Sur sa carte d'identité, il est écrit 'Lola'. Mais ce prénom ne résonne pas. Pour la jeune femme qui témoigne dans l'émission 'Tous Wonder', cette identité civile est une coquille vide. Elle, c'est Leïla. Et Leïla n'est pas seule. Elles sont 30 à cohabiter dans le même corps. Bienvenue dans l'univers complexe et fascinant d'Ava, le nom qu'elles se sont choisi pour exister ensemble.
Au-delà du miroir : la vie fascinante d'Ava et ses 30 identités uniques – Comprendre le TDI
Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 11 août 2026
Imaginez partager votre corps et votre esprit avec 29 autres personnes. C'est le quotidien d'Ava. Loin des clichés et des fantasmes, elle nous ouvre les portes de sa réalité neurologique, celle du Trouble Dissociatif de l'Identité, où chaque jour est une négociation pour exister.
« Nous sommes 30 » : rencontre avec un système multiple
L'animatrice de 'Tous Wonder' pose le cadre d'emblée. Une rencontre hors du commun. Son invitée s'appelle Ava, et sa réalité défie l'entendement commun.
« Host · « on reçoit Ava qui est atteinte d'un trouble dissociatif de l'identité. Ça veut dire quoi Ça veut dire qu'elle vit avec 30 alters, 30 personnalités »▸ 00:10
Trentre identités. Trente consciences distinctes qui partagent le même espace physique. Ce sont des alters, contraction psychiatrique pour 'états alternatifs de conscience'. Le mot est posé, technique, mais il recouvre une réalité humaine vertigineuse.
Ava, ou plutôt Leïla, l'identité qui se présente et qui gère le quotidien, précise tout de suite un point crucial. Il ne s'agit pas de 'personnalités'. Ce terme est scientifiquement incorrect, explique-t-elle. Nous avons tous plusieurs facettes de notre personnalité, selon que nous soyons au travail, en famille ou entre amis. Ici, c'est différent. Ce sont des identités complètes, autonomes.
Un prénom pour les unifier toutes
Le choix du prénom 'Ava' n'est pas anodin. C'est un acte fondateur. Une décision collective pour créer un point de ralliement.
« Havaa · « le prénom sur ma carte d'identité qui est Lola, il ne réfère à personne. »▸ 01:39
Si vous l'appelez Lola, elle ne se retournera pas. Personne ne se reconnaîtra. 'Ava', en revanche, est ce qu'on appelle un 'nom de système'. Il a été choisi et adopté par toutes les identités pour qu'importe celle qui est 'devant', elle puisse répondre 'présente'. C'est un nom parapluie, un symbole d'unité dans la multiplicité. Une façon de dire au monde : « C'est nous ».
Celle qui parle, qui gère la vie de tous les jours, c'est Leïla. Elle est ce qu'on appelle l'hôte du système. C'est elle qui interagit le plus avec le monde extérieur, qui organise, planifie. Mais derrière elle, 29 autres voix peuvent prendre le relais à tout moment.
Le point de bascule : quand le réel se fissure
Tout a basculé à l'entrée du collège. C'est à ce moment-là que le diagnostic est tombé : Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI). Pour Leïla, ce fut d'abord un choc, immédiatement suivi d'un déni profond. Des années à se répéter : « non, ça n'existe pas, ce n'est pas mon cas ».
Pourtant, les faits étaient là. Inexplicables. Troublants. Des fissures apparaissaient dans le tissu de sa réalité quotidienne.
Des objets sans souvenir
Leïla retrouvait chez elle des objets qu'elle aurait achetés, mais dont elle n'avait aucun souvenir. Des achats fantômes, preuves matérielles d'un temps vécu par une autre.
Ses proches lui rapportaient des conversations qu'elle ne se rappelait pas avoir eues. Des mots prononcés par sa bouche, mais qui semblaient appartenir à une étrangère. Parfois, ils lui disaient simplement : « tu avais l'air différente à ce moment-là ».
L'expérience la plus marquante reste celle de son corset. Atteinte d'une scoliose, elle devait porter un appareil rigide et complexe à enlever la nuit pour éviter que sa colonne vertébrale ne se déforme davantage.
Presque chaque matin, elle se réveillait sans. Le corset, qui nécessitait de dévisser plusieurs attaches, était posé à côté du lit. Sa seule explication, fragile et désespérée, était : « c'est mon subconscient qui l'a enlevé ». Une tentative de rationaliser l'impossible, l'oubli total d'une action complexe réalisée pendant son sommeil.
Ces amnésies, ces moments de 'brouillard', sont la signature du trouble dissociatif. C'est le mur qui se dresse entre les différentes identités. Le temps n'est plus une ligne continue, mais une mosaïque de fragments dont certaines pièces manquent.
Aux origines du trouble : un mécanisme de survie
Le TDI n'est pas une fantaisie. C'est un trouble post-traumatique complexe, un mécanisme de survie que le cerveau met en place face à l'insupportable. Havaa l'explique avec des mots simples.
Avant l'âge de 8 ou 9 ans, l'identité d'un enfant est encore fluide, composée de « plein de petits morceaux », des états de conscience qui lui permettent de s'adapter. Normalement, vers cet âge, ces morceaux fusionnent pour former une identité unifiée.
Mais lorsque l'enfant subit des traumatismes graves et répétés – harcèlement, maltraitance, inceste – ce processus est brisé. La fusion n'a pas lieu.
« Havaa · « tous ces petits morceaux, ils ne se rassemblent pas du tout et ils continuent d'être chacun de leur côté, de se développer jusqu'à devenir plusieurs identités distinctes. »▸ 06:33
La dissociation devient alors une armure. Le cerveau compartimente l'horreur. Chaque 'morceau' se développe séparément, créant des identités distinctes qui porteront chacune une partie de l'expérience, des émotions, des souvenirs. C'est une stratégie de survie ultime : pour ne pas mourir de souffrance, la conscience se divise.
Une cartographie intérieure complexe
Chaque alter a un rôle, une fonction au sein du système. Leïla a accepté de nous présenter quelques-uns de ceux qui partagent sa vie.
Il y a Soul, un jeune homme de 21 ans. Il est le gardien des traumatismes. Il porte les souvenirs que les autres ne peuvent pas supporter. Le cerveau a externalisé la douleur en lui.
« Havaa · « Soul c'est un jeune homme d'environ 21 ans. [...] c'est un alter qui porte la plupart des traumatismes qu'on a vécu. [...] c'est un petit peu comme s'il avait tout mis sur une clé USB juste au lieu d'une clé c'est un alter particulier. »▸ 08:50
Leïla n'a pas accès à ces souvenirs. Soul la protège de leur contenu. Il est la clé USB sur laquelle l'insoutenable est stocké, permettant à l'hôte de fonctionner au quotidien.
Il y a aussi une petite fille de 7 ans. Elle est une caricature de l'enfance, aimant les bonbons et les peluches. Son âge n'est pas un hasard. Elle est figée à l'âge d'un traumatisme particulier. Elle incarne l'innocence perdue, un fragment d'enfance qui n'a jamais pu grandir.
Ces âges, ces rôles ne sont jamais arbitraires. Ils sont directement liés à l'histoire traumatique du système. Chaque alter est une pièce du puzzle, une réponse à un besoin de survie à un moment donné.
Aperçu du système d'Ava
| Alter | Âge approximatif | Rôle principal |
|---|---|---|
| Leïla | Adulte | Hôte du système, gère la vie quotidienne. |
| Soul | 21 ans | Protecteur, porteur des souvenirs traumatiques. |
| Petite fille | 7 ans | Alter 'enfant', figée à l'âge d'un traumatisme. |
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI) ?
Le TDI est un trouble de santé mentale qui se caractérise par la présence d'au moins deux états d'identité distincts (appelés 'alters') qui prennent alternativement le contrôle du comportement d'une personne. Il est généralement causé par des traumatismes sévères et répétés durant la petite enfance, qui empêchent l'identité de s'intégrer en une seule.
Comment plusieurs identités peuvent-elles cohabiter au quotidien ?
La cohabitation se gère via un 'système' interne complexe. L'identité qui interagit le plus avec le monde extérieur est appelée 'l'hôte'. D'autres alters peuvent avoir des rôles spécifiques (protecteur, enfant, gardien des traumatismes). L'utilisation d'un 'nom de système' commun, comme 'Ava', aide à créer une cohésion externe et permet à n'importe quel alter de répondre à un appel.
Pourquoi utiliser un autre prénom que celui de sa carte d'identité ?
Pour une personne avec un TDI, le prénom légal peut ne correspondre à aucune des identités internes, le rendant vide de sens. Choisir un 'nom de système' est un acte d'affirmation collective. C'est un nom que toutes les identités ont accepté et qui leur permet d'avoir une reconnaissance sociale unifiée, malgré leur multiplicité interne.
Quelle est la différence entre 'personnalité' et 'identité' dans le contexte du TDI ?
Ava insiste sur cette distinction. Nous avons tous différentes facettes de notre personnalité. Une 'identité' (ou alter) dans le TDI est bien plus que cela : c'est un état de conscience distinct avec ses propres souvenirs, comportements, et perceptions. Ce sont des entités quasi autonomes, et non de simples humeurs ou traits de caractère.
Les alters sont-ils conscients les uns des autres ?
La communication et la conscience entre alters varient considérablement d'un système à l'autre. Dans le cas d'Ava, il y a une communication interne qui leur permet de prendre des décisions collectives, comme le choix du nom 'Ava'. Cependant, des barrières amnésiques existent, comme entre Leïla et Soul, où Leïla n'a pas accès aux souvenirs traumatiques que Soul détient.
D'où viennent les alters et pourquoi ont-ils des âges différents ?
Les alters ne sont pas 'créés' consciemment. Ils sont le résultat d'un processus de non-intégration de l'identité durant l'enfance. Un alter peut se 'figer' à l'âge où un traumatisme spécifique a eu lieu, comme la petite fille de 7 ans dans le système d'Ava. Leur existence est une stratégie de survie du cerveau pour isoler la douleur et permettre à la personne de continuer à fonctionner.
Invité
- Havaa — Guest
Transcript
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[SPEAKER_00] Le prénom sur ma carte d'identité, il ne réfère à personne. On est environ transidentité. [SPEAKER_00] Je suis désolée, ce n'était pas moi, c'était un de mes alters. Parce que tes alters n'ont pas le même bord politique Ça va de l'extrême gauche à l'extrême droite. Mais toi, c'est qui là, du coup lent par la queue Bonjour [SPEAKER_01] à tous et bienvenue dans tous vendeurs, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, [SPEAKER_01] on reçoit Ava qui est atteinte d'un trouble dissociatif [SPEAKER_01] de l'identité. Ça veut dire quoi Ça veut dire qu'elle vit avec 30 alters, [SPEAKER_01] 30 personnalités [SPEAKER_01] qui ont toutes un avis, des goûts différents, mais qui vivent dans le même corps. Le sien, elle va venir nous raconter aujourd'hui comment on vit avec ce handicap et je peux vous dire que c'est un témoignage rare et qui ouvre les yeux. Tous Wonder, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts Spotify, Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Et merci à notre sponsor Aromazone, c'est naturel en soins et en beauté. Les produits d'Aromazone, moi je les adore, ils sont efficaces, ils sont sûrs. Et la marque, elle a publié un livre qui a été coécrit avec une vingtaine d'expertes, des dermato, docteurs en pharmacie, nutritionniste, [SPEAKER_01] naturopathe. [SPEAKER_01] C'est un guide très concret pour prendre soin de sa peau au quotidien. Et le petit plus [SPEAKER_01] de ce livre, c'est que 100 pour 100 de ces bénéfices de vente [SPEAKER_01] sont reversés à Focéo, c'est le fonds de dotation de l'hôpital public de la Timone à Marseille. Et ces fonds, bien ils permettent de soutenir le service d'oncologie [SPEAKER_01] pédiatrique évidemment ça me parle parce que je suis maman pour acheter une machine de pointe destinée à soigner les enfants et à prévenir les récidives à l'âge adulte. Si vous avez envie vous aussi de faire un don, je vous mets le lien en description. Merci donc à Aroma Zone. Tous Wonder, c'est maintenant avec Ava qui vit avec 30 personnalités. [SPEAKER_01] Ava, merci d'être avec nous. Je suis hyper contente de te recevoir. [SPEAKER_01] Ton vrai prénom, ce n'est pas Ava, mais quand on s'est parlé, tu m'as dit [SPEAKER_01] Ava c'est un prénom qui me plaît. Pourquoi pourquoi ce prénom me plaît Alors c'est plus un prénom [SPEAKER_00] général parce qu'en fait avec [SPEAKER_00] le trouble d'initiative de l'identité, [SPEAKER_00] on est plusieurs personnes et [SPEAKER_00] le prénom sur ma carte d'identité qui est Lola, [SPEAKER_00] il ne réfère à personne. C'est-à-dire que comme [SPEAKER_00] toi tu tu as ton prénom, moi [SPEAKER_00] j'ai le mien et certaines identités ont le leur et Lola n'en fait pas partie. [SPEAKER_00] Donc si demain tu m'appelles Lola, je ne vais pas me reconnaître [SPEAKER_00] spécialement. [SPEAKER_00] Alors que AVA c'est vraiment un nom, on dit que c'est un nom de système. [SPEAKER_00] Le système c'est l'ensemble des identités [SPEAKER_00] présentes chez une personne qui a le trouble dissociatif de l'identité [SPEAKER_00] et en fait ça permet juste que qu'importe la personne qui sera là, elle puisse se dire ah c'est moi parce que c'est un nom général qui a plu à tout le monde. Donc tu dis ça nous représente bien. C'est ça. Parce que vous êtes plusieurs, tu vas nous raconter. On commence toujours avec un point de bascule dans tout ce wonder. [SPEAKER_01] Ton point de bascule, c'est tu es à peu près l'entrée du collège [SPEAKER_01] et c'est le moment où les psys diagnostiquent [SPEAKER_01] ce trouble dissociatif [SPEAKER_00] de l'identité. C'est ça C'est ça à peu près. Il y eu un avant et un après. Il y a eu un après qui s'est joué énormément d'abord dans le déni, [SPEAKER_00] c'est-à-dire que le diagnostic est tombé et je n'ai pas été capable de dire en effet j'ai ce trouble. Ça a été plusieurs [SPEAKER_00] années où j'ai fait non, ça n'existe pas, ce n'est pas mon cas, je ne souffre pas de ce trouble, je n'ai pas d'amnésie, je n'ai pas d'autres identités, [SPEAKER_00] je suis moi et c'était déjà bien assez à ce moment-là. [SPEAKER_00] Et en fait, je vais me rendre compte que pendant le le reste [SPEAKER_00] de mes années, [SPEAKER_00] il y a de plus en plus de détails qui viennent un petit peu m'embêter [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] totalement m'handicaper dans ma vie de tous les jours. Donc retrouver des objets que j'aurais acheté et dont je ne me souviens pas la provenance du tout, [SPEAKER_00] avoir dit des choses à des proches qui ne me reviennent pas, [SPEAKER_00] que certains de mes proches me disent oh tu avais l'air différente sur certains moments précis [SPEAKER_00] et je pense que l'une des choses qui m'a le plus marqué même aujourd'hui j'en j'en rigole un peu plus, [SPEAKER_00] c'est que en fait j'ai un problème de santé physique qui est une scoliose, donc j'ai la colonne vertébrale qui est de travers et pour éviter les les trop gros dégâts on m'a mis un corset de nuit [SPEAKER_00] pour pour éviter qu'elle continue de d'avoir un angle de Que [SPEAKER_00] la scoliose s'aggrave. S'aggrave c'est ça en gros. Le problème c'est que [SPEAKER_00] quasiment tous les matins je me réveillais sans le corset et la seule explication que je savais fournir à à ma mère parce que ça avait quelques suivais c'était [SPEAKER_00] je comprends pas [SPEAKER_00] c'est mon subconscient qui m'a enlevé mon corset. C'était la seule chose logique au fait que je [SPEAKER_00] me sois réveillée dans la nuit sans m'en souvenir, [SPEAKER_00] que j'ai fait des choses, [SPEAKER_00] j'ai enlevé mon corset et alors que c'est vraiment un bidule où il faut tourner des vis, il faut le Donc au départ au tu [SPEAKER_01] achètes des objets que tu ne te souviens pas avoir acheté, tu aurais dit certaines choses que tu ne te souviens pas avoir dites et tu as fait certaines choses [SPEAKER_01] dont tu n'as aucun souvenir. Ensuite ce diagnostic tombe, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est ce trouble dissociatif [SPEAKER_01] de l'identité [SPEAKER_00] Qu'est-ce que ça veut dire en fait En gros le trouble dissociatif de l'identité qu'on peut raccourcir aussi en TDI, [SPEAKER_00] c'est un trouble post-traumatique [SPEAKER_00] qui survient à cause de donc de stress et de traumatismes durant l'enfance [SPEAKER_00] et en fait ça va empêcher [SPEAKER_00] au cerveau d'intégrer son identité. [SPEAKER_00] En gros il y a une phase avant l'âge de 8 9 ans où un enfant c'est plein de petits morceaux, va dire plein de d'états alternatifs de conscience qui fonctionnent ensemble [SPEAKER_00] pour permettre de vivre tranquillement. C'est ce qui fait aussi qu'un enfant [SPEAKER_00] peut avoir une vie où on le change d'environnement et s'adapter plus facilement. [SPEAKER_00] Le problème c'est que à l'âge de 8 9 ans, l'âge conscient, il y a ces petits morceaux qui sont censés se rassembler et former une seule et même identité [SPEAKER_00] celle que tout le monde a globalement. [SPEAKER_00] Mais avec la formation du trouble dissociatif de l'identité, [SPEAKER_00] tous ces petits morceaux, ils ne se rassemblent pas du tout et ils continuent d'être chacun de leur côté, de se développer jusqu'à devenir plusieurs identités distinctes. [SPEAKER_00] Et donc aujourd'hui tu vis toi avec combien d'identités [SPEAKER_00] Du coup nous on est environ [SPEAKER_00] 30 identités, [SPEAKER_00] mais on peut aussi dire alter parce que c'est du coup la contraction [SPEAKER_00] psychiatrique d'état alternatif de conscience. Tu ne dis jamais je, tu dis toujours nous. [SPEAKER_00] En général je vais dire je quand ça me concerne moi personnellement [SPEAKER_00] Leïla. [SPEAKER_00] Sinon quand je parlais de de [SPEAKER_00] notre vie parce qu'on est plusieurs à intervenir dedans, ouais je ne vais pas utiliser le je parce que ça ne me concerne pas que moi. Donc là je ne parle pas à Ava, je parle à Leïla. C'est ça. Ava c'est le prénom vraiment générique que [SPEAKER_00] tous les alters ont parce que ça peut désigner tout le monde, mais spécifiquement [SPEAKER_00] moi je suis Ava et je suis en fait ce qu'on appelle l'hôte du système. Je suis en gros l'alter, [SPEAKER_00] l'identité qui intervient le plus au quotidien et qui gère la vie quotidienne. Ça c'est Leila. C'est ça c'est moi. [SPEAKER_00] Mais il n'y a pas que Leila. Pas du tout. Donc vous êtes vous êtes 30 personnalités, [SPEAKER_01] mais il y en a d'autres aussi que tu ne connais pas forcément très bien, qui ne se sont pas développées, mais qui sont sous-jacentes. [SPEAKER_00] Qui sont ces 30 personnalités Il y a qui alors Avant moi, voulais juste faire un pardon de la corriger pour le personnalité [SPEAKER_00] parce que ce n'est pas scientifiquement juste parce que personnalité, tout le monde a plusieurs personnalités, on n'est pas la même personne quand on va au travail, quand on est avec ses amis, quand on est avec sa famille. C'est pour ça que le terme identité est vraiment [SPEAKER_00] important. [SPEAKER_00] Identité, [SPEAKER_00] alter, [SPEAKER_00] part, c'est vraiment des mots synonymes, [SPEAKER_00] mais qui sont différents de personnalité. [SPEAKER_00] Donc vous êtes 30 identités. [SPEAKER_01] Il y a d'autres identités sous-jacentes, [SPEAKER_01] mais qui n'ont pas forcément de prénom. [SPEAKER_01] Mais il y en a 30, c'est ça C'est ça. Qui ont des prénoms. Alors qui sont ces 30 identités [SPEAKER_01] qui sont, qui qui vivent dans ton corps [SPEAKER_00] En gros, il va y avoir ceux qui viennent le plus, donc ça va être des alters qui ont des [SPEAKER_00] raisons d'être présents plus souvent parce qu'ils [SPEAKER_00] sont plus souvent confrontés à une situation [SPEAKER_00] où mon cerveau se dit un peu ok, j'ai besoin de cette identité-là maintenant pour réagir à ce qui m'arrive. Et donc par exemple, je vais avoir Soul. [SPEAKER_00] Soul c'est un jeune homme [SPEAKER_00] d'environ [SPEAKER_00] 21 ans. L'âge c'est vraiment approximatif, [SPEAKER_00] c'est un âge mental et [SPEAKER_00] c'est un alter qui porte [SPEAKER_00] la plupart des traumatismes [SPEAKER_00] qu'on a vécu. Donc c'est son rôle d'alter de de de pouvoir contenir tout ça parce que le cerveau il ne peut pas oublier [SPEAKER_00] ce qu'il a vécu. Donc c'est un petit peu comme s'il avait tout mis sur une clé USB juste au lieu d'une clé c'est un alter particulier. [SPEAKER_01] Donc pour pour comprendre et on ne pas s'étendre, [SPEAKER_01] mais il s'agit de harcèlement, d'inceste, de maltraitance, c'est ça. Globalement. Donc Saul lui il se souvient de tout ça, mais toi tu ne t'en souviens pas forcément. C'est ça il y beaucoup de détails [SPEAKER_00] où [SPEAKER_00] il ne veut pas m'en parler. [SPEAKER_00] Il ne veut pas t'en parler. Non. Il a qui d'autre comme personnalité [SPEAKER_00] Il va y avoir [SPEAKER_00] Yoka. [SPEAKER_00] Yoka c'est une [SPEAKER_00] jeune fille de environ 7 ans, donc c'est vraiment un âge mental, c'est-à-dire que ça fait plus de 7 ans qu'elle est consciente et que c'est une alter que que j'ai et en fait c'est une caricature [SPEAKER_00] d'un enfant de cet âge. C'est en fait tout ce que le cerveau va se dire ok ça ça représente un enfant et il [SPEAKER_00] va avoir fait cet alter comme ça. Donc qui aime les bonbons, qui aime les peluches, [SPEAKER_00] qui a du mal un petit peu à des fois parler, [SPEAKER_00] qui est agité, [SPEAKER_00] c'est vraiment un stéréotype à fond et [SPEAKER_00] elle a aussi certains traumatismes [SPEAKER_00] de [SPEAKER_00] liés à des agressions sexuelles [SPEAKER_00] de quand on était enfant et en fait de quand j'avais 7 ans et donc c'est pour ça qu'elle s'est figée à cet âge-là. [SPEAKER_00] Son âge est figé [SPEAKER_01] parce que tu as vécu un traumatisme à cet âge-là en fait C'est ça. Les les âges ne sont pas [SPEAKER_00] Au hasard. Choisis par hasard. Non souvent ils ont des significations, [SPEAKER_00] ça peut être traumatique ou qu'il y ait une raison de dire que cet âge-là est important parce que il y quelqu'un dans l'environnement qui avait cet âge-là à un moment et du coup le cerveau se calque sur ce qu'il a pu voir, donc c'est vraiment [SPEAKER_00] spécifique à ce qui nous est arrivé et ce n'est pas hop là j'invente ça et [SPEAKER_01] voilà. Il y a qui d'autre alors comme alter [SPEAKER_00] Il va y avoir [SPEAKER_00] Tu m'as parlé de Aude. Oui Aude, [SPEAKER_00] en plus à chaque fois elle est souvent avec moi. [SPEAKER_00] Aude c'est une alter un petit peu très [SPEAKER_00] organisée, [SPEAKER_00] très [SPEAKER_00] dans un cadre spécial qu'elle qu'elle aime bien se mettre. C'est elle a environ 23 ans, [SPEAKER_00] Elle elle est vraiment pour le côté administratif, [SPEAKER_00] tâches et quand des fois je stresse trop, il peut y avoir un relais parce qu'elle marque vraiment un [SPEAKER_00] tournant entre elle et moi et on a plus de facilité maintenant [SPEAKER_00] avoir un changement [SPEAKER_00] entre nous 2 qu'avec d'autres alters. [SPEAKER_00] Tu parles de ces changements, on parle de de de C'est ça. De, tu sens que tu vas switcher [SPEAKER_00] Ça peut m'arriver de le sentir parce que il va y avoir quelque chose qui m'aura [SPEAKER_00] déclenché [SPEAKER_00] une émotion, [SPEAKER_00] un [SPEAKER_00] trigger on appelle ça. Donc par exemple je vais [SPEAKER_00] sentir une odeur qui me rappelle un traumatisme parce qu'il y avait cette odeur et ça peut faire office de de déclencheur et donc provoquer un switch à cause de ça. Donc des fois je peux le pressentir parce que justement je vais avoir senti cette odeur et je me dis oh là là [SPEAKER_00] ça se trouve là c'est [SPEAKER_00] c'est ciao. [SPEAKER_00] Tout [SPEAKER_00] comme je peux ne pas du tout le sentir arriver et en fait c'est vraiment [SPEAKER_00] ma vision qui va se se brouiller, vais vite fait avoir la la tête qui tourne comme si j'étais vraiment en train de faire un malaise et au final [SPEAKER_00] soit je vais avoir [SPEAKER_00] de la mémoire sur ce qui s'est passé et je vais quand je vais reprendre conscience je serai peut-être ailleurs ou il y aura juste du temps qui sera passé et je vais me dire ok là il s'est passé que je suis allée dans la cuisine, j'ai mangé mais je veux pas savoir exactement quoi [SPEAKER_00] ou des fois ça peut être des amnésies vraiment totales ou ça va vraiment être comme si j'avais cligné des yeux et [SPEAKER_00] se trouve je vais me retrouver totalement à l'autre bout de ma ville sans rien pouvoir faire et à me dire ok là ça se trouve il y a il y a 2 heures qui se sont passées et je n'ai rien vu et je ne sais pas ce qui m'arrive. Donc tu as des amnésies. [SPEAKER_01] Totalement oui. À chaque fois que tu et que tu as une autre personnalité qui arrive, [SPEAKER_01] une autre identité qui arrive, [SPEAKER_01] tu as forcément des amnésies [SPEAKER_00] Non elle peut être partielle comme je le disais, c'est-à-dire que je vais pas savoir exactement ce qui s'est passé comme elles peuvent être du coup totales et ça on appelle ça un black-out. [SPEAKER_01] Donc soit c'est de l'amnésie totale, c'est de l'amnésie partielle. C'est ça. Est-ce qu'il y a certains souvenirs qui sont communs à toutes ces identités à toi Ava Ouais, on a une sorte de mémoire commune. [SPEAKER_00] Donc c'est vraiment [SPEAKER_00] une partie on va dire du cerveau où tous les alters ont plus ou moins accès. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] on ne sait pas forcément comment mettre des informations dedans, c'est vraiment aléatoire ça on n'a pas la possibilité de choisir quelles informations [SPEAKER_00] seront communes aux autres. Donc [SPEAKER_00] ça [SPEAKER_00] ça varie assez [SPEAKER_01] énormément. Donc y une mémoire commune quand même. Ouais. Mais attends c'est c'est c'est fou parce que alors on [SPEAKER_01] on on en parlait quand on a préparé cette émission, mais il y a beaucoup de [SPEAKER_01] de préjugés [SPEAKER_01] qui sont liés aux séries, au cinéma, et caetera. Donc je te vois sourire, mais alors ça veut dire quoi Quand tu, est-ce que ça veut dire que tu parles différemment, tu te comportes différemment [SPEAKER_01] Tu vois quand il y a une identité qui prend le dessus, est-ce que tes proches peuvent le voir Est-ce que les autres le voient Comment ça se passe Alors globalement ça peut se voir énormément comme pas du tout parce que ça reste un trouble à la base qui [SPEAKER_00] n'est pas fait pour que tout le monde se dise oh là là, il y eu un changement. Ce le but reste la protection, c'est vraiment une défense du cerveau pour se protéger de ce qui lui arrive. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] pendant très longtemps, moi-même je ne pouvais pas percevoir des des changements alors que des fois je me retrouvais avec une autre identité [SPEAKER_00] consciente en même temps que moi. [SPEAKER_00] C'est ce qu'on peut appeler coconscience ou cofront. [SPEAKER_00] C'est comme si j'étais dans une voiture et qu'il y a d'un coup cette voiture qui contrôle mon corps, il y avait un 2e volant, on était 2 à conduire, [SPEAKER_00] à pouvoir se parler et caetera ou au contraire moi je suis en train de conduire donc je suis au contrôle et d'un coup j'ai un passager qui peut me parler et caetera mais qui ne peut pas agir [SPEAKER_00] pour imager un petit peu. Et en gros quand [SPEAKER_00] il y a des changements totaux, c'est-à-dire imaginons que moi je passe de d'être au volant de la voiture à être dans le coffre et qu'il y quelqu'un du coffre qui va au volant, ça peut se voir énormément notamment par des changements de voix, de comportement, [SPEAKER_00] de mimiques, [SPEAKER_00] d'attitudes totalement. En fait c'est c'est vraiment comme si, [SPEAKER_00] imaginons toi et moi on est très différentes, [SPEAKER_00] mais tu [SPEAKER_00] pourrais être une de mes alters parce que tu es dans mon corps, juste parce que ta personnalité à toi, ton identité, tu te reconnais comme Alexia juste [SPEAKER_00] en n'étant pas dans le corps d'Alexia, en étant dans le corps de quelqu'un d'autre et [SPEAKER_00] en [SPEAKER_00] y en ayant [SPEAKER_01] toujours vécu dans celui-ci. Ah ouais ouais. Et donc parfois du coup tu peux te mettre à parler comme un 1 petite fille, comme [SPEAKER_00] un homme, ça ça t'arrive encore aujourd'hui Oui, oui ça reste un trouble qui est incurable, c'est-à-dire qu'à l'heure actuelle on ne peut pas modifier la structure du cerveau [SPEAKER_00] Il n'y pas de traitement. Non. [SPEAKER_00] Il n'y même pas de médicaments pour contrer la dissociation [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] tout ce qu'on peut traiter c'est les symptômes [SPEAKER_00] autour, ça va être la dépression, [SPEAKER_00] les états d'anxiété, [SPEAKER_00] les problèmes d'humeur parce que c'est un trouble qui a énormément de comorbidités. [SPEAKER_00] En gros c'est des des pathologies qui entre elles ont un même tronc et ça fait plusieurs branches. [SPEAKER_00] Donc par exemple le tronc ça va être les traumatismes et on peut avoir une branche c'est la dépression mais aussi avoir la branche du trouble du stress post-traumatique. [SPEAKER_00] Ah oui d'accord. Mais elles ont une même racine. [SPEAKER_01] Et alors est-ce qu'il y des situations précises d'émotions Tu nous parlais d'odeurs, est-ce que tu as des émotions Est-ce que le stress par exemple ça peut te déclencher [SPEAKER_01] du coup un switch ou est-ce qu'au contraire quand tu es sous stress, [SPEAKER_01] tu es en tension et puis tu tu vois tu ne switch pas. Comment comment ça se passe Est-ce que tu arrives à contrôler en fait Non globalement il n'y a pas de contrôle parce que [SPEAKER_00] des fois le cerveau n'est pas logique et peut faire un changement [SPEAKER_00] sans réelle raison ou du moins on ne la connaît pas. Et donc si ça se trouve le stress que j'ai là maintenant ne me fera pas switch quand on le refait demain et ça me fera changer. C'est ça. Le problème c'est que c'est un trouble [SPEAKER_00] reconnu qui handicape [SPEAKER_00] et qui est malheureusement pas assez pris au sérieux parce que les gens souvent vont avoir tendance à avoir [SPEAKER_00] vont avoir tendance à le romantiser [SPEAKER_00] et à se dire, plusieurs personnes dans le même corps, trop cool, tu peux changer quand tu veux, si je n'ai pas envie d'assumer la tromperie de mon que que je fais à mon mec, hop là je dis ce n'est pas moi, c'est un autre alter. Sauf que ça à la fois dans la vie privée et à la fois en justice, [SPEAKER_00] ça ne passe pas. C'est-à-dire que le TDI contrairement à des troubles par exemple psychotiques [SPEAKER_00] ne déresponsabilise [SPEAKER_00] pas la personne et fait que imaginons demain [SPEAKER_00] j'ai un de mes alters [SPEAKER_00] par le plus grand [SPEAKER_00] des sacres décide de tuer quelqu'un [SPEAKER_01] et que je me retrouve au tribunal, vais pouvoir dire non mais je suis désolée, n'était pas moi, c'était un de mes alters. Et ce serait possible qu'un de tes alters, est-ce que tu as les alters gentils ou méchants, tu vois est-ce que tu as des alters qui sont agressifs [SPEAKER_00] ou pas Oui mais c'est parce qu'on n'a pas les mêmes affinités, [SPEAKER_00] c'est-à-dire que ça va être autant que les gens que je croise dans la rue, ça se trouve, y en a qui vont me paraître super méchants, mais ça reste qu'ils ont des amis à eux qui le trouvent super sympa. Mais mais toi dans tes alters, est-ce que est-ce que dans tes alters, tu as des identités qui sont plus agressives que d'autres [SPEAKER_00] Avec moi oui, mais avec d'autres alters où ils sont sympas. C'est vraiment cette [SPEAKER_01] Mais avec d'autres alters ça. Je vais dire un truc où je ne comprends plus en fait, c'est-à-dire qu'ils [SPEAKER_01] sont ils sont agressifs [SPEAKER_00] à ton égard, mais tu disais avec d'autres alters, est-ce que tes alters peuvent communiquer Ouais, en fait il va y avoir déjà toute la partie où on va être conscient en même temps, donc ça permet une communication déjà, mais il y a aussi toute une partie [SPEAKER_00] interne. [SPEAKER_00] Donc ce n'est pas parce que les alters ne sont pas là qu'ils n'existent plus [SPEAKER_00] dans l'espace-temps [SPEAKER_00] réel. [SPEAKER_00] Et en fait, il y a, [SPEAKER_00] il peut y avoir chez chez nous les personnes avec un TDI un accès plus facile à un monde imaginaire qu'on appelle l'inner world. [SPEAKER_00] C'est vraiment un monde intérieur dans lequel vivent les alters, ils peuvent du coup se voir avec leur propre physique [SPEAKER_00] et communiquer entre eux. Et du coup là-bas ils ont un petit peu leur leur vie à eux quand ils ne pas conscients de ce qui se passe dans notre monde à nous. Et c'est vraiment un monde Un physique différent du tien Ouais. Tu peux nous décrire ces physiques, c'est intéressant. Liste-nous du coup les les les les alters et les physiques, c'est extraordinaire. [SPEAKER_00] Par exemple, va être un homme avec une coupe assez courte, [SPEAKER_00] assez garçonne [SPEAKER_00] avec les cheveux totalement noirs et des yeux bleus je crois. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] il a des traits beaucoup plus fins et [SPEAKER_00] bon on ne dira pas que c'est impossible mais il est plus pâle que moi. [SPEAKER_00] Plus pâle que toi ok. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] après c'est très très flou pour moi c'est vraiment des descriptions que certains me font parce que moi je n'ai pas beaucoup accès à ce monde intérieur. [SPEAKER_00] Et décris-nous les autres alors. [SPEAKER_00] Yokka du coup par exemple c'est une petite fille avec des cheveux bleus qui l'a souvent en queue de cheval et [SPEAKER_00] elle [SPEAKER_00] passe sa vie avec une boisson à la main souvent [SPEAKER_00] dans dans ce monde-là et [SPEAKER_00] c'est vraiment des [SPEAKER_00] traits d'ailleurs de de petite fille de 7 ans, juste [SPEAKER_00] elle a son petit physique à elle et elle se reconnaît comme ça. [SPEAKER_00] Et du coup ça peut mener certains alters à vouloir faire des modifications physiques quand ils sont présents. Parce que ça [SPEAKER_00] reste que quand on passe devant un miroir on se dit oh c'est c'est pas moi quoi, c'est ça peut mener à des vraiment des confusions avec Par exemple [SPEAKER_00] Par exemple Soul qui est un homme, il se retrouve dans un corps de femme avec des menstruations, [SPEAKER_00] avec précédemment [SPEAKER_00] une grossesse [SPEAKER_00] et il n'a vraiment pas du tout été à l'aise ou souvent il se plaignait à mon compagnon [SPEAKER_00] de de l'état dans lequel on était. [SPEAKER_01] Quand tu étais enceinte. Ouais. En tout cas quand tu étais enceinte et que Saul qui est un homme [SPEAKER_01] prenait le dessus, [SPEAKER_01] qu'est-ce qu'il disait à ton compagnon [SPEAKER_00] Il disait que ça te saoulait et je sais que [SPEAKER_00] il avait fait un TikTok [SPEAKER_00] dans lequel il il se plaignait, il disait avec la chanson de Stromaney, [SPEAKER_00] je crois c'est [SPEAKER_00] quand il y en a plus il y en a encore tu vois. C'était [SPEAKER_00] déjà je suis dans le corps d'une femme, elle a ses règles et maintenant elle est enceinte [SPEAKER_00] quoi. [SPEAKER_00] La vidéo me fait encore rire parce que je me dis waouh c'est on n'a pas tous le même pied d'égalité. [SPEAKER_01] Et donc toi quand tu regardes cette vidéo TikTok tu sais que c'est pas toi qui l'a faite ou c'est Saul qui l'a Non et puis Saul il [SPEAKER_00] a des [SPEAKER_00] des réflexes [SPEAKER_00] que je n'ai pas forcément que j'ai même jamais ça va être de se foutre [SPEAKER_00] un 1 sweat sur la tête, un bonnet et de remettre la capuche et de rentrer les cheveux pour pas que ça fasse trop long, [SPEAKER_00] que ça ne soit pas, [SPEAKER_00] enfin que ça lui ressemble le plus possible en mettant le moins féminin possible. [SPEAKER_01] Et tes proches ils savent à qui il parle, tu parles de de ton compagnon donc [SPEAKER_01] comment c'est de vivre avec Ava, [SPEAKER_01] avec ses alters qui du coup peuvent peuvent arriver comme ça [SPEAKER_00] à À tout moment. Globalement il arrive à les reconnaître. [SPEAKER_00] Lui il me dit que ça se voit dans mes yeux, c'est-à-dire il reconnaît les alters souvent par leurs yeux et au pire c'est des mimiques, la façon de marcher puis la voix en général [SPEAKER_00] et ça va vraiment [SPEAKER_00] dépendre [SPEAKER_00] de de la situation issue aussi au contexte, à ce qui ce qu'il y a pu y avoir [SPEAKER_00] avant et du coup ça l'aide à à se repérer sur [SPEAKER_00] ce qu'il peut y avoir. [SPEAKER_00] Donc lui, il n'est pas impressionné [SPEAKER_00] Non, il ne l'est plus du tout. Même je ne pense pas qu'il l'ait déjà été un jour parce que le moment où on a pris conscience, ça a été vraiment un moment où il [SPEAKER_00] a été en 1re ligne, c'est-à-dire que c'est une alter qui a voulu le quitter [SPEAKER_00] et qui lui a dit en gros, [SPEAKER_00] c'est fini entre nous, ciao. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] lui-même ne m'a pas réellement reconnu [SPEAKER_00] et du coup, [SPEAKER_00] il y a toujours été un petit peu confronté et [SPEAKER_00] se dire, quand j'ai eu la confirmation de diagnostic j'ai pu dire ok c'est sûr c'est ce trouble-là [SPEAKER_00] avec tout ça comme symptôme, il a fait oui [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_00] ça se voit en fait quand tu vis avec moi ça se voit. [SPEAKER_00] Tes alters ils font des trucs que tu ne veux pas forcément faire ou ils te piquent des moments de vie Ils me piquent des moments de vie plus souvent, ouais je dirais que c'est vraiment ça parce que qu'il y ait des choses que je qui [SPEAKER_00] me fasse faire que je n'ai pas envie à part des tâches ménagères [SPEAKER_00] Franchement [SPEAKER_00] voilà, j'ai envie de dire encore heureux qu'il y des gens qui le fassent. [SPEAKER_00] Mais ça va surtout être des moments de vie que je suis Tu peux nous donner quelques exemples Plus jeune par exemple, il m'est arrivé que [SPEAKER_00] c'était assez rare, mais [SPEAKER_00] mon parent avec lequel je vivais allait au parc d'attraction [SPEAKER_00] et ce [SPEAKER_00] ce j'y allais, j'étais dans la voiture et puis le soir je remontais dans la voiture et voilà, c'était ma seule, mes seuls moments de journée. [SPEAKER_00] Tu peux avoir des journées entières Ah mais même des des jours entiers, [SPEAKER_00] des semaines parfois. [SPEAKER_01] Tu dis que tes alters parfois ils mangent à ta place. Qu'est-ce [SPEAKER_01] qui se passe là [SPEAKER_00] Je crois que c'est vraiment le pire truc pour moi parce que j'adore manger, mais vraiment j'adore j'adore j'adore. [SPEAKER_00] Et le problème c'est que je ne suis pas la seule. [SPEAKER_00] On [SPEAKER_00] est plusieurs et on n'a pas un budget limité du coup ça arrive de temps en temps mais pas souvent on puisse se manger un fast-food [SPEAKER_00] ou un repas qu'on a beaucoup aimé, qu'on a mis du temps à préparer. [SPEAKER_00] Et je, [SPEAKER_00] c'est arrivé pour les fast-foods, je ramène le sac, je le pose, [SPEAKER_00] je l'ouvre, il est vide. Et je me dis waouh, qu'est-ce qui s'est passé parce que la transition elle est tellement fine que je ne comprends même pas ce qui a pu se passer et en fait je l'ouvre, il est vide vraiment rien du tout et je recule et il y des emballages vides autour et je fais ok. [SPEAKER_00] Au début je pense que ça ne m'alarmait pas parce que je me disais ok j'ai tellement aimé ça que je me suis gonflée et je je ne me rappelle même plus d'avoir mangé. Maintenant j'ai j'ai explication et c'est juste on m'a volé [SPEAKER_01] voilà. [SPEAKER_01] Et c'est quel alter qui te vole ta nourriture Souvent c'était Oliana. [SPEAKER_00] Oliana Oliana oui. Oliana. [SPEAKER_00] Ouais c'est une alter qui [SPEAKER_00] a [SPEAKER_00] un âge [SPEAKER_00] qui change, on appelle ça, [SPEAKER_00] elle oscille entre 2 âges, entre 10 100 et 18 ans. Et c'est un alter sans traumatisme en fait, c'est sur cette période d'âge comment [SPEAKER_00] mon cerveau m'aurait vu si je n'avais pas eu de trauma et donc et [SPEAKER_00] donc elle représente vraiment [SPEAKER_00] le le soleil, [SPEAKER_00] la joie de vivre. [SPEAKER_00] Souvent elle se dit ça [SPEAKER_00] m'éduque puisque moi je suis très heureuse dans la vie [SPEAKER_00] et du coup [SPEAKER_00] mais [SPEAKER_00] le pire je pense ça a été vraiment une période où j'étais très mal du coup j'avais plus de de changements [SPEAKER_00] et il y avait des complots qui s'organisaient pour me voler mes mes [SPEAKER_00] mes repas. Entre les alters. Ouais, ils prévoyaient ensemble [SPEAKER_00] de se partager certains repas si je commandais par exemple un KFC, [SPEAKER_00] il y avait Oliana qui complotait avec une alter qui à l'époque s'appelait Crystalina [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] qui [SPEAKER_00] qui du coup quand j'arrivais s'accaparait [SPEAKER_00] le le repas [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] et après se cachait pour pas que je sache que c'était elle. [SPEAKER_01] Attends mais comment [SPEAKER_00] comment ça se passe ce complot, tu les entends discuter comment comment ça marche Non je le découvre après parce que c'est une période où je retrouvais des vidéos dans mon téléphone sans forcément les publier et du coup j'ai retrouvé des petits messages un peu [SPEAKER_00] viens prend ça la prochaine fois. [SPEAKER_01] Ah ouais donc en fait tes alters font des vidéos elles se elles se parlent par vidéo intermittence. Ouais [SPEAKER_00] c'est ça [SPEAKER_00] comme on ne se dit pas j'ai pas pris de photos, je n'ai pas regardé ma galerie de temps en temps enfin [SPEAKER_00] je n'ai pas maintenant j'ai un peu plus sur une fois par jour je vois au cas où qu'il y ait des petits trucs je dois faire aussi les notes, [SPEAKER_00] les photos et tout [SPEAKER_00] le compte bancaire aussi pour être sûr qu'il n'y a pas de souci. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] moi j'ai j'ai un petit check de vérification d'être sûr que je ne retrouve pas dans la merde quoi. [SPEAKER_01] Et donc en fait ce n'est pas des discussions intérieures, c'est qu'en fait elles vont, ils vont tes alters, [SPEAKER_01] mettre une note dans le téléphone, [SPEAKER_01] s'enregistrer une vidéo ou prendre une photo. En fait ils vont se parler comme ça et quand l'autre arrive, il va consulter le message que l'alter intérieur lui a lui a laissé. C'est complexe quand même. [SPEAKER_00] Oui [SPEAKER_00] et puis en fait c'est des trucs où quand on n'a pas conscience ça passe très bien sans que tu t'en aperçoive, tu te dis juste si tu étais fatigué, j'ai oublié puis c'est toi-même. Donc tu peux dire à la limite il y un truc bizarre, [SPEAKER_00] je n'ai pas la même manière de parler que d'habitude, mais je [SPEAKER_00] je sais que ça m'arrive depuis longtemps les messages parce que j'avais par exemple [SPEAKER_00] 2 comptes sur le même réseau social, je savais que les 2 comptes étaient à moi, mais j'envoyais des messages à l'autre compte et il me répondait sans que je me souvienne avoir répondu. [SPEAKER_00] Et donc je crois que pendant un moment j'ai cru qu'il était piraté alors que j'avais très bien les codes et en fait avec le recul et le diagnostic [SPEAKER_00] c'est juste se rendre compte que c'était un autre alter avec qui je parlais sans même m'en rendre compte [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] et ça passait puisque je me disais fatigué [SPEAKER_00] puis je me parle à moi-même tout le monde se parle à soi-même tout le monde a des comptes qui conversent comme ça. [SPEAKER_01] Est-ce qu'ils font d'autres trucs concrètement pour qu'on comprenne, est-ce qu'ils complotent sur d'autres choses [SPEAKER_01] pour t'embêter [SPEAKER_00] Pas forcément pour m'embêter, c'est juste qu'en fait chacun est un peu frustré de ne avoir sa propre vie. C'est-à-dire que moi je reste la personne qui est là le plus souvent, du coup je suis embêtée Toi c'est qui là du coup là on parle à qui [SPEAKER_00] Excellente question. [SPEAKER_00] Je crois qu'on est 2, [SPEAKER_00] je dirais qu'il y a encore Leila parce que j'ai les souvenirs de la continuité de ce qui se passait dans le métro. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] je crois qu'il y a autre quand même derrière ou avec, je ne sais pas. [SPEAKER_00] C'est, [SPEAKER_00] puis je vois un peu flou du coup je sais que je dissocie un peu. [SPEAKER_01] Donc là on parle à Leila et Ode a priori. Oui [SPEAKER_00] je crois. [SPEAKER_00] C'est c'est le problème aussi [SPEAKER_00] de de la dissociation parce qu'on sait plus réellement qui qui est qui, qui on est, qui suis-je. [SPEAKER_01] Est-ce que tu arrives à suivre le fil de la conversation ça va Ouais c'est [SPEAKER_00] j'ai quand même une continuité, [SPEAKER_00] essaye de, [SPEAKER_00] essaye 1 2 3. [SPEAKER_00] Tu [SPEAKER_01] veux boire de l'eau [SPEAKER_00] Non j'ai même pas besoin juste [SPEAKER_00] ça [SPEAKER_00] c'est pour donner un petit peu ce que j'ai l'impression d'avoir c'est comme si mon cerveau est en et. [SPEAKER_01] Là là tu sens que ça tourne un petit peu. C'est ça. Tu veux que je te repose la question que je t'ai posée avant. Ouais parce que je m'en souviens plus. En fait je te demandais si tes alters faisaient d'autres choses pour t'embêter un petit peu ou te tu me racontais qu'ils te piquaient de la nourriture. Oui. Est-ce qu'ils font d'autres choses [SPEAKER_01] pour qu'on ait des exemples. [SPEAKER_00] À faire des dépenses [SPEAKER_00] à ma place, [SPEAKER_00] donc ça va être s'acheter quelque chose que je n'aurais pas acheté parce que je n'ai pas forcément les moyens ou quoi. [SPEAKER_00] Des fois c'est arrivé avec des proches que [SPEAKER_00] ils disent des choses à des proches que je n'aurais pas dit parce que je ne sais pas comment je le vois et pas comment je suis avec la personne et donc comme on n'a pas les mêmes affinités que les personnes, [SPEAKER_00] c'est-à-dire que j'ai des alters qui ne s'entendent pas avec mon copain par exemple qui font dire tu es chiant quoi Alors que moi je n'aurais pas dit ça à ce moment-là parce que pour moi il ne l'était pas mais [SPEAKER_00] on n'a pas la même perception [SPEAKER_00] des des gens autour de nous que [SPEAKER_00] que les autres. [SPEAKER_00] Comment tu te sens là [SPEAKER_00] La réponse que je donne c'est dissociée. [SPEAKER_01] Que tu sais qui donne la réponse là qui [SPEAKER_00] Non. Non. Je sais que je ne parle pas automatisme. [SPEAKER_01] Tu veux qu'on continue ou tu fais une petite pause [SPEAKER_00] Toute petite, juste le temps que tu une petite pause. Ouais s'il vous plaît. Pas de souci, reste assise. [SPEAKER_01] C'est ton doudou qui te fait du bien [SPEAKER_00] Fait [SPEAKER_00] du bien mais en fait ça me permet de toucher quelque chose et d'être [SPEAKER_00] ancré, enfin d'essayer d'ancrer, [SPEAKER_00] de de dire je suis dans la réalité, j'existe, je suis là, [SPEAKER_00] je [SPEAKER_00] ne dois pas partir. [SPEAKER_01] En tout cas tu nous racontes très bien, il n'y pas de souci, ne t'inquiète pas. [SPEAKER_00] Au moins une bonne chose, vraiment quelque chose de bien fait dans cette histoire. [SPEAKER_00] Pas mon cerveau, mais c'est [SPEAKER_00] bien fait. [SPEAKER_01] Tu as besoin d'avoir un d'avoir un doudou, d'avoir un objet qui te rassure C'est l'odeur aussi qui rassure du du doudou je pense. [SPEAKER_00] Je sais que quand ce n'est pas visuel et tactile, [SPEAKER_00] je fais à l'odeur pour que [SPEAKER_00] quelqu'un qui essaye de forcer, j'entends laisse-moi passer. [SPEAKER_00] C'est j'entends la voix carrément. [SPEAKER_01] Et tu ne veux pas qu'il passe. [SPEAKER_00] Je n'aime pas perdre le contrôle. [SPEAKER_00] Ça, n'est pas agréable, donc [SPEAKER_00] je je [SPEAKER_00] je ne force pas non plus pour pour l'empêcher, mais [SPEAKER_00] je ne laisse pas non plus [SPEAKER_00] venir comme [SPEAKER_00] va, ce n'est pas une église aussi. [SPEAKER_01] Je te comprends. [SPEAKER_01] Peut-être mets-toi en arrière tu seras un petit peu mieux peut-être. Tu as des situations où ils te ils où ils te disent laisse-moi [SPEAKER_01] passer, [SPEAKER_01] laisse-moi rentrer. [SPEAKER_00] Je sais que ça s'installe, c'est enfin que [SPEAKER_00] c'est passé rapidement [SPEAKER_00] et que [SPEAKER_00] là je reste consciente pour le moment mais je sais pas si ça va durer. [SPEAKER_01] Au pire on pourra faire la rencontre d'un autre alter. [SPEAKER_01] Au pire, [SPEAKER_00] c'est en plus je sais qui [SPEAKER_00] qui j'ai j'ai [SPEAKER_00] reconnu la voix de [SPEAKER_00] celle qui qui force. [SPEAKER_01] Qui est-ce qui force là C'est là. Est-ce que tu veux que j'enchaîne sur une question, je voulais parler de ton fils, de la maternité. Ouais. [SPEAKER_01] Parce que tu as un fils. J'ai un fils. Quel âge il a [SPEAKER_00] Il va avoir 2 ans en février. [SPEAKER_01] Comment ça s'est passé cette grossesse et la maternité [SPEAKER_01] avec ton trouble [SPEAKER_00] Globalement [SPEAKER_00] il y a eu beaucoup moins de symptômes au niveau de la grossesse, c'est-à-dire qu'il y avait moins de changements puisqu'on [SPEAKER_00] était dans un état un peu [SPEAKER_00] difficile [SPEAKER_00] au niveau physique, on a eu une hyper hemès gravidique donc c'est qu'on avait dans des moments de vomissements [SPEAKER_00] carrément. [SPEAKER_00] On était même été hospitalisés pour ça puisqu'on est en état de déshydratation, [SPEAKER_00] on [SPEAKER_00] éjectait du sang carrément donc ça devenait trop compliqué. Tu dis on en fait vous étiez [SPEAKER_01] tous et toutes [SPEAKER_01] enceintes de ton Ouais [SPEAKER_00] là c'était qu'importe qui venait, c'était un état où. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] durant cette période ça a été assez compliqué donc il y avait moins de changements ou du moins qu'avec des alters [SPEAKER_00] plus ou moins à l'aise, [SPEAKER_00] la qui [SPEAKER_00] n'était pas vraiment pas bien, mais c'était très drôle. [SPEAKER_00] Et en fait [SPEAKER_00] au final il y a eu l'accouchement, [SPEAKER_00] on a été [SPEAKER_01] césarisé parce qu'il était en siège. Et comment s'est passé aussi l'accouchement Est-ce que tu as des alters qui sont venus [SPEAKER_01] pour rencontrer l'enfant ou pour t'aider dans ce moment Comment ça s'est passé Le jour j il n'y a rien eu, c'est-à-dire qu'il n'y avait que Leïla [SPEAKER_01] qui était là et Leïla elle est là tout le temps en fait. Quasiment. [SPEAKER_00] C'est vraiment il YAYA [SPEAKER_00] des jours où elle va pas être là pendant quelques heures mais ça reste une alter qui est vraiment là à 99 [SPEAKER_00] pour 100 du temps. [SPEAKER_00] Et en fait ce jour-là je sais qu'il y eu personne à part elle et que en fait c'est un petit peu je pense une [SPEAKER_00] trêve du cerveau pour se dire ok là il s'est passé quelque chose d'important qui est assez [SPEAKER_00] un déclencheur qui fait qu'elle reste ancrée, elle reste dans son moment à elle et [SPEAKER_00] un ou 2 jours plus tard il y avait d'autres alters qui commençaient à revenir voir le bébé et tout ouais, faire sa rencontre [SPEAKER_00] notamment [SPEAKER_00] je crois qui est directement y aller voir le bébé. [SPEAKER_01] Comment tu fais pour gérer ton bébé parce que [SPEAKER_01] si c'est qui prend le dessus qui est un enfant de 7 ans, un enfant de 7 ans ne sait pas gérer un nourrisson. Ouais sauf [SPEAKER_00] dans le cas où c'est une alter de 7 ans et pas un enfant, ça reste [SPEAKER_00] comme je l'ai dit une [SPEAKER_00] personne [SPEAKER_00] qui a plus de 7 ans d'existence et qui [SPEAKER_00] reste dans un corps d'adulte avec un cerveau d'adulte. [SPEAKER_00] Donc il y des choses qu'elle sait faire, changer une couche à ses fers, s'occuper de lui, sait faire, se faire à manger, elle sait faire. [SPEAKER_00] Si on avait le permis, elle saurait sûrement conduire aussi. Ça fait partie de beaucoup de tâches qui font partie de la mémoire commune [SPEAKER_01] et qui ne sont juste impactées par elle va préférer qu'on lui fasse, mais si elle doit le faire, elle le fera. Ton alter c'est la projection du cerveau, mais en tout cas c'est un corps d'adulte. Ce qui veut dire que ce n'est pas dangereux pour toi d'élever ton petit garçon [SPEAKER_01] parce que même si tu as des switchs, tu vas savoir t'en occuper. C'est ça les alters ne sont pas là pour [SPEAKER_00] détruire la vie [SPEAKER_00] qu'on a, c'est vraiment de l'adaptation [SPEAKER_00] et ça reste de la protection. C'est-à-dire que c'est le seul moyen que le cerveau a trouvé de se défendre [SPEAKER_00] plus jeune et c'est cette unique méthode qu'il va garder parce que c'est la seule et unique méthode qui aura fonctionné Alors une question quand même parce que tu dis que tu as des phases d'amnésie. [SPEAKER_01] Comment tu fais pour savoir si tu as changé la couche, si tu as donné un biberon, [SPEAKER_01] s'il a fait sa sieste. [SPEAKER_01] Ça, ce n'est pas facile parce que Biberon, n'ai pas eu le cas parce qu'on allaite. [SPEAKER_01] Tu l'allêtes. Ouais. Mais pareil, oui, tu l'allêtes donc à la demande. C'est ça. Oui, ça, c'est vrai que c'est Ça relève. Mais il a quand même des repas. Là, il a quasiment 2 ans, donc il a quand même des repas. Comment, c'est quoi ton rapport au temps tout court mais du coup appliqué à à la maternité [SPEAKER_00] J'en ai pas, je crois. Tu n'as pas de rapport au temps Non c'est [SPEAKER_00] pour les couches, [SPEAKER_00] je prends le bébé [SPEAKER_00] et si ça pue je vais le changer. [SPEAKER_00] Sinon Et pour les repas pour les repas solides comment tu fais pour Je pense que beaucoup de fois je demande à mon compagnon est-ce qu'il a mangé, est-ce qu'il a fait si et caetera et aussi parce que [SPEAKER_00] des fois je vais être, [SPEAKER_00] quand je me sens assez bien dans mon environnement, des fois mon corps il va plus vouloir rien faire, c'est-à-dire je vais vraiment être [SPEAKER_00] une masse et ne plus bouger et même me nourrir moi-même je n'irai pas. Mais [SPEAKER_00] si je suis seule avec mon fils je sais que [SPEAKER_00] je n'aurais pas ces moments de de faiblesse totale et [SPEAKER_00] du coup je vais pouvoir faire des choses. [SPEAKER_00] Mais ça va être pareil être des moments où je vais un instinct de survie quand même. Ouais c'est ça, c'est je sais que je serai capable de tout faire pour mon fils et c'est aussi pour ça que j'avais pris la décision de de mener ma grossesse à terme, d'avoir un enfant, c'est que avant il y a eu toute une [SPEAKER_00] 1 question de est-ce que je suis apte à avoir un enfant, à le garder en sécurité et en bonne santé. [SPEAKER_00] Si je n'en étais pas sûr à 100 pour 100 et je dis bien 100 pour 100 pas à 99, [SPEAKER_00] 0.999, [SPEAKER_00] À 100, je n'aurais pas eu d'enfants parce que je ne veux pas et je ne voudrais jamais reproduire ce qui m'est arrivé. [SPEAKER_01] Donc tu te sentais en maîtrise. [SPEAKER_00] C'est ça, c'est et encore à l'heure actuelle, c'est une décision que je très contente d'avoir prise et [SPEAKER_00] j'aimerais même avoir un 2e enfant plus tard. Est-ce que c'est génétique du coup [SPEAKER_01] Les troubles dissociatifs de l'identité [SPEAKER_00] Non le TDI c'est purement post traumatique, c'est-à-dire que il n'y a aucun facteur qui fera qu'un enfant est plus susceptible d'avoir un trouble dissociatif [SPEAKER_00] que l'autre parce que du [SPEAKER_00] moins dans les gènes, [SPEAKER_00] ça va juste dépendre de l'enfant et de comment son cerveau va réagir sur le moment. Tout comme il y a des personnes qui aiment les brocolis et il en a qui n'aiment pas, c'est une histoire de de goût et de de personnes quoi. Là c'est pareil le cerveau, [SPEAKER_00] il y a des personnes qui sont, ça se trouve qui ont vécu encore plus de traumatismes que moi mais qui n'ont pas de TDI que leur cerveau aura trouvé une autre manière de se protéger De compenser en fait. Ça ne rend pas mon vécu [SPEAKER_00] plus [SPEAKER_00] enfin moins légitime que d'autres, en tout cas il y a des personnes on va dire qui ont vécu moins [SPEAKER_00] de traumatismes [SPEAKER_00] en termes de répétition, [SPEAKER_00] mais qui vont être [SPEAKER_00] encore plus mal que moi parce que [SPEAKER_00] leur cerveau aura réagi [SPEAKER_01] ainsi. C'est ça, ouais. Tu m'as dit, c'est intéressant. En fait, c'est assez répandu mine de rien. C'est bien sûr rare, [SPEAKER_01] mais ce n'est pas si rare. Non, c'est pas Tu m'as dit en fait, c'est un truc de dingue. Il y a plus [SPEAKER_00] de personnes qui sont atteintes d'un TDI que de personnes qui ont les yeux verts. Ouais. C'est ça Tu rappelles ces chiffres Les personnes avec les yeux verts à 2 pour 100 et si je prends la prévalence du TDI, elle varie entre un et 3 pour 100 et encore [SPEAKER_00] elle est sous-évaluée [SPEAKER_00] parce que par exemple si on prend une étude américaine [SPEAKER_00] qui est une méta-analyse, [SPEAKER_00] c'est-à-dire elle regroupe [SPEAKER_00] plus de 180 études et dans la population étudiante donc les 18 25 ans Américaine. 15 25 ans je ne sais plus [SPEAKER_00] Il y a 3.7 [SPEAKER_01] pour 100. Il y a plus de personnes [SPEAKER_01] qui ont un trouble dissociatif de l'identité en France que de personnes qui sont autistes. C'est ça. Sauf qu'on parle beaucoup plus de l'autisme. Pourquoi est-ce qu'on ne parle pas du TDI Il y a une forme de tabou Il y a une forme de tabou parce que ça reste, [SPEAKER_00] il y beaucoup de de choses culturelles déjà, que ce soit dans les religions avec ce rapport à la possession, [SPEAKER_00] que ce soit dans n'importe quelle religion. [SPEAKER_00] Il y a aussi ce [SPEAKER_00] tabou culturel des films qui ont rendu ce trouble [SPEAKER_00] extravagant, [SPEAKER_00] surjoué, [SPEAKER_00] impressionnant [SPEAKER_00] et aussi je pense la culture qu'on a en termes de [SPEAKER_00] méconnaissance [SPEAKER_00] des troubles psys, c'est -à-dire qu'à l'heure actuelle une personne qui va dire on est on est tu es plusieurs mandadettes toi elle va se référer à une personne schizophrène. [SPEAKER_00] Ouais. Alors que la schizophrénie n'a rien à voir, c'est-à-dire que [SPEAKER_00] le TDI fait partie de ce trouble qui a plusieurs identités et la schizophrénie [SPEAKER_00] pas du tout. C'est il n'y même pas quelque chose qui pourrait y ressembler, c'est totalement [SPEAKER_00] 2 troubles bien différents [SPEAKER_01] et distincts Et c'est quoi les clichés parce que tu dis les films parce qu'on a tous des films en tête, c'est quoi les trucs tu vois qui sont faux que tu as vu au cinéma Ah j'ai plus envie de le citer mais il est surconnu et sur reconnu, avec [SPEAKER_00] ces ces ces défilement d'identité [SPEAKER_00] toutes très stéréotypées, [SPEAKER_00] toutes [SPEAKER_00] très [SPEAKER_00] je me change directement quand il a un switch. [SPEAKER_00] Le le seul truc que je crois que j'avais bien aimé en, c'est le fait qu'à un moment il y a un alter [SPEAKER_00] qui est avec la psychiatre et qui va faire semblant d'en être un autre, qui va essayer. Donc c'est ce qu'on appelle le masking, ça touche Ça touche ça. Ouais, ça touche, on considère qu'il y a [SPEAKER_00] 94 [SPEAKER_00] ou 96 pour 100 des personnes TDAH qui arrivent à le cacher, donc à faire ce genre de masking, donc les alters vont faire semblant d'en être un autre pour s'adapter à à l'environnement et pour que ne ça ne se voit pas et il y a que 6 ou 4 pour 100 de personnes qui n'arrivent pas à le cacher donc que les alters n'arrivent pas à faire ça. [SPEAKER_00] Et donc au final je dirais que c'est la seule chose du film split qui est bonne à en tirer. Ouais c'est ça. Parce que le reste, [SPEAKER_00] est-ce que j'ai besoin de préciser qu'un alter ne développe pas une force surhumaine qui résiste aux balles et qui ouvre des barreaux. [SPEAKER_01] En effet. Est-ce que tu as des alters qui viennent t'aider parfois, qui te donnent des des infos que tu n'avais pas [SPEAKER_00] Ça [SPEAKER_00] arrivait énormément quand j'étais plus à l'école parce que [SPEAKER_00] il y avait vraiment cette mémoire [SPEAKER_00] commune [SPEAKER_00] qui faisait que des fois j'apprenais quelque chose, moi je vais pas forcément le retenir, je vais avoir besoin de réviser. Il y a d'autres alters qui [SPEAKER_00] ils comprenaient directement et donc des fois il m'est arrivé en contrôle d'être [SPEAKER_00] sur une colle et d'un coup d'avoir la réponse qui revient, pas parce que je m'en serais souvenu d'un coup mais parce que j'ai l'impression de l'entendre autour de moi et je me dis exactement [SPEAKER_00] et je regarde autour de moi et je me dis est-ce [SPEAKER_00] que le professeur a capté quelqu'un avait parlé [SPEAKER_01] et maintenant je sais que personne n'a parlé et que c'est juste moi. C'est dans dans ta tête. Ouais. Tu as des alters qui sont plus intelligents que d'autres alors. [SPEAKER_00] Je pense comme n'importe qui qui ont pas forcément plus intelligents, mais qui ont des meilleurs qui ont des domaines de prédilection, [SPEAKER_00] de meilleures réflexions, [SPEAKER_00] ça va vraiment dépendre [SPEAKER_00] d'un peu tout le monde, c'est soit vous êtes meilleur que moi pour [SPEAKER_00] des facultés orales et moi j'adore l'histoire et je suis un peu plus calée que vous, enfin Bien sûr. C'est ça ne vous rend pas moins intelligente que moi et inversement parce que c'est juste pas le même domaine sur lequel on serait bonne. Et tu n'arrives pas à à switcher C'est-à-dire que si tu sais qu'il y a un alter qui a des capacités, [SPEAKER_01] tu sais [SPEAKER_01] je ne sais pas un alter qui est, tu prends les les l'exemple des études mais un alter qui est super bon en maths. Tu n'arrives pas à le faire venir dans un contrôle de maths. Non mais c'est une question de base tu vois mais vraiment je ne pas. En [SPEAKER_00] général non. En fait on peut essayer d'influencer le fait qu'un alter vienne en faisant par exemple des triggers qu'on appelle positifs. [SPEAKER_00] Donc c'est des choses dont il a envie [SPEAKER_00] qui [SPEAKER_00] font que c'est vraiment lui donc par exemple des musiques que moi je n'aime pas mais que cet acteur adore et donc moi qui n'aime pas trop cette musique je vais pas être à l'aise mais lui sera plus à l'aise du coup le cerveau il dit ah il y a quelqu'un de plus à l'aise que toi donc [SPEAKER_00] je le fais venir. Et en fait on peut essayer comme ça mais [SPEAKER_00] le le taux de réussite est pas ouf quoi, c'est un peu fait. Et puis des fois ça peut totalement être au final un autre alter qui arrive et [SPEAKER_00] au final Ni ni éteignez-moi cette musique. Ouais [SPEAKER_00] ou [SPEAKER_00] des [SPEAKER_00] fois [SPEAKER_00] avoir fait l'erreur de mettre la musique et on va se retrouver avec la musique en tête mais pas parce qu'on a le rythme en tête et caetera c'est vraiment parce qu'il y un alter qui met de la musique dans ta tête. [SPEAKER_00] Ouais tu vas avoir des différents ta tête. Ouais. C'est il y des alters qui vont taper une phase sur une musique et à tout moment ils vont la ressortir. J'ai le cas avec une alter en ce moment qui me rechante en boucle [SPEAKER_00] le la chanson de Hunger Games. [SPEAKER_00] En fait je à des moments aléatoires de la journée, j'entends encore [SPEAKER_00] alors que elle ne sera pas repassée, ne l'entends plus la musique, elle n'a sur, quand je scroll sur internet. C'est bien. C'est juste, [SPEAKER_00] ça se met comme ça, puis C'est comme des pensées ou c'est des voix différentes [SPEAKER_00] Ça va vraiment être des voix différentes. Ah ouais, donc c'est comme ça que tu les reconnais Ouais, c'est qu'il y a vraiment un timbre de voix propre à eux et [SPEAKER_00] aussi une manière de parler, [SPEAKER_00] pas forcément les mêmes expressions que moi j'utiliserai, [SPEAKER_00] donc ça dépend vraiment de [SPEAKER_01] des personnes. À l'école, toi tu parlais de tes études, ça a été difficile tu me disais, tu as été victime de harcèlement Ouais. Les gens ne comprenaient pas en fait. Non j'étais trop changeante, trop bizarre [SPEAKER_00] ou pas assez sociable, [SPEAKER_00] ça dépendait vraiment des moments en fait bizarrement. [SPEAKER_00] Mais c'était soit [SPEAKER_00] j'allais [SPEAKER_00] j'allais trouver les gens d'un coup et ce n'était pas habituel, soit je m'isolais, je ne voulais parler à personne [SPEAKER_00] et en fait on [SPEAKER_00] comprend très vite que quand quand on arrive à l'âge adulte, on se dit et qu'on est au courant du trouble, on se dit en fait logique, [SPEAKER_00] c'était ce trouble et quand [SPEAKER_00] des amis qui qui m'avaient vu depuis la primaire [SPEAKER_00] et jusque maintenant et qui qui savent pour le, ils disent oui en fait quand on a le fin mot et d'explication à ce qui se passe, [SPEAKER_00] ça se voit à 10000 kilomètres. [SPEAKER_00] C'est ça, [SPEAKER_00] c'est des fois c'est tellement sous nos yeux qu'on ne s'en rend pas compte et même des proches ou [SPEAKER_00] justement des gens qu'on a côtoyé toute notre vie, [SPEAKER_00] il faut le le déclic de se dire ok l'information c'est ça, y a plusieurs personnes et en fait ça explique tous ces petits moments d'incompréhension. [SPEAKER_01] Ouais tu dis qu'en fait on n'en parle pas assez en fait en France. Non après et après en France encore moins parce que on [SPEAKER_00] est un des rares pays européens à ne pas avoir d'unité de recherche autour des troubles d'initiative, [SPEAKER_00] particulièrement du TDI où par exemple il y a d'autres pays, [SPEAKER_00] le leader on va dire européen de la recherche sur le TDI c'est la Turquie. Ah bon Ouais, c'est ceux qui sont plus avancés qui font des recherches et qui publient des études depuis les années [SPEAKER_00] 80, 90 et [SPEAKER_00] qui sont au point dessus, qui ont mis aussi au point les certains rôles d'alters [SPEAKER_00] du pourquoi ils sont là et comment ils fonctionnent. [SPEAKER_00] Et en fait [SPEAKER_00] ça [SPEAKER_00] ça vient un petit peu déjouer l'argument que certains ont qui disent que c'est une maladie américaine [SPEAKER_00] parce que [SPEAKER_00] ce qui s'est passé c'est que dans les années 1880, [SPEAKER_00] c'est l'année où on établit le 1er cas de TDI, C'est [SPEAKER_00] un français qui l'établit Louis Vivet [SPEAKER_00] et en fait c'est un des élèves de Charcot qui étudie le cas de Louis Vivet [SPEAKER_00] et qui met en place une 1re théorie autour de la dissociation [SPEAKER_00] sauf que à cette époque, [SPEAKER_00] il est en concurrence avec un autre élève de Charcot, Freud [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] la mort de [SPEAKER_00] de Charcot, [SPEAKER_00] c'est Freud qui prend le relais sur [SPEAKER_00] l'influence qu'il a dans les dans les études de psychologie et de psychiatrie. [SPEAKER_00] Donc [SPEAKER_00] celui qui étudie où il vivait s'expatrie [SPEAKER_00] aux États-Unis et donc forcément son point de pensée est très présent aux États-Unis [SPEAKER_00] quand celui de Fraude est très très présent en France et au final ça établit vraiment cette différence de recherche et de point de vue vis-à-vis de la psychiatrie. [SPEAKER_01] Est-ce que tu vas te souvenir de l'interview [SPEAKER_00] J'espère, à moitié, enfin non mais normalement ça devrait le faire. [SPEAKER_00] Ce que j'ai mémoire un peu continue, c'est-à-dire que [SPEAKER_00] même des moments où je n'aurais pas été totalement là, j'étais plus ou moins consciente je crois. Ou sinon il y a des petits passages où je vais me dire ah oui, enfin je sais qu'en général quand je fais quelque chose je redécouvre dans tous les cas l'interview quand je l'avoue. Tu la redécouvre. Ouais totalement et même je découvre qu'il y eu des des fois des switchs où je n'ai même pas eu conscience que ça s'est passé parce que [SPEAKER_00] c'est c'est trop invisible même pour moi. [SPEAKER_01] Et là tu penses que tu as aujourd'hui [SPEAKER_01] Oui. [SPEAKER_01] Alors on a on a parlé à qui aujourd'hui [SPEAKER_00] Aude [SPEAKER_01] et Ela, je crois. Aude et Ela Alors Et là tu ne l'as pas décrite alors c'est qui Et là Et là c'est une alter qui s'est inspirée [SPEAKER_00] en fait c'est ce qu'on appelle une c'est-à-dire [SPEAKER_00] que le cerveau a pris une source d'inspiration quelque part. Il y a 2 types d'introject, [SPEAKER_00] il y les factifs donc de quelqu'un de réel. [SPEAKER_00] Donc imaginons [SPEAKER_00] tu es ma mère et mon service dit tiens [SPEAKER_00] j'aurais aimé avoir une maman comme toi et il crée un alter de Alexia et hop j'ai un alter Alexia dans ma tête parce que le service s'est dit c'était [SPEAKER_00] c'est tellement ce dont j'ai besoin que je j'en ai besoin en fait. C'est vrai que je suis une gentille maman. Pour bien comprendre donc il y a des alters qui sont plus réels que d'autres c'est ça Pas forcément c'est juste que le cerveau Et là c'est quoi la différence j'ai pas bien compris. En fait elle c'est une alter inspirée d'un de mes ex petits copains. Ok. Et en fait c'est une version de lui au féminin. [SPEAKER_00] Ok. Donc à la base c'est, et là et moi on n'est pas très [SPEAKER_00] proche, [SPEAKER_00] parce qu'elle a beaucoup essayé de, c'est elle qui a voulu quitter mon copain actuel [SPEAKER_00] et qui a fait beaucoup de choses contre moi en [SPEAKER_00] parlant mal à des gens, en me foutant dans des situations un peu de merde on va dire. Et à l'heure actuelle avec [SPEAKER_00] la thérapie en essayant de comprendre pourquoi elle était comme ça, je sais qu'il y avait des raisons et que c'était juste [SPEAKER_00] le cerveau qui en état de vigilance, il ne se dit pas [SPEAKER_00] ok [SPEAKER_00] maintenant que c'est fini c'est fini. Non [SPEAKER_00] il a été habitué à une situation de stress et donc son réflexe c'est de dire écoute là c'est trop bizarre il n'y plus rien qui me stresse [SPEAKER_00] remettons-nous dans une situation de merde quoi et du coup Mais alors est-ce que tu arrives à communiquer avec tes alters et donc et là de lui dire attends tu es gentil mais là ce pas le moment. Ouais j'essaye tu mens, c'est ce n'est pas très souvent personnellement j'ai très peu de communication Pas de communication ouais. Non je n'ai pas beaucoup de communication avec les autres alters, c'est vraiment assez flou et la plus grande communication que j'ai c'est avec mes proches et surtout avec mon compagnon où je dis ouais tu diras tu es un alter qui a fait ça, qui l'a abusé, [SPEAKER_00] si tu le croises quoi. [SPEAKER_00] Ouais ouais. Ton compagnon fait le le messager, [SPEAKER_01] c'est un. Alors attends on résume. Donc on a discuté au début avec Leila, [SPEAKER_01] ensuite avec Aude, [SPEAKER_01] puis avec Eila. [SPEAKER_00] Et re Leila. [SPEAKER_01] Et là c'est re Leila. Ouais. Là tu te sens Leila. [SPEAKER_01] Je suis. [SPEAKER_01] Tu es Leila. Oui. [SPEAKER_01] Mais à quel moment tu es Ava [SPEAKER_00] Ava c'est, je suis toujours Ava entre guillemets, c'est vraiment comme s'il y avait un parapluie. Ava c'est le nom du parapluie, en dessous il y tous les alters, c'est juste un nom générique [SPEAKER_00] qui appartient à tout le monde comme si tu avais plusieurs identités et qu'elles se sentaient toutes de s'appeler Alexia parce que ça leur convenait. D'accord. [SPEAKER_01] Et tu as demandé à à tes alters ou tu as choisi toi-même ce prénom Alors comment comment as-tu décidé À une période on était 8 alters, [SPEAKER_00] du moins dont j'avais conscience, [SPEAKER_00] je sais qu'on était plus et à cette période je sais que j'avais mis plusieurs noms sur un classeur [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] tout ça avait rajouté un bâtonnet et du coup c'était [SPEAKER_00] Avana le la base et j'ai raccourci en Ava plus tard parce que je préférais. [SPEAKER_00] Mais tu fait un vote en fait. Ouais c'est ça puis maintenant je demande plus trop le seul truc que je tenais à redemander récemment en sondage c'est le bord politique. [SPEAKER_00] Ah bon Oui juste pour savoir On pas le même bord politique Ah pas du tout. Ah ça va de l'extrême gauche à l'extrême droite. Ah ouais Ah mais totalement. Et quand tu vas voter [SPEAKER_01] tu sais pas qui va changer. J'ai une solution incroyable, [SPEAKER_00] la procuration. [SPEAKER_00] Moi je dis à qui je veux voter à mon compagnon à une personne que j'envoie voter et comme ça je suis sûre qu'elle vote [SPEAKER_00] que le vote est bien passé. Ah parce que tu serais capable à S'il y a un switch la personne elle n'aurait rien à faire de mon avis à moi et se dire je suis là autant voter ce que j'ai envie. Mais non. Il YYA d'autres situations comme ça. [SPEAKER_01] Ils ont quoi comme goût, comme avis différent aussi aussi fou que Aussi [SPEAKER_00] fou, je dirais que c'est vraiment une des situations les plus extrêmes où c'est vraiment des divergences d'opinions totales. [SPEAKER_00] Mais globalement après peu de choses sur lesquelles on va être conflictuelles, [SPEAKER_00] ça va être de la nourriture, [SPEAKER_00] des choix de vie, [SPEAKER_00] c'est ça ne va pas être plus loin que ça, ça va vraiment être ce que 2 personnes pourraient s'embrouiller. [SPEAKER_00] Vas-y raconte des exemples de nourriture, tu en as parlé qui est végétarien, l'autre qui aime la viande, tu vois Non ça ça va, c'est par contre moi je déteste et vraiment je déteste, je, rien qu'à l'odeur je pourrais vomir le poisson D'accord. Et il m'est arrivé à cause de saoul, parce que lui adore le poisson, [SPEAKER_00] de de me retrouver à manger et de faire et de me réveiller en fait de de reprendre conscience d'avoir le poisson dans la bouche et que tout revient et un [SPEAKER_00] enfer. Et le problème c'est que du coup c'est arrivé très de très nombreuses fois du coup que le parent chez lequel je vivais ne savent plus sur quel pied danser pour me faire à manger puisque d'un coup j'aimais les haricots verts de l'autre je n'aimais plus le le jour même. [SPEAKER_00] D'un côté j'avais aimé le poisson puis d'un coup impossible de le manger donc [SPEAKER_00] ça j'avoue j'ai été chiante enfin [SPEAKER_01] je comprends pour le coup. Ouais c'est ça et sur les goûts vestimentaires ou. [SPEAKER_00] Je me personnellement [SPEAKER_00] je me prends pas la tête je mets ce qu'il y a dans ma penderie et ça passe Et après ils se débrouillent, ils choisissent ce qu'ils aiment et c'est Tu changes parfois [SPEAKER_00] C'est arrivé à un moment où ils avaient ça. Ça arrive surtout avec les garçons, [SPEAKER_00] avec Kyle aussi qui est un alter [SPEAKER_00] d'environ 17 ans [SPEAKER_00] qui aime beaucoup les femmes. [SPEAKER_01] Ah ouais [SPEAKER_00] Comment tu sais qu'il aime les femmes Ce qui draguait mes copines au lycée. [SPEAKER_01] Mais non. [SPEAKER_01] Mais comment est-ce qu'il les draguait [SPEAKER_00] Je sais il y a une période où j'ai une copine j'ai failli avoir des problèmes [SPEAKER_00] avec avec elle parce qu'il [SPEAKER_00] venait à côté d'elle, se collait et puis il mettait la main sur la cuisse et tout. [SPEAKER_00] Et elle leur disait ça va [SPEAKER_00] Lola ça va Et il disait ouais ouais t'inquiète ça va. [SPEAKER_01] Attends mais là tu arrivé à dire c'est pas moi Lola, [SPEAKER_01] c'est Kaïla. [SPEAKER_00] Lui je sais pas moi j'étais pas là en fait sur ces moments c'est ma copine après tu me racontes toi tu as abusé, [SPEAKER_00] j'avais pas forcément envie que tu me touffes la culasse. Il me disait quoi, comment ça [SPEAKER_00] Et après ça avait été, [SPEAKER_00] c'est c'est on s'est rapproché de la période où j'ai j'ai j'ai vraiment pris conscience de ce qui se passait donc à me dire ok, [SPEAKER_00] voilà ce n'était pas moi et je dois quand même prendre la responsabilité de ce qu'il a fait et [SPEAKER_00] et aller m'excuser. [SPEAKER_01] Ouais ça ce n'est pas facile. Le matin quand tu te réveilles, [SPEAKER_01] tu es donc [SPEAKER_01] Ava, a compris ce parapluie et quelle personnalité, [SPEAKER_00] c'est Leila en général qui est là tu dis En général ouais, mais après si ça se trouve avec ce qui a pu se passer dans la nuit, donc des cauchemars ou qu'il y ait un switch en dormant vis-à-vis de ce qui s'est passé, [SPEAKER_00] ça peut ne pas être moi qui me réveille. [SPEAKER_00] Comment ça se passe tes rêves d'ailleurs [SPEAKER_00] Il peut y avoir certains alters dans mes rêves et qu'on partage le même en même temps tout comme ça peut vraiment être à moi sur un moment, mais que il ait des alters qui puissent y assister en fait sans en faire partie. [SPEAKER_00] Et donc que il y ait des fois certains [SPEAKER_00] événements [SPEAKER_00] déclencheurs qui font que [SPEAKER_00] par des cauchemars vont me faire soutien aux dormants et donc il [SPEAKER_00] y a un autre alter qui se réveille parce qu'il était adapté à la situation du rêve et pas à la réalité, mais comme le cerveau contrôle la frustration à ce Tu [SPEAKER_01] dis à un moment que vous étiez 8, là vous êtes Cette [SPEAKER_01] maladie elle n'est pas curable. Non. Donc tu sais que tu auras ce trouble [SPEAKER_01] toute ta vie. Est-ce que tu peux passer de 8 à 30, de 30 redescendre à 8 ou est-ce que [SPEAKER_01] c'est exponentiel Est-ce qu'en vieillissant tu auras plus de personnalité Est-ce que tu sais comment ça va se développer [SPEAKER_00] Non en fait il y a plusieurs raisons qui font qu'on est un peu plus, c'est que entre le moment où on a été 8 [SPEAKER_00] et maintenant j'avais revécu des traumatismes qui ont fait que le cerveau a redivisé [SPEAKER_00] et en fait c'est aussi toute cette partie où comme je dis c'est les c'est les alters dont j'ai conscience, Ça se trouve, moi je suis au courant donc j'ai j'ai j'ai eu un petit compte de me dire ok, là de ceux que je connais il y en a 30, mais ça se trouve il y en a 200 autres que je n'ai jamais vu, que je ne connais pas [SPEAKER_00] et qui sont là et pourtant [SPEAKER_00] C'est possible. Ah ouais, mais je ne le saurai pas tant que je ne connais pas les 200 autres s'il y en a 200 autres qui sont là. [SPEAKER_00] Mais c'est pour ça que je dis on est environ parce [SPEAKER_00] que ça peut changer et que on peut aussi rebaisser en nombre, c'est-à-dire que [SPEAKER_00] vers 2021 on était 8, on est très vite monté à 11 puis à plus de 50. [SPEAKER_00] Parce qu'il s'est passé beaucoup de caca on va dire et [SPEAKER_00] en fait quand vraiment je [SPEAKER_00] je me suis sentie beaucoup plus en sécurité et que j'ai commencé à aller mieux, il y avait ce qu'on appelle des fusions. C'est-à-dire qu'un alter ça ne disparaît pas, ça ne disparaît pas comme ça, ça ne meurt pas non plus. C'est en fait le cerveau, il en fusionne certains pour [SPEAKER_00] abaisser et en fait c'est comme si on prenait du rouge, du jaune, ça fait du orange, [SPEAKER_00] c'est un mélange. Et en fait ça fait partie des thérapies à long terme qui visent à guérir entre gros guillemets parce que on peut en effet réussir à ne finir qu'à un, [SPEAKER_00] mais le mais derrière c'est que s'il [SPEAKER_00] y a stress ou traumatisme, [SPEAKER_00] le cerveau recrée des alters. [SPEAKER_00] C'est en ça que le TDI est incurable, sans la structure du cerveau même si au fil du temps on peut ne plus cocher les tous les critères du trouble. Et en ce moment tu essayes de les fusionner pour réduire le nombre d'alters Personnellement [SPEAKER_00] non parce que moins on est plus c'est compliqué et à la fois plus on est que maintenant c'est compliqué. Donc là on est sur un socle assez stable, donc ça va faire plusieurs années où c'est entre 40 et 30, c'est entre les 2 et du coup je pense que c'est vraiment soit [SPEAKER_00] je je vais en effet aller vers une fusion totale pour me dire que j'ai ma vie à rien qu'à moi, mais si ça devient trop compliqué [SPEAKER_00] quand on baisse de nombre parce que le cerveau il ne sait plus quoi faire, donc il fait des switchs n'importe comment. En fait c'est rassurant quelque part ces alters pour toi. Oui parce que j'ai toujours vécu avec, pas forcément parce que je les aime, [SPEAKER_00] mais parce qu'ils ont toujours été là et que Ce que tu connais en fait. C'est ça. Donc à l'heure actuelle j'essaye surtout de d'amoindrir mes symptômes, donc d'avoir moins de dissociation, moins de switch, [SPEAKER_00] plus de de mémoire sur ce qui se passe donc moins d'amnésie [SPEAKER_00] et d'essayer de me dire ok, si ça se trouve je n'arriverai jamais à les faire fusionner et au pire quand je vais enfin réussir ça va tout recasser. [SPEAKER_00] Donc autant essayer de de vivre avec et de [SPEAKER_00] d'essayer de de se guérir au niveau des symptômes. [SPEAKER_01] Merci Ava d'être venue dans tous. [SPEAKER_01] À la fin de l'émission, on demande toujours un petit mot de la fin, un petit conseil. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux gens qui nous ont regardés, qui nous ont écoutés [SPEAKER_01] au vu de tout ce qu'on s'est dit et puis au vu de ton témoignage et je te remercie, [SPEAKER_01] qui est rare et qui est vraiment précieux [SPEAKER_00] sur ce trouble. C'est quoi le mot de la fin C'est quoi ton petit conseil Moi le grand message que j'ai envie de passer parce que je le trouve très important, c'est le fait que les personnes handicapées et notamment mentales, mais globalement toutes ont le droit d'avoir une vie heureuse, [SPEAKER_00] ont le droit d'avoir une vie en dehors de leur santé mentale ou de leur handicap physique et qu'elles [SPEAKER_00] sont tout autant légitimes que n'importe qui. [SPEAKER_00] Vouloir une famille, vouloir une carrière professionnelle, [SPEAKER_00] vouloir [SPEAKER_00] une vie qui leur convient et que ce n'est pas les les autres qu'on va décider pour eux de dire, es trop handicapé, [SPEAKER_00] tu es trop mal pour le moment, c'est quand vous vous sentez prêt, quand vous vous sentez [SPEAKER_00] bien pour le faire et si vous en avez envie et personne ne peut vous dicter votre vie. Tu tu travailles d'ailleurs [SPEAKER_00] J'ai travaillé, mais en ce moment c'est la santé physique [SPEAKER_01] qui rame. Qui rame. En tout cas tu as choisi d'avoir un petit garçon et tu as choisi d'avancer et d'être heureuse donc tu as appliqué toi-même ton conseil. J'ai choisi de ne pas écouter les gens qui me disaient que j'aurais dû être stérilisée en fait. Non non. [SPEAKER_01] Merci, [SPEAKER_01] en tout cas merci 2000 fois pour ton témoignage. [SPEAKER_01] On remercie Ava, Leila, [SPEAKER_01] Aude, Ela. Merci le système. Va dire. On remercie tous les alters [SPEAKER_01] et écoute tu pourras revenir quand tu veux nous raconter [SPEAKER_01] la suite [SPEAKER_01] si d'autres [SPEAKER_01] alters si tu fusionnes. [SPEAKER_01] En tout cas c'était vraiment extrêmement intéressant et merci pour ta clarté parce qu'on a très très bien compris le le fonctionnement [SPEAKER_01] de de ta vie finalement et de la dissociation. [SPEAKER_01] Merci [SPEAKER_01] 1000 fois et puis merci à vous qui nous regardez, qui nous écoutez, [SPEAKER_01] tous Wenders c'est tous les mardis donc on se dit à mardi prochain salut. Salut.
Points clés
- Ava est le nom d'un 'système' de 30 identités (alters).
- Le TDI est une conséquence directe de traumatismes sévères survenus avant l'âge de 8-9 ans.
- Le prénom légal de la personne, Lola, ne correspond à aucune des identités.
- L'hôte, qui gère le quotidien, se nomme Leïla.
- Un alter nommé Soul porte les souvenirs traumatiques pour protéger le reste du système.
À éviter
❌ Utiliser le terme 'personnalités' pour parler des alters.
✅ Le terme scientifique et respectueux est 'identité' ou 'alter'. Comme l'explique Ava, le mot 'personnalité' minimise la complexité du phénomène. Il ne s'agit pas de facettes d'un même individu, mais d'états de conscience distincts.
❌ Penser que la personne 'invente' ou est consciente de tout ce que font ses alters.
✅ L'amnésie dissociative est un symptôme central du TDI. L'hôte, comme Leïla, peut n'avoir aucun souvenir des actions, paroles ou achats effectués par un autre alter. Ces 'absences' sont involontaires et peuvent être une source de grande confusion et de détresse.
❌ Croire que le TDI est un trouble extrêmement rare ou purement cinématographique.
✅ Bien que souvent sensationalisé au cinéma, le TDI est un trouble réel, bien que mal diagnostiqué. Le témoignage d'Ava vise précisément à éduquer et à montrer la réalité humaine derrière le diagnostic, loin des clichés.
Glossaire
- TDI (Trouble Dissociatif de l'Identité)
- Trouble de santé mentale résultant de traumatismes infantiles, caractérisé par la présence de plusieurs identités distinctes (alters) au sein d'un même individu.
- Alter
- Contraction d' 'état alternatif de conscience'. Désigne chacune des identités distinctes qui coexistent chez une personne atteinte de TDI.
- Hôte
- L'alter qui gère la plupart du temps la vie quotidienne et qui interagit le plus fréquemment avec le monde extérieur. Dans ce témoignage, il s'agit de Leïla.
- Système
- Terme utilisé par les personnes concernées pour désigner l'ensemble des alters cohabitant dans un même corps. 'Ava' est le nom de leur système.
- Amnésie dissociative
- Perte de mémoire concernant des informations personnelles importantes ou des événements vécus. C'est un symptôme clé du TDI, créant des 'blancs' temporels lorsque d'autres alters sont aux commandes.
Conclusion
Écouter Ava, c'est accepter de déconstruire nos certitudes sur ce que signifie 'être soi'. Son témoignage est un appel à la curiosité, à l'écoute et à l'empathie. Il nous rappelle que derrière un diagnostic se trouve une histoire humaine, une stratégie de survie d'une complexité inouïe. La vie d'Ava et de ses alters n'est pas une fiction, mais une illustration poignante de la résilience de l'esprit humain.