lui et puis et puis on mange, c'était le jeûne tout ça bref et puis il me dit tiens goûte mon plat, je n'avais pas compris à l'époque et moi j'étais flattée. [SPEAKER_00] Et en fait j'ai compris plus tard qu'on goûtait ces plats pour voir si on, s'il n'était pas empoisonné. [SPEAKER_00] Mais ça je n'ai pas compris Parce qu'il le faisait en fait avec des femmes Bien sûr sauf que moi j'étais là, c'est le, pour le coup là c'est le hasard tu vois j'étais là à goûter mon plat, nanana. Mais régulièrement [SPEAKER_00] moi j'ai goûté ses plats en étant plus grande et si ce n'était pas moi c'était d'autres pour savoir si personne n'allait le tuer. Donc tu étais prête, enfin enfant tu ne t'en es pas rendu compte, mais ensuite tu étais prête à te sacrifier pour lui, c'est-à-dire qu'en fait tu étais prête à Ah je sais que tu savais pourquoi tu goûtais le plat [SPEAKER_00] J'ai compris plus tard, vraiment plus tard, mais ne me l'a jamais dit clairement, mais après j'ai la chance ou la malchance de ne pas être trop imbécile. [SPEAKER_00] Donc j'ai compris, mais j'aurais pu mourir pour lui. [SPEAKER_00] J'aurais pu si quelqu'un m'avait dit [SPEAKER_00] c'est où il vit [SPEAKER_00] et toi tu meurs [SPEAKER_00] de notre souffrance, je l'aurais fait. Il [SPEAKER_00] allait sauver l'humanité. [SPEAKER_00] On était persuadé. Mais c'était ma raison de vivre. J'étais fanatique, [SPEAKER_00] j'étais fanatique. C'est pour ça qu'aujourd'hui, [SPEAKER_00] tu vois là je suis médiatisée, tu vois je rencontre des gens où les, j'en parle avec mes potes, ils me disaient tu as rencontré telle personne, [SPEAKER_00] je m'en fous. [SPEAKER_00] J'ai j'ai idolâtré [SPEAKER_00] et été fan de quelqu'un toute ma vie. Donc aujourd'hui on est tous les mêmes. Plus jamais j'aurais ce truc de, mais moi j'aurais pu mourir, j'aurais pu j'aurais pu voler pour lui, j'aurais pu tuer pour lui. J'étais [SPEAKER_00] sous son emprise. [SPEAKER_00] Et maintenant tu t'en rends compte. Maintenant je me rends compte, mais c'est compliqué tu sais, parce que [SPEAKER_00] j'ai le truc du de de qui est compliqué c'est que j'avais des trucs en moi qui me disaient quand [SPEAKER_00] même, ce n'est pas ouf tu vois. [SPEAKER_00] Tu ne t'écoutes pas en fait. En fait tu tu sentais un peu quand même. Ouais moi de par contre le le et je pense que c'est ça aussi qui m'a sauvé tu vois. C'est que depuis toute petite, il y a toujours eu un truc en moi qui [SPEAKER_00] qui qui [SPEAKER_00] ce n'était pas ok. [SPEAKER_00] Je ne me l'autorisais pas, mais c'était en moi. Donc c'est aussi ça qui m'a permis je pense de pouvoir m'extraire [SPEAKER_00] plus facilement que d'autres Quand [SPEAKER_01] tu dis ce n'est pas ok, c'est intéressant, [SPEAKER_01] Raël t'a repéré. [SPEAKER_01] Dès l'âge de 13 ans, tu vas faire un 1 stage [SPEAKER_01] qui va durer 15 jours, c'est interminable. C'est en Suisse je crois avec un homme qui s'appelle Christian. [SPEAKER_00] C'est un faux prénom. Oui je j'ai changé tous les prénoms. [SPEAKER_01] Christian est beaucoup plus âgé, il a une cinquantaine d'années c'est ça Oui tout à fait. Et donc cet homme de 50 ans va t'apprendre toi qui a 13 ans certaines pratiques pour un jour satisfaire [SPEAKER_00] Raelle, c'est ça C'est complètement ça. En fait les stages se passaient en Suisse, Raelle n'était pas présent [SPEAKER_00] et donc [SPEAKER_00] ce monsieur remplaçait Raelle parce que c'était un guide évêque dans la structure dont je parlais tout à l'heure. Donc il faisait nos cours tout ça. Et c'était quoi les cours Alors il y avait une semaine sur le l'éveil de soi, le bien-être personnel et une semaine de stage de guide pour apprendre à diffuser le message des Eloïmes [SPEAKER_00] Pour faire court, donc c'est vraiment la structure tout ça. [SPEAKER_00] Et à 13 ans, j'étais mignonne. J'ai pris une frappe depuis 43 [SPEAKER_01] ans. Ah mais tu es toujours très belle. [SPEAKER_00] Non mais non non mais j'étais une jolie nana et puis puis [SPEAKER_00] ça percutait, on discutait et puis j'étais invitée à des repas le midi, donc on était 4 [SPEAKER_00] et ça commence par une sieste [SPEAKER_00] et on te dit sournoisement [SPEAKER_00] laisse-toi aller tu sais quand tu seras grande, tu sais parce qu'il a vu que je tichais parce que je ne voulais pas son sexe dans ma bouche, parce que ça a commencé comme ça par des fellations. [SPEAKER_00] Tu avais 13 ans. Ouais j'avais 13 ans. [SPEAKER_00] Il a vu que je ticais et il me dit, mais tu sais quand quand tu devras t'occuper de Rael, tu seras honoré, tu sauras bien faire. [SPEAKER_00] Alors là là où moi je me pose la question, c'est est-ce que c'est vraiment Rael qui lui a demandé Je ne peux pas dire ça, ne suis pas très, je ne pas sûre. Ou est-ce que c'est lui qui s'est servi de proximité avec réel et de l'emprise que réel avait sur moi pour que je lui fasse ses plaisirs. [SPEAKER_00] Là je ne sais, je ne veux pas dire de bêtises toi, mais il s'est passé 15 jours tous les midis où où j'avais une [SPEAKER_01] son sexe dans ma bouche ouais. C'est hallucinant et et toi et en fait il n'y avait pas d'adultes enfin il y avait d'autres adultes enfin. Alors en fait on mangeait tous les midis à 4 donc il y avait une jeune fille, [SPEAKER_00] un autre guide lui et moi donc on mangeait tout se passait bien mais après dans la chambre on était que tous les 2 Comme à chaque fois que j'étais avec Raël dans la chambre on était tous les 2. [SPEAKER_01] Et là évidemment tu ne, on ne t'a pas appris à dire non en fait, tu ne sais pas dire non. En fait, c'est je n'y pense même pas. [SPEAKER_00] C'est là où où c'est encore plus [SPEAKER_00] plus difficile parce que [SPEAKER_00] tu sais, c'est tu [SPEAKER_00] ne penses même pas à dire non. Tu n'as pas envie, mais [SPEAKER_00] je n'y pense même pas à dire non. En fait, c'est normal. [SPEAKER_00] Pour moi, c'est ok, [SPEAKER_00] on va m'aimer parce que je fais ça, donc tout de suite [SPEAKER_00] je me suis associée [SPEAKER_00] que l'amour qu'on pouvait me donner c'est parce que j'étais une femme avec un corps que je pouvais donner. [SPEAKER_00] Que sans ça, j'étais incapable quand même. Ce n'était pas possible de m'aimer si je ne, sexuellement je n'étais pas active. [SPEAKER_01] Et tu me racontais que du coup c'était compliqué aussi au collège parce que tu l'as expliqué, [SPEAKER_01] vous n'êtes pas enfermé dans un [SPEAKER_01] dans une ville ou dans un village en fait, vous vous allez chacun vivre vos vies et donc toi ensuite tu es scolarisé dans un collège classique. Dans un collège lambda. Sauf qu'à 13 ans, tu crois que c'est normal [SPEAKER_00] de faire des fellations. On est d'accord moi à 13 ans je crois que c'est normal, je crois que surtout que c'est comme ça qu'on va m'aimer. Donc j'arrive dans un collège où tout le monde sait que je suis la fille de la secte, où c'est compliqué, où je mens parce que je veux exister, je veux je veux avoir des copains, des copines et puis puis je suis très aguicheuse et puis je je montre rapidement au garçon qui a une porte ouverte et puis puis pendant la récréation et le temps de midi, [SPEAKER_00] on va aux toilettes et je reproduis. [SPEAKER_00] Je reproduis sauf que ça me dessert parce que je suis la fille facile du collège, c'est, je me souviens d'une fois on avait une compétition en [SPEAKER_00] athlétisme, mais mais tout le collège c'était un truc et puis à un moment je courais, tous les garçons sont assis et je passais longtemps. [SPEAKER_00] Voilà. [SPEAKER_00] Mais je j'en rigole en fait. Mais ça te faisait pas de peine sur le coup Non parce que moi on m'a appris que les gens qui me jugent les pauvres ils ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils n'ont pas la vérité que moi j'ai. Donc j'ai j'ai eu une période de ma vie où j'étais hyper hautaine en fait. Moi j'ai la vérité. [SPEAKER_00] Je suce les garçons dans les toilettes, mais c'est moi, c'est vous le problème. [SPEAKER_00] Donc ça a fait mal après en fait. Sur le moment c'était compliqué un petit peu, mais pas de souffrance. Tu [SPEAKER_00] sais c'est quand c'est quand tu conscientises les choses. C'est le second effet kiss cool en fait. C'est des années après. [SPEAKER_01] Et là tu dis que tu, est-ce que tu t'es déjà dissociée [SPEAKER_01] Est-ce que ça commence dès l'adolescence en fait la dissociation entre corps et esprit Ça commence dès la 1re fois que j'ai un sexe dans ma bouche. [SPEAKER_00] Là tout de suite. Donc c'est à l'âge de 13 ans. Ouais c'est ça. Il me disait il me disait fais comme ça va plus vite, va plus profond. Excusez-moi j'entre dans les détails. Non non mais c'est ce que tu as dit. Mais en fait tu as un robot, [SPEAKER_00] tu sais quand tu quand tu parles à Siri, [SPEAKER_00] Siri fait ci, Siri fait ça. C'est fou. Je viens de faire la comparaison là d'un coup. En fait c'est ça et puis en fait tu réfléchis pas et c'est fini. [SPEAKER_00] Et tu retournes voir les autres comme si de rien n'était, [SPEAKER_00] tu te laves même, mais moi je me souviens qu'une fois il m'a dit, te lave pas les dents, ça m'excite [SPEAKER_00] parce que tu vas faire la bise aux autres. Ah ouais c'est quand même C'est [SPEAKER_00] particulier ouais. [SPEAKER_01] Et à l'âge de 16 ans, [SPEAKER_01] là c'est Raël [SPEAKER_01] qui va commanditer [SPEAKER_01] ton viol. [SPEAKER_01] En tout cas lui probablement le perçoit comme de l'éducation sexuelle. [SPEAKER_01] Je pense, il a évidemment en tête comme il t'a repéré qu'un jour tu seras sa femme, [SPEAKER_01] mais il va demander à un homme [SPEAKER_01] de faire ta 1re fois sans ton consentement. [SPEAKER_01] C'est un homme qui s'appelle Fabrice, [SPEAKER_01] c'est un faux prénom si et c'est quelqu'un en qui tu avais confiance. Donc en fait tu vas nous raconter mais tu tu [SPEAKER_01] tu arrives [SPEAKER_01] dans [SPEAKER_01] cette chambre, dans cette pièce [SPEAKER_01] pensant être en totale confiance avec cet homme qui lui aussi est plus âgé d'ailleurs. Exactement, alors j'avais 15 ans. 15 ans pardon. Et c'était mon guide de région. [SPEAKER_00] Donc la structure, donc il y a le guide et c'était celui dans la région Rhône-Alpes [SPEAKER_00] qui nous guidait, qui nous dit on fait ci on fait ça. Donc c'était mon guide de région que je connaissais depuis des années et des années. [SPEAKER_00] Donc il se passe un week-end dans la région où on est tous ensemble et puis à la fin il me dit écoute Lydia, [SPEAKER_00] on finit dans ma chambre, mais comme ça m'était déjà arrivé avant avec d'autres, sauf que là on se retrouve que tous les 2 et je ne comprends pas trop ce qui se passe. En fait je ne comprends pas ce qui se passe, je me laisse faire et là pour le coup je n'étais pas là. [SPEAKER_00] Et je ne sais pas à cette époque-là [SPEAKER_00] que ce sont, que c'est le choix de réel. [SPEAKER_01] Ça, tu l'as su après Je l'ai su après. [SPEAKER_00] Je l'ai, mais ce ce soir-là, je ne savais pas du tout. Et je pense que [SPEAKER_00] même la réelle, la manière dont il l'a amené à ce monsieur à faire ça, ce n'est même pas, [SPEAKER_00] vas-y fais-le. C'est insidieux, c'est, [SPEAKER_00] parce qu'une fois on croisera elle et il me fait comprendre que c'est lui qui a choisi. [SPEAKER_00] Ma 1re fois, mais des années après. Mais ouais ça s'est passé, je n'ai pas compris ce qui se passait, je suis sortie, j'étais un peu, [SPEAKER_00] qu'est-ce qui se passe quoi, c'était [SPEAKER_00] c'était celui qui était mon modèle [SPEAKER_00] et mon guide dans ma région, c'était mon pote, [SPEAKER_00] il était plus âgé, plus [SPEAKER_01] âgé, je crois que Il a un gage. [SPEAKER_00] Je pense qu'à l'époque j'avais alors j'avais 15 ans, il va avoir plus de 30 ans. Ah oui. Ouais plus de 30 ans. Et sur le coup tu tu tu perçois que c'est une agression ou tu l'as compris plus tard Je l'ai compris plus tard. En fait j'ai compris que je me suis fait agresser [SPEAKER_00] il y a 2 ans, [SPEAKER_01] 3 ans. À 40 ans en fait. Ouais, [SPEAKER_00] c'est ça. En fait je me suis fait, tout simplement je me suis fait agresser dans la rue en [SPEAKER_00] bas de chez moi. Je vais voir la police et puis expertise psychiatrique [SPEAKER_00] et j'explique un peu ma vie et là je tombe sur quelqu'un qui me dit vous avez été sous emprise. [SPEAKER_00] Ça ne, c'est quelque chose que je n'avais jamais percuté sauf que là je pense que c'était le bon moment où j'ai percuté et ça a changé ma vie. S'il y avait 2 2 possibilités [SPEAKER_00] ou qu'est-ce que tu en fais, tu tu tues en fait ou tu me transformes, [SPEAKER_00] voilà. Et tu as choisi de transformer. J'ai choisi d'avoir des douleurs utiles. [SPEAKER_01] Merci de nous raconter tout ce que tu nous racontes parce que c'est évidemment très très douloureux et on et on le comprend enfin c'est Ce n'est pas un exercice facile. Non non non ce n'est pas facile. [SPEAKER_01] Je le le comprends et c'est c'est pour ça que je te remercie. Mais [SPEAKER_00] merci de me, 2 secondes de me donner la parole cette parole est aujourd'hui importante [SPEAKER_00] malgré les, malgré ce que ça ça ça peut jouer dans ma vie, mais c'est important parce qu'on est tous sous l'emprise. [SPEAKER_00] Que ce soit au travail, dans la famille, avec les amis, au sport, [SPEAKER_00] juste il faut être aligné et dire non. Apprenez à vos enfants [SPEAKER_00] à dire non, s'il vous plaît. Ouais, c'est important. Ça c'est ça c'est c'est la base, si les bases, si à la base on t'apprend de dire non, ça te ça peut te changer, je suis émue, excuse-moi, ça peut te changer ta vie en fait. [SPEAKER_00] Tu n'avais jamais appris Non, on m'a pas appris. [SPEAKER_00] Pourtant dans le mouvement réelien, on te dit ne te force pas, sois alignée avec toi. [SPEAKER_00] On te dit soit, c'est ce, mais tu, mais moi j'ai j'ai déjà à la à la base c'était bancal avec avec cette avec ma mère, mais mais je n'ai pas eu l'occasion de dire non, ce [SPEAKER_00] n'était pas possible. [SPEAKER_01] Tu vas quand même raconter à ta cousine [SPEAKER_01] ce qui se passe. Tu lui racontes parce que ça te paraît passant ou tu leur racontes parce que c'est ta vie de tous les jours. Tu vas lui raconter [SPEAKER_01] ce stage en Suisse, tu vas lui raconter cette 1re fois, cette 1re agression. [SPEAKER_01] Enfin ce n'est pas la 1re d'ailleurs, je ne pas ce n'est pas vrai. Cette agression avec [SPEAKER_01] Fabrice, [SPEAKER_01] ce ce viol, [SPEAKER_01] tu lui racontes pourquoi. [SPEAKER_00] Lui raconte parce que je la dors ma cousine et que c'est ma vie et que ça faisait longtemps que je ne l'ai pas vue et que je dormais avec elle soirée [SPEAKER_00] Sur les pyjama. Ouais et que [SPEAKER_00] et que je crois que j'avais besoin [SPEAKER_01] de le partager. Ce que tu n'avais jamais raconté. Non. [SPEAKER_00] On sait que ça se passe, mais on ne dit pas, sais les secrets de polichinelle. [SPEAKER_00] Là, je crois que j'avais besoin et elle a été superbe parce qu'elle [SPEAKER_00] a fait, elle m'a écouté, mais tu sais, elle ne m'a jamais, je n'ai jamais senti que ce n'était pas normal ce que je vivais. Elle m'a laissé cette porte ouverte de pouvoir m'exprimer sans me sentir jugée. [SPEAKER_00] Donc elle m'a donné cette force de de de De raconter. De parler comme une, comme on parle toutes les 2. Elle a été superbe pour ça. Et donc je lui parle et puis finalement, ce qui est tout à fait normal, elle en parle à ses parents qui qui en parlent aussi à mes oncles, donc ils vont faire un signalement à la police. [SPEAKER_00] Et là la police Tout s'est emballé après. Après tout s'est emballé, on est sur écoute, donc moi je ne sais pas qu'on est sur écoute et je rends, je parle au téléphone avec mes mes copines raéliennes de ce qu'on fait avec différents raéliens parce qu'en fait ça tourne, on tourne toutes [SPEAKER_00] avec les mêmes personnes, le même socle. [SPEAKER_00] Je je j'ai j'ai les copains [SPEAKER_00] collège qui m'appellent en me disant demain on se donne rendez-vous dans les toilettes parce que j'ai envie que tu, voilà. [SPEAKER_00] Donc tout ça c'est au téléphone en fait, mais moi je ne pas et puis un jour ça frappe à la porte. [SPEAKER_00] Et ils embarquent mes parents, moi je pars de mon côté. [SPEAKER_00] Et là ton père te dit un truc intéressant. Alors avant de partir, il me dit ma fille, tu ne dis que la vérité, [SPEAKER_01] tu ne racontes que la vérité, pas d'autre chose. C'est une forme de libération ça, parce que ton père, est, je fais une toute petite parenthèse, mais parce que tu parles beaucoup de ta mère, c'est ta mère qui est rentrée dans la secte et ton père était Il était en retrait, il est venu quelquefois, mais pour lui, c'était le nubi qui allait passer. [SPEAKER_00] Lui dire non à elle, c'était prendre les risques qu'elle se tape la tête entre les murs. Donc [SPEAKER_00] c'était violent, donc lui il s'est dit de loin en fait. Quand il dit, quand il te dit, [SPEAKER_01] là tu racontes la vérité, tu crois que lui savait ce qu'il fallait que tu racontes [SPEAKER_00] Alors je pense qu'il ne, [SPEAKER_00] pas forcément, mais comme j'étais habituée à mentir beaucoup, [SPEAKER_00] je pense que c'est plus dans ce sens-là. Ok. Ouais, parce que où il était dans, où il était, il le savait, mais il était dans un déni complet ou je pense que oui il ne s'en rendait pas compte, mais j'aime à croire qu'il ne s'en rendait pas compte. Tu [SPEAKER_00] vois. [SPEAKER_00] Donc ils viennent à la maison et [SPEAKER_00] on va dans un 1er poste de police sur Saint-Étienne, à l'époque j'habitais Saint-Étienne, [SPEAKER_00] et tu sais les tables sont accrochées [SPEAKER_00] au sol, [SPEAKER_00] tables et chaises, c'est, moi je ne connais pas. Tu ne pas pourquoi tu es là en fait. Mais je ne sais pas. C'est une c'est une scène de film. Mais ouais, et je ne sais pas que mes parents sont en garde à vue surtout. Je ne sais pas en, donc là il a une avocate Personne ne raconte. Non. Là tu es mineure. Là, j'ai 15 ans. Ouais 15 ans et 3 4 mois. [SPEAKER_00] Et il y a une avocate qui arrive qui me dit, [SPEAKER_00] je je t'assure je ne me souviens pas de ce qu'elle me dit. J'ai j'ai, elle est, j'étais là, mais je n'étais pas là. C'était tellement violent qu'en fait là aussi j'ai dissocié tu vois. On monte à Lyon, donc dans la voiture, tu sais il y avait en plus des policiers canadiens. [SPEAKER_00] Donc ça discute, y a une dame, je vois la dame elle est un petit peu plus dure tu vois. Donc [SPEAKER_00] je parle pas trop avec elle parce qu'elle n'est pas méchante, elle n'est pas gentille. Mais tu sais, ils savent faire la confidence tu vois. Tu parles, ah mais [SPEAKER_00] oui mais mais je dis mais comment vous savez Mais en fait ils étaient, était sur écoute tu vois. [SPEAKER_00] Et on arrive à Lyon et là je, rapidement je ne sais pas trop comment ça se passe, je me retrouve les jambes écartées [SPEAKER_00] devant un gynécologue. [SPEAKER_00] Donc là il ne t'explique pas qu'un médecin va venir tout sculpter. Alors il est possible lui m'expliquer. Tu ne t'en souviens pas Je m'en souviens pas parce qu'on on me [SPEAKER_00] pose des questions sur ma sexualité, [SPEAKER_00] certes, mais [SPEAKER_00] je n'ai pas conscience que [SPEAKER_00] la la scène que j'ai dans mon esprit c'est qu'on discute [SPEAKER_00] trou noir, [SPEAKER_00] ça se réveille, j'ai les jambes sur les étriers, une lumière sur mon sexe. [SPEAKER_00] La scène que j'ai dans ma tête, et là je, un monsieur, [SPEAKER_00] je, qui me met un spéculum et je j'ai mal et je je crie. [SPEAKER_00] C'est la 1re fois que je crie [SPEAKER_00] en ayant mal et il me dit, c'est bon, ce n'est pas grave. [SPEAKER_00] Mais en fait, vous m'avez fait mal monsieur. Il me dit, mais en fait, ça se voit que tu es plus vierge, mais il reste une 1 morceau, donc je saigne, un morceau d'hymen, vois. Donc je saigne, je sais pas comment ça se passe et là, [SPEAKER_00] je me rends compte qu'une fois de plus, je ne me rends pas compte sur le moment, [SPEAKER_00] mais après des années, je me rends compte qu'une fois de plus je ne suis qu'un corps. [SPEAKER_00] Je suis dépossédé de qui je suis et cet cet acte-là [SPEAKER_00] m'a conforté [SPEAKER_00] dans l'idée que je ne suis qu'un morceau. [SPEAKER_00] On te prend, on te fait ce que tu veux et on te et on [SPEAKER_00] on fait ta vie. Ouais voilà. [SPEAKER_00] Et donc je je je reste avec cette image-là et après ce ce ce après [SPEAKER_00] 3 jours de [SPEAKER_00] 3 jours d'audition, [SPEAKER_00] 3 jours on te pose des questions et si et ça et si les et [SPEAKER_01] tout est ça va vite, il faut que ça aille vite, c'est violent. Tu dis ça t'a conforté, c'est c'est-à-dire que le fait que ça soit un médecin commandité aussi par la police, est-ce que vois il y une forme de validation de l'état enfin qui te dit Aurélien. [SPEAKER_00] Aurélien ouais. Donc forcément si si lui [SPEAKER_00] il a ce ce comportement-là avec moi sans me connaître, c'est que c'est normal. Donc je je ce n'est pas normal que je le vive mal. [SPEAKER_00] C'est moi le problème. [SPEAKER_00] Donc il m'a conforté dans l'idée que je n'étais qu'un objet finalement, [SPEAKER_00] que mon corps c'était ce qui me représentait seulement, ce que j'avais dans la caverne. C'est pense que le, tu le conscientises comme ça Non à l'époque [SPEAKER_00] pas du tout, je ne le conscientise pas comme ça. Je suis dans le déni [SPEAKER_00] complètement. [SPEAKER_00] Je ne le conscientise pas, mais maintenant avec le recul Bien sûr. Avec les années après, me rends compte que peut-être sans cette action-là, et je je n'accrimine personne, c'est, j'imagine, je suppose, il y des choses que je n'aurais peut-être pas faites dans ma vie. [SPEAKER_01] Et suite à cette garde à vue, tes parents et ta mère notamment vont dire on quitte le mouvement. C'est ça. Donc il y a une forme de parenthèse [SPEAKER_01] dans ta vie où toi tu n'es plus en contact avec le mouvement raélien [SPEAKER_00] et tu es persuadée que ta mère en fait est sortie de la secte. Mais c'est ça et en plus quand quand se termine cette garde à vue, je suis placée en foyer [SPEAKER_00] pendant 3 mois. [SPEAKER_00] 3 mois. Ah mais c'est et puis j'étais en plus dans un foyer à Saint-Étienne dans un quartier où c'est un foyer d'urgence Et moi, malgré la violence de ma vie, je ne me rendais pas compte. Je j'arrive dans un monde d'un monde de bisounours moi. Et puis j'arrive dans un endroit où les meufs s'insultent, ça se tape. Qu'est-ce que Et moi j'étais un bourreau, j'ai, c'était c'était mes bourreaux quoi. J'étais la petite fille un peu éduquée Tu étais une victime. Ouais complètement pardon ouais. J'étais la la petite fille un peu éduquée qui sait parler, qui sait se tenir et qui arrive dans un monde hyper violent. [SPEAKER_00] Et pendant 3 mois et je retourne chez mes parents et là bon c'est fini, le mouvement s'est terminé. [SPEAKER_00] Ok, [SPEAKER_00] je le vis au début, oh non non, mais fais rapidement, je me rends compte que c'est cool quoi. Et [SPEAKER_00] je suis persuadée qu'elle n'y va plus. Mais je tiens Et là et là ça dure combien de temps 3 ans. Ouais. 3 ans ou ou [SPEAKER_00] ouais peut-être 2 ans et demi avant que je me rende compte qu'elle y barre encore, tu vois. [SPEAKER_00] Et mais je suis persuadée qu'elle n'y va plus. On somme toute on a une vie à peu près [SPEAKER_00] normale, mais c'est c'est c'est on ne se parle pas, on ne s'entend plus, c'est violent. Je suis une je suis une adolescente difficile, je ne travaille pas à l'école, je [SPEAKER_00] je Parce qu'elle t'en veut en fait Mais c'est c'est ça. Et je ne suis pas rebelle. [SPEAKER_00] Je ne je je suis pas rebelle, mais je suis difficile puisque je mens, [SPEAKER_00] je [SPEAKER_00] ne travaille pas, je je je ne lui parle pas, [SPEAKER_00] ce n'est pas agréable. Le le rapport n'est déjà pas agréable. Mais est-ce qu'elle te reproche le fait d'avoir parlé Elle m'en veut, mais bien sûr, mais bien évidemment, c'est, je suis la source de tous ces problèmes. Pour elle ne mérite pas ça, je n'aurais jamais dû faire ça [SPEAKER_00] et je mens. [SPEAKER_00] Tout ce que je dis est faux. Ouais. Elle, elle dit que tu mens. [SPEAKER_00] Elle, dit que d'ailleurs quand il y a eu un procès pour faire une petite parenthèse, le juge évoque, le juge [SPEAKER_00] dit ce qui se peut, ce qui ce que j'ai dit ou des d'autres choses d'un coup, il dit non, ce n'est pas réellement. [SPEAKER_00] La [SPEAKER_00] salle d'audience était pleine, [SPEAKER_01] celle qui m'a mis au monde. Elle ne te reconnaît pas en tant que victime en fait. Mais non. [SPEAKER_00] Elle me reconnaît en tant que la personne qui lui gâche sa vie depuis que je suis née. [SPEAKER_01] Et c'est pour ça que tu ne l'appelles plus maman du coup. Au [SPEAKER_00] bout de 2 ans et demi, tu comprends qu'elle qu'elle n'a jamais quitté le mouvement en fait. Mais complètement, un message sur le répondeur, elle disait qu'elle qu'elle partait travailler un peu sur Paris, je me souviens. Message sur le répondeur d'une que je connaissais, [SPEAKER_00] ah bah tu as oublié ton chargeur ou une connerie comme ça à la maison. [SPEAKER_00] Ah ouais, donc elle continuait à avoir des copines en fait. Mais mais elle allait carrément au stage, elle disait qu'elle partait, moi elle me disait que je pars en séminaire pour du travail. Tu ne t'es pas doutée. Mais pas du tout, pas une seule fois, je me suis doutée de quoi que ce soit, j'étais persuadée que puis ce n'était pas une menteuse en fait elle. Ce n'était pas quelqu'un qui mentait donc je n'avais pas de raison. [SPEAKER_01] Et là quand tu te rends compte qu'elle continue à aller dans la secte, en fait comment comment tu le prends [SPEAKER_00] Je le prends la 1re la la la 1re chose que je me dis c'est si elle me le cache, c'est qu'ils m'en veulent, [SPEAKER_00] s'ils m'en veulent c'est que je n'ai pas fait les choses bien et qu'elle a honte. [SPEAKER_00] 1re chose que je me dis. 2e chose que je me dis, [SPEAKER_00] mais pourquoi moi je ne peux pas y retourner, elle me ment, elle me elle me prive de ça, j'en veux quoi. En fait, avais envie d'y aller à nouveau. [SPEAKER_00] J'avais envie parce que c'était, tu sais quand tu tu, [SPEAKER_00] je savais ce qu'il fallait faire, [SPEAKER_00] que j'ai tous les codes, j'avais à l'époque, j'avais [SPEAKER_00] à l'époque tous les codes, tu vois. Et puis c'est resté mes copines, [SPEAKER_00] mes copains, les gens avec qui j'avais grandi, puis dans la société moi je ne trouvais pas, je ne trouve pas ma place. Alors pour le coup je parle encore au présent, je ne trouve pas ma place. Tu vois c'est trop trop, c'était trop compliqué d'être à 15 ans jusqu'à 18 ans dans la vie dans laquelle j'avais. [SPEAKER_01] Donc c'était un peu ma soupape les raëliens. Ouais. Donc tu avais quand même envie d'y retourner et [SPEAKER_00] le jour de tes 18 ans. Je reçois une lettre. De Raël. De Raël qui m'écrit, bien sûr Lydia que tu es pardonné et tu es la bienvenue, love Raël. [SPEAKER_00] Et là, ton pelope. [SPEAKER_00] Tu rencontres le prophète, prend le temps de m'écrire, il a trouvé mon adresse pour m'écrire, tu vois. [SPEAKER_00] Et là, je contacte, [SPEAKER_00] donc je suis majeure évidemment, [SPEAKER_00] parce que sur le courrier, il me dit quand tu es majeure, tu es libre de revenir le montmorélia. [SPEAKER_01] Et donc là, tu es retour [SPEAKER_00] de ton compte. Mais bien sûr, je remonte à Paris pour un week-end de israélien et puis j'ai j'ai un guide qui maintenant ne fait plus partie du mouvement israélien, dit voilà, Lydia est là, on lui envoie de l'amour et je suis acclamée, applaudie pendant des minutes et des minutes et je suis et je suis enlacée, je suis aimée et on m'aime [SPEAKER_00] et je retrouve ma famille. [SPEAKER_00] Je retrouve [SPEAKER_00] le poids en moins sur mes épaules et là c'est reparti. Et là c'est encore plus [SPEAKER_00] profond, plus poussé qu'avant. Pourquoi [SPEAKER_00] Parce que là rapidement après ce week-end sur Paris, je rentre dans ma région, je redeviens [SPEAKER_00] active dans ma région et un week-end en Suisse où Rael est là et je revois Rael. [SPEAKER_00] Et là c'est ça prend une tournure [SPEAKER_00] auquel je j'espérais, [SPEAKER_00] mais je ne pensais pas y avoir droit. C'est-à-dire C'est-à-dire que je, là il est là sur 3 jours et je fais tout pour qu'il me remarque. Je cherche son regard, je cherche à ce qu'il me donne de l'attention et puis il me voit. Donc rapidement on me fait, on me on vient me chercher pour me dire, Rael t'attend, va voir Rael. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] il me donne de l'intérêt et on discute et [SPEAKER_00] il me propose d'être plume rose, [SPEAKER_01] comme on le dit. Il propose de faire partie des femmes qui vont De l'ordre des anges. Exactement, [SPEAKER_00] tout à fait. Il dit et puis il ne me le propose pas, me dit, tu sais, verrai bien une petite plume rose autour de ton cou avec un 1 cordon doré. [SPEAKER_00] Ok, je signe. [SPEAKER_01] Et là, tu as tu as 18 ans Là, j'ai 18 ans. Et lui, il a quel âge là [SPEAKER_00] Je pense 55, 56 ans. Ah ouais. Ouais, puisque là là j'ai 42 ans, il en a 78. J'ai 43 ans, ouais il a, ouais, c'est à peu près Attends, à ce moment-là tu dis ok je signe, [SPEAKER_01] je veux bien passer mes nuits avec toi, [SPEAKER_00] mais est-ce que c'est un homme que tu désires Mais pas du tout. Mais alors déjà avant avant de passer [SPEAKER_00] avant de rentrer concrètement [SPEAKER_00] dans l'ordre des anges, je fais une demande écrite. [SPEAKER_00] Je fais une demande écrite Ah oui donc c'est tordu en fait. Mais bien c'est Ils te le proposent et il faut quand même que tu fasses une lettre de motivation. Mais c'est vraiment ça. Je fais une demande écrite et je signe un contrat, je fais une demande écrite avec ma lettre de motivation, je suis très, je sais écrire, je sais parler, donc je sais ce qu'il a envie d'entendre. [SPEAKER_00] Puis c'est lui qui m'a demandé finalement. Donc je savais que ça, je n'allais pas prendre de refus, tu vois. [SPEAKER_00] Et je lui écris une lettre de motivation, [SPEAKER_00] je signe [SPEAKER_00] le fait qu'il faut que j'ai un moyen de contraception, [SPEAKER_00] qu'il faut que ce qui se passe dans l'intimité, j'ai interdiction de le dévoiler, [SPEAKER_00] qu'il ne faut pas que quand j'ai mes règles, quand j'ai mes règles, il faut que je le dise, [SPEAKER_00] que je sois rasée intégralement. [SPEAKER_00] Tout ça, je signe un contrat en fait. Ah ouais. Voilà, [SPEAKER_00] mais c'est moi qui la demande. [SPEAKER_01] Tu le demandes et dans ce contrat il y a aussi prendre une contraception. Oui, il faut que je prenne une contraception, on ne jamais [SPEAKER_00] parce que elle ne veut pas d'enfant. Elle veut pas d'enfant. On est d'accord. Il faut que je, alors je je crois que j'ai fait une prise de sang, mais je ne plus très sûre, mais il me semble qu'il faut que je fasse patte blanche, [SPEAKER_00] que surtout que ce qui se passe dans l'intimité, [SPEAKER_00] ça reste dans l'intimité. Une fois que la porte est fermée, je n'ai pas le droit d'en parler, même avec les autres anges, surtout avec les autres anges, [SPEAKER_00] que je me dévoue à lui corps et âme chaque jour de ma vie, [SPEAKER_01] de l'année, des mois. Et il y a aussi une clause, c'est [SPEAKER_01] s'il a envie de toi, [SPEAKER_01] il faut que tu le te, il faut que tu te donnes à lui sans en avoir envie. Ouais en fait Donc tu vas accepter en fait d'y aller [SPEAKER_01] sans enfin sans avoir envie quoi, tu tu Mais en fait ce pas, [SPEAKER_00] c'est au-delà d'avoir envie. [SPEAKER_00] C'est pas je passer du temps dans l'intimité avec elle, ce n'est pas pour moi, [SPEAKER_00] c'est pour lui. [SPEAKER_00] En faisant ça, ce n'est pas une question d'envie, c'est un devoir [SPEAKER_00] de de faire du bien à cette personne pour qu'elle puisse [SPEAKER_00] donner du bien à sauver cette humanité. C'est fou l'emprise. Moi, c'est moi comme si mon, alors attention, c'est moi qui le perçois comme ça. Bien sûr, oui. Mais je pense, je ne pas trop dans l'erreur, tu vois ce que veux dire Ouais ouais. Donc [SPEAKER_00] donc c'est ça. Donc après là, ça a été [SPEAKER_00] la porte ouverte comme dirait certains [SPEAKER_00] à à l'enfer sur terre. [SPEAKER_01] Pourquoi [SPEAKER_00] Qu'est-ce qui s'est passé Parce que sur 3 jours, le 1er jour il me remarque, [SPEAKER_00] on passe un peu de temps ensemble et rapidement il me propose d'aller dans son lit. Donc en fait faut voir faut savoir que que Raël [SPEAKER_00] a une suite avec 2 chambres, [SPEAKER_00] qu'il en a une avec sa compagne qui la suit dans tous les sa compagne, qui est avec lui tout le temps, l'officiel. [SPEAKER_00] Et une 2e chambre pour les anges. [SPEAKER_00] Et là on arrive dans cette chambre et [SPEAKER_00] et je suis quand même impressionnée, [SPEAKER_00] ça reste. Je suis pas quand même, je suis plus qu'impressionnée, [SPEAKER_00] je suis, [SPEAKER_00] ils voient que ça, c'est compliqué un peu pour moi. Et puis tu sais, [SPEAKER_00] les diamours, tu vas sauver l'humanité, tu en me faisant du bien, tu fais quelque chose d'utile. [SPEAKER_00] Ah ouais, c'est ce qu'ils te racontent. Rends-toi compte du privilège que tu as, de celle qui aime être, qui aimerait être à ta place. [SPEAKER_00] Je, ça commence comme ça. [SPEAKER_00] Et puis puis là je suis là, mon corps il est là et puis [SPEAKER_00] pareil fourchette dans le vagin. [SPEAKER_00] Là c'est la 1re fois que tu fais fourchette dans le Il l'a fait 2 fois, la 1re nuit et la 2e nuit. Et la dernière nuit. La dernière nuit ouais ouais la dernière nuit pardon. Il l'a fait 2 fois ouais et là tu, [SPEAKER_00] j'ai j'ai j'ai même pas mal parce que je suis pas là. [SPEAKER_00] C'est et puis en plus c'est c'est fait de manière douce. [SPEAKER_00] C'est fou ce que je dis. Ouais c'est fou. [SPEAKER_00] Mais donc tu ne sens pas ce qui te fait. Je sens que ça trifouille et tu je sens que [SPEAKER_00] c'est les c'est les quelques minutes après quand je me suis reconnectée à mon corps que j'ai senti tout. Je sais pas comment, c'est compliqué la dissociation. [SPEAKER_00] Ouais. Je sens qu'il y a un truc en moi, je sens que ça fait ça fait mal. Je peux pas dire que ça fait pas mal mais [SPEAKER_00] tu vois si je te pince là consciemment, [SPEAKER_00] tu vois que je te pince, [SPEAKER_00] ça te fera plus mal que quand je suis dissociée. [SPEAKER_00] Mais ça fait mal quand même, c'est c'est c'est c'est dur de poser des mots sur cette sensation. [SPEAKER_01] Et ça ne te paraît pas étrange qu'il te mette une fourchette dans le vagin Non ça je suis fière. [SPEAKER_00] Parce que je lui prouve ma dévotion, [SPEAKER_00] je lui prouve que je suis là pour lui quoi qu'il fasse [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] il me fait suffisamment confiance pour me le faire à moi [SPEAKER_00] et je lui [SPEAKER_00] je lui par cet acte-là déjà prouve les choses et puis [SPEAKER_00] remercie [SPEAKER_00] de sa confiance. [SPEAKER_01] C'est un homme qui est particulièrement pervers, tu le racontes dans ton livre, qui a une sexualité [SPEAKER_01] très perverse et c'est peut-être pour ça qu'il vous fait tout signer, toute signer [SPEAKER_01] des clauses de confidentialité. Et ce [SPEAKER_00] qui est sûr, c'est que ce qu'il a fait avec moi, il ne pas fait avec d'autres. D'où la la confiance Il l'a fait aussi avec d'autres. Alors moi il m'a fait ça, mais je pense qu'avec d'autres il a eu d'autres rituels, pas des rituels mais d'autres actions. [SPEAKER_00] Tu vois ce que je veux dire Il y en a, moi je suis persuadée qu'il n'y aucune autre alien qui va dire, [SPEAKER_00] ah ben moi il m'a fait ça. Ah tu crois Je suis, il est [SPEAKER_00] intelligent. [SPEAKER_00] L'intelligence tu sais la, c'est la manipulation, mais attends, [SPEAKER_00] il dit ah tu ne peux pas dire ça, Rael est non violent. [SPEAKER_00] Rael prône la non-violence tout le temps, Rael prône l'amour de soi, mais moi moi en tant que plume rose cordon d'oreille, n'ai jamais vécu ça, pourquoi tu vas mentir [SPEAKER_00] Ils sont persuadés [SPEAKER_00] que je mens que je suis folle. [SPEAKER_01] En fait, il prône [SPEAKER_01] la paix, la douceur, mais tu dis qu'il a une obsession pour le sang, il est obsédé par le sang. Ah mais moi l'expérience [SPEAKER_00] ça l'excitait, tu sais sans, il me voyait saigner son regard. [SPEAKER_00] Mais sauf que le moment je ne voyais pas ce regard-là, c'est après ce regard un peu très machiavélique, [SPEAKER_00] c'est monstrueux. [SPEAKER_00] Tu sais que tu, tu sais des fois et je regarde des films et les, ce sont des acteurs qui qui ont, je change de chaîne, [SPEAKER_00] je me lève je me lève parce que c'est ça ce truc, c'est encore c'était encore plus dur de, la nuit ça me réveille ce regard d'excitation, [SPEAKER_00] de choses malsaines tu vois, ça ne s'arrête pas tu vois, animal, [SPEAKER_00] ouais c'est animal on peut dire ça comme ça. [SPEAKER_01] Et il a des des obsessions justement [SPEAKER_01] en lien avec des animaux, tu tu l'as évoqué notamment des chiens. Est-ce que tu veux bien nous raconter [SPEAKER_01] si tu veux bien Oui oui. [SPEAKER_00] En fait déjà ça a commencé par il me, [SPEAKER_00] donc quand on était dans l'intimité, il me demandait de me masturber devant lui. Donc on était que tous les 2. Il me disait, il il a introduit la chose comme ça, me disait pense qu'il y a des chiens [SPEAKER_00] qui te lèchent, [SPEAKER_00] pense qu'il y a des chiens qui sont là, qui te caressent. [SPEAKER_00] Insidieusement, [SPEAKER_00] il m'a amené à ça, [SPEAKER_00] mais je rappelle parce que c'est dur à comprendre pour les gens qui, et je le sais, je le comprends qu'on ne me comprenne pas. [SPEAKER_00] Je ne sais pas dire non. [SPEAKER_00] Pour moi cette cette personne [SPEAKER_00] est un être d'amour, [SPEAKER_00] de bienveillance [SPEAKER_00] donc [SPEAKER_00] Si tu veux lui faire plaisir. Et je veux que lui faire plaisir. [SPEAKER_00] C'est la définition de l'emprise hein. C'est ça. Donc ça commence comme ça [SPEAKER_00] jusqu'au jour où on se balade [SPEAKER_00] et qu'il y a 2 chiens qui appartiennent à 2, [SPEAKER_00] 1 chien qui appartiennent à d'autres aliens et [SPEAKER_00] sur le côté, [SPEAKER_00] on s'en va sur le côté et puis là il m'a il me déshabille parce que [SPEAKER_00] voilà je me dis il a envie de faire l'amour tu vois. Il, [SPEAKER_00] ah c'est marrant, je ne me suis pas dit il a envie de faire l'amour, [SPEAKER_00] me dit il a besoin de moi. Parce [SPEAKER_00] que je pour moi dans mon esprit je correspondais à assouvir un besoin, pas faire l'amour. [SPEAKER_00] C'est différent. Ouais voilà. Donc je dis bon ben là c'est le je vais entre guillemets je fais mon travail. [SPEAKER_01] C'est fou. Ouais c'est fou de se dire ça. En [SPEAKER_00] fait tu étais à ça merci. Ouais c'est ça sauf que là il me met un espèce de truc sur le sexe et les chiens, [SPEAKER_00] le chien me lèche. [SPEAKER_00] Pardon. [SPEAKER_01] Et à ce moment-là c'est tu tu tu vis un c'est c'est l'horreur en fait. Mais en fait c'est je sais je suis complètement [SPEAKER_00] abasourdie, [SPEAKER_00] choquée, [SPEAKER_00] tétanisée, [SPEAKER_00] je n'arrive plus à parler sur l'instant je ne parle pas, [SPEAKER_00] je ne bouge pas, je ne dis même pas non, je me laisse faire [SPEAKER_00] et je leur et puis il me tient la main, il a le chien qui me, il me tient la main, il me regarde et il est [SPEAKER_00] est dans un dans un état de de transe ouais, [SPEAKER_00] tu vois. Et après il faut se rhabiller, [SPEAKER_00] il faut retourner voir les autres [SPEAKER_00] et faire comme s'il ne s'était rien passé. [SPEAKER_00] Et tu y arrives à ce moment-là Je suis une pro pour [SPEAKER_00] faire ça. [SPEAKER_00] Je ne suis une professionnelle de l'adaptation. [SPEAKER_00] J'ai été conditionnée comme ça depuis toute toute ma vie. Je sais faire. [SPEAKER_00] Même quand ça ne va pas, ça va. [SPEAKER_00] Là, j'ai passé [SPEAKER_00] 2 jours qui ont été très compliqués pour un projet photo. [SPEAKER_00] Ah Lydia, ça s'est bien passé. Non. [SPEAKER_00] Ah ça ne se voit pas. [SPEAKER_00] Pourtant parce que je savais que le plus important, ce n'est pas ce [SPEAKER_00] quand par rapport à elle et ces jours-là, je savais que le plus important, ce n'était pas mon état d'âme. [SPEAKER_00] Ce n'était pas ce que moi je pensais. Le plus important, c'est que la réelle soit bien et que ça ne ça ne [SPEAKER_00] ne donne pas de mauvaises énergies au groupe. [SPEAKER_01] Tout ça ça se passe dans un village parce qu'on a on a sauté quelques petites étapes. Quand [SPEAKER_01] tu vas devenir une de ses favorites, une de ses esclaves, [SPEAKER_01] tu es à sa merci [SPEAKER_01] et il te fait emménager à côté de lui [SPEAKER_01] pour que tu sois finalement disponible tout le temps. C'est ça. Il y a un moment en fait tu vas quitter la vie normale si j'ose dire et tu vas vivre dans un village en Suisse, tu vis chez des gens pour être à sa disposition, [SPEAKER_00] c'est ça Alors Tu tu vis où ça se passe comment Alors c'est un petit village, en plus c'est vraiment un petit village typique avec des pierres, c'est le truc qui est magnifique. [SPEAKER_00] Donc je quitte Lyon parce qu'il me, je vais déjà le voir plusieurs fois [SPEAKER_00] en Suisse et puis un jour il me dit ce serait bien que tu viennes [SPEAKER_00] Donc ils discutaient avec d'autres israéliens en disant est-ce que vous pouvez prêter une chambre [SPEAKER_00] à Lydia [SPEAKER_00] Ok, donc moi j'arrive, je pose mes valises, des gens très gentils. Au début on on négocie un loyer que je pense j'ai dû payer une fois et encore [SPEAKER_00] et et je suis à [SPEAKER_00] 30 secondes à pied [SPEAKER_00] de là où il vit. De chez lui. De chez lui. J'ai Avec sa femme. Avec sa femme dans la maison que d'autres haïtiens lui ont prêté. [SPEAKER_00] Parce qu'il n'y paierait en fait. En fait il ne paierait rien. Et donc les raéliens qui ont, le raélien qui lui a prêté la maison a vécu chez d'autres raéliens. En fait c'est un village somme toute normal, mais avec une beaucoup [SPEAKER_00] de raéliens qui sont condensés dans le même village. Et parenthèse, mais les suisses l'ont laissé faire [SPEAKER_00] Oui. D'accord. En fait, [SPEAKER_00] il y a eu un petit peu de, bah raéliens s'installer, mais après tu sais les gens nous prenaient pour des hippies. Ouais c'est les raéliens quoi, ils font rire. [SPEAKER_00] Le mec il, le mec il est trop fort, il est entouré de belles femmes. Tu vois, ce n'était pas pris au sérieux plus que ça tu vois. Et donc on vit un peu dans cette rue tous ensemble et là là j'ai un téléphone portable [SPEAKER_00] et mon téléphone sonne et quand il a besoin de moi j'y vais. [SPEAKER_00] Donc je me lève le matin, je me prépare. [SPEAKER_00] Alors des fois je sais ce que je dois faire dans la journée en avance parce qu'il faut faire sa mon son repas, [SPEAKER_00] son repassage, son ménage, donc j'ai vite compris comment on faisait le ménage, tout ça pour lui. [SPEAKER_00] Et puis des fois quand tu as fait ça, [SPEAKER_00] tu attends, [SPEAKER_00] J'aurais [SPEAKER_00] pu aller me promener et tout, mais tu te rends compte si je promène que je suis loin, que c'est m'appelle et qu'il a besoin de moi que je suis pas là. [SPEAKER_00] Ce n'est pas bien. [SPEAKER_00] On ne m'a jamais interdit. Donc tu faisais jamais rien pour toi. Je ne faisais jamais rien. Mais tu sais, même à 43 ans aujourd'hui, [SPEAKER_00] je crois que c'est la 1re chose et la seule chose que j'ai fait pour moi. Le livre Bravo [SPEAKER_01] en tout cas on le recommande vivement parce qu'il est extraordinaire. Non mais c'est vrai franchement c'est ce que tu racontes et c'est ce que tu nous racontes aujourd'hui mais un peu plus en détail. [SPEAKER_00] Là là, on dirait un boudin là-dedans, tu es saucissonnée, il va falloir maigrir. [SPEAKER_00] Mais avec le sourire. Et puis il a il y a des fois, alors il n'allait pas me dire aujourd'hui tu mets tel vêtement tel vêtement tel vêtement, mais par exemple régulièrement, tiens j'aimerais que tu mettes ce que tu as mis la dernière fois. Ou quand j'arrive et qu'il me dit, ce beau, ce haut est magnifique, sous-entendu [SPEAKER_00] remets-le, [SPEAKER_00] fais-moi plaisir. C'est tout insidieux. [SPEAKER_00] Tu vois, mais oui Tu es suggéré en fait. Oui, tout insidieux. Bien sûr on est d'accord et puis il est suggéré que tu perds du poids, il est suggéré que tu te coiffes comme ça, il est suggéré que tu manges ça. [SPEAKER_00] Et là, tu ne bosses pas, comment comment tu fais pour vivre en fait J'ai des gentils réaliens qui veulent faire plaisir à réels. [SPEAKER_00] Donc je je je, [SPEAKER_00] c'est tellement anecdotique que je n'en ai pas parlé dans le livre. Je crois que j'ai fait un essai dans un restaurant qui a duré [SPEAKER_00] 2 3 jours, mais j'ai j'avais fait même un planning pour elle, mais ça n'a duré. [SPEAKER_00] Je suis pas, enfin après on m'a dit écoute c'est bon, tu ne manges pas beaucoup, tu fais plaisir au prophète, [SPEAKER_00] nous on a de la place. [SPEAKER_00] Donc tu es entretenue par une famille de ralliens. Ouais par tous les ralliens en fait, tous ceux qui sont là, on va au restaurant avec Raël, donc Raël sa compagne officielle et moi, je n'ai jamais payé le restaurant par exemple. Si par exemple dans une conversation avec sa compagne, on se dit tiens on a vu ces baskets elles sont jolies ou ces chaussures, [SPEAKER_00] le lendemain on avait un panier, un sac avec les baskets. [SPEAKER_01] Avec ta bonne taille quoi enfin elle [SPEAKER_00] savait comment, on m'a demandé peut-être une fois ma taille et ça a fait le tour. [SPEAKER_00] L'idéal elle met du 39, elle s'habille comme ça. [SPEAKER_01] C'est c'est. Tu tu décris un mec qui est extrêmement maniaque notamment quand tu dois faire le ménage chez lui. Oui. Évidemment il est dans l'hyper contrôle on l'imagine pour avoir fondé une secte comme Est-ce [SPEAKER_01] que parfois tu tu tu l'as vu [SPEAKER_01] être naturel [SPEAKER_01] Est-ce que tu l'as vu défaillir ou il est toujours dans le contrôle, l'hyper contrôle [SPEAKER_00] Alors il est toujours dans le contrôle et il n'a jamais défailli si ce n'est qu'il se relâchait parfois sur l'oreiller. [SPEAKER_00] Une fois qu'on avait fini l'acte, [SPEAKER_00] j'ai eu droit à des confidences, mais sur la retenue quand même. Tu vois, c'est, je pense que c'était [SPEAKER_00] une ou 2 fois, il m'a demandé mon avis par exemple, mais mais [SPEAKER_00] jamais il a eu un moment où [SPEAKER_01] il a défaillé devant moi. Par contre il y a eu des moments où je l'ai vu ricaner. C'était ma question, est-ce que tu crois qu'il sait qu'il ment ou est-ce qu'il croit à ses mensonges [SPEAKER_00] Il [SPEAKER_00] sait qu'il ment mais c'est [SPEAKER_00] comme ça. Et c'est pour ça qu'il ricane Mais ouais, tu en fait, il sait qu'il ment, mais des fois, je je en fait, je pense qu'il croit à ses mensonges, mais qu'il y des moments où il sait qu'il ment. Tu vois, ou des fois, je me souviens, on était à table et puis on disait des trucs farfelus, [SPEAKER_00] les héloïmes, ils nous disaient les héloïmes vous écoutent, qu'est-ce que vous Moi je me mets à pleurer, les Eloïs m'écoutent. Et le mec fait, mais [SPEAKER_00] sur le moment, ne m'en rends pas compte. Et [SPEAKER_00] après, donc je pense qu'il y des moments où il est un peu dans la réalité. [SPEAKER_00] Quand même. Quand même, [SPEAKER_00] même souvent. [SPEAKER_00] Ouais ouais je pense. Il dit lui-même [SPEAKER_01] qu'il est parce que tout ce que tu racontes est fou quand tu dis les les Eloïdes nous écoutent, enfin il dit qu'il est un prophète. [SPEAKER_00] Il dit qu'il a été créé de la même manière que Jésus. D'accord. C'est-à-dire que Yahvé, [SPEAKER_00] Dieu a [SPEAKER_00] eu un rapport [SPEAKER_00] par les esprits, je ne sais pas trop comment je ne souviens plus trop, avec sa maman, une terrienne, [SPEAKER_00] donc de la même manière que Jésus, que Marie. Et toi tu tu l'appelais quoi mon mon Alors je l'appelais alors mon prophète bien-aimé. D'accord. Quand on était tous les 2, je l'appelais à elle. D'accord. Ouais voilà. Et sinon Maitraya. [SPEAKER_00] Maitraya, [SPEAKER_00] c'est un nom en Asie où [SPEAKER_00] non je crois que c'est comme [SPEAKER_00] encore plus que le prophète, le tu sais c'est vraiment un nom très Genre un demi-dieu. Ouais voilà, c'est ça exactement, [SPEAKER_00] mais ouais beaucoup mon prophète bien aimé. [SPEAKER_01] On arrive bientôt à ce jour de tes 25 ans où il y a ce point de bascule où [SPEAKER_01] tu vas t'enfuir. [SPEAKER_01] Comment tu as fait pour t'enfuir et est-ce qu'au moment où tu t'enfuis, tu te rends compte que tu es sous emprise Non, tu as vraiment juste un instinct de vie en fait. J'ai un instinct de vie, j'ai un instinct de survie. Comment j'ai fait J'avais très peu de contacts dans mon téléphone aurélien sauf un [SPEAKER_00] qui était [SPEAKER_00] un 1 pote que j'avais rencontré et avec qui on avait gardé contact et je l'appelle et je lui dis, qui est au courant, mais plus ou moins, tu vois. Et je lui s'il te plaît, viens me chercher, il me dit ok, j'arrive. J'ai passé 4 heures à me cacher, je ne voulais pas croiser les oraéliens parce que je savais [SPEAKER_00] que si je les croisais, je j'y retournerais. Donc tu te caches dans une église Ouais, je vais à l'église, je savais qu'il rentrerait pas dans l'église [SPEAKER_00] et je l'attends et c'est les 4 heures les plus longues de ma vie et je le laisse Il appelle, tu lui dis viens me sauver Ouais. Et il me dit ok Viens dans 4 heures ouais. De Lyon à voilà 4 5 heures quoi. C'est je vais dans une église, me cache, je marche, je veux pas les croiser, [SPEAKER_00] je laisse mes affaires. [SPEAKER_01] Tu as tout laissé. J'ai tout laissé, si ce n'est mes papiers d'identité, une brosse, je n'ai quasiment rien pris quoi. Comment on fait pour vivre après ce que tout ce que tu racontes On survit, on ne vit pas. [SPEAKER_01] On ne vit pas. Là ça fait 17 ans que tu es sortie. [SPEAKER_00] Est-ce que tu te sens comme ça encore aujourd'hui Oui oui parce que malgré ce que je fais, malgré la médiatisation, [SPEAKER_00] malgré le l'espèce de combat déjà je ne suis pas que ce combat premièrement, [SPEAKER_00] mais je ne trouve pas ma place. [SPEAKER_00] Je ne me sens pas, bon maintenant ça va mieux, mais légitime [SPEAKER_00] d'exister [SPEAKER_00] parce que [SPEAKER_00] je n'ai pas de passion, je n'ai pas, [SPEAKER_00] je n'ai rien qui m'anime plus que si ce n'est les gens. J'aime profondément les gens et en même temps je suis loin des gens parce que je n'aime pas les gens. C'est toujours ambigu, ambigu pardon, c'est toujours, moi j'ai des gens qui m'entourent, mais je les je les remercie, je n'en ai pas beaucoup, mais je suis tout le temps en besoin d'être rassurée constamment. Est-ce que ce je fais c'est bien [SPEAKER_00] Et là là je je j'ai j'ai noué d'amitié à quelqu'un que j'aime beaucoup et je lui dis est-ce [SPEAKER_00] que ce que je pense c'est normal [SPEAKER_00] Est-ce que [SPEAKER_00] le fait de penser comme ça c'est normal [SPEAKER_01] En fait tu n'arrives plus à savoir si c'est normal [SPEAKER_00] Je ne sais pas qui je suis. [SPEAKER_00] De mieux je [SPEAKER_00] vais y arriver [SPEAKER_00] parce qu'il y de l'espoir mais je ne sais pas ce qu'est-ce que je pense et ce qu'on m'a inculqué ou si c'est Lydia. [SPEAKER_00] Lydia je ne connais pas. Je la découvre, on déconstruit. [SPEAKER_01] Est-ce que là à 43 ans tu arrives à commencer à te rencontrer [SPEAKER_00] Ouais je commence à me rencontrer, à me rendre compte que je suis gentille, [SPEAKER_00] que [SPEAKER_00] et je me rends compte que [SPEAKER_00] que j'ai conscience plus qu'un peu la moyenne. [SPEAKER_00] C'est-à-dire [SPEAKER_00] C'est-à-dire que j'ai une conscience qui diffère dans [SPEAKER_00] le sens où [SPEAKER_00] j'ai cette chance déjà de ne jamais être blasée. [SPEAKER_00] Tu vois un petit un moment, un coucher de soleil pour moi c'est ces petits bonheurs qui font les grands bonheurs. [SPEAKER_00] Mais j'ai un truc où je me sens différente dans le sens où [SPEAKER_00] j'ai comme une espèce de recul [SPEAKER_00] sur la vie. Je sais pas comment, comme si j'étais spectatrice [SPEAKER_00] et pas forcément, pourtant je suis actrice maintenant de ma vie. Mais j'ai quand même en étant actrice, j'ai ce recul de, [SPEAKER_00] ok. [SPEAKER_00] Tu es là, mais tu n'es pas, c'est hyper compliqué. Tu crois que c'est encore une enfin une séquelle [SPEAKER_00] Ah mais une séquelle de la dissociation en fait. Mais bien sûr, mais [SPEAKER_00] je je pense qu'il y a des choses qui vont aller de mieux en mieux, mais il y des choses que je vais gérer toute ma vie jusqu'à la fin, non, dont ça, cette dissociation quelque, parce que maintenant, même quand l'émotion est jolie, [SPEAKER_00] c'est tellement fort [SPEAKER_00] que le mécanisme est de me dissocier. [SPEAKER_00] Parce que ça fait partie intégrante de mon cerveau, donc c'est des fois je suis loin, tu vois on est par exemple on passe un super moment, il y a du monde et tout, c'est super, je suis trop heureuse. Et je ne suis pas là. [SPEAKER_00] Il faut que [SPEAKER_00] je dise à mon cerveau et reviens, tu vois, et mais je n'y arrive pas tout le Donc des fois j'oublie des trucs super. [SPEAKER_00] J'oublie des choses parce que je [SPEAKER_00] ne m'autorise pas à avoir des émotions qui sont trop fortes. [SPEAKER_00] Je ne me l'autorise pas parce que je crois que j'ai peur. [SPEAKER_00] Je crois que j'ai peur d'être heureuse en fait. [SPEAKER_00] Parce qu'être heureuse ça s'apprend et il faut l'accepter. [SPEAKER_00] Et quand le cerveau il a pris des autoroutes, [SPEAKER_00] c'est compliqué de bifurquer. [SPEAKER_00] Mais il faut être conscient que peut-être on bifurque, on fait 3 pas en arrière, 2 pas en avant. Mais ça fait toujours peur d'aller dans un état qu'on ne connaît pas, [SPEAKER_00] mais j'y arriverai. C'est évident. Ah mais j'ai la niaque. Bien sûr. [SPEAKER_01] Tu as aussi 2 enfants qui doivent participer à ton bonheur j'imagine. [SPEAKER_01] Est-ce qu'ils comprennent pourquoi aujourd'hui tu as envie de raconter tout ce que tu nous racontes [SPEAKER_00] Non, [SPEAKER_00] c'est tabou à la maison, alors ça va vachement mieux, ça va mieux, on arrive à trouver un équilibre. [SPEAKER_00] Mais je pense que j'espère [SPEAKER_00] qu'un jour ils le comprendront. [SPEAKER_00] J'ai fait un choix qui forcément [SPEAKER_00] apporte des dommages collatéraux, c'est-à-dire mes enfants, [SPEAKER_00] parce qu'à l'école, quand moi je passe sur les réseaux et que je dis des choses qui sont violentes, [SPEAKER_00] ils le vivent très mal. [SPEAKER_00] Ils ont ils ont quel âge Alors mon fils va avoir 17 ans et ma fille va avoir 14 ans. [SPEAKER_00] Donc ils le vivent très mal, mais je ne peux m'empêcher de le dire parce que je ne peux m'empêcher de montrer à mes enfants [SPEAKER_00] qu'on peut se sortir de tout. [SPEAKER_00] Je ne peux m'empêcher et mon devoir est de dire à mes enfants qu'on peut dire non [SPEAKER_00] et de s'affranchir du regard des gens. Et si moi j'y arrive, si j'arrive à leur inculquer ça, [SPEAKER_00] là j'ai gagné, [SPEAKER_00] j'espère. Je ne peux pas ne pas subir encore un traumatisme et ne rien faire. Ça voudrait dire que ma fille, mon fils peuvent subir des traumatismes et ne rien faire et ce sera ma responsabilité. Et je ne veux pas avoir cette responsabilité-là. [SPEAKER_00] Je veux avoir la responsabilité de leur dire qu'ils sont libres, [SPEAKER_00] même de moi, même de leur papa, [SPEAKER_00] qu'ils sont libres [SPEAKER_00] de tout. [SPEAKER_01] Est-ce qu'aujourd'hui tu as des peurs parce que du coup tu prends la parole, [SPEAKER_01] c'est une secte tu l'as décrite [SPEAKER_01] qui prône l'amour, la paix, enfin néanmoins [SPEAKER_01] est-ce que pour toi c'est dangereux de venir nous parler aujourd'hui [SPEAKER_00] Alors oui, [SPEAKER_00] jamais Raël ne dira, il faut lui faire du mal. Au contraire, Lydia, faut l'aimer. Alors oui, on la met en justice, mais il faut l'aimer parce que voilà. [SPEAKER_00] Mais je pense qu'il y a des Raëliens qui sont tellement fanatiques, [SPEAKER_00] qui sont tellement ou Raël ou les Elohim sont tout leur monde que je pense que si je les croise dans la rue, [SPEAKER_00] je passerais vraiment un sale quart d'heure, [SPEAKER_00] vraiment. [SPEAKER_01] Est-ce que tu vis dans la peur ou tu arrives à Je n'ai pas peur. Tu n'as pas peur. Mais absolument pas. [SPEAKER_00] Je n'ai pas peur. C'est fou de, je sais qu'il peut m'arriver ça, mais je n'ai pas peur parce que je suis droite. [SPEAKER_00] Je suis là où je dois être, où je décide d'être. [SPEAKER_00] Je suis alignée en fait. Le truc c'est que je suis alignée sur mon sur mon instinct de vie en ce moment [SPEAKER_00] et non je n'ai pas peur. Tu vois là il a porté plainte contre moi et quand j'ai été au procès au mois de juin, je les ai vus les règles. C'était [SPEAKER_00] dur. [SPEAKER_00] J'étais sûrement des accusés solo et ils étaient à côté [SPEAKER_00] et je les ai vus et j'ai senti leur regard de compassion [SPEAKER_00] et je me suis dit que j'aurais pu être à leur place. [SPEAKER_00] Qu'il y a quelques années ça aurait pu être moi être à leur place. Explique-nous pourquoi tu t'es retrouvée sur ce banc. Pour qu'on comprenne. Alors je me suis retrouvée là parce que j'ai comparé [SPEAKER_00] Raël à Hitler. [SPEAKER_00] Donc pour injure publique, il a porté plainte contre moi, ça c'est le 1er procès [SPEAKER_00] que j'ai ou d'où j'ai été relaxée. Je l'ai appris il y a moins d'une semaine. [SPEAKER_00] Et le 2e procès qui se passe en janvier, [SPEAKER_00] il a porté plainte contre moi pour diffamation, donc dans le livre que j'écris, toutes les scènes qui sont [SPEAKER_00] considérées comme un viol [SPEAKER_00] sont pour lui diffamatoires. [SPEAKER_00] Donc je recommence à passer devant la barre sur le banc des accusés, [SPEAKER_00] seuls [SPEAKER_00] contre les raéliens, donc contre elle et les raéliens qui ont témoigné contre moi. Moi c'est difficile. [SPEAKER_01] C'est c'est incroyable, enfin tu as une force intérieure qui est quand même extraordinaire. Je ne me rends pas compte que ce soit que je sois forte, mais je t'assure que c'est dur. [SPEAKER_00] Et genre, [SPEAKER_00] ouais. [SPEAKER_00] Est-ce que tu es tenté d'y retourner [SPEAKER_00] J'y retournerai plus jamais. [SPEAKER_00] C'est c'est une certitude. [SPEAKER_00] La seule chose qui me reste, c'est que parfois quand je vais très mal, parce que j'ai l'air forte, je suis forte quelque part, mais ce n'est pas tous les jours. Et être forte, ça veut dire avoir des moments où ça ne va pas. Bien sûr. Quand ça ne va pas, je me demande s'il a raison. [SPEAKER_00] Je me demande, je me dis que peut-être il est tellement protégé [SPEAKER_00] que peut-être c'est lui qui est dans sa dans la vérité. Et ce ce ce 1er procès-là où j'ai été relaxée, [SPEAKER_00] moi demain si je perds en diffamation, ça ne me fera rien parce que moi ça m'en ça ne m'enlèvera pas ce que moi j'ai vécu. Mais ce 1er procès, le fait que je l'ai relax, qu'il ait été relaxé, ça me montre [SPEAKER_00] que ce n'est qu'un homme. [SPEAKER_00] Tu tu vois là Et ça t'a fait du bien. Je n'ai pas encore réalisé. Même mon avocate m'a dit, mais madame Hadjara, vous avez été relaxée, c'est extraordinaire. [SPEAKER_00] Je n'arrive pas, j'attends l'effet kiss cool, j'ai l'impression qu'il va arriver quelque chose de pas bien derrière. [SPEAKER_01] Bon en tout cas ton témoignage est extraordinaire, merci [SPEAKER_01] infiniment. [SPEAKER_01] Dans tous, on on termine toujours avec un conseil. [SPEAKER_01] Au vu de tout ce qu'on s'est dit, de ton parcours, [SPEAKER_01] de ta force intérieure, [SPEAKER_01] de de de cette transparence, tu nous dis aussi il faut éduquer les jeunes, il faut qu'ils apprennent à dire non. Que tu aurais envie de dire aux gens qui nous regardent, qui nous écoutent [SPEAKER_01] comme [SPEAKER_01] dernière petite intervention Que quand c'est trop beau, ce n'est pas normal. [SPEAKER_00] Que la vie elle est faite de hauts et de bas et quand on vous promet [SPEAKER_00] ou quand on vous encense trop vite, n'y allez pas premièrement et la 2e chose qui est vraiment très importante, on a tous un truc à nous où ça nous est arrivé, ça t'est arrivé déjà [SPEAKER_00] où tu sais pas pourquoi, mais tu n'as pas envie d'y être quoi. Ouais genre ton 6e sens. On [SPEAKER_00] a tout en nous pour nous donner les clés de se barrer. [SPEAKER_00] Donc dès que vous ne sentez pas, barrez-vous et que la plus grande des forces, c'est la fuite. [SPEAKER_00] Il faut être fort pour fuir. [SPEAKER_00] Il faut être fort pour dire non. [SPEAKER_00] Donc si oui, mais si tu le dis non ou si tu fuis, c'est que tu es lâche. Non, si tu fuis, [SPEAKER_00] c'est que tu es fort. [SPEAKER_00] Donc écoutez-vous, [SPEAKER_00] vous avez tout envie. N'y allez pas quand c'est trop beau et dites non. [SPEAKER_01] Merci Lydia. Merci à toi. À toi. Autoroute de bonheur devant toi évidemment. [SPEAKER_01] Merci beaucoup pour ton ton tes conseils, ton témoignage, [SPEAKER_01] tout ce que tu nous as raconté et tous, [SPEAKER_01] c'est tous les mardis, on se retrouve la semaine prochaine. Salut.
Points clés
- Lydia Hadjara a passé 20 ans au sein de la secte Raëlienne.
- Elle s'est enfuie en octobre 2007, à l'âge de 25 ans.
- Le mouvement raëlien a été fondé par le Français Claude Vorilhon.
- La doctrine repose sur la croyance en des créateurs extraterrestres, les Elohim.
- Lydia Hadjara a publié son témoignage dans le livre 'J'étais son esclave'.
À éviter
❌ Penser que les victimes de sectes sont des personnes faibles ou peu intelligentes.
✅ L'emprise psychologique utilise des techniques de manipulation sophistiquées qui peuvent affecter n'importe qui, indépendamment de son niveau d'intelligence, de son éducation ou de sa force de caractère. Personne n'est à l'abri.
❌ Croire qu'il suffit de 'vouloir partir' pour quitter une secte.
✅ L'emprise crée des barrières psychologiques, émotionnelles et sociales extrêmement puissantes. La peur, la culpabilité, l'isolement et la perte totale de repères rendent la décision de partir incroyablement difficile et courageuse.
Glossaire
- Emprise psychologique
- Processus de domination mentale et affective exercé par un individu ou un groupe sur une personne, la privant progressivement de son libre arbitre et de sa capacité de jugement.
- Raël (Claude Vorilhon)
- Fondateur et gourou du Mouvement Raëlien, une organisation qualifiée de secte en France depuis 1995. Il prétend être le prophète des Elohim.
- Mouvement Raëlien
- Organisation internationale basée sur la croyance que la vie sur Terre a été créée par une civilisation extraterrestre appelée Elohim. Elle est considérée comme une secte par de nombreux pays.
- Elohim
- Terme hébreu signifiant 'ceux qui sont venus du ciel'. Dans la doctrine raëlienne, il désigne la race d'extraterrestres qui aurait créé l'humanité en laboratoire.
Conclusion
Lydia Hadjara a survécu à l'impensable. En partageant son histoire, elle ne se contente pas de panser ses propres plaies ; elle offre un phare à ceux qui sont encore perdus dans l'obscurité. Son témoignage nous rappelle que la liberté la plus précieuse est celle de l'esprit, et que le combat pour la reconquérir est le plus important de tous.