Certaines histoires défient la logique, repoussent les limites du possible et nous rappellent la force insoupçonnée de l'esprit humain. Celle d'Oriane Aymar en fait partie. Alpiniste passionnée, son destin semblait scellé la nuit où son cerveau l'a lâchée, à des milliers de kilomètres de chez elle. Le verdict médical était sans appel : la montagne, c'était terminé. Mais pour Oriane, ce n'était pas la fin. C'était le début d'une autre ascension, la plus difficile de toutes.
Oriane Aymar : de l'hémorragie cérébrale à l'Everest, une leçon de résilience inouïe
Publié le 13 juillet 2026 · Mis à jour le 6 août 2026
À 25 ans, un diagnostic médical anéantit ses rêves de cimes. Une hémorragie cérébrale lui interdit l'altitude à vie. Pourtant, des années plus tard, Oriane Aymar se tiendra au sommet de l'Everest. Comment a-t-elle transformé une condamnation en la plus grande force de sa vie ?
Le point de bascule : une nuit d'avril en Inde
Tout commence de manière brutale, sans préavis. Une nuit qui aurait dû être ordinaire, mais qui est devenue le pivot de son existence.
« Hôte · « Ton point de bascule à toi, il est extrêmement précis et il est vif. C'est la nuit du 16 au 17 avril 2004, tu as 25 ans, tu es au nord de l'Inde et tu vas faire une hémorragie cérébrale. »▸ 02:11
Ce soir-là, Oriane n'est pas seule dans sa chambre. Une chance inouïe. Son amie la voit faire plusieurs convulsions, pensant d'abord à une crise d'épilepsie. Mais la réalité est bien plus grave. Au matin, Oriane est méconnaissable. Elle ne sait plus son nom, son esprit est parti ailleurs. Transportée d'urgence dans un hôpital militaire, le seul équipé pour un scanner, le diagnostic tombe : hémorragie cérébrale.
La conscience va et vient, mais dans un moment de lucidité, la peur est totale. Persuadée que sa fin est proche, elle demande à appeler ses parents en France. Pour leur dire adieu.
Une expérience aux frontières de la mort
Durant ces instants critiques, Oriane vit une expérience qui la marquera à jamais. Elle décrit un état de dissolution totale, une fusion avec l'univers, une perte des notions de temps et d'espace. Pas de tunnel, pas d'ancêtres, juste une lumière omniprésente.
« Oriane Aymard · « j'étais la lumière, j'étais devenue le tout en fait, il n'y avait plus séparation, il n'y avait plus d'Oriane, j'étais un avec... l'univers »▸ 05:00
Revenir de cet état est une épreuve. Pendant des jours, puis des semaines, la peur de mourir ne la quitte pas. Rapatriée en France pour une lourde opération du cerveau, elle refuse de dormir, terrorisée à l'idée de ne jamais se réveiller. Le sommeil devient un ennemi, un passage redouté vers cet "autre côté" qu'elle a effleuré.
Les médecins découvrent la cause : une malformation cérébrale congénitale, probablement réveillée par les complications d'une dengue contractée trois ans plus tôt lors d'une mission pour l'Unesco. Une bombe à retardement qui a explosé au pire moment, au pire endroit.
Le verdict médical, une montagne de plus à gravir
Après l'opération, la vie est sauve. Mais une partie de son identité est amputée. Le neurochirurgien est formel : les activités qui créent une surpression cérébrale sont désormais proscrites.
Fini la plongée, sa première passion, elle qui avait fait des études de biologie marine. Et surtout, fini l'altitude. Pas seulement les 8000 mètres, mais même les simples treks au Népal, les passages de cols à 5000 mètres. Tout ce qui faisait vibrer son âme d'aventurière lui est retiré.
Sur le moment, le soulagement d'être en vie l'emporte. Mais un rêve refuse de mourir. Deux ans avant son accident, à 23 ans, Oriane avait vu l'Everest pour la première fois, depuis le côté tibétain. Ce fut un appel, une évidence. Elle savait qu'un jour, elle y serait.
Cette certitude, enfouie sous le poids du traumatisme et de l'interdit médical, va devenir le moteur de sa reconstruction.
La longue et patiente reconquête
Le chemin du retour vers les sommets ne sera ni rapide, ni simple. Il lui faudra 15 ans. Quinze années pour apprivoiser son corps, déconstruire ses peurs et défier le pronostic.
La peur est physique, ancrée dans sa chair. Pendant des années, même une simple posture de yoga comme le poirier (la tête en bas) lui est impossible. Elle a la sensation que son crâne, qui a été ouvert, pourrait céder.
Le premier test grandeur nature a lieu neuf ans après l'hémorragie. Une tentative d'ascension du Mont Blanc. Ce qui pour beaucoup est un exploit est pour elle une première marche, un pas timide pour voir si son corps peut tenir.
L'épreuve tourne mal. Près du sommet, son visage se met à gonfler. Ses lèvres triplent de volume. La panique s'installe.
« Oriane Aymard · « mince, j'aurais peut-être dû écouter le neurochirurgien »▸ 10:33
Heureusement, il ne s'agit que d'un œdème localisé, provoqué par une montée trop rapide. Plus de peur que de mal, mais un avertissement sévère. Le chemin sera progressif, ou ne sera pas.
Des 7000 mètres à l'Everest
Loin de se décourager, Oriane affine sa stratégie. Pour ses 40 ans, elle se lance un nouveau défi : un sommet de 7000 mètres au Népal, l'Himlung Himal. C'est l'étape cruciale pour tester sa résistance à la haute altitude. Le corps tient. Le cerveau aussi. La confiance revient.
L'appel de l'Everest est plus fort que jamais. Quelques mois plus tard, elle s'attaque au Lhotse, le quatrième plus haut sommet du monde, voisin de l'Everest. Une étape de plus, une acclimatation nécessaire avant le rêve ultime.
Enfin, elle se sent prête. Prête à affronter le toit du monde. Cette montagne qu'elle avait vue 17 ans plus tôt et qui ne l'avait jamais quittée. L'ascension est une épreuve, mais la détermination forgée par des années de combat est inébranlable. Atteindre le sommet n'est pas seulement un exploit sportif, c'est la victoire d'une vie. La preuve que l'interdit n'était qu'une étape, et non une destination.
Partager l'inspiration : livres et témoignages
Cette histoire hors du commun, Oriane Aymar a choisi de la partager. Elle est l'auteure de deux livres poignants, publiés aux éditions Mareuil :
- Au cœur de l'Everest, La quête d'une femme au sommet
- L'appel de l'Everest
Dans ces ouvrages, elle ne raconte pas seulement des exploits d'alpinisme. Elle explore les profondeurs de la résilience, la force de la volonté et la quête de sens qui a guidé chaque pas de son retour vers la lumière, et vers les cimes.
Son témoignage est aussi au cœur du média 'Tous Wonder', une initiative dédiée à ces moments de bascule qui redéfinissent une existence. Disponible sur YouTube et toutes les grandes plateformes de podcasts (Spotify, Deezer, Apple Podcasts), l'émission donne la parole à ceux qui, comme Oriane, ont transformé une épreuve en une force extraordinaire.
Questions fréquentes
Qui est Oriane Aymar ?
Oriane Aymar est une alpiniste, himalayiste et aventurière française. Elle fait partie des rares femmes à avoir gravi l'Everest, le Lhotse (4ème plus haut sommet) ainsi que d'autres sommets de 6000 et 7000 mètres. Elle est également auteure et conférencière.
Comment Oriane Aymar a-t-elle gravi l'Everest après une hémorragie cérébrale ?
Son retour a été un processus très long et progressif qui a duré 15 ans. Après avoir reçu un interdit médical formel, elle a d'abord testé son corps 9 ans plus tard sur le Mont Blanc. Face à un œdème, elle a adapté son approche, puis a gravi un sommet de 7000 mètres pour s'acclimater avant de s'attaquer avec succès au Lhotse, puis à l'Everest.
Quels sont les livres écrits par Oriane Aymar ?
Elle a écrit deux livres publiés aux éditions Mareuil : 'Au cœur de l'Everest, La quête d'une femme au sommet' et 'L'appel de l'Everest', dans lesquels elle retrace son parcours de résilience et ses ascensions.
Qu'est-ce que l'émission 'Tous Wonder' et où la trouver ?
'Tous Wonder' est un média (podcast et émission YouTube) qui explore les 'points de bascule', ces moments qui changent une vie, à travers des témoignages inspirants comme celui d'Oriane Aymar. On peut le retrouver sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts comme Spotify, Deezer et Apple Podcasts.
Peut-on faire de l'alpinisme après une hémorragie cérébrale ?
L'histoire d'Oriane Aymar est exceptionnelle et ne doit pas être considérée comme une généralité médicale. Suite à une hémorragie cérébrale, la pratique de l'altitude est généralement formellement interdite en raison des risques de surpression cérébrale. Son parcours est le fruit d'une détermination hors norme et d'une approche extrêmement prudente et progressive sur plus d'une décennie.
Quels sont les plus grands exploits d'Oriane Aymar en montagne ?
Ses exploits les plus notables incluent l'ascension de l'Everest (8848 m) et du Lhotse (8516 m), respectivement le premier et le quatrième plus haut sommet du monde. Elle a également plusieurs autres sommets de 6000 et 7000 mètres à son actif.
Invité
- Orianne Aymard — Invitée / Aventurière
Transcript
Voir le transcript complet
[SPEAKER_00] On échappe rarement à la mort. C'est 2 mois avec que des hommes. Là on m'a même pas adressé la parole, c'est mon visage qui a gonflé mais j'avais peur de mourir. On te dit l'altitude c'est terminé. J'aurais peut-être dû écouter le neurochirurgien. [SPEAKER_00] Je me suis mise en boule et puis j'ai fait une ultime prière. [SPEAKER_01] Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui on reçoit Oriane Aymar. Elle est aventurière au sens littéral du terme parce qu'elle est alpiniste et himalaïste. [SPEAKER_01] Elle fait partie des rares françaises à avoir gravi l'Everest [SPEAKER_01] 8848 [SPEAKER_01] mètres et le Lotsé [SPEAKER_01] 8516 [SPEAKER_01] mètres. À son actif, il y a aussi d'autres sommets de plus de 6000 et [SPEAKER_01] 7000 mètres, c'est juste hallucinant. [SPEAKER_01] Vous allez découvrir son point de bascule, elle a fait une hémorragie cérébrale à l'âge de 25 ans et là on lui a dit l'altitude, [SPEAKER_01] c'est interdit. Vous allez comprendre comment elle s'est reconstruite et comment elle a fini par accéder à son rêve. Elle est l'auteur de 2 livres passionnants, [SPEAKER_01] Au coeur de l'Everest, La quête d'une femme au sommet et L'appel de l'Everest. [SPEAKER_01] Ces 2 livres ont été édités aux éditions Mareuil. [SPEAKER_01] Tous Wonder, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts [SPEAKER_01] Spotify, Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez nous regarder, nous écouter un peu partout et un peu tout le temps. Cet épisode vous est présenté avec Lucie, [SPEAKER_01] l'expert en santé préventive. [SPEAKER_01] Vous le savez dans Troussefender, on parle souvent de points de bascule, de déclic qui change une vie. Et bien parfois le 1er déclic, c'est simplement de mieux comprendre son corps. Souvent on se demande pourquoi on est tout le temps fatigué, tout le temps stressé. [SPEAKER_01] Pourquoi une femme peut perdre ses cheveux par exemple en pleine ménopause Pourquoi un homme même jeune peut avoir des problèmes de fertilité [SPEAKER_01] Et bien très souvent la réponse elle se trouve dans votre corps dans notre corps et Lucie propose que moi en tout cas je cherche depuis longtemps et c'est pour ça que je vous en parle, c'est un bilan complet, analyse de sang, d'urine, [SPEAKER_01] de salive. Il y a plus de 110 marqueurs qui sont étudiés. En gros vous l'avez compris tout est passé au crible, [SPEAKER_01] organe, équilibre hormonal. [SPEAKER_01] Et quand vos résultats arrivent, bien vous avez un plan d'action à mettre en place pour avoir de nouvelles bonnes habitudes sur votre activité, votre sommeil, [SPEAKER_01] votre santé mentale et vous pouvez même échanger avec un chat avec une IA pour vous aider à avoir de bonnes nouvelles habitudes. Avec tous Wonder, vous avez un code de réduction [SPEAKER_01] moins 10 pour 100 avec le code tous Wonder 10 et évidemment je vous mets le lien dans la description de l'épisode. Tous Wonder c'est maintenant avec Oriane Eymard, alpiniste [SPEAKER_01] et himalaïste. [SPEAKER_01] Oriane Neymar, merci d'être là avec nous. Je suis très contente de te recevoir. Tu es vraiment une aventurière au sens propre du terme. On commence toujours dans tous avec un point de bascule. Ton point de bascule à toi, il est extrêmement précis et il est vif. [SPEAKER_01] C'est la nuit du 16 au 17 avril 2004, [SPEAKER_01] as 25 ans, tu es seule [SPEAKER_01] au nord de l'Inde et tu vas faire une hémorragie cérébrale. [SPEAKER_01] Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s'est passé et en quoi ça a été un point de bascule J'ai eu en pleine nuit donc une hémorragie cérébrale [SPEAKER_00] alors que j'étais [SPEAKER_00] dans un ashram [SPEAKER_00] donc à côté d'Arridoire, [SPEAKER_00] un lieu qui s'appelle Cancal [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] donc cette hémorragie cérébrale m'a frappé et heureusement que pour une fois j'étais, [SPEAKER_00] je partageais ma chambre parce qu'en général voilà je je voyage seule. Cette amie qui était en face de l'autre côté de la chambre [SPEAKER_00] a vu que je faisais plusieurs convulsions et ce n'est pas plus inquiété que ça parce qu'elle a pensé à sa grand-mère qui était épileptique et qui faisait [SPEAKER_00] également des convulsions. [SPEAKER_00] Mais sauf que moi il se passait autre chose parce je ne pas épileptique à la base et [SPEAKER_00] donc voilà en pleine nuit et quand on m'a retrouvé le matin, je ne savais même pas comment je m'appelais, rien du tout. Enfin moi j'étais partie [SPEAKER_00] de de l'autre côté et c'est là où on m'a conduit à l'hôpital à l'hôpital [SPEAKER_00] militaire parce que c'était le seul endroit où ils avaient voilà tout le scanner, les IRM et tout et et donc là une fois à l'hôpital quand ils m'ont expliqué ce qui se passait, j'avais repris conscience parce qu'il y eu plusieurs pertes de conscience entre temps [SPEAKER_00] et là ils m'ont expliqué ce qui se passait et donc c'est à ce moment-là où j'ai dit adieu à mes parents, enfin j'ai demandé à appeler mes parents en France et je leur ai dit adieu. Tu pensais partir parce que tu m'as dit quand on a préparé l'émission que tu avais vu la lumière, enfin c'était vraiment, tu étais Oui, quand [SPEAKER_00] tu dis je suis partie de l'autre côté, c'est au sens propre du terme. Dans le sens où enfin j'étais, je n'ai pas vu, enfin j'étais la lumière, j'étais j'étais devenue le le tout en fait, il n'y avait plus séparation, il n'y avait plus d'Oriane, [SPEAKER_00] j'étais [SPEAKER_00] j'étais un avec [SPEAKER_01] oui avec l'univers, j'étais C'est fou parce Il n'y plus d'où on écrit ça, enfin les gens qui ont vécu des expériences similaires. [SPEAKER_00] Ouais alors moi je n'ai pas vu de de tunnel, c'est peut-être pour ça que c'était pas mon heure, [SPEAKER_00] mon heure n'était pas encore venue mais je j'ai pas vu de tunnel, j'ai pas vu d'ancêtres ou quoi que ce soit mais voilà cette cette lumière qui est qui était là, qui était présente et et c'est surtout qu'il n'y avait plus de temps, il n'y avait plus d'espace et que j'étais tout quoi, j'étais j'étais tout. Et c'est à ce moment-là que tu te dis, [SPEAKER_01] je reprends connaissance, je perds connaissance, mais je ne [SPEAKER_01] sais pas passer la journée. [SPEAKER_00] En fait, comme j'étais, je n'avais jamais forcément connu une telle expérience, donc et quand j'ai repris conscience déjà j'étais toute fiévreuse, je ne savais même pas comment je m'appelais, j'étais [SPEAKER_00] je voyais bien il y avait quelque chose et et je j'étais persuadée après et ça a duré pendant plusieurs jours parce qu'après on m'a amené, on m'a conduite à l'hôpital New Delhi [SPEAKER_00] où là je suis restée plusieurs jours après j'ai été rapatriée en France, grosse opération au cerveau mais pendant [SPEAKER_00] plusieurs jours [SPEAKER_00] j'ai même voire plusieurs semaines je je j'avais peur de mourir enfin de passer vraiment littéralement de l'autre côté. Je me suis dit et surtout les premiers jours je pouvais même pas dormir en fait ils devaient me donner des cachets parce que je ne voulais pas dormir j'avais peur de partir. [SPEAKER_00] Et donc [SPEAKER_00] oui c'était alors je sais pas comment on peut appeler ça mais je sais pas si c'est une expérience de mort imminente [SPEAKER_00] Mais voilà, c'est sûr que ça marque [SPEAKER_01] marque une vie, c'est une telle expérience. En réalité, as eu, enfin tu avais une malformation cérébrale et on t'a opéré, c'est ça qui s'est En fait, ce qui s'est passé, c'est que 3 ans avant, j'étais en [SPEAKER_00] Jakarta, donc en Indonésie [SPEAKER_00] pour je travaillais à l'Unesco à ce moment-là, je faisais une mission et j'ai eu la dingue et et donc je me suis retrouvée à l'hôpital [SPEAKER_00] et et après après coup en fait il y a eu des des complications [SPEAKER_00] quand je suis revenue au bureau c'est qui n'était pas du tout lié à la dengue et en fait la dengue a provoqué des [SPEAKER_00] des lésions cérébrales enfin des saignements mais au niveau de cette malformation mais on ne savait pas en fait à l'époque j'avais une malformation donc j'ai fait mon 1er IAM [SPEAKER_00] dans un autre hôpital militaire à Djakarta Mais tu es une aventurière en fait. [SPEAKER_00] Le vouloir hein de vivre. [SPEAKER_00] Le vouloir mais donc et c'est là ils ont vu que j'avais quelque chose au cerveau mais c'est seulement en France qu'ils m'ont dit que j'avais une malformation mais qu'à priori on n'y touchait pas et que là tu pouvais vivre avec sauf que 3 ans plus tard ça s'est déclenché et pas dans n'importe quel endroit, ça s'est déclenché à côté du tombeau d'une sainte indienne qui s'appelle Mananda Mahi et voilà qui a une énorme importance [SPEAKER_01] dans ma vie. Après l'opération, là il y a il y a une forme de couperet parce qu'on te dit que tu tu ne peux plus faire ce que tu aimes faire. Qu'est-ce qu'on va t'annoncer [SPEAKER_01] à l'issue de l'opération Si toi aussi tu aimes cet épisode aide-moi à produire la saison 2, je lance une campagne participative, je te mets le lien en description. N'hésite pas à participer et à partager, merci. [SPEAKER_00] Alors déjà on me dit que [SPEAKER_00] j'arrête [SPEAKER_00] la plongée, alors à la base moi j'ai fait des études de biologie marine, alors rien à voir avec la suite, [SPEAKER_00] mais donc on arrête la plongée et on arrête également [SPEAKER_00] l'altitude donc et là quand je dis altitude je parle même pas de faire des 8000 c'était même de simples treks à 15000 mètres. [SPEAKER_00] Je ne pas mais parce que j'avais l'habitude de faire des treks au Népal et [SPEAKER_00] ça me plaisait et donc des fois il y a des cols même à 5000 mais tout ça en fait il fallait que j'arrête. [SPEAKER_00] Voilà mais après je me suis dit bon je suis en vie. Oui. Voilà, [SPEAKER_01] tant mieux. Et puis c'est pas grave. Et là, on arrive au coeur du sujet quand même. Il faut qu'on comprenne comment tu fais, c'est-à-dire qu'on te dit l'altitude, [SPEAKER_01] c'est terminé et tu vas finir par gravir quand même l'Everest. Donc moi, je veux comprendre comment tu as fait parce que c'est extraordinaire, c'est-à-dire que c'est à un moment tu n'écoutes pas les médecins ou à un moment [SPEAKER_01] tu t'es, [SPEAKER_01] enfin voilà, qu'est-ce qui s'est passé et ça a été quel chemin, est-ce que ça a été y eu un long [SPEAKER_00] médical intérieur Tu m'as dit que tu ne faisais même plus mettre la tête en bas quand même au départ. Oui alors non c'est venu tout de suite. Je suis un temps je faisais beaucoup de de yoga enfin de hatha yoga et il y avait une des postures c'est cherche asana, c'est la la tête en bas les pieds en l'air en gros pour décrire un peu et [SPEAKER_00] donc pendant [SPEAKER_00] jusqu'au covid quand le confinement je n'avais pas refait la posture parce que j'avais toujours peur que ma tête s'ouvre en 2 c'est bête mais c'est [SPEAKER_00] parce qu'on m'a quand même ouvert totalement enfin le crâne donc c'est [SPEAKER_00] et voilà il y a espèce de trauma qui est encore là mais pour gravir l'Everest alors déjà l'Everest c'était un rêve que j'avais bien avant [SPEAKER_00] mon hémorragie cérébrale enfin [SPEAKER_00] j'ai vu l'Everest pour la 1re fois du côté tibétain, [SPEAKER_00] j'avais 23 ans donc 2 ans avant mon hémorragie cérébrale et là je savais qu'un jour j'irais [SPEAKER_00] au sommet enfin je serai au sommet. [SPEAKER_00] Et Avec quoi une sorte de flash Une évidence ouais un appel [SPEAKER_00] c'était c'était évident, je savais un jour j'y serai et ça m'a jamais quitté même malgré l'hémorragie cérébrale mais j'ai pas fait l'Evresse immédiatement, il m'a quand même fallu entre l'hémorragie cérébrale et [SPEAKER_00] et mon 1er 8000 parce qu'avant l'Everest c'est eu le Lotsé qui est la 4e plus haute montagne au monde [SPEAKER_01] et il m'a fallu quand même 15 ans avant de Mais encore avant tu as fait le Mont Blanc c'est ça Oui, c'est ma 1re fois. C'est ma 1re montagne. J'adore, parce que moi, n'ai jamais fait le Mont Blanc, ça me paraît insurmontable, tout ça a vraiment l'air. Non, [SPEAKER_01] mais quand même. Donc, tu fais le Mont Blanc, il se passe 9 ans entre l'accident [SPEAKER_01] et le Mont Blanc. Là, c'est peut-être une 1re tentative [SPEAKER_01] Oui, c'est ça. Mais ça ne passe pas comme prévu. Non j'ai fait un oedème [SPEAKER_00] localisé [SPEAKER_00] pas au sommet, enfin c'est mon visage qui a gonflé, [SPEAKER_00] mes lèvres triplées de volume, mes mains et là je me suis dit mince, j'aurais peut-être dû écouter le neurochirurgien [SPEAKER_00] et en fait il se trouve que c'était c'était ils appellent ça un oedème localisé que c'est pas c'est pas grave donc et puis après j'ai fait des tests aussi d'hypoxie non j'ai jamais eu ça après. Mais je pense parce que le la montée était trop trop rapide [SPEAKER_00] je pense voilà. [SPEAKER_01] Donc là c'est c'est c'est ta 1re tentative [SPEAKER_01] de petit sommet. Ouais c'est ça. Cette fois-ci avec le mont blanc et ensuite le vrai grand sommet, le 1er que tu vas faire c'est le Lot c'est ça C'est à l'aube de mes 40 ans et j'ai [SPEAKER_00] et j'avais toujours ce projet de l'Everest en tête, ça m'a encore une fois ça m'a jamais quitté et donc j'ai fait l'hymne long déjà pour me pour voir comment [SPEAKER_00] comment se comportait mon corps, si j'aimais ça, si j'aimais la hauteur, l'imlouk c'est un sommet de un 7000 mètres qui se trouve dans la la région [SPEAKER_00] la région du Manaslu au Népal et donc voilà j'ai gravi ce ce 7000 mètres, ça m'a plu, mon cerveau a très bien tenu le coup et [SPEAKER_00] puis j'ai décidé de continuer et là j'ai gravi quelques mois après le Lotsé [SPEAKER_00] qui est donc le 1er 8000 que j'ai gravi [SPEAKER_00] qui est oui 8516 [SPEAKER_00] mètres et qui est situé juste à côté de l'Everest, c'est le sommet voisin de l'Everest et c'était une manière, c'est ce que je raconte dans dans le livre l'appel de l'Everest, c'était quelque part une manière de de me rapprocher de l'Everest parce que du du sommet du du Lot-Say on voit très bien l'Everest [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] c'était oui c'était une manière de l'approcher mais en douceur. [SPEAKER_00] Et c'est la 4e montagne la plus haute au monde. Oui c'est ça après le donc après l'Everest, le K 2, le Kanshenyuga et puis à Lotsé. [SPEAKER_01] Et pourquoi on n'en parle pas parce que c'est en fait tu m'as dit que c'est quand même très dur comme ascension. Oui. Parce que du coup c'est pour ça qu'il a moins de vent qu'il qu'il leur a souvent les gens connaissent surtout l'Everest ou éventuellement le K 2 ou peut-être la Napurna parce que c'était [SPEAKER_00] Maurice Arzog [SPEAKER_00] qui a gravi la Napurna, mais c'est vrai que [SPEAKER_00] les autres montagnes sont [SPEAKER_00] sont moins connues alors que le Lotheys oui c'est quand même considéré comme étant plus difficile parce que c'est plus [SPEAKER_00] c'est plus pentu, [SPEAKER_00] c'est plus [SPEAKER_00] technique aussi. Mais voilà les gens sont surtout à côté de l'Everest, les gens sont focalisés sur l'Everest parce que c'est la plus haute montagne au monde. Et le Lothsé, comment ça s'est passé cette ascension [SPEAKER_01] Ça ça dure 2 mois, c'est ça Ouais ouais comment comment ça s'est passé [SPEAKER_00] Alors [SPEAKER_00] moi c'était donc mon 1er 8000 donc j'étais dans la la découverte, c'était un peu l'inconnu. La partie la plus difficile pour moi, [SPEAKER_00] ça a été [SPEAKER_00] d'endurer [SPEAKER_00] voilà la la présence [SPEAKER_00] négative de certains membres de mon équipe [SPEAKER_00] puisque j'étais en fait j'étais la seule femme de l'équipe donc 25 à 30 hommes donc il y avait [SPEAKER_00] sherpas et grimpeurs confondus et moi j'étais l'unique femme et donc je ne connaissais personne à la base [SPEAKER_00] et au départ ça se passait relativement [SPEAKER_00] pas forcément bien mais c'était neutre enfin voilà ça c'est et puis pendant la phase d'acclimatation [SPEAKER_00] parce qu'on va pas au sommet directement on passe par on fait des allers-retours entre les corps supérieurs pour acclimater notre corps Pendant la phase d'acclimatation, [SPEAKER_00] il se trouve que j'ai été la 1re à toucher le camp 3 qui est à 7200 mètres. [SPEAKER_00] Et quand je suis revenue au camp 2, c'est là où [SPEAKER_00] voilà ça [SPEAKER_00] a commencé un petit peu à dérailler je dirais. C'est quoi c'est de la misogynie pour bien comprendre Oui c'était une forme de misogynie [SPEAKER_00] mais c'était [SPEAKER_00] oui tout simplement on peut appeler ça de la misogynie je pense y avait d'ailleurs je l'ai dit sur le moment j'ai dit voilà qu'ils avaient un problème avec les femmes. Mais est-ce que l'alpinisme [SPEAKER_01] c'est un milieu qui est misogyne [SPEAKER_00] Alors je veux pas non plus rentrer dans les clichés mais c'est vrai que [SPEAKER_00] c'est un milieu qui est fermé, qui est assez fermé même si aujourd'hui ça s'ouvre mais ça reste quand même ça reste quand même assez fermé. [SPEAKER_00] Donc et après on se rend du lot de sais parce que j'étais écoeurée par toute cette expérience, [SPEAKER_00] même si j'avais réussi à atteindre le sommet. [SPEAKER_00] J'ai commencé à lire, à me renseigner puis je me suis aperçue que je n'étais pas la seule femme à avoir vécu voilà de tels [SPEAKER_00] de tels comportements [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] c'est en lisant je me suis aperçue qu'il y avait plein de femmes [SPEAKER_00] que ça soit je sais pas même la 1re femme qui a gravi l'Everest Junko Tabe à l'époque bon ça date des années 70 mais à l'époque déjà aussi il fallait qu'elle s'occupe des enfants [SPEAKER_00] en gros [SPEAKER_00] et il y en a eu plein d'autres où Lydia Bradet enfin sans rentrer dans dans les détails il y a eu un certain nombre de femmes et et y compris chez les Charpagny, les femmes donc les les locales, moi j'en ai rencontré aussi [SPEAKER_00] gravissait l'Everest pour montrer qu'elles aussi elles avaient leur place sur le le le toit du monde et que ce n'était pas seulement l'exclusivité [SPEAKER_00] des des hommes. [SPEAKER_01] Donc oui c'est un milieu qui est qui est fermé mais ça commence aujourd'hui à s'ouvrir mais c'est encore très lent. Tu es 2 mois avec que des hommes. Ouais. Comment tu fais pour aller aux toilettes Comment tu fais pour te changer [SPEAKER_00] Comment comment ça se passe Parce que c'est une question, tu vois, très basique, mais Ouais, bien sûr. Je me pose la question déjà au au camp 4 et au camp 3, on ne se change pas. Même [SPEAKER_00] limite au camp 2 bref [SPEAKER_00] au camp un. Dans le camp de base on a une tente individuelle donc ça va un peu se changer entre guillemets de toute façon moi j'ai eu 2 douches en gros c'est ça que j'ai eu dans toute l'expédition, [SPEAKER_00] des douches avec un seau quoi, seau d'eau chaude donc il y une petite tente prévue pour pour ça. [SPEAKER_00] Mais après [SPEAKER_00] oui c'est sûr c'est c'est pas la même [SPEAKER_00] même chose que partager [SPEAKER_00] une avec avec des femmes avec d'autres femmes mais voilà j'avais quand même un espace à moi au camp de base et puis pour les toilettes on j'utilisais les mêmes toilettes que tout le monde et puis voilà donc c'est [SPEAKER_00] me dit un peu comme un mec à la fin, mais tu vois je me dis quand tu entouré de mecs qui ne pas respectueux, c'est vachement difficile. Oui bien sûr ouais ouais ouais et puis mais au bout d'un moment voilà même pour faire [SPEAKER_00] pour aller aux toilettes en haut, moi quand il fallait qu'on [SPEAKER_00] au camp 4 ou ailleurs tant pis quoi, c'est c'est quand il faut y aller, faut y aller, enfin je veux dire c'est tant Ouais c'est ça, [SPEAKER_01] c'est Et tu n'as pas été aidée parce que ton corps t'a joué des tours aussi. Oui exactement, [SPEAKER_00] ça c'est bien d'en parler parce que ce soit même dans le sport en fait j'ai l'impression que c'est un petit peu c'est toujours tabou mais moi j'ai eu mes règles 3 fois en 6 semaines [SPEAKER_00] donc j'étais en plus déjà de la fatigue liée à l'expédition mais j'étais ça m'a totalement épuisée [SPEAKER_00] parce que le corps il essaye alors déjà en temps normal 6 fois 3 fois ses règles en 6 semaines on est Oui c'est [SPEAKER_00] anormal. Et et [SPEAKER_00] mais en plus mon corps produisait parallèlement des des globules rouges pour compenser le manque d'oxygène et moi je perdais du sang de l'autre côté donc et la même la dernière fois ça s'est déclenché le jour de sommet donc en conditions pas plus extrêmes que ça à plus de 8000 mètres et mon corps a réussi voilà [SPEAKER_00] à faire [SPEAKER_00] à créer ça et je pense que c'était une manière [SPEAKER_00] inconsciente en fait de dire je suis là je suis une femme de m'affirmer en fait. À un moment donné j'arrive au camp 2 à 6400 mètres d'altitude [SPEAKER_00] là on est coincé dans par une tempête [SPEAKER_00] et donc et là mes règles arrivent débarquent et donc forcément j'avais rien prévu parce qu'elles étaient en avance donc tout le mon équipement était entre guillemets était au camp de base et donc il a fallu que je me balade dans tout le camp 2 dans tous les campements bien sûr il n'y avait quasiment que des hommes [SPEAKER_00] pour [SPEAKER_00] essayer de trouver [SPEAKER_00] des serviettes tout simplement parce que j'avais rien avec moi. Et [SPEAKER_00] au bout j'ai fait peut-être pendant une heure une heure et demie et j'ai fini par rencontrer une Libanaise qui elle retournait au camp de base avant la tempête [SPEAKER_00] et qui heureusement elle elle était équipée de [SPEAKER_00] serviettes, elle s'appelle Joy Sazam, d'ailleurs c'est la 1re Libanaise à avoir fait les les 7 sommets enfin le plus haut sommet de chaque continent [SPEAKER_00] et et c'est elle donc qui m'a qui m'a dépanné. Mais tu retournes, [SPEAKER_01] Tu continues, tu vas encore plus loin et là, on arrive à l'Everest. À 4 ans plus tard, quoi. Et donc, l'Everest, tu l'avais vu en 2002, c'est ça Oui, c'est ça. J'avais 23 ans. J'arriverai à rêver un jour. Ouais, je serai au sommet. Comment tu t'es sentie quand tu es arrivée, quand tu as commencé cette ascension C'est-à-dire que ça se passe en 2023, [SPEAKER_01] c'est ça Ouais. [SPEAKER_01] Dès 2002, [SPEAKER_01] quand même, tu te dis je vais le faire. [SPEAKER_01] Là, quand tu commences ce truc-là, tu as eu cette hémorragie cérébrale. On t'a interdit l'altitude et en fait, commences l'impossible. En fait je n'avais même pas tous les sous. D'ailleurs je suis revenue après [SPEAKER_00] avec mon compte en banque en négatif enfin voilà. [SPEAKER_00] Mais je me suis dit c'est pas grave j'y vais et j'étais heureuse d'y aller parce que c'est oui mais sans savoir si bien sûr j'allais y arriver mais jusqu'au dernier moment et je me suis dit c'est maintenant jamais en fait. Là tu vas frôler la mort une seconde fois. Je l'ai vraiment vu en face quoi dans le sens où pendant la phase d'acclimatation [SPEAKER_00] redescendais [SPEAKER_00] du du camp 3 [SPEAKER_00] et là c'est au passage en traversant la cascade de glace que j'étais prise dans une chute de Sérac. [SPEAKER_00] Qu'est-ce que c'est pour ceux qui ne connaissent pas qui nous regardent ou qui nous écoutent Ouais c'est alors les Sérac sont des énormes blocs de glace qui peuvent chuter à [SPEAKER_00] à tout moment [SPEAKER_00] donc qui sont sur cette cascade de glace ou cet immense glacier en fait [SPEAKER_00] et C'est plusieurs tonnes quoi. Ouais c'est ça, c'est ça peut même parfois enfin pour ceux qui ont regardé le film aussi [SPEAKER_00] on les voit assez bien, ça peut oui il dit peut avoir même la taille d'un d'un immeuble donc c'est c'est voilà c'est très c'est partout ils sont partout ils peuvent se casser la gueule à n'importe quel moment. [SPEAKER_00] Et c'était un peu ce que je craignais le plus parce que moi je la connaissais déjà cette cascade de glace parce que pour gravir le Lotsé, en fait c'est plus ou moins le même itinéraire sauf que à la fin ça bifurque mais il faut traverser cette cascade de glace et ça avait toujours été ma hantise. [SPEAKER_00] Et c'est un peu comme la roulette russe il [SPEAKER_00] se trouve que en retraversant à la descente, en revenant au camp de base pendant la phase d'acclimatation, [SPEAKER_00] j'étais prise dans sa chute de Sérac et là à ce moment-là voilà je me suis mise en boule et puis j'ai fait une ultime prière parce que pour moi c'était la fin et j'ai été violemment frappée par un des séracs qui m'a m'a projetée voilà [SPEAKER_00] littéralement projetée [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] j'ai été Mais là tu as le temps de faire une prière enfin tu te, tu te une Ah [SPEAKER_00] oui on entend le bruit on comprend tout à fait en fait ces bruits, ça résonne partout. En fait, comme des coups de tonnerre, mais puissance 10. [SPEAKER_01] Et [SPEAKER_00] là, on s'est vu le bruit, c'est justement le bruit parce qu'on n'a même pas le temps de regarder. En fait, moi, ça s'est passé derrière moi, mais on n'a même pas le temps de regarder ce qui se passe. On entend juste le bruit et on comprend ce que ça veut dire. C'est que là il y des blocs et c'est pas comme une avalanche parce qu'une avalanche à la rigueur on se dit bon on peut peut-être s'en sortir parce que c'est c'est de la neige et tout ça dépend de l'avalanche mais des blocs de glace enfin les chances de survie elles sont quasi nulles donc je savais exactement ce que ça voulait dire et 2 semaines avant moi il y avait des sherpas qui étaient morts, 3 sherpas au plus ou moins au même endroit [SPEAKER_00] et je savais c'est pour ça que c'était ma crainte [SPEAKER_00] parce que ça on échappe rarement à la mort et c'est pour ça que j'ai fait je me suis mise en boule alors je sais pas pourquoi en boule c'était l'instinct [SPEAKER_00] je sais pas comme les bébés enfin je sais pas c'est [SPEAKER_00] comme dans le ventre de ça je sais pas mais je me suis mise en boule et là j'ai fait une ultime prière alors c'est pas vraiment une prière [SPEAKER_00] comme on peut dire à l'église ou ailleurs, c'est là on n'a pas le temps de prier donc j'ai juste dit j'ai resté 2 fois [SPEAKER_00] enfin intérieurement j'ai dit 2 fois un mantra [SPEAKER_00] Oum ma, Oum la syllabe le mantra voilà syllabe sacrée et ma c'est la mère voilà et ma c'est la mère universelle comme si c'est la vierge la vierge Marie quoi. [SPEAKER_00] Et c'est un petit peu ça et en fait quand je dis ma c'est je fais référence aussi à la sainte [SPEAKER_00] madame Dabai près de laquelle j'ai eu mon hémorragie cérébrale près de son tombeau [SPEAKER_00] parce que elle c'était [SPEAKER_00] elle est considérée comme une incarnation [SPEAKER_00] de ils appellent ça un avatar dans l'hindouisme, un avatar de la mère divine donc sur terre. C'est comme si [SPEAKER_00] Dieu s'incarnait dans le corps d'une femme, c'est ça que ça veut dire. Et [SPEAKER_00] donc toute [SPEAKER_00] ma vie finalement, tout mon, [SPEAKER_00] le fil conducteur c'est la mère et c'est voilà c'est pour ça, moi je ne même pas, on ne peut même pas prévoir, c'est venu c'est que tu as dit oui c'est ça et ça rend hommage à la mer mais c'est presque la nature enfin tu Oui c'est aussi [SPEAKER_00] la nature mais c'est aussi l'Everest parce que l'Everest ce n'est pas n'importe quelle montagne c'est pour ça que c'était si important aussi pour moi de gravir l'Everest et c'est pour ça que j'y suis retournée malgré l'accident. C'est pas pour les locaux, c'est, [SPEAKER_00] elle s'appelle Tchomulungma ou Sagarmata, [SPEAKER_00] on n'est pas allé Tchomulungma c'est antipétain et ça signifie la déesse, la déesse mère [SPEAKER_00] et pour moi gravir l'Everest c'était quelque part oui une forme d'union avec avec la déesse, avec la mère universelle donc c'était pas, il y a vraiment un cheminement, [SPEAKER_00] il y a vraiment une quête intérieure, c'est pas une histoire de, [SPEAKER_00] c'est pas une histoire sportive ou de performance, c'est vraiment un cheminement fait Spirituel. Ouais tout à fait. À ce moment-là tu tu récites ce mantra, tu es tu es projeté en fait, tu n'as même pas le temps de de On attend j'ai dit 2 fois au ma, enfin intérieurement et puis là j'étais [SPEAKER_00] projetée par un des séracs et puis [SPEAKER_00] ne peux même pas dire ce qui s'est passé mais c'est juste que quand j'ai repris conscience, [SPEAKER_00] j'avais une douleur enfin c'était inimaginable, [SPEAKER_00] je n'ai jamais eu une douleur aussi forte et [SPEAKER_00] sur le coup enfin je n'entendais plus rien, [SPEAKER_00] J'étais blessée, je saignais, je le voyais pas. C'est mon sherpa, enfin le sherpa qui m'a accompagnée quand il m'a vue, il a vu que j'étais en vie. Moi aussi, j'ai réalisé que j'étais en vie et [SPEAKER_00] je ne savais pas dans quel état j'étais, mais j'étais en vie. Et là, m'a dit lève-toi vite, il y a d'autres séraphes qui peuvent tomber c'est comme des dominos en fait et tu en as plusieurs qui tombent après les autres qui peuvent se casser la gueule et là [SPEAKER_00] et donc j'ai compris qu'il fallait vite partir quoi et je me suis levée et ça c'était force de vie exactement [SPEAKER_00] Je voulais vivre en fait et peu importe dans l'état dans lequel j'étais, [SPEAKER_00] il fallait que je me lève quoi. Et là donc il a fallu que je reprenne la marche, mais je marchais même plus droit, je marchais parce que après j'ai vu des vidéos de l'équipe qui était bien après en fait, qu'ils [SPEAKER_00] pensaient qu'ils allaient mourir aussi, mais personne n'a été touché avec moi en fait au final. Ça aussi ça fait partie des questionnements pourquoi que moi en fait. Pourquoi [SPEAKER_00] moi et pourquoi que moi enfin bref. Et [SPEAKER_00] ils avaient leur gopro qui fonctionnait encore mais qui tournait malgré les nuages de neige voilà vous étiez ils ont tous été aussi traumatisés mais quand ils me voient arriver on voit que je suis comme ça comme si j'étais saoule en fait comme si j'avais j'avais bu que je n'arrivais plus à marcher et en fait on voit je voilà je saigne [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] mais oui c'est cette force de vie qui est oui je veux vivre et donc c'est pour ça je pense que j'ai trouvé la force à ce moment-là de me lever [SPEAKER_00] et de et d'avancer. [SPEAKER_01] Et tu es dans quel état physique à ce moment-là donc tu vas être hospitalisée à Kathmandou. [SPEAKER_00] J'ai pleuré après un peu avant d'arriver d'arriver [SPEAKER_00] au à l'endroit où on enlève les crampons qui est le l'endroit le safe on va dire et et là j'ai pleuré parce que là j'étais en sécurité entre guillemets et T'es autorisée à pleurer. Ouais ouais parce qu'en fait on peut même pas, je pleurais de douleur mais je pleurais pas vraiment parce que [SPEAKER_00] parce que j'avais vu la mort et que j'étais en vie en fait je, mais c'est quand je suis arrivée que j'ai à ce moment-là là j'ai pleuré [SPEAKER_00] et c'est au camp de base j'ai vu mon état, j'ai dit bon allez hôpital [SPEAKER_00] et donc après je sais pas j'ai dû prendre 3 hélico différents mais [SPEAKER_00] au final le lendemain j'ai pu arriver parce qu'à cause de la météo j'ai pu arriver à Katmandou et là je suis restée [SPEAKER_00] jusqu'à ton Qu'est-ce [SPEAKER_00] que tu as eu physiquement au final parce que tu es miraculée en fait. Tout à fait ouais mais en fait c'est rien ce que j'ai eu j'ai juste eu [SPEAKER_00] j'ai eu la mâchoire déplacée [SPEAKER_00] qui n'est même pas cassée même pas cassée vu l'impact en fait C'est comme si moi j'ai toujours l'impression d'avoir été une balle [SPEAKER_00] de baseball qu'on avait lancée. Puis surtout quand tu vois le Cérac parce qu'après le Cérac c'est par miracle bloqué [SPEAKER_00] sur le chemin, donc il bloquait tout le monde. Ceux qui étaient au dessus pouvaient devaient passer par [SPEAKER_00] un autre chemin donc en fait c'était pas un petit bloc c'était un gros bloc donc [SPEAKER_00] et oui je [SPEAKER_00] pense [SPEAKER_00] voilà [SPEAKER_00] si j'ai prié la mer il n'y a rien de rationnel là-dedans mais voilà [SPEAKER_00] mais en tout cas oui j'ai survécu et c'est un miracle et que j'ai eu que la mâchoire cassée. [SPEAKER_00] Bon après j'avais des bleus un peu partout mais ça voilà c'était je n'ai même pas réalisé parce que je voyais rien mais c'est en prenant ma [SPEAKER_00] douche à l'hôpital, j'ai vu. [SPEAKER_01] Et malgré tout ça, [SPEAKER_00] tu vas continuer l'ascension, tu y retournes. Ouais, j'y retourne 2 semaines après, après un séjour à l'hôpital et puis après un peu à Kathmandou, à l'hôtel où je fais quand même des allers-retours à l'hôpital. [SPEAKER_00] Et là j'y retourne oui. [SPEAKER_01] Mais il n'y pas un moment j'ai dit non mais stop. [SPEAKER_00] Au départ j'étais envahie par les les doutes, par les les questionnements [SPEAKER_00] parce que déjà je me disais mais pourquoi [SPEAKER_00] pourquoi ça m'est arrivé, [SPEAKER_00] pourquoi que moi seulement moi j'ai été touchée [SPEAKER_00] et pourquoi je suis encore en vie. Enfin c'est aussi une question pourquoi je suis en vie en fait je devrais je devrais plus être là et qu'est-ce que j'ai à comprendre de tout ça et c'est ça c'est surtout qu'est-ce que je dois comprendre, c'est quoi le message [SPEAKER_00] et est-ce que parce que je dois abandonner, est-ce que je dois continuer puis au bout d'un moment en fait j'ai [SPEAKER_00] arrêté avec toutes les questions, je me dis de toute façon j'aurais jamais de réponse mais je me suis juste posé la question [SPEAKER_00] qu'est-ce que qu'est-ce que je souhaite réellement voilà au-delà de la peur, au-delà de tout ça, du trauma, [SPEAKER_00] qu'est-ce que je souhaite réellement et là ça a été clair mais au fond de moi-même quoi, c'était de revenir à l'Everest et tenter enfin de camp de base et de tenter l'ascension. [SPEAKER_00] Et là c'est vraiment c'est une question vraiment qu'on se pose en soi quoi et personne ne peut peut vous dire d'ailleurs j'avais dit à personne que j'étais à l'hôpital enfin même mes parents [SPEAKER_00] sont moments, j'ai fini par leur dire après mais Mais il t'aurait peut-être dissuadé j'imagine. [SPEAKER_00] Non [SPEAKER_00] pas forcément, [SPEAKER_00] je sais quand j'ai eu ma mère [SPEAKER_00] quand je lui ai raconté plus à les médecins, mais ils étaient au Japon à ce moment-là quand je lui ai dit ce qui s'était passé, [SPEAKER_00] elle m'a dit continue. [SPEAKER_00] Elle m'a dit, c'est [SPEAKER_00] bien on est avec toi continue, donc ça va encore plus se donner de la force pour pour revenir. [SPEAKER_00] Mais je l'avais je l'avais dit à personne autour de moi parce que je voulais pas je voulais pas être influencée en fait dans dans mon choix, puis voulais me reposer déjà aussi. [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] oui je me suis posée la question à moi-même et ça demande un certain travail d'introspection [SPEAKER_00] et vraiment d'être sincère avec soi. C'est pourquoi pourquoi l'Everest Est-ce que vraiment je je, est-ce que je tiens tellement à l'Everest, est-ce que, [SPEAKER_00] et oui, parce qu'au final c'était plus [SPEAKER_00] plus important que Mais qu'est-ce qui t'a autant aidé la peur de la mort parce que j'aurais très bien pu, après je me suis, ce n'est pas du tout logique ce que je dis, mais c'est vrai que je me suis bon alors c'est quoi la possibilité [SPEAKER_00] que je sois à nouveau prise dans une chute de Comme [SPEAKER_00] les crashs d'avion, se dit bon [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] et bien à la fois on se dit après un tel trauma [SPEAKER_00] et puis j'y suis retournée parce que c'était plus fort que tout, plus fort que tout. Mais tu arrives à expliquer pourquoi [SPEAKER_00] Oui parce que pour moi comme je disais la l'Everest c'est pas c'est la mer quoi donc c'est c'est un [SPEAKER_00] véritable [SPEAKER_00] ouais c'est comme c'est [SPEAKER_00] un cheminement c'était c'était un rêve mais un rêve de l'ordre du sacré en fait c'est [SPEAKER_00] un appel donc [SPEAKER_00] et pour ça fait c'est comme si c'était quelque part une forme de quête initiatique alors oui il y des épreuves mais est-ce qu'il faut s'arrêter à chaque fois [SPEAKER_00] dès qu'il y une épreuve donc [SPEAKER_00] je me suis dit et puis c'est là en fait je me suis dit c'est c'est là c'est évident j'y retourne je [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_00] c'est quoi le sens de tout ça en fait c'est quoi le sens de la vie et je je me suis dit non j'y retourne parce que c'est plus important [SPEAKER_00] parce que c'est c'est mon histoire et parce que [SPEAKER_00] voilà c'est c'est mon rêve depuis toujours, c'est c'est une communion aussi avec avec la mère et puis en fait il faut aussi avoir confiance, [SPEAKER_00] avoir confiance que, [SPEAKER_00] faire confiance en la vie, avoir confiance [SPEAKER_00] parce qu'on n'est pas grand-chose et j'aurais [SPEAKER_00] pu très bien avoir un autre problème sur la cascade de glace, il y en a eu d'autres qu'on est, voilà je, après il y eu d'autres soucis. Partez, c'est pas arrêté. Oui c'est vrai que ça a été difficile. Mais ce n'est pas la cascade de glace. Comment ça s'est passé quand tu es revenu justement, [SPEAKER_01] donc tu as eu ces 15 jours à la fois de repos, de guérison, d'introspection [SPEAKER_01] et il fallait quand même y retourner. Donc là, il y quand même une forme dépassement de J'avais, [SPEAKER_00] alors déjà quand je suis arrivée, je suis arrivée en hélico et là en fait à peine arrivée, alors j'avais déjà envie de vomir tout du long alors que je suis très bien en hélico, n'ai pas de souci. J'avais envie de vomir et là je n'étais pas bien et je me posais, [SPEAKER_00] enfin je ne savais pas pourquoi est-ce que c'est le stress qui me créait ça parce qu'en fait je pense qu'il y avait une partie de moi qui avait probablement peur même si c'était voilà je n'osais pas forcément l'exprimer [SPEAKER_00] et c'est vrai qu'en arrivant au camp de base j'ai vomi quoi donc [SPEAKER_00] c'était mon retour [SPEAKER_00] au camp de base et après en fait non c'est surtout en retraversant [SPEAKER_00] la cascade de glace parce qu'on ne pas y échapper il faut la retraverser pour aller jusqu'à l'Everestat. J'ai dû y retourner. Oui j'ai dû y retourner et [SPEAKER_00] là ça a été difficile. [SPEAKER_00] Bon déjà je ne dors pas beaucoup avant [SPEAKER_00] l'ascension finale, le semi de push ou même traverser la cascade de glace mais là j'ai encore moins dormi parce que j'ai en fait je revoyais [SPEAKER_00] les l'accident [SPEAKER_00] et pendant la traversée même de la cascade de glace, il y des moments je me suis mise à pleurer parce qu'en fait j'avais [SPEAKER_00] en on traversa de nuit, [SPEAKER_00] je vois tous ces séracs [SPEAKER_00] qui sont là, [SPEAKER_00] ça fait peur oui c'est imposant et [SPEAKER_00] donc je répétais le mantra que j'avais répété [SPEAKER_00] juste avant [SPEAKER_00] penser que j'allais mourir et donc je répétais [SPEAKER_00] ce mantra et puis je me dis voilà [SPEAKER_00] quoi qu'il advienne en tout cas et donc je répétais c'est ça qui m'a aidé à traverser la cascade de glace et au final tout s'est bien passé et je pense que aussi ça a contribué aussi à ce que je [SPEAKER_00] ce que je guérisse. Et quand on est arrivé au camp 4, c'était la tempête donc les prévisions météo n'étaient pas du tout ce que voilà ce qu'on avait ce qui avait été prévu Et donc on a dû rester au final avec le sommet inclus 3 jours dans ce qu'on appelle la zone de la mort, à plus de 8000 mètres d'altitude. [SPEAKER_00] Pourquoi est-ce qu'on l'appelle la zone de la mort Parce qu'il y 3 fois moins d'oxygène qu'en normal et que en fait tout tout là-bas, [SPEAKER_00] tout [SPEAKER_00] toutes nos cellules se détériorent à vitesse grand v, donc c'est pas du tout un endroit où il faut rester [SPEAKER_00] et et [SPEAKER_00] et donc je suis restée plus longtemps que que prévu, [SPEAKER_00] mais sauf que j'avais pas forcément assez d'oxygène [SPEAKER_00] pour ça, de bouteilles d'oxygène, donc le retour s'est fait sans oxygène, donc ça a été Est-ce dans cette zone-là, il faut vivre sous oxygène ou tu en prends ponctuellement Comment comment ça marche En fait on, à partir du camp 3, on commence à utiliser l'oxygène. [SPEAKER_01] Mais pas tout le temps. [SPEAKER_00] Si tout le tout le temps pour dormir aussi alors il [SPEAKER_00] y des il y des volumes en fait après on règle pendant la nuit on en met moins ou voilà mais [SPEAKER_00] on utilise tout le temps. Après il y en a qui grimpent [SPEAKER_00] sans oxygène mais sont extrêmement enfin il y en a très très très peu assez [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] non c'est gravir l'Everest sans oxygène je crois c'est donné à c'est extrêmement peu de personnes, je ne sais pas quel est le pourcentage, mais ça doit être peut-être un pour 100, je ne pas. Et c'est très dangereux, c'est très dangereux Et après tout ça, tu arrives enfin au sommet. [SPEAKER_00] Ouais, c'est ça, j'arrive le 17 mai, ça aussi 17 mai, ça c'est une autre date. [SPEAKER_00] Tu peux nous décrire ce que tu as vu, ce que tu as ressenti. C'était très long, c'est juste que ça n'en finissait pas, je me rappelle juste qu'il faisait extrêmement froid. [SPEAKER_00] Ça a été d'ailleurs l'année la [SPEAKER_00] l'année la plus froide j'aime enregistrer pour une ascension de l'Everest, donc il a fait froid et en fait je me souviens d'un froid, c'était plus que glacial et que c'était long. Sauf ça c'était pendant l'ascension [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] je n'en voyais pas le bout quoi, je ne voyais pas le bout et puis à un moment donné [SPEAKER_00] quand le soleil commence à se lever, j'aperçois finalement des drapeaux tibétains [SPEAKER_00] et en général c'est le sommet quand on voit les drapeaux de prière tibétains. [SPEAKER_00] Mais même là en fait, j'étais tellement, tout avait tellement long que je [SPEAKER_00] ne voulais pas y croire en fait. Je me suis dit mais [SPEAKER_00] c'est pas l'Everest, c'est pas l'Everest. Enfin il y a comme un doute, c'est c'est bizarre parce qu'on sait qu'on arrive et puis y a l'avant, se dit, et puis en plus [SPEAKER_00] c'est ça l'Everest à la fois c'est ça l'air très simple comme ça puis à la fois c'est c'est un rêve qui s'accomplit enfin c'est c'est un mélange c'est c'est très étrange [SPEAKER_00] mais j'étais juste pétrifiée par le froid alors il y eu un 1 instant bien sûr en arrivant de de grande joie mais tout de suite on pense [SPEAKER_00] on pense à la suite en fait parce qu'il faisait tellement froid que [SPEAKER_00] il fallait penser tout de suite à à la photo, à la vidéo en fait [SPEAKER_00] il y avait des choses et puis puis à redescendre en fait donc on est vachement, [SPEAKER_00] Par contre le paysage il était émerveillé en plus c'était tout dégagé mais moi c'était surtout pendant [SPEAKER_00] pendant [SPEAKER_00] l'ascension je me rappelle au lever du soleil enfin je suis arrivée à 6 heures 40 du matin, [SPEAKER_00] je me rappelle je me trouvais ça tellement beau et je me disais que j'aimerais pouvoir [SPEAKER_00] capter ça, enfin pouvoir le capturer en images. [SPEAKER_00] Mais en fait si on sort son téléphone après c'est foutu, [SPEAKER_00] batterie serait déchargée. [SPEAKER_00] Déjà ça peut être risqué parce que ça veut dire qu'il faut enlever ses gants, qu'on peut en perdre, après on a des gelures et puis même après ça veut dire qu'on n'a plus de batterie pour le téléphone donc plus de photos pour le sommet, [SPEAKER_00] de preuves non plus du coup du sommet donc en fait tout devient compliqué et on a juste envie de capturer ces moments [SPEAKER_00] et voilà de rester là devant ce paysage qui magique [SPEAKER_00] Mais [SPEAKER_00] voilà il y il y a la nature qui nous rappelle un petit peu la réalité et c'est vrai que j'ai dû rester peut-être 10 minutes à un quart d'heure maximum [SPEAKER_00] mais au au sommet [SPEAKER_00] et après il a fallu redescendre parce qu'après il y a toute la descente à faire donc c'est là en général [SPEAKER_00] enfin ça c'est la partie la plus difficile. Combien [SPEAKER_01] de temps durant la descente [SPEAKER_00] Je ne sais pas j'avais perdu là totalement, je ne sais plus après les Là tu es sortie de ton camp à la descente pour le camp 4 pour redescendre le camp, je ne sais plus sincèrement je n'ai aucune idée combien de temps. [SPEAKER_00] En fait c'était j'étais ailleurs, [SPEAKER_00] j'étais ailleurs, [SPEAKER_00] je n'étais pas, [SPEAKER_00] sais pas, Je sais juste qu'à 6 heures 40 j'étais j'étais au sommet. C'est en descendant [SPEAKER_00] que je, oui j'ai eu un [SPEAKER_00] petit souci enfin un gros souci [SPEAKER_00] à 7800 [SPEAKER_00] mètres en traversant la la bande jaune, c'est [SPEAKER_00] une bande de de roches en fait, bande rocheuse. [SPEAKER_00] Je me suis en fait j'ai fait une petite chute ridicule et et là je me suis fracturée [SPEAKER_00] le pied voilà. Enfin je savais que j'avais le pied cassé puis ça c'est voilà après [SPEAKER_00] à l'hôpital C'est dingue attends mais sur l'ascension tu as la chute de sérag, sur la descente tu te casses le pied c'est Ouais sans compter les gelures qu'il avait déjà mais enfin tout le monde, plein de gens qui ont eu des gelures ça c'était [SPEAKER_00] parce que tu as perdu de la sensibilité dans dans un doigt, c'est ça Oui, mais enfin je je suis revenue, j'avais déjà les grosses ampoules qui se formaient, j'avais [SPEAKER_00] j'avais certains de mes doigts qui étaient plus tard après ça ça ça se nécrose en fait, y a, ils deviennent noirs [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] donc oui, c'est pour ça que j'ai dû retourner après à l'hôpital avec. [SPEAKER_00] Là, il y a il y un doigt où tu où tu ne sens plus rien [SPEAKER_00] Oui, là aujourd'hui, en a Et quel c'est celui du milieu, mais il n'a pas, d'ailleurs il est un peu, il n'a pas repris sa forme et c'est rien du tout parce que moi je pensais qu'ils allaient couper, il était noir jusqu'ici quoi, j'ai encore les photos [SPEAKER_00] sincèrement donc en fait, puis même même si on m'avait coupé, je me suis dit juste ce qui s'est passé, c'est rien quoi, c'est c'est pas grave. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] enfin, c'est pas grave. C'est fou ce qui se passe dans la tête des alpinistes parce que tu vois, nous, comme un des mortels, tu vois, n'as pas, ça [SPEAKER_01] paraît incroyable. [SPEAKER_01] Es prête à tout, en fait, pour réaliser [SPEAKER_01] cette prouesse, cette rencontre avec la nature [SPEAKER_00] sur le dépassement de soi, c'est incroyable. Je sais pas si tout ce, moi c'est mon expérience à moi, sais pas si tout le monde, mais [SPEAKER_00] et le pied cassé, maintenant je n'avais pas prévu ça, donc je, [SPEAKER_00] et là c'est compliqué parce qu'il n'y pas de secours en haut, donc il a fallu redescendre avec le pied cassé, [SPEAKER_00] donc ouais là ça a été aussi l'enfer. [SPEAKER_01] Comment ça s'est passé Parce que [SPEAKER_00] ça a été ça a été très douloureux, je marchais comme une tortue puis [SPEAKER_00] et puis personne ne peut vraiment t'aider parce que [SPEAKER_00] parce que tout le monde est un peu en condition de survie, il pense qu'à une chose c'est de redescendre aussi et puis [SPEAKER_00] donc ça a été ça a été très dur voilà la la renaissance. [SPEAKER_00] Non parce que a [SPEAKER_00] fini parce que mon sherpa entre temps était parti enfin voilà il était parti devant donc il ne pas attendu donc je me souffrais pendant des heures toute seule [SPEAKER_00] jusqu'à qu'un autre sherpa qui était dans mon équipe avec un client chinois vienne m'aider et m'ont reconnu voilà donc ça a été ouais ça a été dur parce qu'on se sent vraiment abandonné en fait Si vous l'avez pas reconnu tu penses qu'il ne t'aurait pas aidé [SPEAKER_00] En fait il a vu que je faisais partie de l'équipe donc [SPEAKER_00] oui ça lui paraissait normal et il m'a demandé où était mon sherpa c'est parce qu'il connaissait aussi mon sherpa il dit il est où Je dis je sais pas et donc je me suis retrouvée seule ouais et là on se sent on se sent abandonné et heureusement il y a eu cette cette lumière enfin ce ce sherpa qui voilà et ce grimpeur chinois aussi enfin les les 2 quoi qui m'ont aidé donc ouais je leur en suis [SPEAKER_00] j'en suis très reconnaissante quoi parce que même j'allais pas plus vite forcément mais c'était en tout cas ils étaient là, ils ne me laissaient pas quoi parce qu'au final c'était quand même à moi de marcher mais je n'y arrivais pas en fait, je faisais 3 pas [SPEAKER_00] et après je m'asseyais 3 pas, je m'asseyais enfin c'était [SPEAKER_00] combien de temps tu as pris pour redescendre avec ce ticket-là Je sais pas, suis arrivée en pleine nuit, le matin on a dû quitter le camp 4 vers, je ne pas 8 heures, quelque chose comme ça, je suis n'importe quoi, mais c'était au jour quoi, pendant le petit matin. Et je [SPEAKER_00] suis arrivée au camp 2 en pleine nuit quoi vers 23 heures, quelque chose comme ça, camp 2 à 6004, mais ça a été l'enfer. Et en fait je me suis dit au bout d'un moment c'est oui j'ai mal mais de toute façon enfin c'est extrêmement douloureux, c'est insupportable, [SPEAKER_00] c'est, mais de toute façon tu n'as pas le choix même quitte à ce qu'on bousille bousiller ton pied, tu n'as pas le choix sinon tu y restes quoi. Donc [SPEAKER_00] il n'y pas de secours, donc c'est soit tu avances, soit tu, soit tu meurs en haut donc je n'avais pas le choix. Qu'est-ce que tu as appris sur toi avec [SPEAKER_01] justement cette aventure avec l'ivresse, [SPEAKER_01] avec tout ce que tu as vécu [SPEAKER_00] Alors beaucoup de choses, je pensais me connaître un peu un peu. [SPEAKER_00] J'ai encore appris d'autres choses. Déjà [SPEAKER_00] le fait rien que de me le fait de de me relever après l'impact du CERAC, [SPEAKER_00] rien que ça pour moi je me dit mais d'où je [SPEAKER_00] d'où j'ai cette force en fait, cette force de vie qui qui m'anime. [SPEAKER_00] Et c'est plus tard en parlant aussi à [SPEAKER_00] à des spécialistes notamment à ma psy [SPEAKER_00] qui m'a fait aussi des séances de brain spotting pour rapport aux traumas, [SPEAKER_00] aux différents [SPEAKER_00] traumas. [SPEAKER_00] Elle m'a fait prendre conscience, ce n'est pas tout le monde qui se lève aussi, que certaines personnes peuvent rester paralysées face aux dangers et que Bien sûr. Pas, [SPEAKER_00] rien que ça déjà. Et c'est vrai, je me dis c'est cette force alors que j'étais complètement chaos quoi, j'étais blessée je [SPEAKER_00] et [SPEAKER_00] puis puis non le fait d'y retourner je pense que pour moi ça a été très révélateur c'est que [SPEAKER_00] oui j'étais sincère avec moi-même c'est [SPEAKER_00] C'est c'était pas, ouais j'ai pas fait ça pour la photo, pour le selfie ou autre, c'était cette sincérité, [SPEAKER_00] cette honnêteté [SPEAKER_00] et et pour ça je je m'estime en fait, j'aime pas forcément parler de moi, mais si je trouve que je me suis, [SPEAKER_00] je me suis trouvée très courageuse et que c'était bon après même si au final je n'avais pas tellement le choix parce que quand c'est un rêve et qu'on est fidèle à soi, enfin voilà, c'est même plus même plus de questions de courage, on y va et puis Bien sûr. En fait, c'est une forme de promesse tu étais faite en fait. C'est y a un truc à la vie, [SPEAKER_00] mais aussi cette confiance en la vie parce qu'il faut avoir confiance. [SPEAKER_00] Alors la vie quand je dis la vie quel que soit le nom qu'on qu'on lui donne en fait il y différents voilà certains vont dire Dieu, [SPEAKER_00] c'est [SPEAKER_00] voilà que ce n'était pas ce n'était pas faux quoi, ce n'était pas superficiel. Après, n'ai jamais, je ne me suis jamais, [SPEAKER_01] donc je n'ai jamais pensé ça de moi. Mais il quand même testé quand même. Il y a une forme de spiritualité aussi que tu as tu as développé. On le sent d'ailleurs dans dans tout ce que tu vois. Toute ma vie et tournée, enfin après le, c'est le sens de la vie quoi. C'est Est-ce que est-ce que tu avais déjà cette spiritualité avant ton ton hémorragie cérébrale [SPEAKER_01] Avant oui oui, bien sûr. [SPEAKER_00] J'étais à l'ashram de de Mananda Mayi, [SPEAKER_00] ce n'était pas pour rien, si je me, j'ai fait mes études en sciences et religions aussi mon doctorat, [SPEAKER_00] j'ai, [SPEAKER_00] si j'étais à l'Everest, j'ai vu l'Everest la 1re fois au Tibet, c'est j'étais pas au Tibet aussi, c'était c'est toute ma vie en fait donc, [SPEAKER_00] et j'essaye d'être en cohérence avec avec ce que je fais et [SPEAKER_00] que c'est c'est du sens quoi tout simplement parce que sinon à quoi bon [SPEAKER_00] voilà à quoi bon gravir l'Everest ou d'autres montagnes si ça fait pas sens faut que oui ça répond à un appel, un appel intérieur. Il y toujours ce chemin intérieur et je pense c'est le but [SPEAKER_00] du de vie aussi on n'est pas là, [SPEAKER_00] on [SPEAKER_00] est là pour apprendre à défendre des Il y a qui voilà vont gravir des sommets. [SPEAKER_00] Il y en a qui sont plus tu vois, [SPEAKER_00] sais que Inoxtag on l'a beaucoup critiqué, [SPEAKER_00] voilà je trouve que Inoxtag [SPEAKER_00] peut-être qu'au départ c'est vrai c'était petite, c'était peut-être plus de la performance mais je pense que ça l'a aussi transformé. [SPEAKER_00] Moi j'ai vu, enfin je le connais pas personnellement mais dans [SPEAKER_00] dans son film, son témoignage je le trouve sincère donc [SPEAKER_00] non j'ai apprécié aussi son film par rapport à ça, y avait sincérité qui était présente. Mais oui je pense que le but d'une vie c'est de se connaître et [SPEAKER_00] de se connaître soi qui on est quoi tout simplement et c'est vrai que [SPEAKER_00] c'est pas que je cherchais la chute de Sérac ou que je cherchais tous ces accidents, mais quand ça arrive, quand c'est là, on essaye de de tourner ça en quelque chose de de positif, donc c'est sûr ça Comment tu expliques cette soif de sensations quand même que tu as [SPEAKER_00] Je ne sais pas si sensation, [SPEAKER_00] ce n'est peut-être pas le mot, mais c'est vrai que [SPEAKER_00] je, ça c'est c'est c'est [SPEAKER_00] depuis, [SPEAKER_00] j'étais déjà comme ça avant même jeune, c'est vrai que je peux me lasser assez [SPEAKER_00] assez rapidement. Pourtant je suis très persévérante pour faire les longues études que j'ai faites ou d'autres, je me connais, je lâche pas et [SPEAKER_00] mais [SPEAKER_00] voilà il faut que je sois stimulée. [SPEAKER_00] Et [SPEAKER_00] donc c'est vrai que il y a toujours une soif en fait une soif qu'elle a, une soif [SPEAKER_00] de tout en fait je pense c'est une soif de la vie c'est toujours de [SPEAKER_01] oui parce que je crois que parce que j'aime la vie fondamentalement. On arrive à la fin de cet entretien, J'aime beaucoup demander aux gens qui sont à ta place [SPEAKER_01] un petit mot de fin, tu vois un petit truc. Toi, tu as une vie extraordinaire [SPEAKER_01] au sens littéral du terme. [SPEAKER_01] Finalement, tu as été miraculée 2 fois. [SPEAKER_01] Tu as déjoué les pronostics. [SPEAKER_01] Tu sais te dépasser. Qu'est-ce que tu as envie de dire [SPEAKER_01] pour conclure Est-ce que tu as un message [SPEAKER_01] pour les gens qui nous regardent, qui nous écoutent [SPEAKER_00] Je ne peux pas être très originale. [SPEAKER_00] Souvent quand on me demande, [SPEAKER_00] c'est toujours pareil, c'est de croire en soi, de croire [SPEAKER_00] en ses rêves, [SPEAKER_00] juste être soi enfin [SPEAKER_00] mais c'est [SPEAKER_00] simple mais ce n'est pas si simple au final parce que quand être soi ça veut dire quoi être soi quand on enlève tous les conditionnements, [SPEAKER_00] quand on arrête de regarder, [SPEAKER_00] de faire, de prêter attention au regard des autres, et caetera. [SPEAKER_00] Voilà, ça demande du courage aussi, voilà, d'être d'être soi quoi. On enlève quelque part les les couches nous basquent en fait notre véritable C'est tout [SPEAKER_00] un travail et des fois [SPEAKER_00] c'est le travail d'une vie et [SPEAKER_00] puis il n'y rien d'acquis. [SPEAKER_00] Donc en fait il faut être il faut travailler constamment en fait, [SPEAKER_00] enfin entre [SPEAKER_00] trouver l'équilibre bien sûr mais être conscient et ouais être soi, croire en soi et croire en la vie voilà. [SPEAKER_01] Merci Oriane et Marge. Je rappelle tes [SPEAKER_00] livres, je sors 2 secondes du micro. Alors [SPEAKER_01] nous avons au coeur de l'Everest, la quête d'une femme au sommet [SPEAKER_01] et l'appel de l'Everest. [SPEAKER_01] Les 2 livres sont édités aux éditions [SPEAKER_01] Mareuil. En tout cas, je vous les recommande. [SPEAKER_01] C'est [SPEAKER_01] tu parles de spiritualité, [SPEAKER_01] de dépassement de soi, [SPEAKER_00] de rencontre avec soi. Oui. Et merci en tout cas pour ton Merci beaucoup. Bravo à toi. Je je penserai à toi la prochaine fois que je serai en vacances au moment de la mer. Très contente Lucas. [SPEAKER_00] C'est très très cet été, je suis dans les sommets. [SPEAKER_01] C'est ça. En tout cas merci beaucoup d'être venu et puis merci à vous qui nous regardez tous, [SPEAKER_01] c'est tous les mardis donc je vous dis à mardi prochain.
Points clés
- Oriane Aymar a survécu à une hémorragie cérébrale à l'âge de 25 ans.
- Les médecins lui ont formellement interdit la pratique de l'altitude.
- Il lui a fallu 15 ans pour se reconstruire et atteindre le sommet de l'Everest.
- Son parcours a inclus des étapes progressives, comme le Mont Blanc et un sommet de 7000 mètres.
- Elle est l'auteure de deux livres et a partagé son histoire sur le média 'Tous Wonder'.
À éviter
❌ Penser qu'un diagnostic médical est une condamnation définitive.
✅ L'histoire d'Oriane Aymar montre qu'un diagnostic, même sévère, peut être un point de départ pour une reconstruction. Plutôt que de l'accepter passivement, elle l'a vu comme un défi à surmonter avec patience, stratégie et une profonde écoute de son corps.
❌ Vouloir revenir trop vite après une épreuve majeure.
✅ La tentative d'Oriane sur le Mont Blanc a été un échec relatif car trop rapide. Sa réussite finale repose sur une patience de 15 ans. La précipitation est l'ennemie de la reconstruction ; une approche progressive et mesurée est essentielle pour reconquérir ses capacités.
❌ Sous-estimer la dimension mentale et émotionnelle de la guérison.
✅ Au-delà de la récupération physique, Oriane a dû surmonter un traumatisme profond, notamment la peur de mourir et le sentiment que son propre corps l'avait trahie. Son parcours montre que la guérison est autant un cheminement intérieur qu'une rééducation physique.
Glossaire
- Hémorragie cérébrale
- Également appelée hémorragie intracrânienne, il s'agit d'un saignement qui se produit à l'intérieur du crâne. C'est une urgence médicale grave qui peut causer des dommages cérébraux importants.
- Himalaïste
- Un alpiniste spécialisé dans les ascensions des très hauts sommets de la chaîne de l'Himalaya, qui abrite les 14 sommets de plus de 8000 mètres du monde.
- Point de bascule
- Un événement ou un moment critique dans la vie d'une personne qui provoque un changement radical et irréversible de sa trajectoire, de ses croyances ou de sa perception du monde.
- Œdème localisé
- Un gonflement causé par une accumulation anormale de liquide dans les tissus d'une partie spécifique du corps. En altitude, cela peut être un signe du mal aigu des montagnes.
- Tous Wonder
- Un média, diffusé en podcast et sur YouTube, qui se consacre aux récits de résilience et aux témoignages de personnes ayant vécu un 'point de bascule' qui a transformé leur vie.
Conclusion
Le parcours d'Oriane Aymar est bien plus qu'une série d'exploits en haute montagne. C'est une puissante métaphore de la vie : parfois, le plus haut sommet à gravir est celui qui se dresse à l'intérieur de soi. En transformant un interdit en moteur, elle nous enseigne que les limites ne sont souvent que des horizons qui attendent d'être dépassés.