Du RAID au quotidien : comment Laurent Combalbert applique la négociation extrême à l'éducation de vos enfants

Publié le 21 juin 2026 · Mis à jour le 6 août 2026

Il a fait face à des preneurs d'otages et des criminels. Aujourd'hui, Laurent Combalbert, ancien négociateur d'élite du RAID, révèle son terrain le plus complexe : le salon familial. Comment les techniques des situations extrêmes peuvent-elles apaiser les crises du quotidien ? Plongée dans un univers où l'écoute sauve des vies, et la patience, nos soirées.

Imaginez un homme habitué au silence tendu des prises d'otages, aux dialogues millimétrés avec des forcenés, aux transactions secrètes au cœur de la jungle colombienne. Cet homme, c'est Laurent Combalbert. Ancien du RAID, formé par le FBI, il a passé sa carrière à désamorcer les situations les plus explosives. Et pourtant, dans le podcast 'Tous Wonder', il nous livre son savoir-faire pour un défi que nous connaissons tous : l'éducation de nos enfants. Un monde où les enjeux semblent moins élevés, mais où les émotions peuvent être tout aussi intenses.

De l'assaut à la parole, le parcours d'un négociateur hors-norme

Laurent Combalbert n'était pas destiné à devenir l'un des meilleurs négociateurs au monde. Son rêve d'enfant, nourri par les images des années 80, était tout autre.

Né en 1981, il grandit avec la création des groupes d'intervention d'élite. Le GIGN en 74, puis le RAID en 85. Ces images forgent une vocation. Adolescent, il est marqué par la prise d'otages de la maternelle de Neuilly en 1993, où un homme surnommé Human Bomb retient des enfants. Il voit ces opérateurs du RAID, cagoulés et déterminés. C'est décidé : il sera l'un d'eux.

Un rêve : casser des portes

Son objectif est clair : intégrer les colonnes d'assaut. L'adrénaline, l'action, le bouclier. Il veut être celui qui entre en premier pour sauver l'otage. Après des études de droit et l'école des officiers de police, il se rapproche de son but. Il prend le commandement d'une section d'intervention à la CRS 8, une unité qui travaille au contact du RAID.

Il frappe alors à la porte du patron du RAID. La réponse est une douche froide. Pas assez d'ancienneté. Revenez dans quelques années. Le rêve semble s'éloigner. Mais le destin place sur son chemin un homme qui va changer sa vie : Michel Marie.

La rencontre qui change tout

Michel Marie n'est pas n'importe qui. C'est le premier négociateur de l'histoire du RAID. Celui qui se tenait derrière Nicolas Sarkozy à Neuilly. Il voit en ce jeune officier bosseur et déterminé un potentiel différent. Il lui fait une proposition inattendue : rejoindre la cellule de négociation qu'il est en train de créer.

Pour le jeune Laurent Combalbert, la proposition est déroutante. La négociation ? Un concept flou, presque une faiblesse. Lui veut de l'action, pas de la discussion. Mais Michel Marie est convaincant. Il lui présente une autre manière de sauver des vies, non par la force, mais par la relation et la parole.

« Laurent Combalbert · « Moi, je pense que c'est un vrai outil de gestion de crise et je pense qu'on peut sauver des vies. Celle des otages, mais aussi celle de nos collègues qui n'auront pas à rentrer et celle du preneur d'otage qu'on va interpeller vivant. »▸ 00:07:05

À l'époque, l'idée est loin de faire l'unanimité. En France, on considère souvent la négociation comme une perte de temps. Michel Marie a dû se battre pour imposer ce concept, inspiré de ses rencontres avec le FBI. Il a fallu prouver que parler à un forcené n'était pas un aveu d'impuissance, mais une arme stratégique.

Négocier, c'est promettre ensemble

Laurent Combalbert accepte le défi. Il découvre alors la véritable signification du mot "négocier". Loin de l'image d'un duel où l'on cherche à écraser l'autre, il s'agit d'un acte de construction.

« SPEAKER_01 · « Négocier, ça veut dire quoi ? »▸ 00:08:42

La réponse de Combalbert est fondamentale. Négocier, ce n'est pas imposer sa volonté. C'est trouver un accord. Et pour cela, chaque partie doit faire un pas vers l'autre. C'est l'art du compromis. Un mot souvent mal vu, mais qui est au cœur du processus. "Compromis" vient de "cum-promittere" : promettre ensemble.

« Laurent Combalbert · « Tu négocies pas contre lui, tu négocies avec lui. »▸ 00:09:41

Cette philosophie change tout. L'autre n'est plus un adversaire à vaincre, mais un partenaire avec qui construire une solution. Cela implique d'accepter une part de frustration, de ne pas obtenir 100% de ce que l'on voulait au départ. L'essentiel est d'aboutir à un accord juste et, surtout, durable. Car un accord imposé par la force ne tient jamais longtemps.

Le lien avant le gain : le secret du bon négociateur

Pour y parvenir, une qualité est indispensable : l'empathie. Il faut aimer les autres. Pas d'un amour naïf, mais d'un intérêt sincère pour la personne en face, même la "pire des crapules".

Un kidnappeur, un forcené, un terroriste... Pour obtenir quelque chose de lui, il faut d'abord créer une connexion. Il doit sentir qu'il n'est pas juste un obstacle à éliminer, mais un être humain à qui l'on parle. C'est la règle d'or : le lien avant le gain.

L'empathie, explique Laurent Combalbert, est une ligne de crête. Il ne faut être ni sympathique – trop impliqué émotionnellement, on perd sa lucidité – ni apathique – sans émotion, aucune connexion n'est possible. C'est cet équilibre fragile qui permet de comprendre l'autre sans pour autant approuver ses actes, et de le guider vers une issue pacifique.

La plus belle des récompenses

Ce métier, bien que mentalement éprouvant, offre des moments d'une intensité humaine rare. Laurent Combalbert raconte ce point de bascule dans sa carrière, lors d'une mission dans le secteur privé, après le RAID. Il vient de gérer la libération d'un collaborateur kidnappé et, fait rare, il se retrouve dans le même avion que lui pour le retour en France.

À l'atterrissage au Bourget, la famille de l'ex-otage est sur le tarmac. La mère se jette dans les bras de son fils. La scène est poignante. Après que la famille a chaleureusement remercié les négociateurs, Laurent Combalbert prétexte un oubli pour remonter seul dans l'avion. Là, à l'abri des regards, il s'effondre en larmes.

« Laurent Combalbert · « Le vrai salaire du négociateur, c'est quand tu ramènes la personne kidnappée, quand il retrouve sa famille. Ce moment là, il est hallucinant. »▸ 00:02:59

Ce ne sont pas des larmes de tristesse, mais le résultat de la pression qui retombe, mêlée à l'émotion pure de ce moment. La conscience d'avoir fait plus qu'un travail : avoir rendu un fils à sa mère. Ce jour-là, il a su qu'il avait choisi le bon métier.

Quand l'excès de confiance devient un piège mortel

Mais la vie d'un négociateur n'est pas faite que de succès émouvants. C'est un chemin semé de doutes et de dangers. Laurent Combalbert se souvient d'une remise de rançon en Colombie, dans une zone contrôlée par les FARC. Fort de ses succès passés, il y va avec un peu trop d'assurance.

Après des heures de marche dans la jungle, il arrive au point de contact avec les ravisseurs. La tension est palpable. L'un des criminels lance alors : "On va garder le gringo avec nous".

La peur s'installe. Froide, paralysante. Il est seul, au milieu de nulle part, à la merci de gens armés et imprévisibles. Son guide l'a-t-il trahi ? Va-t-il mourir ici ? Dans ces secondes qui semblent des heures, il n'a plus aucun rapport de force, aucune carte à jouer. Juste sa parole et son sang-froid face à des canons de fusils. Une leçon brutale sur l'humilité, et sur le fait qu'en négociation, rien n'est jamais acquis.

Questions fréquentes

Comment les techniques de négociation du RAID peuvent-elles s'appliquer à l'éducation ?

Elles s'appliquent en transposant les principes fondamentaux. Au lieu de voir un conflit avec un enfant comme une bataille de volontés, on l'aborde comme une recherche de solution commune. Cela implique l'écoute active, la validation de ses émotions (empathie), la recherche d'un compromis juste (promettre ensemble), et surtout, la création d'un lien de confiance avant d'aborder le problème (le lien avant le gain).

Qui est Laurent Combalbert et quelle est son expérience en négociation ?

Laurent Combalbert est un expert en négociation mondialement reconnu. Ancien officier de police, il a été négociateur au sein du RAID, l'unité d'élite de la police nationale française, et a été formé au FBI. Après sa carrière au RAID, il a co-fondé un réseau de négociateurs professionnels qui intervient sur des crises complexes comme les kidnappings et les extorsions pour des entreprises à l'international.

Quels sont les principes fondamentaux de la négociation selon Laurent Combalbert ?

Les principes clés sont : 1. Négocier 'avec' l'autre et non 'contre' lui. 2. L'empathie comme outil pour créer une connexion. 3. Le compromis comme objectif pour un accord juste et durable. 4. La règle du 'lien avant le gain', qui signifie qu'il faut établir une relation de confiance avant de pouvoir résoudre le fond du problème.

Où peut-on écouter l'intégralité du podcast 'Tous Wonder' ?

Le podcast 'Tous Wonder' est disponible tous les mardis sur YouTube pour le format vidéo, et sur toutes les plateformes de podcasts audio comme Spotify, Deezer, Amazon Music et Apple Podcasts.

Le podcast propose-t-il des exemples concrets de négociations avec les enfants ?

Oui, l'épisode avec Laurent Combalbert est spécifiquement consacré à ce sujet. Il est l'auteur du livre 'Négocier avec ses enfants et garder son calme', et il vient dans le podcast pour expliquer comment appliquer concrètement ses techniques de professionnel aux situations du quotidien avec les enfants.

Invité

  • Laurent Combalbert

Transcript

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[SPEAKER_00] Je leur réponds si vous vous gardez, vous tuez votre business. J'ai créé un réseau de négociateurs professionnels et on traite de kidnapping et d'extorsion. Le vrai salaire, c'est quand tu ramènes la personne kidnappée, quand il retrouve sa famille. Négocier, ça veut dire quoi Il faut qu'il sente que tu es là aussi pour lui, même si c'est la pire des crapules. Et je lui dis ouais, te comprends, fin de la relation. J'aurais pu mourir, personne ne m'aurait retrouvé. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, on reçoit Laurent Combalbert, ancien négociateur du RED formé au FBI. [SPEAKER_01] Il est l'un des meilleurs négociateurs au monde. Il a eu face à lui des forcenés, des preneurs d'otages, les farques colombiens et aujourd'hui, [SPEAKER_01] il vient nous expliquer comment appliquer ces techniques à nos enfants. Il est l'auteur de négocier avec ses enfants et garder son calme chez Point MMO, autant vous dire que c'est un épisode à écouter et à regarder absolument. [SPEAKER_01] Tous Wonder, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts [SPEAKER_01] Spotify, Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous regarder, nous écouter un peu partout et un peu tout le temps. Merci à notre sponsor Ramify. Ramify, c'est une banque privée en ligne. Chez eux, les frais sont accessibles et vous avez un conseiller dédié. [SPEAKER_01] En gros, si vous avez envie de vous occuper de votre patrimoine [SPEAKER_01] sans que ça devienne un 2e job, et bien Ramify est fait pour vous. Ils mettent en place une stratégie sur mesure. [SPEAKER_01] Avec eux, vous parlez assurance vie, PEA, immobilier, [SPEAKER_01] private equity, crypto [SPEAKER_01] et même d'art et Ramify a été primé plus de 40 fois en 3 ans pour sa qualité et ses performances. [SPEAKER_01] Si vous voulez une gestion pro et sans le stress, faites une simulation gratuite. [SPEAKER_01] Je vous mets le lien en description et puis en plus avec tous Wonder, vous avez 3 mois de frais de gestion offerts. Tous Wonder, c'est maintenant avec Laurent Combalbert, [SPEAKER_01] ancien négociateur du RED. [SPEAKER_01] Laurent Combalbert, merci d'être avec nous. Avec Je suis très contente de te recevoir. [SPEAKER_01] On va parler de ton livre, [SPEAKER_01] Négocier avec ses enfants et garder son calme. Ce qui n'est le plus facile. J'aime beaucoup le sous-titre, donc c'est chez Point démo. [SPEAKER_01] Mais on commence toujours dans tout ce wonder [SPEAKER_01] avec un point de bascule dans la vie de l'invité. [SPEAKER_01] Ton point de bascule, [SPEAKER_01] tu nous l'as confié, c'est 2010. [SPEAKER_01] Tu ramènes un otage du Mexique, [SPEAKER_01] tu es dans l'avion avec cette personne que tu ramènes, ce qui est visiblement [SPEAKER_00] pas très habituel. Il va se passer quelque chose quand tu arrives en France, tu as une émotion, il se passer un truc. Est ce que tu peux nous raconter en quoi c'est un point de bascule et pourquoi il y eu un avant et un après C'est vrai que dans ma carrière, dans ma vie, y eu plein de points de bascule. Mais celui là, il m'a marqué parce que c'est la 1re mission que je mène en tant que chef de mission. Donc j'ai créé un réseau de négociateurs professionnels et on traite de kidnapping et d'extorsion. [SPEAKER_00] Et je travaille dans le cadre d'une police d'assurance qui couvre une entreprise qui a un de ses collaborateurs kidnappé et on va le ramener en France. On va gérer la négociation. C'est un peu complexe, mais c'est notre job. Et quand on le ramène en France, ce qui se passe rarement, c'est que je suis dans le même avion que la personne qu'on ramène. [SPEAKER_00] Souvent, c'est on est séparé, on part un peu plus tard ou lui est pris en charge par des psys [SPEAKER_00] débriefé. [SPEAKER_00] Et là, on est dans le même avion, on rentre ensemble. Donc il y a une petite connivence qui se crée évidemment, mais tu vois la personne pour laquelle elle travaillait. Et quand on arrive en France et qu'on atterrit sur le sur le Tarmac au Bourget, en fait, il y la famille de cette personne qui est là. Et quand il descend de l'avion et que je vois sa sa sa mère qui lui tombe dans les bras et qui le retrouve, [SPEAKER_00] tu as déjà une fierté d'avoir travaillé, mais une petite émotion quand même. Tu vois, c'est un peu fatigué, tu t'es beaucoup investi dans la mission qui touche. [SPEAKER_00] Et ensuite, quand on descend de l'avion, on attend un peu que tout le s'en mais elle nous attend et elle nous remercie de l'avoir ramené. [SPEAKER_00] Et là, je [SPEAKER_00] dis écoutez très très bien, je remonte dans l'avion, j'ai oublié quelque chose et je rentre dans l'avion et là je m'effondre en larmes de [SPEAKER_00] plaisir ça. Mais aussi de cette émotion de se dire mais en fait ce boulot, c'est ça. Le vrai salaire du négociateur, c'est quand tu ramènes la personne kidnappée, quand il retrouve sa famille. Ce moment là, il est hallucinant. [SPEAKER_00] Mais qu'est ce qui t'a fait pleurer C'est la mère. C'est quoi C'est le fait de cette cette gentillesse qu'elle a, qu'elle a, qu'elle a exprimé. Et puis de dire oui, on a ramené quelqu'un, on l'a, on l'a ramené à sa famille. Elle était tellement authentique. [SPEAKER_00] Donc tu as toute la pression qui redescend. Donc quand je suis rentré là dedans et l'émotion est montée très très Et oui, c'est un moment assez fort, assez fort. Et je me suis dit waouh, j'ai bien fait de choisir ce métier et de le conduire de cette façon là parce que c'est ça que je veux. [SPEAKER_01] Métier, il faut quand même que tu nous expliques. [SPEAKER_00] Est ce que tu as postulé Est ce qu'on est venu te chercher Comment est ce qu'on devient négociateur du RED Je n'ai pas postulé pour la négociation. Moi, j'ai toujours voulu rentrer au Raid et intégrer un groupe d'intervention. Je suis né en 81, [SPEAKER_00] donc je suis de la génération qui a vu la création du Gign en 74, [SPEAKER_00] les groupes d'intervention de la police nationale se créer, la création du Raid en 85. [SPEAKER_00] Je suis en fac de droit quand le Rad traite la prise d'otage de devis et [SPEAKER_00] donc je me dis voilà, c'est ce que je veux faire. Je veux rentrer dans la police et si je rentre dans la police. Et tu nous [SPEAKER_01] parles de cette école avec [SPEAKER_01] Nicolas Sarkozy qui à l'époque est maire et qui va négocier avec Avec Yumenbaum, [SPEAKER_00] qui est l'homme qui, qui prend les enfants en otage, qui demande 100000000 de francs, une rançon irréaliste [SPEAKER_00] et qui va pendant de longues heures tenir en haleine la France entière et et et notamment leur aide. Et donc quand je vois ces images, ça confirme mon envie de d'intégrer les colonnes d'assaut du raid. En fait, moi, le raid, c'est ce n'est pas la négociation. Je ne même pas que ça existe, mais c'est le groupe d'intervention, [SPEAKER_00] la tenue noire à la cagoule. [SPEAKER_00] Et donc j'intègre la police en 94. [SPEAKER_00] Je passe mon concours d'officier, [SPEAKER_00] je sors bien classé. Donc on me propose de choisir mon poste. Je demande si je parle au RED. On me dit non, on ne pas faire le RED en sortie d'école. Par contre, y a un poste à côté du RED, c'est la CRS 8, la compagnie de CRS qui assure le contournement du RED. Donc je prends tête des sections d'intervention de la CRS 8 pour candidater pour le Red. [SPEAKER_00] Et puis, 3 ans de [SPEAKER_00] commandement de ces de ces sections, je vais frapper à la porte du patron du Red pour me montrer. Alors déjà, il me voit, on se rencontre, on est sur le même site et lui dire que je suis intéressé pour passer les tests de sélection. Et là, il va me mettre une douche, il va m'arrêter. Il me dit on ne passe pas les tests de sélection du RED après 3 ans dans la police, il faut au moins 5 ans, il faut un gros dossier. Donc voilà, revenez plus tard. Et quand je quitte son bureau, je croise Michel Marie. Michel Marie, c'est celui qui est derrière Sarkozy en 93 à l'EI. C'est le 1er négociateur du RED et Michel, il sait que j'ai envie de rentrer au RED. Il sait que je suis un jeune officier un peu bosseur et il me dit je monte une équipe de négociateurs. Je cherche un jeune officier qui un jour peut être pourra prendre ma place. Est-ce que ça t'intéresse [SPEAKER_00] pour faire de la négociation Et je découvre le mot négociation [SPEAKER_00] adossé à un service de police et je suis un peu surpris. [SPEAKER_00] Et Michel explique [SPEAKER_00] ça fonctionne bon. Il dit pour prendre ma place qu'il y a un seul négociateur ou il était. Il était seul à l'époque. Ah oui, à l'époque, il était seul. Quand il rentre en 85, le métier n'existe pas. Le métier de négociateur parce que la RAD est créé en 85 et il les rend comme technicien, [SPEAKER_00] inspecteur de police, chef du groupe technique parce qu'il est photographe, parce qu'il adore l'imagerie. [SPEAKER_00] Et en 91, il va faire une rencontre. Il va rencontrer Gary Nossner, Gary Nossner qui est le le patron de la Crisis Negociation Unity du FBI. Et Gary Nossner lui dit, on fait la négociation. On négocie avec des preneurs d'otage. [SPEAKER_00] Et Michel Marie rentre en France en se disant que c'est une super idée qu'il faut faire pareil. [SPEAKER_00] Et on est en France. Donc quand tu vas avec une idée neuve, évidemment on te dit non, ça ne te Évidemment. Quand tu as, dans l'administration, quand tu as une idée avant ton chef, ce n'est pas bon signe. Généralement, c'est compliqué à faire, à faire avancer. Mais il ne va pas lâcher l'affaire. Il va 2 ans plus tard se retrouver avec Nicolas Sarkozy à 2 I. Il montre que la négociation fonctionne et il va commencer à lancer le projet de monter une équipe. Et en 98, quand il crée son équipe, il me demande si je veux bien le rejoindre pour être négociateur. Et là, étais hyper j'imagine. [SPEAKER_00] Non, c'est vrai. Non, parce que négociateur, pour moi, ça n'existe pas. C'est pas ce que tu veux. Je veux casser les portes. Moi, je veux diriger [SPEAKER_00] des sections d'assaut. Je veux rentrer en 1er pour aller sauver l'otage. Le casse à la table. Oui, le bouclier, c'est ce qui m'intéresse [SPEAKER_00] Et il me présente une autre façon de sauver des vies par la relation, par la discussion, par la stabilisation. [SPEAKER_00] Et donc il arrive à me convaincre qu'effectivement, [SPEAKER_00] c'est un beau projet. Il me convainc parce qu'il ne me vend pas du rêve. [SPEAKER_00] Il me dit personne n'y croit, [SPEAKER_00] À part moi et 2 ou 3 autres, les gens pensent que c'est de la perte de temps. Moi, je pense que c'est un vrai outil de gestion de crise et je pense qu'on peut sauver des vies. Celle des otages, mais aussi celle de nos collègues qui n'auront pas rentré et celle du preneur d'otage qu'on va interpeller vivant parce que la plupart des gens qu'on traite, ce pas des terroristes, ce n'est pas des gens qui veulent aller au bout, c'est des monsieur, madame, tout le monde qui pète les plombs, qui sont en débordement émotionnel [SPEAKER_00] et donc on peut les traiter par la discussion et par la négociation. Négocier, ça veut dire quoi Est-ce que ça veut dire amener quelqu'un [SPEAKER_01] à faire quelque chose que tu veux, c'est-à-dire ton forcené, vous sortez de cette maison dans laquelle vous êtes enfermé [SPEAKER_01] Ou est-ce que ça veut dire que toi aussi tu fais un pas vers lui Ça veut dire quoi négocier Négocier, c'est trouver un accord [SPEAKER_00] dans une situation de désaccord exprimé. [SPEAKER_00] Dès lors, ça veut dire que tous les 2 font appel l'un vers l'autre. Si tu veux trouver une solution qui satisfait tout le monde, tu cherches le compromis. [SPEAKER_00] Donc on entend parfois il ne pas faire de compromis. Bien sûr, la négociation, c'est l'art des compromis. Donc dans une négociation, tu cèdes un peu. T'as une petite frustration à la fin de ta négociation parce que t'as pas eu 100 pour 100 de ce que tu voulais, mais tu as fait avec l'autre, tu as construit avec l'autre un accord compromis, [SPEAKER_00] ça veut dire promettre ensemble. On promet ensemble d'aller jusqu'au bout de l'accord et de l'appliquer. Donc oui, c'est un geste que tu fais vers l'autre. C'est un acte d'altérité la négociation. [SPEAKER_00] Donc tu négocies pas contre lui, tu négocies avec lui, ce qui implique qu'à certains moments, tu peux aussi lâcher un peu de ton côté. T'es forcément frustré à la fin [SPEAKER_00] T'as toujours, tu te dis toujours que tu aurais pu faire mieux, plus vite, lâcher un peu moins. Bien sûr, sur n'importe quelle négociation. Je forme des tas de commerciaux qui me disent Ah, j'avais une négociation. Je suis sûr que j'aurais pu vendre un peu plus cher, bien sûr. Mais tu aurais pu aussi ne pas vendre du tout parce que tu étais trop cher et que ça correspondait pas à ce que voulait l'autre. C'est ça. Donc il faut accepter que parfois, pas tout le temps, mais souvent, il y a une petite frustration à la fin de ta négo, c'est pas grave. Est-ce que tu as un accord qui est juste pour toi et pour l'autre Si c'est juste, c'est bon. C'est juste, c'est ok. Et surtout, c'est durable. Et c'est quoi être un bon négociateur alors [SPEAKER_00] Être un bon négociateur, y plein de qualités que certaines personnes ont et donc ils font qu'elles sont plus rapidement efficaces en négociation. Je pense qu'il faut aimer les autres. [SPEAKER_00] Il faut aimer les autres. Faut. Même un forcené. T'es obligé. Ce n'est pas l'aimer dans le sens l'amour [SPEAKER_00] pur et profond, c'est il faut s'intéresser à lui. Il faut qu'il sente qu'il [SPEAKER_00] a de l'intérêt pour toi. T'es pas juste quelqu'un qui lui parle pour le faire sortir et t'as rien à faire de lui. Il faut qu'il sente qu'il y un truc. Donc un forcené qui pète les plombs. Mon 1er forcené au raid, c'est un vieux papy qui avait tiré dans sa cage d'escalier parce que les voisins faisaient du bruit. Évidemment que quand tu le fais, tu le fais sortir et qu'il tourne dans les bras, oui, tu as de l'amour pour lui parce que tu aurais pu être à sa place. Tu aurais même peut être pu faire comme lui. Un kidnappeur qui prend quelqu'un en otage pour de l'argent. Tu dois malgré tout créer cette relation avec lui, être empathique avec lui. S'il n'y pas la connexion, [SPEAKER_00] tu ne peux pas réussir. Le lien avant le gain, [SPEAKER_00] Il faut créer la connexion avant de vouloir obtenir quelque chose. Donc oui, il faut qu'il sente que tu es là aussi pour lui, même si c'est la pire des crapules. Donc le bon négociateur, il est empathique. [SPEAKER_00] Il est empathique. Ce n'est pas une brute sévère quoi, ce n'est pas le. Il est empathique sans être ni apathique, ni antipathique, ni sympathique. [SPEAKER_00] L'empathie, c'est une ligne de crête dans l'engagement émotionnel. Si t'es trop dans l'émotion, tu es avec les enfants par exemple, c'est difficile de négocier avec eux parce qu'il y de l'affect évidemment. Et on est souvent sympathique avec nos enfants. On voit leurs émotions, on les partage, donc on est moins lucide. [SPEAKER_00] Mais tu peux être apathique. Je forme des médecins, par exemple à la relation médecin patient. Certains médecins nous disent moi je ne mets pas d'émotion parce que ce serait compliqué. Quand tu annonces 3, 4, 5 cancers par jour, on peut comprendre ça. Sauf qu'en ne mettant pas d'émotion, il n'y a pas de connexion. Et donc la connexion avec le patient, elle est importante pour qu'il observe le traitement que vas lui donner. Donc il faut être sur cette ligne de crête, il faut de l'émotion, mais pas trop. C'est quoi la pire situation que tu aies vécu Parce qu'évidemment, nous, on adore que tu nous racontes un petit peu ce tu as vécu. Mais une situation où tu t'es dit je ne pas y arriver ou un truc incroyable. [SPEAKER_00] Une ego, je me suis dit je vais pas y arriver. [SPEAKER_00] Il n'y en a pas beaucoup parce que des, j'ai toujours l'espoir qu'on peut réussir. Et je trouve que l'optimisme, ça se transmet aussi à l'autre. [SPEAKER_00] Non, je me suis retrouvé dans une situation où un peu d'excès de confiance. Je fais une [SPEAKER_00] remise de rançon avec les FARC en Colombie, dans la zone du Barénas. J'ai fait une trentaine de situations de crise là bas. Le Barénas, c'est la frontière entre la Colombie et le Venezuela. D'accord. Et je fais une remise de rançon et je vais au contact parce que les ravisseurs demandent à ce que je vienne. On a échangé, je parle espagnol, donc ils entendent à mon accent que je suis français. Ils pensent. D'ailleurs, parenthèse là, tu y vas pour le raid Non, non du tout. Là, suis déjà en privé. D'accord, ok. Oui, le raid, c'est uniquement en France. Le raid, c'est en France. D'accord, pardon, parenthèse. [SPEAKER_00] Mais tu fais bien le préciser et donc je vais au contact de cette remise en sang et je suis un peu sûr de moi. J'ai eu plusieurs succès auparavant [SPEAKER_00] et donc je vais au contact physique. On marche pendant des heures pour arriver au point de remise de rencontres. Qu'on appelle la rencontre. Oui, oui, alors t'étais sur les nerfs, [SPEAKER_00] mais je suis désolé, je parle un peu du nez, mais je négocie avec un rhume un peu compliqué. C'est la période, je crois. Et quand j'arrive au contact des guerriers qui se font passer pour les Farcs, honnêtement, je ne pense pas que c'était les Farcs. Je pense que c'était les criminels qui se donnaient l'étiquette des Farcs. [SPEAKER_00] On sent qu'il y a quand même de la tension et de la fébrilité. [SPEAKER_00] Et j'entends [SPEAKER_00] un des, un des criminels qui est là, un des kidnappeurs qui dit on va garder le gringo, va le garder avec nous. Donc toi Moi pour demander une nouvelle rançon. Oula, ah ouais. Et là tu te dis [SPEAKER_00] j'ai pas de parachute de secours. [SPEAKER_01] Et là t'as peur. [SPEAKER_00] T'as peur parce que tu dis je suis loin. Personne ne sait où je suis vraiment. [SPEAKER_00] J'ai été amené par un guide à qui je fais confiance, mais je suis en train de me dire est ce qu'il ne m'a pas roulé Est que ce n'est pas lui qui m'a mené dans un piège On a de l'argent sur Belle somme. [SPEAKER_00] Et je suis face à des gens sur lesquels je n'ai aucun pouvoir. J'ai aucun rapport de force. S'ils veulent me garder ou me tuer, ils peuvent le faire tout de suite. Et donc là, il y a il y a un petit moment de tension qui dure [SPEAKER_00] quelques quelques microsecondes, mais tu as l'impression que c'est des heures. Et je leur dis la chance que j'ai, c'est que je comprends l'espagnol et donc je leur je leur réponds si vous vous gardez, [SPEAKER_00] vous tuez votre business. [SPEAKER_00] Si vous gardez la personne qui vous amène l'argent, profitez de cet argent, c'est le seul que vous aurez, il y en aura plus jamais. Plus personne n'osera venir vous apporter de [SPEAKER_00] Et donc là, ils ont, je les vois se regarder. Il y en a un qui rigole, puis il s'en va. Il lâche une phrase que j'entends pas, il s'en va [SPEAKER_00] et ils se retournent, ils disent allez, c'est bon, partez. Mais non. On va voir. Et là, les heures pour rentrer, elles sont longues parce que tu dis sont derrière nous. Oui, puis à tout moment, ils viennent te choper. Et puis là, tu réalises que tu as pris des risques. Vraiment. Et quand j'arrive à l'hôtel, [SPEAKER_00] là, à l'hôtel, j'ai peur, mais plus que ça. Là, c'est de l'angoisse. C'est vraiment la peur qui se dégrade. Je me mets à trembler, je prends ma douche, je me dis j'aurais pu mourir. Personne ne m'aurait retrouvé. [SPEAKER_00] Et là, tu penses à tes enfants, tu penses à tout ça. Donc c'était compliqué. Oui, c'était chaud. On a réussi à ramener la personne malgré tout. On s'était bien, mais c'était une prise de risque inconsidérée. [SPEAKER_01] Il y des négos que tu as échoué. [SPEAKER_00] Il y en a toujours qu'on va échouer. Au rez de la chance de ne en échouer, de toujours récupérer l'otage. Alors ça ne pas dire qu'on le fait sortir par la négo, mais la négociation peut permettre de préparer l'assaut. [SPEAKER_00] La négociation, ce n'est pas forcément la reddition. Tu stabilises, tu gagnes du temps, tu fais du renseignement, tu positionnes la personne au bon endroit, donc la négociation peut aussi aider à l'intervention. C'est un outil de l'intervention au même titre que les colonnes d'assaut, le renseignement que les autres acteurs. Ça me fait penser [SPEAKER_01] une question, j'ai envie de te poser, j'ai le sentiment que la négociation, elle a changé avec l'arrivée des terroristes qui eux cherchent à mourir. C'est-à-dire que tu ne plus négocier avec un mec sur une reddition, c'est le mot reddition qui m'inspire cette question. Là, tu es face à des mecs qui veulent mourir. J'imagine que tu as dû faire évoluer ta technique de négociation. Alors les négociateurs aujourd'hui dans les groupes d'intervention ont fait évoluer leur approche parce que tu as une négociation de reddition face à un forcené, un preneur d'otage. Il y a une accroche, tu sais que tu peux le ramener à la raison et donc là tu peux le faire sortir. Un terroriste, [SPEAKER_00] il a pas d'objectif commun avec lui. Oui, pour négocier, il faut un OCP, l'objectif qu'on va partager. Il n'y a pas d'OCP avec un terroriste. Donc tu sais qu'il y de grandes chances qu'il veuille mourir. [SPEAKER_00] Peut être avec toi d'ailleurs, qu'il veuille t'amener aussi, vont amener les gens du groupe d'intervention. Donc c'est de la négociation de stabilisation [SPEAKER_00] On va stabiliser, gagner du temps [SPEAKER_00] pour préparer l'assaut dans les bonnes conditions. Donc oui, c'est vrai que ça a fait évoluer ce métier. Ce métier a un peu changé et tu sais à quoi je le vois Un truc qui me choque chaque fois que je le vois, c'est les négociateurs de groupes d'intervention. Aujourd'hui, ils sont en tenue d'intervention avec des armes aux côtés, avec un fusil d'assaut. Ils ont juste marqué négociation dans le dos. [SPEAKER_00] Ça, ce n'est pas la négociation telle que moi je l'ai mise en place et telle qu'on l'a créée avec Michel Marie. C'est la négociation qui a changé de visage, [SPEAKER_00] qui est une qui est une composante de la colonne d'assaut et plus une composante de l'intervention au sens large. Donc oui, c'est un changement de paradigme [SPEAKER_00] qui fait que oui, la négociation aujourd'hui, elle est plus liée à l'intervention qu'à la la reddition. [SPEAKER_01] Sans divulguer des secrets, [SPEAKER_01] comment tu fais pour entrer en contact, pour commencer la négociation [SPEAKER_01] Est-ce qu'il y a des trucs et astuces qu'on pourrait appliquer Nous, évidemment, on n'est pas face à des farces ni des terroristes, mais dans notre quotidien, [SPEAKER_00] voilà, c'est quoi le début C'est quoi le point de départ Déjà, tu es très préparé avant de commencer. D'accord. Si tu veux faire n'importe quelle négociation, tu achètes un appartement, tu négocies ton ton salaire, tu vas négocier avec tes enfants, [SPEAKER_00] une activité sportive, tu dois être préparé avant d'ouvrir la bouche. Tu es préparé. Tu sais quel est ton enjeu, tu sais quel est ton rapport de force, tu sais quel est l'intérêt de l'autre, tu connais ton objectif comment, tu as un mandat, des choses que tu peux lâcher et après tu commences à ouvrir la bouche. Donc ça, c'est la 1re phase. Ensuite, [SPEAKER_00] faut être le plus authentique possible. [SPEAKER_00] Parce que si tu joues un rôle, si tu te mets en scène, tu mets un masque, ça va se voir, ça va consommer de la de la de la capacité cognitive. [SPEAKER_00] Donc ton esprit va se concentrer sur le masque que tu vas dessiner, [SPEAKER_00] le le bon sens que tu vas Alors si t'es authentique, c'est plus simple. Moi, toutes mes négos raides. Bonjour, je m'appelle Laurent, je suis le négociateur du raid. Je suis là pour essayer de vous aider. Ah, tu commences pratiquement tout le temps comme ça. Et ensuite tu vois la réaction. [SPEAKER_00] Et c'est quoi en général La réaction, c'est la personne qui dit j'ai pas besoin de vous. Oui, ça m'intéresse pas. D'accord. Vous n'avez pas besoin qu'on vous aide Une question. [SPEAKER_00] Non, j'ai besoin quand même. D'accord. Pourtant, vous êtes enfermé dans cet appartement. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne va pas, non Si si vous inquiétez pas, tout va très bien. D'accord, vous avez le sentiment que tout va très bien et tout va très bien. Malgré tout, vous n'êtes pas prêt à sortir, [SPEAKER_00] Non, je sortirai pas. Ok, qu'est-ce qui fait que vous voulez pas sortir [SPEAKER_00] Mais ça me regarde pas. D'accord, ça me regarde pas parce qu'on se connaît pas. Oui, on se connaît pas, puis c'est mon problème. Ok. Et si on se connaissait mieux, vous pensez que ça pourrait nous aider [SPEAKER_00] J'en sais rien. C'est c'est quoi votre prénom [SPEAKER_00] Et on commence à faire des accroches. En fait, si tu as vu, j'ai fait que poser des questions. [SPEAKER_00] Et la question, c'est ouvrir une porte. [SPEAKER_00] Si tu affirmes, [SPEAKER_00] je vais t'aider, fais moi confiance, [SPEAKER_00] je suis ton ami, ça ne marche pas. C'est des injonctions. Et à chaque fois que tu dis ça, tu fermes une porte. Chaque fois que tu poses une question, tu amènes l'autre à te donner une idée. Tu ne sais pas ce qu'il va te répondre, mais tu vas rebondir sur sa réponse. Tu vas improviser sur sa réponse avec tout le panel des techniques qu'on a dans la Questions logis, l'art du questionnement. Ce qui est intéressant aussi là, dans ce que tu viens de nous montrer, [SPEAKER_00] c'est que tu maintiens la conversation, c'est à que tu fais tout pour éviter que ça se ferme. Oui, tu tu étais là pour créer le contact, le lien avant le gain. Ouais, si t'as pas créé le lien, tu vas rien gagner. Donc le lien, la connexion, elle doit se faire. Non, je veux pas te parler. D'accord, vous avez pas envie de me parler, c'est ça Non, je veux pas vous parler. Ok, qu'est-ce qui fait que vous voulez pas me parler [SPEAKER_00] Mais parce qu'on se connaît pas. D'accord, c'est vraiment ça le problème [SPEAKER_00] Ne, on ne peut pas ne pas communiquer. [SPEAKER_00] Donc Paul Vassalic a bien expliqué en détenant de l'école de Palo Alto que dès que tu dis à quelqu'un je te parle pas, tu en train de lui parler, tu communiques [SPEAKER_00] avec ton non verbal, avec ton par verbal, tu passes des messages, tu passes des informations. Il m'est arrivé de faire une négociation face à quelqu'un qui m'a jamais répondu. [SPEAKER_00] Amour. Ce qui ne m'empêche pas de négocier. Mais qui te répondait pas, qui te parlait pas. Qui était derrière la porte, mais qui m'a jamais parlé, qui parle à personne. [SPEAKER_00] Ça ne m'empêche pas de lui passer des messages. [SPEAKER_00] Je m'appelle Laurent, je suis le négociateur du RED. Je suis là pour essayer de vous aider. [SPEAKER_00] Je sais que vous êtes derrière cette porte et j'ai l'impression que vous voulez pas me parler, je je sais pas pourquoi. Vous savez que peut-être que vous avez peur que en fait je sois là pour vous piéger. Peut-être que vous avez peur qu'en fait on prépare l'assaut et que ce soit que ça qui compte. Bon en fait ce qui m'intéresse, [SPEAKER_00] c'est vous. J'ai essayer comprendre pourquoi vous êtes derrière cette porte et pourquoi vous ne voulez pas sortir. [SPEAKER_00] La technique que j'ai utilisée s'appelle une prolepse. [SPEAKER_00] La prolepse, c'est le fait de purger les griefs avant que la personne vienne me les reprocher. [SPEAKER_00] Vous pouvez penser ça ou vous pouvez vous dire que. En fait, tu prends les devants. Oui, je peux même jouer sur son émotion. Vous savez, on se connaît pas. On m'avait jamais répondu quand je vous ai parlé. Mais si vous êtes derrière cette porte, je pourrais comprendre que vous ayez peur. [SPEAKER_00] Je pourrais comprendre que vous soyez inquiet de ce qui va se passer. Je suis en train de faire de l'empathie proactive. [SPEAKER_00] Il m'a jamais montré sa peur ou a sauvé sa peur, mais je peux imaginer qui peut l'être et donc je vais le verbaliser. La meilleure façon de stabiliser une émotion, c'est de la verbaliser. Mais le fait qu'il te réponde pas, c'est que tu étais aussi dans le juste parce qu'il aurait pu dire ça. Il aurait pu venir contre attaquer, alors il ne répond pas parce qu'il ne m'entend pas. [SPEAKER_00] Je peux négocier face à quelqu'un qui est sourd et qui ne pas m'entendre. Donc je peux parler, je n'y réponds pas. Mais pourquoi C'est parce qu'il n'a pas envie de parler. Fait, il m'entend juste pas. Il peut être qu'il ne me comprend pas. Parle pas le même nom que lui et donc il n'a pas envie de me répondre parce qu'il ne sait pas ce que suis en train de dire. Ou alors il ne répond pas parce qu'il veut pas donner d'accroche. [SPEAKER_00] Dans tous les cas de figure, il y des moyens de créer le lien, la connexion, même si elle ne se fait pas avec un verbal exprimé. On peut être aussi en relation, en connexion. En plus, je l'entendais respirer. [SPEAKER_00] J'entendais une respiration qui était qui était accélérée, donc je pouvais imaginer qu'il était inquiet, qu'il était stressé. [SPEAKER_00] Qu'est ce qui pourrait vous inquiéter derrière cette porte C'est les conséquences de votre acte. Je peux le comprendre, bien sûr. Je ne pas à votre place. Je ne pas comprendre ce que vous ressentez, mais je peux comprendre que vous soyez inquiet de ça. Et les conséquences, elles ne sont pas très graves. À ce stade, vous êtes juste enfermé chez vous. Il ne s'est rien passé de grave. [SPEAKER_00] Donc si vous êtes inquiet, ça peut s'entendre. Mais regardez, je suis là pour essayer de vous aider et je vais vous aider. Projection dans la réussite. On va y arriver, on va trouver une solution ensemble. [SPEAKER_00] Même s'il ne m'a pas répondu, il intègre les messages, il entend les messages. Ça, c'est fini. Comment Voilà, il est sorti. Il est sorti tout le coup. J'ai entendu le verrou s'ouvrir et il est sorti. [SPEAKER_00] Et tu sais ce que tu as dit Il y une phrase en particulier. Après, tu sais, tu es dans l'improvisation. Oui, oui, tu improvises. Quand tu commences, tu es très préparé avant. Mais quand tu ouvres la bouche, tu improvises, tu réagis, tu fonction de ce qu'il va dire ou pas dire. Donc je me rappelle pas exactement. En plus, à l'époque, je n'enregistrais pas mes mes. Sûr. Je sais pas ce que j'ai dit comme phrase, mais je pense que c'est la verbalisation de l'émotion. Et quand on négocie, c'est quoi la pire phrase qu'on puisse dire [SPEAKER_00] C'est que c'est quoi la pire erreur Tu vois le truc à pas faire. Il y a plein d'erreurs, mais une erreur que j'ai que j'ai pu faire, c'est je vous comprends. [SPEAKER_01] Ah oui, ça, il ne pas le dire. Ce n'était pas à sa place. C'était en 2019, pardon, en 1999. [SPEAKER_00] Le groupe avait avait quelques quelques mois et et on est envoyé à la prison d'Evreux [SPEAKER_00] pour un détenu qui refuse de réintégrer après la promenade. Il est monté sur le toit du bâtiment, au cœur de la prison d'Evreux. Il refuse de rentrer. La police appelle leur aide. Évidemment, on arrive et le gars est tout seul sur son toit. Et comme on vient de créer l'équipe de Lego, les collègues de la des connottes d'assaut disent Tiens, vas y va, va négocier pour voir. [SPEAKER_00] Et donc pour voir. Voilà, c'est ça. Bon, c'est un petit challenge. Je monte sur le milieu de l'échelle, je monte sur le toit, j'arrive à m'accrocher sur le toit. En plus, je fais un peu gaffe, mais j'ai un peu le vertige. Donc tu vois, suis pas super à l'aise et [SPEAKER_00] donc j'avance sur le toit et je m'approche. Voilà, écoute, on va essayer de trouver une solution à ce qui se passe. Tu vois, [SPEAKER_00] on ne va pas y passer la nuit. Commence à faire froid, tu comprends que c'est compliqué. [SPEAKER_00] Et il me dit mais qu'est-ce tu veux trouver comme solution Il me regarde la merde dans laquelle je vis, regarde ma prison, ma cour de promenade, ma cellule. [SPEAKER_00] Et je lui dis ouais, je te comprends. [SPEAKER_00] Il dit pourquoi tu es en prison [SPEAKER_00] Terminer. [SPEAKER_00] Fin de la relation. Depuis ce jour là, je n'ai plus jamais dit je vous comprends [SPEAKER_00] et même je désamorce. [SPEAKER_00] Vous savez, je ne pas comprendre ce que vous ressentez parce que je suis pas à votre place, parce que je suis pas vous, parce que je ne vis pas ce que vous vivez. Mais dans ce que vous dites, sens qu'il y beaucoup de détresse. Je sens que vous avez envie d'exprimer une détresse et que c'est peut-être la seule façon que vous avez trouvé de l'exprimer. [SPEAKER_00] Donc, en neutralisant [SPEAKER_00] ce piège de dire je vous comprends. Ou alors une phrase que je trouve encore pire, c'est je vous entends, je [SPEAKER_00] vous entends. On sait que c'est fake. [SPEAKER_00] On sait que c'est des phrases apprises par cœur. C'est vrai. Il faut de l'authenticité. [SPEAKER_01] Voilà, allez y. Donc quand tu négocies avec quelqu'un, [SPEAKER_01] il faut, il ne pas dire j'entends. Moi, c'est un truc que je dis souvent ça. J'entends. J'entends ce que tu me dis, on peut le dire. Je vous entends, [SPEAKER_00] c'est comme je vous comprends. [SPEAKER_00] C'est quelque chose qui ne va pas être perçu par toi comme intrusif, mais par l'autre, ça pourrait l'être. [SPEAKER_00] Donc ça, il faut pas le dire. Il vaut mieux l'éviter. Il n'y a pas de règle absolue, mais j'évite la phrase. Ah, je l'ai dit [SPEAKER_00] plus jamais et j'éffuis la phrase, la phrase je vous entends parce qu'on sait que ça, c'est technique. [SPEAKER_00] Oui, c'est un faux truc. D'empathie. Parce qu'il y a un mais derrière. Qu'est ce que tu dirais J'entends, j'entends ce que tu me dis. Oui, j'entends, ça veut dire je comprends ce que tu es en train de me dire, je mets et derrière le mais annule tout ce que tu as dit auparavant. C'est ça pareil. Mais faut il faut pas dire ça. Il faut me dire et. [SPEAKER_00] Qu'est ce que tu as appris de l'humain Est ce que tu t'es capable de percevoir Parce que ce qui est intéressant, c'est que tu négocies souvent face à des gens qui ne sont pas face à toi. D'après ce que je comprends, il y a une là, Evreux, t'es face au mec dans la prison, mais en général, y a une porte. Il y a, j'imagine, un téléphone. Il y plein de façons de le faire. Quand tu négocies avec un hacker sur une cyber extorsion, tu es derrière un écran dont tu as le temps de réfléchir, de taper ton texte. Généralement, en plus, ça, pas en français, ça, c'est en anglais Et donc on a sur des traducteurs, sur le menant avec avec l'IA, c'est beaucoup plus facile, mais on a du temps pour réfléchir. [SPEAKER_00] Le contact visuel, c'est quand même le plus fort. Ben oui. [SPEAKER_00] Parce que [SPEAKER_00] il y a plein d'études qui ont été faites sur les canaux de la communication, [SPEAKER_00] Les travaux sur Albert [SPEAKER_00] Merabion, notamment sur le taux de sympathie ou de Ray Burn Vistel, [SPEAKER_00] qui a d'ailleurs été un peu mal compris ses travaux. Merabion a travaillé sur les situations dans lesquelles il y une défiance entre les protagonistes. [SPEAKER_00] D'accord. Et donc, quand il y défiance, [SPEAKER_00] de 50 pour 100 du message, [SPEAKER_00] c'est le non verbal, [SPEAKER_00] tes yeux, [SPEAKER_00] tes macro mouvements, [SPEAKER_00] ta position, tes micro mouvements. [SPEAKER_00] Ça, ça me donne de l'information. Plus de 50 pour 100 du message, c'est le non verbal. 30 à 35, c'est la prosodie, le chant de la voix, l'intonation, les silences. Et entre 7 et 15 pour 100, c'est les mots que tu prononces. Donc on a considéré que cette étude, elle était valable partout, y compris dans la relation de confiance. Mais quand il y confiance, [SPEAKER_00] c'est en gros un tiers pour chaque canot de la communication. D'accord. Chaque canal représente un tiers du message que tu portes à l'autre. Dans une relation de prise d'otage, de forcené, il y a évidemment une défiance. Et donc là, l'essentiel du message, c'est le non verbal. Donc quand tu l'as pas, [SPEAKER_00] tu es un peu aveugle sur un certain nombre d'élections. [SPEAKER_00] Oui, c'est pour ça que souvent les négociateurs de crise demandent le contact face à face [SPEAKER_00] aux grandes dames des colonnes d'assaut ou des patrons d'équipe qui disent on va pas prendre de risque. C'est hyper dangereux. Oui, sauf que tu as une puissance beaucoup plus importante quand tu vas au contact physique. Et donc ça, on le fait comme une concession. Je suis prêt à venir vous voir. Je suis prêt à venir discuter en face à face. Par contre, je ne veux pas d'armes braquées sur moi. Vous posez votre arme, on va discuter. Moi, je n'ai pas d'armes, je veux pas que vous ayez d'armes. Comment tu fais pour garder ton calme quand c'est comme ça dans une situation face à un mec Tu picoles [SPEAKER_00] Non, [SPEAKER_00] non, [SPEAKER_00] tu gardes ta lucidité. Ouais, plus que le calme. Attends, le mec, il est quand même capable de te tuer. Ouais, mais tu sais que c'est ton job. Quand tu fais ce job, il faut l'accepter. Tu vas prendre des risques. Moi, j'ai pris un coup de coup de ciseaux dans la cuisse. [SPEAKER_00] Des choses qui, oui, c'est des choses qui peuvent arriver. Tu sais que ça peut déraper. Tu ne contrôles pas tout. Quand je me retrouve face au fard et que je me dis waouh, je ne suis pas passé loin de la correctionnelle. [SPEAKER_00] Bon, tu réfléchis après. Donc parfois, sur le coup, tu prends quelques risques. Ça fait partie du job. Quand tu choisis de faire ce job, tu sais que tu vas être confronté à des pics de tension, des pics de pression qui vont se faire perdre potentiellement ta lucidité. Donc tu bosses sur toi. Oui, c'est ça. C'est un travail sur lequel tu dois bien connaître. Oui, c'est ça, tu dois bien le connaître. Et tu dois te demander qu'est qui te met dans le Qu'est ce qui fait basculer [SPEAKER_00] dans une tension qui est tellement forte que tu peux plus la maîtriser [SPEAKER_00] Donc on connaît les sujets sur lesquels on est à l'aise. C'est quoi tes sujets peux nous raconter Alors moi, j'ai 54 ans, je suis, je suis un peu rodé. J'ai vécu beaucoup de situations où j'ai appris à gérer ma tension. Il y en a un aujourd'hui que je ne gère pas toujours pas. C'est les enfants. Quand des enfants sont impliqués, victimes, [SPEAKER_00] je ne gère pas bien. Voilà, donc je ne prends ces missions. D'ailleurs, on fait très peu de missions aujourd'hui avec l'équipe que je dirige au centre TTA. On fait très peu de kidnapping et d'extorsion. On en fait encore, mais ça restera. On fait plutôt des négociations business, sociales. [SPEAKER_00] Mais on reste encore parfois sur quelques cas de particuliers qui nous appellent sur des kidnappings intra familiaux. [SPEAKER_00] Je ne prends pas ces affaires là parce que quand les enfants sont impliqués, je n'ai pas envie de négocier. Oui, parce qu'on monte une petite équipe, on va les chercher. Il ne surtout pas faire ça. Donc ça, je sais que pour moi, c'est le rouge et c'est très bien, ça me va. Tu parles des enfants, tu as 5 enfants. Oui, 4 à moi, un qui est presque à moi, qui est celui de mon épouse. Mais tu élèves 5 enfants. Alors [SPEAKER_00] j'ai la chance de plus les élever. Ils s'élèvent tout seul. Tu les as élevés. Mais je les ai élevés [SPEAKER_00] et je suis au moment où je vais peut être un jour devenir grand père et là je vais changer de job. Ça va être assez bon. Mais oui, j'ai. Alors du coup, vient. Je je D'une famille très recomposée en plus. Oui, c'est sympa. Donc c'était, c'était, [SPEAKER_01] le sociogramme était assez complexe chez moi. C'était assez complexe. Alors on va reparler de ton livre, donc négocier avec ses enfants et garder son calme. [SPEAKER_01] Ce qui est hyper sympa dans ce livre, c'est que tu [SPEAKER_01] vas appliquer toutes tes techniques, tes techniques de négociateurs, tes techniques [SPEAKER_01] apprises au FBI avec les pires dictateurs au monde, c'est-à-dire les enfants. Ils sont pas mal, oui. Oui, ils sont pas mal en termes de Ce [SPEAKER_01] qui est intéressant et tu as commencé à le dire il y quelques minutes, c'est le problème quand on négocie avec des enfants ou ses enfants, c'est l'affect. [SPEAKER_00] C'est un problème dans toutes les négociations où tu connais la personne avec qui tu négocies. [SPEAKER_00] Ah oui, c'est quand tu sais, les médecins disent qu'ils ne sont pas bons pour soigner les membres de leur famille. Un négociateur ne serait pas bon pour négocier [SPEAKER_00] quand un membre de sa famille est impliqué. [SPEAKER_00] J'ai écrit des romans policiers basés sur mon histoire de négociateur et il y a un de mes romans qui raconte l'histoire d'un négociateur qui va négocier pour récupérer une tâche qu'il connaît très bien. Et ça, c'est la, c'est une des contraintes qu'on peut avoir dans ce métier là. Avec nos enfants, on les connaît, il y a de l'amour, beaucoup. [SPEAKER_00] Et si en plus tu as une tendance à partager les émotions facilement, ce qui est mon cas par exemple, tu peux très très vite perdre ta lucidité. [SPEAKER_00] Donc il faut s'appliquer des méthodes de négociateurs professionnels pour garder le calme, l'objectif. [SPEAKER_00] Ne pas oublier que ce qui compte, c'est la relation, mais c'est aussi l'objectif de la relation, [SPEAKER_00] c'est-à-dire leur dire non, leur dire stop, [SPEAKER_00] les ramener aussi sur un cadre non négociable. [SPEAKER_00] Parce que pour ce qui est pour qu'il y de la négociation, il faut qu'il ait de la non négociation. Tu parles du non, mais en tout cas, y la préface qui est écrite par les 5 enfants. Une [SPEAKER_00] des premières phrases, c'est ils disent j'ai noté, on a vite compris que le non n'existait pas chez lui. Donc en fait tu dis jamais non en fait. Donc en fait, pas un bon négociateur avec des enfants. Un bon négociateur parce que le non n'existe pas de mon côté quand je négocie avec eux, parce qu'ils commencent par eux, c'est eux qui disent non. Est ce que tu peux faire ça Non. Donc je réponds pas par un non, sauf si ça fait partie des sujets non négociables. Oui, et je réponds par une discussion, par une négociation. Donc en fait, c'est vrai que je leur ai rarement dit non dans les négociations. Pourquoi Parce que ce sont eux qui les ont commencé [SPEAKER_00] avec un nom que eux ont prononcé. [SPEAKER_00] Après, ils savaient que quand je disais non, ce n'était pas une négociation. [SPEAKER_00] Je disais rarement non, mais quand je dis non, on discute pas. C'est ça. C'est sur l'hygiène, sur la sécurité, sur les valeurs. Ça, ce n'est pas négociable. [SPEAKER_00] Est ce que je peux Non, ok, on a. Mais après tout est négociable. Pas tout, pas tout. Déjà, ça dépend de l'âge de l'enfant. Et puis encore une fois, si tu, si tu négocies absolument tout, ça tue la négociation. [SPEAKER_00] Il y a des sujets qui ne doivent pas être susceptibles d'être négociés [SPEAKER_00] et ça dépend de la culture de la famille, de la façon dont ça fonctionne. Mais chacun crée son cadre de négociation, mais il en faut. Il en faut parce que s'il n'y pas les bords dans lesquels tu vas négocier, le truc va s'élargir et négocier tout systématiquement, ce serait l'enfer sur terre. Oui, c'est ça. Alors [SPEAKER_01] comment tu fais pour négocier avec tes enfants quand tu les connais, quand tu as de l'empathie [SPEAKER_01] c'est quoi les grandes techniques pour que les gens, [SPEAKER_01] bien sûr, achètent ton livre pour regarder en détail, mais tu vois, aient un petit peu envie de [SPEAKER_00] de se coucher avec des petits tips grâce à toi, des conseils. D'ailleurs, si vous achetez mes livres, les droits d'auteur de mes livres vont à l'association Don de confiance [SPEAKER_00] qui travaille sur la confiance en soi des adolescents et des collégiens. [SPEAKER_00] Le 1er conseil que je pourrais vous donner, c'est soyez lucide. [SPEAKER_00] N'oubliez pas que l'émotion peut faire perdre votre discernement. Donc [SPEAKER_00] acceptez que vous ayez des émotions. [SPEAKER_00] Habituez vous à connaître vos émotions, débriefer vos propres émotions, comment elles montrent, comment elles s'expriment. Acceptez que vos émotions primaires, la joie, la peur, la surprise, la tristesse, le dégoût, le mépris, soient des émotions légitimes. [SPEAKER_00] Commencez par là. C'est la meilleure façon de les contrôler et vous ne pourrez pas être empathique avec vos enfants si vous n'êtes pas capable d'être empathique avec vous même. Vous ne pourrez pas voir l'émotion de vos enfants et la canaliser si vous ne savez pas vous même gérer vos propres émotions. Donc c'est le 1er sujet sur lequel on bosse. [SPEAKER_00] Ensuite, [SPEAKER_00] vous voulez obtenir quoi C'est quoi votre enjeu [SPEAKER_00] L'enjeu, c'est le besoin fondamental qu'on veut satisfaire par cette négociation. [SPEAKER_00] Donc soyez clair là dessus. [SPEAKER_00] Est ce que c'est un non de principe pour juste montrer que vous êtes capable de dire non Est ce que c'est non pour résister au départ Principe de résistance, un des principes de négo, mais pour derrière finir par concéder un échange d'une contrepartie. [SPEAKER_00] Est ce qu'il y a 3 choses à obtenir parmi les 3, c'est laquelle est prioritaire Vous êtes prêt à sacrifier laquelle pour pour satisfaire laquelle Donc c'est ce questionnement là. Mon enfant veut sortir ce week end. Quel est mon enjeu [SPEAKER_00] Moi, j'ai envie que lundi prochain, il aille à l'école en bonne forme, qu'il ne pas fatigué. Voilà, [SPEAKER_00] qu'il réussisse. Voilà donc mon enjeu, c'est qu'il soit en bonne forme et son enjeu, c'est de sortir. Son intérêt, on appelle l'intérêt pour la pâte adverse pour éviter les confusions. Son intérêt, c'est de sortir. Mon enjeu, c'est qu'il soit en forme la semaine prochaine. Et comment tu fais À partir de là, est ce que je vais l'empêcher de sortir [SPEAKER_00] Je préfère lui dire non [SPEAKER_00] Et comme ça, je sais qu'il sera reposé, mais je ne pas satisfaire son intérêt. Donc on va aller à la confrontation. Il [SPEAKER_00] va être frustré, il va pas être content. J'impacte la qualité de la relation. C'est sûr, s'il a 8 ans, [SPEAKER_00] le truc est réglé. [SPEAKER_00] Mais t'as 6 ans, tu veux sortir dans la boîte de nuit de savoir s'il a 16 ans, la c'est compliqué. S'il a 16 ans et qu'il remplit les conditions, il travaille à l'école, il ne fait pas trop d'imbécile et digne de confiance. [SPEAKER_00] Écoute, voilà, tu veux sortir ce week end, ça m'embête [SPEAKER_00] parce que tu as des contrôles la semaine prochaine. J'ai envie que tu les réussisses. Si tu rentres [SPEAKER_00] à rincer parce que tu vas sortir avec tes copains, peut être que tu vas boire un peu d'alcool. Franchement, [SPEAKER_00] ça me, ça ne convient pas. Donc j'aimerais plutôt que tu restes là ce week end. Tu fais ta semaine d'examen, puis la semaine prochaine, tu pourras sortir. Mais non, s'il te plaît papa, j'ai besoin de sortir parce que je suis fatigué. J'ai besoin de C'est [SPEAKER_00] la soirée de l'année. On l'a vécu. Bien sûr. OK, dans ce cas là, mon enjeu, c'est qu'ils sont en forme. Ce n'est pas l'empêcher de sortir. [SPEAKER_00] Écoute, [SPEAKER_00] normalement, [SPEAKER_00] je devrais t'interdire de sortir par principe parce que je veux que tu sois en forme la semaine prochaine. Mais comme je peux te faire confiance [SPEAKER_00] et j'espère que je peux te faire confiance, [SPEAKER_00] je vais te proposer un deal, je te laisse sortir. [SPEAKER_00] Mais la contrepartie, c'est que tu rentres avant minuit. Non, papa, en minuit, tout le monde va rentrer après. Non, c'est minuit, c'est tout. Donc je te laisse le choix. Tu rentres avant minuit, tu sors, mais tu ne t'engages pas sur sur rentrer avant minuit, tu sors pas. Je préfère ne prendre de risque. Qu'est-ce que tu viens de faire Tu viens de montrer que normalement, tu n'aurais pas dû le mais tu acceptes de faire une concession [SPEAKER_00] qui est de te laisser sortir un échange d'une contrepartie. [SPEAKER_00] Le deal, c'est les conditions de la sortie. Ce n'est pas tu sors, tu sors pas, c'est les conditions et tu t'engages [SPEAKER_00] sur le fait que je peux te faire confiance. Si t'es rentré avant minuit, ça veut dire que je peux te faire confiance. Et quand tu fais ça, quand tu établis du coup de la confiance de la négo, en fait ton enfant, [SPEAKER_01] il sent, j'imagine que tu lui as fait une fleur. Et puis il a envie de respecter du coup le deal, non Mais tu le rends responsable. Ouais, c'est ça. Tu lui dis c'est un deal qu'on fait tous les 2. [SPEAKER_00] Là, ce n'est pas le papa qui t'impose quelque chose, c'est le papa qui te propose de trouver une solution ensemble. On trouve un compromis. [SPEAKER_00] Je veux pas que tu sors, tu veux sortir. Le compromis, c'est que tu sors, mais tu rentres à 20008. Est-ce que tu es d'accord Tu es responsable. Si tu tiens ton engagement, la prochaine fois que tu leur demandes à sortir, [SPEAKER_00] je que je peux te faire confiance. C'est quand même un facteur favorable. Par contre, si tu ne tiens pas ton engagement, c'est terminé. Ne viens plus me demander de sortir, tu sortiras plus. Donc maintenant, la [SPEAKER_01] décision est entre tes mains et la responsabilité de respecter l'engagement, c'est entre tes Ça fait grandir. Oui, ça fait grandir, ça fait vachement grandir, c'est génial. Et comment tu t'adaptes à l'âge Parce que j'imagine qu'on ne négocie pas la même façon avec un enfant tout jeune et puis un ado et un jeune adulte qui vit encore chez toi. Les enfants, les ce que j'appelle les jeunes enfants, tu vois entre 2 et 5 ans, [SPEAKER_00] ils n'ont pas conscience de ce qui est bien et ce qui pas bien. Donc je pense qu'il faut qu'il y du cadre, un cadre souriant, [SPEAKER_00] assertif. [SPEAKER_00] Je te laisse me dire quand t'es pas d'accord ou exprimer ta colère, mais voilà, ça c'est non par contre. [SPEAKER_00] Tu ne peux pas balancer ton assiette pendant qu'on mange, ce n'est pas possible. [SPEAKER_00] Voilà, donc oui, tu vas manger [SPEAKER_00] et tu ne peux pas [SPEAKER_00] mal te comporter quand on est à table. Ça, c'est la règle. Après, je te laisse manger dans l'ordre que tu veux. Tu vois, tu peux faire des concessions, mais il faut cadrer parce que si tu cadres pas à cet âge là, quand tu vas devoir cadrer plus tard, ça ne pas possible. Bien sûr. Après, plus que l'âge, je parlais de la maturité. [SPEAKER_00] Moi, j'ai des enfants qui ont été matures assez vite pour des tas de raisons, d'abord parce qu'ils sont au fond de parents divorcés. Donc ils ont dû se débrouiller seuls avec des mamans et un papa qui travaille beaucoup et qui ne seront pas toujours là. Donc ils ont été autonomes assez vite. Donc tu vas tester la confiance, [SPEAKER_00] tu prends des petits engagements. Papa a des trucs très très impliquant au début. Tiens, je te laisse faire ça, puis tiens, ça marche. Ok, puis tu débriefes surtout. [SPEAKER_00] Tiens, Arthur, Victor, je vous ai demandé de faire ça, vous l'avez fait C'est super. Merci d'avoir respecté votre engagement. Puis le prochain, on peut rajouter un peu plus. Alors après, il y des choses qui vont parfois trop loin, ils exagèrent ou ils vont, ils vont chercher trop vite de l'autonomie. Mais les rendre autonomes et responsables, c'est aussi faire ces petits engagements du quotidien qui valident le fait que quand tu tiens ton engagement en continu, si tu ne tiens pas ton engagement, c'est fini. C'est ça. La confiance se gagne par goutte, elle se perd par litre. Cette phrase, je l'aurais prononcée des dizaines de fois. Voilà, si tu perds ma confiance, tu vas la perdre totalement. Par contre, si tu la gagnes, c'est des petits morceaux. [SPEAKER_01] Mais c'est comme ça qu'on progresse. Ce qui est intéressant aussi dans le livre, tu dis on ne passe pas par la soumission ou par la domination. Souvent, les parents vont dire c'est comme ça et pas autrement. [SPEAKER_01] C'est [SPEAKER_01] moi qui décide. [SPEAKER_01] Ça, c'est pas une bonne façon de négocier. [SPEAKER_00] S'il y des sujets où il faut dire ça. Ah quand même. Ben oui, les sujets non négociables, on discute pas. Oui, on discute pas. Voilà. [SPEAKER_00] Tu tu veux pas te laver les dents Si [SPEAKER_00] c'est pas négociable, l'hygiène, c'est pas négociable. [SPEAKER_00] Donc tu te laves les dents quoi qu'il arrive. Mais tu fais quoi face à un enfant qui se roule par terre parce qu'il veut pas se rouler dans Ah bah il veut se rouler par terre, qui se roule par terre, roule toi par terre. Tu penses que c'est bien Vas y, roule toi par terre. Mais après tu fais quoi Mais là, laisses faire. Il va bien finir parce que, mais tu vas faire quoi Tu vas le punir [SPEAKER_00] Tu vas le punir parce qu'il est en train d'exprimer une émotion légitime pour lui. Alors il exprime pas comme tu voudrais, [SPEAKER_01] mais c'est ça qu'il a choisi pour l'exprimer. Ok, ok, tu veux. Donc tu attends qu'il se roule par terre. Un moment, il arrête. Il va finir par se brosser. Non, [SPEAKER_00] mais il va finir par s'arrêter. [SPEAKER_00] Ok, écoute, je comprends que tu sois pas content, [SPEAKER_00] mais par contre tu ne pas l'exprimer comme ça parce que ça sert à rien. [SPEAKER_00] Donc soit on discute tous les 2 et je te laisse choisir le moment où tu vas brosser les dents, soit tu vas te brosser juste après manger, puis tu joues un peu, soit tu vas te brosser après avoir joué mais avant de te coucher. Par contre, ce qui est sûr, c'est que tu vas te brosser les dents. C'est ça Donc si tu veux qu'on discute et que je te laisse ce choix, ça sert à rien de rouler par terre. Mais si tu veux recommencer, recommence. [SPEAKER_00] Mais tu ne peux pas le punir parce qu'il se roule par terre. Non, et tu peux pas voir ce que j'ai fait. Après la brosse à dents et le mettre dans la bouche. Je l'ai fait, je l'ai fait. Il n'y a pas d'école de papa. Au moment où il n'y pas d'école pour être parent et j'ai fait plein de bêtises, [SPEAKER_00] mais je trouve que ça ne sert pas à grand chose parce que tu le punis pour un truc qui est légitime pour lui. Ça ne marche pas. Ce n'est pas légitime pour toi, mais ça l'est pour lui. Il faut que tu l'acceptes. Par contre, tu cadres l'émotion que tu as, elle est légitime, mais le comportement, il n'est pas acceptable. Donc tant que tu me parles comme ça, on ne parle pas ou tu vas dans ta Donc oui, il faut aussi être dans cette capacité là et forcer. Tu prends la brosse à dents et tu lui brosse les dents. [SPEAKER_00] N'y rien de pire que pour. Bien sûr, mais moi je l'ai fait. Oui, non, mais on est d'accord, on l'a tous fait très certainement. Et puis on me l'a fait aussi très certainement. [SPEAKER_00] Mais c'est pas comme ça que tu donnes envie aux enfants de se laver les dents. Mais tu peux l'expliquer. Tu sais pourquoi on se lave les dents Oui, non, je vais t'expliquer pourquoi. Est ce que tu sais ce que ça fait quand on se lave pas les dents En plus, maintenant, on peut trouver sur internet des photos de dents bien pourries. Tu dis tiens, voilà, si tu te lave pas les dents, regarde à quoi ça va ressembler. Est-ce que tu as envie d'avoir les dents comme ça Non, alors faut que brosse les dents. Tu vois, moi, j'ai des dents qui ne pas comme ça parce que je me suis brossé les dents tous les jours. Donc tu, là, tu joues sur plusieurs pouvoirs. Le pouvoir de l'explication. [SPEAKER_00] Je t'explique pourquoi ce que je te demande, ce serait mieux pour toi. Et le pouvoir de l'expérience. [SPEAKER_00] J'ai fait ça parce que regarde, ça m'a amené un résultat positif. [SPEAKER_01] Mais en même temps, faut les laisser faire parce que tu tu dis qu'il faut, certes, tu as plus d'expérience qu'eux, mais en leur donnant la solution alors qu'ils ne l'ont pas testé, [SPEAKER_01] ça, ça marche pas. [SPEAKER_00] Quand j'ai créé l'association de dons de confiance, on a lancé une campagne sur les réseaux sociaux et je pense que vais la relancer cette année parce que c'était sympa. Qui s'appelle Si je me croisais au collège Ok. Je demande à plein de personnes, des célébrités et puis des gens inconnus de dire sur une vidéo d'une minute si je me croisais au collège, voilà ce que je me dirais. C'est sympa. Au début, je voulais dire si tu croises tes enfants au collège, qu'est ce que tu vas leur dire Mais en fait, ils ne vont pas t'écouter. [SPEAKER_00] T'es un vieux con, [SPEAKER_00] laisse tomber, ce n'est pas la même génération, ils vont pas t'écouter. Donc je leur ai dit on va se parler à nous si on était à nous. Et donc l'idée, c'est de voir que nos enfants se disent si papa, il se croisait au collège, il se dirait ça. [SPEAKER_00] Je suis pas en train de te donner un conseil à toi. Je me donne un conseil à moi. À toi même. Si je me retrouve au collège, écoute ce que tu dirais [SPEAKER_00] à toi même Moi, je me dirais [SPEAKER_00] arrête de regarder ce que les autres pensent de toi. [SPEAKER_00] J'ai été élevé dans le driver sois parfait et [SPEAKER_00] dont le syndrome du perfectionniste était jamais assez content parce que tu dis mais ça va pas plaire ou ça va pas aller, ça va passer loin dans ce que je donne. Quand j'écrivais mes premiers bouquins, j'ai réalisé 200 fois. Au bout d'un moment, faut y aller quoi, faut lâcher. Allez, c'est bon, c'est pas parfait, mais c'est déjà bien. Donc je me dirais ça. Mais si je dis à mes enfants [SPEAKER_00] ne regardent pas le regard des autres, ils vont m'entendre, mais c'est moi qui leur parle à eux. Si je me parle à moi et que je leur dis écoutez ce que je me dirai, je trouve que ça parle plus. Donc il faut parfois laisser faire les expériences. Ouais, c'est ça. Plante toi, fais ton mal, tu verras. Tu les laisses faire en fait. Ouais, mais moi j'habite dans une forêt. Cherchons d'avoir une maison au milieu d'une grande forêt. Mes enfants ont fait des cabanes dans les arbres. Papa, je peux sauter de là haut. [SPEAKER_00] C'est quoi le réflexe naturel Tu réponds non Non, surtout pas descend, tu vas te faire mal. Mais si tu fais ça, tu empêches l'enfant d'apprécier lui même le danger [SPEAKER_00] et d'utiliser son émotion qui est la plus importante dans ce cas là, c'est la peur. [SPEAKER_00] Donc tu dois l'avoir prendre sur toi [SPEAKER_00] pour ne répondre non, descend. [SPEAKER_00] Ok, tu veux sauter de là haut D'accord. [SPEAKER_00] Est-ce que c'est haut [SPEAKER_00] Ah oui, c'est haut. Est-ce que tu as peur [SPEAKER_00] Un petit peu. Super. Si tu as peur, ça veut dire que t'as conscience que c'est dangereux. [SPEAKER_00] Qu'est ce qu'on pourrait faire pour que ce un peu moins dangereux [SPEAKER_00] Ben je peux sauter d'un peu plus bas. Bah saute d'un peu plus bas s'il te plaît. Génial. [SPEAKER_00] C'est compliqué parce que tu prends sur toi, mais tu lui dis un la peur, elle est légitime. [SPEAKER_00] Si tu fais un truc dangereux et que t'as pas peur, t'es fou, t'es inconscient, t'es pas courageux. [SPEAKER_00] Mais si tu acceptes qu'il y du danger et que tu veux que ce soit un moins dangereux, je te laisse prendre la décision. Qu'est ce qu'on peut faire Je saute d'un peu plus bas. Écoute, ça me va bien. Commence par sauter d'un peu plus bas. En faisant ça, tu les, tu autorises tes enfants à apprécier leurs propres émotions [SPEAKER_00] et à apprécier le fait que l'émotion, c'est un super message. La peur, c'est une super émotion. Elle te dit quand c'est dangereux. Bien sûr. Donc d'ailleurs, c'est pour ça que quand t'as pas peur, t'es pas courageux, t'es inconscient. Le courage, la peur de se planter et l'audace de le faire quand même. [SPEAKER_00] Donc si t'as pas peur, t'es pas courageux. Donc c'est intéressant aussi d'accepter [SPEAKER_00] à ce stade là de laisser un peu l'expérience se mettre en place. Sauf si le truc, il a un générique, dessin, c'est imbriqué, dit papa, je peux jouer. Évidemment, tu dis pas qu'est ce que tu en penses C'est un peu dangereux. Non, bien sûr, là, là, il faut tomber. Mais sur le truc qui est un peu entre les 2, je pourrais sauter de là haut. Il peut quand même se faire mal. N'ai pas trop envie qu'il prenne le risque, mais je vais lui laisser apprécier. On va discuter sur la prise de risque et quelle décision tu prendrais. En fait, ce qui est intéressant, c'est que tu on sent que tu le fais avec des [SPEAKER_01] des forcenés, des preneurs d'otages, mais avec tes enfants. Parce que là, quand tu nous fais la démo, c'est la même chose. Tu vas, tu poses des questions, tu poses l'autre à réfléchir en fait. Mais on ne pose pas cette question. C'est ça négocier. L'art du questionnement, [SPEAKER_00] je pense que c'est l'aboutissement ultime de la capacité d'écoute. [SPEAKER_00] Je ne plus qui a dit ça. Louis est l'outil de la sagesse. [SPEAKER_00] C'est un vieux grec très certainement. Évidemment. Oui. Aristote. Voilà Aristote plus tard. Mais oui, c'est vrai. C'est vrai que l'écoute [SPEAKER_00] par le questionnement, c'est ouvrir des portes systématiquement. Donc c'est prendre le risque de ne savoir ce que l'autre va répondre. [SPEAKER_00] Mais c'est prendre surtout l'initiative sur dis moi ce que tu comprends la situation, ce que tu attends de la situation, parce que j'ai besoin de te comprendre pour qu'on puisse échanger. [SPEAKER_00] Il y très très peu de gens formés au questionnement. Nous, on a une un module de formation sur la questionologie [SPEAKER_00] qui qui est qui est bluffant parce qu'il est très simple. [SPEAKER_00] Mais pourtant, personne n'est formé initialement à ça. Donc quand tu viens apprendre la différence entre la question projective, suggestive, la question alternative, la question pourquoi la question qu'est ce qui tu dis bien évidemment, quand je te dis pourquoi tu fais ça, j'attends une justification de ta part. Quand je dis qu'est qui te pousse à faire ça, J'attends une explication de ta part, c'est complètement différent. La qualité de la réponse est différente. Donc quelles sont les questions qu'il vaut mieux poser à son enfant comment les formuler du moins J'aime bien les questions fermées qui provoquent des oui au départ. Ok, pourquoi [SPEAKER_00] Parce que ça engage sur la relation. [SPEAKER_00] On est d'accord que ce qu'on veut toi et moi, c'est que tu ne fasses pas mal. Oui, bah oui, il va te dire oui, tu as un objectif commun, donc tu peux négocier. [SPEAKER_00] D'accord, d'après toi, pourquoi est que je te demande [SPEAKER_00] de réfléchir avant de sauter [SPEAKER_00] Ben parce que t'as peur. Ok, tu penses que j'ai peur Oui, je pense, c'est vrai. Quand je te vois là haut, ça me fait un peu peur. Mais toi, est que t'as peur Questions fermées [SPEAKER_00] Ben non, j'ai pas peur. Ah, t'as pas peur d'être là haut Ben non. [SPEAKER_00] Parce que tu penses que si tu sautes, tu vas pas le faire mal. [SPEAKER_00] Ben je sais pas. D'après toi, regarde la hauteur. Est ce que tu penses que tu peux te faire mal Ouais, c'est possible. [SPEAKER_00] Et donc t'as pas un petit peu peur [SPEAKER_00] Un petit peu. Ah ok, et c'est bien non Bah non. Pourquoi c'est pas bien d'avoir peur Parce que la peur, c'est pour les lâches. Non, non, [SPEAKER_00] regarde la peur, c'est une super information. Donc tu commences par lui poser des questions pour l'amener [SPEAKER_00] dans ce qu'il ressent, ce qu'il perçoit. S'il est bien d'accord avec toi, qu'on a un objectif commun, [SPEAKER_00] c'est un jeu le questionnement et tu peux rebondir pendant des heures. Moi, je peux te parler pendant des heures en posant que des questions. C'est incroyable. [SPEAKER_00] C'est simple. [SPEAKER_00] Moi, c'est mon job aussi. Toi, c'est ton job. Je suis drillé entraîné pour ça. Ça m'a, ça a changé ma vie de s'en imposer des questions. [SPEAKER_01] Les gens qui vivent avec toi, ta femme, tes enfants, ils sont épuisés par toi ou au contraire Ils sont épuisés parce que j'ai plein d'idées et ça, c'est encore autre chose. [SPEAKER_00] Non, non du tout. En fait, je pratique pas ça à la maison. Ah c'est vrai. Sauf quand je suis en mode négociation. [SPEAKER_00] Quand mes enfants viennent me voir et qu'on discute, je ne suis pas négociateur, [SPEAKER_00] je suis leur papa. Je cède parfois des trucs sur lesquels je ne devrais pas céder, mais il faut le faire aussi. Oui, oui, il faut qu'ils gagnent des trucs. Voilà, ils demandent ça. Allez, c'est bon, je te laisse le faire. On va discuter, [SPEAKER_00] on négocie pas pour négocier. Non, non, voilà, je ne passe pas ma vie à négocier. Par contre, sur les sujets où là, la négociation a du sens sur un sujet important ou sur un sujet sur lequel je ne pas s'aider facilement et je veux que ça leur coûte quelque chose. Parce que si tu cèdes sans contrepartie, ce que tu cèdes n'a pas de valeur. [SPEAKER_00] Là, oui, je mets un mode négociateur. [SPEAKER_00] Donc là, oui, je mets ma casquette, il le voit pas. Il commence à le voir quand même. Ah mais oui, j'imagine. Mais oui, là je rentre. Parce que quand, quand tu rentres en mode question là. Oui, oui, mais ça ils savent. Ils ont fini par capter que c'était la négo, non Ils ont fini par capter, mais ils ont très longtemps [SPEAKER_00] été persuadés que je savais détecter leurs mensonges au moindre coup d'oeil, ce qui n'est pas vrai. [SPEAKER_00] Mais en fait, chaque fois qu'ils me disaient quelque chose, je faisais [SPEAKER_00] ce petit geste là, [SPEAKER_00] c'est arrête, arrête, es en train de regarder pourquoi tu mens. [SPEAKER_00] C'est génial. C'est très simple, trop long. Je joue sur la dissuasion, tu vois, je fais croire que je laisse croire que maintenant ils sont grands, donc ça va. C'est avec leurs enfants que je pourrais m'amuser. C'est très. Mais oui, bien sûr, tu joues aussi de ça. Mais oui, quand tu rentres en mode négociation, là, effectivement, c'est différent. Donc je négocie assez peu à la maison, [SPEAKER_01] sauf quand c'est nécessaire. Oui, c'est ça. Est-ce que négocier, c'est manipuler Est-ce qu'on peut, [SPEAKER_01] en maîtrisant l'art de la négociation, manipuler les autres [SPEAKER_00] On peut en maîtrisant l'art de la manipulation, négocier avec les autres, mais ce n'est pas bien. En maîtrisant l'art de la négociation. Alors non, l'art de la négociation n'est pas au service de la manipulation. [SPEAKER_00] La négociation, c'est une approche stratégique, [SPEAKER_00] une approche globale pour traiter [SPEAKER_00] un désaccord, un conflit. Tu peux le faire par la soumission. [SPEAKER_00] Je me soumets [SPEAKER_00] par la domination. J'impose [SPEAKER_00] par la fuite. Je regarde pas ou par la négociation. On va trouver un accord ensemble. C'est une approche globale et dans cette approche, y des techniques, [SPEAKER_00] les techniques d'influence. [SPEAKER_00] Je vais orienter ta perception, mais je te laisse ton libre arbitre. [SPEAKER_00] Je te donne toutes les informations pour analyser et tu les as toutes, mais c'est toi qui fais le choix. Alors je mets en avant plutôt celles qui m'arrangent et moi en avant les autres. Mais ça reste une mise à disposition des informations. La manipulation, je triche. C'est une famille de techniques de négociation que je ne prône pas. Parce que si tu, si tu manipules en négociant, tu impactes ta réputation de négociateur. Oui, c'est ça. Si tu triches avec tes enfants, ils vont le voir. Si tu triches avec tes clients, ils vont le voir et tu auras une étiquette de tricheur et de menteur. [SPEAKER_00] Et ça, ça ne crée pas de la confiance. [SPEAKER_00] Alors avec nos clients, évidemment, la confiance c'est important, mais avec nos enfants, c'est la clé. Si tu leur montres des pratiques non éthiques, ils vont les reproduire. [SPEAKER_00] On doit des exemples. Donc oui, il faut faire l'effort de négocier quand c'est nécessaire. Oui, il faut faire l'effort de dire non quand c'est nécessaire et de s'y tenir. Même quand ça pique, même quand ils partent en pleurant, même quand ça t'arrache le coeur, c'est ça le job de parents. C'est aussi de dire non quand c'est nécessaire et de céder quand on discute et qu'on négocie quand c'est possible de le faire. Quand on négocie, tu dis aussi très justement appliquer la loi du talion, ça ne marche pas. L'enfant que tu as frustré et qui te dit je te déteste, qui part dans sa chambre, même si tu es excédé, [SPEAKER_01] il faut jamais répondre. Moi aussi, je te déteste. Oui, [SPEAKER_00] parce que quand il dit je te déteste, évidemment qu'il te déteste pas. C'est la façon qu'il a trouvé d'exprimer sa colère. Il n'a pas encore tous les mots, il n'a pas encore tous les concepts, donc il va te balancer ça et ça fait mal parce que toi tu le prends avec ta vision d'adulte. Bien sûr. Sauf que c'est dans son cadre de référence à lui qu'il faut regarder pas dans le tien. Donc oui, répondre à moi non plus. T'aime pas. Tu viens de créer une [SPEAKER_00] crainte absolue. Peut être que ma mère ou mon père même plus. Et alors là, c'est terrible. Donc moi, quand ça m'est arrivé, je t'aime pas bien. Moi, je t'aime quand même. Voilà et je t'aimerais toujours. Bien [SPEAKER_00] sûr. [SPEAKER_00] Ben oui, mais moi tu vois, t'aime et je t'aimerais quoi qu'il arrive, [SPEAKER_00] Attention, [SPEAKER_00] il ne pas culpabiliser les gens qui écoutent. Non, bien sûr. On est tous parfois fatigués, on est tous à bout du truc et on peut avoir des comportements qui ne sont pas les bons. Bien sûr. Ce qui va compter, c'est de s'en rendre compte. Pour éviter de le reproduire. Mais oui, on est tous à certains moments [SPEAKER_00] victimes du [SPEAKER_00] quotidien et parfois on claque la porte, on dit c'est bon, arrête de m'embêter ou on parle pas bien ou voilà, c'est des choses qui peuvent arriver. Il faut juste éviter. Il faut en prendre conscience pour éviter que ça devienne un comportement. C'est ça. Mais toi qui sais garder ton calme, [SPEAKER_01] c'est quand même pas facile, tu vois, parce que garder son calme face à quelqu'un avec qui on a une relation d'affection [SPEAKER_00] qui va te faire dégoupiller parce qu'il sait où appuyer pour t'énerver, c'est extrêmement compliqué. Oui, justement, puisqu'il va essayer de me faire dégoupiller, on va jouer. Je ne pas dégoupiller. [SPEAKER_00] Je j'ai envie, mais je ne vais pas le faire parce que je lui montré que ça ne marche pas. [SPEAKER_00] Si tu tu laisses ces comportements fonctionner, [SPEAKER_00] tu valides chez lui le fait que ça marche. Ça s'appelle l'effet. [SPEAKER_00] L'effet, [SPEAKER_00] c'est que plus je fais quelque chose qui fonctionne, plus je vais le réutiliser puisque ça marche. Donc que ce soit quelque chose de positif ou négatif, [SPEAKER_00] si tu laisses son comportement s'installer chez ton enfant et qui lui permet d'avoir des résultats, les résultats qu'il attend, s'il gagne, pourquoi il s'arrêterait [SPEAKER_00] Il est violent et claque la porte, tu cèdes. Il ne va pas s'arrêter d'être violent et claquer la porte. Donc il ne pas céder [SPEAKER_01] et c'est dur. Et toi qui es bon en [SPEAKER_01] non verbal, [SPEAKER_01] tu tu disais il y a plein de petits gestes, petits trucs. Qu'est ce qu'il faut observer [SPEAKER_01] Ce à quoi il faut être attentif avec son enfant, son ado [SPEAKER_01] Est ce qu'il y a des gestes Est ce qu'il y des trucs Parce que c'est assez fascinant non verbal pour ceux qui ne pas formés à Alors [SPEAKER_00] le non verbal instantané. [SPEAKER_00] Là, on se regarde tes yeux, la position de ta tête, tes mains, tu crois les jambes, ça veut rien dire pour moi. Ok, je crois pas. Ou quand tu te croise les bras, c'est que tu fermes à la relation. Quand tu dois le laisser que tu mens. Non, pour moi, ça ne marche pas. Ça me gratte le nez. Oui, ça veut dire que tu un nez qui gratte, mais ça ne pas dire que tu vas mentir. Par [SPEAKER_00] contre, [SPEAKER_00] ce qui m'intéresse, c'est les changements d'attitude. [SPEAKER_00] Un enfant qui a une attitude ouverte, extravertie et qui, du coup, va se renfermer, ça, c'est une alerte. C'est quelque chose qui cloche. [SPEAKER_00] On n'a pas l'habitude d'avoir cette relation [SPEAKER_00] ou un enfant qui est très très propre et qui tout d'un coup fait plus attention à ses vêtements. On remet les mêmes vêtements que la veille alors que d'habitude, fait très très attention à surtout pas s'habiller [SPEAKER_00] Ça, c'est des petits trucs qui m'alerte sur le fait qu'il y quelque chose qui se passe pas bien ou d'habitude on se parle, tu regardes dans les yeux. Et puis là tu regardes plus dans les yeux. OK, ce n'est pas le fait que tu me regardes pas dans les yeux, c'est le fait que d'habitude tu fais comme ça et là tu vas me changer. C'est les ruptures de baseline, donc d'attitude [SPEAKER_00] qui font qu'il y a un truc qui cloche. Et on le sent naturellement. On est tous naturellement de bons détecteurs de mensonges. [SPEAKER_00] La différence entre quelqu'un qui est formé à quelqu'un qui n'est pas formé, ce pas grand [SPEAKER_00] parce qu'on est un groupe social [SPEAKER_00] qui fonctionne, [SPEAKER_00] parce qu'on se crée sur la relation émotionnelle à l'autre. On est capable de vivre des émotions ensemble et de s'adapter aux émotions de l'autre. Donc naturellement, ton cerveau sait très très vite voir mon émotion est adaptée [SPEAKER_00] inconsciemment et c'est une question de survie. Donc ça fonctionne plutôt bien. Donc chez nos enfants, [SPEAKER_00] tu vas sentir l'incongruence. [SPEAKER_00] L'incongruence, [SPEAKER_00] c'est quand ce que tu m'exprimes, ce n'est pas ce que j'observe. [SPEAKER_00] Non, non, n'ai pas peur avec les attitudes physiques de peur. [SPEAKER_00] Non, je suis content, tout va bien et tu sens de lassitude dans les traits. Ça, c'est intéressant. C'est l'incongurrence entre ce que tu me dis et ce que je vois qui m'alerte sur le fait qu'il y a un truc. Oui, ça, c'est intéressant. C'est ça qui compte. Et globalement, [SPEAKER_01] si on met les enfants de côté, est ce qu'il y a des petits signes justement [SPEAKER_01] de non verbal [SPEAKER_00] qu'on peut observer Est que tu as des petits trucs nous donner quand on observe les autres Alors il y a un truc qui me marque, c'est la médriase, la pupille qui se dilate. [SPEAKER_00] D'accord. Donc quand tu as la pupille qui se dilate instantanément, c'est une marque de stress. [SPEAKER_00] Ok, c'est un stress instantané. [SPEAKER_00] Ok, donc si tu vas me mentir, [SPEAKER_00] il y a des choses que tu stresses. [SPEAKER_00] Parce que tu sais que tu me mens. Donc tu sais qu'il y a, il faut qu'il ait un enjeu, bien sûr. Si c'est sur un sujet dont on n'a rien à faire, c'est pas grave. Mais si un enjeu est dans la relation et que tu me mens, tu vas stresser et il y de grandes chances que tu une méprise. Donc le pupitre va se dilater tout d'un coup. Donc ça, ça ne pas dire que tu mens, mais ça veut dire que là, tu as un stress [SPEAKER_00] majeur sur ce sujet. [SPEAKER_00] Donc ce sujet m'intéresse. C'est là dessus qu'on va les gratter. [SPEAKER_00] Mais il faut être quand même très proche de la personne pour le voir. Forcément, si tu es entraîné, tu vois là, je vois très bien ta pupille et ton iris. Et alors Parce qu'il y une lumière. Donc je vois la taille de ta pupille normale et je sais que si la lumière qui se reflète dedans augmente, ça veut dire que tu as une myriase et donc [SPEAKER_00] c'est une marque de stress. Et là c'est bon, je vais bien. Bah tu vas très bien de toute façon, même quand on a une myriase, on va très bien. Mais cette marque de stress instantanée, ça peut être une alerte. Ah, c'est intéressant. Oui, ça par contre, je le vois. Enfin, je ne dis pas que c'est universel, ça l'est peut être. En tout cas, je n'ai pas la preuve que ça l'est, mais je l'ai toujours vu chez les gens qui stressent [SPEAKER_01] une dilatation majeure de la pupille. Est ce qu'il y a d'autres trucs Parce que moi j'adore ces détails. [SPEAKER_00] Après, tu vas être déçu. Je suis pas un expert de ça et je vois que ça avec ma petite lorgnette. Mais j'ai jamais vu de signes universels qui veulent dire quand on fait ça, ça veut dire ça. Donc [SPEAKER_00] j'aime bien les attitudes exocentrées [SPEAKER_00] plutôt que les attitudes égocentrées. [SPEAKER_00] Mais ça veut dire quelqu'un qui est introverti, il aura plutôt une attitude qui sera dans la distance. Quelqu'un qui est extraverti sera plutôt ouvert avec des gestes vers l'autre. Oui. Mais c'est son, c'est sa besace, c'est son attitude normale. Encore une fois, c'est les ruptures d'attitude qui m'intéressent, pas le fait que ce geste veut dire ça ou que ce geste veut dire ça. Tu vois, il a une étude qui a été faite entre les WASP, les white anglo saxons de protestant aux États-Unis. Quand ils parlent, [SPEAKER_00] ils te regardent dans les yeux. Quand ils t'écoutent, ils te regardent pas dans les yeux. Et les afro américains aux Etats-Unis, quand ils te parlent, te regardent pas dans les yeux et quand ils t'écoutent, ils te regardent dans les yeux. Ah, c'est marrant. C'est un facteur culturel, [SPEAKER_00] mais ça ne veut pas dire que c'est général, que c'est pour tout le monde pareil. Donc encore une fois, il y des éléments culturels qu'on peut retrouver, sont intéressants à connaître et à comprendre. [SPEAKER_00] Mais chacun est unique. [SPEAKER_00] Donc ce qui m'intéresse, c'est quand je rencontre quelqu'un d'analyser sa base line, son attitude générale, comment est ce qu'elle est ou il est quand on est en relation stable. [SPEAKER_00] Et puis, si ça se tend un peu, quels sont les signes qui m'alerte sur une rupture d'attitude C'est ça qui va m'intéresser. [SPEAKER_01] Est ce que ça te sert à mieux négocier [SPEAKER_00] De savoir ça Oui, oui. C'est à qu'en fait tu dis ok, cette personne, elle est extravertie, introvertie. Tu vois, il y a des petits. Ça me sert sur le fait d'avoir des gestes exocentré qui sont plutôt des gestes d'extraversion [SPEAKER_00] en disant quelqu'un qui ne me donne pas beaucoup d'infos alors qu'elle a plutôt un fonctionnement exocentré. [SPEAKER_00] C'est que peut être elle a peur de moi ou elle n'a pas envie de me donner des indices ou elle cache quelque chose. Mais ce n'est pas une certitude, mais c'est juste quelques indices qui m'orientent. [SPEAKER_00] Après, c'est très compliqué parce que pour que ça marche, il faut qu'il ait un minimum de confiance. [SPEAKER_00] Ouais, c'est ça. Et j'ai fait l'expérience il n'y a pas très longtemps. J'ai participé à la saison 2 du jeu Les loups garous sur Canal plus, dans un village de joueurs, de 15 joueurs qui, par définition, ne se font pas confiance. [SPEAKER_00] C'est Maxime, [SPEAKER_00] Max Rover qui est un des joueurs qui est philosophe, qui est exceptionnel, faut que tu le reçoive. Max, il disait le village est malade, [SPEAKER_00] malade de la peur [SPEAKER_00] d'être trahi par les autres et du manque de confiance. Et dans cette situation là, ton cerveau devient paranoïaque [SPEAKER_00] et donc ton cerveau va interpréter tout [SPEAKER_00] dans le sens d'une menace. [SPEAKER_00] Même quand c'est authentique, même quand tu dis une information, tu donnes une information pour aider le village, les gens vont le percevoir comme une menace. Pourquoi Parce qu'ils sont tous paranoïaques et c'est le principe du jeûne. Donc dans une négociation, il faut qu'il ait un minimum de confiance. C'est pour ça qu'on a un OCP, un objectif qu'on va partager. Si on a quelque chose à gagner tous les 2 et qu'on est clair sur ce quelque chose et qu'il est vrai, [SPEAKER_00] là on peut commencer à se faire confiance. S'il n'y pas de confiance initiale, chaque indice va être considéré comme un indice de tromperie, même si ça n'est pas. Pour résumer, du coup, comment bien négocier parce qu'on est presque à la fin. S'il faut Pas presque à la fin, on de commencer. On vient de commencer. Ce n'est pas possible. Moi, j'adore. Qu'est-ce qui se passe Tu vois, si s'il faut résumer, donc il faut un objectif commun. Oui. Il faut qu'il y de la confiance. Un peu, un minimum de transparence. [SPEAKER_00] Sinon, c'est une compétition à la Donald Trump. Personne fera confiance à Donald Trump. Il met un flingue et dit maman va négocier. C'est pas la négociation, on passe à la négociation. Non, c'est quand un ultra performant, c'est un deal maker, mais ce n'est pas un négociateur. Non, non, non. Oui, oui, c'est ça, c'est pas du tout un négociateur. Le mec qui dit. Non, je [SPEAKER_00] te pète le bras si tu signes pas le contrat, mais t'as le choix. Par contre, je te pète le bras. Moi, je veux juste, je veux signer ça. Peut. Ouais, vais. Finalement, j'y vais. Allez, je lâche. Donc s'il faut résumer, je te laisse résumer pour que ça soit dans ta voix. [SPEAKER_01] C'est quoi les points essentiels pour la négo On a un protocole qui s'appelle Hermione, [SPEAKER_00] Hermione comme Hermione Granger ou le bateau de Lafayette qui nous sert à structurer [SPEAKER_00] nos négociations. Le H, c'est la haute intensité. [SPEAKER_00] Tu dois éviter d'être sous haute intensité, donc tu t'interroges sur ce qui va te mettre sous pression. L'engagement émotionnel avec nos enfants, c'est clairement l'engagement émotionnel. Le manque d'infos, [SPEAKER_00] le doute de la compétence, [SPEAKER_00] c'est un vrai sujet. Douter de sa compétence, c'est bien, c'est une compétence. Il ne pas douter dans l'action, donc dans l'indégo, pendant l'indégo, tu ne doutes pas. Ensuite, le E, c'est ton enjeu. C'est quoi le truc prioritaire à satisfaire Et qu'est-ce que tu es prêt à sacrifier [SPEAKER_00] Et qu'est-ce que tu n'es pas pas sacrifié Ensuite, c'est ton rapport de force. Le rapport de force, c'est une relation de pouvoir. Il y en a tout le temps. Avec nos enfants, on a un rapport de force, évidemment. On est les parents sur les enfants, donc on a le pouvoir institutionnel. [SPEAKER_00] On a aussi le rapport de force de l'expérience. On sait des trucs parce qu'on les a fait qu'eux ne savent pas encore. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] quelle est ma position par rapport à ça Quel est mon mandat Les moyens que je peux avoir Qu'est ce que je peux donner à mon enfant qui accepte de rentrer [SPEAKER_00] un bidule, un échange de la concession qui va faire de quels sont les sujets sur lesquels je peux donner ou demander Quel est son intérêt [SPEAKER_00] Je dois faire des hypothèses sur l'intérêt. En fait, ce qu'il veut, c'est ça. Ok. Ça reste des hypothèses puisque t'es pas dans sa tête. Bien sûr. Quel est notre objectif commun Et là, tu relis son intérêt à mon enjeu. [SPEAKER_00] Et à partir de là, tu commences à négocier. Le N de Hermione, c'est la négociation. [SPEAKER_00] Et le hed, c'est l'engagement. On s'engage tous les 2 sur un accord qui sera juste pour toi et moi. [SPEAKER_00] Donc c'est des questions clés toutes bêtes, [SPEAKER_00] mais qu'on transpose aujourd'hui dans tous les univers. On forme des médecins, on forme des diplomates, on forme des DRH parce que la négociation, c'est une école de vivre ensemble et on fait tout de la négo. Donc oui, ces questions là, elles sont systématiques en négociation pour préparer et puis ensuite conduire ta négociation. C'est ça et pas répondre trop vite quoi. Et tu cherches la réponse au cas par cas. Il n'y a pas de réponse universelle, Sinon, aurait eu hier. L'IA nous ferait des négociations. [SPEAKER_00] Aujourd'hui, on a nous créé une IA qu'on est en train d'éduquer. On n'a pas encore communiqué dessus. Je peux dire le nom, elle s'appelle Lyxia. [SPEAKER_00] On l'éduque comme on éduque un enfant, on lui donne des cas et on corrige. Ça, c'est bien, ça, c'est pas bien pour lui apprendre. Aujourd'hui, l'IA n'est pas capable de t'apporter la bonne réponse. Par contre, elle t'apporte ta question, elle te challenge sur la question. Donc une bonne négo, c'est plein de questions et ensuite, c'est au cas par cas, tu trouves la réponse. Quand il s'agit des enfants en général, c'est les parents ou c'est les enfants qui gagnent [SPEAKER_00] dans un ego. En général, c'est les enfants qui tentent et c'est les parents qui terminent. [SPEAKER_00] Et j'espère, parce que c'est quand même ça l'ordre des choses. Il ne pas oublier qu'être parent, c'est à la fin [SPEAKER_00] rappeler qu'on a le dernier mot. Donc on essaie de l'avoir par la négo. On a un dernier mot qui est accepté par l'enfant parce qu'on a négocié. [SPEAKER_00] Mais sur les sujets sur lesquels il faut être ferme, [SPEAKER_00] et bien oui, il faut avoir le courage de dire stop et de dire non. Et parfois de sanctionner. [SPEAKER_00] Moi, je ne pas un fan de la fessée parce que ça ne marche pas. Quand on est obligé de lever la main, c'est qu'on a raté tout le reste. Par contre, sanctionner, c'est dire stop, c'est dire non. C'est aussi rééquilibrer. T'as pas respecté ton engagement. La sanction, c'est que tu sortiras plus, [SPEAKER_00] mais c'est ta faute. [SPEAKER_00] Donc si on ne sait pas aussi dire stop et montrer qu'à certains moments, il faut un peu de fermeté, c'est de l'autorité, ce n'est pas de l'autoritarisme, [SPEAKER_00] mais il faut de l'autorité. [SPEAKER_00] Donc pour être respecté, faut se faire respecter. Parfois, il faut sanctionner, [SPEAKER_01] ça arrache le cœur, mais c'est important. Faut le faire. C'est important. Qu'est ce qui négocie mieux Papa ou maman [SPEAKER_00] Alors je ne crois pas une seule seconde [SPEAKER_00] à négocier au féminin. [SPEAKER_00] Je ne vois pas d'impact du genre dans la façon de négocier. Alors je le vois qu'avec ma petite vision, mais les négociatrices et les négociateurs que j'accompagne négocient [SPEAKER_00] avec leurs qualités, leurs défauts, leurs expériences. Mais le genre n'a pas d'impact. Donc je ne vois pas de différence entre papa et maman, surtout, [SPEAKER_00] même si depuis quelques années, évidemment, la notion de pater familias a évolué et c'est très bien. Moi, je suis né dans les années 70, c'était plutôt le père de famille qui décide. Et puis il a un moment très très dominante. Voilà, le papa a fait les piqûres, un moment passe la pas mal. Aujourd'hui, [SPEAKER_00] ça a changé clairement. D'abord parce que ce n'est pas toujours de papa, c'est un papa ou maman, c'est parfois de papa. Et [SPEAKER_00] puis chacun se passe la balle. Donc c'est avec nos profils personnels, [SPEAKER_00] nos expériences qu'on négocie pas forcément avec d'autres gens. On arrive à la fin de l'entretien. [SPEAKER_01] J'aime toujours demander [SPEAKER_01] aux invités [SPEAKER_01] une conclusion, un conseil au vu de tout ce qu'on s'est dit, au vu de ton expérience de négociateur, [SPEAKER_01] au vu de tes conseils concernant nos enfants. [SPEAKER_01] Qu'est-ce que tu as envie de dire pour terminer l'échange [SPEAKER_00] Le lien avant le gain. [SPEAKER_00] Oui. Créer la connexion, garder la connexion, reconstruisez la connexion quand elle est abîmée. Parce que sans sans ce lien, on ne pas négocier. Avec n'importe qui d'ailleurs. Avec n'importe qui, mais avec nos enfants, gardez le lien, gardez la connexion, la relation, c'est elle qui permet de faire tout le reste. Même avec un boss, si on sort des enfants Surtout avec son L plus un, son DRH. Il faut qu'il y une connexion, un médecin avec son patient, un négociateur avec un forcené, il n'y a pas le lien, la connexion. On passe au message. [SPEAKER_01] Merci Laurent Combatvert. Je rappelle ton livre, donc tu es ancien négociateur du RED, formé au FBI [SPEAKER_01] et avec des conseils hyper précieux pour négocier avec ses enfants et garder son calme. C'est chez Point mémo, [SPEAKER_01] je conseille cette merci en tout cas pour Merci à toi. Tous tes conseils aussi qu'on peut appliquer dans la vie de tous les jours. Et puis tous, [SPEAKER_01] c'est tous les mardis. Vous nous retrouvez, vous le savez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts. Donc je vous dis à mardi prochain. Salut.

Points clés

  • Laurent Combalbert est un ancien négociateur du RAID formé au FBI.
  • Il applique ses techniques de gestion de crise à la parentalité dans son livre et le podcast 'Tous Wonder'.
  • La négociation repose sur la collaboration ('avec l'autre') et non la confrontation ('contre l'autre').
  • L'empathie et la création d'un lien sont des prérequis pour toute négociation réussie.
  • Le podcast est sponsorisé par Ramify, une banque privée en ligne.

À éviter

❌ Considérer la négociation comme un combat à gagner.

✅ Abordez la discussion comme une collaboration. Le but n'est pas d'avoir un gagnant et un perdant, mais de construire une solution où chacun se sent respecté. Pensez 'négocier avec' et non 'négocier contre'.

❌ Ignorer ou minimiser les émotions de l'autre.

✅ Utilisez l'empathie pour comprendre et verbaliser ce que ressent l'autre. Créer cette connexion émotionnelle (le lien) est un prérequis indispensable avant de pouvoir trouver une solution rationnelle (le gain).

❌ Avoir un excès de confiance basé sur des succès passés.

✅ Chaque négociation est unique. Il faut rester humble, préparé et vigilant. Ce qui a fonctionné hier peut ne pas fonctionner aujourd'hui. L'écoute et l'adaptation sont permanentes.

Glossaire

RAID
Acronyme de 'Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion'. Unité d'élite de la Police Nationale française spécialisée dans les interventions à haut risque (prises d'otages, terrorisme, grand banditisme).
Négociation de crise
Discipline consistant à gérer par la communication et le dialogue des situations critiques (forcenés, prises d'otages) pour obtenir une résolution pacifique et éviter l'usage de la force létale.
Empathie
Capacité à s'identifier à autrui dans ce qu'il ressent. En négociation, c'est un outil stratégique pour comprendre les motivations de l'autre et créer un lien de confiance, sans pour autant partager son point de vue ou approuver ses actions.
FARC
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Ancien groupe de guérilla marxiste-léniniste impliqué dans le conflit armé colombien, connu notamment pour ses activités de kidnapping et d'extorsion.
Compromis
Accord où chaque partie fait des concessions pour trouver une solution mutuellement acceptable. Laurent Combalbert le définit par son étymologie : 'promettre ensemble'.

Conclusion

Du RAID à la maison, le fossé semble immense. Pourtant, Laurent Combalbert nous montre que les mécanismes humains restent les mêmes. Qu'il s'agisse de désamorcer une prise d'otages ou une crise pour un écran, la clé réside dans la capacité à se connecter à l'autre, à écouter au-delà des mots et à construire plutôt qu'à détruire. Une leçon puissante qui nous rappelle que le meilleur outil pour gérer les conflits n'est pas la force, mais la relation.

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