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Dans les prisons, y a une odeur. C'est quoi le plus dur à vivre pour un maton? Des fois, a l'impression d'être en prison. C'est des hommes qui gardent des hommes. Tu as passé plus de 20 ans dans les prisons les plus tendues de France. Tu as des gens avec des téléphones qui commanditent des meurtres à l'extérieur depuis leurs cellules. Tu as croisé bandits, des tueurs en série. Il avait un morceau de verre à la main et il fouillait dans son ventre quand on est rentré.
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Bonjour à tous et bienvenue dans tous Wonder, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, un invité exceptionnel,
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Sébastien Pitot, c'est un ancien maton,
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un ancien surveillant de prison, il a passé plus de 20 ans dans les prisons les plus dures de France, il a côtoyé des terroristes
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du grand banditisme,
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il a côtoyé des tueurs en série, il va tout nous raconter aujourd'hui sans filtre, la corruption, la violence en prison et pourquoi il a eu aussi envie de changer de vie et un moment d'arrêter. Il est l'auteur
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de journal d'un maton, la vérité sur la corruption au coeur des prisons aux éditions Fayard.
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Tous Wonder, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast Spotify,
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Deezer, Amazon et Apple, vous pouvez nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Si vous voulez sponsoriser l'émission,
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c'est possible, il faut écrire à partenariat au singulier arobase tous wonder point com. Si vous voulez venir me raconter votre vie, votre destin exceptionnel,
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là il faut écrire à émission au singulier arobase point
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com et tous Wonder, c'est maintenant avec Sébastien Piteau,
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ancien maton.
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Sébastien Piteau, merci d'être avec nous. Tu avais un métier hors du commun, maton comme on dit, surveillant de prison.
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J'aime bien commencer par un point de bascule.
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Le tien, c'est le 14 mars 2019.
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Tu claques la porte de la prison,
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tu décris dans ton livre
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que tu es encore en tenue, tu es dans ta bagnole et tu te mets à pleurer. Est-ce que tu peux nous raconter ce moment d'émotion
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où tu claques la porte à passer plus de 20 ans dans les prisons les plus tendues de France.
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Après, évidemment, on va raconter tout ce parcours. Mais peut-être partons de se souvenir de ce moment où tu tu t'es dit il n'y aura plus de, il n'y aura plus de retour en arrière quoi. C'en était trop pour moi.
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Il fallait que je passe à autre chose.
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Après effectivement,
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ouais, je me suis, c'est vrai que je suis sorti la tête haute parce que voilà,
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mais une fois dans la voiture, ouais, j'ai j'ai un peu craqué, c'est vrai, parce que d'une part, on balaie pas 20 ans de sa vie comme ça d'un verre de main. J'ai
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découvert ce métier quand j'y suis arrivé,
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mais
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j'ai appris à l'aimer
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par
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la découverte de gens complètement différents. On peut aimer la prison quoi. On peut aimer l'univers. Non. La Russie, c'est marrant ce que tu dis. C'est pour ça que je leur ai Ce n'est pas l'univers en soi, c'est des personnes qu'on y rencontre. C'est
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c'est passionnant. Quand on a investi, c'est quelque chose de passionnant, quoi. Après, je pense que ce qui m'a le plus peiné, j'étais
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chef d'équipe,
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je dirigeais une brigade et
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j'ai eu,
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je pense que ce qui m'a le plus blessé, je me suis dit ouais,
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tu ne peux pas y retourner, tu ne peux plus.
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Mais en fait,
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tu es un peu un salaud parce que tu viens d'abandonner tes hommes quoi.
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Tu vois, et
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je
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l'ai mal vécu, j'avais, puis j'avais le sentiment que, qu'il m'en voulait, alors peut-être peut-être que certains m'en veulent, c'est c'est possible, je n'ai pas de contact avec tout le monde, mais mais moi, tout cas, ça m'a, ça m'a fortement blessé, mais je ne pouvais plus. La prison, évidemment, c'est ultra violent.
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Moi, la 1re question que j'ai envie de te poser
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en préambule, tu vois, on est parti de la fin, mais j'ai envie de revenir peut-être au 1er jour.
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Qu'est-ce qu'on entend? Qu'est-ce qu'on voit? Qu'est-ce qu'on sent même quand on met les pieds dans une prison pour la 1re fois de sa vie?
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Mais c'est surprenant.
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Alors l'odeur, n'arriverai pas à la définir, mais dans les prisons, y une odeur. Il y une odeur qui n'est pas celle de dehors, qui n'est pas celle d'un hôpital non plus. Quand on rentre dans un hôpital, y a une odeur. Quand on rentre dans un EHPAD, il a une autre odeur. Mais dans une prison, il y aussi une odeur, mais j'ai je ne saurais pas la définir. Mais voilà,
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on la prend dans le nez quand on. Ça pue.
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Je ne dirais pas que ça pue, je ne dirais pas que ça pue, mais je ne sais pas. Il y il
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y a quelque chose, c'est différent, c'est différent et je ne trouve pas les mots pour l'expliquer quoi. Je n'en suis pas capable. Et puis après, qu'est-ce qui est le plus surprenant, c'est
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des grilles partout.
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Il y des grilles partout, des verrous partout.
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Bon, ça surprend un peu. Et puis, et puis après, 1re,
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les les premiers détenus qu'on croise.
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Alors bon, quand,
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moi quand j'ai débuté, j'ai fait mes stages à Saint-Martin-de-Ré,
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c'était une
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prison où il y avait des gens relativement
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âgés, mais malgré tout des longues peines.
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Alors
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ils n'étaient pas désagréables, mais ils jouaient un petit peu,
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ils jouaient un petit peu, ils nous regardaient bizarrement et tout. Et c'est vrai que la 1re fois,
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et puis en plus quand on croise les gens,
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au début, après on voit les choses différemment. Mais au début,
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la question c'est on observe le mec, on se dit, qu'est-ce qu'il a fait? Qu'est-ce qu'il a fait? Puis des fois on ne sait pas quoi.
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Des fois on ne sait pas ou alors on va échanger.
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Moi je me rappelle pendant cette période de stage, j'avais
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j'avais discuté avec un
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gars, je ne rappelle plus de son nom parce que c'est vieux.
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J'avais discuté avec un gars,
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il avait il avait peut-être l'âge de mon père quoi. Et puis bon, j'avais vu qu'il était condamné à perpétuité par contre.
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Puis un jour il m'a parlé de ce qu'il avait fait quoi.
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Il avait quoi?
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M'expliquait qu'il travaillait dans le bâtiment, qu'il avait fait des
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des travaux au black chez quelqu'un qui n'avait pas voulu le payer Et puis bon, l'avait relancé plusieurs fois. Puis un jour, il a été chez le mec. Il dit, j'avais mon mon ceinturon de travail avec marteau, machin, et caetera.
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Et puis il dit, le mec m'a dit, toute façon, je ne paierai jamais.
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Et là, il me dit, je n'ai pas eu le choix.
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Ah,
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elle n'a pas eu le choix de quoi? Parce que à la fin, y perpétuité quand même.
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Il
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me dit, j'ai pris le marteau, il dit je lui ai éclaté les crânes à coups de marteau quoi.
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Et la 1re fois où tu entends des propos comme ça, c'est vrai,
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mais la 1re fois où tu entends des propos comme ça, c'est
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ouf, qu'est-ce qui s'est passé quoi. Ça fait peur?
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Peur,
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je dirais peur oui et non, parce que bon, on sait quand même où on est.
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On sait qui sont des gens qui sont présents, alors même si on ne connaît pas toujours ce qu'ils ont fait, mais
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on
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sait que voilà il y des choses très graves, mais on a l'impression que même si on le sait, on se dit peut-être ça n'existe pas.
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Pourquoi? Et là, je ne pas parce qu'on se dit, mais comment comment on peut
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le crâne de quelqu'un, coup de marteau, si on peut quoi, on peut.
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Et et le mais, et le mec qui te parle de ça,
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je veux dire voilà, ni ça lui fait monter une rage en lui, ni le type je le vois s'effondrer,
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Non, le mec qui Le mec qui est neutre. Oui, il est neutre quoi. Je veux dire, bon voilà,
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j'ai cru avec la voiture hier quoi.
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C'est,
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c'est surprenant. Tu as croisé
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des grands terroristes,
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des grands bandits, des tueurs en série.
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Et tu dis parfois dans ce livre,
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tu prends l'exemple de Jean-Claude Romand. Pour rappel, il a tué sa femme,
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ses 2 enfants
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pour éviter que sa famille ne découvre qu'il n'était pas médecin à l'OMS. Pour rappel, il a passé sa vie à mentir, à faire croire qu'il était médecin, puis médecin à l'OMS, donc il finit par tuer toute sa famille. Tu dis Jean-Claude Romand, il n'avait pas la tête de l'emploi.
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Non, pas du tout,
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pas du tout.
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Un type sympathique, discret, presque effacé,
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presque effacé.
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Voilà, il, puis quand on communiquait avec lui, enfin, c'était une conversation comme on peut avoir avec avec n'importe quelle personne.
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Après, je pense que c'est c'est aussi un cas particulier.
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C'est aussi un cas particulier parce que pour avoir passé des années en prison,
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des gens qui un jour
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tuent toute leur famille
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par rapport à un mensonge ou
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ou un drame familial.
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Malheureusement,
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j'en ai croisé plus d'un, quoi. J'en ai croisé plus d'un. Mais après, tout le monde n'a pas défrayé la chronique comme Jean-Claude Roman. Mais je pense, fait, c'est pas tant le le l'acte criminel qu'il a fait, qui a fait que ça défrayait la chronique, c'est le mensonge.
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Il n'a pas menti parce qu'il avait une double vie avec une autre femme ou quelque chose comme ça, non, a il a fait croire à tout le monde qu'il était médecin chercheur à l'OMS.
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C'est
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un mensonge qui est lunaire. En fait, je pense que c'est ça qui
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a fait tout le battage médiatique autour de Jean-Claude Romand, plus que les meurtres. Et finalement, le plus grave, ça reste quand même les meurtres. Mais qu'est-ce qu'il a engendré? C'est un mensonge hors normes.
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Qui sont les les détenus qui t'ont le plus marqué justement dans ces terroristes, dans ces tueurs en série?
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Est-ce que tu peux en citer quelques-uns? Ouais, bien sûr. J'ai j'ai croisé
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croisé pendant de nombreuses années, j'ai croisé
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Marcel Barbeau. Marcel Barbeau, c'est un tueur en série,
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le tueur de l'Oise,
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c'était dans les années 70.
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Je pense qu'il est plus vieux que mon papa. Il est, à ma connaissance, je crois qu'il est toujours en prison.
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Et
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c'est surprenant parce que bon, moi, quand je l'ai connu, il était déjà âgé,
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mais on voit, c'est c'est un colosse et tout, mais mais la tête du bon papy quoi. La tête du bon papy, je veux dire,
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tu le croises dans la rue, je te dis ouais, c'est lui, est ceinture en série, tu bois, c'est pas possible, c'est pas possible,
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mais si. Voilà donc en fait,
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des fois le voilà, y a des des des personnages qui vont qui vont pas, on s'attend pas à ça. Il y j'ai croisé aussi en prison des gens, ils ont la gueule de l'emploi quoi. On n'est pas étonné que, mais souvent c'est ceux que j'ai communément appelé les et affectueusement j'ai envie de dire les voyous quoi. Des braqueurs, des trucs comme, on n'est pas trop étonné quoi, ils ont un peu le ils ont un peu le profil quoi. Ils ont la dégaine quoi. Ouais ouais ouais, je ne pas, n'est pas surprenant, ce n'est pas étonnant. Mais après, oui, il y des, il y des gens, c'est, il a des gens, c'est vraiment surprenant quoi. Alors qui d'autre t'a marqué ou quel,
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détenu connu tu pu croiser? Alors connu, j'ai eu quelque temps
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Carlos,
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le terroriste.
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On a eu quelque temps.
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Alors une anecdote,
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une anecdote super drôle avec Carlos.
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À la prison, je travaillais dans un quartier socioculturel.
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Il y avait un surveillant, c'était toujours le même,
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dit travailleuse socioculturel.
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Et il avait eu,
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il avait eu un souci de santé, il s'était fait opérer d'un genou, je crois le surveillant.
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Et puis donc il a été absent quelque temps. Et dans la période où il était absent,
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on a un nouveau directeur qui est arrivé
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et on a Carlos qui est arrivé. Bon Carlos, tout le monde connaît le nom de Carlos, mais voilà, mais Carlos, c'est toujours standing en prison quoi.
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Carlos se baladait toujours voilà un pantalon à pinces, veste de costume. Dans la prison. Dans la prison, oui, sa petite sacoche, la chemise et tout. Et là, on tape un fou rire parce qu'en fait, il il avait vu ni nouveau directeur ni Carlos.
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Et Carlos arrive au quartier socio-culturel,
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en
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costard et tout, le surveillant arrive, il lui dit bonjour monsieur le directeur.
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Ah Carlos. Ouais, voilà, tout le monde a éclaté de rire, le surveillant,
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mais il ne pouvait pas savoir, mais en fait, c'est vrai qu'après, quand vous prenez du recul par rapport au contexte,
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c'est un type qui est charismatique,
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machin, un grand bonhomme aussi, Carlos.
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Et voilà, un type qu'on impose. Et puis, c'est vrai, voilà, on aurait on aurait pu, je pense, tous se faire piéger. Cette anecdote, je l'ai trouvée super drôle. Énorme, c'est énorme. Tu en as, tu en as pas d'autres comme ça, j'adore moi. Qui
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viennent comme ça à l'esprit, pas pas forcément quoi, pas forcément. Rédouane Fahid, par exemple. Édouard Faïde D'un braqueur? Braqueur, ouais, alors moi je Qui s'est évadé plusieurs fois? Oui, mais je l'ai connu avant ça.
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Je l'ai j'ai connu Édouard Faïde avant qu'il soit un repenti, qui n'était pas un repenti quoi.
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Puisque après il est retombé pour des des affaires de braquage.
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Après, Ray Dwan Fayid, c'était,
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bon il était beaucoup plus jeune.
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C'était c'était le beau gosse, c'était le le bachelor quoi. Ah oui? C'était le bachelor ouais, le mec il a, le mec qui une chatche phénoménale et tout et puis alors sympa quoi, très très sympa, très intelligent,
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très très intelligent. Après dommage qu'il
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il ait mis son intelligence au service de
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ces faits-là et puis qui finalement,
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ça a bousillé sa vie et celle de de d'autres personnes aussi Et
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c'est terrible parce que c'est c'est un type après si on prend du recul avec les faits qu'il a commis, il je pense même c'est quelqu'un de brillant, de toute façon pour réussir certaines de ces évasions et tout, mais bon voilà quoi après c'est,
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mais il y il y en a beaucoup, je pense que les les les
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les gros voyous
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sont des gens intelligents.
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Alors il y en a peut-être des encore plus intelligents, c'est ceux qui ne se font pas attraper.
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Mais aujourd'hui, pense quand même avec les moyens qu'ont
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la police, les moyens d'investigation, et caetera,
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des carrières de voyous comme il y a pu y en avoir dans les années 50, 60, aujourd'hui, ce n'est plus possible.
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Des fois, on était sûr que c'était tel type qui avait fait le coup. Mais oui, mais
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il n'y avait pas de preuves formelles maintenant. Et les ADN, les machins, les trucs, ça devient quand même très compliqué. Bien sûr. Ça devient très, très compliqué. Ce que ce que tu expliques aussi, c'est qu'il y a une certaine relation, finalement, qui va s'instaurer forcément
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entre les surveillants et les détenus,
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avec des situations improbables.
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Tu as assisté à un mariage d'un bandit corse.
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Est-ce que tu peux nous raconter avec
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traiteur Lenotte, alliance de luxe et tout? Oui, oui, tout à fait. On peut nous raconter c'est qui? C'est quoi? Oui, il s'est marié, il s'est marié à la prison.
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Alors moi, je n'étais pas présent au mariage. Jacques Mariani. Jacques Mariani. Bandit corse. Voilà, tout à fait. Il s'est marié à la prison de Saint-Maure. Alors je n'étais pas présent moi le jour du mariage ou tout au moins sur le lieu du mariage. Après,
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date un petit peu. Et
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effectivement, il s'est marié dans les parloirs. Y j'ai vu d'autres détenus se marier.
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Ce qui est fou, c'est qu'en fait,
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ce mec-là a fait venir le nôtre en traiteur à son mariage dans la prison. Voilà, enfin le nôtre n'est pas rentré quand même. Le
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mec, il y venir un traiteur. C'est le nôtre qui a livré des
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des gâteaux, machin, et caetera, pour pour le mariage.
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Il y avait
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il y avait des des gens que je je ne citerai pas, mais des gens qu'on pillons sur rue
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à Paris sur une très belle place.
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Voilà, donc je je ne peux pas donner les noms des gens qui Des bijoutiers, veux dire? Voilà, éventuellement, oui, tout à fait, qui étaient présents. Qui étaient présents en mariage? Oui. En fait, il YAYA une vie parallèle, en fait, en prison.
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Oui, moi, je la je la je la découvrais, en fait La je la découvrais tout à fait. Et alors, ce fameux Jacques Mariani,
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il y une histoire match de foot avec un échange de maillot.
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Ouais, alors ça, moi, c'était mon, c'était un peu mon délire, effectivement.
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Et
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on avait organisé ce match de foot et
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alors nous on arrive avec
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des maillots
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décathlon un peu bagarres. Même les surveillants participent à ce genre de C'était un match de foot entre détenus et surveillants. Mais après bon, il y a l'anecdote, mais au-delà de ça, par contre, c'est des trucs qui sont vachement importants.
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C'est des trucs qui sont vachement importants parce que ça permet de
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dire voilà, bon, en fait, oui, nous, on fait peut-être appliquer le règlement,
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on n'a pas le choix, est payé pour ça. Et puis on doit faire appliquer la loi, mais après sur le fond, nous on n'est pas là pour vous juger, vous avez été jugés par un tribunal, par une cour d'assises,
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voilà
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on doit passer du temps ensemble,
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qu'on fasse appliquer les règles oui, mais après si ça peut se passer dans bonne intelligence, ce n'est pas plus mal. Bien sûr. Et le le fait de pouvoir faire des des des événements comme ça sportifs,
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match de foot, un match de volley, tournoi de tennis Et ce jour-là, même, raconte-nous parce que tu tu fais un échange de maillot. Ouais ouais ouais, un surveillant toi
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Et puis, on, moi, je suis toujours un peu dans la provoc, mais toujours avec de l'humour, toujours avec de l'humour. J'avais cherché dans mes affaires
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le t-shirt le plus pourri que j'avais, quoi, et des trous dedans un peu, là, il était un peu, un peu vieillot. Et au marqueur,
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au marqueur, j'avais
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vulgairement écrit FC Maton sur le maillot. Puis, à la fin du match, lui dis, ouais, Jacques, on échange des maillots et tout. Donc là, j'ai changé les maillots. A perdu mon maillot,
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mais il était mort de rire, n'avait rien à foutre, ça avait fait rire quoi, c'était, c'était voilà, c'était une anecdote
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comme quoi il n'y a pas non plus
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des des tueries tous les jours en prison et fort heureusement parce que
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déjà c'est déjà c'est quelque chose qui compliqué,
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mais s'il n'y a pas des moments un peu rigolos, c'est dommage. Il y a quand même des moments qui sont très difficiles, a des dates que tu n'arrives pas à oublier.
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Il y a ce
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4 juillet 2004
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avec un
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détenu, tu vas nous raconter, qui se jette sur un autre et qui va l'attaquer
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et qui va manger sa cervelle.
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Alors en fait, donc moi je suis arrivé pour l'intervention.
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Il a, il y avait la distribution du repas ce soir-là
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et la distribution du repas, donc
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il y a un détenu qui distribue à manger
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et
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celui qui est sorti de sa cellule l'a frappé avec un cendrier en terre cuite qu'il avait fait à l'atelier poterie ou un prix comme ça.
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Et puis après, il s'est, il s'est acharné dessus.
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Et quand
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quand les renforts sont arrivés, les premiers renforts sont arrivés, le type baignait dans une mare de sang, il avait un trou dans le crâne. Moi, j'ai vu le corps après par la suite.
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Et au moment où les premiers agents sont arrivés,
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il farfouillait dans sa tête et il mettait les mains à sa bouche.
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Donc ça
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Qu'est-ce qu'il faisait?
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Il
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mangeait, il mangeait ce qu'il trouvait quoi. C'était,
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de toute façon il avait du sang plein la bouche, il avait,
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mais
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les les agents qui sont tombés sur ce truc-là en live là,
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je crois qu'ils sont plus dans l'administration pénitentiaire quoi.
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Crois qu'ils n'y sont plus, ils sont partis.
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Et je peux comprendre, je peux comprendre, c'est c'est terrible. Moi, quand je suis arrivé après, moi, c'était, je faisais partie de l'équipe d'intervention parce que le le type qui a mangé en fait la cervelle là,
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les surveillants étaient un peu des premiers qui sont arrivés, s'étaient un peu désarmés quoi. Alors ils ne savaient pas trop quoi faire, ils disent, on peut, on prépare à tout, mais pas à ça quoi. Et
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je me rappelle que les gars ont expliqué, ils vont hurler dessus quoi. Et puis finalement, le type
Transcription — 19:00
regardait avec un regard un peu vide,
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il s'est relevé, puis il a été se foutre dans une salle
Transcription — 19:06
où il n'y avait rien de particulier, qui servait un peu d'office en fait. Et et moi, je suis arrivé après plus tard,
Transcription — 19:12
Je faisais partie de l'équipe d'intervention pour aller le le récupérer dans cette pièce. Donc là, bon, on a vu le le corps de celui qui était qui était décédé. Il y en a un autre qui avait été blessé parce que bon, il devait, il en aurait bien pris un 2e, ça l'aurait pas dérangé.
Transcription — 19:25
C'est un détenu qui était cannibale?
Transcription — 19:28
Alors
Transcription — 19:30
non, non, non, il était, mais par contre, il n'était pas bien dans sa tête. Il n'était pas bien dans sa tête. Mais de toute il y avait déjà des faits parce que sincèrement, moi, je savais qu'il avait pris une grosse peine.
Transcription — 19:41
Je savais qu'il n'était pas, il n'était pas clair dans sa tête, mais je n'avais pas trop le le les détails de son affaire et il avait pris 30 ans pour un pour un meurtre
Transcription — 19:50
un
Transcription — 19:52
peu
Transcription — 19:52
inexpliqué ou inexplicable, il n'y avait pas vraiment de de motifs et ça avait été quelque chose d'extrêmement d'extrêmement violent quoi, d'extrêmement violent.
Transcription — 20:01
Et
Transcription — 20:02
en fait,
Transcription — 20:03
après donc le le type est enfermé dans cette pièce
Transcription — 20:07
et
Transcription — 20:09
quand on a dû aller le chercher, donc il y avait un oeilleton parce que c'était même si c'était un office, c'était comme une cellule,
Transcription — 20:15
il avait bouché l'oeilleton et puis on voyait.
Transcription — 20:19
Avec n'importe quoi, un bouchon de bouteille, du papier un peu mouillé, machin, on ne pas.
Transcription — 20:25
Et et donc on on ne pouvait pas voir où il était, qu'est-ce qu'il faisait, et caetera. Donc là, on y va quand même avec
Transcription — 20:31
avec méfiance, puis surtout que depuis un moment, on voit quand même de temps à autre qui passe sous la porte. Je vous rappelle, c'était assez marquant de de l'eau mélangée avec du sang qui passe sous la porte quoi.
Transcription — 20:40
Alors ce n'est pas ce n'est pas non plus une nappe extraordinaire, mais bon, on se dit voilà quoi, on voit ce qui vient de se passer.
Transcription — 20:47
Et en fait, quand on a ouvert la porte, il y avait, je me rappelle, ces pièces-là étaient étaient vides. Il avait juste une petite tablette au fond le long de la fenêtre. Et quand on a ouvert la porte, il était pantalon de survêt torse nu
Transcription — 20:58
et
Transcription — 20:59
il avait un morceau de verre à la main
Transcription — 21:02
et il s'était
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ouvert le bide et il fouillait dans son ventre en fait quand on est rentré quoi.
Transcription — 21:08
Et il n'a strictement rien fait, on l'a,
Transcription — 21:11
on l'a, on l'a percuté, il y avait, est équipé comme les CRS, tenu par coup, bouclier, et caetera, On l'a percuté, on l'a menotté, et après derrière, c'était fini, c'était un poids mort.
Transcription — 21:21
Et c'est un type qui faisait
Transcription — 21:23
peut-être, je n'en sais rien, moi, au moins 100 120 kilos,
Transcription — 21:27
même menotté, machin, il a fallu qu'on le porte.
Transcription — 21:30
Et il est passé dans un, je me rappelle, on l'a porté à un moment, je dis si je sais pas, je suis mouillé et tout. Il il s'est mis à pisser.
Transcription — 21:37
Ah ouais. Il s'est pisser dessus, moi, il m'a pisser sur la jambe, il a pisser sur tout le monde, mais il l'a même pas fait de manière volontaire. Il a voilà peut-être parce qu'il avait peur, j'en sais rien.
Transcription — 21:46
Sais pas parce que là, on est passé dans un dans une dimension. Mais des gens comme ça, ils devraient pas se trouver en prison, mais dans un hôpital psychiatrique.
Transcription — 21:54
Oui, je pense d'ailleurs, c'est là où il est parti par la suite.
Transcription — 21:59
Il est parti en UMD,
Transcription — 22:00
mais
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après,
Transcription — 22:04
après c'est difficile,
Transcription — 22:05
pourquoi il n'a pas été mis en hôpital psychiatrique, parce qu'il y a des gens aussi qui sont,
Transcription — 22:10
moi j'ai vu des gens aussi se dégrader en prison, y a des gens qui sont rentrés en prison
Transcription — 22:14
des faits,
Transcription — 22:16
moi je n'ai pas forcément d'exemple, mais
Transcription — 22:18
des faits que je vais qualifier de de droit commun, des faits qui étaient graves. Et puis par contre, qui avaient qui avaient bon pied, bon oeil. Et puis petit à petit, la prison les a, entre guillemets, rendus fous. Notamment un des membres du gang de Roubaix.
Transcription — 22:32
Ouais, j'en ai connu un comme ça. Ouais, ouais, Alors, pas rendu fou, mais c'est un type qui est devenu dépressif. C'était un type qui avait,
Transcription — 22:38
un type qui était solide.
Transcription — 22:40
Et puis,
Transcription — 22:42
et puis, s'est complètement, alors,
Transcription — 22:44
de de mémoire sous sous réserve, mais il me semble qu'il
Transcription — 22:48
a eu une séparation avec avec sa femme ou quelque chose comme ça et et derrière il a sombré complètement quoi. Et
Transcription — 22:54
c'est quelqu'un qui alors que
Transcription — 22:57
il a eu une période où il est en forme, machin, n'y avait pas de souci, voilà, il faisait sa prison, il faisait sa prison. Et puis un jour, voilà, il s'est passé quelque chose, il y un élément déclencheur, il a il a craqué, je pense qu'il a fait tout simplement de la dépression. Et bon,
Transcription — 23:11
tout tout tout ce qui s'attrape en prison
Transcription — 23:13
devient
Transcription — 23:14
toujours plus grave.
Transcription — 23:16
La petite dépression va devenir une grosse.
Transcription — 23:18
Il y beaucoup de choses comme ça. C'est la prison amplifie les choses en fait.
Transcription — 23:23
Et
Transcription — 23:24
et puis après, c'était un type, moi je l'ai vu pendant des mois
Transcription — 23:28
marcher au radar quoi. Comment il prenait le cachet, il marchait un peu comme un zombie,
Transcription — 23:33
il y avait très peu de communication.
Transcription — 23:35
Après il n'y jamais eu de soucis majeurs avec lui,
Transcription — 23:38
Mais voilà quoi, il avait,
Transcription — 23:40
il était tombé quand même dans dans
Transcription — 23:42
quelque chose de de compliqué quoi. Et toi, de d'assister
Transcription — 23:46
à des événements comme celui que tu viens de nous décrire,
Transcription — 23:49
j'imagine que tu as des images, des odeurs qui restent parce que l'odeur du sang, là, par exemple. Alors les odeurs, ouais, les les images, moi, enfin personnellement, après, on ne réagit pas tous pareil, bien évidemment.
Transcription — 23:59
Mais je je je me rappelle que
Transcription — 24:02
ce soir-là, moi, suis rentré, je je ne sais pas à quelle heure je suis rentré chez moi en pleine nuit, machin.
Transcription — 24:08
Ils avaient laissé le,
Transcription — 24:10
la direction de l'époque avait laissé le le mess
Transcription — 24:13
du personnel ouvert, l'endroit où on peut se restaurer, y avait un petit bar. Je se cache pas qu'on était supposé là-bas, je ne pas, il était peut-être 3 heures, 3 heures et demie du matin, les gens qui étaient encore là. Et
Transcription — 24:24
ouais, je pense que le 1er truc à 3 heures et demie du matin, déjà, s'est mis quelques whiskys dans la gueule.
Transcription — 24:30
Un, pour se détendre et
Transcription — 24:33
2, pour passer l'odeur. Enfin, en tout cas, moi, pour passer l'odeur. C'était quoi l'odeur? L'odeur du sang.
Transcription — 24:39
L'odeur du sang, après, il s'est passé des heures. Le sang, ça coagule et ça prend une odeur. C'est très désagréable, l'odeur du sang. Et même en ayant bu quelques verres, machin, moi je me suis,
Transcription — 24:51
à l'époque j'habitais à côté de la prison parce qu'il y avait des logements pour le personnel
Transcription — 24:56
et donc je rentrais chez moi à pied et en fait Thomas je me suis déshabillé,
Transcription — 25:01
j'ai jeté mon uniforme à la poubelle parce que j'avais du sang, j'avais tout sur mon uniforme
Transcription — 25:05
et je suis rentré chez moi en caleçon parce que je n'avais pas envie de ramener ça chez moi quoi. Et arrivé chez moi, je sais qu'avant d'aller me coucher pour me reposer, alors ça m'a paradoxalement,
Transcription — 25:13
ça ne m'a pas empêché de dormir.
Transcription — 25:15
Mais par contre, cette odeur était restée. J'ai dû me laver les dents au moins 3 fois
Transcription — 25:21
avant d'aller me coucher parce que l'odeur ne passait pas quoi. Dans la bouche, tu avais même l'odeur dans la bouche, dans
Transcription — 25:26
le nez, ça restait. Je ne sais pas, j'avais une gêne. Alors après, il était peut-être psychologique, n'en sais rien quoi. Mais
Transcription — 25:32
voilà, après bon, c'est c'est comme ça. On croit qu'il y a des choses qui n'existent pas. Mais même quand on arrive sur la la scène,
Transcription — 25:41
en fait, croit, on croit que c'est un film quoi.
Transcription — 25:45
Il y a tellement de sang partout que on se dit, mais ce n'est
Transcription — 25:48
n'est pas possible. Il y a, je ne vais pas dire qu'on cherche la caméra cachée, on se pose un peu la question quoi. On sait que c'est vrai, mais
Transcription — 25:56
mais l'inconscient
Transcription — 25:57
dit que ce n'est pas possible.
Transcription — 25:59
Ce qui est difficile aussi, c'est que tu décris très bien que parfois,
Transcription — 26:03
les surveillants sont responsables.
Transcription — 26:05
Il y une autre scène que tu décris d'un
Transcription — 26:08
détenu qui se fait attaquer dans le cou, qui s'est, qui se fait poignarder dans le cou
Transcription — 26:13
et tu vas nous raconter. Et
Transcription — 26:15
en fait,
Transcription — 26:17
on a fini par te dire qu'il fallait que tu trouves une tenue propre, quoi. Enfin, je te laisse raconter l'histoire, mais je ne veux pas trop dévoiler, en fait, si tu veux l'histoire, mais Ouais, ouais, écoute, ouais, je me souviens très bien de cette histoire, mais
Transcription — 26:27
si tu veux, on est dans le couloir
Transcription — 26:29
du rez-de-chaussée d'un bâtiment,
Transcription — 26:31
c'est le moment des, ce qu'on appelle les mouvements où les gens, ils peuvent passer de la cour de promenade
Transcription — 26:36
à la salle de peinture, à la salle de sport,
Transcription — 26:39
retourner à leur étage, et caetera. Il y a une espèce de petit quart d'heure américain
Transcription — 26:43
où tout le monde peut circuler
Transcription — 26:46
là où il veut et au bout d'un quart d'heure, on referme tout, mais c'est vrai qu'à ce moment-là, il y a pas mal de surveillants qui circulent aussi dans les différents secteurs
Transcription — 26:53
Et moi, j'étais avec, j'étais avec d'autres collègues,
Transcription — 26:57
je crois qu'on était, on devait être 2 ou 3
Transcription — 27:00
et
Transcription — 27:02
on voit un peu plus loin, peut-être peut-être je ne pas 10, 15 mètres devant nous quoi, un couloir très long.
Transcription — 27:08
Et
Transcription — 27:09
on voit un mec qui qui tombe contre le mur et puis qui s'affaisse
Transcription — 27:12
et en fait le mec vient de prendre un coup de pic en pleine gorge
Transcription — 27:16
et en fait on Mais c'est quoi comme pic? C'est quoi enfin c'était un
Transcription — 27:20
1 bout de ferraille,
Transcription — 27:21
alors un truc qui était qui était souvent travaillé comme ça pour faire un beau pic, c'était des des anses de saut métalliques.
Transcription — 27:27
On les redresse,
Transcription — 27:29
on la met bien droite et puis après on taille la longueur de de l'épée quoi en fait en quelque sorte.
Transcription — 27:34
Et, mais là en l'occurrence, je pense que c'était plus fin. C'était plus fin, mais un bout de ferraille rond qui
Transcription — 27:40
va être taillé en pointe et voilà ça rentre tout seul, il n'y pas de souci.
Transcription — 27:44
Et donc le type s'affaisse et là,
Transcription — 27:47
en
Transcription — 27:48
pleine gorge, un geyser, y du sens, ça gicle au moins à ça de,
Transcription — 27:53
au moins, ouais, 50 centimètres. 50 centimètres, ouais. Alors, ce n'est pas un gros flux parce que le trou est tout petit, mais bon, enfin, et puis c'est la gorge, Mais c'est la carotide qui est touchée. Non, non, non, parce que sinon, il serait mort. On va pas se réveiller, sinon, il serait mort. Mais on voit, on voit les, et puis ça fait des giclées avec les battements de coeur et tout, puis on fait quoi et tout, machin. Et puis on n'a rien, parce que c'est, d'une part, on n'a rien pour intervenir à l'instant t. Et puis on n'avait pas des fois l'hiver, on ne sait rien, une écharpe, un machin qui traîne dans une poche, là c'est les beaux jours quoi. On est en, on est en t-shirt quoi et
Transcription — 28:26
puis à un moment, les gens peuvent foutre les mains dedans, enfin il y avait ma collègue qui avait commencé à mettre la main et tout puis ça ne suffisait pas la main quoi. C'était,
Transcription — 28:34
et donc j'ai enlevé par réflexe, moi j'ai enlevé mon mon polo, donc j'étais torse du au milieu du truc. Et puis je,
Transcription — 28:40
on vient comprimer
Transcription — 28:42
ton, comme on pouvait être, parce que, on ne pas faire un garrot, c'est la tête.
Transcription — 28:46
Et
Transcription — 28:47
puis bon, on a appelé machin,
Transcription — 28:49
puis bon, on a reçu bien sûr des projections
Transcription — 28:51
de sang par la force des choses.
Transcription — 28:53
Et
Transcription — 28:54
puis bon, ça met un peu de temps. Alors
Transcription — 28:57
bon, moi, je m'agace un petit peu. J'ai dit, qu'est-ce qu'il fout le toubib. Enfin bon, et puis c'est vrai que bon après voilà,
Transcription — 29:03
on vient quand même peut-être
Transcription — 29:05
de sauver la vie de quelqu'un
Transcription — 29:08
et puis
Transcription — 29:10
moi je me balade alors c'est vrai ça n'arrive pas, sur un qui se balade torse nu au milieu de la prison quoi,
Transcription — 29:16
Et
Transcription — 29:18
puis à un moment, y a quelqu'un de ma hiérarchie qui est arrivé et puis lui dire voilà, putain super,
Transcription — 29:25
es la.
Transcription — 29:26
Tu ne vas peut-être pas rester torse nu, il faudra peut-être trouver un t-shirt quoi.
Transcription — 29:29
Enfin, voilà, mais je trouve que c'est,
Transcription — 29:32
alors après, c'est pareil, quand on est en dehors du truc, on arrive, peut-être qu'on n'a pas la bonne analyse, je veux pas non plus, mais vous voyez, c'est des choses,
Transcription — 29:40
vient quand même de de de vivre un moment qui n'est pas,
Transcription — 29:43
dans le quotidien de tout le monde. Évidemment. Et qui n'est pas non plus, et heureusement, j'ai envie de dire, le quotidien de la prison.
Transcription — 29:50
Mais
Transcription — 29:51
voilà, il n'y a pas de Mais comment tu t'es senti quand
Transcription — 29:55
ta hiérarchie, en tout cas cette personne te fait cette remarque-là, alors que tu as sauvé la vie du mec?
Transcription — 30:00
Écuré?
Transcription — 30:02
Écuré,
Transcription — 30:04
oui et non, parce que je me suis dit dans ma tête, je me suis dit,
Transcription — 30:07
je savais que tu étais un gros con, mais je ne pensais pas à ce point quand même. Ne
Transcription — 30:11
lui ai pas dit.
Transcription — 30:13
J'ai
Transcription — 30:15
peut-être entendu d'ailleurs.
Transcription — 30:17
Il y un autre moment, tu vas me raconter où on te reproche d'avoir cassé les lunettes d'un détenu.
Transcription — 30:23
C'était, oui, c'était,
Transcription — 30:25
c'était mon 1er poste
Transcription — 30:26
en banlieue lyonnaise.
Transcription — 30:29
Et
Transcription — 30:31
en fait,
Transcription — 30:33
alors là, c'était en maison d'arrêt, donc on était plusieurs surveillants
Transcription — 30:38
et il y avait une
Transcription — 30:40
jeune surveillante qui venait d'arriver. Moi, n'étais pas là depuis très longtemps, mais enfin un petit peu plus.
Transcription — 30:45
Et puis, elle ouvre une cellule où en principe, il y avait 2 détenus. Et là, bon, il y en avait qu'un. Alors, je ne sais pas si c'est qui, exceptionnellement, il était tout seul ou l'autre était peut-être parti ailleurs, je n'en sais rien.
Transcription — 30:57
Et elle ouvre, et puis elle m'appelle, moi j'étais
Transcription — 31:00
j'étais au milieu du du couloir, je je je ne faisais rien. Elle m'appelle, elle me dit ouais, me dit tu peux venir, elle me dit je crois qu'il y un problème.
Transcription — 31:08
Et donc là,
Transcription — 31:09
on, je rentre dans la cellule et je vois le type,
Transcription — 31:14
il avait, il était allongé droit comme un I sur son lit,
Transcription — 31:18
serviette
Transcription — 31:19
nouée autour du cou et un sac plastique sur la tête.
Transcription — 31:23
Et le type, il ne bouge pas. Donc,
Transcription — 31:25
je dis, ouais ouais, il a un problème, il est en train de se suicider quoi. Et donc là, bon, j'arrive, 1re des choses, je je ne sais pas quoi moi, est-ce que le mec, la 1re des choses déjà enlève le sac plastique?
Transcription — 31:35
Et en fait, moment où est-ce que le type ne bouge pas d'un poil, je lui dis, peut-être qu'il est mort quoi.
Transcription — 31:39
Et là, je j'enlève le le sac plastique,
Transcription — 31:42
et au moment où je veux enlever le sac plastique, il me prend la main, et non, en fait, je pense qu'il venait juste de le faire quoi,
Transcription — 31:48
et il a même bon pied, bon oeil, et puis là, non non, laissez-moi, je veux mourir machin, et puis je dis, il n'y pas, voilà on ne va pas laisser le mec, donc j'arrache
Transcription — 31:57
un peu plus fort, puis bon, à l'époque moi j'avais,
Transcription — 32:01
je ne sais pas, j'avais j'avais 24 ans, 24, 25 ans, le type il devait en avoir
Transcription — 32:07
une soixantaine, voilà, bon il
Transcription — 32:10
n'était pas épais, il n'était pas équipé pour, il ne faisait pas la maille, on va dire. Et
Transcription — 32:15
cependant,
Transcription — 32:16
il se lève, et puis là, commence à se jeter sur moi
Transcription — 32:20
et à
Transcription — 32:21
à m'étrangler, mais à m'étrangler, voilà, à me griffer et tout ça. Et
Transcription — 32:27
et en quelque sorte, enfin voilà, je veux dire, le type, fait il fait le tiers de mon physique.
Transcription — 32:33
Et en fait, je m'énerve même pas quoi. Je lui dis, mais je je dis, écoute, lâche-moi, parce que tu vas avoir un souci là.
Transcription — 32:38
Et je sens bon il commence à planter machin les ongles
Transcription — 32:42
Dans ton cou. Ouais,
Transcription — 32:43
donc ça je mets une tartine quoi, enfin ça me semble complètement logique quoi. Et puis après bon, maîtrise au sol et puis après bon voilà, y des gens qui sont arrivés et tout.
Transcription — 32:52
Il n'a pas été,
Transcription — 32:54
il n'a pas été mis au mitard parce que on
Transcription — 32:57
passe d'une tentative de suicide à une agression sur personnel. Oui voilà.
Transcription — 33:00
Il n'a pas été mis au mitard, alors je peux l'entendre parce que
Transcription — 33:04
il y a le mitard, le mitard en prison, c'est un lieu où il y beaucoup de suicides. Alors bon, le type vient d'essayer de se suicider, on ne pas en plus l'inciter à aller dans le truc. Ça, à la rigueur, je peux le comprendre quoi.
Transcription — 33:15
Mais par contre, moi, je suis appelé, alors j'ai des traces de griffures partout dans le cou et tout.
Transcription — 33:19
Et je suis appelé effectivement
Transcription — 33:22
peut-être une heure après, je suis relevé de mon poste et
Transcription — 33:26
je me dis, bon, vous dites quoi ok chez le directeur,
Transcription — 33:29
ouais ok, j'y vais,
Transcription — 33:31
et je me dis, ouais bah le directeur m'appelle pour voir comment ça va machin, machin,
Transcription — 33:35
non non.
Transcription — 33:37
Vous pouvez m'expliquer pourquoi les lunettes du détenu sont cassées?
Transcription — 33:41
Mais je dis, mais vous foutez de ma gueule ou quoi?
Transcription — 33:44
Et je dis, regardez mon coup là,
Transcription — 33:46
c'est moi qui est,
Transcription — 33:48
ouais, mais quand même,
Transcription — 33:50
il n'y avait pas besoin, Il n'y pas besoin, vous étiez dans votre bureau. Qu'est-ce que vous me dites, il n'y avait pas besoin? C'est vous qui vous êtes fait sauter dessus? Enfin, je n'en faisais pas une sinécure, n'était pas l'affaire du siècle.
Transcription — 33:59
Mais mais par contre,
Transcription — 34:00
ça commence pour moi à devenir l'affaire du siècle à partir du moment où on vient me demander des comptes. Ouais, les lunettes du détenu sont cassées.
Transcription — 34:06
Alors que tu l'es empêché de se suicider et que tu t'es Si le détenu n'avait pas sauté dessus.
Transcription — 34:11
Et et et en fait, en fait, tu vois, moi, à la fin,
Transcription — 34:15
je m'en vais, je m'en vais parce que j'en ai marre de l'administration. Je m'en vais pas parce que j'en ai marre des voyous, je m'en vais parce que j'en ai marre de l'administration.
Transcription — 34:22
Mais il y a eu plein de petits trucs comme ça. En fait, tu as écrit
Transcription — 34:26
dans ce livre, attends une phrase que je cherche sur mes fiches.
Transcription — 34:30
Je crois que c'est la prison est au bord de la crise de nerfs.
Transcription — 34:33
C'est ça que tu as écrit.
Transcription — 34:35
Ouais,
Transcription — 34:36
mais ouais, mais des fois, c'est, on on en est là quoi. Ouais, ouais. Mais la crise de nerfs, on on sait que
Transcription — 34:43
voilà, les gens qu'on garde,
Transcription — 34:45
alors oui, des fois, on entend,
Transcription — 34:48
les prisons, c'est devenu des camps de vacances.
Transcription — 34:51
Alors,
Transcription — 34:52
ouais, quand je vois par exemple des,
Transcription — 34:55
quand j'avais vu à la télé, j'y étais pas, mais les karting qui viennent à Fresnes, machin, enfin ça, je ne trouve pas ça, ça,
Transcription — 35:02
je ne trouve pas ça bien. Mais après il faut aussi qu'il y ait quand même des choses, quand un type il est là pendant 30 ans, si pendant 30 ans on le renferme on jette la clé,
Transcription — 35:11
s'il ressort c'est un animal.
Transcription — 35:13
À un moment il faut quand même qu'il ait des choses de mise en place et caetera.
Transcription — 35:16
Mais ce n'est pas non plus des camps de vacances.
Transcription — 35:19
Un type, il peut péter les plombs en prison quoi. C'est quoi les pires violences en prison? C'est les
Transcription — 35:24
les suicides de détenus?
Transcription — 35:26
C'est les pointeurs? C'est les violences sexuelles?
Transcription — 35:28
C'est quoi? Des des gens qui sont incarcérés? Ouais.
Transcription — 35:32
Je pense que les les affaires demeurent, ouais, c'est c'est dégueulasse quoi,
Transcription — 35:37
c'est dégueulasse et puis
Transcription — 35:39
et puis en plus,
Transcription — 35:41
voilà, il y en a, on le voit bien dans leur comportement du quotidien. Et là, je veux pas parler d'un aspect de de de violence sexuelle.
Transcription — 35:48
On voit le type dans sa manière d'être
Transcription — 35:51
que c'est un pervers.
Transcription — 35:53
C'est un pervers.
Transcription — 35:55
Parce qu'il va toujours être, il va toujours être nihileux, il va toujours être gentil, il va toujours être, il va toujours chercher à être lisse,
Transcription — 36:03
toujours chercher. Ben on s'approche pour les petits enfants là, hein. Ben pareil,
Transcription — 36:07
ils font pareil en prison en fait, ils font pareil en prison. Moi je préfère,
Transcription — 36:12
voilà, je vais voir un type et puis il y avait un problème et puis oh pardon surveillant, ben ça ça se reproduira pas, voilà. Et je préfère,
Transcription — 36:22
je préfère aller voir
Transcription — 36:23
un braqueur, je vais lui dire la même remarque, elle veut dire, c'est bon, tu vas pas faire chier tes conneries,
Transcription — 36:28
tu nous emmerdes, machin.
Transcription — 36:30
Mais je préfère ça, quoi.
Transcription — 36:32
D'abord, j'ai l'impression d'avoir un humain en face de moi parce que je vais à l'encontre de ce qu'il souhaite.
Transcription — 36:38
Donc voilà,
Transcription — 36:39
ça l'agace. Mais l'autre non, je vais à l'encontre de ce qu'il souhaite. Mais vous avez raison, je n'aurais pas dû être. Et c'est que ça quoi. Ces ces gens-là, ils sont sont détestables. C'est quoi le plus dur à vivre pour un maton, pour un surveillant en prison?
Transcription — 36:53
Le plus dur, c'est de, des fois, on a l'impression en fait d'être en prison quoi.
Transcription — 36:58
Et là, je ne parle même pas de de
Transcription — 37:00
ce qui se passe autour ni de la de la hiérarchie ni des détenus, et caetera, mais on passe quand même énormément de temps
Transcription — 37:08
à l'intérieur.
Transcription — 37:10
On passe énormément de temps à l'intérieur. Moi, j'ai connu des périodes où on travaillait en en 13 heures.
Transcription — 37:15
Des fois, on faisait 3 journées de 13 heures d'affilée.
Transcription — 37:18
7 heures, 20 heures, quand on fait 7 heures, 20 heures, 3 jours de suite, quand on sort du boulot, on rentre à la maison, on prend la douche, on dîne et on dort.
Transcription — 37:26
Et en fait, on est presque tout le temps à l'intérieur quoi. Et des fois, c'est
Transcription — 37:31
ouais, des fois, c'est fatigant, quoi. Il y a aussi dans dans ton livre, j'y fais beaucoup référence parce que franchement, je le recommande, il est fabuleux, mais
Transcription — 37:39
c'est un petit pas de côté. Mais tu expliques que les surveillants, ils ont toujours un peu de tabac
Transcription — 37:44
parce qu'en fin de mois, il y a des mecs qui en ont plus
Transcription — 37:48
et tu leur files un peu de tabac. Et peut-être que ça évite aussi une émeute, un débordement. Alors, c'est un petit pas de côté, tu vois, mais ça, ça m'inspire Alors, c'est devenu, c'est devenu plus compliqué parce qu'en fait,
Transcription — 37:59
je t'explique le tabac d'où ils venaient, les surveillants, ils n'achètent pas du tabac pour distribuer aux détenus.
Transcription — 38:05
Il y a ce qu'on appelle l'indigence en prison, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de travail,
Transcription — 38:10
qui ne reçoivent pas de mandat de leur famille, qui n'ont pas un centime.
Transcription — 38:14
Et pendant longtemps, l'indigence,
Transcription — 38:16
presque tous les détenus fument en prison, presque tout le monde fume.
Transcription — 38:21
Donc dans le, il y avait un petit colis d'indigence et dans l'indigence,
Transcription — 38:25
il y avait paquet de tabac.
Transcription — 38:27
Donc, des fois, nous, en gardait un ou 2 de de côté et puis on on dépannait, ça permettait de dépanner un peu en fin de mois.
Transcription — 38:35
Même un type qui travaillait, bon,
Transcription — 38:37
il avait été malade, alors ils n'ont pas, ils n'ont pas de, comment dire, ils n'ont pas d'indemnités de la sécu s'ils vont pas travailler, il n'y pas d'argent. Donc, le type a été malade, ça peut arriver.
Transcription — 38:48
Et puis, parce qu'il y en a qui géraient leur
Transcription — 38:51
petit budget, quoi. Et puis, le type, il n'a plus de tabac à la fin du mois. Bon, ben non, un petit peu. Mais par contre, ils rendent.
Transcription — 38:57
Moi, quand je
Transcription — 38:59
faisais ça,
Transcription — 39:01
j'avais
Transcription — 39:02
un cahier en tant que responsable
Transcription — 39:05
de bâtiment ou adjoint de bâtiment. J'avais un cahier,
Transcription — 39:08
hop, je mettais tel jour,
Transcription — 39:11
j'ai donné un paquet de tabac à un tel. Et puis le mec, quand il avait la paye, et 9 fois sur 10, les types étaient réglo. Ah ouais, c'est vrai. Quand quand il touchait la paye, hop, il commandait 3 paquets de tabac,
Transcription — 39:22
il venait me voir et je préférais faire ça. Je pouvais aussi dire, moi, le récupère directement.
Transcription — 39:26
Non, je préférais qu'il y ait cette démarche, justement.
Transcription — 39:28
Je t'ai dépanné, tu viens, les chefs, c'est le paquet de tabac, vous m'avez dépanné il y a 10 jours,
Transcription — 39:34
Donc, je rayais sur le cahier où je m'étais rendu telle date, machin, et caetera, quoi. N'était pas
Transcription — 39:39
Est-ce qu'il faut être un peu filou aussi pour réussir à gérer les détenus?
Transcription — 39:43
Ah bien sûr.
Transcription — 39:46
Mais c'est c'est ça, moi, c'est c'est ce que j'ai aimé dans mon travail. Alors après, c'est pareil, en face, les gens qui sont incarcérés,
Transcription — 39:52
ils ont des années d'expérience, c'est les malins aussi, quoi. Ouais. Mais après, c'était voilà, quand je dis ouais, tu un peu filou, bon ben, il y des choses qui sont interdites, on essaye de
Transcription — 40:01
T'as pas un exemple de filouterie pour obtenir un truc?
Transcription — 40:07
Non, ben, après, tu vois, c'est genre, je sais rien, tu tu tu sais, moi, j'ai eu une info machin par par
Transcription — 40:13
par autre voyou souvent.
Transcription — 40:15
Une fois j'ai dit à un détenu,
Transcription — 40:17
il dit, mais comment tu as fait encore pour trouver ce truc-là et tout et
Transcription — 40:21
je lui dis tant que chez vous il y aura encore des balances, on aura toujours un coup d'avance.
Transcription — 40:27
C'est la réalité. Le slowing, la réalité. Ouais, non, voilà, mais c'était,
Transcription — 40:31
et et en fait, bon, j'en sais rien, le le le type,
Transcription — 40:35
le type, je sais que voilà, on m'a donné l'info, il a il a un téléphone portable, a un petit cache avec du, machin et tout,
Transcription — 40:41
Et
Transcription — 40:43
et on y va et on le tape. Mais moi ce que j'aimais, n'est pas,
Transcription — 40:46
tu vois le le le truc, tu peux, il y a des fouilles de cellules, des fois le type il est sorti de sa cellule,
Transcription — 40:52
on retourne, sa cellule, elle est un peu retournée du sol au plafond, tout est contrôlé machin et tout, tu vois.
Transcription — 40:58
Et des fois tu trouves quelque chose et des fois tu trouves rien parce que c'est c'est ce qu'on appelle des fouilles de sécurité qui qui arrivent régulièrement, et caetera.
Transcription — 41:06
Mais moi ce que moi ce que j'étais ce que je trouvais
Transcription — 41:09
dans dans la filouterie c'est quoi? C'est c'est dire voilà tu vois mec, je suis pas venu par hasard, c'est-à-dire que je rentre dans ta cellule, je ne foule pas ta cellule.
Transcription — 41:17
Je vais à un endroit bien précis et je trouve ce que je suis venu chercher. Je trouve du shit,
Transcription — 41:21
je trouve une merde. Et là et là parce que tu tu fouilles,
Transcription — 41:24
tu fouilles, bon voilà, tu fouilles un peu des fois au hasard, des fois ce n'est pas au hasard, mais des fois c'est au hasard. Mais je je trouvais,
Transcription — 41:30
je trouvais, et et quand tu avais des types en face, parce qu'il y en a beaucoup qui sont aussi bons princes,
Transcription — 41:37
Je rentrais dans un endroit, ça m'est arrivé et hop je je trouve un peu machin, mais je vais à un endroit très précis dans une cellule qui est super encombrée. Pourquoi je vais à cet endroit-là?
Transcription — 41:47
Et là le mec me regarde en rigolant et il me dit, ça,
Transcription — 41:50
vas bien baiser quoi.
Transcription — 41:52
Tu vas bien baiser. Et et et moi, et et après, ça arrivait aussi dans l'autre sens,
Transcription — 41:57
où des fois, j'étais un peu sur les côtes d'un mec et tout ça. Et puis
Transcription — 42:02
et puis bon,
Transcription — 42:03
je ratais mon coup quoi.
Transcription — 42:05
Je ratais mon coup, alors le mec passe son sourire.
Transcription — 42:08
Il dit, il dit, toi qui a marqué aujourd'hui, quand tu as, mais
Transcription — 42:12
voilà, puis je rigolais quoi, parce que bon, s'il prend comme ça, je vais te raconter une anecdote, je je sais même pas si elle est dans le livre. Je ne même pas si elle est dans le livre, mais elle me vient à l'esprit, tu vois. Il y avait un 1 détenu
Transcription — 42:24
qui était condamné à perpétuité, on l'appelait,
Transcription — 42:27
il était surnommé Jésus. Il était surnommé Jésus parce qu'il était toujours habillé, tu vois, tenu un peu en lin blanc,
Transcription — 42:34
la grande barbe,
Transcription — 42:35
un certain âge,
Transcription — 42:38
un type un peu un peu perché, mais pas
Transcription — 42:41
pas chiant au demeurant. Je ne même pas ce qu'il avait fait, mais enfin, il me semble qu'il était condamné à perpétuité, mais je je me je ne sais même pas si j'ai su ce qu'il avait fait, ce mec-là.
Transcription — 42:50
Et un jour alors qu'il n'était pas habitué de de de problèmes disciplinaires,
Transcription — 42:55
il se retrouve en commission de discipline. Le
Transcription — 42:58
motif pareil, je ne m'en rappelle pas parce que ce n'est pas le l'intérêt de la chose.
Transcription — 43:03
Et là, fait quelque chose qui peut paraître
Transcription — 43:06
surprenant pareil.
Transcription — 43:08
Il avait décidé qu'il ne parlerait pas en commission discipline, donc pour être sûr de ne pas parler en commission discipline,
Transcription — 43:15
avec du fil et une aiguille, il s'était cousu la bouche.
Transcription — 43:19
Donc il est arrivé, il a été cousu l'intérieur de la bouche, il a essayé de dire Quelle horreur.
Transcription — 43:23
Mais t'imagines le truc quoi, enfin c'est c'est,
Transcription — 43:26
donc là il est en commission de, puis bon quand il est venu pour pour aller sur la commission de discipline, il s'est cousu la bouche machin et tout. Et puis là, s'engage
Transcription — 43:35
s'engage une discussion.
Transcription — 43:37
Et puis
Transcription — 43:39
le,
Transcription — 43:40
il y avait un chef, il y avait un personnel de Ouais, non,
Transcription — 43:44
Je suis en train de visualiser ce que je dis une discussion, c'est que tu veux, il y avait il y avait un chef, y avait une
Transcription — 43:50
directrice directrice adjointe, je ne sais plus, qui qui essaye de le le raisonner en lui disant, écoutez monsieur monsieur, faut il faut aller infirmerie,
Transcription — 43:57
bon voilà, il faut enlever ça,
Transcription — 44:00
ils vont vous faire ça proprement machin, et caetera, les infirmières
Transcription — 44:04
et le mec qui veut recevoir.
Transcription — 44:08
Donc là, on fait comment? Et puis, je te parle de ça, là, je te la version courte, ça a duré être un quart d'heure, une heure.
Transcription — 44:15
Dingue. Puis à un moment,
Transcription — 44:17
à un moment, je dis à mon chef,
Transcription — 44:20
il voulait que j'essaye de lui parler et tout, je connaissais bien le mec quoi. Je voulais que j'essaye de lui parler, il me dit,
Transcription — 44:26
ouais, il dit, vas faire quoi de plus?
Transcription — 44:28
Et je dis, est-ce que je, est-ce que vous m'autorisez? Il me dit, ouais ouais, pas de problème.
Transcription — 44:33
Et là, j'ai
Transcription — 44:35
simplement été lui parler à l'oreille. Tu lui as dit quoi? 3 secondes.
Transcription — 44:39
Il a regardé, a fait,
Transcription — 44:41
je dis c'est bon, il va à l'infirmerie, il va les enlever. Et là, putain, m'ont regardé. Et
Transcription — 44:45
ils m'ont toujours dit, mais qu'est-ce que tu lui as dit? Allez, je dis un secret professionnel, enfin tu vois, machin. Alors moi, je vais te dire ce que je lui ai dit. Tu lui as dit quoi? Je dis écoute, c'est une plante qu'on est là. Tu fais chier tout le monde avec ton truc. Alors, tu as 2 options, tu vois. Soit tu descends avec moi à l'infirmerie et l'infirmière, elle va t'enlever le truc bien, soit que je te promets qu'avec ma main droite, je vais tellement t'écraser les couilles que les fonds, je dois tellement hurler que les poings vont tous sauter quoi.
Transcription — 45:08
Et et voilà,
Transcription — 45:10
bluff,
Transcription — 45:10
je dis j'aurais pas touché.
Transcription — 45:13
Mais toi, il s'est dit putain ce con, il va le faire.
Transcription — 45:16
Donc il m'a dit,
Transcription — 45:18
vois, c'est,
Transcription — 45:20
mais c'est des histoires, enfin tu vois déjà le début du truc, des histoires qui n'existent pas. Le mec, c'est cousu la Mais
Transcription — 45:26
tu n'as vécu que des histoires qui n'existent pas, comme tu dis, c'est c'est fou. Mais mais mais le le truc, c'est que si tu veux, aujourd'hui, je je sais ce ce livre, il ne va pas plaire à tout le monde. Je vais peut-être prendre des coups. Je vais peut-être,
Transcription — 45:38
mais je suis content de l'avoir fait parce que
Transcription — 45:42
c'est presque tous les surveillants qui vivent ça. Bien sûr, bien sûr. Sauf que les surveillants, on ne les entend jamais parce qu'il y le droit de réserve, on n'a pas droit à la parole publique.
Transcription — 45:51
C'est très, très rare.
Transcription — 45:52
Parce que moi, j'ai démissionné
Transcription — 45:54
et aujourd'hui, je ne suis plus soumis à ça. J'ai
Transcription — 45:57
le droit de m'exprimer. Il y a aussi quelque chose de fondamental dont tu parles, c'est la corruption. Tu racontes qu'une fois, tu as été approché
Transcription — 46:05
par une proche d'un détenu. Tu es au supermarché.
Transcription — 46:08
Et qu'est-ce qu'elle va te dire, cette femme?
Transcription — 46:11
Elle me dit bonjour,
Transcription — 46:12
très gentiment. Moi aussi, d'ailleurs, je réponds, a des gens courtois.
Transcription — 46:16
Et j'étais j'étais avec mes enfants qui étaient qui étaient petits à l'époque. Et puis, c'est vos enfants et tout ça. Je dis ouais,
Transcription — 46:22
ah, qu'est-ce qu'ils ont l'air gentils.
Transcription — 46:24
Et là, tu sais que c'est une proche de détenu.
Transcription — 46:26
Ah, mais je je sais, parce que c'est quelqu'un que je croise au parloir, quoi. OK, OK. C'est pour ça qu'on se dit bonjour, d'ailleurs, parce que sinon, je ne l'aurais pas connu. Et elle me dit, oh, elle me dit, sois adorable. Elle dit, on va rentrer, c'était dans le hall du du du magasin. Elle me dit, on va rentrer, je vais leur faire un petit cadeau. Elle dit, je vais leur acheter chacun un iPad, tu vois. Je
Transcription — 46:43
dis, non non, ça va aller quoi, c'est, mais tu vois,
Transcription — 46:46
ce,
Transcription — 46:47
on peut tenter de toutes les manières.
Transcription — 46:49
C'est fréquent la la la corruption en prison?
Transcription — 46:54
C'est quotidien? Quotidien,
Transcription — 46:56
non, non,
Transcription — 46:57
je n'irai pas, n'irai pas jusque là,
Transcription — 46:59
mais ça existe. On ne peut pas l'éradiquer,
Transcription — 47:02
mais on peut la limiter,
Transcription — 47:03
on peut la limiter. Il y a un truc, moi, j'ai décidé d'être sans filtre, et il y un truc aussi,
Transcription — 47:10
il y des avocats qui rendent des choses en prison aussi. Ils n'ont pas le droit non plus. Ils n'ont pas le droit non plus. Et ça existe. J'ai envie de dire après,
Transcription — 47:17
l'alcool et le téléphone, c'est interdit en prison, ce n'est pas illégal dans le pays.
Transcription — 47:22
Le seul truc qui est illégal, c'est les shit.
Transcription — 47:25
Le téléphone, mais en fait,
Transcription — 47:28
le téléphone,
Transcription — 47:31
c'est un problème. Évidemment.
Transcription — 47:34
A eu malheureusement Alors,
Transcription — 47:37
il y a 9 téléphones sur 10,
Transcription — 47:39
le mec la nuit, il prend le téléphone pour appeler sa chérie machin, pour appeler maman, pour appeler
Transcription — 47:44
son frère. Il y en a sûrement 8 ou 9 sur 10 qui servent à ça quoi. Et et j'ai envie de dire c'est pas grave,
Transcription — 47:51
c'est pas grave. Mais il y en a quelques-uns, ils servent à autre chose. À quoi? Ils servent, par exemple, est-ce que tu crois que
Transcription — 47:57
l'affaire qui a défrayé la chronique où 2 de mes anciens collègues ont été abattus,
Transcription — 48:02
l'évasion de Amra,
Transcription — 48:03
est-ce que tu crois qu'elle est aussi bien huilée, aussi bien organisée si Amra, il n'a pas de téléphone?
Transcription — 48:09
Moi, j'en doute fortement.
Transcription — 48:10
J'en doute fortement quoi. Comment tu t'es senti la 1re fois que tu es rentré dans une prison? Les odeurs, le bruit, et caetera. Qu'est-ce que tu as senti
Transcription — 48:19
la dernière fois
Transcription — 48:21
que tu as mis les pieds dans une prison? Alors je te dirais, n'est pas, ce n'est pas en fait la dernière fois où j'ai mis les pieds dans une prison.
Transcription — 48:28
C'est quelques mois plus tard parce que le 14 mars
Transcription — 48:31
2019,
Transcription — 48:32
j'ai claqué la porte.
Transcription — 48:34
Je n'avais pas prémédité.
Transcription — 48:36
Donc en fait le 14 mars, quand je passe la porte, je reviens pas, mais je ne sais pas encore ce que je vais faire.
Transcription — 48:41
Donc je me suis mis en arrêt de travail, je suis mis en arrêt de travail, j'ai été en arrêt de travail pendant 6 mois,
Transcription — 48:47
le temps de,
Transcription — 48:48
d'une part de de récupérer parce que tu vois pour te dire,
Transcription — 48:52
bon ça va, j'étais encore,
Transcription — 48:54
me suis refait un peu là tu vois, mais
Transcription — 48:57
dans les 2 mois et demi qui ont suivi le 14 mars j'ai perdu 20 kilos. Waouh ah ouais.
Transcription — 49:04
Ça m'a un peu abîmé la gueule quand même tu vois. Mais
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après, il a fallu que je travaille mon projet, et caetera
Transcription — 49:12
et j'ai démissionné.
Transcription — 49:14
Ça te manque pas la prison?
Transcription — 49:16
Non,
Transcription — 49:17
non franchement ça me manque pas quoi. J'ai vu des voyous être libérés après 20, 30 ans de placard.
Transcription — 49:23
J'avais l'impression qu'on venait de m'ouvrir la porte et que je venais d'être libéré quoi.
Transcription — 49:27
Tu vois, c'est comme ça que je l'ai ressenti quoi. On arrive à la fin de cet entretien. J'aime bien demander aux gens qui sont à ta place
Transcription — 49:33
un petit mot de la fin. Au vu tout ce qu'on s'est dit
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de ce métier hors du commun que tu as exercé pendant plus de 20 ans,
Transcription — 49:40
de ces terroristes,
Transcription — 49:41
ces voyous, ces tueurs en série que tu as côtoyé,
Transcription — 49:45
toi, tu as le sentiment de t'abimer et en même temps, tu as rencontré des gens extraordinaires. On l'a compris, c'est toute l'ambivalence
Transcription — 49:51
de ce que tu as vécu. Qu'est-ce que tu as envie de dire pour conclure aux gens qui nous regardent, qui nous écoutent?
Transcription — 49:56
Ce que j'aimerais, c'est que
Transcription — 49:59
ce livre, moi, après, il a une teneur personnelle pour moi.
Transcription — 50:03
Mais j'aimerais qu'il
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fasse
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un peu bouger les lignes et peut-être
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améliorer le système.
Transcription — 50:11
Et quand je dis améliorer le système, c'est
Transcription — 50:14
améliorer
Transcription — 50:16
la
Transcription — 50:17
qualité de vie des surveillants
Transcription — 50:19
et améliorer aussi la qualité de vie des détenus. Et je pense que pour améliorer la qualité de vie, la 1re des choses,
Transcription — 50:26
c'est de garder à l'esprit que en prison, c'est des hommes qui gardent des hommes,
Transcription — 50:31
que le centre d'intérêt
Transcription — 50:33
de tout ça, ça reste de l'humanité. Quand bien même les types, ils ont commis des trucs ignobles.
Transcription — 50:38
Il faut garder une part d'humanité,
Transcription — 50:41
et aujourd'hui,
Transcription — 50:42
on vit dans un monde
Transcription — 50:44
où l'humanité a disparu. On passe notre temps à faire des statistiques,
Transcription — 50:47
machin, et caetera. Et finalement, aujourd'hui,
Transcription — 50:51
les matons sur le terrain, alors je caricature un petit peu, mais les matons sur le terrain et les voyous dans les cellules,
Transcription — 50:56
c'est devenu des chiffres et des numéros. On
Transcription — 50:59
a oublié que c'était simplement des êtres humains, quoi. Et ça, je trouve que c'est important, et
Transcription — 51:05
je dirais voilà, moi le la sortie du livre,
Transcription — 51:08
voilà j'avais j'avais besoin de le faire, c'était important pour moi, et
Transcription — 51:13
si en plus
Transcription — 51:15
il peut servir à améliorer la situation
Transcription — 51:18
des gens qui vivent dans le monde carcéral,
Transcription — 51:20
des
Transcription — 51:21
directeurs jusque jusqu'aux détenus en passant par les surveillants.
Transcription — 51:25
Alors là je me dirais ouais c'est une réussite. Merci Sébastien Piteau, il faut replacer l'humain tu au coeur des prisons. Je remonte ton livre, je me penche journal
Transcription — 51:36
d'un maton la vérité sur la corruption au coeur des prisons, ça c'est chez Fayard.
Transcription — 51:41
Vraiment c'est un livre que je recommande parce qu'il y a plein d'anecdotes.
Transcription — 51:44
Tu en as évoqué un peu ici pas toutes, tu nous as même les anecdotes que tu n'as pas mis dans le bouquin. Donc c'est pour ça qu'il faut nous écouter chez tous Wonder. En tout cas merci
Transcription — 51:52
merci à toi. Aujourd'hui tu as une nouvelle vie
Transcription — 51:56
loin des prisons et reviens quand tu veux pour nous parler de la suite en tout cas. Mais écoute avec plaisir. Merci à vous
Transcription — 52:02
pour votre fidélité et tous c'est tous les mardis je vous dis à la semaine prochaine salut.