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Intervenant 1
Quand on a été arraché des bras de sa mère à un jour et qu'on a été adopté à 15, son business, c'était de récupérer les enfants et d'avoir du stock d'enfants à confier à l'adoption. Il y quelque chose qui va changer à tout jamais. Je t'ai reconnecté. Mon destin, il était là-bas.
Intervenant 2
Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Vendeurs, le média qui parle de votre point de bascule. Aujourd'hui, on reçoit Thomas Cadorin. Il a été adopté dans les années 80 au Sri Lanka par une famille lyonnaise et il va réaliser
Intervenant 2
du jour au lendemain et presque par hasard qu'il a en fait été arraché à sa mère biologique. Il est victime d'un trafic de bébés volés au Sri Lanka. Il vient ici nous raconter aujourd'hui cette bascule, son avant et évidemment comment il va vivre après. Tous Wonder, c'est tous les mardis. Vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts Spotify,
Intervenant 2
Deezer, Amazon et Apple. Vous pouvez donc nous regarder, nous suivre un peu partout et un peu tout le temps. Merci à vous et merci à notre sponsor Aromazone. C'est le numéro un en France des produits bio et des recettes cosmétique maison. Je vous en parle parce que les produits sont de qualité et efficaces et c'est un très bon plan pour vos cadeaux de Noël, pour vos secrets de Santa, d'autant qu'il y en a pour tous les types de peau et tous les âges. Donc vous trouverez forcément votre bonheur, donc bon plan, bonne idée. Merci donc à Aroma Zone pour ce coup de pouce. Tous Wonder, c'est maintenant avec Thomas Cadorin,
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victime d'un trafic de bébés volés au Sri Lanka.
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Thomas Cadorin, merci d'être avec nous. Je suis hyper
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touchée que tu acceptes de venir nous raconter ton histoire. Dans tous Wonder, on commence toujours avec un point de bascule. Ton point de bascule, c'est un jeudi soir j'imagine parce que C'est un jeudi soir envoyé spécial, jeudi soir. En mai 2019 Exactement. Qu'est-ce qui va se passer ce jeudi soir en question Et bien ce jeudi soir, il y a une diffusion
Intervenant 1
d'un d'un reportage d'envoyé spécial qui s'appelle les enfants volés du Sri Lanka
Intervenant 1
et
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ça me concerne de de loin pour le moment puisque ça parle du Sri Lanka mais je ne sens pas plus concerné que ça. Pourquoi ça t'intéresse au départ
Intervenant 1
En fait au départ, ça ne m'intéresse pas vraiment, parce que je ne me sens pas vraiment concerné par le titre du reportage puisque moi pour moi mon adoption a toujours été
Intervenant 1
claire et et limpide, j'ai toujours eu l'histoire de mon adoption, ma mère m'a toujours raconté
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ce qu'il avait été et puis les infos qu'elle avait. Donc toi tu es adoptée, c'est quoi c'est 83 84 4. 84,
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a un an d'écart.
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84,
Intervenant 2
tu es adoptée au Sri Lanka par un couple de lyonnais, de Exactement de lyonnais. Et puis ta vie, tu vas nous raconter plus tard, mais c'est juste pour poser un peu le truc. Ta vie, tu as une soeur, enfin voilà, famille classique,
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tout va bien. Absolument.
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La vie
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roule quoi. Très intellectuelle.
Intervenant 1
Voilà. Et en mai 2019, en fait, c'est tes proches qui te disent, mais regarde télé, il y un truc intéressant ce soir. Ouais, c'est mes amis surtout puisque que ma famille proche, puisque ma famille proche ne se sent non plus pas concernée par ce reportage.
Intervenant 1
Donc à part sur le thème sri lanka, mais sinon le le le titre un peu racoleur du du du reportage nous nous nous parle pas à nous, puisque ce n'est pas notre histoire.
Intervenant 1
Mais mais voilà, mes amis mes amis me disent, tu devrais regarder, ça peut être intéressant, enfin on sait jamais Tu avais prévu de regarder ou pas Pas du tout. Pas du tout. Je n'avais pas du tout prévu de regarder. Je, en fait je regarde
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je regarde le le replay au milieu de la nuit. Ah oui, parce que ça t'a quand même travaillé. En
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fait ça m'a travaillé,
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mais mais plus tard dans la soirée puisque
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j'étais jeune papa, 2 enfants en bas âge,
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rentrer du boulot, enfin toute le le
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le le rush habituel du soir et
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et et jusqu'à jusqu'à
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ce que tout le monde soit couché et que moi, je finisse par essayer d'aller me coucher.
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En fait ça ça ne marchait pas, il y avait quelque chose qui se passait, il fallait que il fallait que j'aille voir. Et qu'est-ce que tu as vu alors Et bien je vois ce reportage très très bien très bien présenté avec 2 filles qui sont déjà,
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qui vont être suivies jusqu'au Sri Lanka, donc on les voit chez elles dans leur vie quotidienne,
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dans leur ville ou respective
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et
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elles se retrouvent à l'aéroport puis elles partent avec cette équipe de de journalistes de de France 2 pour le Sri Lanka.
Intervenant 1
Mais au début du reportage, elle elle le thème semble déjà très avancé en fait. Elles ont déjà fait des recherches, elles savent déjà qu'elles qu'elles vont tomber sur des choses compliquées, qu'il y Il s'agit de filles qui ont qui ont fait partie de ces bébés volés. Absolument, de ces de ce trafic d'enfants
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de près ou de loin parce qu'il y a des cas multiples et
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et des cas plus ou moins graves et des des situations Donc elles vont se passer avec une équipe de journalistes. Comment à quel moment tu fais le lien avec ton histoire 10 minutes après le début du en fait où le le journaliste dit,
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il il présente le le
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la structure du reportage en fait, le la la temporalité du reportage, comment ça va se passer et et l'angle surtout en fait et il dit qu'ils ont en fait réussi à retrouver une
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1 des têtes du réseau de ce trafic d'enfants.
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Qui s'appelle madame Perera.
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Donc là pour moi c'est,
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pour moi c'est la descente puisque madame madame Perera, c'est la personne dont ma maman
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adoptive me parle depuis toujours.
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Qu'est-ce qu'elle t'a dit à propos de madame Perera C'était que c'était son ange, que c'était grâce à elle qu'elle m'avait eu, que cette dame, elle elle faisait le lien avec les associations françaises
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pour pour l'adoption au Sri Lanka, que c'était vraiment la la tête de de de l'adoption
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reconnue au Sri Lanka
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dans ces années-là.
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Et que toutes les familles ont une photo dans leur album de de du Sri Lanka avec madame Perera.
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Toi, avais une photo avec moi Ouais ouais, mais et puis mes parents, puis j'ai j'ai encore revu il n'y pas très longtemps la photo de ma mère avec et de mon père avec madame Perera. Et dans le reportage de France 2, qu'est-ce qu'on découvre On découvre que c'est une femme qui a 80
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quelques années, qui habite dans une très belle maison bien protégée,
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sur les hauteurs de Columbo,
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qui
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qu'a la vie qu'elle a eue grâce à son business et
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mais qu'elle est complètement détachée de de tout ça, qu'elle
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arrive à dire que pour elle, c'était un business comme un autre et qu'elle avait une famille à nourrir. Et c'était quoi son business précisément Son business c'était de récupérer les enfants et de de d'avoir des enfants,
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du stock d'enfants à confier à l'adoption en fait.
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On parle on parle d'un ouais on parle d'un business, elle touchait entre 5 et 20000 francs par enfant dans les années 80 au Sri Lanka, 5, 20000 francs. Enfin faut, quand on, c'est énorme quand on ramène
Intervenant 1
le les montants à l'époque
Intervenant 1
et et en plus elle elle touchait de l'argent de un peu partout puisqu'on se rend compte que la pension dans laquelle tous nos parents ont été hébergés, c'est une pension de sa famille à elle,
Intervenant 1
que les montants étaient assez exorbitants,
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que
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Enfin, c'est exactement le même schéma que ce que ma mère, ma maman
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adoptive me me raconte.
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Tu finis par mélanger moi. Ouais bien sûr. Forcément je finis par mélanger puisque
Intervenant 1
c'est
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d'un d'un côté il y a il y a la maman
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biologique alors que je vais généralement appeler ma mère parce que parce qu'il y ce c'est ce lien-là et puis ma maman adoptive qui est qui est ma maman qui m'a donné tout tout l'amour et tout ce qu'une maman donne à son à son fils ou à ses enfants.
Intervenant 2
Donc tu découvres dans ce reportage que cette madame Perera
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est en réalité pas du tout un ange gardien,
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qu'elle est à la tête d'un réseau de trafic d'enfants.
Intervenant 1
Et là tu comprends immédiatement que tu es concerné Oui oui je comprends tout de suite que je suis concerné.
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Moi j'ai des conditions un peu différentes parce que je viens de Colombo, donc je suis de la capitale,
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je n'ai pas été récupéré dans les campagnes un peu partout dans le Sri Lanka et stocké dans ce qu'ils vont appeler des baby farm.
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C'est vraiment le les termes qui sont employés
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dans dans le reportage et par et par après tous tous tous les gens qui vont investiguer à ce niveau-là, mais c'est des baby-farm. Alors moi, je n'ai pas eu ce je n'ai pas eu ce cas-là, ça a été très rapide puisque j'étais adopté, j'avais 15 jours.
Intervenant 1
Et
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et par la suite je vais découvrir vraiment à l'âge auquel j'ai été, je ne pas si on peut même pas appeler ça un âge, mais voilà, je vais le découvrir plus tard. Tu viens nous le raconter après, d'abord cette ressource en ce moment qui qui est hallucinant,
Intervenant 2
question idiote, mais comment tu te sens, c'est-à-dire qu'en fait
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j'imagine que ton ton ton identité, enfin ton histoire s'effondre en fait enfin sur le Ouais mon s'effondre
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et
Intervenant 1
mais en même temps
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il y a quelque chose qui va changer à tout jamais dans dans ma vie et dans mon et dans mon histoire. Qui je suis en fait. Qui
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je suis, d'où je viens et et je vais enfin et je vais enfin à 35 35 ans m'intéresser
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à
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mes origines, chose que je n'avais jamais fait avant.
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Vraiment, j'ai j'ai voyagé pendant de nombreuses années, j'ai parcouru
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toute la zone Asie-Pacifique
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en long, en large et en travers et je suis jamais allé au Sri Lanka.
Intervenant 2
Tu avais quoi comme rapport avec le Sri Lanka Aucun.
Intervenant 1
Absolument aucun.
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Je
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savais que c'était un beau pays avec des éléphants et vraiment c'était,
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pour moi c'était,
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enfin ça représentait pas grand-chose.
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Je je disais que je venais du Sri Lanka, mais que j'avais pas d'histoire et puis
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j'avais j'avais pas envie de commencer à tisser une histoire qui était en fait pas vraie. Je savais que j'avais été adopté, que mes parents avaient soi-disant rencontré ma mère biologique et
Intervenant 1
et
Intervenant 2
voilà. Et c'était qui soi-disant ta mère biologique C'était les mères actrices.
Intervenant 1
Parce qu'on a, ce qu'on va appeler dans le reportage des mères actrices,
Intervenant 1
ce n'était pas ma mère.
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Incroyable. C'était une dame qui était là pour faire la photo avec
Intervenant 1
avec les parents
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adoptifs
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pour faire le souvenir. Toi tu avais cette photo Ouais je, ce n'est même plus, ce n'est même pas une photo, c'est c'est un diapo, une diapo. Oui, une diapo et tu as tu avais donc ce visage qui n'était pas le vrai visage de ta mère biologique en tête. Non. Qu'est-ce qui va se passer Tu vas appeler ta mère tout de suite, on est en pleine nuit là. Ouais on est en pleine nuit, je réveille mon ex-femme d'abord,
Intervenant 1
qui comprend tout de suite qu'il se passe quelque chose. Et puis
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ma maman se levant très tôt le matin, je l'appelle, je pense que je crois qu'avant qu'on démarre la journée, il est 6 heures du matin. 6 heures et demie.
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Qu'elle dit ta mère Elle me dit, je t'avais dit de ne regarder, mais je dis, mais maman, faut que tu regardes puisque dedans on parle de madame Perera
Intervenant 1
et que ce n'est pas la belle personne que tu as crue et qu'on croyait que c'était.
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Et et voilà et elle elle me ralentit
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tout de suite parce qu'elle a sa journée à faire, elle part au boulot, elle sait que moi aussi derrière, il y a les enfants, l'école, le travail, enfin que qu'en fait la vie va continuer à avancer, donc elle me connaît aussi, elle sait que je suis capable de de de me mettre très rapidement dans un tunnel et et de de de me bloquer là-dessus, donc elle me ralentit tout de suite, elle me dit je vais regarder ça ce soir, ne t'inquiète pas et
Intervenant 1
et et et je t'appelle, tu es que j'ai regardé. Et alors La journée a dû être interminable.
Intervenant 1
Ouais, la journée était interminable et puis en même temps je me rends, je ne me rendais pas vraiment compte, mais je crois que j'ai regardé,
Intervenant 1
il y a un peu, il y a peu d'amnésie traumatique derrière tout ça. Ouais, je pense que, mais il me semble que j'ai regardé pendant la journée, ne serait-ce qu'avec mon ex-femme, j'ai regardé
Intervenant 1
des passages dans la journée où je lui montre, je lui explique, je lui dis regarde là, ma mère m'a raconté exactement la même chose, c'est en plus il y a énormément d'images des années 80 qui ont dû être fournies par les parents des 2 filles qui étaient suivies. Donc c'était des images
Intervenant 1
totalement similaires
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à à celles que j'ai vues dans les albums photos.
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Et en plus parce qu'il y avait aussi un énorme effet de mode vestimentaire
Intervenant 1
et de tenue enfin,
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je voyais mes parents en fait dans ce dans ce Et là en fait, tu te rends compte qu'il s'agit d'un trafic, c'est quoi C'est toutes les années 80, est-ce qu'on sait combien d'enfants sont concernés On sait on sait au bas mot que l'adoption au Sri Lanka,
Intervenant 1
je parle pas de trafic, mais l'adoption au Sri Lanka a été de 2500 enfants sur la France et 14000 sur l'Europe.
Intervenant 1
Là-dedans Dans les années 80. Dans les années 80.
Intervenant 1
Là-dedans,
Intervenant 1
on n'arrive pas encore à définir,
Intervenant 1
on arrive on on n'arrive pas encore à définir quel est le le niveau de de trafic,
Intervenant 1
mais généralement,
Intervenant 1
quand on a écrit madame Perera dans son dossier
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où
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il y a 3 juges qui ont été concernés au Sri Lanka par tout ça et 2 ou 3 hôpitaux, je ne me rappelle plus, Généralement,
Intervenant 1
c'est que c'est qu'il y a quelque chose qui s'est passé.
Intervenant 2
Ta mère, elle va elle va te rappeler, elle a tout gardé, tes parents ont tout gardé en fait. Ouais ouais absolument, mon père était ultra procédurier et
Intervenant 1
et et ma et ma mère est ma mère est toute seule, mon père est décédé,
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ma ma mère est toute seule, donc, mais c'est des choses qui sont gardées dans dans la famille, dans les dossiers de famille bien précieusement parce que Et alors qu'est-ce que tu vas du coup découvrir
Intervenant 1
ou redécouvrir avec elle dans ce dossier Déjà je découvre que j'ai un passeport du Sri Lanka, chose que je ne savais pas, mais en fait pour sortir d'un pays il faut un passeport
Intervenant 1
et puis en regardant ce passeport on regarde la photo et on se dit mais
Intervenant 1
c'est pas un bébé qui a 15 jours sur ce passeport, c'est un bébé qui est un peu plus âgé enfin
Intervenant 1
on a comme l'impression que c'était une photo qui avait été prise dans une pile et qui avait été agrafée sur
Intervenant 1
ce passeport. Et c'était pas toi en fait évidemment. Ce n'est pas vraiment moi, on on n'arrive pas à définir.
Intervenant 1
Et puis, je découvre
Intervenant 1
des actes de naissance, des traductions approximatives
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et puis tout tout ce que ça a coûté à mes parents en fait. Et ça a coûté combien
Intervenant 1
Je n'ai pas, je pense qu'au total, ça leur a coûté 50000 francs à l'époque,
Intervenant 1
entre toutes les démarches, le voyage sur place et
Intervenant 1
et ce qu'ils ont, ce qui a été donné comme frais soi-disant
Intervenant 1
C'est énorme pour l'époque hein. Mais c'est énorme, c'est c'est énorme et puis si on parle de de 2500 enfants sur la France,
Intervenant 1
à hauteur de
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30, 50000 francs peu importe mais ne serait-ce que le voyage pour aller sur place à l'époque en fait, on est on est dans les années 80 et on part on part dans à l'autre bout du monde quoi. Ouais. Mais c'est vachement dur pour toi de de découvrir aussi un prix,
Intervenant 1
tu vois de de Ouais, mais je fais pas encore tous ces liens-là. Non, je ne fais pas encore tous tous ces liens parce que je je n'ai pas encore approfondi,
Intervenant 1
je n'ai pas encore vraiment Sur le coup, tu es vraiment en train de chercher ce qui s'est passé quoi. Oui, puis en fait je découvre, en fait je ne cherche même pas encore parce que je découvre mon dossier là, je je
Intervenant 1
ne m'y étais absolument jamais intéressé, mais vraiment
Intervenant 2
jamais. Qu'est-ce qui va se passer après
Intervenant 1
Après après moi je suis
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je suis aussi une génération tout tout de suite et il faut que ça évite.
Intervenant 1
Je suis très impatient donc il va falloir que je trouve des réponses
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très très rapidement
Intervenant 1
à est-ce que mes documents sont vrais, est-ce que
Intervenant 1
et qu'est-ce qui s'est passé en fait. Et
Intervenant 1
du coup dans ce dans ce reportage d'Envoyé spécial sur France 2,
Intervenant 1
1 des 2 filles qui s'appelle Céline
Intervenant 1
a lancé une page qui s'appelle Sri
Intervenant 1
Lanka. Donc je la contacte tout de suite,
Intervenant 1
c'est le tout début,
Intervenant 1
donc elle elle n'est pas encore débordée puisque maintenant
Intervenant 1
elle est complètement sous l'eau puisque bien s'il y plus de 100000 enfants oui. Elle a une elle a une
Intervenant 1
2500.
Intervenant 1
La demande, enfin la demande est énorme et et tous les enfants du Sri Lanka veulent savoir ce qui s'est passé. Bien sûr. Et je dis les enfants, maintenant on est tous des adultes, on n'est plus des enfants, donc tous les adultes qui sont nés au Sri Lanka veulent savoir ce qui s'est passé dans leur vie.
Intervenant 1
Donc moi
Intervenant 1
au moment où je lui demande, ça va très très vite, elle me répond, je pense presque en instantané
Intervenant 1
C'est une chance. C'est une vraie chance. Ouais. Non c'est une vraie chance et et en fait au final, ça aurait pu être quelqu'un d'autre qui sera ma place ce soir,
Intervenant 1
qui aurait pu réagir plus vite, qui aurait essayé de trouver les mots plus rapidement, mais mais c'est, là c'est moi pour le coup,
Intervenant 1
elle me dit écoute, envoie-moi tout ce que tu as, si tu as de la chance d'avoir ton dossier,
Intervenant 1
vas-y, envoie-moi tout et et je vais faire
Intervenant 1
analyser
Intervenant 1
par Andrew, donc c'est la 1re fois que j'entends ce prénom, c'est quelqu'un qui va être
Intervenant 1
extrêmement important dans dans dans toute cette histoire. Pourquoi
Intervenant 1
Parce que c'est quelqu'un qui est,
Intervenant 1
pardon,
Intervenant 1
qui a été, je pense,
Intervenant 1
qui a une cinquantaine d'années,
Intervenant 1
qui a été touché, je pense, de de près ou de loin par l'adoption, on ne saura jamais Tu ne sais pas, il ne t'a jamais raconté
Intervenant 1
C'est quelqu'un d'hyper pudique,
Intervenant 1
mais en même temps très paternaliste avec nous.
Intervenant 1
Je vais le
Intervenant 1
savoir par la suite, mais mais voilà, c'est la 1re fois que j'entends ce prénom, donc je lui fais totalement confiance à Céline, je lui envoie tous mes documents. Tu es ému en, juste en citant son prénom, c'est incroyable.
Intervenant 1
Ouais.
Intervenant 1
Parce qu'en fait, tu te, c'est un peu le,
Intervenant 1
c'est un peu le, c'est un peu mon papa du Sri Lanka en fait. C'est un peu lui qui prend, qui va prendre ce rôle
Intervenant 1
quand j'ai des amis qui partent au Sri Lanka, il est guide.
Intervenant 1
Donc je les envoie tous vers Andrew et c'est des gens qui me disent, mais ce mec est,
Intervenant 1
ce mec est incroyable.
Intervenant 2
Et qu'est-ce qu'il a fait dans ta vie pour t'aider ensuite dans la
Intervenant 1
dans l'enquête en fait Parce que c'est une vraie enquête. En fait, lui, est capable, il a été capable de déjà de voir que dans les traductions, ce n'était pas tout n'était pas
Intervenant 1
n'était pas correct, qu'il y avait beaucoup de de manquants dans les surtout sur les la partie srianquaise de mon dossier.
Intervenant 1
Et puis voilà, il me dit,
Intervenant 1
c'est les mêmes juges et les les mêmes le même hôpital que que les filles
Intervenant 1
on Il vient confirmer en fait. Il vient confirmer, voilà. Et et tout ce qu'il va me dire, c'est que j'ai beaucoup de chance parce que
Intervenant 1
parce que l'adresse
Intervenant 1
l'adresse
Intervenant 1
de ma de ma mère
Intervenant 1
biologique est est une vraie adresse
Intervenant 1
et son identité
Intervenant 1
paraît plus ou moins réelle. Parce qu'il y un nom quand même. Il y a un nom, non il y a un prénom.
Intervenant 1
Donc il va aller vérifier
Intervenant 1
sur place parce que lui il n'est pas loin. Ah ouais il y va. Ça lui demande pas de traverser le Sri Lanka parce que ça après il va le faire mais dans des cas bien bien particuliers et du coup il y va, il me dit je je j'y vais, je vais vérifier
Intervenant 1
Et du coup, il rencontre,
Intervenant 1
il rencontre lui une 1re fois
Intervenant 1
toute toute cette
Intervenant 2
soi-disant famille biologique pour moi. Mais comment il se présente Attends, arrive,
Intervenant 2
c'est quoi Ça fait 30 37 ans 30 ans.
Intervenant 1
Franchement je sais je sais Ouais il t'a il t'a pas raconté. Non je sais pas comment il fait.
Intervenant 1
Je on sait que ça a fait beaucoup de bruit dans au Sri Lanka puisque puisque c'est des choses qui sortent là en ce moment.
Intervenant 1
Donc
Intervenant 1
lui il y va je pense un peu un peu au clos en fait et il dit, j'ai ce dossier, j'ai ce garçon-là, cette photo,
Intervenant 1
il a 35 ans et et j'ai sur les documents de naissance,
Intervenant 1
Syriani, cette dame qui serait soi-disant sa maman, est-ce qu'elle habite ici
Intervenant 1
Et donc on lui répond que oui, elle habite ici,
Intervenant 1
mais elle au 1er abord, elle nie complètement avoir eu un enfant. Pourquoi
Intervenant 1
Parce que personne n'était au courant, elle avait 16 ans. Je pense que c'était plus ou moins un déni de grossesse et que,
Intervenant 1
il faut savoir que les enfants qui ont été,
Intervenant 1
la plupart des enfants qui ont été adoptés au Sri Lanka, c'est des enfants qui qui qui ne sont pas nés de l'amour, enfin qui ne sont pas nés d'un d'un mariage, c'est des enfants nés hors mariage,
Intervenant 1
dans des conditions un peu particulières
Intervenant 1
généralement.
Intervenant 1
Pour pas pour pas dire de viol, pour pas, enfin, parce qu'on n'en sait rien vraiment, c'est des choses qui restent assez taboues et mais on sait bien que ce n'est pas un couple qui vient de se marier et qui a un enfant qui,
Intervenant 1
à qui il va arriver ça. C'est souvent des histoires dures. C'est souvent des histoires dures derrière, ma ma mère biologique avait 16 ans, donc, donc au
Intervenant 1
au 1er abord elle dit que non, n'est pas elle, désolé voilà.
Intervenant 1
Andrew me dit ça, il me dit mais ne t'inquiète pas,
Intervenant 1
je sais qu'on va me rappeler parce que je sais que c'est elle
Intervenant 1
et parce que parce que je pense qu'au feeling et la façon dont elle a réagi, il l'a vu. Il a compris. Mais qu'elle elle avait besoin,
Intervenant 1
elle avait besoin de, de l'avouer à sa famille en fait et de le dire et
Intervenant 1
elle a 7 soeurs, 3 frères,
Intervenant 1
un nouveau mari,
Intervenant 1
un fils.
Intervenant 1
Donc je pense qu'elle a été prise
Intervenant 1
sur le sur le le fait comme ça Et puis de cours complètement.
Intervenant 1
Donc voilà, donc on attend on attend un peu et puis et puis et puis ouais, elles elles finissent par rappeler en fait, c'est un de ses frères. Ah, c'est, ils ont rappelé. Ouais ouais, c'est un de ses frères qui finit par rappeler, mais 3 semaines après, donc du coup C'est interminable au jour. Dans le temps, le reportage est au mois de mai,
Intervenant 1
ce rappel arrive au mois de septembre à peu près. C'est hyper long. C'est hyper long. Puis il se passe, en fait il se passe tout,
Intervenant 1
et à cette période, je suis pas, je ne suis pas salarié, je viens de,
Intervenant 1
je viens de vendre mon entreprise, enfin, j'avais des restaurants et tout ça, et
Intervenant 1
et je suis très seul malgré que je suis hyper bien entouré, mais je ne suis pas dans ce truc de d'entreprise où je peux raconter mon histoire à mes collègues ou ou j'ai des gens qui interviennent
Intervenant 1
comme dans ma boîte maintenant où les gens sont très proches de mon histoire,
Intervenant 1
là
Intervenant 1
là c'est, y a, ah je suis un peu je suis un désolé, absolument.
Intervenant 2
Donc tu as ce, Andrew à ce coup de fil,
Intervenant 1
là donc c'est ton oncle biologique qui va rappeler et qui va dire quoi Qui va dire Qui va dire oui qui, je pense qu'il est, je n'ai pas la conversation parce que c'est avec Andrew mais qui va dire à Andrew
Intervenant 1
oui oui c'est bien elle, elle nous a elle nous a avoué alors
Intervenant 1
je sais pas comment, je sais pas pourquoi, je sais pas dans quelles conditions, mais elle a dit, elle a dit que c'était elle,
Intervenant 1
effectivement qu'elle avait eu un bébé en 84,
Intervenant 1
que que que c'était Et tu as fini par en savoir un peu plus en fait, on lui a vraiment volé son bébé. On l'a Mais ça, ça je le saurais que quand je vais aller au Sri Lanka sur place,
Intervenant 1
que qu'on va, qu'on va me le raconter en fait ce qui s'est passé. Parce qu'entre entre tout ça, le seul moyen de valider
Intervenant 1
une maternité, enfin un lien familial, c'est un test ADN. Ah tu as fait. On, on est, en fait on est obligé puisque,
Intervenant 1
en fait ça peut être, ça peut être très facile, c'est arrivé, il y eu des cas où la famille disait que oui oui, c'est bien nous, c'est bien moi la mère,
Intervenant 1
Et puis jusqu'à
Intervenant 1
la rencontre, oui oui, tout va bien. Et puis on fait un test ADN quand même sur place et et le test ADN, il ne matche pas. Ok. Tu as fait un test avant de la rencontrer Moi, j'ai fait un test avant de partir. Ok. Et quand on quand on achète un test, on en achète un 2e
Intervenant 1
pour Pour jamais. Pour mère, pour notre mère biologique. D'accord. Que j'envoie à Andrew,
Intervenant 1
que Andrew amène à ma mère biologique, elle le fait. Et là, on est mi-octobre,
Intervenant 1
je n'en peux plus, j'en ai marre. Et je je dis à mon ex-femme, écoute, il faut que, il faut que j'y aille, il faut que je prenne des billets d'avion.
Intervenant 1
On va arriver fin d'année, ça va être Noël, enfin
Intervenant 1
Je veux y aller. Je veux y aller maintenant et et
Intervenant 1
début novembre
Intervenant 1
début novembre, je prends l'avion
Intervenant 1
2019 et je prends l'avion et je et je pars je pars au Slovta. Tu pars tout seul au Slovta. Je pars tout seul absolument.
Intervenant 2
Et C'est un vrai choix. Comment tu t'es senti déjà rien qu'en arrivant dans le pays
Intervenant 1
Je suis passé par tellement d'étapes à Dubaï, j'ai failli faire demi-tour,
Intervenant 1
parce qu'en
Intervenant 1
fait, je me suis dans quoi je m'embarque,
Intervenant 1
j'assume pas, attends, suis pas prêt,
Intervenant 1
et bon, j'avais quand même ne serait-ce que ma maman, ma soeur, mon ex-femme qui était là derrière, non non il faut y aller. Donc j'arrive à Columbo
Intervenant 1
et Columbo
Intervenant 1
alors c'est c'est c'est anecdotique parce que j'ai des gros, on a des gros problèmes de sécheresse de peau ici puisque notre notre métabolisme
Intervenant 1
est pas fait pour vivre dans ce climat, on on a besoin d'un climat avec 70 pour 100 d'humidité minimum.
Intervenant 1
Donc on est des très gros consommateurs de crèmes pour peau atopique et ce genre de choses. Et quand on arrive au Sri Lanka, notre peau s'hydrate
Intervenant 1
quasiment instantanément.
Intervenant 1
Ah, tu as senti une différence Ah, j'ai j'ai j'ai pas la peau sèche quoi. Je suis parti parce que je je
Intervenant 1
ne fais pas très attention
Intervenant 1
à l'état de ma peau au au milieu de l'hiver, enfin au début d'hiver, donc, mais je sens tout de suite que ma peau ma peau s'hydrate
Intervenant 2
instantanément avec le climat. Tu t'es reconnecté quoi, tu as une connexion Ouais
Intervenant 1
complètement. C'est c'est physique,
Intervenant 1
c'est,
Intervenant 1
faut faut penser à un déracinement en fait. C'est c'est c'est un c'est un arbre qui a du mal à pousser parce qu'on l'a pris dans un pays et qu'on a essayé de le planter dans un autre pays et cet arbre a du mal à pousser quand on le ramène dans son dans son dans sa terre d'origine, et bien et bien d'un coup d'un coup ça ça pousse quoi.
Intervenant 1
Donc c'est vraiment, c'est c'est c'est quasiment instantané à la sortie de l'avion puisqu'il n'y a pas de il n'y pas de couloir pour sortir, on sort quasiment sur le tarmac donc
Intervenant 1
donc c'est
Intervenant 1
c'est c'est instantané et je et je m'en doutais puisque j'avais habité en Polynésie française avant
Intervenant 1
et ça m'avait fait exactement la même chose puisque on arrive dans un pays où il y a presque 90 pour 100 de taux d'humidité,
Intervenant 1
et je, et ça m'avait fait la la même sensation.
Intervenant 1
Donc,
Intervenant 1
donc ça c'est c'est le 1er c'est le 1er truc vraiment Ouais, tu as une sensation physique en arrivant. Ouais absolument. Que tu ressens d'autre Comment tu te sens Après, je suis accueilli vraiment. Ouais. Ouais, je suis accueilli parce que je suis accueilli ne serait-ce que par la par la douane, par par le ce douanier qui en fait
Intervenant 1
va marquer mon arrivée sur sur ce territoire et dans ce pays qui est le mien et et qui qui sort de son de son de son de son bureau et qui me prend dans ses bras et qui me dit bienvenue au pays. Mais non. Ouais ouais, parce qu'il a compris en fait tout de suite
Intervenant 1
voit mon passeport plein de tampons,
Intervenant 1
je suis presque je suis pas Sri Lankais, enfin je suis pas un je suis pas un enfant
Intervenant 1
qui a grandi ici, il voit bien que j'ai voyagé, que j'ai des des des attitudes
Intervenant 1
européennes
Intervenant 1
très marquées
Intervenant 1
et et il comprend tout de suite que je suis jamais venu au Sri Lanka en fait.
Intervenant 1
Mais c'est attends, mais quand ce mec te prend dans les bras, tu es en larmes en fait. Ouais, je suis ouais, je suis en larmes et puis en même temps, je suis je suis tellement content parce que j'ai jamais passé une douane aussi facilement que je suis
Intervenant 1
c'est, je suis super, je suis hyper content parce que ça n'a rien à voir avec Los Angeles border ou New York ou ou ces douanes où j'ai j'ai raté des avions, où j'ai attendu des heures parce que Tu paraissais suspect à leurs yeux quoi. Que je m'appelle Thomas Kadoringas Prady-Pnamal,
Intervenant 1
parce que j'ai encore mes noms du Sri Lanka sur ma sur mon état civil. Donc
Intervenant 1
ouais, c'est c'est toujours très très compliqué à expliquer,
Intervenant 1
même avec un joli passeport français.
Intervenant 1
Et ce douanier te prend dans les bras Et il me dit bienvenue au pays, j'arrive et c'est Andrew qui m'a Tu descends chez toi. Ouais, je suis chez moi. Ouais. Je suis chez moi, mais en même temps, j'ai aussi ce regard des gens,
Intervenant 1
des des locaux
Intervenant 1
très,
Intervenant 1
alors
Intervenant 1
très important. Je un en fait, c'est
Intervenant 1
un peu, c'est un peu le terme. C'est un peu le terme parce que ma couleur de peau, elle ne trompe pas,
Intervenant 1
mais mes mes attitudes,
Intervenant 1
mes vêtements,
Intervenant 1
mon mon sac à dos,
Intervenant 1
mon sac à dos Je
Intervenant 1
s'assoie.
Intervenant 2
C'est écrit, c'est écrit sur sur mon fond. Andrew t'accueille, est-ce que tu pars immédiatement voir ta mère biologique
Intervenant 1
Non non pas du tout, sauf qu'il
Intervenant 1
me dit en fait,
Intervenant 1
je viens de recevoir les tests ADN,
Intervenant 1
là tu descends de l'avion, ça vient de tomber, donc moi je, en même temps je check mes emails et je vois qu'effectivement c'est tombé, donc c'est c'est validé à 99.9
Intervenant 1
pour 100, donc c'est ma mère biologique,
Intervenant 1
Ça, on est bien d'accord là-dessus et
Intervenant 1
Andrew me dit attends,
Intervenant 1
je je t'emmène à Négombo. Négombo en fait, c'est c'est une 1 station balnéaire
Intervenant 1
où où les touristes soit arrivent, soit repartent avant de de prendre ou l'avion.
Intervenant 1
Ça permet de s'acclimater gentiment
Intervenant 1
au pays, même si le Sri Lanka n'est pas du tout un voyage difficile.
Intervenant 1
Ça permet de s'acclimater, de rentrer dans le truc tranquillement et surtout pour moi en fait, parce que je vais vivre
Intervenant 1
le changement, l'histoire de ma vie 3 jours après Mais
Intervenant 1
c'est les 3 jours, c'est pas les 3 jours les plus longs, mais c'est 3 jours très longs parce que d'une il y a le
Intervenant 1
jetlag, je suis je hyper fatigué,
Intervenant 1
mais en même temps, je suis hyper émerveillé du pays et et
Intervenant 1
enfin,
Intervenant 1
tout se mélange,
Intervenant 1
tout se mélange, mais je sais que ça va arriver très rapidement. Comment ça s'est passé
Intervenant 1
Ce jour j Il vient me chercher un matin et il me dit,
Intervenant 1
écoute, y beaucoup d'embouteillages,
Intervenant 1
on a au moins
Intervenant 1
2 heures, 2 heures et demie de route. C'est le sud de Colombo. Au sud de Colombo. Et là, on est au nord, vraiment nord nord de Colombo.
Intervenant 1
Donc on traverse
Intervenant 1
Columbo,
Intervenant 1
qui est aussi une ville que, qu'en fait que je ne connaissais pas, mais qui est qui est une qui est une
Intervenant 1
mégalopole comme une autre avec ses buildings, avec son centre des affaires, avec Donc c'est hyper long, as un trajet hyper long.
Intervenant 1
Tu vois cette ville C'est très long,
Intervenant 1
absolument. La banlieue. Ouais, le périph, la côte,
Intervenant 1
enfin tout et
Intervenant 1
en fait, à un moment sur le périph, il me dit,
Intervenant 1
ça va être là à gauche. Il doit avoir le coeur
Intervenant 2
12000 à l'heure. 12
Intervenant 1
puis et puis voilà, je je me rappelle qu'à ce moment-là, je reçois une 1 vidéo de mes enfants
Intervenant 1
qui qui partent à l'école en fait. Donc j'ai aussi
Intervenant 1
j'ai aussi ma vie en parallèle
Intervenant 1
et et il y ça qui va arriver. Je suis tout seul à le vivre, mais en même temps j'ai besoin d'être seul,
Intervenant 1
mais en même temps j'aurais aimé le partager.
Intervenant 1
Enfin c'est, c'est c'est très, c'est c'est très mélangé, puis en plus c'est un peu, c'est un peu schizophrène comme comme sensation et comme
Intervenant 2
comme comme chose qui va arriver dans une vie quoi. Qu'est-ce que tu as comme souvenir quand tu sors de cette voiture
Intervenant 1
En fait, on
Intervenant 1
arrive dans cette toute petite rue qui n'est pas du tout un lieu touristique,
Intervenant 1
qui est le,
Intervenant 1
qui est, je ne vais pas dire les les bas les bas-fonds de Columbo, mais c'est c'est le, c'est un peu la la triste réalité.
Intervenant 1
Et
Intervenant 1
il y a il y a toute ma famille biologique
Intervenant 1
devant devant cette devant ce pâté de maison, parce qu'en fait, ils habitent tous sur le même au même sur le même pâté de maison.
Intervenant 1
Et au milieu de tout ça, il y a
Intervenant 1
il y ma mère biologique.
Intervenant 1
Et je pense que
Intervenant 1
personne n'a eu besoin de m'expliquer, Andrew n'a pas eu besoin de me dire, c'est la dame là-bas avec la robe noire,
Intervenant 1
enfin j'ai j'ai compris tout de suite qui c'était et je sors de la voiture et et je la prends dans mes bras et et c'est les retrouvailles d'une vie. C'est incroyable. Vous
Intervenant 1
vous avez pu vous parler On ne se parle pas parce qu'elle elle parle elle parle que cingalais,
Intervenant 1
elle n'est pas elle n'a pas aucune notion d'anglais,
Intervenant 1
mais mais les yeux ça veut dire beaucoup en fait,
Intervenant 1
les yeux et le toucher parce que et l'odeur et et toutes ces choses qui vont,
Intervenant 1
qu'on a depuis la naissance
Intervenant 1
quand quand quand on vit avec avec
Intervenant 1
sa famille biologique,
Intervenant 1
quand on vit pas avec sa famille biologique,
Intervenant 1
j'ai, il n'y rien de dénigrant là-dedans, mais on n'a pas tout ça. Malgré
Intervenant 1
tout l'amour et et
Intervenant 1
toute la chance et tout ce que j'ai et tout ce que tout ce que je peux avoir maintenant,
Intervenant 1
Je ne remercierai jamais assez
Intervenant 1
ma mère et ma famille adoptive pour tout ça, mais
Intervenant 1
mais il y a quelque chose que je n'ai pas eu et et là je le retrouve. Et donc d'un coup, tu as cette connexion.
Intervenant 1
Instantanément.
Intervenant 1
Instantanément. Ouais c'est instantané, je peux je peux pas je peux pas le nier, c'est instantané, c'est
Intervenant 1
c'est instantané.
Intervenant 1
Moi je suis je suis aussi beaucoup dans la retenue parce que j'ai pas j'ai
Intervenant 1
j'ai pas tous ces codes qu'il y a là-bas de la relation avec la maman, qui est qui sont la maman qui est très sacralisée là-bas en fait et
Intervenant 1
mais mais je n'ai pas tous ces codes, donc je me rends compte qu'elle a aussi besoin
Intervenant 1
de m'avoir sur ses genoux,
Intervenant 1
de de me nourrir.
Intervenant 1
Ouais, puisqu'elle ne l'a pas fait elle en fait. Donc je sens qu'ils ont mis les petits plats dans les grands, qu'il y a des, il y de la il y de la viande, il y du, enfin il y a du poulet que je pense
Intervenant 1
clairement qu'ils en mangent quasiment jamais. Donc ouais, enfin c'est Et tu parles de cette odeur, du toucher,
Intervenant 2
c'est vrai qu'il y a ça avec les mamans, c'est juste.
Intervenant 2
Tu as l'impression de reconnaître
Intervenant 1
Je peux pas dire que je reconnais,
Intervenant 1
mais je je c'est ça m'est pas ça m'est pas inconnu.
Intervenant 1
C'est une odeur
Intervenant 1
que j'ai eue
Intervenant 1
très peu puisque je vais découvrir ensuite ma
Intervenant 1
vraie histoire.
Intervenant 1
Mais il y ce lien,
Intervenant 1
c'est le lien maternel en fait. Fait, il y un avant, un après quoi. Ouais, y un avant, un après et puis et puis
Intervenant 1
je
Intervenant 1
pense que je l'ai senti avec mes enfants quand ils sont nés.
Intervenant 1
Et en fait, on s'en rend, ça a aussi beaucoup aidé dans mes dans mes recherches de d'origine.
Intervenant 1
Mais c'est en fait ce ce lien qu'on a avec nos enfants de
Intervenant 1
de l'odeur
Intervenant 1
que que quand on va les réveiller le matin,
Intervenant 1
ils savent que c'est soit papa, soit maman,
Intervenant 1
ne serait-ce que par l'odeur.
Intervenant 1
Donc donc je, ouais, je découvre ça clairement.
Intervenant 2
C'est c'est, et on comprend ton émotion.
Intervenant 2
C'est
Intervenant 2
hallucinant et c'est très joli en même temps de parler de cette odeur parce que
Intervenant 2
tu as, je je t'ai entendu dire, c'est la 1re fois que je j'ai ressemblé à quelqu'un aussi. Aussi, alors c'est ça ça ça c'est une grande partie de ma vie l'identité
Intervenant 1
et
Intervenant 1
et
Intervenant 1
et je pense que la la grande partie de mes crises en fait ont été des crises
Intervenant 1
d'identité.
Intervenant 1
Alors j'ai j'ai pas envie d'employer identitaire parce que pour le moment ça a d'autres significations,
Intervenant 1
mais mais mais c'est vraiment des crises d'identité parce que parce que je n'avais jamais jamais absolument jamais ressemblé à personne. Et là quand tu la regardes, tu t'es,
Intervenant 2
tu t'es dit quoi Tu as tu vu une ressemblance Il n'y pas vraiment une ressemblance
Intervenant 1
physique
Intervenant 1
flagrante.
Intervenant 1
Alors après, quand tout ça va va s'apaiser, qu'on va s'asseoir tous avec la famille,
Intervenant 1
je les vois qui qui rigolent un peu et puis je ne comprends pas et et j'ai des cousines, j'ai 2, notamment 2 de mes cousines qui parlent couramment anglais, qui sont bilingues, donc c'est elles qui vont faire tout travail de traduction.
Intervenant 1
Et elles me disent, ils sont en train de dire que tu es le sosie du grand-père
Intervenant 1
et que tu es le seul.
Intervenant 1
Et là, ils me sortent une
Intervenant 1
vieille photo en noir et blanc de en en 30 par 50
Intervenant 1
qu'ils ont dans un cadre, je pense depuis
Intervenant 2
40 ans. Ouais, je vois bien. Vraiment,
Intervenant 1
et c'est vrai qu'ils me montrent cette photo
Intervenant 1
et c'est absolument
Intervenant 1
moi à l'instant où il me, où j'a, où je suis au Sri Lanka, c'est déjà avoir 40 ans à ce moment-là et j'en ai 35 et et c'est vrai que, c'est vrai que je peux pas nier que je ressemble vraiment au grand-père et c'est, et là je les vois tous que,
Intervenant 1
ils ils disent, mes cousines me disent,
Intervenant 1
les oncles sont
Intervenant 1
sont parce que tu es le seul. Leur fils n'aurait ne ressemble pas au grand-père et tu es vraiment le seul à avoir ce, c'est très très fin
Intervenant 1
et et ce n'est
Intervenant 1
ce n'est aquilain comme on pourrait dire et et enfin il y a il y a vraiment ce cette ressemblance.
Intervenant 1
Et tu dis elle te prend sur les genoux sur le coup Ouais absolument elle me prend sur ses genoux. Et ça doit être curieux parce que dans c'est une inconnue non enfin ça C'est très curieux. La proximité physique doit être surprenante quoi. C'est très curieux et puis et puis il y a il y a cette et puis c'est c'est c'est l'été, il fait très chaud, ils habitent dans des dans des maisons en
Intervenant 1
parpaing, mais qui sont qui où il fait très chaud et et il y a cette ouais, cette proximité où où nous, on n'est pas
Intervenant 1
on n'est pas vraiment habitué. Enfin moi, j'étais, je je ne monte plus sur les genoux de ma mère depuis très longtemps quoi. Donc là, c'était c'était assez particulier, mais je sentais vraiment qu'il y avait ce besoin et je voyais le regard de mes cousines
Intervenant 1
en gros qui me disaient vas-y
Intervenant 1
fais-le parce que parce que c'est important et et puis là, pareil, elle prend à manger, elle me nourrit
Intervenant 1
vraiment à la main comme ça. Ah oui, elle t'a nourri elle. Ouais ouais, elle m'a nourri comme ça à la main. Ouais ouais.
Intervenant 1
Et voilà donc tout ça se passe et puis mes puis mes cousines en viennent à me raconter
Intervenant 1
ce qui s'est passé parce que Alors qu'est-ce qui s'est passé donc Elle a accouché de toi Elle a accouché de moi À l'âge de 16 ans. À l'âge de 16 ans et Et tu lui as été retiré. Quand j'avais un jour.
Intervenant 1
Donc en gros
Intervenant 1
On ne lui a rien dit. On lui a dit si merci,
Intervenant 1
tiens un ticket de bus et puis
Intervenant 1
quelques roupies et puis tu peux rentrer chez toi. Mais elle, elle n'avait pas la volonté
Intervenant 1
Parce qu'elle n'avait pas l'âge ni la force ni quoi que ce soit. Elle elle elle aurait, si
Intervenant 1
j'ai bien compris, elle elle elle m'aurait gardé.
Intervenant 1
Mais en fait, elle n'avait pas, elle n'a pas eu le choix que de que de me laisser parce que je pense qu'il y a eu un, c'est
Intervenant 1
des suppositions et pas Et tu soupçonnes ton père biologique, c'est ça d'avoir Ouais, y a il y un lien avec mon père biologique qui était
Intervenant 1
qui était pas qui était pas clair dans mon par rapport au lien qu'il y avait avec madame Perera et et toutes ses affaires. On ne saura jamais, il a été, il a été abattu en 87
Intervenant 1
et on ne saura pas qui il est et ce qu'il a fait exactement
Intervenant 1
dans tout ce trafic
Intervenant 2
Toi, tu soupçonnes qu'il ait participé en quelque sorte au trafic d'une façon active. Ouais, absolument, d'une façon active ou
Intervenant 1
ou
Intervenant 1
directe ou indirecte plutôt, mais qu'il y a un lien.
Intervenant 1
Et je pense que ça, si on si on pouvait, si on avait pu avoir son ADN,
Intervenant 1
je pense qu'on pourrait le retrouver
Intervenant 1
peut-être sur plusieurs enfants, parce qu'il y avait
Intervenant 1
peut-être ce qu'on pourrait appeler des des engrosseurs
Intervenant 1
de femmes pour pour faire des enfants, pour augmenter le volume d'enfants. Ah oui, ah oui.
Intervenant 1
Mais ça reste des suppositions parce que ces ces hommes sont morts avec leurs secrets.
Intervenant 1
Ils sont morts à quel moment Au début de Au début de guerre. Ouais ouais, c'était le début de la guerre civile. Parce que ta mère, elle n'est pas en couple avec lui. Non non, n'est pas en couple. Non non, elle elle a 16 ans, elle est elle est encore sous
Intervenant 1
le la protection
Intervenant 1
de son de son papa quoi, de son père.
Intervenant 1
Elle est, puis je pense que c'est un vrai déni de grossesse comme on peut, enfin comme ça existe et Ah oui, donc elle ne l'a pas dit à sa famille. Ah non non, sa famille ne savait absolument Elle est allée coucher toute seule. Aucune
Intervenant 1
ne ne ne savait pas que j'existais quoi.
Intervenant 2
Quand donc elle, elle ne demande pas à te faire adopter. Non.
Intervenant 2
On te retire et comme elle a 16 ans et qu'elle est dans un moment de faiblesse, elle ne peut pas dire non. Non. Elle ne peut pas dire non et
Intervenant 1
et elle ne se rend pas compte,
Intervenant 1
elle a même aucune idée
Intervenant 1
de où je vais aller, de ce qui va se passer dans dans son dans son âme et dans sa tête d'adolescente,
Intervenant 1
elle se dit, il y a des gens qui vont le prendre, ils vont s'en occuper et puis et puis et puis y de Jane que pourra et puis peut-être que je le retrouverai enfin.
Intervenant 2
Elle a elle a pensé à toi toutes ces années Toutes ces années. Elle elle t'a raconté quelle idée Elle me me l'a pas raconté, mais mais
Intervenant 1
son mari
Intervenant 1
son mari donc le le père de mon demi-petit frère
Intervenant 1
me dit merci merci d'être venu j'avais jamais vu ma femme sourire.
Intervenant 1
Donc elle, je pense que
Intervenant 1
ça a été en elle
Intervenant 1
toute sa vie.
Intervenant 1
Mais comme on peut imaginer,
Intervenant 1
comme n'importe quelle maman peut imaginer,
Intervenant 1
se faire enlever son bébé des bras un
Intervenant 1
Enfin, c'est
Intervenant 1
et moi je suis qu'un papa. Donc je le je le ressens déjà, je suis et je suis qu'un papa donc,
Intervenant 1
une,
Intervenant 1
enfin voilà.
Intervenant 2
Est-ce que c'est dans une quête d'identité,
Intervenant 1
une quête de sens à ce moment-là quand tu quand tu vas la chercher un petit peu tout en fait, c'est-à-dire que tu cherches des réponses, tu Ouais, je cherche des réponses en fait, je cherche même pas des réponses parce que, mais je cherche à avoir la la vérité sur mon histoire et ce qui s'est vraiment passé.
Intervenant 1
Et en fait, après, fait, on
Intervenant 1
on comprend vite qu'adopter
Intervenant 1
un bébé quand il a 15 jours, c'est
Intervenant 1
c'est non plus c'est non plus des choses qui ne devraient pas exister.
Intervenant 1
Et chez, ça m'arrive de faire une analogie sur sur les chiots.
Intervenant 1
Les chiots, on dit qu'il faut les laisser 2 mois, 2 mois de sevrage avec avec leur avec leur maman.
Intervenant 1
Et enfin,
Intervenant 1
tout
Intervenant 1
tout va prendre tout va prendre
Intervenant 1
énormément de sens dans ma vie
Intervenant 1
et
Intervenant 1
Tu as compris certaines choses en fait. Oui, sais pas, ça me permet de, ouais, ça me permet de comprendre certaines choses. T'avais un malaise, ça avait, tu avais un, avais vécu toute
Intervenant 1
ma vie avec un mal-être, oui, je suis passé,
Intervenant 1
ça devenait même,
Intervenant 1
ça
Intervenant 1
devenait même insupportable
Intervenant 1
pour pour mon mes ultra proches
Intervenant 1
et et et la la 1re qui a qui a subi ça, c'est c'est ma maman et et la 2e,
Intervenant 1
c'est mon ex-femme.
Intervenant 1
C'est
Intervenant 1
c'est
Intervenant 1
ma ma soeur beaucoup moins,
Intervenant 1
un peu, elle
Intervenant 1
pourrait dire que que si, mais un peu,
Intervenant 1
mais mais mais ma maman et mon ex-femme, c'est les les les les 2 femmes de ma vie qu'on
Intervenant 1
qu'on ramassait pour toute la toute la tristesse et toute la
Intervenant 1
la haine et la misère que j'avais en moi en fait. En fait, as toujours été triste Ouais, je malgré
Intervenant 1
malgré que j'ai toujours été un enfant très très très joyeux,
Intervenant 1
avec énormément de copains,
Intervenant 1
très populaires,
Intervenant 1
très enfin,
Intervenant 1
mais
Intervenant 1
à l'intérieur de moi et je pense que ça s'est vraiment ressenti
Intervenant 1
à l'adolescence
Intervenant 1
et puis
Intervenant 1
et puis après dans ma trentaine,
Intervenant 1
j'ai j'ai perdu mon mon père adoptif quand j'avais 30 ans, donc ça a aussi beaucoup marqué ma vie.
Intervenant 1
Et ça a fait ressortir énormément de choses, je pense sur mon adoption.
Intervenant 1
Mais mais l'adolescence,
Intervenant 2
ouais l'adolescence, c'était Tu crois que c'est quoi
Intervenant 2
tu tu crois qu'on sent ouais un jour, à 15 jours qu'on est abandonné
Intervenant 1
Mais oui, c'est un sentiment d'abandon,
Intervenant 1
c'est de la santé mentale, c'est c'est
Intervenant 1
il n'y pas très longtemps, c'était la journée de la santé mentale
Intervenant 1
et et c'est c'est
Intervenant 1
de la vraie santé mentale. J'ai été
Intervenant 1
très peu suivi par un psy,
Intervenant 1
on a
Intervenant 1
toujours mis ça derrière un adolescent compliqué et
Intervenant 1
c'est tout comme il y en a comme il y en a plein d'autres, mais
Intervenant 1
mais Tu avais un doute, toi, sur un truc qui n'était pas clair Non, pas du tout. Pas du tout. Non non, pas du tout. Je je peux pas je peux pas dire que j'avais un doute Tu tu savais pas pourquoi tu sentais pas bien Je ne savais pas pourquoi je n'étais pas bien. Mais en fait, quand on a été arraché des bras de sa mère à un jour et qu'on a été adopté à 15 et qu'à 3 semaines, on s'est retrouvé en France, dans un pays qui n'était pas le nôtre et et que j'ai dû apprendre
Intervenant 1
à à vivre, à aimer, à à partager et avec un destin qui n'était pas le mien,
Intervenant 1
qu'on avait décidé pour moi. Alors c'est un très beau geste, on peut dire tout ce qu'on veut, que que et que j'étais adopté dans toute la la plus belle bienveillance
Intervenant 1
du monde, que que j'ai eu tout ce que je voulais, que, enfin, n'est pas du tout ça que je remets en question, et et à cette époque-là, et et encore maintenant, les gens qui qui veulent adopter
Intervenant 1
sont aveuglés
Intervenant 1
par par ce besoin
Intervenant 1
d'aller, d'avoir un enfant, par cette pression sociale, par
Intervenant 1
par
Intervenant 2
Pourquoi tu parles d'aveuglement C'est intéressant comme mot, ouais. L'aveuglement
Intervenant 1
de vouloir un enfant. Quand quand on ne peut pas en avoir, ça devient une obsession.
Intervenant 2
Mais comme tout ce qu'on ne peut pas avoir en fait. Mais en même temps, ces familles n'étaient pas au courant Où est-ce que penses qu'elles étaient au personne n'était au courant.
Intervenant 1
Mais ces gens-là et tous les gens qui ont adopté
Intervenant 1
dans ces années-là, c'est des gens qui avaient des statuts dans la vie bien implantés,
Intervenant 1
mais qui ne pouvaient pas avoir d'enfants.
Intervenant 1
On a ses ses propres enfants biologiques,
Intervenant 1
on ne pas se lancer dans un processus d'adoption pour aller au Sri Lanka.
Intervenant 1
Donc je parle d'aveuglement d'aveuglement parce que l'aveuglement de vouloir un enfant,
Intervenant 1
c'est quand on ne peut pas l'avoir. Ouais, bien sûr. Parce que quand on tombe enceinte rapidement dans le dans le le rythme de la vie et que les choses avancent, on ne se pose même pas la question. Par contre, dès que ça devient une frustration et qu'on pense
Intervenant 1
GPAPMA,
Intervenant 1
enfin tout ce qu'on veut,
Intervenant 2
ça devient très compliqué psychologiquement et il faut Tu parles de ce destin que tu n'as pas décidé quand tu t'es retrouvé
Intervenant 2
dans
Intervenant 1
ce petit quartier au sud de Columbo. Bien, c'est la vie que j'aurais dû avoir. Ouais.
Intervenant 1
Ouais, clairement.
Intervenant 2
Pourquoi ça t'émeut
Intervenant 1
Parce que c'est c'est la vie, c'est la vie que j'aurais dû avoir, c'est
Intervenant 1
c'est avec mes cousines.
Intervenant 1
Et pense que mes cousines pleuraient encore plus que moi, parce qu'elles avaient exactement le même âge que moi, enfin elles ont exactement le même âge que moi.
Intervenant 1
Donc
Intervenant 1
on aurait dû grandir ensemble,
Intervenant 1
même si j'aime énormément mes cousins
Intervenant 1
ici.
Intervenant 1
Mais c'est avec elle que j'aurais dû grandir,
Intervenant 1
parce que mon mon destin, il était là-bas,
Intervenant 1
mon mon destin à moi,
Intervenant 1
pas le le destin de mes parents.
Intervenant 1
C'est c'est là-dessus qu'il faut faire la qu'il faut faire la la la nuance en fait de de de cette
Intervenant 1
cette souffrance de l'adoption qui qui peut ne pas l'être bien sûr, mais c'est c'est vraiment là-dessus qu'il faut faire attention,
Intervenant 1
que y a pas d'accompagnement psychologique,
Intervenant 1
qu'il y a rien du tout, que une fois que l'enfant
Intervenant 1
est est là, bien il est là, puis il grandit, puis on pense que
Intervenant 1
que tout va bien se passer, mais en fait sans
Intervenant 1
sans sans sans savoir d'où on vient, on peut on peut pas savoir où on va.
Intervenant 1
Donc la construction d'une vie autour de tout ça est
Intervenant 1
peut être dramatique.
Intervenant 1
Est-ce qu'aujourd'hui tu arrives à mieux te construire une fois que Oui bien sûr. En fait ça change tout parce que là je suis je suis complet même si je suis encore très sensible et que c'est presque il y il y il YA6 ans maintenant, mais ça me touche toujours autant.
Intervenant 1
Après je suis tempérament sensible, mais je pense que ça me touchera toute ma vie de Si je suis sensible, c'est pas grave, pense que ça me touchera toute ma vie de de me raconter raconter cette histoire.
Intervenant 1
Parce que c'est parce que c'est c'est c'est ma vraie histoire, mais c'est moi qui ai dû avoir c'est moi qui ai dû attendre d'avoir 35 ans et d'aller la chercher.
Intervenant 1
Et
Intervenant 1
et s'il n'y avait pas eu ce reportage, ça ne serait peut-être jamais venu.
Intervenant 2
Alors ça serait peut-être venu encore plus tard. Ou peut-être jamais. Ou peut-être jamais. Est-ce que tu te sens toujours déraciné Est-ce que tu te sens encore plus déraciné qu'avant Ou est-ce que tu t'es reconnecté là Non, mais je suis
Intervenant 1
comment dire pour
Intervenant 1
pour,
Intervenant 1
je ne suis pas, je suis, je je sais que je suis pas chez moi, tous les jours je sais que je suis pas chez moi, tous les jours.
Intervenant 1
Tu t'es toujours senti comme ça Ouais, mais parce qu'on nous fait le, parce qu'on nous le fait ressentir, parce que c'est c'est c'est le ressenti,
Intervenant 1
c'est le ressenti de la couleur en fait, parce qu'après,
Intervenant 1
à partir du moment où j'ouvre la bouche et où je commence à parler, on comprend tout de suite que que
Intervenant 1
j'ai une éducation
Intervenant 1
autre, mais mais le le le
Intervenant 1
faciès,
Intervenant 1
je je le je le comprends tous les jours.
Intervenant 1
La la mamie qui enlève son sac quand je m'assois à côté d'elle,
Intervenant 1
enfin c'est c'est des c'est des choses banales et puis les puis les insultes raciales et puis le le racisme
Intervenant 1
simple,
Intervenant 1
systémique, enfin C'est tous les jours. C'est c'est ouais c'est c'est tout le temps quoi,
Intervenant 2
C'est c'est ouais, c'est c'est très souvent. Donc tu sens quand même aujourd'hui, tu n'es toujours pas à ta place
Intervenant 1
Non, mais après je suis je suis je suis très bien intégré dans la société, j'ai un j'ai un bon job, je travaille dans une super boîte, je suis j'ai j'ai eu 1000 et une expériences professionnelles,
Intervenant 1
mais j'ai quand même
Intervenant 1
des des gros conflits avec la société,
Intervenant 1
et puis les premiers, les pauvres, c'est peut-être pas de leur faute, mais c'est la police en fait. Pourquoi Parce que je me fais contrôler encore maintenant à 40 ans,
Intervenant 1
je me fais contrôler. Mais
Intervenant 1
c'est c'est du faciès et les et je et je peux le dire très fort que c'est du faciès et que ça existe, puisque quand je commence à parler ou qu'ils ouvrent mon passeport, ils changent absolument tout de suite de comportement,
Intervenant 1
tout de suite. Alors que les premiers mots, c'est du tutoiement et et c'est
Intervenant 1
et il me contrôle parce que parce que j'ai une casquette, parce que je suis bronzé,
Intervenant 1
parce que j'ai une belle voiture et ou parce que
Intervenant 2
parce que je marche dans la rue et que et que Tout simplement ouais. Tout simplement et voilà. Est-ce qu'aujourd'hui tu arrives à pardonner ce qui s'est passé, à cette madame Perera, peut-être à ton père biologique qui a participé Non, eux je leur pardonne pas. Eux je,
Intervenant 1
eux on ne pardonnera jamais.
Intervenant 1
Et en plus on,
Intervenant 1
et en plus on n'aura pas de pardon.
Intervenant 1
Parce que parce que c'est des gens qui qui qui ne diront pas pardon.
Intervenant 1
Maintenant les les il y un moment donné où les États vont être obligés de dire pardon.
Intervenant 1
C'est la la belle les les associations belges, les associations suisses, les les associations aux Pays-Bas ont gagné leurs procès
Intervenant 1
pour pour trafic d'enfants,
Intervenant 1
traite humaine, enfin tout ça. Il y eu des excuses du gouvernement,
Intervenant 2
il y a des choses Pas en France. Pas en France. Non. Toi tu dis que l'Etat français, finalement savait ce qui se passait, que l'ambassade sur place savait Il
Intervenant 1
y a il y dans le dans le reportage envoyé spécial,
Intervenant 1
qui est très très bien documenté, qui est très bien fait, qui est hyper solide.
Intervenant 1
Ils ont des courriers de l'ambassadeur
Intervenant 1
de l'époque, des courriers qui partaient en valises diplomatiques,
Intervenant 1
qui disaient attention,
Intervenant 1
il faut arrêter de valider les passeports, il y quelque chose de louche qui se passe, on est face à un trafic d'enfants,
Intervenant 1
Des courriers auxquels il n'a jamais eu de réponse
Intervenant 1
de la part du ministère
Intervenant 2
concerné à C'est
Intervenant 2
hallucinant.
Intervenant 1
Moi ça ça ne m'hallucine pas tant que ça parce que parce qu'on a été capable de le faire pour la creuse dans les années 60. C'est fou aussi que cette madame Perera qui qui participait à l'organisation ait répondu à un journaliste français finalement. Mais parce qu'il y a prescription, parce qu'elle ne sera plus jamais inquiétée.
Intervenant 1
C'était c'était il y a 30 ans.
Intervenant 1
Elle ne sera absolument plus jamais inquiétée. Et puis et puis voilà, elle elle est.
Intervenant 2
Aujourd'hui tu tu travailles aussi avec une association
Intervenant 1
Absolument, alors je suis assez détaché, mais c'est des gens que je mets énormément en avant, c'est c'est l'association RAF qui
Intervenant 1
font, ils font un travail,
Intervenant 1
elles font un travail absolument extraordinaire.
Intervenant 1
Il y a beaucoup d'événements, il faut aller sur leur site parce qu'il y beaucoup d'événements en plus à Paris là début novembre
Intervenant 1
et il y a à Lyon, il y en a dans d'autres villes en France. Qu'est-ce qu'elle fait cette association
Intervenant 1
Elles font déjà le lien
Intervenant 1
avec entre les les dossiers des des des adultes adoptés
Intervenant 1
et leur pays d'origine.
Intervenant 1
Donc ce n'est pas que Sri Lanka. Non non elles sont, elles travaillent énormément sur le Chili,
Intervenant 1
sur la Corée
Intervenant 1
et sur l'Inde.
Intervenant 1
Puisque c'est
Intervenant 1
3 gros clusters d'adoption
Intervenant 1
aussi. D'accord. Donc elles travaillent là-dessus et elles ont les liens sur place
Intervenant 1
pour démarrer démarrer les les recherches d'origine puisque sous régime Pinochet
Intervenant 1
au Chili, ça a été aussi l'hécatombe.
Intervenant 1
La la Corée qui vient de reconnaître
Intervenant 1
il y a quelques semaines
Intervenant 1
le le trafic d'enfants, on parle de plus de 100000 enfants en Corée.
Intervenant 2
Et l'Inde et l'Inde, c'est pareil, c'est monumental, il n'y pas de chiffres, mais Et ça concerne quelles années Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui Est-ce que si des gens nous regardent, nous écoutent, tu vois qui sont les gens qui pourraient éventuellement se sentir concernés
Intervenant 1
C'est
Intervenant 1
dans les, c'est forcément dans les années 80.
Intervenant 1
Après je pense que 90
Intervenant 1
encore, mais dans les, au début des années 2000,
Intervenant 1
la France
Intervenant 1
a aussi ratifié la convention de la haie. Donc
Intervenant 1
à partir de là,
Intervenant 1
ça
Intervenant 1
oblige quand même
Intervenant 1
à à faire très attention aux adoptions et que c'est un peu plus contrôlé.
Intervenant 1
Mais mais il y a énormément de cas au Cambodge, au Vietnam,
Intervenant 1
en Haïti. Haïti, c'est pareil, c'est une catastrophe.
Intervenant 1
De toute façon, après
Intervenant 1
catastrophe naturelle ou conflit armé,
Intervenant 1
les adoptions illégales
Intervenant 2
Si on a un doute, si aujourd'hui on se dit, est-ce que moi aussi j'ai été victime d'un trafic Est-ce que moi aussi je suis un bébé volé Qu'est-ce qu'il faut faire en fait pour avoir des réponses Il faut contacter l'association
Intervenant 1
RAF tout simplement sur leur site internet,
Intervenant 1
envoyer un mail, il y aura peut-être un délai de réponse parce qu'il y a beaucoup de monde et il n'y a pas beaucoup de monde qui travaille derrière parce que c'est compliqué.
Intervenant 1
Il faut aussi montrer qu'on adhère à tout ça. Donc être adhérent,
Intervenant 1
ça coûte
Intervenant 1
un euro,
Intervenant 1
mais plus il y a de monde et plus on est nombreux et plus on a de poids,
Intervenant 1
plus le le le les gouvernements
Intervenant 1
seront
Intervenant 2
seront touchés et impliqués par ce qui ce qui arrive. J'imagine que tes parents, ils sont hyper désolés parce qu'ils n'étaient pas au courant
Intervenant 1
Ouais, ma maman elle est elle est elle est même, je pense plus que désolée, je pense que Elle catastrophique quoi. Est ouais, ça ça ça
Intervenant 1
a bouleversé, je pense,
Intervenant 1
elle dans l'autre sens,
Intervenant 1
la 2e partie de sa vie en fait.
Intervenant 1
Parce que
Intervenant 1
parce que parce
Intervenant 1
que c'est
Intervenant 1
penser qu'on a pu participer à ça indirectement,
Intervenant 1
quand on est quelqu'un comme ma maman,
Intervenant 1
c'est
Intervenant 1
je
Intervenant 1
pense inimaginable.
Intervenant 1
Et je pense que c'est très très dur pour elle. Elle elle t'en parle
Intervenant 1
Au début,
Intervenant 1
début mes mes interviews lui faisaient lui faisaient énormément de mal.
Intervenant 1
Mais parce que parce que je dis des je dis aussi des choses qui sont dures,
Intervenant 1
mais
Intervenant 1
là, a
Intervenant 1
ces dernières années, elle a elle a tout à fait compris ma démarche et et c'est quelqu'un de très intelligent,
Intervenant 1
donc elle sait que je le fais aussi
Intervenant 1
pour moi, pour nous,
Intervenant 1
pour les autres, pour et
Intervenant 2
dans dans un dans un souci de d'intérêt collectif. Et tu l'appelles toujours maman Ouais, bien sûr. Est-ce que tu es retourné au Sri Lankar revoir ta mère biologique ou il n'y eu qu'une seule fois Il n'y a eu qu'une seule fois,
Intervenant 1
parce que parce qu'il y a eu aussi les accidents de la vie
Intervenant 1
autour de autour de tout ça et que
Intervenant 1
et qu'il y eu aussi le Covid et qu'il s'est passé
Intervenant 1
plusieurs années, mais ça va arriver
Intervenant 1
très très bientôt. Tu es en contact Ouais absolument, je suis en contact. Je suis surtout en contact avec mon demi-petit frère et mes cousines,
Intervenant 1
avec qui j'ai un vrai lien.
Intervenant 1
Alors pas pas régulier, mais mais avec qui j'ai un vrai lien et puis avec les réseaux sociaux, c'est c'est hyper facile
Intervenant 1
de se suivre ou juste de s'envoyer à coeur pour se montrer qu'on pense les uns aux autres. Bien sûr. Donc tu vas y retourner Oui oui, là, j'attends que mes enfants grandissent un petit peu parce que j'aimerais
Intervenant 1
eux les emmener là-bas. Justement,
Intervenant 2
c'était mon mon point d'après, ouais, sur les enfants. Ouais ouais, mes enfants, absolument,
Intervenant 1
et puis ils sont tout à fait conscients de de la situation,
Intervenant 1
parce qu'ils ont eux, ils ont grandi avec ça. Ils ont 8 et 9 ans maintenant,
Intervenant 1
et
Intervenant 1
eux, ça a fait partie de toute leur petit enfance et jusqu'à maintenant.
Intervenant 1
Donc ils sont tout à fait conscients de ce qui s'est passé, mais avec leurs mots dans avec leurs mots d'enfant, mais mais
Intervenant 1
Qu'est-ce qu'ils disent
Intervenant 1
Ils savent que j'ai été que j'ai été volé, que j'ai
Intervenant 1
que j'ai une 1 maman au Sri Lanka, que j'ai qu'ils ont,
Intervenant 1
c'est que ma fille m'a dit il n'y pas très longtemps, elle me dit en fait, ton demi-petit frère, c'est comme un tonton en fait.
Intervenant 1
Oui oui, il fait, et bien oui, oui oui, c'est c'est c'est au
Intervenant 2
final, c'est ça. Et pourquoi ça te bouleverse à ce point-là,
Intervenant 2
les concernant
Intervenant 1
Je ne sais pas parce que c'est c'est parce que je parle de mes enfants.
Intervenant 2
Tu te sens en paix aujourd'hui avec tout ça, de de savoir que tu as été volée, le le le mot est lourd,
Intervenant 1
tu as été volé. En paix, en paix, non, je suis pas encore en paix. Je ne suis pas encore en paix clairement, je, et c'est c'est un travail, je pense qu'il prend
Intervenant 1
soit des années, soit une vie,
Intervenant 1
mais
Intervenant 1
mais je suis bien plus apaisé
Intervenant 1
avec moi-même
Intervenant 1
et
Intervenant 1
et je n'en veux plus à la terre entière.
Intervenant 1
Ce qui était le cas avant. Ouais ouais, ce qui était le cas avant.
Intervenant 1
J'épargnais
Intervenant 1
personne.
Intervenant 2
On arrive à la fin de de l'émission.
Intervenant 2
On aime bien demander à la fin un petit conseil.
Intervenant 2
Au vu de tout ce qu'on s'est dit, de ton histoire qui est incroyable, tu as vraiment un avant, un après de cette découverte,
Intervenant 2
ce coup de tonnerre quoi, ce coup de massue.
Intervenant 2
Tu te rends compte que tu t'es volé,
Intervenant 2
en même temps ça t'apporte aussi des réponses, tu l'as dit sur un mal-être que tu avais en fait quelque part.
Intervenant 2
Aujourd'hui, tu aides les autres,
Intervenant 2
tu tu tu retrouves ta maman biologique.
Intervenant 2
Il faut continuer à vivre cette histoire avec ta maman adoptive qui est ta maman.
Intervenant 2
Qu'est-ce que tu aurais envie de dire en mot de la fin pour les gens qui nous regardent, qui nous écoutent et qui ont entendu ton histoire hyper touchante Dans la mesure du possible,
Intervenant 1
d'aller dans son pays d'origine.
Intervenant 1
Parce que
Intervenant 1
mis à part le fait de retrouver une famille biologique,
Intervenant 1
reconnecter avec son pays d'origine,
Intervenant 1
je pense que c'est je pense que c'est vital et que ça devrait être pris en charge
Intervenant 1
par par les par l'État français ou par Air France qui a qui a facilité tout ça. Ouais, c'est même presque dans ton dans ton corps quoi, as tu as senti. Vraiment, c'est, on parle on parle de déracinement.
Intervenant 1
Donc il faut reconnecter avec son pays. Même si vous n'avez pas de dossier d'adoption, que faites un test ADN pour savoir d'où vous venez exactement et et et allez dans votre pays d'origine.
Intervenant 2
Merci pour ces conseils
Intervenant 2
pour les autres. Avec grand plaisir. Peut-être ceux qui se posent des questions, ceux qui vivent ce que tu as traversé.
Intervenant 2
Merci pour ta confiance,
Intervenant 2
pour ton émotion parce que moi aussi je suis une grande émotive alors je te comprends et ton histoire est tellement incroyable et bouleversante
Intervenant 2
donc merci
Intervenant 2
merci vraiment de de voilà de de pour ton témoignage et pour ton émotion et et puis voilà tes tes tes larmes que qu'on comprend vraiment vraiment donc
Intervenant 2
bravo à toi. Avec plaisir. Bravo à toi et tu viens nous revoir quand tu as fait ton second voyage. Absolument. Promis. Promis avec plaisir. Je viendrai avec les enfants cette fois. On les accueillera ici tes tes 2 enfants. Merci Thomas Cadorin,
Intervenant 2
tu reviens quand tu veux. Merci. Et puis merci à vous pour votre fidélité, Tous Fendeurs c'est tous les mardis.
Intervenant 2
Vous l'avez compris, on parle de points de bascule. On parle comme l'histoire de Thomas,
Intervenant 2
de trajectoire,
Intervenant 2
de victoire, de rebond
Intervenant 2
et on a toujours plaisir à à recevoir nos invités et nous on se dit à mardi prochain. Salut.